Coucou,
Tout d'abord, je m'excuse mille fois de ne pas avoir posté depuis un moment mais la vie fait que parfois, on n'a plus le temps de faire quoi que ce soit d'autre que l'essentiel. J'ai eu un emploi du temps de fou. Mille pardons.
Maintenant que la situation s'est un peu calmée, me revoilà. Je vous poste le chapitre 30. Il n'a pas été corrigé par Marie donc s'il y a des fautes, c'est de ma faute. Là-aussi, veuillez m'excuser.
Les choses se compliquent pour Dean et Castiel et la menace se fait de plus en plus présente. Normal me direz vous ... on approche sérieusement de la fin.
Merci à ceux et celles qui continuent de me lire et de m'écrire.
Bonne lecture
A la semaine prochaine
Sydney8201
Musique du chapitre :
The Kill de 30 seconds to Mars
Chapitre 30 : Menaces
« Les êtres humains ont besoin de beaucoup de choses pour se sentir vivant : la famille, l'amour et le sexe. Mais la seule chose essentielle, c'est d'être en vie. Il nous faut un cœur palpitant. Lorsque notre cœur est menacé, nous réagissons de deux façons : ou nous fuyons ou nous nous battons. Il y a une expression pour dire ça : le combat ou la fuite. C'est instinctif. Nous ne pouvons pas le contrôler. En sommes-nous capable ? »
Meredith Grey
Dean avait eu des choix importants à faire durant toute sa vie. Il avait dû prendre des décisions capitales dès son plus jeune âge. Il avait alors toujours su qu'il n'y avait que deux options. Faire face ou prendre la fuite. Combattre ou tourner le dos et baisser les bras. Dean n'en avait peut être pas réellement eu conscience quand il avait du prendre sa première décision importante à tout juste quatre ans. Il avait agi sans réfléchir. Il avait suivi son instinct. Mais avec le recul, il réalisait à présent qu'il avait, dès son plus jeune âge, opté pour le combat. Il avait fait face au flammes pour sauver son petit frère. Il avait affronté sa peur et son chagrin pour s'occuper de Sam et veiller à ce qu'il ne manque de rien. Il avait combattu à chaque fois et quel que soit l'ennemi qui lui faisait face. Il avait toujours refusé de prendre la fuite ou de baisser les bras. Il préférait mourir en se battant que vivre en fuyant. Cela faisait peut être de lui quelqu'un de stupide ou de trop fier. Mais c'était ainsi qu'il avait mené son existence jusque là et il n'avait pas l'intention de changer maintenant.
Il avait hésité un peu quand son don avait commencé à se manifester. Il avait songé à lui tourner le dos et à ne surtout pas s'y frotter. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait et comme tout ce qui nous était inconnu, ce « don » l'effrayait. Le plus simple était de l'ignorer. De fermer les yeux et d'accepter le traitement de sa psy. Il avait fini par se reprendre et par faire face. Il avait accepté que ces nouvelles capacités fassent parties de sa vie. Il avait accepté que son quotidien change. Il avait choisi d'assumer qui il était. Et de se battre.
Son choix était forcément le bon puisqu'il lui avait permis de rencontrer Castiel et de sauver des vies. Il avait pu réunir des familles et redonner le sourire à des inconnus. Peu importait la dureté et l'âpreté du combat. Le résultat justifiait chaque sacrifice. Chaque souffrance. Il faisait le bien autour de lui. Il aidait des gens. Il se sentait utile. C'était une motivation suffisante pour continuer.
Et en suivant ce chemin parfois compliqué mais également merveilleux sous bien des aspects, Dean avait fini par se retrouver face à une nouvelle épreuve de taille. Une difficulté qu'il avait cru insurmontable. Et qu'il se demandait toujours parfois comment il pourrait la surmonter. Le tueur qu'il traquait était intelligent, cruel, déterminé et porteur d'un don tout comme lui. Il avait fait de Dean sa proie. Le jeune homme pouvait sentir qu'il était à ses trousses. Que le temps lui était compté. Il aurait pu choisir de fuir. C'était même sans nul doute la meilleure des décisions à prendre. Ce n'était toutefois pas celle qu'il prit. Parce que cela ne lui ressemblait pas. Et parce qu'il avait toujours refusé de fuir jusque-là. Il ne voulait surtout pas que cela change.
Il n'était pas seul. Il était entouré et soutenu. Et il voulait croire qu'il était de taille à faire face à n'importe quelle difficulté. Même si elle pouvait sembler insurmontable. N'importe quelle montagne pouvait sembler infranchissable quand on se trouvait à son pied. Ce n'était qu'en choisissant de l'escalader qu'on finissait par se rendre compte qu'elle avait un sommet. Qu'il n'était finalement pas aussi loin. Et qu'on était parfaitement capable de l'atteindre. La vue en haut était toujours spectaculaire. Elle faisait oublier les efforts consentis jusque-là. C'était la même chose dans la vie. Ou du moins c'était ainsi que Dean abordait les choses. Cela lui avait réussi jusque-là. Il espérait que sa chance ne tournerait pas.
Car cette fois, il n'était plus uniquement question de sa propre sécurité. Il n'était plus seul face à une difficulté quelconque. Non. Cette fois, sa famille et ses proches étaient eux aussi menacés. Quand le tueur aurait découvert son identité, il ne s'en prendrait très certainement pas directement à lui. Il commencerait par faire du mal aux gens qu'il aimait. Il chercherait à le détruire. A lui faire autant de mal qu'il était possible d'en faire à un être humain. Puis il le torturerait lui. Et il finirait par le tuer. Dean était tout à fait prêt à donner sa vie pour ce en quoi il croyait. Pour sauver des innocents et arrêter ce monstre. Mais il refusait d'envisager de sacrifier la vie de ceux qu'il aimait. Et cela rendait son choix plus difficile à faire.
Castiel était heureusement là pour l'aider. Charlie également. Elle n'avait toujours pas réussi à trouver l'identité du tueur mais elle progressait chaque jour un peu. Elle finirait par le trouver. Le tout était de savoir si elle serait plus rapide que lui ou non. Sam et John avaient également choisi de s'impliquer. Ils soutenaient Dean et tentaient de leur côté de trouver des indices. Dean n'était pas seul face à cette montagne dont il n'apercevait même pas le sommet. Il voulait croire que cela lui donnerait la force de la gravir et de triompher.
Et il aurait probablement pu continuer à s'accrocher à cet espoir si une nouvelle complication ne s'était pas présentée à lui. Il savait que son temps était compté. Il savait que le compte à rebours était lancé depuis plusieurs jours maintenant. Mais il avait bêtement pensé qu'il avait encore le temps. Il avait eu tort.
Car le tueur avait réussi à l'identifier. Il avait fini par le trouver. Et cela marquait le début de leur dernier combat. Dean pouvait sentir qu'ils n'en sortiraient pas tous les deux vivant. C'était un peu comme s'ils ne pouvaient pas coexister dans ce monde. Comme s'ils étaient aux deux extrémités d'une même ligne et qu'il fallait que l'un disparaisse pour que l'autre puisse enfin reprendre une vie normale. Peut être avaient ils créés pour s'affronter jusqu'à la mort. Si Dean acceptait de croire que Castiel avait été mis sur cette Terre pour le compléter et le rendre entier, il devait accepter de croire également que ce monstre existait pour tenter de le détruire. Leurs deux existences n'avaient de sens que pour ce combat. Et le jeune homme devait en sortir vainqueur. Même s'il avait pris du retard. La course était lancée. Il n'y aurait qu'un seul vainqueur.
Le tueur semblait savoir qu'il avait de l'avance. Même avec l'identité de Dean, il avait choisi de ne pas se précipiter. Il restait calme. Il continuait d'avancer ses pions. Sa stratégie était simple. Lui faire peur pour s'amuser. Le terrifier jusqu'à le rendre totalement vulnérable. Le cueillir ensuite. Puis le tuer. Dean voyait clair dans son jeu et le pire était sans doute que tout cela fonctionnait à merveille.
Il ne savait pas comment ce monstre avait pu trouver qui il était. Il n'avait plus fait le moindre rêve. Il n'avait plus eu la moindre vision depuis sa conversation avec Castiel. Mais il avait arrêté de prendre ses somnifères. Son corps avait sans doute eu besoin de quelques temps pour évacuer la molécule de son organisme. Cela expliquait certainement pourquoi son don restait inactif. Mais il avait ouvert la porte au tueur. Il avait probablement du pouvoir rentrer dans sa tête sans que Dean ne s'en aperçoive. Et il avait enfin obtenu les informations qu'il cherchait.
Il avait ensuite envoyé une lettre. Chez Dean. A son adresse personnelle. Il aurait pu la faire parvenir au commissariat. Mais il avait su que l'envoyer directement au jeune homme serait pire encore. Parce que cela signifiait qu'il pouvait le trouver. Qu'il en savait suffisamment maintenant pour venir quand il l'aurait décidé. Et Dean ne vivait pas seul. Sam était là aussi. Ce qui faisait de lui une cible potentielle et facile à atteindre.
Dean avait compris en prenant la lettre dans les mains qu'il s'agissait de quelque chose de grave. Il y avait son nom sur l'enveloppe. Ecrit avec soin. Il avait senti un frisson lui parcourir tout le corps en l'ouvrant dans sa cuisine. Il était seul. Il aurait préféré que Castiel soit là. Il avait heureusement pris le soin d'enfiler des gants pour sortir la lettre. Parce qu'il espérait que le tueur ait commis une erreur même s'il en doutait sincèrement.
Il n'y avait pas grand-chose d'écrit sur la lettre. Juste quelques mots. Mais ils suffisaient faire passer le message.
« Bonjour Dean. Je sais à présent qui tu es. Je sais où tu habites. Ce n'est plus qu'une question de temps avant que nous nous rencontrions enfin. Je sais que tu as hâte. J'ai hâte moi aussi. Mais j'ai encore des choses à faire avant de venir te voir. Je pense rendre une petite visite à ton petit ami Castiel. Sois patient. Nous serons bientôt réunis. A. »
Dean sentit son estomac se nouer alors que les larmes lui montaient aux yeux. Il était terrifié mais également furieux. Il avait envie de déchirer cette lettre. De frapper quelque chose ou quelqu'un. Il se sentait complètement nul. Et totalement impuissant. Il ne devait toutefois pas céder à la panique. Il devait agir intelligemment. La lettre était une preuve que la police souhaiterait sans doute récupérer. Et céder à sa colère ne ferait que lui faire perdre du temps.
Il prit donc quelques secondes pour retrouver un semblant de calme avant d'appeler Castiel. Il lui demanda de venir rapidement. Il ne lui expliqua pas pourquoi. Il le saurait bien assez vite.
Son petit ami arriva à peine vingt minutes plus tard. Il avait du sentir à la voix de Dean que la situation était grave.
Dean l'accueillit sur le seuil de la porte et lui tendit la lettre aussitôt. Il lui laissa le temps de la lire sans rien dire. Puis, quand Castiel eut terminé, il lui fit signe de le suivre dans la cuisine. Il servit deux tasses de café qu'il posa sur la table avant de se laisser tomber sur une chaise. Castiel attendit qu'il soit installé pour prendre la parole. Sa voix était étrangement calme. Mais Dean pouvait sentir sa peur irradier.
- Est-ce que ça pourrait être une mauvaise blague ?
Dean aurait aimé le croire. Mais il pouvait sentir qu'il s'agissait bien du tueur. Il n'avait pas le moindre doute sur ce point.
- Non. Je suis sûr que c'est lui. Je le sens. Et puis de toute façon, qui pourrait bien vouloir me faire une telle blague ? Les seules personnes au courant de mon implication sont Gabe, toi, Charlie et ma famille. Aucun d'entre vous ne plaisanterait avec ça.
Castiel hocha la tête. Il ne pouvait qu'être du même avis que Dean sur ce point. Bien sûr, il était possible que quelqu'un ait appris ce que Dean faisait et qu'il ait eu envie de le harceler en lui écrivant. Mais le jeune homme était convaincu que ce n'était pas le cas. Et parce que c'était son don qui le lui disait, il n'avait pas le moindre doute. Il ne l'avait encore jamais trompé.
- Ok, on écarte la piste d'un abruti qui veut te faire peur. Cette lettre vient bien du tueur … ce qui signifie que tu es en danger. Dean, on doit réagir. On ne peut pas ignorer la menace cette fois.
Dean n'avait effectivement pas l'intention de fermer les yeux sur la gravité de la situation. Mais il ne savait pas encore quelle était la meilleur réaction à avoir. Ce qu'il était préférable de faire maintenant. Il était encore sous le choc. Il avait besoin qu'on l'aide à y voir plus clair.
- Qu'est-ce que tu proposes ? demanda t-il en regardant son petit ami dans les yeux.
Cette fois, il semblait incapable de prendre une décision par lui-même. Il avait en revanche totalement confiance en Castiel pour le faire à sa place. Il était tout à fait prêt à remettre sa vie entre ses mains. Sans la moindre hésitation.
- Et bien pour commencer, il me semble évident que tu ne peux pas rester dans cet appartement. Il a ton adresse et il sait où te trouver. On pourrait poster quelqu'un devant chez toi vingt quatre sur vingt quatre mais il … il suffirait d'une minute d'inattention pour qu'il t'atteigne. Ce que je refuse catégoriquement.
- Tu pourrais rester avec moi, suggéra Dean qui n'aimait pas l'idée de quitter son appartement.
Il avait la sensation de s'avouer vaincu en le faisant. De perdre du terrain. Cet endroit était son chez lui. Son havre de paix. L'idée que le tueur puisse le profaner le rendait dingue.
- Je pourrais oui et c'est de toute façon ce que je compte faire mais je ne suis pas infaillible Dean. Je n'aurais pas la prétention de dire que je ne commets jamais d'erreur. On en a eu la preuve récemment. On a évité le pire mais cette fois, on aura très certainement pas la même chance. Il pourrait avoir le dessus sur moi. C'est trop risqué.
Dean hocha la tête. Il devait se rendre à l'évidence. Son petit ami avait raison sur ce point. Rester chez lui était un risque trop grand. Le tueur avait l'avantage et même avec une surveillance accrue, il saurait attendre le bon moment pour attaquer.
- Sam et toi devez partir. Je vous dirais bien de venir chez moi quelques temps mais il sait qui je suis. Vous en seriez pas plus en sécurité là-bas.
- Alors quoi ? Si ce n'est pas chez toi … où est-ce que je pourrais bien aller ? Sam peut sans doute aller vivre chez Jess quelques temps … ou chez un autre ami mais … je ne peux pas rester avec lui ou avec n'importe lequel de mes proches. Parce que je suis sa cible et quiconque se trouvera avec moi le deviendra aussi.
Il devait s'isoler. Partir quelque part où le tueur ne pourrait pas le trouver. Ou du moins un endroit où ... s'il finissait par le trouver, il n'y aurait personne d'autre que lui à tuer. S'éloigner de ses proches était la seule solution pour les mettre autant en sécurité que possible. Il ne pourrait toutefois pas convaincre Castiel de partir aussi. Il n'en avait de toute façon pas envie. Il avait besoin de lui-même si cela revenait à le mettre en danger à son tour. C'était égoïste sans doute. Mais Dean n'y renoncerait pas.
- La police dispose d'endroits sécurisés mais je ne suis pas sûr qu'ils le soient suffisamment … je pourrais sans doute demande à Benny si le FBI peut nous aider. Ils doivent avoir des endroits que très peu de personnes connaissent. Des endroits où tu serais en sécurité jusqu'à ce qu'on le trouve. Jusqu'à ce que je le tue.
Dean pouvait sentir combien Castiel était sérieux. Il avait tout à fait l'intention de tuer ce monstre. Il ne voulait plus seulement l'arrêter et le faire juger. Il voulait le voir mort Dean n'aimait pas l'idée qu'il puisse devenir un meurtrier pour lui. Même s'il savait que c'était ce monstre ou lui qui finirait par mourir.
- Je n'aime pas l'idée de quitter mon appartement … ou de fuir la ville. J'ai l'impression de m'avouer vaincu. J'ai l'impression de renoncer à me battre. Et je ne veux surtout pas qu'il puisse penser qu'il a gagné. Je veux me battre jusqu'au bout.
- Tu te battras Dean … on se battra tous les deux. Mais je refuse que tu cours le moindre risque par fierté. Il est question de ta vie là. Pas seulement de savoir qui est le plus fort de vous deux. S'il met la main sur toi, il te tuera.
Dean hocha la tête même s'il continuait à ne pas aimer l'idée de fuir. Il ne l'avait jamais fait jusque-là. Il avait toujours choisi de se battre. Mais peut être était-il temps pour lui de changer de façon de faire. Peut être était il finalement confronté à un combat qu'il ne pouvait pas gagner. A un adversaire qui était plus fort que lui.
- Et puis c'est quand quelqu'un croit avoir gagné avant le coup de sifflet final qu'il laisse tomber sa garde. Il devient vulnérable et il commet des erreurs. Peut être que le laisser penser qu'il t'a eu est le meilleur moyen de le faire sortir de sa cachette. Je ne vois pas d'autre solution.
Il n'y en avait probablement aucune autre d'acceptable. Dean pouvait bien sûr rester chez lui et attendre que le tueur vienne le chercher. Il pouvait espérer prendre le dessus sur lui et parvenir à le neutraliser. Mais il existait un risque qu'il soit pris par surprise. Et l'issue serait alors catastrophique. Le jeu en valait-il vraiment la chandelle ?
- Sans doute parce qu'il n'en existe aucune autre. Je sais que tu es le mieux placé pour me dire comment agir. Et je te fais confiance pour prendre la meilleure décision qui soit. Je suis juste … je suis frustré et furieux et … je suis aussi terrifié. Il sait qui je suis Cas … il sait qui tu es et il … quelque chose me dit qu'il ne s'en prendra pas à moi tout de suite. J'ai peur qu'il fasse du mal à mes proches en premier. Pour me faire du mal et me détruire.
- On surveillera tout le monde s'il le faut. Je suis même prêt à demander qu'ils soient tous caché quelque part si cela peut te rassurer. Mais on doit agir vite. On ne peut pas s'accorder plus de temps pour réfléchir.
Dean soupira longuement avant d'acquiescer à nouveau. Il s'était promis de suivre les conseils de Castiel. Quels qu'ils soient. Il était sous le choc et totalement bouleversé. Il était incapable de réfléchir correctement. S'il prenait une décision seul maintenant, il savait qu'il finirait par la regretter ensuite. Il devait s'en remettre à son petit ami. Et espérer qu'il saurait se montrer plus lucide que lui. Protéger les gens était son métier. Il le faisait bien et depuis suffisamment longtemps pour avoir de l'expérience. Mais cette fois, il ne s'agissait pas d'une victime ordinaire. Cette fois, il s'agissait de son petit ami. De l'homme qu'il aimait. Et cela changeait tout. Il était difficile de prendre une décision éclairée quand on était ainsi touché d'aussi près.
- Non, je sais qu'on n'a pas le temps. Et je sais que tu as très certainement raison. Ca ne rend pas les choses faciles pour autant. Je ne pensais pas … quand cette histoire a commencé, je ne pensais pas en arriver là. Je n'imaginais pas une seule seconde que je finirais par être impliqué comme ça … que je serais une cible … que je devrais prendre la fuite. C'est difficile pour moi de l'accepter.
- Tu regrettes de t'en être mêler ?
Dean secoua la tête aussitôt. Cette réponse là était facile à donner.
- Non … je ne regrette rien. Et pas seulement parce que je n'aurais pas pu continuer à me regarder dans une glace en sachant ce que je savais et en refusant de faire quoi que ce soit … mais aussi et surtout parce que je t'ai rencontré toi. Je ne suis pas idiot ou naïf Cas … je sais que ce combat s'annonce rude et compliqué et je sais qu'il n'y ira qu'un seul vainqueur mais même si j'aurais préféré ne pas avoir à me confronter à ce monstre, je ne regrette pas de m'en être mêlé. Et je ne veux surtout pas que tu puisses le penser toi.
Castiel sourit alors, visiblement soulagé. Dean le fut lui aussi. L'issue de ce combat était encore incertaine mais il avait Castiel. Et il voulait croire que cela le rendait invincible. C'était un de ses avantages sur le monstre qui le pourchassait. Lui était aimé et entouré. Lui avait une famille et des proches. Cela lui donnait la force de se battre et une énergie supplémentaire dont il comptait bien se servir pour triompher. Mais pour le moment, il devait accepter de faire quelques pas en arrière et de se mettre en sécurité. Il pourrait réfléchir à sa contre-attaque une fois là où le tueur ne pourrait pas le retrouver.
- Appelle Benny, conclut-il alors.
C'était le feu vert que Castiel attendait. Il sortit son téléphone de sa poche et composa le numéro du profiler. Dean, de son côté, termina son café en tentant de retrouver son calme. Il avait beaucoup de choses à faire avant de partir et très peu de temps pour toutes les accomplir. Il ne pouvait pas se laisser aller. Il allait peut être prendre la fuite mais il ne rendait pas les armes. Il ne les rendrait jamais.
Castiel ne pouvait pas être sûr que la décision qu'il prenait était la bonne. Il pouvait comprendre que Dean ne se sentait pas de taille à décider seul après tout ce qu'il avait vécu et avec cette lettre qu'il avait reçu à son domicile. Il était totalement bouleversé et incapable de réfléchir. Il avait besoin de se reposer sur quelqu'un qui avait plus d'expérience que lui et, si possible, l'esprit un peu plus clair aussi. Mais si Castiel avait effectivement déjà eu à faire à des tueurs machiavéliques et déterminés à faire le mal, il n'avait jamais été lié à une de ses victimes ou potentielles victimes. Il n'avait jamais été impliqué personnellement comme c'était le cas cette fois. Et il savait à présent pourquoi on encourageait les policier à ne surtout jamais s'impliquer. Il était impossible de se montrer suffisamment lucide. Impossible de prendre la bonne décision en toute connaissance de causes et sans se laisser influencer par ce qu'on pouvait ressentir.
Il était terrifié. Un peu pour lui parce qu'il était clairement évoqué dans la lettre et qu'il était devenu une cible depuis qu'il était en couple avec Dean. Mais il se sentait de taille à faire face à une telle menace. S'il avait été le seul en danger, il aurait su prendre des décisions rapides et sensées. Parce que cela faisait partie de son métier et qu'il l'avait toujours su. Non. Il était principalement terrifié à l'idée qu'il puisse arriver quelque chose à Dean ou à ses proches. Il avait peur de ne pas être là au bon moment. De ne être suffisamment vigilent. De commettre une erreur. Il avait peur que le tueur finisse par mettre la main sur l'homme qu'il aimait pour le torturer avant de le tuer. Il avait peur de perdre celui qui avait donné un sens à sa vie et sans qu'il n'envisageait plus d'exister.
Être terrifié l'empêchait d'y voir suffisamment clair. Il aurait pouvoir demander à quelqu'un d'autre de prendre cette décision. A Gabriel peut être. Ou à n'importe quel autre officier. Mais s'il avait confiance en son ami, il n'était pas sûr de pouvoir en dire autant de ses collègues. Il n'était pas convaincu que tous prendraient cette menace au sérieux puisqu'il ne croyait pas en la bonne foi de Dean. Il n'y avait finalement que lui pour choisir. Et cela lui donnait la sensation que tout le poids reposait à présent sur ses épaules.
Voir cette lettre, la tenir dans ses mains lui avait rappelé combien le temps leur était compté. Il l'avait toujours su d'une certaine manière. Le tueur était après Dean et il ne lâcherait pas tant qu'il ne l'aurait pas trouvé. La menace était réelle depuis le premier jour. Mais elle l'était plus encore maintenant. Car le tueur avait trouvé l'identité du jeune homme. Il savait à présent où il habitait. Il savait avec qui il était en couple. Il en savait suffisamment pour lui faire du mal. Et rien ne pourrait l'arrêter.
Il ne pouvait toutefois pas se laisser submerger par la panique. C'était contre-productif et stupide. Il devait garder son calme autant que possible et réfléchir en policier et non pas en petit ami. Dean était en danger. Il ne pouvait clairement pas resté dans son appartement. Il ne pouvait pas non plus retourner au travail. Il ne pouvait plus rien faire de ce qu'il faisait habituellement. Il devait disparaître pendant un temps. Jusqu'à ce que ce monstre soit arrêté. Ou tué. Car si Castiel en avait l'opportunité, il n'hésiterait pas. Il le tuerait sans le moindre remord. Il était contre la peine de mort. L'avait toujours été. Mais il ne voyait pas d'autre issue cette fois.
Il savait combien ce sacrifice serait dur à faire pour son petit ami. Si lui serait probablement autorisé à rester à ses côtés, ce ne serait très certainement pas le cas de Sam ou de ses autres proches. Castiel ferait en sorte qu'ils bénéficient tous d'une protection policière mais il ne pourrait guère obtenir quoi que ce soit de plus. Dean était celui sur qui la menace reposait le plus sérieusement et le seul qui était susceptible d'être protégé. Il serait séparé de sa famille et de ses amis. Pendant une durée que personne ne pouvait déterminer. Le tueur était intelligent et il avait réussi jusque là à leur échapper. Il était probable qu'il en soit capable pendant encore de longs mois. Dean ne supporterait pas d'être ainsi loin de tous ceux qu'il aimait pendant aussi longtemps.
Castiel voulait croire que le tueur finirait par commettre une erreur. Maintenant qu'il pensait avoir gagné, il relâcherait peut être un peu son attention, baisserait sa garde et finirait par faire quelque chose de stupide. C'était sans doute leur seule chance de lui mettre la main dessus. Mais rien ne leur garantissait que cela soit un jour le cas. Et si cela venait à arriver, Castiel ne pouvait pas non plus dire quand.
Dean semblait le savoir et Castiel refusait de lui mentir sur ce point. Il voulait que son petit ami sache qu'il risquait d'être éloigné pendant de longs mois. Le jeune policier ferait en sorte d'être là pour le soutenir et le réconforter. Pour le protéger aussi. Mais il ne remplacerait jamais la présence de son frère ou du reste de ses proches.
Les prochaines semaines risquaient d'être longues et douloureuses pour Dean. Castiel détestait être celui qui en avait décidé.
Il choisit toutefois de ne se concentrer que sur ce qu'il maitrisait vraiment. Imaginer des choses ou faire des plans sur la comète ne l'aidaient pas. Il pouvait en revanche se charger de mettre Dean en sécurité. Et d'obtenir pour ses proches une protection rapprochée. Il attrapa la main de son petit ami sur la table avant de sortir son téléphone et de composer le numéro de Benny.
Le profiler n'hésita pas une seconde avant de lui donner son accord. Il lui promit de tout arranger de son côté et de le recontacter aussi rapidement que possible. Castiel prévint ensuite Gabriel mais refusa qu'il vienne lui aussi chez le jeune homme. Il pouvait sentir que Dean ne voulait pas d'une autre présence que celle de son petit ami pour le moment. Et Castiel refusait de lui imposer qui que ce soit dans son état. Dean détestait qu'on puisse le voir quand il était le plus vulnérable. C'était un miracle qu'il accepte que Castiel assiste à cette scène. Cela prouvait la confiance qu'il avait en lui. Le jeune policier se sentait immensément honoré.
Il resta donc seul avec son petit ami. Il lui tint la main et le laissa retrouver un semblant de calme. Il le regarda remettre doucement ses défenses en place. Redresser le dos et la tête. Ravaler ses sanglots. Faire taire sa peur. C'était un spectacle incroyable et il avait une admiration sans bornes pour le jeune homme. Le voir surmonter cette nouvelle épreuve avec autant de courage le faisait l'aimer plus encore … si toutefois c'était possible.
Benny le rappela moins d'une demi-heure plus tard. Il avait obtenu l'accord de ses supérieurs et une voiture viendrait les prendre d'ici un petit quart d'heure. Dean devait rassembler ses affaires. Quelqu'un se changerait ensuite de prendre celle de Castiel et de les confier à l'agent qui aurait la charge de veiller sur eux. Benny n'avait même pas demandé au jeune policier s'il comptait accompagner Dean. Il le savait et avait fait en sorte que cela soit possible. Castiel regrettait la manière dont il l'avait traité au début. C'était quelqu'un de bien et de compétent. Il se promit de lui présenter ses excuses quand tout serait terminé.
Dean se mit en action dès que Castiel lui rapporta les propos de Benny. Il se dirigea vers sa chambre et sortit un sac de voyage de son placard. Il y rangea des sous-vêtements sans prendre le temps de la réflexion puis y ajouta des tee shirt, des pantalons et des pulls et une veste. Il entra ensuite dans sa salle de bains et prépara sa trousse de toilettes. Castiel ne chercha pas à l'aider, convaincu que le jeune homme voulait s'en charger seul. Il n'apprécierait sans doute pas que son petit ami l'assiste. Il voulait reprendre le contrôle de la situation. Ou du moins le peu de contrôle qui lui était possible d'avoir.
Une fois son sac fermé, il retourna dans l'entrée et enfila ses chaussures et son blouson. Il prit également son portefeuille, ses clefs de voiture même si c'était inutile - ce que Castiel se garda bien de lui dire – et une photo de son père et de son frère. Il sembla ensuite réfléchir une seconde avant d'ouvrir un tiroir du meuble de l'entrée et d'en sortir un cliché de sa mère. Il le glissa dans son poche puis enfila autour de son cou un pendentif doré que Castiel ne lui avait jamais vu porter jusque-là.
- C'est Sam qui me l'a offert quand on était gosse. Le type qui lui a vendu lui a assuré que c'était un porte bonheur et … il m'a dit qu'il voulait que je l'ai … pour avoir de la chance à mon tour. Je ne l'ai plus quitté pendant des années après ça.
Castiel hocha la tête, touché par la petite histoire qu'il venait d'entendre. Il ne demanda pas à Dean pourquoi il ne le portait plus depuis. Dean lui dirait en temps voulu.
Quand le téléphone du jeune policier vibra dans sa main annonçant l'arrivée de la voiture, il fit signe à Dean de le suivre. Le jeune s'exécuta après avoir verrouillé son appartement derrière eux.
L'agent qui conduisait les salua d'un mouvement de la tête mais ne dit rien. Il se contenta de conduire sans leur donner plus de détails. Castiel utilisa les premières minutes pour rappeler Gabriel et lui demander d'informer leur patron de ce qui était en train de se passer. Il lui demanda également de faire en sorte d'obtenir une protection pour Sam et les autres proches de Dean. Son ami le lui promit avant de raccrocher pour se mettre au travail.
- Est-ce que je … je ne sais pas si je peux appeler Sam pour le prévenir ou si … est-ce que j'aurais encore le droit d'avoir des contacts avec lui ?
Castiel pouvait sentir l'angoisse revenir chez Dean. Il semblait s'être mis en autopilote pour préparer ses affaires. Mais les questions importantes refaisaient surface et si Castiel aurait aimé pouvoir lui mentir pour le réconforter, il estimait ne pas en avoir le droit. Dean méritait de savoir.
- Je ne sais pas mon cœur. Ce n'est plus moi qui mène la danse maintenant. Gabriel va se charger de l'avertir mais je ne peux pas te garantir que tu pourras l'appeler. Il pourrait tracer l'appel et remonter jusqu'à toi. C'est un risque qu'on ne te laisserait sans doute pas prendre.
Dean ne semblait pas surpris par ce qu'il venait d'entendre. Il était incroyablement proche de son frère et cette nouvelle devait le détruire. Mais il l'encaissait parce qu'il était résigné. Castiel n'aimait pas le voir comme ça.
- Tu sais c'est la première fois que tu m'appelles comme ça je crois … mon cœur. C'est … je ne me souviens pas que quelqu'un m'ait un jour donné ce surnom.
- Ce ne te plait pas ?
- Si j'adore … justement parce que tu es le premier.
Castiel l'avait dit sans y réfléchir. C'était venu naturellement. Il se promit de le dire à nouveau si cela pouvait faire plaisir à son petit ami. Il était prêt à tout pour l'aider à se sentir un peu mieux.
- J'ai peur tu sais … certains à ma place auraient sans doute honte de l'avouer mais pas moi. Je suis terrifié. J'ai l'impression que la situation me dépasse et sans toi … je crois que sans toi j'aurais déjà craqué.
Castiel ne trouvait pas qu'il soit honteux d'avoir peur. Bien au contraire. C'était parfaitement normal dans la situation. C'était la preuve qu'on avait quelque chose à perdre. La preuve qu'on avait envie de vivre. Il trouvait cela bien plus sain que de ne pas avoir peur du tout.
- N'importe qui à ta place aurait peur Dean. J'ai peu moi aussi. Mais tu y fais face avec un courage que peu de gens possèdent. C'est ta force. Quant à moi, je te promets que je vais rester avec toi. Personne ne pourra me convaincre de t'abandonner.
Dean lui prit alors la main et la serra dans la sienne. Il semblait se ficher totalement que leur chauffeur puisse les voir ou les entendre. Castiel n'en avait pas grand-chose à faire non plus de toute façon. Et l'agent au volant faisait en sorte d'être aussi discret que possible.
- Est-ce qu'il y aura d'autres gens avec nous là où on sera ? Je veux dire … est-ce qu'on sera seul dans la maison ou est-ce qu'on devra vivre avec des inconnus ?
Castiel n'avait pas non plus la réponse à cette question. Il ne savait pas comment le FBI procédait dans ce genre de cas. Heureusement pour lui, leur chauffeur choisit d'intervenir pour répondre.
- Je ne veux pas vous donner l'impression de vous espionner ou quoi que ce soit mais j'ai entendu votre question Monsieur Winchester et … je pense pouvoir y répondre mieux que l'Inspecteur Novak. Il y aura effectivement deux agents en permanence dans la maison avec vous. Ils seront aussi discrets que possible et s'ils font bien leur travail, vous ne le verrez que rarement. Mais ils seront là pour votre sécurité à tous les deux. C'est le protocole. Je serais un de ces deux agents. Je m'appelle Adam au fait.
Dean tourna le visage vers lui et l'observa une seconde.
- Je ne voulais pas … paraître ingrat ou irrespectueux. Je ne suis juste pas habitué à … enfin je suppose que personne ne l'est d'ailleurs mais … je ne suis pas habitué à avoir autant de gens que je ne connais pas autour de moi.
- Je sais que ça ne doit pas être facile à vivre pour vous. Et je peux vous promettre que je ferais en sorte d'être aussi discret et invisible que possible.
Dean hocha la tête mais ne dit rien de plus. Castiel pouvait sentir qu'il n'aimait pas l'idée d'avoir des gens autour de lui. Il aurait sans doute préféré pouvoir être seul avec Castiel. Mais ce dernier était en revanche soulagé que cela ne soit pas le cas. Il risquait d'avoir besoin de renfort. Il ne voulait pas avoir seul la charge de la sécurité de son petit ami. C'était une trop grand responsabilité.
- Je suis désolé qu'on en soit arrivé là mon cœur. J'aurais aimé pouvoir arrêter ce type avant. J'ai un peu l'impression que c'est de ma faute si tu es obligé de t'isoler comme ça … j'ai l'impression de ne pas avoir été à la hauteur.
Dean secoua aussitôt la tête en reportant son attention sur Castiel. Il semblait totalement sûr de lui cette fois.
- Et moi je sais que ce n'est pas de ta faute alors arrête tout de suite de dire ce genre de bêtises. Ce n'est ni de ta faute ni de la mienne. Ce type est … il est intelligente. Il sait ce qu'il fait et il est déterminé. Quant au reste, personne ne pouvait prévoir qu'il soit capable de lire dans ma tête comme je peux parfois lire dans la sienne … sauf si tu m'as caché quelque chose et que tu es capable de contrôler ce genre de choses ?
- Non mais …
- Cas, stop. Tu as toujours été là pour moi quand j'en avais besoin. Tu es prêt à rester à mes côtés tout le temps que cet enfer durera. Tu me réconfortes et tu me soutiens et … tu fais tout ce que tu peux pour que je me sente entouré même si je suis loin de ma famille. Tu es parfait depuis le début. Alors arrête de t'en vouloir. On va traverser cette épreuve ensemble. Et on en ressortira plus fort. J'en suis convaincu.
Castiel savait que protester ne servirait à rien. Tout comme lui n'acceptait pas d'entendre Dean se reprocher quoi que ce soit, il était évident que son petit ami ne le laisserait pas faire. Il continuerait à s'en vouloir en silence. Mais les propos du jeune homme l'aidait. Ils étaient la preuve qu'il avait tout de même fait des choses bien depuis le début. Qu'il n'avait pas été complètement inutile ou incompétent.
- Et puis … même si ça parait stupide ou naïf ou … idiot … j'ai envie de voir cette cohabitation forcée comme une forme de test. Un peu comme les premières vacances qu'on passe avec notre nouveau petit ami. On verra bien si on est capable de se supporter en passant vingt quatre heures sur vingt quatre ensemble. Si on ne se tape pas dessus d'ici quelques jours alors on saura qu'on est définitivement prêts à faire notre vie ensemble. Mais je préfère te prévenir tout de suite, j'ai de très mauvaises habitudes qui ont le don d'agacer tous ceux qui vivent avec moi. Je chante parfois dans la douche. Je laisse trainer mes vêtements. Je ne supporte pas qu'on parle pendant un film mais je ne peux pas m'empêcher de critiquer toutes les émissions que je regarde et … je crois que c'est à peu près tout.
Castiel ne put s'empêcher de sourire. Il se fichait pas mal de ce que Dean appelait des « mauvaises habitudes ». Il en avait lui aussi. Et il pensait au contraire que cela faisait du jeune homme celui qu'il aimait. C'était un tout. Il était tombé amoureux d'une personne avec ses qualités et ses défauts. Mais d'un être parfait qui serait forcément ennuyeux à terme.
- J'ai moi aussi quelques mauvaises habitudes tu sais. Et je vis seul depuis un moment maintenant alors ça ne s'est pas vraiment arrangé.
- Je doute qu'il puisse y avoir quoi que ce soit qui m'agace chez toi. Tu es parfait à mes yeux.
- Laisse moi quelques jours et on en reparle.
Dean secoua la tête puis se pencha pour déposer un rapide baiser sur les lèvres du jeune homme. Castiel se laissa faire sans hésiter. Avant de rencontrer son petit ami, il aurait probablement été gêné que quelqu'un puisse les voir. Il aurait refusé cette démonstration d'affection devant un inconnu. Mais avec Dean, il s'en contrefichait. Il se sentait bien. Il n'avait pas honte. Et si quelqu'un n'aimait pas ce qu'il voyait, il n'avait qu'à regarder ailleurs.
- Je vous promets que c'est la dernière fois que j'interviens mais je voulais juste vous dire que je trouve que vous formez un couple particulièrement adorable tous les deux. Voilà c'est dit. Je me tais maintenant, lança alors Adam.
Castiel ferma les yeux en gardant le front appuyé contre celui de Dean. Il était presque sûr que son petit ami et Adam finiraient par s'entendre. Peut être par devenir amis. Il le sentait. C'était une bonne chose d'ailleurs. Cela aiderait le jeune homme à vivre un peu mieux son isolement. Il se demandait si Benny l'avait choisi justement parce qu'il l'avait senti lui aussi ou si le hasard faisait bien les choses.
- Merci du compliment Adam mais … vous faites rougir mon petit ami, répliqua Dean qui semblait amusé.
Le jeune agent fit alors mime de verrouiller sa bouche et de jeter la clef. Son geste arracha un petit rire à Dean qui réchauffa considérablement le cœur de Castiel. Ils allaient s'en sortir. Il en était sûr à présent. Les prochaines semaines s'annonçaient compliquées bien sûr. Et la menace n'avait pas disparu. Mais ils n'étaient pas seuls pour lui faire face. Ils étaient aidés. C'était quelque chose qu'il ne devait surtout pas oublier. Une certitude à laquelle ils devraient se raccrocher dans les moments de doute. Au-delà d'Adam qui semblait vraiment la personne idéale dans cette situation, ils pouvaient compter sur Gabriel et sur Benny. Le tueur n'avait pas seulement Castiel et Dean à affronter. C'était toute une armée qui s'apprêtait à lui faire face. Et il ne serait jamais à la hauteur. Il ne serait jamais de taille. Personne ne pouvait l'être. Castiel ne pouvait pas être sûr du temps que cela prendrait. Il ne pouvait pas jurer que tout serait fini rapidement. Mais l'issue serait favorable pour eux. Ils allaient gagner. Quoi que cela puisse leur couter. Le monstre qui leur courait après finirait mort. Et Dean et lui pourraient enfin entamer un nouveau chapitre de leur vie et de leur relation. Un nouveau chapitre qui s'annonçait merveilleux. Car tant que Dean était là à ses côtés, vivant et en sécurité, rien ne pouvait mal se passer. Rien ne pouvait se mettre entre eux. Ni un tueur ni cent. Castiel en était convaincu.
