Bonjour,

Voici le chapitre 35 de cette histoire corrigé par la merveilleuse Marie. Merci à elle.

Nos deux héros prennent un nouveau départ maintenant qu'ils sont débarassés de leur ennemi principal. Mais rien n'est gagné pour eux car il se peut qu'une nouvelle menace pèse sur eux.

Je pars en vacances mercredi. Je ne pourrais donc pas poster avant mon retour le 19. Mais j'essaierais de poster le 20.

En attendant, merci pour votre fidélité et vos messages qui me donnent la motivation pour continuer.

Bonne lecture et à bientôt

Sydney8201

Musique du chapitre :

Skinny love de Birdy

Chapitre 35 : Nouveau départ

« La vie est une aspiration vers l'avenir. »

Pierre Leroux

Castiel n'avait jamais connu pareille angoisse. Pareille inquiétude. Pareille frustration de ne rien pouvoir faire de plus. Il était assis sur une petite chaise en plastique à côté du lit de Dean et il ne pouvait qu'être là pour lui en attendant qu'il se réveille. Il se sentait impuissant et inutile. Il détestait ça.

Les secours avaient pris Dean en charge dès leur arrivée. Les blessures du jeune homme étaient sérieuses mais aucune ne mettait sa vie en danger. Il allait vivre. Il allait survivre physiquement à cette épreuve. Mais personne ne pouvait lui dire ce qu'il en serait de son état psychologique. Dean avait été torturé et était passé à deux doigts de se faire violer. Il avait été moqué et humilié. Il avait longtemps cru qu'il allait mourir. Il était évident que cette expérience laisserait des traces. Il aurait sans doute besoin d'aide extérieur pour surmonter cette épreuve. Castiel avait peur de ne pas savoir comment le soulager. Comment l'accompagner sur ce nouveau chemin. Il avait peur de ne pas retrouver le Dean qu'il connaissait à son réveil. L'homme qu'il aimait.

Dean était fort. Il était courageux. Il avait déjà surmonté des épreuves par le passé. Mais celle qui venait de vivre était différente. Plus destructrice. Plus personnelle. Et plus compliquée à surmonter et à mettre ensuite de côté pour avancer.

Une fois à l'hôpital, le jeune homme avait été pris en charge par les médecins. Castiel n'avait pas pu l'accompagner pendant qu'on le soignait. Il avait dû attendre en salle d'attente avec Gabriel. Il était attendu au commissariat pour faire son rapport mais il refusait de quitter l'hôpital. Il refusait de faire quoi que ce soit tant qu'il n'aurait pas pu parler à Dean à nouveau. Tant qu'il ne se serait pas assuré qu'il allait bien. Il se fichait qu'on puisse le sanctionner pour ça. Ou lui mettre un blâme. Dean était sa seule priorité pour le moment.

Il n'aurait pas su dire combien de temps il attendit mais cela lui parut durer une éternité. Le médecin vint finalement le chercher. Il lui assura que Dean allait se remettre. Certaines de ses blessures avaient nécessité des points de suture. Il avait de sérieux hématomes un peu partout sur le corps. Il avait perdu du sang mais rien de critique. Il était affaibli mais vivant. Il ne garderait aucune séquelle physique. Mais il aurait besoin de temps pour se remettre complètement. Il allait devoir se reposer.

Le jeune homme avait reçu différentes injections pour éviter une infection et pour gérer sa douleur. Il était endormi pour le moment. Mais Castiel pouvait aller le voir. Il pouvait attendre dans sa chambre qu'il finisse par se réveiller.

Gabriel sembla au moins aussi soulagé que lui par la nouvelle. Après avoir fait jurer à Castiel qu'il passerait le bonjour de sa part à Dean, il quitta l'hôpital pour gérer l'après. Il devait faire en sorte de retarder la venue de la police pour l'interrogatoire du jeune homme. Etablir un pré-rapport pour éviter à Castiel d'avoir à le faire. Et probablement répondre aux centaines de questions de leur hiérarchie. Il le ferait autant que possible seul pour permettre à Castiel d'avoir un peu de temps pour Dean.

Le jeune policier comptait bien en profiter. Et si toutefois cela ne suffisait pas, il exigerait qu'on lui en laisse plus. Il n'abandonnerait pas son petit ami dans cette chambre d'hôpital sans être totalement sûr qu'il avait la force de rester seul. Il resterait jusqu'à ce que Dean lui demande de partir ou l'autorise à le faire. Et pas seulement parce qu'il ne voulait surtout pas être un poids pour lui. Castiel attendrait d'être sûr que son petit ami soit réellement prêt. Pas avant.

Mais pour le moment, le jeune homme dormait. Il avait le visage détendu bien que couvert d'hématomes et de coupures. Il semblait serein. Il ne cauchemardait pas. Il se reposait enfin. Sans doute pour la première fois depuis le début de cette histoire. Castiel était là pour y veiller.

Il aurait tellement aimé pouvoir faire plus. Il aurait aimé pouvoir guérir ses blessures d'un coup de baguette magique. Il aurait effacé les horribles souvenirs qu'il aurait toute sa vie des tortures reçues. Il aurait aimé revenir en arrière de quelques jours et éviter que son petit ami se fasse enlever. Dean était en vie oui. Ils auraient enfin une chance de poursuivre leur histoire sans frein et sans qu'une menace permanente pèse sur eux. Mais il avait vécu l'enfer et Castiel n'avait rien pu faire pour l'en empêcher. Il se sentait coupable. Peu importait ce que Dean lui avait dit – et ce qu'il lui dirait à nouveau sans doute – cela ne changeait rien. Castiel n'avait pas été là pour le protéger au moment où il en avait le plus besoin. Et cela pèserait toujours sur lui. Il le garderait constamment dans un coin de sa tête.

Une nouvelle fois, il perdit la notion du temps. Gabriel lui envoyait des messages pour le tenir informer de ce qui se passait au commissariat. De toute évidence, il avait réussi à calmer tout le monde et lui obtenir du temps. Le jeune policier était soulagé de l'apprendre.

La famille de Dean avait été mise au courant. Elle serait probablement bientôt là. Mais Gabriel avait une nouvelle fois obtenu d'eux qu'ils accordent à Castiel un peu de temps pour qu'il soit le premier que Dean verrait en se réveillant. Tous avaient accepté sans trop hésiter. Le jeune policier savait que cette requête était égoïste. Mais il en avait besoin. Il espérait que Dean ne le lui reprocherait pas plus tard.

Il s'était peut-être écoulé une heure ou dix quand Castiel sentit enfin les doigts de Dean bouger légèrement entre les siens. Il commençait à se réveiller. Le jeune policier se redressa sur sa chaise et posa ses yeux sur le visage de son petit ami. Il grimaça une seconde puis, doucement, ses yeux s'ouvrirent. Castiel se leva en un bond sans lâcher sa main pour que Dean puisse le voir immédiatement. Il était rassuré de voir qu'il ne semblait pas avoir peur. Il ne semblait pas souffrir non plus. Mais il était évident qu'il n'était pas trop sûr de l'endroit où il se trouvait. Castiel s'empressa donc de le lui expliquer.

- Dean, mon amour, tout va bien. Tu es à l'hôpital. Tu as été conduit ici par les secours. Les médecins ont soigné tes blessures et tu vas bien. Tu dois essayer de ne pas trop bouger d'accord ? Si tu as besoin de quelque chose, je suis là. Tu n'as qu'à me demander.

- Cas ? souffla alors Dean.

- Oui c'est moi mon cœur.

Il avait le cœur qui battait vite et fort dans sa poitrine. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer son petit ami se mettant brusquement à lui hurler dessus. Lui reprochant d'être arrivé trop tard. De ne pas avoir su le protéger comme il le lui avait pourtant promis à de multiples reprises.

- Est-ce que j'ai dormi longtemps ? demanda Dean.

- Je n'en ai aucune idée. J'ai perdu la notion du temps mais… quelques heures probablement. Tu en avais besoin.

- Je… je n'ai rien de grave alors ? Je… je vais bien ?

- Tu vas bien oui. Tes blessures ne mettent pas ta vie en danger.

- Tu m'as sauvé la vie.

Castiel sentit les larmes lui monter aux yeux. C'était du Dean tout craché. Il ne songeait pas une seule seconde à faire le moindre reproche à Castiel. Il n'envisageait pas de lui dire qu'il aurait dû empêcher tout ça. Qu'il n'avait pas tenu sa promesse. Il continuait à voir Castiel comme le héros de cette histoire. Mais il se trompait. C'était lui le héros. Lui qui avait permis qu'Alastair soit tué.

- Je n'aurais rien pu faire sans toi. Tu nous as donné l'adresse. Tu as su gagner du temps. Tu as tenu bon. Tu as résisté. Tu as gagné. Et maintenant, il est mort. Il ne pourra plus jamais te faire du mal.

Dean hocha la tête. Il tourna ensuite le visage vers Castiel et plongea son regard dans le sien. Ses yeux étaient d'un vert incroyablement clair dans la lueur des néons. Castiel eut alors la sensation de retomber amoureux de lui une seconde fois. Il y avait quelque chose d'indescriptible dans son regard. Quelque chose qui le touchait au plus profond de lui-même. Une flamme qui brillait là et que rien ni personne – pas même Alastair et sa cruauté – ne pourrait éteindre. Dean était fort. Il était admirable.

- Merci d'être resté avec moi jusqu'à ce que je me réveille. Je… j'avais besoin de voir ton visage en premier. J'avais besoin… que tu sois là. Mais si tu dois partir, je pourrais… commença alors Dean.

- Je n'ai pas l'intention de partir. Je me fiche qu'on puisse m'attendre ailleurs. Je veux rester avec toi et personne ne pourra m'en empêcher… pas même toi. Tu vas devoir me supporter encore un moment.

- Bizarrement, je n'y vois aucun inconvénient.

- Parfait alors.

Dean sourit avant de grimacer à nouveau. La coupure sur sa lèvre supérieure devait être douloureuse. Castiel aurait vraiment aimé pouvoir le soulager. Il aurait aimé avoir ce pouvoir. Mais il allait devoir accepter son impuissance.

- Est-ce que les médecins t'ont dit combien de temps je devrai rester ici ? Parce que j'ai très envie de retrouver mon appartement et mon lit… avec toi dedans bien sûr de préférence… et pas seulement pour dormir si tu vois ce que je veux dire.

Castiel secoua la tête, amusé. Il avait eu peur de ne pas retrouver « son » Dean à son réveil. Il avait eu peur que son petit ami soit différent. Mais il l'avait clairement sous-estimé. Car Dean restait Dean malgré tout. Il avait toujours le même sens de l'humour. Toujours la même facilité à lui arracher un sourire. Il ne se faisait bien sûr aucune illusion. Il savait que ce qu'il avait vécu laisserait des traces. Il ferait des cauchemars. Il y repenserait encore et encore. Mais il était bien plus fort que ça. Plus fort qu'Alastair. Plus fort que tous les gens que Castiel avait rencontré dans sa vie. Il allait surmonter cette épreuve comme il avait surmonté toutes les autres jusque-là.

- Je vois toujours ce que tu veux dire quand il est question de ça mais… je doute que tu aies le feu vert des médecins pour une quelconque activité un tant soit peu physique avant quelques jours. Quant à ta sortie, je suis désolé mais je n'ai pas demandé. Je peux aller trouver un médecin et lui poser la question si tu veux.

Et quitter cette chambre en me laissant seul ? Hors de question. Je leur demanderai plus tard. Quant au repos qu'ils vont m'imposer, je ne pense pas qu'il soit incompatible avec ce que j'ai en tête te concernant. Je peux parfaitement rester parfaitement immobile pendant que tu me procureras orgasme sur orgasme. Je pense l'avoir bien mérité non ?

- Tu l'as effectivement bien mérité mais seulement quand tu en seras physiquement capable d'accord ?

Dean grimaça mais finit par hocher la tête. Il ne semblait pas vraiment enthousiaste à l'idée d'être patient. Ce n'était clairement pas l'une de ses nombreuses qualités. Mais Castiel veillerait à ce qu'il suive les consignes du médecin. Il refusait de précipiter les choses. Ils avaient toute leur vie devant eux après tout. Ils avaient le temps.

- Est-ce que tu crois qu'il a souffert ? Alastair je veux dire… je… je ne me souviens pas de tout. Je sais qu'il est mort mais… est-ce que tu crois qu'il a souffert ?

Castiel fut surpris par la question de son petit ami. Il ne s'était clairement pas attendu à ce qu'il se soucie de ce détail. Il n'était d'ailleurs pas sûr de ce que Dean souhaitait entendre. Mais il n'avait toutefois pas l'intention de lui mentir. Ils s'étaient promis de toujours être honnêtes l'un envers l'autre. Il n'allait pas manquer à cette promesse après avoir manqué à celle de le protéger.

- Je pense qu'il a souffert oui. Je ne suis pas médecin mais… la balle avait touché ses poumons. Il s'est noyé dans son propre sang et c'est extrêmement douloureux.

- Je ne suis pas… ce n'est pas quelque chose que je souhaite aux autres tu sais… pas même à mes ennemis mais… je ne sais pas comment l'expliquer… cette fois, je suis content de l'entendre. Je pense qu'il le méritait.

Castiel n'était pas un partisan de la peine de mort. Il n'était pas non plus du genre à appliquer l'adage « œil pour œil, dent pour dent ». Il croyait en la justice. Il préférait envoyer les criminels en prison. Il n'aimait pas l'idée qu'on puisse les exécuter parce qu'il voulait croire qu'il était important de ne surtout pas céder à l'envie de vengeance. C'était toutefois facile de le dire et de le répéter tant que cela ne nous concernait pas directement. Quand il avait été question de Dean et de ce qu'Alastair lui faisait subir, il avait revu sa copie. Lui aussi était content de savoir que ce monstre avait souffert. Même s'il n'en était pas très fier.

- Pas tant pour ce qu'il m'a fait subir à moi… je m'en sors plutôt bien et je sais que j'ai eu de la chance mais… pour tout ce qu'il a fait subir à tous les autres… à ceux qui n'avaient personne pour les sauver… à ceux qu'il a tués et violés et… ils étaient innocents Cas… ils étaient seuls et il… il leur a fait tellement de mal. Il méritait de souffrir à son tour. Il méritait de mourir.

Castiel hocha la tête parce qu'il était du même avis que Dean sur ce point. Bien sûr, le simple fait qu'Alastair ait fait du mal à l'homme qu'il aimait justifiait pour lui qu'il ait souffert et qu'il soit mort. Mais il n'était pas étonné que Dean pense avant tout aux autres. Il le faisait toujours. C'était aussi pour ça qu'il avait besoin d'être entouré de gens qui veillaient sur lui. Il semblait incapable de le faire seul.

- Je comprends ce que tu ressens et… même si je n'en suis pas vraiment fier, je ressens la même chose. Je suis soulagé de le savoir mort. Ce n'est pas quelque chose que j'aurais souhaité avant… je l'aurais tenu à l'arrêter vivant et je l'aurais fait traduire devant la justice. J'aurais tenu à le regarder dans les yeux au moment de sa sentence et à lui dire que la justice des hommes était finalement meilleure que cette pseudo justice divine qu'il croyait rendre. Mais quand j'ai reçu ton message… j'étais déterminé à le tuer. J'ai prévenu Gabriel et le chef de l'équipe du SWAT. Il était inenvisageable qu'Alastair en sorte vivant. Pas parce que je pensais que c'était ce qu'il y a de plus juste après ce qu'il a fait… mais parce que je ne pouvais pas concevoir qu'il continue à constituer une menace pour toi. Il aurait continué à entrer dans ta tête… à peupler tes cauchemars… à empoisonner ta vie. Je le refusais. Et je suis content qu'il soit mort… content qu'il ait souffert aussi parce qu'il t'a fait du mal… parce qu'il a osé faire souffrir l'homme que j'aime. Tu es tout aussi innocent que ses autres victimes Dean. Tu as eu de la chance oui, mais il méritait de payer aussi pour ce qu'il t'a fait à toi.

Dean sourit à Castiel avant d'hocher la tête. Il semblait accepter les propos de son petit ami.

Et il ne le jugeait pas bien sûr. Lui aussi voulait voir Alastair mort avant même qu'il ne l'ait enlevé. Parce qu'il était conscient que le cauchemar continuerait même quand il serait en prison. Il lui suffirait d'entrer dans la tête de Dean pour lui imposer un autre genre de torture. Et le jeune homme ne pourrait pas y échapper. Castiel savait depuis qu'ils avaient compris qu'Alastair avait lui aussi un don que Dean ne pourrait pas continuer à vivre normalement tant que leur adversaire serait en vie. Il ne pourrait jamais passer à autre chose.

- J'ai encore un peu de mal à réaliser que tout est fini tu sais… je m'attends à ce qu'Alastair jaillisse dans ma tête et me crie que j'ai eu tort de croire que j'avais gagné. Il… il n'arrêtait pas de me dire qu'il… qu'il avait gagné… que je ne pouvais plus rien faire contre lui… que c'était terminé. Il voulait m'entendre crier… le supplier… il voulait me faire souffrir. Et… en quelques secondes… en un seul coup de feu… tout s'est terminé. C'est difficile d'y croire vraiment après avoir passé des heures avec lui à l'entendre dire et répéter que personne ne pouvait l'arrêter.

Castiel voulait en savoir plus sur ce que ce monstre avait infligé à son petit ami. Il avait des tonnes de questions. Mais il n'était pas sûr que le moment soit opportun. Dean venait tout juste de se réveiller. Il avait probablement besoin de quelques jours voir de quelques semaines pour enfin s'ouvrir à lui. Sans doute même de l'aide d'un professionnel. Castiel avait toutefois envie de lui faire savoir qu'il était là pour lui. Qu'il pouvait lui parler s'il en avait envie.

- Tu peux m'en parler si tu en as besoin. Je sais que tu ne dis rien uniquement parce que tu penses que ça me fera de la peine et tu as raison de le penser. La simple idée que ce monstre ait pu te faire souffrir… qu'il ait pu te toucher me rend fou. Mais je veux t'aider Dean. Parler devrait te soulager. Je suis sûr que c'est ce que tous les médecins te diront. Nous sommes un couple… nous sommes deux dans cette histoire. J'ai vu tes blessures. J'ai écouté le médecin m'en parler. Tu n'as pas à me protéger parce que je sais déjà beaucoup de choses. En revanche, si tu en as besoin, je suis là pour t'écouter. C'est comme ça que je veux que notre couple fonctionne. Je veux qu'on partage les bons et les mauvais moments. Je veux qu'on se dise tout. Je veux qu'on soit là l'un pour l'autre. Tu n'es plus seul Dean. Alors… si tu en as besoin, parle-moi. Et si tu penses que c'est trop tôt, ne dis rien. Mais fais-le pour toi. Pas pour moi. Il n'est pas question de moi cette fois.

Castiel espérait sincèrement que son petit ami comprendrait ce qu'il cherchait à lui dire. Qu'il accepterait de parler s'il en avait besoin. Qu'il ne chercherait pas à le préserver parce qu'il pensait – à tort – que c'était ce que dont Castiel avait besoin. Bien sûr, entendre ce qu'Alastair lui avait fait serait probablement atrocement douloureux. Cela renforcerait un peu plus encore la culpabilité qui le rongeait déjà de l'intérieur. Mais c'était nécessaire. C'était une étape importante. Le premier pas dans leur nouvelle vie. Une première étape à franchir. Ils allaient être très heureux ensemble. Castiel n'en doutait pas une seconde. Mais il y aurait des moments difficiles. Parce que le jeune policier avait une profession compliquée qui l'exposait au malheur d'innocents. Et parce que Dean avait un don qui le forçait à vivre les souffrances de ceux qu'il devait aider. Ils auraient alors besoin d'être là l'un pour l'autre. Castiel se sentait tout à fait à la hauteur. Il espérait que Dean l'était aussi.

- Je… je sais que tu es là pour moi. Je n'en ai jamais douté. Et je sais que tu veux m'aider. J'ai juste… toute ma vie, j'ai pensé aux autres avant de penser à moi. Pas parce qu'ils ne voulaient pas m'aider. Mais parce que je croyais que c'était mon devoir. Que je n'avais pas le droit d'être égoïste. Et maintenant que je t'ai toi… je comprends doucement que j'ai peut-être eu tort de tout garder pour moi. Que c'est en refusant de me confier que j'ai été le plus égoïste finalement. Je veux changer. Je ne suis juste pas sûr de savoir comment m'y prendre.

- Commence par me dire ce que tu ressens… ce que tu as ressenti… tout ce que tu as sur le cœur et que tu te sens prêt à me dire. C'est aussi simple que ça en fin de compte.

Dean hocha la tête puis après quelques secondes, prit une grande inspiration. Il expira lentement par le nez. Castiel pouvait sentir le combat qu'il menait contre tout ce qu'il avait cru jusque-là. Ce n'était pas simple pour lui. Et le jeune policier était tout à fait prêt à lui laisser tout le temps nécessaire pour comprendre qu'il pouvait lâcher prise. Que Castiel serait là pour le rattraper à chaque fois.


Dean se souvenait d'être sorti du sous-sol et d'avoir laissé Castiel le guider jusqu'à un vieux canapé. Il se souvenait de la douleur cuisante qu'il ressentait dans tout son corps. Il se souvenait du coup de feu. Des gémissements d'Alastair. Il se souvenait aussi d'avoir demandé à Castiel de le laisser souffrir. Il le méritait. Puis le jeune homme croyait se souvenir d'un autre homme. Un policier qui avait apporté des vêtements et qui lui avait parlé quelques minutes. Il n'était plus vraiment sûr du reste ensuite. La tension était retombée et son corps lâchait. Son esprit semblait avoir compris que le combat était terminé et qu'il pouvait enfin se reposer. Il n'avait plus aucune raison de se battre. Castiel était là et il avait confiance en son petit ami pour s'occuper de lui.

Il ne perdit pas connaissance mais il n'était plus vraiment là. D'autres personnes arrivèrent. Il les entendit parler. Il y avait également la voix de Castiel. Dean l'entendait mieux que les autres Et même s'il ne comprenait pas ce que son petit ami disait, il aimait savoir qu'il était là. Qu'il n'allait pas le laisser seul. Il se laissa donc faire et ne chercha plus à garder le contrôle.

Il finit par succomber à la fatigue. Il s'endormit ou perdit connaissance. Il n'aurait pas su le dire.

Il ne fit pas le moindre rêve. Pas le moindre cauchemar. Il sentit qu'on le manipulait au début mais rapidement, il n'y eut plus rien d'autre que le néant.

Et avec lui les doutes arrivèrent. Il voulait croire qu'Alastair était bel et bien mort mais il ne pouvait s'empêcher de se demander s'il n'avait pas rêvé. S'il n'avait pas fini par perdre connaissance sous les coups de son bourreau. S'il n'était pas mort. S'il n'avait pas imaginé l'arrivée de Castiel. La mort d'Alastair.

Quand il rouvrit les yeux, il eut besoin de quelques secondes pour comprendre ce qui lui arrivait. Il aurait probablement paniqué s'il n'avait pas aussitôt entendu la voix de Castiel. Il était là. Il lui assurait que tout allait bien. Qu'Alastair était mort. Qu'il était à l'hôpital et que tout était terminé.

Dean avait envie de pleurer tant il était soulagé. Mais il se força à rester calme. Castiel n'avait peut-être pas subi les mêmes tortures que lui mais il avait souffert aussi. Craquer devant lui lui ferait de la peine et Dean tenait absolument à le protéger. Ils parlèrent quelques minutes de la mort de leur adversaire. De ce qu'ils ressentaient tous les deux. De ce qui les attendait maintenant que ce cauchemar était terminé. Castiel ne semblait pas pressé de partir. Il était là et il allait le rester. Dean savait qu'il avait de la chance de pouvoir compter sur lui.

Il aurait voulu avoir le pouvoir d'accélérer le temps. De passer les quelques prochains jours en accéléré pour enfin pouvoir se retrouver chez lui avec l'homme qu'il aimait. Mais il savait plus ou moins ce qui l'attendait et il ne pourrait pas y réchapper. L'hôpital. Les médecins. Les psychologues qui l'encourageraient à parler. La police qui souhaiterait l'interroger. Il pourrait heureusement compter sur Castiel pour l'accompagner à chacune de ces étapes. C'était un immense soulagement.

Il ne fut donc pas vraiment surpris quand son petit ami lui demanda de lui parler de ce qu'il avait vécu. De se confier à lui. Ce n'était pas quelque chose que le jeune homme aurait fait de lui-même. Pas parce qu'il en avait honte ou qu'il n'était pas prêt. Mais parce qu'il pensait que Castiel n'avait pas besoin d'entendre toutes ces horreurs. Il n'aimait pas l'idée de lui faire de la peine en lui confiant ce qu'il avait subi. Il était également convaincu que son petit ami se sentait déjà coupable de ne pas être arrivé plus tôt. De ne pas avoir pu empêcher Alastair de l'emmener. Il se sentirait sans doute plus coupable encore après avoir tout entendu.

Dean avait toujours cru qu'il était de son devoir de préserver ceux qu'il aimait. Qu'il était sur cette Terre avant tout pour s'assurer que ceux qu'il aimait soient heureux. Qu'ils n'aient pas à se soucier de quoi que ce soit. Il l'avait fait pour son frère dès son plus jeune âge. Et il ne voyait pas cela comme un sacrifice. Bien au contraire. Il aimait se sentir utile.

Il était toutefois évident que ce n'était pas ce que Castiel attendait de lui. Il voulait lui aussi veiller sur le jeune homme. Il voulait l'aider. Le soutenir. Il voulait qu'ils fassent face aux problèmes ensemble. Parce qu'ils étaient évidemment plus forts à deux. Dean avait envie de lui donner ce qu'il attendait. Il avait envie de faire cet effort pour l'homme qu'il aimait. Il n'était toutefois pas complètement sûr de savoir comment s'y prendre. Il choisit donc de suivre le conseil de Castiel et de se contenter de parler. De ne pas se poser plus de questions inutiles et de se laisser aller.

- Il ne voulait pas seulement me tuer ou me faire souffrir… il voulait me faire disparaître. Il pensait… parce qu'on avait le même don et qu'il se croyait investi d'une mission divine, il pensait que j'étais son parfait opposé… son adversaire ultime. Celui que le Diable avait envoyé pour le combattre. Et il ne voulait surtout pas faire de moi un martyre. Alors il avait besoin qu'on ne puisse plus se souvenir de moi. Qu'on oublie mon existence. Il voulait que je disparaisse. Il était tout à fait prêt à tuer tous les gens que j'aime pour y parvenir. Après moi, il s'en serait pris à vous. E je crois que d'une certaine manière, c'était ce qui me faisait le plus peur. C'est parce que j'étais terrifié à l'idée qu'il vous fasse du mal que j'ai réussi à tenir bon aussi longtemps.

Castiel ne réagit pas à ce qu'il entendait. Il se contenta de porter la main de Dean à ses lèvres et de déposer un rapide baiser dessus. Le jeune homme lui sourit. Ce simple contact lui donna la force de poursuivre.

- Il voulait m'entendre le supplier tu sais… il voulait que je le supplie de me tuer. Parce qu'il était convaincu qu'en me détruisant, il me vaincrait pour de bon. Et j'étais déterminé à ne surtout pas lui faire ce plaisir. Je n'ai pas pleuré. Je n'ai pas crié. Je n'ai rien dit. Je l'ai regardé dans les yeux à chaque fois que je le pouvais et je lui ai dit tout ce que je pensais de lui. Parce qu'il était évident qu'il était excité par ce qu'il faisait. Il n'y avait aucune mission divine. Aucun ordre reçu de Dieu ou de je ne sais quelle puissance supérieure. C'était juste un malade qui aimait faire du mal aux autres. Un malade qui prenait du plaisir physique à faire souffrir ses victimes. Je le lui ai dit même s'il refusait de l'entendre.

Castiel grimaça une seconde. Dean hésita alors à poursuivre mais il pouvait sentir que parler lui faisait du bien. Cela le soulageait d'un poids. Castiel avait raison. Il en avait besoin. Et il était peut-être temps pour lui de penser à lui avant de penser aux autres. Il avait peut-être mérité de se montrer un peu égoïste pour une fois.

- Mais je pouvais sentir son excitation… je pouvais sentir combien chaque coup… chaque nouvel hématome et chaque nouvelle coupure lui procurait du plaisir… il aimait ce qu'il faisait. Et peut-être que c'était ce qui le mettait tant en colère. Il aurait aimé pouvoir rester stoïque… rester calme et ne pas être affecté par ce qu'il faisait. Mais c'était un sadique Cas… un vrai sadique. Il ne se serait jamais arrêté. Il n'aurait jamais changé. Il devait mourir.

Dean savait bien que ces propos ressemblaient à une tentative de justification. Qu'il donnait l'impression d'essayer de justifier son envie de voir Alastair mourir. Mais il s'en contrefichait. Il savait qu'il avait raison sur chacun de ces points. Parce qu'il avait lu dans l'esprit d'Alastair.

- Je ne sais pas si la douleur qu'il m'a infligée a aidé mais… au début, je ne parvenais pas à me raccrocher à l'espoir que tu viendrais me chercher… je ne parvenais pas à réfléchir… à penser clairement… à te voir dans ma tête. Et puis… c'est comme si j'avais passé un nouveau cap… comme si la douleur m'avait aidé à… évoluer… à passer outre ce que je subissais pour m'ouvrir une nouvelle porte. Et derrière elle, il y avait Alastair… non, ce n'est pas totalement vrai… derrière elle, il y avait Franck Carter… un enfant battu et abusé… un enfant humilié et élevé dans le déni de ce qu'il était et dans le dégoût de ce qu'il aimait. Un enfant qui a fini par penser qu'il devait faire souffrir les autres… qui a fini par se réfugier dans la religion pour effacer ce qu'il avait été et devenir quelqu'un d'autre. Il a changé de nom. Il a coupé les ponts avec son passé. Et il est devenu le monstre qui tuait des innocents. J'aurais pu avoir de la peine pour le petit Franck… j'en ai même eu d'une certaine manière… mais pas pour Alastair. Ce n'était plus la même personne. Le monstre à l'intérieur de lui avait fini par effacer l'enfant terrifié qu'on enfermait dans la cave en le privant de nourriture. J'ai tout vu Cas… un peu comme dans un film. J'ai vu l'histoire de sa vie et j'ai obtenu l'adresse à laquelle on se trouvait. Ensuite, j'ai fait en sorte de le pousser à bout pour qu'il quitte la pièce et j'ai pu te contacter. C'est comme ça que j'ai réussi à te faire passer cette information.

Castiel semblait impressionné. Dean ne pensait pas avoir accompli quoi que ce soit d'extraordinaire. Tout était grâce à son don. N'importe qui à sa place aurait pu faire la même chose avec le même pouvoir. Il ne se sentait pas incroyable. Juste chanceux. Et peut-être était-il destiné à croiser la route d'Alastair justement parce qu'il était le seul à pouvoir le vaincre. Pas parce qu'il était unique ou plus fort que les autres. Mais parce qu'il avait un don. Il ne l'avait pas demandé. Il ne l'avait pas souhaité et souvent, il lui était arrivé de le regretter. Mais il était finalement content d'avoir été celui sur qui cela était tombé.

- Ce qu'il m'a fait subir je pourrais te donner les détails… et je le ferai peut-être avec le temps. Je te parlerai des coups de poings… des coups de pied… du couteau qu'il a utilisé pour me faire ces entailles et je te parlerai même peut-être de ce que j'ai ressenti quand il m'a… quand il m'a fouetté mais… je ne suis pas sûr que cela ait un intérêt. Parce qu'il est mort… parce qu'on a gagné. On ne l'a pas laissé triompher et faire d'autres victimes. Il me voyait comme son chef d'œuvre… comme son ultime bataille et il l'a perdue. C'est la seule chose qui compte vraiment à mes yeux aujourd'hui. Pour le moment, c'est la seule chose dont j'ai vraiment envie de te parler.

Castiel semblait comprendre même s'il était probablement curieux. Il avait toutes les raisons de l'être. Il voulait tout savoir de Dean. Il le lui avait dit à plusieurs reprises. Il ne voulait surtout pas qu'il existe des secrets entre eux. Parce qu'il pensait – à juste titre – que cela pourrait tout venir gâcher un jour entre eux. Ils en avaient eu la preuve après l'incident des somnifères. Mais Dean n'avait pas la force de donner tous les détails. Il n'avait pas envie de décrire combien il avait souffert en sentant la lame du couteau s'enfoncer dans sa chair. Combien il avait eu peur de mourir. Et combien les coups de fouets avaient été atroces. Embrasant son dos. Il était en vie. Il avait survécu. Il aurait sans doute besoin de se confier plus tard. Il ne se faisait aucune illusion. Il savait parfaitement ce qui l'attendait maintenant. Il l'avait vécu dans une moindre mesure après son agression et son accident. Il y aurait des cauchemars. Les souvenirs reviendraient le hanter. Il y aurait aussi des crises d'angoisse. Des cris et des pleurs. Mais il les gèrerait en temps voulu. Il ferait ce qu'il jugerait nécessaire pour les combattre. Ce n'était tout simplement pas le moment. Il voulait savourer le fait d'être en vie et de pouvoir enfin songer sereinement à l'après. A cette vie qu'il aurait avec Castiel maintenant qu'Alastair ne représentait plus aucune menace pour eux.

- Je ne veux pas parler de choses négatives pour le moment. Je veux qu'on fasse des projets ensemble. Je veux qu'on parle de notre avenir… de nous… de notre couple et toutes les choses dont on a envie maintenant. Parce qu'on a une chance incroyable en fin de compte. Alastair nous aura permis de nous rencontrer. Et c'est encore meilleur quand je pense à ce qu'il aurait ressenti en le sachant. C'est lui qui nous a réuni. Lui qui nous a permis de tomber amoureux alors qu'il détestait l'idée même que deux hommes puissent s'aimer. C'est ironique. Et c'est génial.

- Dean, je… je t'aime. Je ne me lasserai pas de te le dire. Et j'ai moi aussi très envie de faire des projets avec toi. J'en ai d'ailleurs des centaines en tête déjà. Quand j'étais au travail… quand on était séparé, il m'arrivait d'y penser parce que ça me permettait de m'échapper un peu.

Dean sourit. Il le faisait lui aussi. Penser à Castiel lui procurait à chaque fois une intense satisfaction. Un bonheur qu'il n'aurait pas su décrire avec des mots. Et maintenant il allait avoir l'opportunité de vivre ce bonheur plutôt que de l'imaginer. Il n'aurait jamais cru y avoir le droit. Il n'avait jamais pensé être le genre d'homme à y avoir le droit. Il ne pensait même pas en avoir envie. Il avait réussi à se convaincre qu'il était de son devoir de faire en sorte que Sam puisse le vivre. Que ses proches aient une chance de connaître un tel bonheur. Mais il croyait que lui resterait sur le bord de la route à les regarder en profiter pleinement. Il se serait alors contenté de la joie de savoir qu'il en était en grande partie responsable. Mais il avait eu tort de croire cela suffisant. Car maintenant qu'il avait la chance de vivre cette expérience, il réalisait qu'il en avait toujours eu envie sans se l'avouer. Mais il n'aurait jamais voulu de ce bonheur avec quelqu'un d'autre que Castiel. Que son âme sœur.

- Je le faisais aussi dans mon coin. C'était mon échappatoire. Bien sûr, les trois-quart des choses auxquelles je pensais alors impliquaient que tu sois nu… ou même parfois que je le sois et que toi tu restes entièrement habillé. Mais le plus souvent, cela m'excitait bien trop pour que je sois parfaitement performant ensuite. Et mes employés commençaient à le voir… je n'ai pas honte de l'effet que tu as sur moi ou d'avoir envie de toi constamment… mais je suis leur patron alors je dois montrer l'exemple. J'ai donc commencé à imaginer notre vie après… la maison qu'on achèterait ensemble… nos disputes idiotes sur l'endroit où aller dîner pour fêter nos anniversaires… notre mariage… et toutes les soirées qu'on pourrait passer ensemble à regarder un film… à parler de tout et de rien… à profiter du fait de s'être trouvé. Je veux toutes ces choses et plus encore… et je les veux avec toi.

Castiel déposa un nouveau baiser sur le dessus de sa main et Dean regrettait aussitôt qu'il ne puisse pas faire plus. Ce n'était pas uniquement une question de sexe. C'était avant tout une question d'intimité. Il avait besoin de rétablir leur connexion physiquement. Elle n'avait jamais cessé. Pas même quand il était entre les mains d'Alastair. Leur connexion psychique et émotionnelle était toujours là. Elle était même plus forte encore après que Dean ait réussi à communiquer mentalement et à distance avec son petit ami. Mais il ressentait le besoin de l'établir à nouveau physiquement. Il était toutefois conscient qu'il allait devoir attendre et se contenter de ces maigres contacts physiques en attendant. Et la présence de Castiel.

- Tu voudrais m'épouser ?

- Est-ce que tu me fais ta demande ? Parce que si c'est le cas, je me dois de te rappeler que ce n'est pas le bon endroit pour le faire… et que ton timing laisse vraiment à désirer.

- Non, je ne te fais pas ma demande. Crois-moi, le jour où je la ferai, ce sera parfait et suffisamment romantique pour te satisfaire. Parce que je sais que sous tes dehors de gros durs, tu adores tout ce qui est romantique.

- Je ne l'ai jamais nié.

Castiel sourit avant de réaliser quelque chose. Il fronça aussitôt les sourcils et Dean ne put s'empêcher de se demander ce qu'il avait pu dire pour le mettre dans cet état. Il eut la réponse quelques secondes plus tard.

- Si je te faisais ma demande maintenant, tu ne trouverais pas que c'est trop tôt ? Tu… tu as parlé de mauvais timing mais à aucun moment tu m'as dit que c'était beaucoup trop tôt.

Dean réfléchit alors une seconde. Il n'y avait effectivement pas pensé. Sans doute parce que quelques années de plus ne changeraient rien à ce qu'il savait déjà. Il aimait Castiel. C'était son âme sœur. L'homme de sa vie. Il n'avait pas besoin de confirmation. Pas besoin de plus de temps pour en être convaincu.

- Non, je ne l'ai pas dit. Parce que si tu m'avais fait ta demande ici et maintenant, j'aurais dit oui sans hésiter. Sans le regretter plus tard. Je t'aurais dit oui en étant parfaitement sûr qu'il s'agissait là de la meilleure décision qui soit. Je n'ai pas besoin de plus de temps pour comprendre ce que je sais déjà… ce que je sais depuis le premier jour… depuis notre première rencontre. Tu es l'homme de ma vie. Tu es mon âme sœur. Et je t'épouserai avec plaisir. Que tu me le demandes demain ou dans un an.

Castiel sourit alors que ses joues rougissaient. Il semblait à la fois un peu gêné et foncièrement heureux de ce qu'il entendait. Dean avait parlé avec son cœur. Il n'avait pas dit ça juste pour lui faire plaisir. Il le pensait sincèrement. Il n'avait aucun doute.

- Je n'ai donc pas à m'en faire pour le jour où je ferais ma demande ? Tu me diras forcément oui.

- Je te dirai oui… mais peut-être que je te le demanderai en premier. Va savoir. Ce sera la surprise.

Castiel hocha la tête. Dean étudia alors son visage. Il aimait tellement cet homme qu'il ne comprenait pas comment il avait pu vivre sans lui durant autant de temps. Il le trouvait parfait en tout point. Généreux, intelligent et drôle. Foncièrement gentil et bon. Solide et fort. Sexy. Attirant. Il dégageait quelque chose que Dean aimait par-dessus tout. Une certaine forme de calme et de force que le jeune homme lui enviait un peu.

- Je te dirai oui aussi si tu me fais ta demande en premier. Je… je suis moi aussi sûr de moi. Je ne pourrais jamais envisager la vie avec quelqu'un que toi… ou seul d'ailleurs. Pas maintenant que je t'ai trouvé.

Dean sentit sa gorge se nouer mais il ravala ses sanglots. Il garda le contrôle sur ses émotions. Il ne voulait pas alarmer Castiel en se laissant aller. Mais ces mots le touchaient comme jamais il n'avait été touché avant.

- Si on m'avait un jour dit que j'aurais ce genre de conversation avec quelqu'un, j'aurais probablement beaucoup ri. C'est… tellement différent de ce que j'imaginais vivre au même âge quand j'étais plus jeune.

- Je ne pensais pas non plus tenir ces propos de mon côté un jour. Mais je suis content de pouvoir le faire.

Dean porta alors la main de Castiel à son visage et déposa un baiser dessus comme son petit ami l'avait fait pour lui à plusieurs reprises depuis son réveil. Il sentit un frisson le parcourir et il ne put s'empêcher de sourire. Il aimait l'effet qu'il avait sur Castiel. Il aimait sentir qu'il l'affectait tout autant que lui était affecté par ses caresses. Il se sentait tout puissant. Alastair avait tenté de le détruire mais il n'avait pas réussi. Sans doute en grande partie parce que Dean avait ce don. Mais aussi parce qu'il avait Castiel. Et que son petit ami lui donnait la force de faire face à toutes les épreuves. De vaincre tous ses ennemis. Castiel l'avait rendu indestructible et Dean ne voulait surtout jamais que cela puisse cesser.