Bonjour,

Voici le chapitre 31 corrigé par Marie. Mille merci à elle qui prend le temps de corriger mes chapitres malgré son emploi du temps chargé.

Je devrais pouvoir publier le chapitre 32 dans la semaine si tout va bien.

On approche vraiment de la fin et les choses vont s'accélérer maintenant.

Dans ce chapitre, Dean vit mal son isolement mais il en parle à Castiel cette fois. Il se confie à lui et ils trouvent le meilleur moyen de passer outre ses craintes et de se reconnecter l'un à l'autre.

Merci à vous de continuer à me lire et à m'écrire.

Bonne lecture.

A très vite

Sydney8201

Musique du chapitre :

Nobody's home d'Avril Lavigne

Chapitre 31 : Isolement

« La solitude n'est pas l'isolement. On est toujours deux en un. Il y a les autres en soi. »

Jean-Luc Godard

Deux jours. Cela faisait déjà deux jours que Dean avait été contraint de quitter son appartement pour une maison loin de tout. Une maison qu'il n'aimait pas. Elle était confortable. Elle était plus grande que son appartement. Ici, il ne manquait de rien. Le frigo était plein. La cuisine parfaitement équipée. Les chambres spacieuses. Le salon confortable. Il aurait pu être heureux ici pour des vacances. Il aurait sans doute apprécié l'environnement calme et reposant s'il avait choisi de s'y rendre justement pour fuir le bruit et le monde. Mais il était ici contraint et forcé. Et il détestait ça. Il ne parvenait pas à trouver le moindre côté positif à cet endroit. Pas plus qu'il ne parvenait à oublier qu'il y avait avec Castiel et lui, deux agents du FBI qui veillaient sur eux vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ils avaient promis de faire en sorte de se faire oublier. Ils ne restaient jamais dans la même pièce qu'eux. Ils ne faisaient pas de bruit et Dean ne les voyait presque jamais. Mais il pouvait tout de même sentir leur présence. Il se savait observé. Et même si c'était pour son bien, il voyait cela comme une intrusion dans sa vie privée.

Bien sûr, il y avait Castiel. Dean était conscient de la chance qu'il avait de pouvoir compter sur lui. Il aurait probablement perdu la tête s'il avait dû endurer tout ceci seul. Son petit ami faisait en sorte de l'aider sans pour autant le materner. Il supportait ses sautes d'humeur. Ne s'emportait jamais quand Dean lui criait dessus sans raison. Il était parfait. Et cela poussait Dean à se sentir plus coupable encore. Car il avait conscience de se montrer parfaitement injuste avec lui. De ne pas être digne de lui. De ne pas savoir se montrer à la hauteur.

Il vivait cet isolement comme une punition. Il avait beau avoir donné son accord, il avait tout de même les pires difficultés du monde à l'accepter. Il était loin de ses proches. Loin de tous ceux qu'il aimait mis à part Castiel. Il avait peur pour eux plus qu'il n'avait peur pour lui. Et il n'avait pas le droit de leur parler. Pas le droit de leur dire combien ils lui manquaient et combien chaque seconde semblait durer une éternité depuis qu'il avait dû prendre la fuite. Gabriel leur avait donné des nouvelles. Mais cela ne suffisait pas. Dean avait la sensation qu'on lui avait pris une partie de lui-même en le privant de ses proches. Il ne se sentait pas complet. Il ne se sentait pas à sa place.

Il était également terrifié que le tueur puisse finir par le trouver. Il avait réussi à obtenir son identité en un temps record quand Dean avait eu plusieurs mois sans rien trouver de concret. Il pourrait parfaitement réussir à nouveau. Et le jeune homme devrait fuir une seconde fois. Se cacher ailleurs. S'éloigner un peu plus encore. Ou peut-être n'en aurait-il pas le temps. Le tueur les prendrait par surprise et les tuerait Castiel et lui. Dean ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer le pire. Et sans rien avoir à faire pour s'occuper l'esprit, ses idées tournaient en boucle dans sa tête. Il était fatigué. Il n'osait plus dormir. Il avait bien trop peur que le tueur entre dans sa tête à nouveau. Il ne trouvait rien de positif. Il ne parvenait plus à se montrer optimiste. Il avait la sensation de sombrer dans une profonde dépression. Un trou noir et béant qui finirait par l'avaler tout entier et le faire disparaitre.

Il se trainait durant la journée. Il restait des heures entières assis sur le canapé à regarder l'écran de télévision éteint. Il attendait que le temps se passe. Castiel essayait de le distraire. De lui parler. Mais Dean ne l'écoutait plus.

Et après une deuxième nuit passée sans réellement parvenir à trouver le sommeil, le jeune homme en avait assez. Il avait envie de pleurer. De crier. De tout casser autour de lui. Mais il n'en avait pas la force. Il était allongé dans le lit, Castiel paisiblement endormi à côté de lui. Le jour commençait doucement à se lever et Dean voyait les premiers rayons du soleil éclairer le sol. Une nouvelle journée en enfer. C'était la seule chose à laquelle il parvenait à penser.

Il soupira longuement puis se tourna doucement sur le côté pour regarder Castiel. Son petit ami dormait sur le côté, un bras sous l'oreiller et une main posée sur le matelas entre eux. Un peu comme s'il cherchait le contact avec Dean. Comme s'il espérait que son petit ami finirait par saisir la main qu'il lui tendait. Ce qu'il continuait à refuser de faire. Parce qu'il était idiot. Et parce qu'il ne méritait pas quelqu'un d'aussi formidable que Castiel.

Pourquoi ne parvenait-il pas à accepter la situation ? Pourquoi n'était-il pas capable de se montrer un peu optimiste ? Un peu plus juste vis-à-vis de l'homme qu'il aimait ? Il allait finir par le faire fuir s'il continuait à le traiter ainsi. Et il aurait alors tout perdu. Cela le terrifiait.

Il finit par tendre doucement la main pour effleurer le dos de celle de son petit ami. Presque aussitôt, ce dernier sursauta et ouvrit les yeux. Il semblait surpris que Dean l'ait touché. Le jeune homme réalisa alors qu'il ne l'avait pas fait une seule fois depuis leur arrivée deux jours plus tôt. Il avait fui tout contact. Il s'était isolé un peu plus encore. Il avait pris ses distances alors même qu'il avait besoin de présence. Il posa sa main sur celle de Castiel et ne la relâcha pas cette fois.

- Je suis désolé, murmura-t-il ensuite.

Son petit ami avait les yeux ouverts mais il n'était pas encore totalement réveillé. Dean aurait peut-être dû lui laisser quelques secondes pour qu'il ait les idées plus claires. Mais il avait besoin de lui parler maintenant. Les mots lui brûlaient les lèvres. Il avait déjà trop attendu.

- Je suis désolé parce que je sais que je me comporte comme un imbécile depuis qu'on est là. Je suis injuste avec toi. Je ne te mérite pas. Et le pire, c'est que j'en ai conscience mais que je ne parviens pas à m'en empêcher. C'est plus fort que moi. Tu aurais le droit de m'en vouloir.

Castiel fronça les sourcils une seconde avant d'ouvrir la bouche, sans doute pour protester. Mais Dean ne lui en laissa pas l'occasion. Il avait encore trop de choses à dire pour se laisser interrompre. Il savait qu'il n'en aurait pas le courage après. Il ne savait pas d'où cette force lui venait soudainement. Il devait en faire bon usage avant que les mauvaises habitudes reviennent au galop.

- Je sais ce que tu vas me dire… que c'est normal. Que j'ai le droit d'être en colère ou frustré et que tu es là pour ça justement. Mais tu ne m'as pas accompagné pour jouer le rôle de souffre-douleur. C'est aussi difficile pour toi que ça l'est pour moi. Et il est grand temps que je le comprenne et que je le prenne en compte. Parce que je t'aime Cas. Et que tu as fait en sorte que je sache que tu m'aimes mais que de mon côté, je me suis comporté comme si tu ne comptais pas. Ce qui est faux… je peux te le jurer.

Castiel sourit alors et Dean sut que ses mots le touchaient. Que c'était ce qu'il avait espéré entendre sans réellement oser le demander. Le jeune homme lui avait fait de la peine. Il était grand temps qu'il s'excuse et fasse en sorte de se racheter.

- Je ne sais pas vraiment ce qui m'arrive. Depuis qu'on est là, j'ai la sensation de me perdre… j'ai la sensation de… ne plus être moi-même. J'ai peur. J'ai constamment des idées… négatives et pessimistes en tête. J'ai la sensation d'être pris dans une spirale qui me conduit tout droit dans le néant. Ça me rend agressif. Je suis en colère. Et je m'en prends à toi. Sans doute parce que tu es là et que j'ai envie de croire que tu ne partiras pas même si je te fais volontairement du mal. Ce qui ne m'excuse pas mais… c'est la seule explication que j'ai.

Dean attira la main de Castiel à sa bouche et déposa un rapide baiser dessus. Ce contact lui fit un bien fou. Il eut la sensation que le nuage noir qui l'entourait depuis leur arrivée dans cette maison disparaissait quelque peu. Ou s'éloignait doucement. Il était toujours là, menaçant. Mais Castiel était la solution. C'était évident.

- Je ne sais pas combien de temps nous resterons ici et je n'ai pas envie de les subir. Je n'ai pas envie de te faire vivre l'enfer. Je veux… je veux que les choses s'arrangent. Et je te promets de faire le nécessaire pour ne plus me comporter comme le dernier des enfoirés avec toi.

- Dean, je ne t'en veux pas.

Le jeune homme fut soulagé de l'entendre. Il avait fait du mal à son petit ami mais il ne le détestait pas. Les choses pouvaient s'arranger. Il leur suffisait de parler. De se dire les choses. Dean avait refusé de se confier jusque-là. Mais il savait à présent que c'était une erreur.

- Je sais combien la situation est difficile pour toi. Et je ne nie pas qu'elle l'est pour moi aussi. Ton comportement depuis que nous sommes ici… il m'a fait peur oui. Il m'a fait mal aussi. Je ne vais pas te mentir. Mais il est parfaitement compréhensible. Et si je t'en tenais rigueur après tout ce que tu as subi, alors cela ferait de moi un bel enfoiré pour reprendre tes mots. Cette épreuve… elle peut nous sembler difficile. Elle peut nous embler insurmontable. Mais elle doit nous rendre plus fort. Elle doit nous apprendre des choses sur nous-même. Et tant qu'on acceptera que tout ne peut pas être parfait alors tout ira bien entre nous. Je ne laisserais pas ce monstre nous séparer. Je ne le laisserais pas se mettre entre nous. Il ne gagnera pas. Je te le promets.

Dean hocha la tête. Castiel avait raison sur tous les points. S'ils voulaient que leur couple survive à cette nouvelle épreuve, ils devaient accepter les disputes, les moments de doute et ceux où l'un d'entre eux n'irait pas bien. Ils devaient accepter les hauts et les bas. Ils en sortiraient plus soudés que jamais. Dean le comprenait à présent.

- Je n'aime pas être aussi loin de ma famille. Je ne l'ai jamais été. J'ai besoin d'eux. Besoin de pouvoir leur parler ou les voir quand j'en ai envie. Cet isolement… je le vis comme une punition… sauf que je ne sais pas ce que j'ai fait de mal pour le mériter. Je ne suis pas seul. Ta présence est la seule chose qui me sauve mais… par moment, j'ai cette… tristesse qui m'envahit et je ne parviens plus à penser à quoi que ce soit d'autre. J'ai peur aussi… pour eux sans doute plus que pour moi. C'est… comme si le néant cherchait à m'absorber et à me faire disparaître… et la seule chose qui me permet de rester accroché c'est toi.

Castiel se rapprocha un peu plus de lui sur le matelas jusqu'à ce que Dean puisse sentir son souffle sur sa bouche entrouverte. La semi-pénombre qui régnait toujours dans la pièce rendait ce moment plus intime encore. Un peu comme s'ils devaient se cacher des autres. Du monde extérieur. Parce que ce moment n'appartenait qu'à eux. Parce qu'ils devaient le préserver.

- Je sais qu'ils te manquent… et j'aimerais pouvoir te dire que ça ne durera pas. Que tout s'arrangera rapidement. Mais je refuse de te mentir. Alors je me contenterais de te dire que je serais là pour toi… que ce soit pour t'écouter parler… pour te réconforter… pour t'aider à évacuer ta colère ou juste pour te changer les idées. La seule chose que je te demande en retour c'est de ne pas me tenir à l'écart. De ne pas chercher à t'isoler plus encore. Accepte la main que je te tends Dean. Et laisse-moi t'aider.

- Je te promets d'essayer.

Cela semblait être suffisant pour Castiel. Il déposa un rapide baiser sur les lèvres de Dean avant de venir coller son front contre celui du jeune homme. Ils restèrent ainsi sans rien dire de plus pendant de longues secondes. Puis Dean rouvrit les yeux et observa le visage de Castiel. C'était celui de l'homme qu'il aimait. Celui d'une personne foncièrement bonne. Généreuse. Gentille. Honnête. Courageuse et forte. Il n'aurait jamais pensé rencontrer un homme comme lui. Il n'aurait jamais imaginé pouvoir faire sa vie aux côtés d'une personne qu'il aimait autant qu'il admirait. Cette chance incroyable, il ne la laisserait pas lui échapper.

Castiel finit par rouvrir les yeux à son tour. Il sembla surpris de voir que Dean le regardait. Il recula légèrement le visage et inclina la tête sur le côté.

- Qu'est-ce qui te fait sourire comme ça ? Qu'est-ce que tu regardes avec autant d'attention ?

Dean ne s'était même pas rendu compte qu'il souriait. Sans doute parce qu'il en avait perdu l'habitude.

- Toi et toi. Parce que c'est un peu toujours toi non ?

- Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu veux dire par là.

- C'est un peu comme… la gravité je pense. Ou du moins c'est comme ça que je le vois. La Terre tourne autour du soleil parce qu'elle est attirée par lui. Parce qu'il y a une force qui la guide vers lui. Et… depuis que je t'ai rencontré, c'est un peu comme si une force similaire me poussait dans ta direction. Comme si tu étais devenu mon soleil. Je ne peux que tourner autour de toi. Je ne vois que toi. Je ne respire que parce que tu es là pour m'insuffler de l'oxygène. Je ne vis que parce que tu es là. Et si tu venais à disparaître alors sans doute que j'imploserais. Parce que sans mon soleil pour me guider, je ne vois pas qui pourrait me maintenir dans le bon axe. C'est… je ne suis pas sûr d'être vraiment plus clair avec cette analogie.

- Tu l'es… parfaitement. Et c'est… magnifique. C'est… réciproque bien sûr mais je suis bien moins doué avec les mots que toi. Je serais incapable de te dire ce genre de choses.

- Tu me le prouves tous les jours. Et tu sais que je suis bien plus sensible aux gestes qu'aux paroles.

Castiel acquiesça. Dean l'embrassa alors à nouveau. Il avait besoin de se sentir proche de lui. Pas seulement émotionnellement. Physiquement aussi. Il avait besoin de rétablir cette connexion qu'il avait un peu la sensation d'avoir perdu ces derniers temps. Le lien entre eux était toujours là. Mais Dean ne le sentait plus avec la même force. Et cela lui avait terriblement manqué.

- Je serais toujours là pour te le prouver. Et si toutefois, tu as la sensation que je ne le fais pas suffisamment alors dis-le moi.

Dean sourit alors. C'était peut-être exactement ce dont il avait besoin à cet instant précis. Que Castiel le lui prouve à nouveau. Il lui suffisait de le demander. Il voulait toutefois être sûr que Castiel en avait envie. Qu'il ne se forçait pas à faire quelque chose juste pour soulager Dean. Ils n'avaient pas fait l'amour depuis qu'ils étaient là. Le jeune homme n'en avait même pas eu envie. Mais c'était le meilleur moyen de rétablir pour de bon cette connexion unique entre eux. C'était exactement ce dont il avait besoin.

- Et si je te disais que j'ai besoin que tu me le prouves ici et maintenant… est-ce que tu accepterais de le faire ? Je ne veux surtout pas que tu te forces. Je veux que tu en aies envie toi aussi.

Castiel sourit alors.

- Tu es en train de me demander si j'ai envie de te faire l'amour ? Tu crois vraiment que je pourrais me forcer ? Dean, j'ai constamment envie de toi… à tel point que parfois, j'ai l'impression de ne pas être capable de fonctionner correctement.

- Je suis désolé, souffla le jeune homme parce qu'il ne voyait pas quoi répondre à cela.

- Ne t'excuse pas d'être sexy… irrésistible… fascinant et incroyablement séduisant… ne t'excuse pas d'être la personnification de tous mes fantasmes… et ne t'excuse jamais de de me rendre fou de désir. C'est la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie.

Dean se sentit alors pousser des ailes. Il n'y avait rien de plus merveilleux que de se sentir autant désiré. Que de se voir beau dans les yeux d'un autre. De quelqu'un qu'on aimait. C'était quelque chose qu'il avait toujours recherché. C'était pour ça qu'il avait tant apprécié la compagnie de tous ces hommes depuis qu'il était sexuellement actif. Il voulait sentir le désir chez eux. Sentir qu'ils avaient envie de lui. Il se sentait alors valorisé. Il se sentait bien. Il reprenait confiance en lui. Mais ce n'était rien à côté de ce que ce que Castiel lui faisait ressentir. Car il n'était plus question d'un homme de passage qui ne s'intéressait qu'à son physique, son corps et ses performances au lit. Cette fois, il était question de l'homme qu'il aimait. Et cela prenait un tout autre sens.

- Merci de m'avoir trouvé Cas, souffla-t-il.

- Techniquement parlant, c'est toi qui m'as trouvé. C'est toi qui nous as appelé… toi qui a fait la démarche de venir nous voir. Alors merci à toi.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire… c'est… il est évident à présent que j'étais perdu avant de te rencontrer. J'errais de conquêtes en conquêtes. Je ne savais plus quel chemin suivre. Je m'étais perdu depuis… je ne sais même plus depuis quand… et tu m'as trouvé. Tu m'as remis sur le droit chemin alors… merci. Maintenant… avant que tu ne te sentes obligé de me répondre quelque chose d'aussi cliché et mièvre que ce que je viens de te dire… fais-moi l'amour parce que j'ai besoin… non… j'ai très envie de te sentir en moi. Il n'y a que dans ces moments-là que je peux oublier tout le reste.

Castiel dut sentir que parler ne servait plus à rien maintenant. Il le ferait probablement plus tard. Il dirait alors des choses que Dean aurait peut-être du mal à croire sur le moment. Des choses merveilleuses qui viendraient panser ses blessures. Celles qu'il avait ignoré jusque-là mais qui étaient bel et bien là. Des choses incroyables qui le forcerait à retenir ses larmes et à ravaler ses sanglots. Castiel savait toujours quoi dire et quoi faire. Il savait également toujours à quel moment il était le plus opportun de faire les choses. Parce qu'il comprenait Dean comme personne avant ne l'avait compris. Parce qu'il savait toujours ce dont il avait besoin. Et parce qu'il le lui donnait à chaque fois. Sans hésiter. Sans se poser la moindre question.

Dean ne devait surtout pas l'oublier. Il devait absolument s'en souvenir à chaque fois qu'il aurait un passage à vide. Castiel était là. Et visiblement, il n'avait pas l'intention de s'en aller. Pas même si Dean tentait de le repousser. Il était solide. Il était présent. Il en avait envie. Dean avait une chance incroyable.

Mais ce n'était pas le moment de trop y penser. Car déjà, Castiel l'embrassait avec une passion qu'il avait parfois du mal à contrôler. Une passion qui menaçait toujours de les emporter tous les deux. Dean ne demandait que ça. Il voulait être possédé. Il voulait sentir que Castiel le contrôlait. Il aimait quand le sexe devenait presque violent. Parce qu'il sentait alors que son petit ami avait autant besoin de lui. Que ce désir et cet amour qu'il assurait avoir pour lui était vrai. Il pouvait se remettre entre ses mains. Il pouvait abandonner tout contrôle. Lâcher prise et se laisser emporter de ce tourbillon extraordinaire. Et Castiel le savait.

Il le plaqua contre le matelas tout en continuant de l'embrasser avec violence. Dean ferma les yeux et de lui-même, il remonta ses mains pour les coller de chaque côté de son visage sur son oreiller. Il se donnait entièrement à l'homme qu'il aimait. Sans peur. Sans crainte. Il se donnait parce qu'il avait confiance en lui. Parce qu'il savait que Castiel n'en abuserait jamais. Qu'il ne le jugerait pas. Qu'il saurait quoi faire de lui. Dean s'abandonna complètement à l'homme qu'il aimait. Et il sentit le nuage noir autour de lui disparaître pour de bon. Il pria pour ne pas le revoir.


Castiel aurait dû se douter que les choses se passeraient ainsi. Il aurait dû sentir que Dean n'allait pas bien dès leur arrivée dans la maison. Il avait accepté l'idée de s'isoler pour sa propre protection. Et il avait même donné son accord pour que ce soit Gabriel qui appelle Sam à sa place. Il avait semblé comprendre pourquoi il s'agissait là de la seule solution viable. Mais il y avait quelque chose dans son regard qui avait alerté Castiel. Quelque chose qu'il n'avait encore jamais vu dans les yeux verts de son petit ami. Il avait voulu croire que c'était le choc… la fatigue… ou peut-être les deux cumulés. Il avait voulu croire qu'avec un peu de temps et une bonne nuit de sommeil, cette étrange lueur aurait disparu. Il avait eu tort.

Dean n'allait pas mieux le lendemain. Il était tantôt amorphe tantôt incapable de tenir en place plus de quelques secondes. Il tournait en rond sans réussir à se calmer. Il était en colère et le plus souvent, il passait ses nerfs sur Castiel. Il semblait à la fois inquiet et résigné. Il marmonnait parfois dans son coin. Il ne se confiait pas à son petit ami. Il ne semblait pas avoir envie de lui parler. Et c'était ce mutisme dans lequel le jeune homme s'était enfermé qui inquiétait le plus le jeune policier. Dean avait commencé à se confier à lui. Doucement bien sûr. A son rythme. Il était évident qu'il n'en avait pas l'habitude. Mais après la frayeur qu'il lui avait faite avec les somnifères, il avait tenu sa promesse. Il lui avait parlé à chaque fois qu'il ressentait quelque chose d'étrange. A chaque fois qu'il n'allait pas bien. Et Castiel l'avait écouté en faisant toujours en sorte de le réconforter. Sans le materner. Dean n'aimait pas ça. Et Castiel connaissait à bien le connaître. Il savait ce qu'il pouvait dire ou non. Ce qu'il pouvait faire et ce qu'il devait éviter. Ou du moins, il croyait le savoir. Mais de toute évidence, il s'était trompé. Car il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il devait faire maintenant. Dean s'était entièrement renfermé sur lui-même. Et rien de ce que Castiel tentait pour l'aider ne semblait fonctionner. Dean cherchait à s'éloigner. Il cherchait à mettre son petit ami à distance. Castiel ne comptait pas se laisser faire. Mais il se heurtait à un mur. Il était difficile de ne pas baisser les bras dans cette situation.

Il était en quête d'un plan valable quand au réveil, après une nuit passée en partie à chercher le sommeil sans y parvenir, Dean accepta enfin de s'ouvrir à lui. Il le fit sans que Castiel ait besoin de le lui demander. Il le fit de son plein gré et sans expliquer ce qui l'avait motivé à le faire. Il s'excusa pour son comportement. Il présenta ses excuses à Castiel. Puis il lui ouvrit son cœur. Il lui confia tout ce qui n'allait pas. Pourquoi il avait cherché à s'éloigner de lui. Il lui expliqua ses peurs, ses angoisses et combien sa famille lui manquait. Il dit des choses bouleversantes qui brisèrent le cœur de Castiel. Puis des choses magnifiques qui le réparèrent doucement. Ils se réunirent comme s'ils avaient passé des jours éloignés l'un de l'autre. Peu importait qu'ils aient été ensemble depuis leur arrivée. Confinés dans la même maison et contraints de passer vingt-quatre heures sur vingt-quatre côte à côte. Ils avaient cohabité sans rien partager. Ils avaient été seuls. Et Castiel avait ressenti un manque incroyable même si Dean était juste là. Il avait enfin la sensation de le retrouver. Il espérait que cette fois, c'était pour de bon. Il ferait en sorte que cela soit le cas.

Il ne fut pas surpris quand Dean lui demanda de lui faire l'amour. C'était sans nul doute le meilleur moyen de sceller le lien qu'ils venaient de retisser entre eux. Le meilleur moyen de renforcer cette connexion qui, si elle n'avait jamais disparu, semblait s'être atténuée depuis leur arrivée dans la maison. Il en avait d'ailleurs tout autant besoin que lui. Il en avait terriblement envie également. Comme il l'avait dit à son petit ami, il avait constamment envie de lui. A tel point que cela lui rendait les choses difficiles parfois. Il aurait pu passer des journées entières à caresser son corps. A le toucher du bout des doigts ou du bout de la langue. A lui arracher des gémissements. A lui procurer des orgasmes. Il ne se serait jamais lassé. Et il n'aurait pas eu le moindre scrupule à oublier tout le reste. Il aurait parfaitement pu accepter de consacrer tout son temps à son petit ami.

Bien sûr, ce n'était déjà pas envisageable en temps normal et ça l'était encore moins dans la situation actuelle. Mais c'était une idée qui lui trottait dans la tête et à laquelle il lui arrivait de penser même quand il était au travail. Dean était une merveilleuse distraction.

Il ne devait toutefois pas se laisser distraire pour le moment. Il voulait avant tout donner à son petit ami ce dont il avait visiblement tant besoin. Il se chargea donc d'embrasser le jeune homme avec toute la passion et toute la fougue qu'il ressentait. Il le plaqua sur le matelas. Parce qu'il savait que c'était ainsi que Dean aimait que les choses se déroulent. Il ne voulait pas qu'on le contrôle. Mais il aimait qu'on le possède. Il aimait qu'on prenne le dessus l'espace de quelques minutes. Qu'on lui prouve qu'il était important. Qu'il était désiré. Qu'il était aimé aussi et surtout. Dean avait besoin de preuves plus que de mots. Et Castiel était ravi de les lui donner.

Il s'allongea sur lui pour l'empêcher de bouger. Il continua à l'embrasser en pressant sa langue contre celle du jeune homme. Il lui mordilla la lèvre inférieure avant de reculer pour le regarder une seconde dans les yeux. Il pressa son front contre le sien avant de commencer à l'embrasser dans le cou. Dean portait un t-shirt et Castiel le voyait comme une barrière entre eux. Comme un obstacle. Il le lui retira rapidement afin d'avoir enfin accès à sa peau nue. Il couvrit son torse de baisers. Le mordilla à certains endroits qu'il savait particulièrement sensible. Parce qu'il était perfectionniste et qu'il voulait absolument satisfaire pleinement son petit ami, il avait pris le temps d'apprendre à le connaître. Il savait exactement où ses dents auraient le plus d'effet. Sur ses tétons. Au-dessus de son nombril. Au niveau de sa quatrième côte côté droit. Il insista sur chacun de ces endroits. Puis quand il sentit que Dean commençait à trembler, il releva le visage et plongea son regard dans le sien.

- Garde tes mains de chaque côté de ton visage. Je ne veux pas que tu bouges. Je ne veux pas que tu te touches. Je veux que tu me laisses faire et que tu me prouves que tu as confiance en moi pour te procurer du plaisir. Est-ce que c'est compris ? Est-ce que tu es d'accord ?

Il demandait toujours à Dean de lui confirmer qu'il était partant. Il ne voulait surtout jamais le contraindre à quoi que ce soit. Il obtint un hochement de tête en guise de réponses et sourit. Puis il retira le boxer du jeune homme. Il ne fut pas surpris de voir son sexe déjà tendu. Il l'avait senti contre sa cuisse. Il l'ignora pour le moment et, après avoir écarté les couvertures pour voir ce qu'il faisait, il déposa des baisers sur les jambes du jeune homme. Il s'attarda une seconde sur chacun de ses pieds avant de remonter doucement. Il lui attrapa ensuite les tibias pour l'inciter à remonter ses jambes. Ce que Dean fit sans hésiter. Il les posa sur ses épaules, offrant à Castiel un accès facilité à son intimité. Ce dont le jeune policier profita aussitôt pour embrasser l'intérieur de ses cuisses. Il pressa ensuite sa langue contre son périnée, lui arrachant un gémissement. Il le caressa doucement avant de s'attarder ensuite sur le muscle qui se dissimulait entre ses fesses. Il le prépara quelques secondes avec sa langue avant de reculer le visage à nouveau et de prendre son sexe dans sa bouche. Il pouvait sentir les frissons qui parcouraient le corps de son petit ami. Il pouvait deviner combien il était difficile pour lui de rester immobile. Mais il le faisait malgré tout. Parce que c'était ce qu'il voulait et exactement ce dont il avait besoin.

Castiel relâcha finalement le sexe de Dean avant de se redresser sur les genoux. Il invita Dean à se tourner sur le ventre puis à s'installer à quatre pattes. Une nouvelle fois, le jeune homme le fit sans hésiter une seule seconde. Il avait une totale confiance en Castiel. Il savait que son petit ami ferait en sorte de le satisfaire.

- Tu es parfait, souffla ce dernier en l'observant une seconde.

Il lui caressa le dos un instant puis déposa des baisers sur chacune de ses vertèbres. Il écarta ensuite ses fesses et reprit sa préparation du muscle entre elles. Il le fit du bout de la langue, la faisant pénétrer à l'intérieur du jeune homme petit à petit. Puis, quand cela ne suffit plus, il y ajouta un doigt qu'il avait au préalable humidifier avec sa salive. Ce n'était pas l'idéal. Mais cela suffirait.

Castiel poursuivit la préparation en ajoutant un second doigt. Puis, quand il fut sûr que Dean pouvait le supporter, il en ajouta un troisième. Pour être sûr, il en fit même glisser un quatrième. Il les pressa contre la prostate du jeune homme pendant plusieurs secondes. Dean était incroyablement sensible à cet endroit. Et délicieusement expressif. Il ne cachait pas son plaisir. Il le criait sans retenue. Il semblait savoir que Castiel aimait ça.

Une fois la préparation terminée, le jeune policier se déshabilla rapidement avant de reporter son attention sur son petit ami. Il n'avait pas bougé. N'avait pas tourner la tête dans sa direction. Et sans voir son visage, Castiel ne pouvait pas savoir si cette position lui convenait ou pas. Elle n'était peut-être pas idéale dans leur situation.

- Tu veux être sur le dos ou tu préfères rester comme ça ? demanda-t-il alors.

- Comme ça c'est parfait. Comme ça je peux mieux te sentir. Et j'ai l'impression de t'appartenir.

- Parce que tu m'appartiens Dean… à moi et à personne d'autre… tout comme je t'appartiens en retour… aujourd'hui et pour le restant de ma vie.

Il était important pour lui de souligner que cette relation n'était pas à sens unique. Peu importait qu'il soit celui qui avait le contrôle pendant le sexe. Ça ne signifiait pas pour autant qu'il dominait le jeune homme. Ou qu'il le considérait comme sa chose. C'était un échange. Dean remettait son corps entre ses mains. Mais Castiel lui avait donné son cœur et son âme. Ils étaient sur un pied d'égalité.

- Je le sais, souffla Dean après quelques secondes.

Castiel sourit alors. Il humidifia son sexe avec sa salive en se jurant de demander à ce qu'on leur fournisse du lubrifiant aussi rapidement que possible. Ils devaient de toute façon remplir la liste des choses dont ils estimaient avoir besoin. Il aurait probablement été gêné de formuler une telle demande avant. Mais plus maintenant. Parce qu'il suivait l'exemple de Dean. Il n'avait plus honte de celui qu'il était. Il se fichait de ce que les autres pouvaient en penser.

Il guida son sexe d'une main alors que l'autre était posée sur le flanc du jeune homme. Il le pénétra doucement sans quitter l'endroit où ils étaient joints des yeux. C'était un spectacle incroyable. Une image qu'il aimait à garder en permanence dans un coin de sa tête.

Dean poussa un long gémissement quand il entra en lui. Puis un autre quand il s'immobilisa pour déposer un baiser à la base de son cou.

Il lui laissa quelques secondes pour s'habituer avant de commencer à bouger. Il le fit doucement au début mais accéléra rapidement le rythme. Il savait exactement ce dont Dean avait besoin. Ce n'était pas tendresse. Il voulait sentir Castiel à l'intérieur. Il voulait quelque chose de passionné. De brutal. Parfois, il préférait que le sexe dure. Que le plaisir monte doucement jusqu'à exploser littéralement en lui. Mais pas cette fois. Castiel pouvait le sentir.

Il choisit donc le bon angle pour frapper sa prostate aussi souvent que possible. Il ignora son propre plaisir pour se concentrer sur celui de Dean avant tout. Il l'attrapa par les hanches et continua à aller et venir en lui rapidement. Presque violemment. Il pouvait entendre le bruit de leurs deux corps s'entrechoquant. Il était à peine couvert par les cris de plaisir de son petit ami. Il savait que son orgasme approchait déjà. Il savait qu'il n'aurait pas à attendre très longtemps. Car déjà les muscles de son dos se contractaient. Déjà ses cris se faisaient plus forts et plus rapprochés. Il avait les poings serrés de chaque côté de son oreiller. Sa tête était basse, entre ses épaules tendues. Il tremblait. Il se laissait totalement envahir par les sensations. Il ne cherchait pas à garder le contrôle. Il l'avait totalement abandonné à Castiel. Et c'était quelque chose qui rendait ce dernier incroyablement fier et humble. Posséder ainsi un homme aussi fort et aussi courageux avait quelque chose d'intimidant presque.

Il heurtait la prostate de Dean à chaque fois à présent. Et il ne fut pas surpris quand le jeune homme cria une énième fois son plaisir en arquant le dos. Castiel sentit les muscles autour de son sexe se contracter violemment. Il n'arrêta pas ses efforts pour autant. Il continua à aller et venir à l'intérieur de Dean sans relâcher la pression sur sa prostate. Il serra ses hanches dans ses mains, espérant laisser des traces. Il fit en sorte de prolonger son orgasme aussi longtemps que possible. Puis, quand Dean poussa un dernier gémissement alors que ses bras cédaient sous son poids, Castiel ajouta quelques allers et retours avant de s'abandonner à son propre orgasme. Sa vision se brouilla une seconde alors que tout son corps s'embrasait. Il cria le nom de son petit ami. Sans doute suffisamment fort pour que les agents qui les surveillaient les entendent. Mais il s'en contrefichait. Il voulait que Dean sache le plaisir qu'il ressentait. Le plaisir qu'il venait de lui procurer en acceptant de se laisser faire.

Il se retira finalement du jeune homme quand il eut repris ses esprits puis se laissa tomber sur le côté, essoufflé et le front couvert de sueur. Dean prit place à côté de lui après quelques secondes. Il avait lui aussi le souffle court. Mais un large sourire étirait ses lèvres parfaites. Castiel avait réussi.

- Je suis presque sûr qu'ils nous ont entendu, souffla le jeune homme, probablement amusé par la situation.

Castiel haussa les épaules. Il aurait été gêné par cette idée avant de rencontrer Dean. Il aurait été incapable de regarder les personnes dans les yeux après ça. Mais plus maintenant. Son petit ami lui avait appris à ne plus avoir peur. A ne plus se soucier de tout ça. Il se sentait libre. Il se sentait incroyablement bien.

- J'espère qu'ils ont apprécié alors. Parce qu'en ce qui me concerne, je pense que ce qu'on vient de faire est en tête de mon top dix.

- Je pense que c'est en tête du mien aussi. Tu as été incroyable.

- Uniquement parce que tu l'as été toi aussi. Tu n'as pas idée de ce qu'on peut ressentir quand un homme comme toi… un homme qu'on sait fort et parfaitement capable de nous tenir tête en un contre un… quand il nous laisse ainsi le contrôle. C'est à la fois incroyablement érotique et excitant et… c'est la preuve qu'il a confiance en nous.

Dean s'approcha doucement de lui sur le matelas et posa une main sur sa joue.

- J'ai confiance en toi Cas. Pas uniquement quand il est question de sexe. J'ai confiance en toi comme je n'ai jamais eu confiance en qui que ce soit d'autre que ma famille et mes amis. Tu es…

Castiel avait une vague idée de ce que le jeune homme allait lui dire. Il n'avait pas besoin de l'entendre. Pas besoin d'être rassuré. Il savait que Dean voulait le lui dire à nouveau parce qu'il se sentait toujours coupable de son comportement. Ce qui était stupide. Car Castiel ne lui en voulait pas. Il pressa donc son indexe contre sa bouche pour le faire taire avant de le remplacer par ses lèvres. Leur baiser dura quelques secondes. Ce fut finalement Dean qui y mit un terme en premier.

- J'ai peur de m'endormir, confia-t-il alors.

Castiel pouvait le comprendre. Dean avait peur que le tueur entre à nouveau dans sa tête. Qu'il parvienne à les localiser une seconde fois. Mais il ne pouvait pas rester sans dormir éternellement. Ils ne savaient pas quand ce cauchemar cesserait enfin. Dean avait besoin de reprendre des forces. Besoin de se reposer.

- Tu sauras lui tenir tête. S'il est là dans ton rêve, je sais que tu sauras lui résister.

- Je n'ai pas réussi la dernière fois.

- Tu étais toujours sous l'effet des somnifères. C'est différent maintenant. Tu es plus fort que lui. Je le sais. J'ai confiance en toi. Tu peux fermer les yeux et t'endormir Dean. Il n'obtiendra rien de toi.

Dean ne semblait pas vraiment rassuré mais il ne parvenait visiblement plus à lutter contre le sommeil. Il avait trop besoin de dormir. Il ferma donc les yeux. Castiel, de son côté, garda les yeux rivés sur lui. Il n'hésiterait pas à le réveiller si toutefois il avait le moindre doute. Il veillerait sur lui. Il le protègerait autant que possible.

- Dors mon amour. Je suis là. Je ne laisserais rien t'arriver, murmura-t-il.

Il ne savait pas si Dean l'avait entendu ou non. Mais il y avait un léger sourire sur les lèvres du jeune homme. Il voulait croire que c'était grâce à lui.

Il garda les yeux rivés sur lui jusqu'à ce qu'il soit sûr que Dean s'était endormi. Il sourit quand il entendit sa respiration devenir plus profonde et plus lente. Il espérait que quelques heures de sommeil permettraient d'atténuer un peu les cernes qu'il avait sous les yeux. Qu'elles lui permettraient de reprendre des forces. De retrouver un peu d'espoir. De se montrer plus optimiste. Bien sûr la situation restait compliquée et tendue. Bien sûr la menace qui pesait sur lui était toujours intacte. Castiel doutait qu'un miracle se produise avant que le jeune homme ne se réveille. Il continuerait à devoir rester cloitré dans cette maison, loin de sa famille. Il ne pourrait pas parler à son frère ou à sa famille. Mais il aurait au moins pu reprendre des forces pour affronter cette épreuve.

Castiel n'avait pas menti en lui disant qu'il ne lui en voulait pas. Il n'était absolument pas en colère contre lui. Son comportement l'avait blessé bien sûr. Il avait eu de la peine en voyant son petit ami s'éloigner de lui ainsi. Il avait même douté de ses capacités à l'aider pendant un moment. Mais il comprenait pourquoi il en était arrivé là. Et le fait qu'il ait été capable de passer outre et de faire le premier pas pour arranger les choses était la preuve de sa force. De son courage. De cette volonté d'aller de l'avant dont il savait faire preuve. Dean était quelqu'un de remarquable. Quelqu'un d'exceptionnel. Et Castiel avait plus d'admiration encore pour lui maintenant. D'autres se seraient probablement effondré face à une telle situation. Il ne connaissait personne capable de faire ainsi face au danger, aux épreuves et aux difficultés sans sombrer complètement. Dean avait peut-être ses moments de doute. Mais il parvenait toujours à les surmonter. Il parvenait toujours à remonter la pente.

Castiel sourit à son tour en observant le visage paisible de l'homme qu'il aimait. Il était impatient que toute cette situation prenne fin. Il voulait voir Dean débarrassé du poids qui reposait sur ses épaules. Il voulait le voir redevenir insouciant. Il voulait ouvrir ce nouveau chapitre de leur histoire ensemble. Il était impatient de pouvoir mettre ce cauchemar derrière eux pour de bon. Il avait tellement de projets pour eux. Il ne doutait pas une seconde que Dean ait les mêmes. Ils voulaient tous les deux construire quelque chose de solide. Quelque chose de durable. Personne ne pourrait le leur enlever. Personne ne pourrait les en faire douter. Castiel se fichait de ce qu'ils pourraient trouver en travers de leur chemin dorénavant. Il était presque sûr qu'ils vivaient le pire. Il ne leur restait que le meilleur à connaître. Et il avait hâte de découvrir ce que l'avenir leur réservait.