Bonjour,

Voici le chapitre 29 de cette histoire. Dean parle avec son père et son frère pendant que Castiel passe la soirée avec Gabriel et sa famille. Une bonne grosse bouffée d'oxygène avant le grand final. Car on approche de la fin et le tueur n'est plus très loin de nos deux héros.

Merci à Marie pour la correction toujours en temps et en heure.

Et merci à vous de continuer à me lire et à m'écrire.

Je vous retrouve la semaine prochaine

Bonne lecture

Sydney8201

Musique du chapitre :

Ain't no sunshine de Bill Withers

Chapitre 29 : Famille

« Quand tout va bien, on peut compter sur les autres. Quand tout va mal, on ne peut compter que sur sa famille. »

Proverbe Chinois

Castiel avait merveilleusement bien réagi en apprenant que Dean lui avait menti. Contrairement à ce que le jeune homme avait imaginé et redouté, son petit ami ne l'avait pas rejeté en lui hurlant dessus. Il n'avait pas choisi de rompre avec lui. Dean était presque sûr qu'il aurait été incapable de se montrer aussi compréhensif si les rôles avaient été inversés. Il aurait probablement crié puis reproché à Castiel de lui avoir menti et de ne pas lui avait fait suffisamment confiance. Il serait parti en claquant la porte et aurait mis en péril une relation à laquelle il tenait pourtant énormément.

Castiel avait su se montrer bien plus mature et adulte que lui. Il avait pris le temps de chercher à le comprendre. Et il avait ensuite fait en sorte que Dean saisisse de son côté pourquoi son comportement était dangereux. Pourquoi il l'avait blessé sans le vouloir.

Le jeune homme avait compris. Il ne recommencerait pas. Il ne pouvait pas continuer à cacher des choses à Castiel. Il n'avait pas le droit de ne pas lui faire entièrement confiance. Pas le droit de chercher à le protéger en doutant de ses capacités à le faire seul. Il n'avait pas le droit de l'exclure ainsi de sa vie à un moment aussi capital alors même que Castiel voulait en faire partie depuis le début.

Il ne lui mentirait plus. C'était sa première résolution. Mais elle n'était pas la seule. Dean voulait également arrêter de prendre ses cachets. Il avait toujours su qu'il y avait un risque de dépendance. Un risque d'en prendre trop et d'en subir ensuite les conséquences. Il en avait eu la preuve. Il ne voulait surtout pas que cela puisse devenir un problème. Comme l'alcool en avait été un pour son père. Il ne voulait que cette substance finisse par l'éloigner de sa famille, de ses amis et de Castiel. Il ne voulait pas qu'elle puisse contrôler sa vie. Il s'était toujours juré d'affronter les problèmes de face. De ne jamais choisir la voie de la facilité. Il avait été faible. Mais Castiel avait su le remettre dans le droit chemin. Il avait su lui permettre d'ouvrir les yeux. Sans crier et sans le culpabiliser inutilement. Son petit ami avait simplement su trouver les mots justes. Dean était parfaitement conscience de la chance qu'il avait de pouvoir compter sur lui malgré tout.

Car à la manière d'un tuteur pour un alcoolique en cours de sevrage, Castiel avait su lui donner les bons conseils. Dean devait parler de tout cela à sa famille. Il devait s'ouvrir à eux. Il avait menti à Castiel durant quelques jours. Mais il mentait à ses proches depuis bien plus longtemps. Il ne leur avait pas parlé de la menace que le tueur représentait. De sa capacité à savoir quand Dean était dans sa tête. De la prémonition qu'il avait eue.

Ils méritaient de savoir. Car le danger qui planait sur Dean planait aussi sur eux. Ils étaient dans la ligne de mire et ils avaient le droit de le savoir. Le droit d'être inclus à leur tour dans cette histoire qui risquait de les impacter à un moment ou à un autre.

Dean redoutait le moment où il leur dirait tout. Il savait que Sam serait furieux. Il savait que son petit frère lui reprocherait d'avoir menti. Qu'il lui crierait dessus. Il savait également que son père serait silencieux et déçu. Qu'il ne dirait pas grand-chose sans doute car ce n'était pas un bavard. Mais Dean lirait sa déception sur son visage. Et cela suffirait à lui faire du mal. Il savait exactement comment ses proches allaient réagir en apprenant ce qu'il avait fait et tout ce qu'il avait refusé de leur dire. Mais il n'avait pas le droit de ne rien dire juste pour se préserver. Castiel avait raison. Ils méritaient de savoir.

Comme il l'avait prévu, Sam et John ne réagirent clairement pas aussi bien que Castiel. Dean choisit de les réunir chez son frère et lui pour dîner. Il prétexta avoir envie de passer du temps avec sa famille. C'était un peu vrai d'ailleurs. Il avait clairement négligé son frère et son père en faveur de Castiel depuis qu'ils étaient ensemble. Et s'ils ne lui en voulaient pas, Dean le regrettait quand même.

Il attendit qu'ils soient tous à table, leurs assiettes pleines et la discussion lancée pour tout leur dire. Il n'avait pas préparé de discours. Rien répété à l'avance. Il se lança sans filet. Il n'était pas vraiment sûr que son discours soit clair. Il leur balança tout un tas d'informations sans réellement se soucier de leur chronologie. Il parla pendant ce qui lui sembla être des heures. Et personne ne l'interrompit. Personne ne le coupa dans son élan. Ils étaient visiblement sous le choc. Dean pouvait les comprendre. Il aurait probablement été dans un état similaire à leur place. Il en profita donc pour tout leur dire sans omettre le moindre détail cette fois. Il leur parla de l'enquête, du tueur et de ses visions. Il leur parla de Charlie et de son implication. Puis du danger qui planait au-dessus de sa tête. Des somnifères et de Castiel. Il leur dit tout et quand il eut enfin fini, il était à bout de souffle. Il était épuisé et terrifié par leurs réactions. Mais son petit ami avait vu juste une fois de plus. Il se sentait également plus léger. Libéré d'un poids qui reposait depuis trop longtemps sur ses épaules. Un poids dont il ne prenait conscience que maintenant qu'il en était délivré.

Sam paraissait difficilement se contenir. Il était furieux. Il avait les poings serrés et la mâchoire crispée. Dean savait que ce n'était qu'une question de secondes avant qu'il ne se mette à lui hurler dessus. John, lui, semblait parfaitement calme. Mais son regard était froid, son visage fermé. Il ne crierait sans doute pas. Mais il n'en pensait pas moins.

- Donc, tu es en train de nous dire que tu nous as menti depuis tout ce temps… et pas seulement menti sur quelque chose d'insignifiant mais menti sur le fait que tu es en danger parce qu'un tueur en série semble sur le point de découvrir qui tu es ? Est-ce que j'ai bien compris ? Parce que si c'est le cas alors… permets moi de te dire que je suis… commença Sam dont les mains tremblaient à présent.

- Furieux ? compléta Dean qui connaissait suffisamment son frère pour savoir qu'il y avait plus.

Sam hocha la tête. Dean pouvait sentir qu'il en avait plus à dire. Mais il cherchait à garder son calme pour ne pas hurler sur son frère. C'était bon signe bien sûr. Cela signifiait qu'il ne voulait pas d'une dispute qui risquait de tout compliquer entre eux. Mais cela lui demandait un effort conséquent.

- Furieux est un faible mot Dean. Ce que tu n'as pas l'air de comprendre, c'est que quand tu risques ta vie… cela n'a pas seulement un impact sur toi ! Cela nous concerne aussi parce que tu le veuilles ou non… que tu le comprennes ou non… nous t'aimons Dean. Nous sommes ta famille et s'il t'arrivait quelque chose… on serait détruits.

Le jeune homme sentit sa gorge se nouer. Il savait que Sam avait raison. Bien sûr, il lui arrivait de se demander pourquoi les gens s'attachaient ainsi à lui. Mais il n'avait jamais douté de l'amour de sa famille. Il savait combien les liens qui les unissaient étaient forts et solides.

- Depuis le début de cette histoire… depuis que tu as ce… ce don … on a toujours été là pour te soutenir. On a toujours été là pour t'aider même si tu ne nous le demandais jamais. Et on a attendu que tu viennes nous voir… que tu comprennes qu'on voulait aussi être intégré à cette partie de ta vie… mais tu ne semblais pas vouloir de nous. Et je n'ai rien dit parce que je pensais que tu… je pensais que tu n'avais pas vraiment besoin de notre aide. Rien de ce que tu voyais dans tes rêves ne pouvait avoir d'impact sur ta vie ou ta sécurité. Ce n'était jamais aussi grave que ce que ce monstre fait et ensuite… ensuite, il y a eu Castiel et je me suis dit… il saura veiller sur mon frère. Il saura le protéger. Mais… tu lui as menti à lui aussi et s'il n'avait rien découvert… tu aurais continué à t'entêter. Tu aurais continué à mener ce combat seul. Tu aurais pris des risques et tu aurais fini par… Dean, je ne veux pas qu'on se dispute mais je veux que tu comprennes ce que je ressens. J'ai besoin que tu te mettes à ma place cette fois.

Dean prit quelques secondes pour faire ce que son frère lui demandait. Il devait reconnaître qu'à sa place, il aurait probablement été fou de colère. Il n'aurait pas été capable de contenir sa fureur comme Sam semblait pouvoir le faire. Il aurait été terrifié. Déterminé à se faire sa place dans cette partie de la vie de son frère. Que ce dernier le veuille ou non. Il pouvait comprendre Sam. Et il prenait enfin conscience de l'ampleur de ce qu'il leur avait fait. Il avait été idiot. Il était grand temps pour lui de l'admettre et de s'excuser.

- Je sais que si j'étais à ta place, je serais probablement beaucoup moins calme.

- Oh ne te fie pas à mon calme apparent Dean. Je bouillonne littéralement à l'intérieur. Mais je sais que ce n'est pas la meilleure manière de réagir parce que c'est justement celle à laquelle tu t'attends. Ce n'est pas la meilleure manière de procéder avec toi. Le plus efficace est de parler. De te dire les choses calmement pour que tu acceptes de les entendre.

Dean hocha la tête. Son frère avait bien évidemment raison sur ce point aussi. Il était prêt à se faire hurler dessus. Il s'y était préparé. Il se connaissait. Si son frère s'était mis à hurler, il en aurait très certainement fait de même. Il aurait tenté de se justifier. Il aurait fini par se braquer et rien ne se serait arrangé. Après Castiel, voilà que Sam se montrait lui aussi plus mature et plus adulte. Dean n'en revenait pas de l'homme extraordinaire qu'il était devenu.

- Et une nouvelle fois, je sais que c'est toi qui as raison. Castiel et toi, vous… visiblement, vous êtes bien plus matures, lucides et adultes que moi et c'est pour ça que j'ai tant de chance de vous avoir. Mais… ce que j'essaie de te dire… maladroitement comme toujours, c'est que… je suis désolé. Ça ne suffira peut-être pas à te calmer complètement mais je suis sincèrement désolé. Je peux te promettre que j'ai compris. Je ne recommencerai pas. Je ne vous mentirai plus. Je vous dirai tout à l'avenir.

- Tu n'es pas obligé de tout nous dire Dean. Tu as le droit d'avoir des secrets. Mais tu ne peux pas nous mentir quand il est question de ta vie et de ta sécurité. Je ne te demande de courir me confier chacun des petits détails de ta vie privée mais juste de me parler quand quelque chose d'aussi énorme t'arrive. Parce que ça n'impacte pas que toi.

Dean pouvait sentir que son frère était toujours furieux. Mais il commençait à se calmer. Ils avaient évité le pire. Bien sûr, il restait son père à gérer. Dean n'avait pas la moindre idée de la manière dont il devait le pousser à parler. John était parfois un mystère pour lui. Il lui arrivait de ne pas avoir la moindre idée de ce qui se passait dans sa tête. Et c'était terriblement frustrant pour lui.

- Promis, je… je ferai en sorte de vous inclure à l'avenir à chaque fois que j'aurai une décision importante à prendre ou… s'il m'arrive quoi que ce soit de vraiment important. Je l'ai déjà promis à Cas et je vous le promets à vous aussi.

- Je te crois… et je sais aussi que Castiel ne te laissera pas refaire deux fois la même erreur. De toute façon, tu as bien trop peur de le perdre pour prendre ce risque. Ce qui me donne plus envie encore de le rencontrer. Parce qu'il est définitivement trop bien pour toi.

- Crois-moi Sammy, je le sais… et je prie tous les jours pour qu'il ne s'en aperçoive pas.

Sam secoua la tête. Dean savait à quoi s'attendre maintenant. Son frère allait probablement lui dire qu'il avait tort de se sous-estimer. Que lui plaisantait. Il lui ferait ensuite un long discours vantait ses qualités et toutes les choses qu'il avait faites pour lui. Mais Dean n'avait pas envie d'entendre tout cela ce soir. Pas après ce qu'il leur avait fait. Il choisit donc de questionner son père à la place pour couper l'herbe sous le pied de son frère.

- Papa, est-ce que tu… je sais que tu n'aimes pas beaucoup parler et je sais que je t'ai probablement déçu mais… tu as peut-être envie de me dire quelque chose ?

John posa le verre d'eau qu'il tenait dans sa main. Il croisa ensuite ses bras sur son torse et Dean eut alors la sensation d'être renvoyé dix ans en arrière. A une époque où son père le terrifiait. Mais il était adulte et de taille à faire face à cette conversation.

- La première chose qui me vient à l'esprit est… c'est probablement qu'il me faudra remercier Castiel quand je le rencontrerai. Parce qu'il est évident qu'il t'a probablement sauvé la vie et je lui en serai éternellement reconnaissant. La seconde, c'est que… je pensais qu'on en était arrivé à un stade de notre vie où nous sommes capables de tout nous dire. De nous faire confiance. Je pensais t'avoir prouvé malgré mes multiples erreurs quand vous étiez enfants que tu peux compter sur moi. Que je serai toujours là pour t'écouter et te conseiller. Et que je donnerais ma vie sans hésiter pour sauver la tienne.

- Papa, je…

- Non Dean, laisse-moi finir. Je n'ai probablement pas été un père parfait. Loin de là. J'ai manqué à tous mes devoirs après la mort de votre mère mais j'essaie de me racheter depuis. Et je ne sais pas si j'ai réussi ou s'il me reste encore du travail à faire. Je ne sais pas si quelque part au fond de toi, tu m'en veux encore ou si tu m'as définitivement pardonné. Ce que je sais en revanche, c'est que je suis ton père et que ce rôle est ce qu'il y a de plus important pour moi.

Dean, déglutit avec peine. C'était la première fois que son père lui disait toutes ces choses. La première fois qu'il ouvrait son cœur ainsi. Le jeune homme ne s'était clairement pas préparé à ça. Il ravala toutefois ses larmes parce qu'il avait besoin de savoir ce que son père ressentait concernant ses mensonges.

- Tu es déçu ? demanda-t-il alors.

John lui sourit en hochant la tête.

- Non, je ne le suis pas. Tu ne pourras jamais me décevoir Dean. Tu commets des erreurs comme tout le monde mais quand je te regarde… je vois l'homme incroyable que tu es devenu et je sais que tu ne le dois qu'à toi-même. Je sais que tu t'es élevé seul et cela me rend triste parfois. Mais je suis content de pouvoir faire partie de ta vie maintenant. Je ne suis pas en colère non plus comme je suis sûr que tu le crois… ou plutôt si, je suis en colère. Mais pas contre toi. Contre moi. J'aurais dû sentir que quelque chose clochait. J'aurais dû être là quand tu étais enfant et j'aurais dû… je n'aurais pas dû vous abandonner comme je l'ai fait.

- Je ne t'en veux plus Papa. J'ai compris et je t'ai pardonné. Tu n'as plus aucune raison de t'en vouloir pour ça.

- Peut-être mais j'aurai toujours ce regret… celui de ne pas vous avoir vu grandir tous les deux. Sans doute que je l'emporterai dans ma tombe. Mais j'emporterai aussi tous les merveilleux souvenirs que nous nous ferons ensemble d'ici là. Tous ceux qu'on s'est déjà fait jusque-là. Et c'est ça le plus important.

Dean hocha la tête. C'était effectivement la seule chose qui comptait vraiment. John était là maintenant et il assumait son rôle de père. Il avait manqué des choses importantes quand ils étaient enfants. Il ne pourrait jamais les revivre. Mais il y avait encore des dizaines de choses à vivre ensemble. Dean le voulait à ses côtés pour toutes les futures étapes importantes qu'il franchirait.

- Maintenant que tu as compris ton erreur Dean, je sais que tu ne la reproduiras plus. Je te fais confiance. Tu vas nous impliquer à compter d'aujourd'hui et on sera là pour toi. On va affronter cette épreuve ensemble. Et on va triompher. Parce que notre famille a déjà suffisamment souffert… je ne laisserai personne… pas même ce monstre… nous faire du mal.

Dean pouvait sentir la détermination de son père. Il le savait fort. C'était une des choses qu'il admirait tant chez lui. Un de ses traits de caractère qu'il espérait avoir hérité de lui. Leur famille avait vécu l'enfer. Mais elle était toujours là. Solide. Indestructible. Le tueur n'aurait pas à faire face seulement à Dean, Charlie et Castiel. Il allait devoir affronter toute sa famille. Et il n'était pas de taille. Personne ne l'était.

- Merci à tous les deux… merci de ne pas m'avoir hurlé dessus… merci de m'avoir dit toutes ces choses et merci pour votre soutien. Je ne vous mérite pas, confia alors Dean, toujours ému.

- Ce n'est pas une question de mériter ou non Dean… même si après tout ce que tu as fait pour moi et pour cette famille, j'estime que tu mérites le meilleur. C'est une question d'amour… tous les deux nous t'aimons et ce n'est pas quelque chose qu'on a choisi. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut effacer ou ignorer. Mais ce n'est pas non plus quelque chose que l'on doit subir. C'est une force, assura Sam en souriant à son tour.

- Une force qui doit nous permettre de faire face à tout et n'importe quoi, compléta John.

Dean aurait tout donné pour que sa mère puisse les voir à cet instant précis. Elle serait probablement fière d'eux. Et contente de voir combien ils étaient soudés malgré son absence. Sa mort avait manqué de les détruire. Tout aurait été différent si John n'avait pas repris le dessus. Si Bobby n'avait pas été là pour les aider. Si Dean n'avait pas trouvé la force d'être là pour Sam. Ils n'en seraient très certainement pas là où ils en étaient maintenant. Et peut-être qu'ils le lui devaient d'une certaine manière. Car Dean pouvait parfois sentir sa présence près de lui. Il la soupçonnait de garder un œil sur eux malgré tout.

- Maintenant, on peut continuer à se dire des choses de ce genre et attendre de voir qui sera le premier à pleurer ou alors on peut arrêter là et profiter de cette soirée. A vous de voir ! lança John.

Dean jeta un coup d'œil à son frère avant de reporter son attention sur son père.

- Profitons de la soirée même si on sait tous que ce sera Sammy le premier à pleurer. C'est un grand sentimental.

- Je sais que tu vois ça comme une insulte Dean mais je le prends au contraire comme un compliment.

Dean acquiesça. Il n'y avait effectivement aucune honte à pleurer. Il l'avait juste dit pour embêter son frère. Parce qu'il estimait que cela faisait partie de ses devoirs en tant que grand frère. Et Sam l'acceptait. Il râlait toujours mais chacune de ses plaisanteries le faisait sourire. Cela fonctionnait comme ça entre eux. Le jeune homme priait tous les jours pour que cela ne change jamais. Il aimait cette dynamique entre eux. Il aimait leur façon de communiquer. Il aimait ces moments qu'ils partageaient ensemble. Ils rattrapaient le temps perdu. Et le jeune homme se promit de leur faire un peu plus de place dans sa vie dorénavant. Castiel resterait toujours une part importante de son existence. Mais il n'avait pas le droit d'ignorer les autres pour autant. Car ils avaient toujours été là pour lui. Il le serait jusqu'à la fin. Dean aimait sa famille plus que tout au monde. Et il se promit de le leur prouver plus souvent à l'avenir.


Castiel pouvait comprendre que Dean ait choisi d'aller parler à sa famille seul. Il avait senti que c'était quelque chose que le jeune homme avait besoin de faire sans sa présence. Un moment qu'il voulait partager avec son père et son frère uniquement. Il avait la sensation de les avoir négligés jusque-là. D'avoir trahi leur confiance aussi. C'était un moment entre Winchester et si Castiel espérait un jour pouvoir faire partie de cette famille, il savait que c'était encore trop tôt. Il préférait de toute façon faire la connaissance du père et du frère de son petit ami dans d'autres circonstances. Quand l'affaire serait résolue probablement.

Il ne redoutait pas vraiment Sam même s'il savait que son avis comptait beaucoup pour Dean. Si son frère et lui ne s'entendaient pas, le jeune homme ferait un choix et Castiel ne ferait jamais le poids. Le lien qui existait entre eux était plus ancien et plus fort. Rien ni personne ne pourrait y mettre fin. Rien ni personne ne pourrait prendre la place de Sam dans la vie et dans le cœur de Dean. Et Castiel n'était pas jaloux. Ce n'était pas ce qu'il cherchait. Il voulait se faire sa place à lui. Une que personne ne pourrait venir menacer ensuite.

Il était toutefois presque sûr que les choses colleraient entre Sam et lui. Ils se ressemblaient sur beaucoup de points. Ils voulaient tous les deux le bonheur et le bien-être de Dean. Ils étaient faits pour s'entendre et probablement devenir amis.

Non. Castiel n'avait pas peur de rencontrer Sam. Il était en revanche terrifié à l'idée de faire la connaissance de John. Il savait que le père de Dean avait accepté son homosexualité facilement. Qu'il n'y voyait pas le moindre inconvénient du moment que son fils était heureux. Mais parce qu'il avait justement manqué à ses devoirs durant son enfance, il se sentait obligé d'y veiller plus encore depuis. Il serait exigeant, vigilent et attentif à la moindre erreur de Castiel. Oui, il lui faisait peur et ce n'était pas quelque chose à laquelle le jeune policier était habitué. Il allait devoir se montrer sous son meilleur jour. Et marquer des points immédiatement. Il n'aurait pas de seconde chance.

Il était donc préférable pour lui de ne pas être présent pour cette conversation même s'il n'aurait pas hésité à l'être si Dean le lui avait demandé. Il n'avait en revanche pas vraiment envie de passer la soirée seul à attendre des nouvelles de son petit ami. Il voulait croire que cette discussion se passerait bien. Les Winchester s'aimaient bien trop pour se brouiller. Il existait toutefois un risque que cela tourne en dispute. Et Castiel devrait alors être là pour son petit ami.

Mais en attendant, il avait surtout besoin d'être avec quelqu'un pour ne pas penser constamment à Dean, au tueur et à ce qu'il avait découvert. Il appela donc Gabriel et lui demanda s'il pouvait passer le voir chez lui. Il s'était juré d'être un meilleur ami pour lui. D'apprendre à connaître un peu mieux sa femme et ses enfants. Il était temps qu'il le fasse.

Il n'était pas très à l'aise avec les enfants. Il ne savait jamais comment leur parler. Et eux semblaient au contraire avoir envie de discuter avec lui. Ils étaient francs et honnêtes. Cela pouvait parfois les rendre un peu cruels même s'ils ne le faisaient jamais méchamment. Castiel n'avait pas la moindre idée de la manière dont il pouvait les occuper ou de ce qu'il avait le droit de leur dire ou non. Il ne pouvait décemment pas parler de son travail sans les effrayer et leur provoquer des cauchemars. Il ne pouvait pas parler de dessins animés ou de jeux puisqu'il n'était pas intéressé par l'un ou l'autre. Il ne voyait pas quel sujet aborder et s'il était parfaitement honnête, il devait reconnaître que les enfants lui faisaient un peu peur. Il préférait nettement être confronté à un criminel qu'à eux. Il devait toutefois faire un effort pour Gabriel.

Il y aurait heureusement son coéquipier avec lui pour faire barrage. Et Kali pour veiller à ce que tout se passe bien. La femme de Gabriel était belle, intelligente et brillante. Elle était également forte, courageuse et drôle. Elle n'hésitait pas à dire ce qu'elle pensait. Elle s'opposait aux hommes qui tentaient de la contrôler juste parce qu'elle était une femme. Elle savait se faire respecter et Castiel l'admirait beaucoup. Il n'avait jamais passé beaucoup de temps avec elle mais à chaque fois, il avait apprécié parler avec elle. Gabriel avait de la chance de l'avoir.

Il avait été invité à dîner et même si son ami lui avait demandé de ne rien apporter, il préféra suivre les enseignements de sa mère et ne surtout pas arriver les mains vides. Il opta pour une bouteille de vin même s'il n'en buvait que rarement et qu'il n'y connaissait rien. Il croyait se souvenir que c'était quelque chose que les gens polis faisaient quand ils étaient invités.

Kali sembla ravie de son choix et Castiel se félicita intérieurement. Puis il suivit son coéquipier dans le salon où ses deux enfants étaient installés devant la télévision. Ils étaient déjà en pyjama ce qui était clairement un soulagement pour Castiel. Ils ne passeraient pas la nuit avec eux. Il n'aurait donc pas à leur faire la conversation pendant des heures.

Tim, le plus grand, s'empressa de le bombarder de questions sur son travail. Castiel tenta d'y répondre sans donner de détails effrayants. Visiblement, le jeune garçon admirait énormément son père et semblait vouloir devenir un policier comme lui.

- Parce que c'est un peu comme un super héros mais sans le costume, avait-il ajouté en souriant.

Castiel avait approuvé en hochant la tête alors que Laura, la plus petite, tentait de grimper sur ses genoux pour le regarder de plus près. Elle l'étudiait avec attention et Castiel ne savait pas vraiment quoi en penser.

- Tu ne nous aimes pas beaucoup hein ? demanda-t-elle finalement.

Castiel fut surpris par la question. Il s'empressa toutefois de répondre pour dissiper tout malentendu.

- Je ne vous connais pas vraiment et je n'ai pas l'habitude de passer du temps avec des enfants mais non, je ne vous déteste pas.

La petite fille sembla satisfaite par sa réponse. Elle n'insista pas et finit par se détourner de lui pour aller embêter son frère à la place. Gabriel dut finalement mettre fin à leur dispute avant d'aller les coucher. Les deux enfants insistèrent pour que Castiel leur fasse un long câlin juste avant et il se demanda pourquoi ils en avaient tant envie quand il était visiblement mal à l'aise avec eux. Il le leur accorda toutefois puis les regarda s'éloigner.

- Ils t'aiment bien, commenta Kali le faisant sursauter.

Il ne l'avait pas entendu entrer. Il se tourna vers elle et haussa les épaules.

- Je ne sais pas pourquoi. Je ne suis pas… je n'ai jamais vraiment côtoyé des enfants jusque-là et je n'ai pas l'impression d'être à l'aise avec eux.

- Ce sera différent quand il s'agira des tiens.

Castiel rit une seconde. Il ne s'imaginait clairement pas père de famille un jour. Bien sûr, l'idée de construire quelque chose d'aussi fort et solide avec Dean était tentant. Et il était convaincu que le jeune homme voulait des enfants. Il ferait d'ailleurs un père formidable. Mais Castiel n'était définitivement pas prêt.

- Ne fais pas cette tête. Tu verras. Je suis sûr que tu feras un père génial. Et Gabriel m'a dit que tu avais déjà rencontré celui avec qui tu pourrais envisager de construire une famille. Dean c'est ça ?

Castiel n'était pas étonné que Gabriel lui en ait parlé. Ils se disaient tout. C'était pour ça que leur couple fonctionnait aussi bien depuis aussi longtemps. Et c'était un exemple à suivre pour lui. Un modèle. Il n'était pas gêné non plus qu'elle puisse savoir. Il aimait parler de Dean. Il était fier de l'avoir dans sa vie.

- Dean oui et Gabriel a raison. J'ai envie de construire quelque chose de solide et durable avec lui. Mais c'est encore trop tôt pour envisager quoi que ce soit de ce genre. On en est qu'au début.

- Ça ne t'empêche pas de faire des projets. Même s'ils ne se réalisent pas dans l'immédiat. Et je dois avouer que je suis curieuse. J'aimerais en savoir plus sur l'homme qui a réussi à te faire changer d'avis aussi rapidement sur l'engagement.

Castiel sourit alors comme à chaque fois que le nom de Dean était évoqué. Comme à chaque fois qu'il pensait à lui. Il devait avoir l'air d'un idiot. Mais il était amoureux alors il supposait qu'il en avait le droit.

- C'est… Dean est extraordinaire. Il est unique. Il est… parfait.

- Et sexy non ? Gabriel m'a montré des photos.

- Sexy oui… je n'avais jamais rencontré quelqu'un d'aussi… incroyablement beau que lui. Et il n'en a même pas vraiment conscience… il… il est modeste et généreux. Il est drôle. Intelligent. Il est fort aussi… tellement fort. Il dit ce qu'il pense. Il n'a peur de rien. C'est… comme une bouffée d'oxygène dans ce monde. Ma bouffée d'oxygène.

Il n'exagérait pas. C'était réellement ainsi qu'il considérait Dean. Dans une ville et une société aussi violente et dure, son petit ami lui permettait d'oublier. Il lui permettait de ne pas laisser le mal l'envahir et l'entraîner vers le bas. Dean était sa bouée de sauvetage.

- C'est fou parce que c'est tout à fait comme ça que je voyais Gabriel à notre rencontre… toujours comme ça que je le vois d'ailleurs. Ça n'a pas changé. Et quelque chose me dit que ça ne changerait pas non plus pour Dean et toi.

- Je l'espère. Les choses ne sont pas très faciles pour nous en ce moment mais… j'aimerais vraiment vivre quelque chose de similaire à ce que Gabriel et toi vivez depuis toutes ces années. Vous êtes un exemple.

Kali vint finalement s'asseoir à côté de lui. Elle lui tendit un verre de vin qu'il accepta même s'il n'en avait pas vraiment envie. Il n'avait jamais parlé de ces choses avec elle. Sans doute parce qu'il n'avait jamais aimé qui que ce soit avant Dean. Et il était surpris de la facilité avec laquelle il se confiait à une femme qu'il ne connaissait finalement que peu. Mais il était facile de parler avec elle.

- Tu sais, ce n'est pas facile tous les jours. Le couple c'est aussi un travail de tous les jours. Personne n'est parfait et si tout semble merveilleux au début, il y a toujours des hauts et des bas. Mais quand on aime sincèrement quelqu'un, on ne laisse pas ces petits désagréments venir tout gâcher. On se bat et on s'accroche et… la récompense est tellement belle que les efforts consentis ne sont pas grand-chose en fin de compte.

Castiel hocha la tête à nouveau. Il savait qu'elle disait vrai. Il était tout à fait prêt à se battre pour Dean. Il était prêt à tous les sacrifices. A tous les compromis. Il voulait juste pouvoir passer le restant de sa vie à ses côtés. Quelles que soient les épreuves à affronter pour y parvenir.

- Je sais tout ça… bien sûr que je le sais… mais je n'ai aucune expérience en la matière… c'est tout nouveau pour moi et je n'avais jamais envisagé de rencontrer une personne avec qui j'aurais envie de toutes ces choses. C'est… déroutant et dingue et… tout est allé très vite en plus.

- Pourquoi perdre du temps quand on sait au premier coup d'œil ? Il serait idiot d'attendre quand on peut sentir ce lien se tisser au premier regard. Peut-être que certains te diront que tout est allé trop vite… que tu dois te méfier mais pas moi… non, je ne te dirai jamais ça. Parce que je crois en l'amour et parce que je sais ce que c'est de sentir qu'on est fait pour quelqu'un sans même réellement le ou la connaître.

Castiel trouvait Kali incroyablement sage et perspicace. Elle ressemblait un peu à Dean sur bien des aspects. Elle non plus n'avait pas peur de ce qu'on pourrait penser d'elle. Elle assumait tout et se fichait des « qu'en dira-t-on ».

- Quand j'ai rencontré Gabriel, j'ai su qu'il était l'homme de ma vie. Ne me demande pas pourquoi ou comment… je l'ai su c'est tout. Et plusieurs personnes autour de moi se sont moqués de nous au début. Ils m'ont dit de me méfier… de ne pas me lancer comme ça sans prendre le temps de réfléchir. Je n'ai pourtant pas douté une seule seconde. Et aujourd'hui, je suis toujours aussi sûre de moi. Toutes ces personnes qui voulaient me voir reculer m'envient probablement à l'heure qu'il est. Tant pis pour eux.

Castiel fut surpris de l'entendre. Gabriel ne lui avait jamais dit toutes ces choses et pourtant, il ne semblait pas gêné à l'idée de partager des détails de sa vie privée. Il avait toutefois préféré garder ces informations pour lui. Castiel ne lui en voulait pas. Il était juste curieux de savoir pourquoi.

- Gabriel ne m'a rien dit de tout ça et pourtant… il parle beaucoup de toi et des enfants.

- Gabriel n'aime pas en parler parce que cela lui rappelle qu'on aurait pu tout perdre avant même d'essayer. Et il en veut à ces gens même s'il n'en connait pas la plupart. Gabriel est quelqu'un de foncièrement gentil mais il ne faut pas toucher à sa famille ou aux gens qu'il aime.

Castiel ne le savait que trop bien. Son coéquipier était effectivement quelqu'un de calme et de foncièrement gentil. Il était incapable de faire du mal aux autres. Mais il devenait quelqu'un de totalement différent quand on disait du mal des gens qu'il aimait. Ou quand on menaçait de s'en prendre à eux.

- Je crois que je pourrais tuer quiconque tenterait de s'en prendre à Dean, confia-t-il alors.

Il n'avait pas pensé le dire à voix haute. Mais il ne regrettait toutefois pas de l'avoir fait. Car c'était vrai. Il était capable de tout si on s'en prenait à l'homme qu'il aimait. Il se fichait des conséquences que cela pourrait ensuite avoir sur lui.

- Je sais mon grand. Et je sais aussi qu'il court un risque en vous aidant. Mais tu ne pourras pas l'en empêcher. Dean m'a tout l'air d'être quelqu'un qu'on n'écarte pas aussi facilement. Ce qui est tout à son honneur. Et si cela rend les choses plus difficiles pour toi, tu n'as pas d'autres choix que de l'accepter. Et de veiller sur lui pour t'assurer que tu seras là quand il en aura besoin.

- C'est… j'aimerais tellement pouvoir le protéger de tout et de tout le monde… l'enfermer quelque part où personne ne pourrait l'atteindre. Au moins jusqu'à la fin de notre enquête mais je sais que ce n'est pas possible et je l'accepte. Cette volonté d'aider les autres et de faire le bien est aussi ce qui m'a séduit chez lui. Je ne veux surtout pas qu'il change.

- Tout comme je ne voudrais surtout pas que Gabriel change même s'il n'est pas parfait et même s'il a ses défauts… des défauts qui me mettent parfois hors de moi. Et je suis sûr qu'il te dirait la même chose me concernant.

Castiel n'avait jamais entendu Gabriel dire quoi que ce soit de négatif sur Kali. Il ne semblait avoir que des compliments à partager sur elle. Mais sans doute lui arrivait-il effectivement de penser toutes ces choses. Comme n'importe quel être humain.

- Peut-être mais… à vrai dire, je ne me souviens pas l'avoir entendu te critiquer une seule fois. Quand il parle de toi, c'est toujours pour me dire combien il t'aime… combien tu es merveilleuse et combien il a de la chance de t'avoir. Ce dont je ne doute pas d'ailleurs. Gabriel est presque incapable de mentir.

- Gabriel est… sans doute trop gentil ou trop amoureux pour être parfaitement honnête ou lucide sur ce genre de choses. Mais je sais qu'il m'arrive de lui taper sur le système. On fait juste en sorte que cela s'arrange. Parce qu'on ne veut surtout pas envisager notre vie l'un sans l'autre.

- Et tu n'as jamais… peur pour lui. Son travail est dangereux et il prend des risques. Ça n'a pas été un sujet de disputes entre vous ?

C'était une des choses que Castiel redoutait. Dean lui avait dit combien il avait été terrifié de le perdre le jour où il avait été blessé. Et il pouvait le comprendre. Lui aussi avait peur et était incroyablement inquiet parce qu'il savait son petit ami en danger. Il espérait que son métier ne poserait pas de problèmes entre eux à terme.

- Je ne vais pas te dire que je suis ravie de savoir qu'il prend des risques au quotidien. Bien sûr que je préfèrerais le savoir dans un métier moins dangereux mais… Gabriel aime ce qu'il fait et il le fait bien. Je ne lui demanderai jamais de changer de profession juste pour ne plus avoir à m'en faire pour lui. Je l'aime aussi parce qu'il veut aider les autres. Je l'aime aussi parce qu'il est prêt à mettre sa vie en jeu pour rendre le monde un peu meilleur. Et Dean en fera de même avec toi… s'il t'aime… ce dont je ne doute pas… il ne te demandera jamais de choisir. Ne t'en fais donc pas pour ça.

Castiel accepta cette réponse. Il avait envie de croire que cela ne serait jamais un problème entre son petit ami et lui. Il y aurait peut-être des disputes à ce sujet mais comme Kali l'avait si bien dit, l'essentiel était de faire en sorte que cela ne vienne pas tout gâcher. Dean l'avait choisi en connaissance de cause. Et il l'acceptait comme il était. Tout comme Castiel ne lui demanderait jamais de renoncer à aider les autres grâce à son don, le jeune homme ne lui demanderait pas de choisir entre son métier et lui.

- Et tu sais… tu es ami avec Gabriel et loin de moi l'envie de m'interposer entre vous mais… si tu as envie de parler avec quelqu'un d'autre que lui… si tu as envie d'un autre avis que le sien, tu peux toujours passer me voir. Je ne suis pas que la femme de Gabriel… pas que la femme de ton meilleur ami. Je peux être ton amie si tu le veux.

Castiel sourit, ravi de l'entendre. Il commençait à comprendre qu'avoir plusieurs amis était une bonne chose. Il n'en revenait pas d'avoir autant changé d'avis sur ce point. Avant de rencontrer Gabriel, il ne voyait pas l'utilité d'être entouré. Il pensait se suffire à lui-même. Aujourd'hui, il avait un ami sur qui compter. Une autre qu'il venait tout juste de se faire. Et un homme qu'il aimait plus que la vie elle-même. Il n'était plus seul et il n'envisageait absolument plus de l'être. Il se rendait compte maintenant combien sa vie avait été triste jusque-là.

- Je serai ravi de te compter parmi mes amis. Et puis, ça m'offrira une chance d'avoir quelqu'un auprès de qui me plaindre de Gabriel quand il m'énerve vraiment. Quelque chose me dit que tu seras ravi d'être cette personne.

- Tu me connais déjà trop bien mon cher Castiel, répliqua Kali en souriant.

Gabriel choisit ce moment pour revenir dans le salon. Castiel était presque sûr qu'il avait volontairement pris plus de temps pour coucher ses enfants afin de leur laisser tout le loisir de parler ensemble. Il avait dû savoir qu'une telle discussion serait nécessairement bénéfique pour son ami. Et il avait vu juste.

- Tu ne cherches pas à me voler ma femme j'espère ! lança-t-il en s'approchant d'eux.

- Je doute de pouvoir y arriver même si j'essayais. Et même si je la trouve incroyablement belle et mille fois trop bien pour toi, elle n'est pas mon genre.

- Parce que ton genre c'est Dean ?

- Dean et personne d'autre.

Gabriel acquiesça avant de s'asseoir dans le fauteuil à sa droite. Castiel était venu en pensant parler avec son coéquipier de ce que Dean lui avait caché. Du danger qui planait sur lui et de ce qu'ils pouvaient faire pour l'aider. Mais il n'avait finalement plus envie d'en discuter. Il préférait passer une soirée tranquille avec ses amis à parler de tout et de rien. A se changer les idées. A évacuer un peu la tension qu'il ressentait depuis plusieurs jours. Il se sentait bien ici avec eux. Il n'aurait échangé sa place pour rien au monde. Il se sentait entouré et soutenu. Il savait qu'ici il ne serait jamais jugé. Sa vie avait pris une tournure bien différente de ce à quoi il s'attendait avant. Mais il ne regrettait rien. Bien au contraire.