Bonjour

Grace à Marie qui a réussi à trouver du temps pour corriger plusieurs chapitres, je peux en poster un second cette semaine. Mille mercis à elle.

Et mille merci à vous de continuer à me lire et à m'écrire. J'espère que la suite et la fin de cette histoire vous plairont. La nouvelle est déjà entamée. J'espère qu'elle vous plaira aussi.

Dans ce chapitre, Dean et Castiel font face au tueur. Et les choses s'accélèrent et se compliquent grandement pour nos deux héros. Comment vont-ils s'en sortir ?

Bonne lecture et à la semaine prochaine pour la suite

Sydney8201

Musique du chapitre :

Attack de 30 seconds to Mars

Chapitre 32 : Attaque

« On n'attaque pas seulement pour faire du mal à quelqu'un mais peut-être aussi pour le seul plaisir de prendre conscience de sa force. »

Friedrich Nietzsche

Tout avait basculé avec un dîner. En y repensant des mois plus tard, Castiel prit conscience de sa stupidité. De la naïveté dont il avait preuve. Il aurait dû se montrer plus vigilent. Il aurait dû se méfier et procéder autrement. Mais depuis quelques jours, Dean allait mieux. Il n'avait pas oublié le danger qui planait sur lui – et Castiel non plus même s'il avait cessé d'y penser constamment – mais il commençait doucement à apprendre à vivre avec. Il se confiait à son petit ami à chaque fois qu'il n'allait pas bien. Ses proches lui manquaient toujours mais il semblait avoir accepté la situation. Accepté qu'il ne pouvait rien faire pour arranger les choses. Qu'il devait se montrer patient.

Leur relation en était ressortie renforcée. Ils étaient plus proches encore qu'avant. Castiel aurait presque pu dire qu'il était heureux si le tueur n'était pas toujours en liberté. Il vivait avec l'homme qu'il aimait. Il partageait chaque heure de chaque journée avec lui. Et c'était exactement ce qu'il voulait vivre jusqu'à la fin de son existence.

Il avait baissé sa garde. Il avait eu tort. Mais quand il prit la décision qui déclencha tout, il n'en avait pas la moindre idée. Et il pensait vraiment bien faire. Ne pas prendre de risque fou.

Il avait commandé à dîner. Les agents qui les surveillaient avaient validé l'endroit. Il faisait partie d'une liste restreinte de lieux dont ils connaissaient les gérants. Dont ils connaissaient l'identité de chaque employé. Ils pensaient eux aussi qu'il n'y avait aucun risque à faire appel à eux. Adam avait même semblé trouver tout cela particulièrement « mignon ».

Castiel voulait faire plaisir à son petit ami. Il voulait organiser une soirée parfaite. Comme un nouveau rendez-vous. Il voulait lui faire une surprise. Histoire de lui changer les idées et de lui donner une sensation de normalité. Cette seule décision – pour autant bien intentionnée – avait déclenché une suite d'évènements qu'il se reprocherait ensuite jusqu'à la fin de son existence. Après tout, le proverbe disait que l'enfer était pavé de bonnes intentions. Castiel savait à présent que c'était totalement vrai. Il l'avait appris à ses dépens. Et à ceux de Dean.

Puisque le choix était restreint, il avait opté pour un restaurant italien sur la liste. Son petit ami lui avait confié aimer les pizzas. Et Castiel voulait absolument lui faire plaisir. Il en commanda deux que le jeune homme aimerait et qu'ils pourraient partager. Il avait également acheté des bières car Dean ne buvait pas de vins. Et une tarte aux pommes. Sa préférée.

Tout aurait pu être parfait. Tout aurait dû être parfait. Castiel y avait cru jusqu'à la dernière seconde. Jusqu'à ce qu'il soit contraint de se rendre à l'évidence et d'accepter le fait qu'il venait de commettre une erreur qui risquait de leur coûter extrêmement cher.

La pizza fut livrée à l'heure convenue et entre les mains de leurs « gardes du corps ». Castiel les laissa vérifier qu'ils connaissaient le livreur et que rien ne sortait de l'ordinaire. Puis il récupéra la nourriture et la bière et plaça le tout sur la table du salon. Dean n'était pas au courant. Il eut la surprise en sortant de la douche, les cheveux encore humides et les joues rouges. Il prenait ses douches bien trop chaudes. Mais cela le détendait et Castiel aimait le retrouver détendu après.

- Cas, est-ce que c'est… ce que je crois que c'est ?

- Et bien si ce que tu crois c'est qu'il s'agit de deux délicieuses pizzas, de quelques bières et d'une délicieuse tarte aux pommes alors oui c'est bien ce que tu crois que c'est.

Dean secoua la tête en souriant. Castiel était content de voir que sa surprise lui avait plu. Il s'était donné du mal pour lui cacher ce qu'il mijotait. Il espérait sincèrement que la soirée serait parfaite. Que la nourriture serait bonne. Que Dean apprécierait son geste.

- Tu es… le petit ami idéal et parfait, souffla finalement le jeune homme.

Castiel doutait d'être parfait mais il aimait que Dean puisse le penser. Il l'invita à s'asseoir puis ouvrit les deux cartons de pizzas. Ils se servirent chacun leur tour avant de commencer à manger. Castiel avait allumé quelques bougies et éteint les lumières pour créer une atmosphère romantique. Dean n'aurait jamais admis qu'il adorait ça mais c'était évident tant il ne parvenait plus à arrêter de sourire.

- Je suppose qu'Adam et son collègue étaient dans le coup… je vais devoir les remercier eux aussi… pas de la manière dont je compte te remercier toi bien sûr.

Castiel se mordilla la lèvre inférieure une seconde alors que son cœur s'emballait dans sa poitrine.

- Je n'estime pas avoir le droit de t'interdire quoi que ce soit mais je préfèrerais effectivement que tu te contentes d'un simple « merci » avec eux si possible.

- Tu ne veux pas savoir comment je vais te remercier toi ?

- Bien sûr que je le suis mais je ne sais pas si je serais capable de terminer ce repas comme quelqu'un de civilisé et sans te sauter dessus aussitôt si toutefois tu me le dis.

Dean rit une seconde et ce son réchauffa le cœur de Castiel pendant de longues secondes. C'était quelque chose qu'il voulait entendre encore et encore. Tous les jours. Pendant de très très longues années.

- Je peux comprendre et même si je ne suis pas contre l'idée que tu me sautes dessus pour exiger ta récompense, cette pizza est délicieuse et je détesterais la manger froide. Et puis il y a cette tarte qui m'appelle et c'est encore mieux que le sexe.

Castiel n'était pas entièrement d'accord sur ce point. Il doutait qu'il puisse exister quoi que ce soit d'aussi bon que le sexe surtout avec Dean. Mais il ne voulait pas donner l'impression que c'était la seule chose qu'il attendait de son petit ami. Il savait aussi apprécier une soirée comme celle-ci. Même si elle ne se terminait pas par du sexe.

- Tu sais… je pourrais finir par être jaloux de cette relation unique que tu entretiens avec la nourriture… et je le serais probablement si je n'étais pas légèrement excité par les bruits de plaisir que tu fais quand tu manges quelque chose que tu apprécies vraiment… ce sont les mêmes que…

- Que je fais quand j'ai ton sexe dans la bouche… ou quand tu es en moi. Je sais… et peut être que je le fais même un peu exprès.

Castiel sourit, amusé. Il était facile de plaisanter ainsi avec Dean. Facile de parler avec lui de tout et de rien. Il était également facile de rester en sa compagnie en silence. Car le jeune homme était le bon. Castiel n'avait aucun doute sur ce point.

Ils continuèrent de manger jusqu'à avoir fini les deux pizzas. Puis Castiel leur servit à chacun une part de tarte. Dean engloutit la sienne en un temps record alors que le jeune policier prenait le temps de l'apprécier. Quand il eut fini, il remarqua un léger morceau de fruit au coin des lèvres de son petit ami. Il le retira du bout de l'index avant de le faire glisser entre ses propres lèvres. Il gémit exagérément en l'avalant et fut amusé de voir Dean rougir. Lui aussi pouvait jouer à ce petit jeu.

Ce fut lorsque Dean insista pour reprendre une part que Castiel commença doucement à sentir que quelque chose clochait. Il avait étrangement chaud. Il pouvait sentir de la sueur commencer à perler à son front. Il ne portait pourtant qu'un t-shirt fin. Et la température n'était pas particulièrement élevée dans la pièce. Il remarqua que Dean était dans un état similaire. Il fut alors sûr, peut-être parce que son sixième sens entra en action, que c'était un signe à prendre très au sérieux. Il tenta de se lever du canapé mais son corps lui sembla trop lourd pour ses jambes et il retomba brutalement sur les fesses. Ça ne pouvait pas être due à l'unique bière qu'il avait bu. Il n'était définitivement pas ivre. Il en avait pourtant tous les symptômes.

- Cas, je ne me sens pas bien, souffla alors Dean qui semblait plus atteint que lui.

Le jeune policier sortit son téléphone de sa poche. Il devait absolument alerter Adam. Ils devaient faire venir un médecin. Quelque chose clochait.

Il savait, en composant le numéro du jeune agent, qu'il n'obtiendrait aucune réponse. Car il était convaincu à présent qu'il ne s'agissait pas d'une coïncidence. Il ne s'agissait pas d'une intoxication alimentaire. Quelqu'un avait mis quelque chose dans leur nourriture. On les avait drogués. Et cela ne pouvait venir que d'un seul homme.

Castiel devait agir rapidement. Comme il l'avait pressenti, il n'obtint aucune réponse d'Adam. Il garda son téléphone en main avant de réussir à se redresser. Dean, de son côté, vacillait et semblait avoir du mal à garder les yeux ouverts.

- On doit partir d'ici… on doit prévenir quelqu'un. Dean… j'ai besoin que tu te concentres et que tu me suives d'accord ?

Le jeune homme hocha la tête mais ne se leva pas. Castiel n'était même pas sûr qu'il en avait la force. Il l'attrapa donc par le bras et l'aida à se redresser. Il ne le lâcha pas et le conduisit un peu brutalement en direction de la porte d'entrée. Avec sa main libre, il composa le numéro de Gabriel sur son téléphone. Il n'eut pas le temps d'appuyer sur la touche d'appel. Il avait fait l'erreur de ne pas regarder devant lui. Et au détour d'un angle de mur, il se heurta à quelque chose qui ressemblait, dans son état, à un mur de brique. Il bascula en arrière, entrainait Dean avec lui et atterrit violemment sur les fesses. Il leva aussitôt les yeux et sentit un frisson parcourir tout son corps en voyant un homme qui se tenait debout devant eux. Un homme qu'il n'avait pas besoin d'avoir déjà pour le connaître. Il l'avait vu en photo.

- Je suis désolé d'interrompre votre petite soirée, lança le tueur en souriant. Mais Dean va devoir venir avec moi.

Castiel ne le laisserait pas faire. Il n'avait peut-être quasiment plus de force mais il comptait bien se battre malgré tout. Il ne laisserait pas ce monstre emmener Dean avec lui. Il était presque sûr qu'il ne le reverrait plus si c'était le cas.

- Je ne vous laisserais pas faire, assura-t-il.

Il avait la voix qui tremblait et ses forces l'abandonnaient. Mais il gardait les yeux rivés dans ceux du tueur. Il le défiait du regard à défaut de pouvoir le défier physiquement. Dans sa main, il tenait toujours son téléphone. Sans regarder les touches, il tenta d'appuyer sur celle qui lui permettrait de contacter Gabriel. Il espérait que son coéquipier entendrait la conversation et comprendrait aussitôt ce qu'il devait faire.

- Les types à l'entrée ont eux aussi essayé de m'en empêcher. Mais ils sont morts maintenant. Est-ce que c'est ce que tu veux toi aussi ? Tu as envie de mourir Castiel ? Parce que je n'hésiterais pas à te tuer si tu t'opposes à moi.

Castiel était tout à fait prêt à donner sa vie pour Dean. Mais il devait réfléchir. S'il se faisait tuer, ce monstre emmènerait ensuite son petit ami. Et personne ne serait là pour expliquer à Gabriel et aux autres ce qui venait de se passer. Il devait agir intelligemment. Tenter de gagner du temps. Prier pour que son appel ait fonctionné. Et essayer d'obtenir un maximum d'informations.

- Je pensais avoir à attendre bien plus longtemps pour vous trouver… je pensais devoir utiliser mon don pour y parvenir. Et vous avez commis une erreur… une impensable erreur que je n'aurais pas osé vous imaginer voir commettre. Car j'ai des yeux et des oreilles partout… vous auriez dû le savoir.

Castiel savait que tout était de sa faute. En voulant organiser une surprise pour Dean, il venait peut-être de les condamner tous les deux. Et se l'entendre dire par ce monstre ne l'aidait pas. Il sentait la culpabilité le ronger déjà de l'intérieur. Il doutait de pouvoir se le pardonner un jour.

- Si votre plan est de me tuer alors pourquoi m'emmener avec vous ? Pourquoi ne pas le faire ici et maintenant ? demanda Dean que Castiel sentait plus faible que lui encore.

Il fut énervé par ses questions pendant quelques secondes avant de réaliser ce que son petit ami tentait de faire en les posant. Lui aussi cherchait à gagner du temps. Lui aussi voulait faire parler le tueur pour obtenir des informations. Ils faisaient front ensemble. Et cela les rendait plus fort.

- Je compte effectivement te tuer Dean. Tu le sais… Castiel le sait et je le sais. Mais ce n'est pas la seule chose que j'ai envie de te faire. Tu dois payer pour avoir cherché à te mettre en travers de mon chemin. Tu dois payer pour t'être opposé ainsi à un soldat de Dieu. Tu dois payer pour tes péchés. Tu vas souffrir avant de mourir. Et les flammes de l'enfer qui t'attendent te sembleront bien douces à côté de ce que j'ai en tête pour toi.

Castiel sentit un nouveau frisson le parcourir. Il savait qu'il ne s'agissait pas là de menaces en l'air. De paroles exagérées pour faire peur à son petit ami. Ce monstre avait réellement l'intention de le torturer pendant des heures entières. Sans doute de le violer ensuite. Comme il l'avait fait avec ses autres victimes.

- Si je suis destiné à aller en enfer alors je vous y attendrais. Parce que je doute que votre place soit ailleurs espèce de monstre, s'écria Dean.

- Je suis un soldat de Dieu. J'agis sous Son ordre et je fais respecter Sa parole. Ma place est à ses côtés. Et quand je me présenterai devant Lui, je n'aurai pas peur de son jugement. Parce que je sens Sa présence à mes côtés depuis le début.

- Vous êtes malade ! répliqua Castiel qui ne voyait pas quoi dire d'autre.

Il n'entendait aucun son sortir de son téléphone. Il ne pouvait pas vérifier que son appel avait effectivement réussi. Il ne savait pas quoi faire ou quoi dire. Il se sentait totalement impuissant. Et le tueur devait le savoir lui aussi puisqu'il ne semblait pas avoir peur. Il se tenait droit et les toisait tous les deux avec aplomb.

- Je suis un pécheur et je le sais. Je ne m'en cache pas. Mais j'expie mes fautes à chaque fois que je rends Sa justice.

- Vous croyez vraiment à toutes les inepties qui sortent de votre bouche ? tenta Castiel toujours dans l'espoir de gagner du temps et de faire parler leur adversaire.

Le tueur hocha la tête, visiblement parfaitement sûr de lui. Il semblait évident que Castiel ne parviendrait pas à le raisonner. Il n'était pas utile de chercher à se montrer psychologue avec lui. Les cours que le jeune policier avait suivi à l'académie ne lui seraient d'aucune utilité. Il ne restait que deux options. L'attaquer frontalement ou entrer dans son jeu. Lui en demander plus pour faire mine de le comprendre et l'obliger à parler. Il était fier de ce qu'il avait accompli jusque là et il était évident qu'il avait envie d'en parler. Envie que tout le monde sache ce dont il était capable.

- Je ne vais pas vous mentir. Je ne suis pas sûr de comprendre ce qui vous motive ou comment les choses fonctionnent dans votre tête mais… peut-être que je serais plus à même de le comprendre et de vous comprendre si vous preniez le temps de me l'expliquer. Et qui sait… peut-être pourriez-vous sauver mon âme au passage ? lança Castiel en changeant de ton.

Le tueur éclata alors de rire et ce son glaça le sang de Castiel. C'était tellement différent de la manière dont Dean riait à ses plaisanteries. Avec tout son cœur. La joie illuminait alors son visage. On devinait sa sincérité et sa bonté dans son rire. Celui du monstre qu'il avait sous les yeux était glaçant. Il était cruel et moqueur.

- Sauver ton âme ? Castiel, rien ni personne ne pourrait sauver ton âme. Il est bien trop tard pour toi. Et même si je le pouvais, je ne le ferais pas. Je ne suis pas un sauveur. Je ne suis pas un rédempteur. Je suis celui qui punit. Je suis le soldat de Dieu. Son bras armé.

- Alors Dieu n'est finalement pas qu'amour et tolérance, répliqua Dean presque aussitôt.

- Il peut l'être. Il l'est même mais seulement avec ceux qui le méritent. Sa parole doit être suivie à la lettre. Elle doit être appliquée. Ceux qui désobéissent et se détournent de Lui sont condamnés. Et rien ne peut plus les sauver. C'est pour ça que tu iras en enfer Dean… pour ça que ton petit ami t'y rejoindra un jour.

Castiel avait clairement échoué à tenter d'obtenir de son adversaire un semblant de compassion. Il ne lui restait plus que l'attaque. Il avait toutefois peur de le braquer et de le pousser à faire quelque chose de grave. Il était sur le fil du rasoir. La moindre erreur lui coûterait cher. Il devait absolument prendre la bonne décision.

- Qu'est-ce que vous lui ferez si je vous laisse l'emmener ? Vous dites être là pour le punir mais… quel est le but d'une telle punition s'il n'a aucun espoir de pouvoir se racheter ? Pourquoi le faire souffrir s'il n'y a aucune chance pour lui d'accéder au Paradis après ça ? demanda-t-il.

Le tueur secoua la tête. Il semblait agacé par les questions de Castiel. Frustré qu'il ne comprenne pas ses intentions. Qu'il ne soit pas en mesure de saisir combien sa mission était importante et essentielle. Mais il finit tout de même par répondre.

- Je te l'ai déjà dit mais de toute évidence tu n'as pas envie de faire l'effort de comprendre. Ce que je fais… je ne le fais pas pour aider les pécheurs à se racheter. Je ne leur offre pas la rédemption parce qu'ils ne la méritent pas. Ils vivent dans le péché et ils en sont fiers. Il n'y a plus rien à faire pour eux. Je suis là pour rendre la justice. Je suis le peloton d'exécution. Je suis le bourreau. Je suis celui qui exécute les sentences divines. Et à tous ceux qui ont choisi de servir le diable… de vivre dans le péché et de l'assumer fièrement, la sentence est de souffrir avant de mourir. De subir mille tourments avant de rejoindre les flammes de l'enfer. Ton jugement a été rendu Dean. Et je suis venu pour l'exécuter.

Castiel sentit un frisson le parcourir à nouveau. Il avait de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts. Il perdait son combat contre la drogue qu'il avait ingéré. Il sentait ses forces l'abandonner. A ce rythme, il finirait par perdre connaissance. Il le sentait. Et le tueur pourrait alors partir tranquillement avec Dean. Castiel serait incapable de tenter quoi que ce soit. Il doutait de toute façon d'avoir la force de tenter quelque chose maintenant. Il n'était même pas sûr de pouvoir se relever.

- Tu ne devrais pas lutter Castiel. C'est un combat perdu d'avance. La drogue que je vous ai administré est un dérivé d'un somnifère puissant. Tu vas t'endormir. Et quand tu te réveilleras, je serais parti. Dean aussi. Tu ne peux rien contre moi.

- Je peux essayer, souffla le jeune policier.

- Tu n'as plus le temps. Et Dean ne te sera d'aucune utilité. Il a déjà perdu son combat lui.

Castiel tourna alors le visage vers son petit ami. Il s'était endormi. Il respirait et semblait calme et serein. Quand il rouvrirait les yeux, il serait enfermé et à la merci de ce monstre. Comme dans la prémonition qu'il avait eu quelques semaines plus tôt. Castiel lui avait promis de faire en sorte de l'empêcher de se réaliser. Il avait échoué. Il avait été incapable de le protéger. Incapable de le sauver. Il aurait probablement dû confier cette tâche à quelqu'un de meilleur que lui. Quelqu'un de plus intelligent. Il était toutefois trop tard pour revenir en arrière et procéder autrement. Car déjà, Castiel sentait ses yeux se fermer. Il tenta de lutter mais il n'en avait pas la force. Il sentait son corps devenir un peu plus lourd à chaque seconde qui passait. Il sentait le sommeil s'emparer de lui. C'était comme tomber dans un trou béant et sombre duquel il n'était pas sûr de ressortir un jour. Il finit par fermer les yeux et comme le tueur l'avait prédit, il perdit son combat.


Dean avait eu la naïveté d'oublier un instant que sa vie était en danger. Qu'elle le serait jusqu'à ce que le monstre qui le traquait soit enfin derrière les barreaux. Ou mieux encore… mort et enterré. Il avait oublié le temps de quelques heures qu'il n'avait pas le droit de baisser sa garde. De relâcher sa vigilance. De croire qu'il avait le droit d'être comme les autres pour une soirée.

Tout avait pourtant semblé parfait. Castiel lui avait réservé une surprise et la joie que le jeune homme avait alors ressenti avait chassé tout le reste. Il pensait alors que s'accorder ces quelques instants de bonheur pur n'aurait aucune incidence. Qu'ils étaient en sécurité. Que le tueur ne pourrait pas les retrouver. Que les agents du FBI qui veillaient sur eux sauraient l'en empêcher si toutefois il essayait. Il avait eu tort. Et il l'avait malheureusement compris trop tard.

Le début de la soirée avait été absolument parfait. Dean avait une chance incroyable et il en avait parfaitement conscience. Il avait trouvé l'homme idéal. Il aimait Castiel plus qu'il ne le pensait possible. Et il avait la chance d'être aimé en retour avec autant de force et de passion. Il se sentait privilégié. Il avait l'impression de flotter sur un petit nuage.

Castiel et lui avaient parlé et plaisanté comme si de rien n'était. Dean avait commencé à imaginer comment la soirée pourrait se terminer. Et chacun de ses plans était meilleur encore que le précédent. Il voulait passer des heures entières à discuter avec Castiel. Puis d'autres à faire l'amour avec lui. Jusqu'à ce que le soleil finisse par se lever pour annoncer un autre jour. Et qu'avec lui les soucis et l'inquiétudes reviennent.

Rien ne s'était évidemment passé comme prévu. Car après avoir entamé sa seconde part de tarte, il avait commencé à se sentir bizarre. Il avait rapidement compris que ce n'était pas normal. Castiel semblait dans un état similaire. Et Dean avait déjà pris des somnifères. Il avait déjà fait l'erreur d'en prendre une dose trop importante. Il reconnaissait les symptômes. Mais il n'eut pas le temps de l'expliquer à Castiel. Cela n'aurait sans doute servi à rien de toute façon.

Son petit ami tenta de le faire sortir. Il tenta de le trainer jusqu'à la porte. Mais Dean ne parvenait pas à avancer. Et quand Castiel heurta quelque chose, il tomba violemment avec lui en arrière.

Le tueur était là. Il les avait trouvés. Il les avait surpris au moment même où ils avaient eu la bêtise de baisser leur garde. Ce n'était pas vraiment de leur faute même si Castiel s'en voudrait probablement. Ils avaient joué de malchance. Et cela avait coûté la vie des deux hommes qui veillaient sur eux. Cela coûtera sans doute la vie de Dean aussi.

Les propos du tueur ne laissaient que peu d'espoir sur ce qu'il avait en tête pour lui. Il ne s'en cachait pas et il en semblait même plutôt fier. Il allait le torturer. Le violer également très certainement. Il allait le faire souffrir avant de le tuer. Mais si Dean ne voulait pas mourir, il était plus inquiet encore pour Castiel. Il était presque sûr que le tueur chercherait à l'éliminer parce qu'il représentait une menace. Dean devrait alors vivre les quelques heures ou quelques jours qui lui restaient avec cette idée en tête. La mort serait sans doute un soulagement après ça.

Mais une fois mort, il ne pourrait pas sauver ses proches. Il ne pourrait pas les protéger. Car ils seraient peut-être la prochaine cible du tueur. Dean pouvait le sentir.

Il tenta de lutter contre les effets du somnifère. Il tenta de faire parler son adversaire. Il tenta de gagner du temps. Mais il finit par ne plus avoir la force de résister. Et il sombra alors que Castiel continuait de parler. Le sommeil s'empara de lui sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit. Il ferma les yeux et perdit contact avec la réalité. Il pria pour que Castiel s'en sorte. C'était la seule idée qui l'accompagna dans le néant.

Quand il rouvrit les yeux, il était allongé sur le sol. Il avait un horrible mal de crâne et la bouche pâteuse. Il avait également une furieuse envie de vomir. Il choisit de ne pas bouger pour ne pas aggraver les nausées. Il cligna plusieurs fois des paupières en tentant d'analyser ce qui l'entourait. La pièce était sombre et il ne voyait pas grand-chose. Le sol était dur et froid sous son dos. Il tremblait. Ses mains étaient attachées au-dessus de sa tête. Sans doute à un crochet dans le mur. Ses pieds étaient libres mais il avait encore du mal à les bouger. Les effets du somnifère commençaient doucement à s'atténuer. Mais il lui faudrait probablement encore un peu de temps pour se sentir réellement mieux.

Il tendit l'oreille mais il n'y avait aucun bruit. Rien d'autre qu'un silence oppressant. Il pouvait toutefois entendre son cœur battre dans ses tympans. Son rythme était trop élevé. Il paniquait. Et il ne devait surtout pas céder à l'angoisse. Il était important qu'il reste aussi lucide que possible.

Il songea une seconde à Castiel. Il avait besoin de savoir si son petit ami était encore en vie. Besoin d'être au moins rassuré sur ce point. Il doutait toutefois d'obtenir des réponses du tueur.

Il pouvait le sentir dans la pièce non loin de lui. Il l'observait depuis un coin sombre où il se dissimulait. Dean était presque sûr qu'il était là depuis qu'il l'avait attaché. Attendant patiemment que sa prochaine victime se réveille pour commencer son « travail ». Dean hésita une seconde à faire semblant de dormir. Mais il était presque sûr que cela ne ferait que l'énerver et aggraver un peu plus les choses. Il devait lui faire face. Il refusait de mourir la tête basse.

- Je sais que vous êtes là, s'écria-t-il alors. Vous pouvez sortir de votre cachette. Je sens votre présence.

Il entendit des bruits de pas sur sa gauche et tourna la tête dans cette direction. Le tueur apparut alors dans son champ de vision. Malgré l'obscurité ambiante, Dean pouvait voir ses yeux. Et il détestait la joie qu'il pouvait lire en eux. Ce monstre avait gagné. Et il le savait. Il savourait ce moment.

- Je ne me cachais pas Dean. Je t'observais. Tu es un être étrangement fascinant. Est-ce qu'on te l'a déjà dit ?

Dean l'avait déjà entendu. Mais jamais avec autant de haine et de dégoût. Quand Castiel le lui avait dit, c'était avec amour.

- Est-ce qu'il est vivant ? demanda-t-il alors.

Il n'avait pas besoin de préciser de qui il parlait. Il savait que son adversaire le savait parfaitement.

- Pour le moment oui. Il a fini par s'endormir lui aussi.

- Pour le moment ? répéta Dean dont le cœur battait toujours aussi fort.

- Pour le moment, confirma le tueur sans la moindre hésitation.

Cela confirmait ce que Dean savait déjà. Il ne serait pas sa seule victime. Après lui, le tueur s'en prendrait à Castiel. Et probablement à tous ses proches. Il ne voulait pas seulement le punir lui. Il voulait l'effacer. Faire en sorte qu'il n'existe plus dans ce monde qui que ce soit qui le connaissait.

- Pourquoi vous en prendre à lui ? Je croyais que c'était moi que vous vouliez ?

Il connaissait probablement déjà la réponse mais il avait tout de même envie de l'entendre de la bouche du tueur. Il espérait qu'en apprendre plus sur lui l'aiderait à trouver comment lui parler. Comment l'atteindre pour peut être lui faire comprendre qu'il avait tort ? Il doutait d'avoir la moindre chance mais il n'avait pas d'autres options pour le moment.

- C'est toi oui… tu es celui que Dieu m'a demandé d'éliminer. Mais tu représentes tout ce qu'Il condamne Dean. Ton existence même est une insulte. Et je dois faire en sorte que tu disparaisses. Pas seulement toi… ton corps et ce qu'il reste de ton âme mais toute ton existence… ta présence dans l'esprit de ceux qui tu as réussi à séduire… de ceux qui ont fait le choix du Diable en t'aimant… ta famille, tes amis et sans doute également ton petit ami.

- Vous… vous n'avez rien fait de tel avec les autres ! rappela Dean qui ne comprenait pas ce qu'il pouvait avoir de spécial pour mériter un tel traitement.

Le tueur s'accroupit alors pour pouvoir être à sa hauteur. Il le dévisagea une seconde, son regard froid comme de la pierre avant de sourire. Il prenait un malin plaisir à parler. Il aimait sans doute dispenser ce qu'il considérait comme la « bonne parole » à tous ceux qu'il voyait comme des pécheurs.

- S'il peut exister dans ce monde un homme comme moi… un homme à qui Dieu s'adresse disons… un homme qui reçoit ses ordres et ses missions du Seigneur lui-même parce qu'il lui a dédiée sa vie entière… et si cet homme a reçu de Lui un pouvoir spécial, alors il existe nécessairement son exact opposé quelque part dans le monde. Un être aux multiples péchés qui possède le même don mais qui, de son côté, a choisi de servir le Malin. Cet homme c'est toi Dean. Et ce combat qui nous oppose… qui nous a opposé jusque-là, c'est aussi celui de deux entités qui sont en guerre depuis le début des temps. C'est un combat entre Dieu et le Diable. Je refuse que ce dernier puisse gagner. Alors je vais faire disparaître son serviteur de cette planète et je vais faire en sorte que personne ne puisse se souvenir de son existence. Que personne ne puisse plus jamais parler de lui. Parce que je ne veux pas faire de toi un martyre. Je veux que ce monde puisse continuer à avancer comme si tu n'avais tout simplement jamais existé.

C'était un discours complétement fou que Dean n'avait jamais imaginé entendre ailleurs que dans un film. Ou dans un hôpital psychiatrique. Cet homme se croyait réellement investi d'une mission divine. Et le jeune homme doutait de pouvoir le convaincre du contraire. C'était un médecin dont cet homme avait besoin. Et d'une camisole de force. Mais pour le moment, Dean n'avait aucune solution. Aucune option. S'il baissait les bras et se laissait faire, tous ses proches seraient ensuite tués. Il devait tenter de tenir bon. S'accrocher en priant pour que quelqu'un le trouve avant la fin. Peut-être pouvait-il essayer de contacter Castiel. Peut être parviendrait-il à se connecter à lui par la pensée malgré la distance. Il voulait croire que ce lien qui existait entre eux depuis le début avait un but. Qu'il était là justement parce qu'il devait l'utiliser dans de telles circonstances. Ça valait le coup d'essayer. Mais pas tout de suite. Il était encore fatigué et les effets du somnifère n'avait toujours pas entièrement disparus.

- Je n'ai jamais… je ne suis pas croyant vous savez. Je suis athée et je l'ai toujours été. Ma mère, elle, elle croyait que des anges veillaient sur nous et… je ne dis pas qu'elle avait tort mais elle est morte dans l'incendie de notre maison alors je me demande parfois ce que Dieu pouvait bien faire pendant ce temps-là. Je me demande pourquoi il a laissé une mère de famille innocente mourir alors que son plus jeune enfant n'avait que six mois. Vous parlez de lui comme d'un être bon mais… comment expliquez-vous qu'il laisse ce genre de choses arriver ?

Il était presque sûr que le tueur était intarissable quand il était question de religion. C'était très certainement son sujet favori. Et il espérait qu'en lui posant ce genre de questions, il le pousserait à parler plus longtemps. Qu'il pourrait ainsi retarder le début des tortures qui l'attendaient.

- Il nous met à l'épreuve pour tester notre foi et notre force. Nous avons tous dû affronter des difficultés et c'est justement dans ces moments-là qu'il ne faut surtout pas se détourner de Lui. Ceux qui restent forts dans leur croyance sont ceux qui pourront ensuite siéger à Ses côtés.

Dean était convaincu qu'il s'agissait de l'excuse que servaient tous les prêtres qui tentaient de ne pas perdre leur fidèle après un drame. Et il trouvait que cela ne tenait pas debout. Que ça n'avait aucun sens.

- Mais ne crois pas que je ne vois pas clairement ce que tu cherches à faire. Tu veux gagner du temps n'est-ce-pas ? Tu espères que je vais me lancer dans une explication qui te permettrait d'échapper à ta sentence pendant encore quelques temps. Tu te trompes. Je ne me laisserais pas distraire. Parce que je sais pourquoi je suis là et parce que ma mission est la seule chose qui compte à mes yeux. On va pouvoir commencer.

Dean secoua la tête et tenta de reculer sur le sol froid et humide. Il ne put pas aller bien loin puisqu'il était toujours attaché au mur derrière lui. Il se savait capable d'endurer physiquement les tortures que ce monstre était prêt à lui infliger. Mais il n'était pas sûr d'en avoir la force mentale et psychologique. Il avait peur que tout ceci le détruise et qu'il ne puisse plus jamais être le même après. Si toutefois il survivait bien sûr… ce qui n'était pas certain.

- Je n'ai pas honte de ce que j'ai fait ou de qui je suis. Et peu importe ce que vous direz ou ferez… vous ne me ferez pas changer d'avis. Vous ne m'entendrez jamais m'excuser. Je suis gay et je l'assume. J'aime les hommes ou plutôt non… j'aime un homme. Un homme extraordinaire qui représente tout pour moi et qui m'aime en retour. Un homme parfait en tout point qui me fait me sentir bien et qui me donne envie de bâtir quelque chose de vrai et de durable. Alors oui… peut-être qu'il a un pénis plutôt qu'un vagin mais je ne vois pas ce que ça change. Et oui… oui avant lui j'ai multiplié les aventures d'un soir. Je ne le regrette pas. Je n'en ai pas honte. J'aime le sexe. J'aime sentir un homme me pénétrer et me prendre avec passion. J'aime sentir le sexe d'un homme dans ma bouche. J'aime qu'on stimule ma prostate et j'aime qu'on passe des heures à me préparer avec la langue. Je suis…

Il aurait probablement pu continuer pendant des heures mais le tueur le fit taire en lui donnant une gifle qui enflamma aussitôt sa joue. Sa tête partir sur le côté et la douleur se répandit dans tout son visage. Il avait frappé fort. Il avait même réussi à ouvrir la lèvre supérieure du jeune homme. Il sentit le goût du sang dans sa bouche. Mais il se força à tourner la tête à nouveau et à regarder son adversaire droit dans les yeux.

- Vous pouvez penser de moi ce que vous voulez. Nous ne sommes pas si différents que ça. Vous aussi vous êtes gay. Vous aussi vous préférez les hommes. Et violer le corps de vos victimes vous rend coupable… aux yeux de la loi bien sûr mais aussi aux yeux de Dieu je suppose. Comment allez vous lui justifier tout ça ? Si l'homosexualité est une déviance et un péché alors que dire de vous ?

Il en avait assez de jouer les gentils. Assez de tenter de comprendre ce monstre qui refusait de toute façon de l'écouter. Il en avait assez de subir sans réagir. Il était peut-être en train d'aggraver sa situation. Mais au moins il faisait quelque chose. Il mettait le tueur face à des vérités qui lui feraient mal. Il le touchait et le blessait de la seule manière possible dans sa position. Et cela lui procurait un plaisir qu'il ne cherchait même pas à ignorer.

- Il me jugera très certainement pour mes péchés. Mais je continue à les racheter jour après jour… je continue à me battre contre cette déviance et cette tentation. Il m'arrive de chuter mais je me relève. Je sais qu'Il saura en tenir compte.

- Ou peut être qu'il se sert de vous et que le jour où vous serez face à lui, il se fera un malin plaisir de vous envoyer en enfer. Je vous y attendrais si c'est le cas… parce qu'on aura beaucoup de choses à se dire je pense.

La deuxième gifle fut tout aussi forte et Dean dut prendre quelques secondes pour se remettre. Sa joue lui faisait atrocement mal. Mais il savait que cette réaction était la preuve qu'il avait réussi à atteindre sa cible. Il avait réussi à lui faire mal. Il reporta à nouveau son attention sur son adversaire.

- Vous n'aimez pas m'entendre dire ce genre de choses ? Vous n'aimez pas que quelqu'un vous dise vos quatre vérités… c'est pour ça que vous fuyez les gens. Pour éviter la tentation bien sûr mais… aussi parce que vous savez que dans leurs regards vous vous verrez enfin comme vous êtes vraiment. Un homosexuel refoulé et malheureux qui n'a trouvé que la religion pour justifier ses crimes et toutes les horreurs dont il est capable… des horreurs qui l'excitent tellement qu'il est obligé de violer ses victimes ensuite. Et je sais que vous recommencerez avec moi. Je sais que vous êtes attiré par moi. Je peux le sentir.

- Tais-toi, cria alors le tueur qui élevait la voix pour la première fois.

- Non je ne vais pas me taire. J'ai moi aussi des choses à vous dire et je ne compte pas m'arrêter là. Il est grand temps pour vous que quelqu'un ose vous tenir tête. Que quelqu'un vous mette le nez dans toutes vos incohérences et vos absurdités !

Dean avait su qu'un tel pari était risqué dès qu'il avait décidé de confronter son adversaire sans craindre les répercussions. Il ne fut donc pas surpris quand il reçut un premier coup de point en plein visage. Puis un second au niveau de la tempe gauche. Il sentit son arcade sourcilière céder et le sang couler sur sa paupière. Il cligna de l'œil plusieurs fois mais garda les yeux rivés dans ceux du tueur. Il ne pourrait peut-être pas gagner face à lui. Il ne pouvait peut-être pas espérer une victoire finale dans ce combat. Mais il pouvait donner des coups. Il pouvait faire mal. Il pouvait se défendre jusqu'à la fin. Et c'était exactement ce qu'il comptait faire maintenant.

Le tueur l'attrapa par les cheveux et poussa violemment sa tête en arrière. Son crâne heurta le mur derrière lui et la douleur fut à nouveau violente. Dean n'entendit toutefois pas de craquement. Il aurait une belle bosse mais rien de dangereux pour sa santé.

- Si tu pensais obtenir de moi que je te tue plus rapidement en me provoquant de la sorte alors tu te trompes. Parce que la seule chose que tu vas obtenir en te comportant comme ça, c'est de me donner plus envie encore de te faire du mal. De t'entendre pleurer. De t'entendre crier et me supplier d'en finir. Parce que tu peux jouer les fiers et les forts Dean… tu finiras par faire comme tous les autres. Tu finiras par me supplier de te tuer parce que tu n'en pourras plus de la souffrance. Et je refuserai… je continuerai jusqu'à ce que tu ne sois plus capable de prononcer le moindre mot. Jusqu'à ce que tu n'aies plus aucune larme à verser.

Ce n'était pas vraiment un programme réjouissant. Mais le jeu en valait la chandelle et Dean ne regrettait pas son comportement. Il n'accepterait jamais d'être la victime. Il était un guerrier. Un combattant. Il faisait face. Et il se jura de ne surtout pas donner satisfaction à son adversaire. De ne pas céder. De ne pas le supplier. Il pleurerait sans doute. Il crierait très certainement. Mais il ne demanderait rien. Il se contenterait d'encaisser et de tenter de donner les quelques coups qu'il aurait la possibilité de donner de son côté. Même s'ils étaient trop rares pour être vraiment douloureux.

- Vous me sous-estimez… et c'est là votre plus grosse erreur… celle qui vous conduira à votre perte

- C'est ce qu'on verra Dean… nous le saurons assez vite.

Dean prit alors une grande inspiration et sans quitter son adversaire des yeux, il sourit. Pour prouver qu'il n'avait pas peur. Ou du moins pour faire comme si. Il commença également à tenter de contacter mentalement Castiel. Il n'avait pas une seconde à perdre. Il devait agir. Car il risquait de perdre connaissance si les tortures s'enchainaient et de perdre sa seule chance de survivre à cet enfer. Il voulait croire que son petit ami saurait l'entendre. Et qu'il volerait à son secours une fois de plus.