Bonjour,
Voici le chapitre 34 de cette histoire toujours corrigé par Marie donc mille merci à elle.
Castiel vole enfin au secours de Dean et c'était moins une. Alastair ne les ennuiera plus maintenant. Mais est-ce la fin des ennuis pour eux ? On verra.
Merci pour vos messages. Merci pour votre fidélité et tous vos compliments.
Bonne lecture et à la semaine prochaine
Sydney8201
Musique du chapitre :
Leave a light on de Tom Walker
Chapitre 34 : Sauvetage
« Quand le ciel veut sauver un homme, il lui donne l'affection pour le protéger. »
Lao-Tseu
Dean ne s'était fait aucune illusion. Il avait su à la seconde où il avait ouvert les yeux et où il s'était souvenu qu'il avait été enlevé, qu'il allait souffrir. Il avait su qu'il serait torturé. Il n'avait pas eu le moindre espoir quant à une changement soudain de son bourreau. Peu importait les mots. Peu importait ce qu'il dirait ou ferait. Alastair était déterminé à lui faire mal. Il voulait le punir pour ce qu'il était. Il voulait le détruire. L'effacer. Il se croyait investi d'une mission divine. Il ne lâcherait pas. Dean ne pouvait pas le contraindre à le libérer. Il ne pourrait jamais lui faire entendre raison. Il n'avait qu'une seule option. Tenir bon. Lui faire face la tête haute et ne surtout pas lui donner la satisfaction de craquer et de le supplier de le tuer. Il devait se battre et garder espoir. Il ne savait pas si Castiel avait réellement entendu son message. S'il avait réussi à lui transmettre l'adresse à laquelle il était détenu. Il ne pouvait pas être sûr que son petit ami allait voler à son secours. Mais il avait tout de même envie d'y croire. Et envie de se raccrocher à cet espoir pour tenir bon.
Si Castiel avait effectivement reçu le message, il serait là rapidement. Il ne perdrait pas de temps à se demander s'il avait halluciné ou non. Il prendrait tout ceci au sérieux. Il n'avait peut-être pas le même don que Dean mais lui aussi avait senti ce lien unique qui existait entre eux. Cette connexion qui s'était établie entre eux dès leur première rencontre. Il n'ignorerait pas ce message. S'il l'avait entendu, il était déjà probablement en route.
Dean saurait assez vite si cela avait fonctionné ou non. Mais il devait tenir bon jusque-là. Il devait se montrer fort. Se montrer solide. Il devait prouver à Alastair qu'il avait eu tort de le sous-estimer. Il devait encaisser les coups et ne pas flancher.
Son corps entier le faisait souffrir. C'était insupportable. Alastair avait rapidement arrêté de le frapper avec ses poings. Il l'avait fait au début mais cela ne semblait plus suffire. Sans doute parce que Dean ne lui donnait pas ce qu'il voulait. Qu'il ne criait pas. Qu'il ne pleurait pas.
Il l'avait coupé ici et là avec la pointe de son couteau. Mais cela n'avait rien changé. Dean continuait à tenir bon. Il le défiait du regard et restait silencieux. Il refusait de baisser les bras. Dans un coin de sa tête, il y avait la voix de Castiel qui lui demandait de tenir bon encore quelques minutes. Juste quelques minutes. Dean avait confiance en lui. Il allait venir. Il serait bientôt là.
Il manqua de craquer quand Alastair le déshabilla violemment. Pendant une seconde, il crut que son bourreau allait le violer. Il ne le faisait que rarement au début des tortures. Ce n'était en tout cas pas ainsi qu'il avait procéder avec ses autres victimes. Mais Dean y avait tout de même songé quand il s'était trouvé nu devant ce monstre.
Il avait été soulagé quand ce dernier ne l'avait pas fait. Il préférait de loin être battu que violé. Il fit en sorte de garder son calme malgré la peur et la panique qui l'avait gagné. Il observa Alastair saisir une sorte de fouet. Ce n'était pas comme ceux qu'on voyait dans les films d'aventure. Il était plus court et la lanière semblait plus épaisse. Le cuir était noir et menaçant. Dean savait qu'il était destiné à ouvrir sa peau. Pas seulement à provoquer des hématomes. Non. Alastair voulait le faire et le voir saigner. Il passait aux choses sérieuses.
Le premier coup manqua de lui arracher un cri. Il le ravala en se mordant la langue jusqu'à sentir le sang couler dans sa gorge. Le second fut tout aussi douloureux mais cette fois, il était prêt. Les trois suivants ne lui arrachèrent même pas un gémissement. Il savait que son dos saignait. Il le sentait. Et la douleur était cuisante. Elle se répandait jusqu'à ses talons. Il n'avait jamais cru qu'une telle souffrance soit possible. C'était pire que tout ce qu'il avait pu imaginer jusque-là.
Son silence agaçait Alastair. Il le comprit quand ses deux prochains coups furent plus violents encore. Dirigés dans le bas de son dos et sur ses fesses. Il n'y en eut plus ensuite.
Dean ferma les yeux une seconde et se força à respirer aussi calmement et profondément que possible. Castiel était en route. Il serait bientôt libre.
Alastair finit par réapparaître dans son champ de vision. Dean le défiait une nouvelle fois du regard.
- Tu es étonnant Dean. La résistance et la force dont tu fais preuve sont… tout simplement incroyables. Mais je ne devrais pas être surpris. Si Dieu me donne la force d'accomplir ma mission, alors sans doute que le Diable te donne la force d'accomplir la tienne. Tu es son soldat.
Dean ne put s'empêcher de ricaner en entendant cela. Il savait que se moquer ouvertement de son adversaire était sans doute une erreur. Il risquait de l'encourager à accélérer les tortures. Il risquait également de le pousser à bout et que le prochain coup soit fatal. Mais c'était plus fort que lui. Il était dans un état second. Il ne contrôlait plus vraiment ses réactions.
- Je ne suis le soldat de personne. Je n'ai reçu aucune mission. Je suis juste moi… et je suis fort. Parce que je refuse de te donner raison… de te faire ce plaisir. Tu as raison sur au moins un point… il s'agit effectivement d'un combat entre toi et moi… un combat à mort probablement. Et je compte bien en sortir victorieux.
- Victorieux ? Est-ce que tu y crois vraiment ou est-ce que tu dis ça juste pour m'agacer ?
- Je le crois. Je le sais. Je n'ai pas le moindre doute.
Alastair sembla agacé par sa réponse. Dean lui résistait. C'était un échec pour lui de ne pas avoir réussi à le briser. De ne pas avoir obtenu les réactions que les autres avaient eu à sa place. Il n'avait jamais fait face à une telle résistance et cela commençait à sérieusement le mettre en colère.
- Libre à toi de te faire des illusions… mais je vais très vite te prouver que tu te trompes.
Dean choisit de ne rien répondre. Il avait beau donner le change, il pouvait sentir ses forces l'abandonner doucement. Il ne pourrait pas tenir éternellement le coup. Il devait s'économiser. Il devait garder son énergie. Il se raccrocha donc à l'image de Castiel dans sa tête. A son sourire. A son rire. A toutes ces fois où il avait senti l'amour débordant que son petit ami avait pour lui. A ses gestes tendres. A son regard plein d'affection et de tendresse. Aux sensations incroyables qu'il ressentait quand ils faisaient l'amour. A l'avenir qu'ils avaient devant eux. Il refusait de croire qu'il faisait quoi que ce soit de mal en aimant un autre homme. En assumant ce qu'il était et ce qu'il voulait. Il était fier. Il ne se laisserait pas convaincre du contraire. L'amour qu'il avait pour Castiel et que Castiel avait pour lui en retour était ce qui le sauverait.
Alastair rit à son tour. Visiblement, cette fois, le silence de Dean l'amusait. Peut être pensait-il à tort qu'il avait réussi à le faire taire. Que c'étaient ses propos qui l'avaient plongé dans le mutisme. Mais Dean ne prit pas la peine de démentir. Il préférait garder ses forces.
Il reçut un nouveau coup de fouet, cette fois ci sur le torse. Il dut se mordre la langue à nouveau. Il pouvait en revanche voir le visage de son bourreau cette fois. Et le plaisir que la souffrance infligée au jeune homme lui procurait était horrible à voir. Totalement incompréhensible. Dean ne comprenait pas comment on pouvait ainsi se délecter de la douleur des autres. Comment on pouvait avoir autant de haine et de cruauté en soi. C'était quelque chose qui le dépassait complètement. Alastair avait beau croire qu'il agissait au nom de Dieu et uniquement parce qu'il était investi d'une mission, il se trompait. Il n'était rien de plus qu'un sadique. Un homme que la souffrance des autres amusait. Excitait sans doute aussi. C'était un malade. Il n'y avait aucun espoir de guérison. Aucun espoir de changement. Il ne s'arrêterait jamais.
Le deuxième coup cible ses jambes. Le cuir du fouet s'enfonça dans la peau de sa cuisse et il serra les dents. Tout son corps le cuisait à présent. Il était de plus en plus difficile de garder à l'esprit l'espoir d'une arrivée prochaine de Castiel. De plus en plus compliqué de contenir les cris et les pleurs. De garder les yeux ouverts. Le jeune homme aurait aimé pouvoir tenter d'établir une nouvelle connexion avec Castiel. Même si elle n'était que le fruit de son imagination. Il aurait aimé le sentir à travers leur lien. Mais il n'en avait plus la force. Et si toutefois Castiel était en route, il ne voulait surtout pas le distraire. Ou l'inquiéter en lui révélant l'état dans lequel il se trouvait.
Il eut quelques secondes de répit quand Alastair cessa de le frapper. Il fut soulagé quand il le vit lâcher le fouet. Il savait que ce n'était pas la fin de son calvaire mais ces quelques instants de calme lui permettaient de reprendre un peu de force.
- Quel gâchis Dean… quelle tristesse de voir un jeune homme comme toi… intelligent et séduisant… sans doute capable d'accomplir de grandes choses… ainsi condamné à souffrir et à mourir parce qu'il n'a pas été capable de faire les bons choix… pas été capable de suivre la bonne voie. Je ne sais pas si tu en as conscience et si tu commences à regretter la manière dont tu as choisi de mener ta vie… car ce sont ces choix qui t'ont conduits ici. Tu es le seul responsable et je trouve cela triste. Ce n'était pas le cas pour les autres. Ils étaient faibles et ils n'avaient rien à offrir à ce monde. Mais toi… si tu n'avais pas péché, tu aurais pu devenir quelqu'un.
Dean sourit malgré la douleur et le sang qui coulait dans sa bouche. Il sourit parce qu'il n'avait jamais rien entendu d'aussi stupide. D'aussi ridicule. Et parce que c'était la seule chose qu'il pouvait encore faire pour défier son bourreau. Pour lui tenir tête.
- Qu'est-ce qui te fait sourire ? demanda Alastair en le dévisageant, visiblement surpris par son attitude.
- Toi, répondit Dean sans hésiter. Juste toi.
- Tu me trouves drôle ?
- Pas drôle non… plutôt ridicule. Ce que tu dis… ce que tu fais… la manière dont tu cherches à te justifier… tes réactions… elles ne tiennent pas la route. Elles n'ont aucun sens. Et si tu n'étais pas complètement dingue, tu t'en rendrais sans doute compte par toi-même. Tu es malade. Sadique. Tu penses agir pour remplir une mission mais ce que tu fais… tu le fais avant tout pour toi-même. Parce que ça te procure du plaisir. Parce que ça t'excite. Tu aimes faire souffrir les autres.
Dean n'était pas sûr qu'il survivrait et il avait besoin qu'Alastair entendu tout ça. Besoin de le lui dire même si ça ne changerait sans doute pas grand-chose pour lui. Il se sentit un peu plus léger quand il l'eut dit.
- Je vais effacer ce sourire de ton visage. Fais moi confiance, murmura alors Alastair en approchant son visage de celui de Dean.
Ce dernier soutint son regard. C'était ici que leur combat se jouait. Ici qu'il pouvait encore gagner. Et il eut la sensation d'avoir remporté une victoire quand Alastair fut le premier à détourner les yeux. Même si c'était pour ramasser son couteau et venir ensuite l'appuyer contre la gorge de Dean. Il était peut être allé trop loin cette fois.
- Tu vas le regretter, ajouta son bourreau après quelques secondes.
Il retira heureusement le couteau de la gorge de Dean. Il l'entailla à la place sur le torse à deux reprises. Puis il fit glisser la pointe de son couteau jusqu'à son ventre avant de l'appuyer contre son sexe. Il espérait peut être obtenir une réponse de son corps en agissant de la sorte. Il espérait sans doute le voir réagir. Il aurait alors pu se moquer de lui. Cela l'aurait même aidé à justifier ses propres réactions. Celles qu'il ne pouvait pas contrôler et qui le poussait à violer ses victimes. Mais Dean ne réagit pas. Son sexe resta flaccide et non intéressé. Son sourire s'élargit sur son visage.
- Déçu ? souffla-t-il à bout de force.
Alastair secoua la tête avant de descendre son couteau sur ses cuisses qu'il entailla profondément. Dean serra les dents. La douleur était une nouvelle fois cuisante et difficile à supporter. Il avait envie de crier. Mais à la place, il lança son pied droit en avant, utilisant le peu d'énergie qui lui restait. Il fut satisfait quand son tibia frappa son adversaire à l'entrejambe, lui arrachant un cri de douleur et de surprise mêlés. C'était sans doute un geste idiot qui lui vaudrait une vengeance douloureuse. Mais c'était tout de même satisfaisant. Un victoire de plus pour lui.
- Tu vas me le payer, grogna Alastair qui avait laissé échapper son couteau sous l'effet du choc.
Il ne le ramassa pas et choisit à la place de frapper Dean avec ses poings. Les coups s'enchainèrent et le jeune homme eut la sensation qu'ils ne cesseraient jamais. Il crut entendre une de ses côtes craquer mais il ne s'attarda pas dessus. Ce n'était pas grand-chose. Ce n'était pas grave. Il respirait toujours. Il était encore en vie et tant qu'il se battrait pour ne pas perdre connaissance, il avait une chance de le rester. Les blessures étaient superficielles. Ou du moins c'était ce qu'il voulait penser.
Quand les coups cessèrent, Alastair et lui étaient à bout de souffle. Ils ne bougèrent pas pendant de longues secondes puis le tueur se redressa et après un dernier regard plein de dédain jeté au jeune homme, il le contourna pour se trouver dans son dos. Dean déglutit avec peine quand il sentit ses mains se poser sur ses fesses.
Peut être allait-il le violer maintenant. Peut être avait-il été trop excité par la pluie de coups qu'il lui avait donné pour se retenir plus longtemps. Elle était peut être là sa vengeance. La pire de toute. Dean aurait encore préféré qu'il continue à le frapper.
Il dut se retenir de crier quand Alastair serra ses fesses entre ses mains. Quand il les écarta avant de les relâcher. Il pouvait sentir son regard sur elles. Il savait parfaitement ce qu'il avait en tête à cet instant précis.
- Ne fais pas ça, souffla-t-il alors malgré lui.
Il s'était juré de ne pas supplier. De ne pas crier. De ne pas craquer. Mais la perspective de se faire violer était trop horrible pour se retenir plus longtemps. Il savait parfaitement que ses mots ne changeraient pas grand-chose. Il avait tout de même besoin d'essayer.
- C'est donc ça qui te terrifie le plus ? Tu n'as pas peur de mourir ou de souffrir mais tu as peur que je te viole ? Je ne comprends pas pourquoi Dean. Tu t'es offert à tous les hommes qui t'ont montré un semblant d'intérêt depuis ton adolescence. Tu as écarté les cuisses pour tous ceux qui le souhaitaient. Et tu fais le timide maintenant ? Je ne serais qu'un homme de plus pour toi non ? Juste un nom de plus sur ta liste ?
Dean sentit les larmes lui monter aux yeux. Il se fichait pas mal qu'on puisse penser de lui qu'il était un homme facile. Qu'il couchait avec trop d'hommes. Il assumait pleinement ce qu'il était. Et Alastair confondait tout. Il n'était plus question de sexe mais de viol. Dean avait choisi de coucher avec ces hommes. Aucun n'avait abusé de lui. Et c'était de toute façon du passé à présent. Il n'y avait plus que Castiel. Il n'y aurait plus que Castiel. Aucun autre homme ne pourrait prendre sa place. Mais Alastair ne pouvait sans doute pas comprendre. Tout ceci n'avait aucun sens dans son esprit malade.
- Tu peux penser ce que tu veux de moi mais là ce n'est pas pareil. Il n'est pas question de coucher avec un homme pour le plaisir. Il est question de viol. Tu le sais.
Alastair ne répondit rien. Il reposa ses mains sur les fesses de Dean et ce dernier tenta de se dégager. Chacun de ses mouvements était douloureux pour ses épaules. Mais à cet instant précis, il ne sentait plus la douleur. Il ne sentait plus rien. Son corps était comme anesthésié. Il n'avait plus qu'une seule idée en tête. Echapper à ce viol. Echapper au seul acte qui était susceptible de le briser pour de bon. Si Alastair abusait de lui, Dean ne serait plus jamais le même.
- Pourquoi n'aurais-je pas le droit d'utiliser ce que tu as pourtant donné si facilement jusque-là ? Tu devais savoir que cela finirait par arriver un jour Dean. Tu devrais même être surpris que cela ne soit pas arriver avant. Tu as joué avec le feu trop longtemps. Et tu as fini par te brûler.
Dean pouvait sentir les larmes couler sur ses joues à présent. Il ne pouvait plus rien faire pour les retenir. Il ne pouvait pas s'échapper. Et Castiel n'était pas là. Il n'avait probablement pas entendu son message. Le jeune homme était seul. Il allait se faire violer par ce monstre. Et il allait mourir. Il ne parvenait plus à croire à une meilleure issue. Il ne parvenait plus à garder espoir. C'était trop difficile.
Il entendit Alastair détacher la boucle de sa ceinture et son cœur se brisa dans sa poitrine. Il ne put s'empêcher de se demander, pendant un instant, s'il ne l'avait pas effectivement cherché. Si son attitude désinvolte vis-à-vis du sexe ne l'avait pas conduit ici et maintenant. Si tout n'était pas de sa faute. Castiel lui aurait sans doute dit l'inverse. Ses proches aussi. Mais il était difficile d'y croire quand on était sur le point de se faire violer.
Il aurait aimé pouvoir sortir de son corps. S'échapper de cet endroit et aller ailleurs. Quelque part où Alastair ne pourrait plus l'atteindre. Quelque part où il pourrait être avec Castiel jusqu'à la fin de ses jours. Même si ce n'était que dans sa tête. Il n'y parvenait toutefois pas.
Il ferma les yeux et adressa une prière silencieuse à n'importe qui. Il sentit un frisson lui parcourir le corps quand il entendit la ceinture d'Alastair tomber au sol.
Il ne dut son salut qu'à un bruit qui retentit à l'étage. Dean rouvrit les yeux presque aussitôt, surpris. Il sentit son bourreau se tendre derrière lui. Il l'avait entendu lui aussi. Ce n'était donc pas le fruit de son imagination.
Le bruit se reproduisit une deuxième fois. Il était plus fort que la première fois. Dean était presque sûr qu'on venait d'enfoncer la porte d'entrée au rez de chaussée. Et cela ne pouvait signifier qu'une seule chose. Les secours étaient là. Castiel l'avait entendu.
- Castiel ! s'écria t-il alors sans réfléchir.
Presque aussitôt, Alastair passa un bras autour de son cou, lui coupant la respiration. Il avait ramassé son couteau et l'appuya contre son flanc. Il ne cherchait pas à aller voir qui avait enfoncé sa porte. Il n'allait pas tenté de les combattre. Il allait les attendre ici et se servir de Dean pour les faire reculer. Il avait un otage et c'était sans doute son seul échappatoire.
- S'il entre ici, il signe ton arrêt de mort, jeta Alastair.
- Il te tuera avant que tu n'aies le temps de faire quoi que ce soit, répliqua Dean.
Il ne pouvait pas en être sûr mais il avait envie d'y croire. Castiel était là et l'espoir animait le jeune homme à nouveau. Il n'était plus seul. Ses forces revenaient par miracle.
- C'est ce qu'on verra, conclut Alastair sans bouger.
La pointe de son couteau reposait toujours contre le flanc de Dean. Il y avait des bruits de pas à l'étage. Dean se força à respirer calmement. Il devait absolument aider Castiel. Tenter d'échapper à son bourreau au moment où son petit ami entrerait dans la pièce. Il devait lui donner une ouverture. Il était convaincu que le jeune policier saurait la saisir. Il tuerait Alastair et ce cauchemar serait enfin terminé. Ils pourraient enfin reprendre leur vie là où ils l'avaient laissé. Ils pourraient oublier tout ça. Ouvrir un nouveau chapitre de leur histoire. Dean avait juste besoin d'offrir quelques secondes à Castiel. Il en était capable. Il en était convaincu.
Ce n'était pas la première fois que Castiel assistait à une telle intervention du SWAT. Ce n'était pas la première fois qu'il en était à l'origine et qu'il tenait le rôle d'inspecteur principal en charge de l'enquête. Il savait comment ce type d'intervention fonctionnait. Il savait parfaitement le rôle qu'il devait tenir. Il avait été formé pour être le plus performant possible et il était bon. Il n'en doutait pas.
Mais c'était la première fois qu'il était autant impliqué. La première fois qu'il pénètrerait en même temps que le SWAT. La première fois que la personne à sauver était un de ses proches. Pas seulement une victime que Castiel voulait absolument sauver. L'homme qu'il aimait. Celui sans qui son existence tout entière n'avait plus aucun sens. Cette intervention n'était définitivement pas comme les autres. Et Castiel espérait sincèrement pouvoir se montrer à la hauteur malgré les circonstances.
Gabriel gara la voiture à quelques rues de l'immeuble comme le voulait la procédure. Il resterait à l'intérieur pour ne pas entraver l'avancée de l'équipe du SWAT. Castiel savait que son coéquipier aurait préféré les accompagner. Il tenait lui aussi beaucoup à Dean. Mais le jeune policier allait enfreindre les règles et il refusait de laisser son ami en faire de même.
- Colle lui une balle dans la tête de ma part… et dis à Dean de ne plus jamais nous faire une telle frayeur d'accord ? lança Gabriel alors que Castiel vérifiait le chargeur de son arme.
Ce dernier hocha la tête pour lui signifier qu'il l'avait entendu. Il était trop stressé pour parler. Il était presque sûr que sa voix trahirait son angoisse. Il préférait ne rien dire même si Gabriel devait sentir qu'il n'allait pas bien.
Il ajusta son gilet par balle une dernière fois avant de prendre une grande inspiration et de sortir de la voiture. Il avança rapidement jusqu'au véhicule du SWAT puis attendit que tous les agents en soient sortis. Il s'approcha du chef pour recevoir ses instructions.
- On enfonce la porte. On avance en file. Johnson devant derrière le bouclier. Novak juste derrière. Les autres vous connaissez vos postes. Deux équipes. Une pour le rez-de-chaussée et une pour le sous-sol. On tire sur tout ce qui bouge. L'endroit pourrait être piégé donc soyez vigilent. Allez.
Castiel suivit le dénommé Johnson puis se plaça derrière lui. Il posa une main sur son épaule alors que l'agent derrière lui en posa une sur la sienne. Cela permettait de ne pas perdre le contact avec ses coéquipiers même si l'endroit était sombre.
Castiel retint son souffle alors que deux agents de la deuxième équipe enfonçaient la porte. Il dut s'y reprendre à deux fois mais elle finit par céder.
Le bruit avait dû être entendu jusqu'au sous-sol. Ils devaient agir vite. Alastair pouvait paniquer et tuer Dean. Castiel pouvait sentir un compte à rebours s'enclencher dans sa tête. Il suivit Johnson jusqu'à une porte qui conduisait au sous-sol. Autour de lui, il entendait les autres agents crier que les pièces étaient vides. Ce n'était pas une surprise. Alastair agissait seul et il devait se trouver au sous-sol avec Dean.
Ils descendirent les escaliers deux à deux. Castiel sentait son cœur battre jusqu'à de sa gorge et dans ses oreilles. Il était terrifié. Il ne savait pas ce qu'ils trouveraient de l'autre côté de la porte devant laquelle ils s'étaient immobilisés. La seule du sous-sol. Dean devait forcément se trouver derrière.
Johnson lui fit alors signe de reculer par-dessus son épaule. Castiel hocha la tête puis vérifia une dernière fois son arme. Il regarda ensuite l'agent du SWAT enfoncer la porte. Il pénétra ensuite en premier dans la pièce. Ce qu'il vit alors lui glaça le sang. Dean était bien là. Il était attaché à un crochet au plafond par les poignets. Il était entièrement nu. Il avait le corps couvert de sang et de marques. Il y avait un fouet à ses pieds. De larges coupures couvraient son torse. Alastair se tenait derrière lui, un couteau appuyer contre son flanc. Castiel s'immobilisa aussitôt. Il voyait Dean respirer et son petit ami le regardait. Il était conscient. Il était en vie. Maintenant, le jeune policier devait trouver le moyen de le sauver.
- Lâchez le. C'est fini, jeta t-il à l'intention d'Alastair.
- Faites sortir vos amis et on pourra discuter, répliqua ce dernier.
Castiel se tourna vers les agents du SWAT et leur fit un signe de la tête. Ils sortirent les uns après les autres à contre cœur. Le jeune policier reporta alors son attention sur Alastair.
- On est seul maintenant. Laissez Dean partir et on pourra discuter vous et moi.
Il savait qu'il y avait peu de chance qu'Alastair l'écoute mais il devait tout de même tenter sa chance. Il ne fut toutefois pas surpris quand le tueur secoua la tête en pressant un peu plus fortement la pointe de son couteau contre le flanc de Dean.
- Vous savez que je ne le ferai pas. Tout comme je sais que je ne sortirai pas d'ici vivant. Ce n'est de toute façon pas ce que je souhaite. Je savais depuis le début que je devrais donner ma vie pour Lui. Je suis prêt à mourir. Je n'ai pas peur de la mort. Mais avant de partir, je dois accomplir cette dernière tâche… cette dernière mission. Ce sera mon chef d'œuvre. Ce pour quoi on se souviendra de moi.
Il était évident qu'Alastair ne comptait pas laisser Dean en vie. Il ne chercherait pas non plus à négocier pour sa vie. Il était prêt à mourir. Il n'avait pas peur. Il était inutile de tenter de le raisonner. Castiel ne pouvait toutefois pas tenter de l'abattre tant qu'il se trouvait derrière Dean. Il était bon tireur mais il risquait de blesser son petit ami. Il refusait de courir ce risque.
- Vous avez raison sur ce point… les gens se souviendront de vous. Mais certainement pas comme vous l'espérez. Dans l'esprit de tous, vous resterez le monstre qui a tué des innocents… le malade qu'ils sont soulagés de savoir mort. Vous ne serez pas un héros ou un martyre. C'est ce que vous voulez ?
Alastair rit alors en faisant remonter la pointe de son couteau jusqu'au cou de Dean. Il appuya cette fois la lame contre sa gorge. Il lui suffisait d'une seconde pour la trancher. Pour tuer le jeune homme. Castiel se sentait totalement impuissant et cela le rendait fou de rage. Il parvint toutefois à garder le contrôle.
- Je me fiche qu'ils puissent me voir comme un monstre. Les vrais croyants sauront que je suis celui qui servait Dieu. Eux me verront tel que je suis. Un héros. Un soldat. Et quand je mourrai, je m'assiérai à la droite de Dieu pendant que Dean subira les pires tourments en enfer.
Castiel secoua la tête en faisant un pas en direction d'Alastair.
- J'ai grandi dans un famille croyante… une famille catholique qui ne manque jamais la messe du dimanche. Ce sont ce que vous appelez de vrais croyants. Et jamais ils ne cautionneraient ce que vous faites. Jamais ils ne vous verraient autrement que comme un meurtrier. Ils ne chanteront pas vos louanges. Ils ne prieront pas pour votre âme. Ils viendront cracher sur votre tombe. Et ils vous souhaiteront de pourrir en enfer.
La colère se lut aussitôt sur le visage d'Alastair. Il ne semblait pas avoir remarqué que Castiel avait avancé vers lui. Il semblait distrait. Le jeune policier y vit une ouverture. Il fit un pas de plus. Le tueur ne dit rien pendant de longues secondes. Il serrait le couteau dans sa main avec une telle force que les jointures de ses doigts étaient blanches. Il l'appuya contre la gorge de Dean et un mince filet de sang coula d'une entaille. Castiel pouvait sentir le temps lui échapper. Il devait agir maintenant. Il devait faire quelque chose. Mais il ne savait pas quoi. Il ne savait pas comment procéder pour faire courir le moins de risques possible à son petit ami.
- En tuant Dean, vous ferez de lui le seul martyr dans cette histoire. Les gens le pleureront et se souviendront de lui. Ils prendront son parti. Ils seront de son côté… pas du vôtre… jamais du vôtre. Ce serait contre-productif. Ce n'est pas ce que vous voulez.
- Fermez-la ! cria Alastair.
- Non, je ne vais pas me taire. Je ne peux peut être pas vous empêcher de faire ce que voulez faire mais je peux au moins vous dire ce qu'il en ressortira. Quelles en seront les conséquences. Vous avez besoin de les entendre.
Il jeta un petit coup d'œil à Dean. Le jeune homme suivait la conversation avec attention. Il semblait lui aussi à l'affut de la moindre ouverture. Castiel savait qu'il pouvait compter sur lui si toutefois il décidait d'agir. Mais il était également évident qu'il était à bout de force. Il avait du souffrir le martyr depuis son enlèvement. Son corps était couvert de marque. Il saignait. Son nez semblait cassé. Ses lèvres étaient entaillées. Ses pommettes déjà bleues. Il luttait pourtant de toutes ses forces. Il était exceptionnel et Castiel ne manquerait pas de le lui dire encore et encore quand tout serait terminé.
- Vous pensez sérieusement pouvoir me faire changer d'avis en me disant tout ça ? Comment pouvez-vous penser une seule seconde que je vous crois ? Que je vous prends au sérieux ? Vous auriez pu être à sa place vous savez ! J'aurais pu vous choisir. Vous n'êtes pas très différent de lui en fin de compte.
- Alors prenez moi à sa place ! Faites de moi votre chef d'œuvre et laissez Dean partir !
- Castiel non ! s'écria alors Dean.
Le jeune policier était parfaitement prêt à donner sa vie si cela pouvait sauver celle du jeune homme. Il se fichait de mourir du moment qu'il était sûr que Dean vivait. C'était sans doute égoïste de sa part. Mais il était tout de même convaincu que c'était la meilleure solution. Son petit ami avait tant à offrir à ce monde. Son don pourrait sauver des vies. Castiel n'était rien de plus qu'un policier parmi tant d'autres. Il n'avait pas la même importance. Et si sa mort ferait sans doute souffrir Dean, il finirait par s'en remettre. Il était bien plus fort que Castiel.
- Ce n'est pas vous qu'Il a choisi. Je reconnais la noblesse de votre geste mais ça ne fonctionne pas comme ça. Je ne fais que suivre Ses ordres et vous n'êtes pas sur Sa liste.
Castiel jeta un nouveau coup d'œil à Dean. Il semblait furieux. Mais il était totalement alerte. C'était le moment ou jamais. Ils devaient tenter leur chance. Ils n'en auraient probablement pas une autre. Il se concentra et tenta de lui faire passer un message sans parler et sans bouger. Il ne savait pas si la connexion pouvait fonctionner dans les deux sens. Il l'espérait. Il n'avait pas d'autre option.
Il imagina très fort ce qu'il souhaitait que Dean fasse. Un pas sur le côté, rapide. Un coup de coude en arrière pour faire reculer Alastair. Castiel aurait alors une ouverture. Il lui suffirait d'une balle. D'une seule. Il ne raterait pas son coup.
Il le pensa pendant de longues secondes sans quitter Dean des yeux. Il eut l'étrange sensation que quelque chose s'échappait de sa poitrine et fonçait en direction de son petit ami. Il ne vit pas le même lien dorée que la dernière fois. Mais il voulait croire que cela avait fonctionné.
Dean cligna des yeux puis, après quelques secondes, il lui adressa un rapide clin d'œil. Castiel plaça son doigt sur la détente de son arme. Il prit une grande inspiration par le nez puis il reporta son attention sur Alastair.
Dean l'interpréta visiblement comme un signal. Il balança son coude en arrière heurtant Alastair dans les côtes puis il fit un pas de côté. Son adversaire sembla surpris et poussa un petit cri. Le couteau érafla le cou de Dean mais ne l'entailla pas profondément. Castiel eut alors le champ dégagé. Il leva son arme rapidement et appuya sur la détente. Le coup partit et frappa Alastair en pleine poitrine. Il tomba en arrière alors que Castiel se précipitait en direction de son petit ami. Il l'aida à se remettre droit puis baissa les yeux sur Alastair. Il n'était pas mort. Mais la balle l'avait visiblement touché au niveau du cœur. Il ne survivrait pas.
- Cas, souffla Dean.
Le jeune policier lui sourit avant de s'accroupir à hauteur d'Alastair. Il fouilla dans ses poches et en ressortit les clefs des menottes de son petit ami. Il appuya ensuite le canon de son arme contre son front.
- J'ai gagné, lâcha-t-il.
- Allez-y… tirez. Je sais que vous en mourrez d'envie. Je n'ai pas peur.
- Je devrais tirer oui. Je devrais débarrasser le monde de vous.
Castiel était tout à fait prêt à le faire. Il savait qu'aucun agent du SWAT qu'il pouvait sentir dans son dos ne le dénoncerait. Il pouvait s'imaginer lui collant une balle dans la tête. Il en tirerait sans doute une certaine satisfaction.
- Laisse-le souffrir. Il ne mérite pas mieux, jeta alors Dean.
Castiel releva la tête dans sa direction. Il se redressa aussitôt et détacha les menottes de son petit ami. Il dut le soutenir en passant un bras autour de sa taille pour qu'il ne tombe pas. Il pouvait sentir le sang séché dans son dos. Il tenta de lui faire le moins mal possible.
- Novak ? Est-ce que tout va bien ? demanda alors Johnson depuis l'encadrement de la porte.
- Tout va bien oui. Est-ce que vous pouvez m'apporter des vêtements ?
Johnson ne répondit rien mais quitta la pièce immédiatement, sans doute en quête de vêtements. Dean avança péniblement jusqu'à Alastair qui était encore conscient. Il le dévisagea longuement avant de lui cracher dessus. Castiel pouvait le sentir trembler. Il était épuisé. Mais il était en vie. C'était la seule chose qui comptait.
- Bon voyage en enfer enfoiré ! lança t-il.
- Si c'est là que je vais alors je t'y attendrai. Et on règlera nos comptes là-bas, répliqua Alastair.
Dean ne répondit rien. Il laissa Castiel l'entraîner à l'extérieur de la pièce alors que d'autres agents du SWAT y entraient. Ils montèrent les escaliers doucement. Le jeune homme était faible et semblait souffrir atrocement. Castiel aurait aimé pouvoir lui passer des vêtements avant de l'exposer au regard des agents présents. Pas parce qu'il était jaloux. Mais parce qu'il savait que Dean se sentait plus vulnérable encore ainsi et qu'il détestait ça. Il refusait toutefois de le laisser plus longtemps dans la pièce où il avait été torturé pendant des heures entières. Il le conduisit jusqu'à un canapé défoncé qui se trouvait contre un mur. Puis il retira sa veste et le couvrit avec. Dean tremblait toujours. Mais il souriait.
- C'est fini, murmura t-il alors.
- C'est fini, confirma Castiel.
Il avait encore un peu de mal à y croire lui-même. Il lui faudrait sans doute plusieurs jours pour réellement assimiler l'idée. Mais leur cauchemar avait enfin pris fin. Ils allaient pouvoir penser à eux maintenant. Ils allaient pouvoir vivre pleinement leur amour sans avoir à craindre quoi que ce soit. Alastair était mort. Il ne pouvait plus rien contre eux.
- Je n'étais pas sûr que tu m'aies entendu. Je ne savais pas si j'avais halluciné ce drôle de lien doré qui s'échappait de moi. Je… j'avais peur de l'avoir rêvé. Mais tu es là. C'est… un vrai miracle. Tu m'as sauvé la vie.
Castiel avait peut être appuyé sur la détente mais il n'estimait pas être le seul qu'on devait féliciter. Si Dean n'avait pas réussi à lui envoyer l'adresse, il n'aurait jamais pu trouvé cet endroit. Et le jeune homme serait probablement mort. Il s'était en grande partie sauvé la vie lui-même. Il devait l'entendre.
- Sans toi, rien n'aurait été possible. Tu es incroyable Dean. Tu es… je ne suis même pas sûr d'avoir les mots pour te décrire. Ce que tu as accompli… personne n'aurait pu le faire et certainement pas dans ces circonstances. Tu as tenu bon. Tu as su me contacter. Me faire confiance pour te retrouver. Tu as trouvé la force de nous dire où tu étais. C'est toi qui as accompli ce miracle Dean.
- Mais tu m'as écouté. Tu étais sceptique avant de me rencontrer mais tu n'as pas douté une seconde. Je… tu m'as retrouvé Cas.
- Je te retrouverai toujours Dean… toujours. Et je ne douterai jamais de toi.
Dean hocha la tête alors que des larmes roulaient sur ses joues. Ce n'était pas de la tristesse. C'était de la joie. Et aussi de la fatigue. Dans son dos, Castiel pouvait entendre Johnson parler avec les secours. Ils étaient déjà probablement en route. Mais il préférait rester concentré sur Dean que d'en demander la confirmation. Quelques secondes plus tard, le chef d'équipe s'approcha d'eux pour leur donner des vêtements.
- Alors c'est lui l'homme que vous aimez ? demanda t-il en souriant.
Castiel hocha aussitôt la tête. L'homme se tourna alors vers Dean.
- Vous êtes drôlement fort… et courageux. C'est grâce à vous que nous avons pu l'arrêter. J'espère que vous en avez conscience. Et je tenais d'ailleurs à vous remercier pour ce que vous avez fait mais… je le ferai quand vous serez reposé et confortablement installé dans un lit d'hôpital.
Dean semblait un peu surpris par ce qu'il entendait. Castiel, lui, ne l'était pas. Le jeune homme n'en avait peut-être pas conscience mais il était un héros. Et pas seulement à ses yeux. Il l'était aux yeux de tous ceux qui avaient de près ou de loin participé à l'enquête.
Le chef tendit à Castiel des vêtements avant de s'éloigner sans rien ajouter. Castiel aida Dean à enfiler le pantalon. Il eut mal au cœur quand son petit ami gémit doucement. Il semblait ne pas vouloir faire trop de bruit. Pour ne pas que les autres sachent combien il souffrait. Ou pour ne pas alerter Castiel peut-être. C'était difficile à dire. Mais il était évident que la douleur était grande. Le jeune policier renonça à lui passer le t-shirt. Sans savoir l'étendue de ses blessures au dos, il était plus sage de le laissa torse nu. Il était déjà couvert par la veste de Castiel.
- Je ne sais pas ce que tu lui as dit pour qu'il vienne me voir et qu'il…
- On en parlera plus tard Dean. Je te donnerai tous les détails, je te promets.
Dean hocha la tête et n'insista pas. Il sembla songeur une seconde puis, après avoir visiblement un peu hésité, il reprit finalement la parole.
- Il ne m'a pas touché tu sais… il… enfin, il m'a frappé avec ses poings et avec un fouet. Il m'a entaillé avec un couteau mais il ne m'a pas… il ne m'a pas violé. Il était sur le point de le faire quand vous êtes arrivés. Il n'en a pas eu le temps.
C'était presque comme si Dean avait peur que Castiel puisse s'énerver et douter de lui. Il était bien évidemment soulagé qu'Alastair n'ait pas eu le temps de violer son petit ami. Mais il ne lui en aurait jamais tenu rigueur si cela avait été le cas. Dean, de son côté, semblait penser que cela aurait tout changé entre eux. Ils allaient devoir aborder ce sujet aussi quand le jeune homme irait mieux.
- Je te crois Dean. J'aurais toutefois voulu arriver plus vite… j'aurais aimé que tu n'aies pas à subir ce que tu as subi.
- Ce n'est pas grave Cas… juste des blessures superficielles. Ca aurait pu être bien pire. Ne t'excuse pas.
Castiel savait qu'il continuerait probablement à se sentir coupable pendant encore quelques semaines ou quelques mois. Mais il ferait en sorte d'écouter Dean et de le croire quand il lui dirait qu'il ne lui en voulait pas.
- Je t'aime Dean. J'ai eu tellement peur de te perdre.
- Mais tu ne m'as pas perdu. Je suis là et je ne compte pas aller où que ce soit sans toi. Je t'aime aussi tu sais.
Castiel déposa un rapide baiser sur ses lèvres en prenant soin de ne surtout pas appliquer de pression. Il colla ensuite son front contre celui de son petit ami et ferma les yeux. Tout le reste disparut aussitôt. Il n'y avait plus personne d'autre que Dean. Jusqu'à l'arrivée des secours, il ne voulait se concentrer que sur son petit ami. Il crut entendre au loin quelqu'un dire qu'Alastair était enfin mort. Il n'y prêta pas attention. Dean, lui, était en vie. Et aux yeux de Castiel, à cet instant précis, il n'y avait rien d'autre qui comptait. Le monde pouvait s'effondrer autour d'eux. Il ne s'en serait sans doute même pas rendu compte. Il était avec l'homme qu'il aimait. Il se fichait de tout le reste.
