Bonjour,
Voici le chapitre 28 et Dean doit faire face aux conséquences de ses mensonges. Heureusement, tout se finit bien une nouvelle fois. Car Castiel est compréhensif et parfait.
Merci à Marie pour la correction du chapitre. Et merci à vous de continuer à me lire et à m'écrire. Je devrais pouvoir poster un nouveau chapitre cette semaine si tout va bien.
Bonne lecture
Sydney8201
Musique du chapitre :
Humans de The FAIM
Chapitre 28 : Dépendances
« Accepter d'autrui qu'il subvienne à des besoins nombreux et même superflus, et aussi parfaitement que possible, finit par vous réduire à un état de dépendance. »
Friedrich Nietzsche
Dean s'était toujours juré de ne surtout jamais devenir comme son père après la mort de sa femme. Il s'était promis de ne pas sombrer dans une quelconque dépendance qui l'empêcherait de fonctionner normalement. Qui le pousserait à ne plus être lui-même. A ne plus voir l'essentiel et à ne plus s'occuper de tout ce qui était important. Il comprenait comment son père avait pu croire que l'alcool serait la solution à ses problèmes. Il lui offrait l'oubli. Il atténuait la douleur de la perte de la femme qu'il aimait. Il l'éloignait de toutes ces responsabilités qui l'effrayaient. Il était un père seul avec deux enfants en très bas âge. Il devait tout gérer et composer avec cette souffrance qu'il ne parvenait pas à ignorer ou à surmonter. Dean avait compris avec le temps pourquoi son père avait sombré. Il le lui avait même pardonné. Mais il avait vu combien son comportement pouvait être destructeur et toutes les conséquences dramatiques qu'il avait eu sur ses proches. Dean avait dû assumer son rôle. Sam avait été privé de son père juste après avoir perdu sa mère. Bobby avait vu son ami se détruire à petit feu. John avait failli tout perdre. Il ne devait son salut qu'à sa prise de conscience et à la présence de tous ceux qui, malgré tout, continuaient à l'aimer. Il avait repris le dessus et fini par sortir de cette spirale infernale.
Dean ne lui avait pas tenu rigueur même s'il avait longtemps été en colère. Mais il s'était juré de ne jamais faire comme lui. Il s'était juré de ne pas fuir ainsi face aux problèmes. De ne pas devenir dépendant d'une quelconque substance juste parce qu'elle rendait les choses faussement plus faciles à supporter. Il ne buvait qu'en de rares circonstances. Il faisait en sorte de ne jamais abuser. Il avait même souvent refusé de prendre des médicaments ou des antidouleurs par peur de devenir accroc. Il était presque sûr que cette propension à sombrer aussi vite dans une dépendance était inscrite dans ses gênes. Qu'il avait plus de risques que les autres de devenir comme John. Cela le terrifiait.
Et c'était en grande partie pour cette raison qu'il avait refusé les somnifères que sa psychologue lui avait prescrits à l'époque. Il en avait pris quelques-uns mais parce qu'ils lui permettaient de dormir sans jamais faire le moindre cauchemar, ils étaient devenus la solution de facilité. Il avait cessé de les prendre aussitôt. Les avait rangés dans un coin de son armoire à pharmacie et ne les avait plus jamais ressortis.
Il savait que Charlie avait probablement raison en lui suggérant d'avoir à nouveau recours à eux. Il n'était cette fois pas question uniquement de trouver le sommeil. Il était question de fuir le tueur qui était à ses trousses. Celui qui était déterminé à le trouver dans ses rêves et à lui faire du mal. Le rêve qu'il avait fait était un avertissement que Dean devait prendre au sérieux. Et puisqu'il ne pouvait pas juste décider de ne plus dormir, les somnifères étaient sa seule solution. Ils lui offraient des nuits sans rêve. Sans cauchemar. Sans risque.
Il aurait sans doute dû en parler avec Castiel avant de prendre sa décision. Il était presque sûr que son petit ami n'apprécierait pas de le voir avaler des drogues sans réellement savoir quelle dose était juste et quelle dose représentait un risque. Mais en parler avec lui l'obligerait ensuite à lui dire pourquoi il voulait les prendre. Et c'était une conversation qu'il refusait d'avoir avec lui pour le moment.
Il choisit donc de ne rien lui dire et d'agir en cachette. C'était presque trop facile. Castiel avait confiance en lui. Et Dean n'avait jamais à se justifier quand il quittait la chambre pour avaler un comprimé. Il s'endormait presque aussitôt et se réveillait reposé. Une nuit de plus était passée. Une nuit de plus sans que le tueur n'obtienne le moindre indice sur lui. Une nuit de moins à mentir à l'homme qu'il aimait. Charlie finirait par trouver ce monstre et tout pourrait alors rentrer dans l'ordre.
Bien sûr, il y avait une conséquence non négligeable à son comportement. Les cachets lui permettaient de dormir paisiblement. Il reprenait des forces. Il se réveillait enfin sans être aussi épuisé qu'au moment où il s'était couché. Il se sentait plus énergique et prêt à affronter ses journées. Il savait que ce n'était que les premiers effets. Mais ils étaient addictifs. Car c'était quelque chose que Dean ne connaissait que trop rarement depuis son accident. Il pouvait sentir son corps s'habituer à cette nouvelle normalité et lui en réclamer toujours plus. Et parce que son système commençait à assimiler les cachets trop bien, il en avait besoin de plus. Toujours plus. D'un, il passa rapidement à deux. Tout en sachant que c'était sans doute déjà trop mais qu'il lui faudrait tout de même bientôt augmenter la dose s'il voulait que cela continue de fonctionner.
La journée, il avait quelques effets indésirables. Il lui arrivait de déconnecter totalement de tout ce qui l'entourait. Presque comme si son cerveau se mettait en pause l'espace de quelques secondes. Il n'avait alors plus conscience de ce qui l'entourait. Il ne répondait plus aux questions. Il ne bougeait plus. Ne faisait rien d'autre que de fixer droit devant lui. Garth s'était très rapidement rendu compte que quelque chose clochait mais Dean lui avait menti et tout mis sur le compte de la fatigue. Sam semblait lui aussi se douter de quelque chose mais il n'avait toujours pas posé la question à son frère. Castiel, quant à lui, ne semblait pas avoir le moindre doute. Dean priait pour que cela dure jusqu'à ce qu'il n'ait plus besoin de prendre ces cachets.
Charlie continuait de travailler avec les quelques informations que Dean lui avait données. Il savait qu'elle finirait par trouver quelque chose. Elle était la meilleure dans ce domaine et rien ne lui résistait très longtemps. Mais elle avait besoin de temps et le jeune homme en manquait cruellement. Il devait toutefois tenir bon. Il avait besoin que ce cauchemar se termine pour pouvoir enfin reprendre une vie normale.
Il détestait mentir à ses proches et plus encore à Sam et Castiel. Il avait la sensation de les trahir. De leur manquer de respect. Ils avaient confiance en lui. Ils lui disaient tout et lui leur cachait quelque chose d'important. Quelque chose qui était susceptible d'avoir un impact sur leur santé. Il était un mauvais grand frère et un petit ami encore pire. Mais il faisait de son mieux et il espérait sincèrement ne pas le payer trop cher un jour.
Les soirées avec Castiel étaient pourtant parfaites. Le plus souvent, ils se retrouvaient chez le jeune policier. Ils dinaient ensemble en parlant de tout et de rien. En faisant en sorte d'apprendre à se connaître un peu mieux encore. Ils évoquaient l'enquête parfois. Mais Castiel n'avançait pas et Dean ne voulait surtout pas dire quelque chose qui éveillerait les soupçons de son petit ami. Il ne pouvait de toute façon pas faire grand-chose pour l'aider maintenant qu'il prenait ses somnifères. Il était devenu inutile. Il était donc préférable pour lui d'éviter le sujet.
Castiel semblait ravi qu'ils puissent parler d'autre chose. Il avait toujours de nouvelles questions le concernant. De nouvelles informations à lui fournir. Ils avaient abordé tous les sujets. De leur enfance, mouvementée pour Dean et plutôt ordinaire mais solitaire pour Castiel, à leurs aventures sexuelles, nombreuses pour le jeune homme mais sans amour et plus rares pour son petit ami. C'était génial de pouvoir ainsi parler de tout avec quelqu'un qui ne le jugerait pas. Quelqu'un en qui il avait totalement confiance et à qui il se sentait capable de tout dire. Tout sauf ce qu'il faisait en secret juste avant de se coucher.
Parfois, ils regardaient un film ensemble une fois le repas terminé. Castiel n'avait pas vu ce que Dean qualifiait de classiques. Ce dernier se sentait obligé de remédier à cela. Ils avaient vu la Guerre des Etoiles, Piège de Cristal et les Goonies. Castiel commentait tout et ne pouvait s'empêcher de trouver le comportement de John McClain complètement stupide et bien loin de la réalité du métier. Dean aurait probablement trouvé cela agaçant avec n'importe qui d'autre. On ne dénigrait pas ses héros. On ne critiquait pas ses films préférés. Mais venant de Castiel, il trouvait cela à la fois drôle et charmant.
Le plus souvent, ils se disputaient gentiment à ce sujet et résolvait le problème au lit… ou sur le canapé. Ils avaient fini par faire l'amour sur la table de cuisine de Castiel comme ils en avaient souvent discuté. Et même si Dean avait fini allongé dessus, elle avait tenu le coup à leur grand étonnement.
Le sexe était génial. Dean n'avait jamais connu quoi que ce soit d'aussi intense. Le plaisir qu'il ressentait était indescriptible. Il était impatient que l'enquête soit finie et qu'ils puissent enfin penser uniquement à eux. Il y avait des tas de choses qu'il avait envie d'essayer avec Castiel. Au lit et ailleurs.
Et parce que Castiel semblait parfois lire dans ses pensées, il finit par aborder le sujet un soir alors qu'ils étaient couchés dans son lit. Ils venaient de faire l'amour et Dean était encore sous le coup des deux orgasmes incroyables que son petit ami lui avait procurés. Le premier juste avec sa langue allant et venant en lui et ses doigts caressant son sexe. Le second en faisant aller et venir son sexe en lui, Dean à quatre pattes sur le lit et Castiel installé sur les genoux derrière lui. Il n'avait pas eu besoin de le toucher cette fois ci. Il n'avait rien eu d'autre à faire que de le prendre violemment et sans relâche.
Dean avait encore du mal à reprendre son souffle. Il pouvait sentir la transpiration couler sur son front. Il ne sentait plus ses jambes. Et toute sa peau lui semblait hyper sensible. C'était parfait. Tout ce qu'il avait toujours espéré trouver chez un homme sans jamais réellement croire que cela soit possible.
- Est-ce qu'il y a des choses que tu ne me dis pas Dean ?
Le jeune homme fronça les sourcils en entendant la question de Castiel. Il eut peur pendant une seconde que son petit ami ait deviné qu'il lui cachait des choses. Il choisit donc de faire comme s'il ne comprenait pas où il voulait en venir.
- Comment ça ? demanda-t-il en retour.
Castiel se tourna vers lui, sur le flanc, la main soutenant sa tête. Dean pouvait sentir son regard sur lui.
- Je sais qu'on s'est juré de tout se dire et il me semble que notre vie sexuelle est plutôt satisfaisante pour nous deux mais… je me souviens qu'il y avait des tas de choses que tu disais aimer sur les sites de rencontre et… que tu considérais comme sortant de l'ordinaire alors… je me demande juste s'il y a des choses que tu voudrais que je te fasse ou que tu voudrais me faire et que tu n'oses pas me demander.
Dean fut soulagé de voir que la question ne concernait que leur vie sexuelle. Il était toutefois surpris de sentir Castiel aussi peu sûr de lui. Aussi inquiet. Il n'avait aucune raison de l'être. Dean n'avait aucun tabou. Il n'avait honte de rien. Et s'il avait envie de quelque chose, il le demandait.
- J'ai effectivement des préférences qui peuvent sembler… étranges mais je n'en ai pas honte. Et je ne te cache rien. Je ne me vois juste pas te faire une liste de tous mes fantasmes et te contraindre à tous les réaliser en respectant un quelconque agenda. Notre vie sexuelle est géniale comme elle est et si toutefois j'avais envie d'essayer quelque chose en particulier, je te le demanderais. Je sais que tu ne me jugeras jamais.
- Tu en es sûr ? Parce que j'ai l'impression… je ne sais pas… c'est difficile à expliquer mais parfois j'ai l'impression que quelque chose cloche quand on va se coucher… un peu comme s'il y avait quelque chose que tu refusais de me dire. Et je ne vois pas de quoi il peut s'agir. Je me fais sans doute des idées mais je préfère être sûr.
Dean sentit un frisson le parcourir. Castiel avait donc bien sentir que quelque chose clochait. Il ne savait pas encore ce que cela concernait mais il se posait des questions. Et cela risquait de très vite mal tourner pour Dean. Il devait trouver une parade pour éteindre ses soupçons et gagner un peu de temps.
- Je peux te promettre que cela ne concerne pas notre vie sexuelle. Tu viens de me procurer deux orgasmes incroyables et je suis pleinement satisfait de ce point de vue-là. Je suis juste… je crois que je redoute un peu les nuits. J'ai peur de rêver de lui et… ça me rend nerveux. Mais tout va très bien entre nous. Tu dois me croire.
Castiel hocha alors la tête. Il semblait le croire et cela poussait Dean à se sentir plus coupable encore. Cacher quelque chose à son petit ami était justifiable. Mais cette fois, il lui mentait ouvertement. Il aurait pu saisir cette opportunité pour tout lui dire. Il avait préféré nier et lui servir un mensonge. Il se détestait de devoir lui faire ça.
- Tu sais que tu peux tout me dire hein ? Je ne suis pas juste là pour te procurer des orgasmes. Je sais aussi écouter. Je peux même parfois être de bon conseil.
- Je sais tout ça Cas. Et crois-moi, tu es bien plus pour moi que le type qui me fait prendre mon pied.
- Tu me le promets ?
- Je te le jure oui.
Castiel semblait en avoir assez entendu. Dean était à la fois soulagé et incroyablement angoissé. Il savait que cette conversation risquait de revenir sur le tapis quand son petit ami serait au courant de tout. Il choisit toutefois de l'ignorer pour le moment. Il voulait continuer à croire qu'il avait pris la bonne décision. Même si c'était de plus en plus difficile pour lui de s'en persuader.
Castiel quitta finalement le lit pour se préparer pour la nuit. Dean attendit qu'il ait fini pour quitter la chambre à son tour. Il s'observa une seconde dans la glace. Il n'aimait pas bien le reflet qu'il voyait. C'était celui d'un menteur. Il se reconnaissait à peine. Il avait toutefois l'air moins fatigué. C'était déjà ça.
Il se lava les dents, le visage et les mains. Puis après quelques courtes secondes d'hésitation, il prit ses cachets dans sa trousse de toilette. Il les observa un instant avant d'en sortir trois. Il savait bien que c'était trop. C'était inutile d'en prendre autant. Deux continuaient à lui faire de l'effet. Mais il ressentait le besoin d'augmenter la dose. Il avait la très nette sensation que cette nuit était décisive. Qu'elle était celle qui risquait de tout faire changer. Il avait besoin de ces cachets pour se sentir en sécurité. Besoin de ce filet au cas où.
Il les avala sans réfléchir plus puis rejoignit Castiel au lit. Il pouvait déjà sentir les effets du somnifère. C'était trop rapide. Il le savait. Il les accepta toutefois parce qu'ils étaient ce qu'il recherchait et exactement ce dont il avait besoin ce soir.
Il se blottit dans les bras de Castiel et ferma les yeux. Il sentit son petit ami le serrer contre lui et lui embrasser le sommet du crâne. Il l'entendit murmurer quelque chose qu'il ne comprit pas. Il sombra presque aussitôt dans le sommeil.
Il ne rêva pas. Comme toutes les nuits depuis qu'il prenait ses cachets, il ne fit pas le moindre rêve ou le moindre cauchemar. Il n'y eut que le néant et le calme.
Il n'aurait pas su dire combien de temps s'écoula avant qu'il ne sente qu'on le secouait pour le réveiller. Il avait la sensation qu'il venait tout juste de fermer les yeux. Mais ce n'était visiblement pas le cas. Car la voix qu'il entendait semblait totalement paniquée. Frénétique. Dean eut besoin de quelques minutes pour la reconnaître. Il s'agissait de Castiel. Et son petit ami semblait inquiet. Il tenta d'ouvrir les yeux pour voir ce qui arrivait mais ses paupières pesaient des tonnes. Il ne parvenait pas à se réveiller complètement. Même son corps refusait de répondre. Son cerveau tournait au ralenti. Il avait envie de se rendormir. Il avait envie de sombrer à nouveau. Il en avait besoin. Mais quelque chose le tenait éveillé. Sans doute les secousses provoquées par son petit ami. Dean ne comprenait pas pourquoi.
- Dean, réveille-toi… je t'en supplie. Je… Dean ? Est-ce que tu m'entends au moins ?
Le jeune homme avait envie de répondre qu'il l'entendait. Qu'il pouvait cesser de hurler. Que c'était inutile et qu'il avait juste envie de dormir encore un peu. Mais Castiel continuait à le secouer. Il était peut-être en train de se passer quelque chose de grave. Un incendie. Un cambriolage. Dean se força à ouvrir les yeux. Sa vision fut trouble pendant quelques secondes mais il finit par y voir clair après ce qui lui sembla être une éternité. Castiel était au-dessus de lui, habillé. Il semblait totalement paniqué.
- Dean ? Je… parle-moi s'il te plait. Si tu m'entends et si tu me vois, parle-moi.
- Cas… laisse-moi dormir.
C'était la seule chose dont il avait envie. C'était probablement le milieu de la nuit et il ne comprenait pas pourquoi il devait absolument se réveiller.
- Dean, non, tu ne peux pas…
- Mais c'est la nuit, le coupa le jeune homme un peu agacé à présent.
Il lut alors la surprise sur le visage de Castiel. Ce qui n'avait aucun sens. On ne pouvait pas tenter de réveiller quelqu'un en pleine nuit et d'avoir l'air ensuite surpris que cela ne lui plaise pas. Soit son petit ami avait une bonne raison de se comporter ainsi et il devait le lui dire, soit il agissait comme un dingue et Dean comptait bien se rendormir.
- Ce n'est pas la nuit Dean… c'est… c'est presque midi et tu… tu… je voulais juste te laisser te reposer mais quand je suis revenu des courses, tu étais toujours endormi et tu ne réagissais plus…. Je ne parvenais pas à te réveiller. J'ai cru… Dean, est-ce que tu faisais un cauchemar ? Est-ce que tu… dis-moi ce qui t'arrive. Je t'en supplie.
Dean eut besoin de quelques secondes pour comprendre ce que son petit ami lui disait. Il était forcément en train de lui mentir. Il ne pouvait pas être aussi tard. Le jeune homme venait tout juste de s'endormir. Ça n'avait aucun sens. Castiel avait toutefois l'air sincèrement inquiet. Et il n'avait aucune raison de lui dire tout cela si ce n'était pas vrai.
- Je… j'étais juste fatigué. Ce n'est pas très étonnant. Et je le suis toujours. Laisse-moi dormir s'il te plait.
- Non, Dean, je ne vais pas te laisser te rendormir. Pas après avoir eu autant de mal à te réveiller. Ce n'est pas… il y a quelque chose qui cloche. Tu ne réagissais pas. J'avais beau hurler et te secouer dans tous les sens… c'était presque comme si tu étais dans le coma. Tu n'as pas le sommeil aussi lourd… et… tu n'as ouvert les yeux qu'après quasiment cinq minutes à être secoué dans tous les sens. Ce n'est pas normal.
Non, ça ne l'était pas et Dean le savait. Il était évident que son incapacité à se réveiller venait de sa prise de cachets la veille. Trois. Il en avait trop pris. Il l'avait su en le faisant. Et maintenant, il en avait la confirmation. Il ne referait pas la même erreur deux fois. Cela lui servirait de leçon. Mais pour le moment, il voulait dormir. Il prendrait le temps de réfléchir à tout ça quand il serait réveillé à nouveau. Ce n'était pas le moment. C'était trop tôt. Il ferma donc les yeux, déterminé à retrouver le sommeil. Mais Castiel ne semblait pas de cet avis. Et sans que le jeune homme puisse faire quoi que ce soit pour l'en empêcher, son petit ami le tira du lit et le traina jusqu'à la salle de bains. Dean l'entendit allumer l'eau dans la douche. Il tenta de se débattre mais son corps ne lui répondait plus vraiment à nouveau. Il ne pouvait que se laisser faire. Et Castiel en profita pour le pousser sous le jet d'eau glacé de sa douche. Cela eut l'effet escompté. Dean rouvrit les yeux aussitôt en poussant un cri de surprise. Il était réveillé à présent. Il allait devoir faire face aux conséquences de ses actes.
Castiel continuait à s'en tenir à ce qu'il s'était promis. Il n'avait pas interrogé Dean sur son silence. Il ne lui avait pas demandé ce qu'il lui cachait et surtout pourquoi il se sentait obligé de lui mentir. Il avait accepté que son petit ami ait besoin de temps. Il était prêt à le lui laisser. Mais il faisait toutefois en sorte de garder un œil sur lui. De passer le maximum de temps à ses côtés pour être sûr que ses mensonges n'avaient aucune conséquence sur sa sécurité. Il ne pouvait peut-être pas le forcer à se confier mais il pouvait veiller sur lui. S'assurer que rien ni personne n'était susceptible de l'atteindre et de lui faire du mal. C'était l'essentiel à ses yeux.
Dean ne cherchait d'ailleurs pas à le fuir. Il ne trouvait pas des excuses ridicules pour ne passer de temps en sa compagnie. Il était toujours content de partager sa soirée avec Castiel. Sa nuit également le plus souvent. Et s'il demandait parfois une soirée pour passer du temps avec son frère, il revenait le plus souvent le lendemain. Castiel n'avait pas la sensation que son petit ami cherchait à le maintenir à distance. Ou qu'il cherchait à s'éloigner petit à petit de lui. Il était là et bien là. Quand ils passaient la soirée ensemble, Dean ne semblait pas étrange ou distant. Il ne semblait pas inquiet ou soucieux. Il parlait, se confiait et riait de bon cœur aux plaisanteries stupides de Castiel. Il racontait des souvenirs d'enfance. Des anecdotes que le jeune policier trouvait parfois drôles et parfois particulièrement touchantes. Dean finit même par lui parler de sa mère. C'était un sujet compliqué à aborder pour lui. Il était évident que même si son décès remontait à plusieurs années, le jeune homme en gardait un souvenir encore très vif. Il en parlait comme si tout était arrivé à peine quelques jours plus tôt. Il racontait comment, enfant, il avait sorti son frère de la maison en feu. Comment il avait pris cette responsabilité très au sérieux. Puis comment il avait vu son père ressortir seul et dévasté. Il avait très vite compris, malgré son jeune âge, qu'il ne reverrait plus jamais sa mère. Pour un enfant de quatre ans, c'était une réalité particulièrement dure à accepter. Dean avait pourtant su faire face. Il avait ensuite élevé son frère pendant que son père noyait son chagrin dans l'alcool. Castiel le trouvait incroyablement courageux et fort. Plus encore qu'il ne l'avait trouvé jusque-là. Dean était un être humain exceptionnel. Et toutes les épreuves qu'il avait affrontées n'avait fait que le rendre plus incroyable encore.
Tout aurait pu être parfait si Castiel n'avait pas senti continuellement qu'il y avait toujours ce secret que le jeune homme continuait de garder pour lui. Cette information qui semblait trop personnelle ou trop grave pour qu'il se sente capable de la confier à Castiel. Leur couple devenait pourtant de plus en plus solide. De plus en plus vrai. Et Castiel priait pour que ce petit grain de sable ne vienne pas enrailler une machine qui semblait vouloir fonctionner à merveille.
Ils regardèrent plusieurs films ensemble et Castiel commentait parfois le comportement complètement incohérant des policiers. Dean ne semblait pas gêné qu'il intervienne. Bien au contraire. Il le regardait en souriant, visiblement enchanté de le voir participer.
La nuit, ils faisaient parfois l'amour. Parfois, ils se contentaient de s'allonger côte à côte et de continuer à parler. Ils finissaient par s'endormir ensuite, le plus souvent collé l'un contre l'autre. Dean n'avait plus fait de cauchemar depuis quelques jours maintenant et Castiel était soulagé pour lui. L'enquête continuait de piétiner et il préférait nettement que son petit ami ne revoit pas le tueur dans son sommeil. Personne ne pourrait leur garantir quand ce monstre finirait par réussir à entrer dans sa tête. Tant qu'il ne rêvait plus de lui, il ne prenait aucun risque. C'était la seule chose qui comptait aux yeux de Castiel.
Les jours s'enchainèrent et tout allait pour le mieux. Jusqu'à ce que ce fameux grain de sable que Castiel redoutait ne finisse par venir tout gâcher.
La soirée avait pourtant commencé de la meilleure des manières. Et le début de nuit avait été tout aussi parfait. Ils avaient fait l'amour et Castiel avait réussi à procurer deux orgasmes à son petit ami. Il était épuisé et toujours sous le coup du plaisir qu'il avait ressenti lui aussi. Dean, allongé à ses côtés, semblait dans un état similaire. Castiel tenta alors d'obtenir de nouvelles informations de sa part. Il s'était refusé à le questionner jusque-là. Mais il avait envie de tenter sa chance. Il ne lui demanderait pas de but en blanc ce qui clochait ou ce qu'il semblait déterminé à lui cacher. Il allait aborder le problème sous un autre angle. Un qui ne mettrait pas le jeune homme mal à l'aise. Il choisit de lui parler de sexe et de fantasmes. Il obtint les réponses qu'il souhaitait obtenir. Mais Dean s'en tint là. Il n'abordait aucun autre sujet. Il ne révéla rien de plus. Et Castiel dut se résigner à l'accepter même si cela le frustrait.
Ils se préparèrent ensuite pour la nuit puis s'endormirent finalement, Dean blotti contre Castiel comme toutes les nuits.
Le jeune policier se réveilla tôt et voyant que son petit ami dormait toujours profondément, choisit de ne pas le réveiller. Il se prépara rapidement puis se concentra sur le petit déjeuner qu'il voulait apporter à son petit ami. Il n'était pas très doué en cuisine mais il aimait faire plaisir. Et il savait combien Dean apprécierait le geste. Il prépara donc un petit déjeuner aussi complet que possible puis, après avoir tout installé sur un plateau, il partit le servir à Dean. Le jeune homme dormait toujours profondément. Castiel hésita à le réveiller. Il savait que son petit ami devait aller travailler. Et que le garage comptait beaucoup pour lui. Mais il savait également qu'il avait besoin de reprendre des forces. Ces dernières semaines n'avaient pas été simples pour lui. Il choisit donc de le laisser dormir et de vaquer à ses propres occupations pendant encore un moment.
Il vérifia une énième fois que Dean dormait et qu'aucun cauchemar ne semblait l'empêcher de se réveiller avant de partir faire quelques courses. Il n'aimait pas laisser son petit ami longtemps seul. Il se pressa donc et rentra peu de temps après, les bras chargés de sacs. Il n'y avait aucun bruit dans l'appartement. Le jeune homme dormait toujours. Castiel ne put s'empêcher de trouver ça un peu bizarre. Il était étonné que son petit ami ne se soit pas réveillé en l'entendait entrer. La matinée était bien avancée mais il dormait toujours.
Castiel lui accorda encore un peu de temps. Mais alors qu'il était presque midi, il retourna dans la chambre, inquiet cette fois. Dean n'avait pas bougé. Il semblait toujours plongé dans un profond sommeil. Et Castiel était à présent convaincu que quelque chose clochait. Ce n'était pas normal. Cela ne ressemblait pas au jeune homme. Il devait le réveiller pour s'assurer que tout allait bien.
Il l'appela une première fois doucement mais n'obtint aucune réponse. Il recommença à deux reprises en vain. Dean avait pourtant le sommeil léger. Le plus souvent, le moindre bruit suffisait à le réveiller. Un peu comme s'il était toujours sur ses gardes. Cette fois, en revanche, il ne bougeait pas.
Castiel sentit son estomac se nouer. Il se passait quelque chose. Le sommeil de son petit ami n'était pas normal. Il devait absolument le réveiller. Il opta donc pour la méthode forte, prêt à s'en excuser quand le jeune homme le lui reprocherait. Il se fichait qu'il lui en veuille ou qu'il soit furieux contre lui. Il avait besoin de le voir ouvrir les yeux. De l'entendre parler. Il avait besoin de s'assurer qu'il allait bien.
Il commença donc à le secouer. Mais rien n'y faisait. Dean ne se réveillait toujours pas. Castiel commençait sérieusement à paniquer. Il hésita à appeler les secours. Dean était peut-être dans le coma. Il ne voyait pas d'autre explications. Il continua toutefois à le secouer pendant cinq bonnes minutes avant d'obtenir enfin une réaction.
Elle le soulagea considérablement mais le comportement de Dean restait préoccupant. Il exigeait de pouvoir se rendormir. Il ne semblait pas vraiment conscient de l'heure qu'il était. C'était presque comme s'il avait trop bu. Comme s'il était drogué. Castiel savait pourtant que c'était impossible. Son petit ami n'abusait d'aucune substance. Il avait bien trop peur de finir comme son père.
Il devait toutefois y avoir une explication à son comportement. Et pour l'obtenir, Castiel avait besoin que Dean se réveille pour de bon. La seule solution était également la plus inconfortable. Mais il n'avait pas d'autre choix.
Il traîna son petit ami réticent jusqu'à la salle de bains puis le poussa sous le jet d'eau glacé de sa douche. Elle arracha un cri de surprise au jeune homme. Mais il était réveillé pour de bon cette fois. Castiel allait enfin pouvoir lui demander ce qui était arrivé.
Il ne le fit toutefois pas immédiatement. Il laissa à Dean quelques minutes pour émerger complètement puis l'aida à sortir de la douche, le déshabilla, le sécha avant de l'aider à enfiler un pantalon et un t-shirt. Le jeune homme frissonnait à côté de lui et Castiel s'empressa de le rallonger dans son lit et de le couvrir avec ses draps.
Il ne prit la parole que lorsque Dean sembla enfin être réchauffé.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il.
Dean le fusilla alors du regard, furieux. Castiel était soulagé qu'il le soit. Il préférait nettement une réaction négative que pas de réaction du tout.
- Comment ça qu'est-ce qui s'est passé ? C'est à toi de me le dire ! Je dormais tranquillement et c'est toi qui as jugé bon de me jeter sous l'eau glacée ! Tu sais que c'est méthode de torture ? C'est ça qu'on vous enseigne à l'école de police ?
Castiel n'allait certainement pas se laisser entrainer dans ce genre de discussion. Il avait la sensation que c'était ce que Dean voulait justement. Il cherchait à détourner la conversation du sujet important. Parce que ce qui venait de se passer avait clairement quelque chose à voir avec ce qu'il refusait de lui dire jusque-là. Castiel en avait assez maintenant. Il allait obtenir des réponses que cela plaise à Dean ou non.
- Je sais ce que tu cherches Dean. Tu tentes de m'énerver en me provoquant. Mais tu n'y arriveras pas. Parce je sais que tu me caches des choses. Je n'ai rien dit jusque-là parce que je ne voulais pas te braquer mais… cette fois, j'en ai assez. Je veux que tu me dises tout.
- Je n'ai rien à te dire, assura Dean.
Castiel sentait qu'il mentait et cela le rendait furieux. Mais il fit en sorte de garder son calme.
- Dean, je ne veux pas te donner la sensation de te poser un ultimatum mais… on ne peut pas continuer comme ça. Tu dois me faire confiance et tout me dire. Est-ce que tu as rêvé de lui ? Est-ce que tu l'as vu ? Est-ce qu'il… si tu ne me dis rien juste pour me protéger alors c'est stupide. Parce que je n'ai pas besoin que tu me protèges…
- Cas, je…
Castiel ne dit rien et laissa une chance à Dean de tout lui dire. Mais le jeune homme semblait avoir du mal à parler.
- Dean, s'il te plait. Je te promets de ne pas m'énerver. Je te promets que… quoi que tu puisses avoir à me dire… on prendra le temps d'en discuter calmement. On trouvera une solution ensemble. Mais tu dois me parler.
Dean baissa les yeux sur ses mains. Il prit ensuite une grande inspiration avant de relever la tête et de fixer Castiel dans les yeux. Il était prêt à parler mais il était évident que ce qu'il avait à dire n'était pas facile à entendre.
- J'ai fait un rêve il y a quelques jours… ce n'était pas vraiment un rêve… plutôt une sorte de… prémonition. Je me suis vu dans le sous-sol du tueur. Il m'avait trouvé et il… il connaissait mon nom. J'ai senti que c'était un avertissement et qu'il était proche de… je suis presque sûr qu'il me trouvera Cas… au prochain de mes cauchemars, il me trouvera et je ne pouvais pas… je ne pouvais pas courir ce risque alors… Charlie est sur le coup. Elle a le nom de ce monstre et elle… elle va le trouver mais elle a besoin de temps. Je devais trouver une solution pour ne plus rêver de lui. Je ne pouvais juste pas arrêter de dormir alors…
- Alors quoi Dean ? Dis-moi ce que tu as fait.
Castiel était terrifié par ce qu'il entendait. Terrifié parce qu'il était évident que Dean n'exagérait pas. Il était réellement convaincu que le tueur était proche de lui. Qu'il était sur le point de l'identifier. Il était en danger. Cette vision le lui avait confirmé. Castiel ne supportait pas l'idée que son petit ami ait pu se retrouver ainsi entre les mains du tueur. Même si ce n'était que dans un rêve. C'était différent d'être avec lui tout en se trouvant dans la tête d'un autre.
- J'ai… juste après mon accident… quand j'ai commencé à rêver de choses que je ne comprenais pas et que je ne pouvais pas expliquer, j'ai… j'ai consulté une psy et elle… elle pensait que c'était du au stress et au choc reçu alors elle m'a prescrit des somnifères. J'en ai pris quelques fois mais je n'aimais pas la sensation qu'ils me procuraient. Pas parce qu'elle était désagréable mais parce qu'elle… elle était justement trop agréable. J'avais peur de devenir accroc. De ne plus pouvoir fonctionner sans ces cachets alors… j'ai arrêté d'en prendre. Mais ils fonctionnaient Cas et ils étaient ma seule solution cette fois.
Castiel n'aimait bien sûr pas l'idée que son petit ami ait pu prendre des somnifères sans le lui dire. Il ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi il le lui avait caché. Ça n'avait rien de honteux ou de grave. Beaucoup de gens en prenaient. Il aurait pu le comprendre. Il ne le lui aurait pas reproché.
- Ok, ce n'est pas… bien sûr, je n'aime pas l'idée que tu aies eu à prendre ces cachets pour te protéger et j'aurais préféré que tu m'en parles mais… ce n'est pas grave et ce n'est pas… tu n'as pas à en avoir honte.
- Je n'ai pas honte Cas mais je… je ne voulais pas que tu t'inquiètes… surtout pas quand j'ai commencé à… à en prendre plus que la dose prescrite parce qu'un seul cachet ne suffisait plus. C'est comme si mon corps s'était habitué et qu'il en demandait plus et j'ai peur… j'ai peur de devenir accroc. J'ai peur qu'ils finissent par ne plus marcher. J'ai peur que ce monstre parvienne à me trouver. J'ai peur de tellement de choses Cas… tellement que je ne sais plus quoi faire ou comment me comporter.
Castiel hocha la tête avant de s'asseoir sur le lit, aux pieds de son petit ami. Il posa une main sur sa cuisse pour le rassurer avant de reprendre la parole.
- Je comprends que tu puisses avoir peur Dean. N'importe qui aurait peur à ta place mais… tu ne peux pas continuer comme ça. J'espère que tu le sais. Tu ne peux pas augmenter la dose sans te soucier des conséquences que cela pourrait avoir sur ta santé. Il y a forcément une autre solution que celle-ci. Parce que je ne veux pas que ce qui vient de se passer puisse arriver à nouveau.
- Mais si j'arrête, il reviendra. Cas… je le sens… pas seulement la nuit mais la journée aussi maintenant. C'est comme s'il se trouvait à la lisière de mon esprit et qu'il cherchait la porte pour entrer. Je ne peux pas le laisser faire.
Castiel prit alors une seconde pour réfléchir. Il savait bien que le risque était trop important pour laisser Dean le courir. Le temps leur était compté. Et Castiel n'avait toujours pas la moindre piste. Il n'avait rien. Il était totalement impuissant à aider l'homme qu'il aimait. Cela le rendait furieux. Il était fou de rage. Mais il ne devait pas laisser Dean le sentir. Le jeune homme croirait aussitôt que c'était uniquement de sa faute.
- On ne va pas le laisser entrer dans ta tête Dean. Je te le promets. On doit juste trouver une solution. Le trouver lui pendant qu'on le peut encore. Tu m'as dit que Charlie était sur le coup. Peut-être qu'on devrait l'appeler et faire un point ensemble. Je suis convaincu qu'en coopérant ensemble, on finira par trouver quelque chose. Mais tu dois me promettre que tu ne me cacheras plus rien. Je ne veux surtout pas être exclu de cette histoire… pas quand elle concerne l'homme que j'aime.
Dean acquiesça alors. Il semblait honteux et triste. Inquiet sans doute également. Il avait peur que Castiel ne rompe avec lui parce qu'il lui avait caché cette information. Le jeune policier n'en avait évidemment pas l'intention. Il n'envisageait pas sa vie sans Dean. Il se fichait qu'il ait pu lui mentir ou lui cacher des choses. Il se fichait de la peur qu'il avait eu ce matin. Il aimait Dean. Et il l'aimait tel qu'il était. Avec ses nombreuses qualités et ses quelques défauts.
- Je veux bien Cas et je… je suis désolé de ne pas te l'avoir dit plus tôt. Je pourrais comprendre que tu sois furieux et que tu aies envie de… de prendre tes distances pendant quelques temps. Mais je peux te jurer que je ne t'ai pas menti parce que je ne te faisais pas confiance. Je l'ai fait uniquement parce que je ne voulais pas t'inquiéter.
- Dean, je suis inquiet pour toi. Je le serais tant que ce monstre sera en liberté et tu ne pourrais rien faire pour m'en empêcher. Mais c'est pire encore si tu ne me dis pas tout parce que j'imagine le pire. Alors tu dois me promettre de ne plus rien me cacher.
Dean soupira avant d'hocher la tête à nouveau. Castiel s'approcha alors de lui et lui prit le visage entre les mains. Il plongea son regard dans celui de son petit ami avant de lui sourire gentiment.
- Rien de ce que tu pourrais faire ne me poussera à prendre mes distances. Je t'aime Dean et je compte bien finir ma vie avec toi. Jamais je ne laisserais un détail comme celui-ci venir tout gâcher entre nous. On se disputera bien sûr. Peut-être même qu'on s'ignorera pendant quelques jours mais… jamais… je dis bien jamais… je ne prendrais mes distances. Parce que sans toi ma vie n'a aucun sens. C'est compris ?
- C'est compris Cas.
Le jeune policier embrassa alors son petit ami sur la bouche. C'était un baiser chaste et plein de tendresse. Il ne cherchait pas à obtenir plus. Il avait juste besoin de sentir les lèvres de Dean contre les siennes. Leur chaleur. Il avait besoin de se rassurer. Son petit ami était là avec lui et il allait bien. La menace qui pesait sur lui était forte et imminente. Mais Castiel pouvait enfin oublier la peur qu'il avait ressenti ce matin. Il pouvait passer à autre chose et se concentrer à nouveau pleinement sur l'enquête.
- Je t'aime, souffla-t-il alors quand il recula son visage.
- Je t'aime aussi, répliqua Dean en fermant les yeux.
Ils restèrent ainsi sans bouger durant de longues minutes. Ils semblaient en avoir autant besoin l'un que l'autre. Puis, sans rien dire et sans se concerter, ils reculèrent doucement avant que Castiel ne vienne s'allonger à côté de son petit ami. Ce dernier se blottit aussitôt contre lui. Il enfouit son visage dans son cou et le jeune policer ferma les yeux, épuisé par la matinée qu'il venait de vivre. Rien n'était encore réglé. Le tueur était toujours en liberté. Castiel savait qu'il avait du travail et de longues heures compliquées qui l'attendaient dans un avenir proche. Mais il avait également la sensation que Dean et lui venaient de franchir un nouveau cap. Leur relation avait évolué à nouveau. Et c'était une sensation incroyable. Castiel avait réussi à passer outre les défenses que son petit ami avait érigé une nouvelle fois. Il avait réussi à obtenir de lui qu'il lui dise enfin tout. Et il était convaincu que Dean ne lui mentirait plus à l'avenir. C'était déjà beaucoup.
