Bonjour tout le monde
Aujourd'hui je vous propose une nouvelle fic à chapitre HPDM.
Je posterai un nouveau chapitre une fois par semaine, en fin de semaine (entre le vendredi et le dimanche suivant ma disponibilité). C'est un rythme de publication qui me convient bien.
Disclaimer : Les personnages appartiennent toujours à J. K. Rowling.
Bonne lecture !
Pédiatre Malfoy, bonjour
Chapitre 1
J'ai les yeux qui se ferment tout seuls. Et un mignon petit bébé qui dort dans les bras.
Ce petit saligaud pleure toutes les larmes de son corps si je le dépose dans son berceau et s'endort à la minute où je le récupère dans mes bras. Après plusieurs tentatives, je laisse tomber. On dirait que la nuit est terminée pour moi. Je finis par me lever avec mon fils dans les bras et me dirige vers le salon sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller Ginny. Mais bon, ce n'est pas moi qui la réveillerais… Qu'est-ce qui la réveillerait de toute façon ? Son fils qui s'égosille à même pas un mètre d'elle ne la réveille pas. Je pensais que les jeunes mères avaient des hormones qui faisaient qu'elles se réveillaient en même temps que leur bébé… Pas Ginny de toute évidence… J'enfouis ces pensées sombres et m'installe sur le canapé avec mon fils qui remue, mécontent, dans les bras.
« Chut… Doucement, James. Tout va bien. Papa s'installe ailleurs pour laisser maman dormir, c'est tout. Tout va bien mon cœur, rendors-toi. »
J'attrape un paquet de biscuit qui traîne dans un coin et tente de l'ouvrir d'une main, l'autre occupée à tenir mon fils. Je baille longuement. La journée va être longue aujourd'hui. Les gamins vont être particulièrement durs à supporter. J'ai mal à la nuque depuis plusieurs jours à cause du manque de sommeil. Comment être un bon prof de sport si je ne fais pas moi-même ce que j'exige des autres ? Heureusement que Neville est là. N'allez pas croire ! J'aime mon travail. Je ne regretterais jamais d'être devenu professeur de sport à Poudlard. Mais, enseigner dans ce vieil orphelinat n'est pas de tout repos. Je me dis parfois qu'une année ou deux dans une école banale, où les gamins n'ont pas de problèmes autres que de convaincre leurs parents de leur acheter la nouvelle paire de baskets à la mode, semble comme une année sabbatique bien méritée. Mais dans ces écoles, ils n'ont pas besoin de moi… Alors qu'à Poudlard, oui. Je me souviens de mes propres années avec des profs tels que Rogue. Je n'ai jamais compris ce qui a motivé cet aristocrate froid et hautain à travailler avec les petits orphelins de Poudlard. Il y enseigne la physique-chimie depuis des années. Et mon ancien professeur honni est aujourd'hui mon dévoué collègue. Enfin, dévoué, faut pas exagérer… Mais disons qu'il s'est instauré un respect mutuel entre nous. Severus Rogue et moi ne partageons certes pas le même modèle d'éducation mais je ne renierais pas ses efforts. Son ton bourru et hautain ne peut que pousser les étudiants à donner le meilleur d'eux-mêmes. Alors que toute la société a renoncé à cette population d'enfants sans parent ni attache, nous, les professeurs, avons le rôle primordial de leur rappeler qu'ils valent de l'or. Et qui d'autres que d'anciens orphelins de cette même école pour ça ? C'est pour ça que j'ai voulu être professeur et c'est pour ça que je reste à Poudlard. Et il en est de même pour Neville.
Mais pour l'instant, Ginny et moi accueillons notre premier bébé dans ce monde et malheureusement, notre société étant ce qu'elle est, j'ai eu droit à bien peu de jours de congé paternité. Eh oui, mon fils âgé de même pas 11 jours, j'ai dû retourner travailler. Et laisser Ginny, seule, avec James (J'ai pu obtenir très peu d'informations concernant mes parents dans un dossier réuni à l'orphelinat. Mes parents se nommaient James et Lily Potter. Ainsi, j'ai nommé mon garçon James) Il m'a été très difficile de la laisser. Les nuits fragmentées sont épuisantes au fil des jours, d'autant plus que Ginny a décidé d'allaiter. Je vois bien qu'elle n'en peut plus mais je ne peux rien faire pour la soulager concernant l'alimentation de notre fils. Je le récupère pour lui faire faire sont rot. La sage-femme lui a conseillé de ne prendre aucun filet de sécurité pour être sûre de tenir l'allaitement : aucune boîte de lait maternisé de secours dans les placards. La seule source de nourriture de James, c'est elle. Jour et nuit. Je sens bien que ça l'angoisse. Le poids est lourd à porter. Et je ne peux pas l'aider, la soulager. Je change bien les couches de James dans la nuit mais ce n'est pas suffisant. Les sages-femmes l'avaient prévenue que ce serait dur au début mais les semaines défilent et ce qui était censé être un début s'étend encore et encore dans la durée. Outre les bienfaits pour le bébé, elle est déçue par l'allaitement, je le sens bien. Elle attend encore de ressentir le bonheur décrit par les autres femmes.
Mais ce n'est pas tant la douleur physique le problème pour Ginny. C'est l'isolement, la perte de toute vie sociale. Certains jours, je rentre du travail et Ginny est restée six heures entières sur le canapé, sans pouvoir bouger ou se lever pour se faire à manger, avec le bébé en pic de croissance qui tète toutes les 45 minutes. Oui, James est un ogre. Il peut téter pendant une heure non-stop quitte à tout vomir quelques minutes après, puis pleurer et réclamer à nouveau parce qu'il a à nouveau faim. Un jour de grand épuisement, elle m'a soufflé en larmes du bout des lèvres qu'elle avait l'impression de se faire aspirer la vie directement à l'extérieur d'elle-même, qu'elle ne supportait plus que notre bébé la touche. Les dix minutes qu'elle arrivait à trouver pour elle, pour ne serait-ce que prendre une douche, était un réel soulagement. Mais même dans ces moments-là, elle entendait les pleurs du bébé et finissait par se rendre compte qu'ils étaient uniquement dans sa tête.
Aujourd'hui, James va chez le pédiatre avec Ginny pour ses deux mois et ses premiers vaccins. J'avais déjà loupé la première visite. Le boulot est très prenant. En plus d'être un simple professeur, travailler dans un orphelinat me contraint à effectuer bien plus de tâches que celles écrites dans mon contrat. Nous n'avons pas assez de personnel. Allez expliquer ça à un bébé ou un jeune enfant malade. Ginny m'a pourri pendant des semaines pour ça, arguant que je faisais passer la vie de ces enfants avant celle de mon propre fils. Parfois je ne la comprends pas. James est en parfaite santé. C'est une visite obligatoire, de routine. Ces bébés ici n'ont certainement pas autant de visites obligatoires et certainement pas deux personnes pour les y amener. C'est très simple, si on arrive à faire venir un pédiatre jusqu'ici, c'est Noël ! Mais je suis un monstre de la laisser aller seule chez le pédiatre avec notre fils en très bonne santé pour m'occuper d'une douzaine de nouveaux nés qui se sont refilés la gastro. Parce que bien évidemment, un lieu avec autant de promiscuité est un vrai nid à bactérie… Quand un seul est malade, ils sont tous malades. Alors, soit on arrive à détecter le lanceur de maladies et à l'isoler à temps, soit on est bon pour toute une saison de maladies. Grippe, gastro, c'est la fête ! J'en ai vu des gamins déshydratés pendant une gastro ! Autant vous dire que c'est autre chose que James qui « gigote drôlement quand il fait caca ! » Je dois paraître horrible d'accorder si peu d'intérêt aux doutes et craintes de Ginny mais je dois être honnête avec vous, ça me sort par les yeux. Je veux ce qu'il y a de mieux pour mon fils. Et c'est ce qu'il a ! Alors, non, on n'a pas besoin d'être deux pour un rendez-vous chez le pédiatre, alors qu'il va très bien, quand, à l'orphelinat, il faut assurer au moins une vingtaine de bébés malades à ce connard de Tom Jedusor pour qu'il daigne se déplacer pour à peine les regarder à la chaîne comme dans une usine ! Et ça se déclare pédiatre ! Enfin bon, si je ne vais pas à ce rendez-vous aujourd'hui, je sens que je vais en entendre parler ! Ginny a l'air épuisé, je ferai mieux d'appeler Minerva pour dire que je viendrais dès que je pourrais.
Ginny a coupé son réveil mais je ne l'ai pas entendu se lever. On va finir par être en retard. Bon, quitte à ce que je sois là, je peux très bien y aller seul. Avec James dans les bras, je lui chuchote de se rendormir, je vais chez le pédiatre. Elle hésite une minute mais abandonne bien vite et se recouche. Tant mieux ! Je n'aurais pas supporté sa mauvaise humeur. Mes épaules se détendent immédiatement à la perspective d'un moment seul avec mon fils et j'ai presque l'impression qu'il s'en réjouit lui aussi. Notre couple heureux n'est plus qu'un lointain souvenir. Je me demande même s'il a véritablement existé. Mais c'est ma faute. Ma vision du monde est tellement entachée par Poudlard que je ne supporte plus la vie « normale ». Même Ginny ! Et on ne peut pas dire qu'elle vient d'une famille riche. C'est même tout le contraire. Mais elle demeure tout de même cent fois plus riche que tous ces orphelins réunis. Parfois je me demande si je n'aurais pas dû rester avec Cho. Je n'en étais pas amoureux mais au moins, elle a vécu la même chose que moi. Des réflexions sur le fait que sa trop grande famille lui casse les pieds ne risquent pas de m'arriver en pleine face. Parfois je me demande si Ginny me voit vraiment. Dans mon entièreté. À chaque fois qu'elle m'engueule parce que je m'occupe trop de « ces orphelins », j'ai envie de casser la moitié de la baraque. Elle ne se rend compte de rien. Mais pour ça, il faudrait qu'elle s'intéresse à quelqu'un d'autre qu'elle-même. Si personne ne s'occupe d'eux, qui le fera ? Mais, dans un sens, je suis aussi égoïste qu'elle. Je ne suis pas aveugle, je me rends bien compte que « ces orphelins », c'est tout simplement moi. Et, en m'occupant d'eux, je soigne ce petit garçon que j'ai été et qui aurait bien voulu qu'on s'occupe de lui, lui aussi.
Enfin bon, je suis dans la salle d'attente avec mon fils qui s'est endormi dans sa poussette. Il adore les balades en poussette. Quand ça secoue bien, c'est encore mieux. Les pavés, les trous, il adore, il s'endort direct. Il fait chaud, le printemps approche. Ses petites gambettes sont à l'air libre. Je lui ai collé deux patchs anesthésiants sur les cuisses en vue des vaccins dans quelques minutes. Je ne savais même pas qu'ils les prescrivaient, c'est sûr que ce n'est pas à l'orphelinat que j'aurais pu découvrir ça. Là-bas, tu serres les dents, c'est tout. James se réveille, étant donné que la poussette s'est arrêtée depuis quelques minutes. Il me voit et me sourit. Je lui rends son sourire et commence à gazouiller lorsqu'une voix m'interrompt :
« Ah, le petit James ! »
