Bonjour,
Je suis de retour de vacances et prête à reprendre la publication. Je publie donc aujourd'hui et je publierais un nouveau chapitre en fin de semaine. On approche vraiment de la fin cette fois. Mais il existe toujours un danger qui plane sur nos deux héros. Quel est-il ? Vous trouverez un début de réponse dans ce chapitre.
Merci à Marie qui prend le temps de corriger chacun de mes chapitres et qui sera toujours à la correction sur ma prochaine histoire.
Merci à vous de continuer à me lire et merci à ceux et celles qui m'écrivent des messages. N'hésitez pas à continuer. Ils me donnent la motivation de continuer.
Bonne lecture et à vendredi !
Sydney8201
Musique du chapitre :
The tide de Barry Moore
Chapitre 36 : Instinct
« Notre instinct devrait être notre principal guide. »
Björk
Dean avait passé trois longues journées à l'hôpital avant que les médecins acceptent de le libérer. Le temps avait semblé long au jeune homme. Il vouait une grande admiration au personnel médical qui devait gérer les patients mal élevés et parfois violents. Il avait tenté de se montrer aussi agréable que possible avec eux malgré son impatience. Mais il détestait être cloué dans un lit à attendre qu'on le juge capable de sortir. Il ne se sentait pas faible. Il avait été blessé mais sa vie n'était pas en danger. Et il préférait nettement poursuivre sa convalescence chez lui.
Il avait heureusement eu suffisamment de visites pour ne pas trop s'ennuyer. Il y avait eu Sam et leur père. Il leur avait fichu la trouille de leur vie et il s'en excusa pendant de longues minutes. Mais ni son frère ni son père ne lui en voulaient. Ils semblaient comprendre pourquoi il avait agi ainsi. Et ils étaient simplement soulagés de le voir en vie. De savoir que ce cauchemar était enfin terminé. John était déterminé à remercier Castiel pour ce qu'il avait fait et Sam semblait, quant à lui, être impatient de le rencontrer pour lui raconter tout un tas de choses honteuses sur Dean. Ce dernier ne pouvait même pas lui en vouloir. Il avait fait pareil avec chacune de ses petites amies. Sam ne faisait que lui rendre la monnaie de sa pièce.
Charlie était également venue le voir. Elle s'en voulait de ne pas avoir réussi à localiser Alastair avant qu'il ne kidnappe Dean. Mais le jeune homme ne lui faisait pas le moindre reproche. Elle avait fait de son mieux pour l'aider et c'était la seule chose qu'il voulait retenir de tout ça. Il pouvait compter sur elle – ce qu'il savait déjà – et il aimait se sentir ainsi soutenu.
Ses employés du garage vinrent aussi lui tenir compagnie. Garth semblait au bord des larmes à chaque fois qu'il regardait Dean. Ce n'était pas étonnant puisqu'il était hyper sensible. Dean l'avait surpris sanglotant devant une publicité à la télévision pendant sa pause déjeuner. Il n'était donc pas étonné. Mais il fit en sorte de lui redonner le sourire. Ils parlèrent de leurs clients et du travail qui attendait le jeune homme quand il serait sur pied. Garth lui fit toutefois promettre de ne surtout pas précipiter son retour. Il pouvait parfaitement tenir la baraque en son absence. Ce dont Dean ne doutait pas une seule seconde. Garth était un employé modèle en plus d'un ami. Une nouvelle fois, le jeune homme prit conscience de la chance qu'il avait d'être aussi bien entouré.
Il reçut ensuite la visite de son « oncle » Bobby avec qui il discutera de tout sauf de ce qui lui était arrivé. Puis celle de Gabriel qui se chargea de le faire rire et de lui raconter des choses plus ou moins honteuses sur Castiel. Dean savait qu'ils deviendraient rapidement de très bons amis tous les deux. Ils étaient faits pour s'entendre.
La police vint aussi pour l'interroger. Il s'efforça de leur donner sa version des faits du mieux possible. Il ne leur cacha pas comment il avait réussi à transmettre l'adresse d'Alastair à Castiel. Ils en feraient ensuite ce qu'ils voulaient. Il n'allait certainement pas se cacher ou mentir sur ce point. Il n'avait pas honte. Le policier qui prit les notes ne semblaient toutefois pas convaincus par ce qu'il entendait mais Dean s'en contrefichait. Il donna les détails des tortures subies puis donna toutes les informations qu'il avait sur Alastair. Puisqu'il était mort, il n'y aurait pas de procès. Ils avaient juste besoin de ces informations pour clore le dossier. Dean savait qu'après cette entrevue, tout serait vraiment fini pour de bon. Il pourrait clôturer ce chapitre et réellement passer à autre chose. Il se sentit bien plus léger et soulagé quand les policiers quittèrent sa chambre.
Et bien sûr, entre chacune de ses visites, il y avait Castiel. Dean lui avait demandé comment il pouvait être là aussi souvent quand il avait un travail où il devait être très certainement attendu. Mais le jeune policier avait été suspendu le temps que le dossier Alastair soit clos. Puisqu'il était celui qui avait tiré, il y avait une enquête. Tout le monde savait parfaitement quelles en seraient les conclusions. Mais elle était toutefois inévitable. Castiel en était toutefois heureux puisque cela lui permettait de rester avec Dean. Et le jeune homme n'allait pas s'en plaindre non plus.
Ils en profitèrent pour continuer à se découvrir même s'ils commençaient à bien se connaitre. Castiel parla longuement de sa famille et de son enfance à Dean. Ce dernier, en retour, lui parla à nouveau de sa mère. De la manière dont il avait grandi sans elle. Ils parlèrent de sujets importants mais aussi de sujets légers. Ils rirent ensemble. Commencèrent doucement à faire des projets. Dean se sentait parfaitement à sa place avec Castiel. Peu importait que cela soit à l'hôpital ou ailleurs. Il était chez lui du moment qu'il était avec son petit ami. Et c'était une grande première pour lui. Il n'avait jamais ressenti ça avec quelqu'un d'autre que son frère et son père.
Le quatrième jour de son hospitalisation, le médecin vint le voir pour l'examiner. Il dut passer de nouveaux examens. Puis après une bonne heure à attendre les résultats en compagnie de Castiel, il reçut enfin la bonne nouvelle.
Il était libre de partir et de rentrer chez lui. Il avait toutefois des instructions à suivre. Il devait changer ses pansements. S'assurer que ses plaies ne s'infectaient pas. Et avoir quelqu'un à ses côtés pour veiller sur lui. Ce qui ne posait aucun problème puisque Castiel ne semblait pas prêt à le laisser seul. Il dut également jurer qu'il ne retournerait pas travailler pendant au moins deux semaines. Qu'il ne ferait aucun exercice physique. Et qu'il consultera un psychologue en temps voulu pour parler de ce qu'il avait vécu.
Dean accepta chacune de ces conditions. Il avait bien trop envie de rentrer chez lui pour songer une seule seconde à les discuter.
En pénétrant dans son appartement pour la première fois depuis plusieurs semaines, il eut une drôle de sensation. Quand il l'avait quitté, il se savait traqué. Il se savait en danger. Il ne savait pas quand il pourrait revenir. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui l'attendait. Il était terrifié. Et il s'apprêtait à être séparé de ses proches pour une durée indéterminée.
En franchissant la porte, il avait la sensation d'être un autre homme. Il n'avait pas changé mais la situation était complètement différente. Il avait gagné. Il s'était débarrassé d'Alastair. Le cauchemar était terminé. Et cet appartement était totalement sûr à nouveau. Il y entrait avec la certitude que le meilleur l'attendait maintenant. Il le franchissait main dans la main avec l'homme qu'il aimait. Il se sentait plus heureux que jamais.
Castiel lui interdit de faire quoi que ce soit à son retour. Il se chargea de ranger ses affaires et de commander à diner. Puis ils s'installèrent devant la télévision. Dean s'endormit assez rapidement. Il avait encore quelques heures de sommeil en retard. Et il se sentait bien. En sécurité. Plein d'espoir et d'optimisme. Il ne chercha même pas à lutter contre le sommeil. Parce qu'il savait qu'il n'y aurait aucun mauvais rêve. Aucun cauchemar. Aucune nouvelle menace. Il avait de toute façon Castiel avec lui pour veiller sur lui.
Le jour suivant, il ne fit pas grand-chose de plus. Il n'aimait pas vraiment rester inactif aussi longtemps. Il avait très envie de passer au garage pour s'assurer que tout allait aussi bien que Garth le prétendait. Il avait envie d'aller voir son père. Mais Castiel était là pour veiller à ce qu'ils suivent les instructions du médecin. Dean n'insista donc pas. Il avait son petit ami pour le distraire. C'était déjà ça.
Il tenta d'ailleurs de le convaincre de lui faire l'amour. Pas uniquement pour passer le temps mais aussi parce qu'il en avait atrocement envie. Castiel avait toutefois parfaitement compris ce que le médecin avait voulu leur dire en parlant d'activités physiques. Dean n'obtint pas totalement ce qu'il voulait. Mais parce qu'il savait se montrer particulièrement convaincant, Castiel finit par glisser sa main dans son jean pour le masturber. Le jeune homme atteignit l'orgasme en un temps record. Il n'en avait même pas honte. Il n'était pas question de performance quand il était avec son petit ami.
Il masturba Castiel à son tour quand il eut repris ses esprits. Ils terminèrent ensuite la journée devant la télévision à nouveau avec deux cartons de pizzas ouverts sur la table basse devant eux. Dean se surprit à apprécier ce moment et ce calme. Il n'aurait jamais été capable de rester ainsi sans rien faire plus de quelques heures avant de rencontrer Castiel. Il aurait cherché quelque chose pour s'occuper. Mais avec son petit ami, le temps ne semblait pas long. Il ne le vivait pas comme une punition mais comme une chance. Cela faisait toute la différence.
Son petit ami tint la promesse qu'il avait faite au médecin. Il s'occupa de Dean et veilla à ce qu'il ne fasse rien de fatigant. Il changea même ses pansements. Le jeune homme aurait préféré lui épargner la vue des blessures dans son dos. Car elles en disaient long sur ce qu'il avait subi. Mais Castiel ne fit pas la moindre réflexion. Il se contenta de nettoyer chacune des coupures puis de remettre un pansement propre en place.
La nuit, Dean dormait collé contre lui, le plus souvent la tête sur son torse. Il ne voulait surtout pas qu'il y ait la moindre distance entre eux. Pas parce qu'il avait peur qu'il lui arrive quelque chose. Il n'avait plus fait de cauchemar et il se sentait en sécurité maintenant qu'Alastair était mort. Mais parce qu'il aimait le sentir tout contre lui. Il aimait se souvenir ainsi dès qu'il ouvrait les yeux que tout ceci n'était pas qu'un rêve. Que Castiel n'était pas le fruit de son imagination. S'il se réveillait en premier, il passait alors de longues minutes à le regarder dormir. Il admirait les traits si parfaits de son visage. Il écoutait son cœur battre. Regardait sa poitrine se soulever au rythme de ses respirations. Il se laissa le temps d'assimiler le fait que cet homme incroyable était le sien. Qu'ils s'aimaient et que rien ni personne ne pourrait plus les séparer maintenant.
Être ainsi reclus chez lui avec Castiel lui donnait toutefois une sensation d'irréalité. Il savait que le monde extérieur était toujours là et qu'ils devraient s'y confronter tôt ou tard. Mais pour le moment, il était bien ainsi et il n'était pas forcément pressé que cela cesse.
Bien sûr toutes les bonnes choses avaient une fin. Et après plusieurs jours passés seul avec Castiel, Dean reçut le feu vert de son médecin pour reprendre une vie normale. Il devait continuer à se ménager pour ne pas rouvrir ses blessures mais il pouvait reprendre le travail.
Les premières heures passées loin de Castiel furent compliquées à gérer pour Dean mais il fut rapidement absorbé par la vie du garage. Et son petit ami, qui était toujours suspendu, lui envoyait des messages régulièrement pour l'amuser.
Dean finit par lui proposer de dîner avec lui au restaurant. Ils avaient eu un premier rendez-vous parfait au tout début de leur relation. Puis tout s'était enchainé et ils n'avaient pas eu le temps d'en programmer un second. Celui que Castiel lui avait organisé comme une surprise là où ils se cachaient d'Alastair avait tourné au cauchemar. Dean ne voulait pas rester sur cette mauvaise expérience. Il avait envie d'effacer ce mauvais souvenir et d'en créer un autre, meilleur. Il choisit donc un endroit qu'il connaissait et savait à la fois romantique et décontracté. Il réserva une table aussi à l'écart des autres que possible. Puis il demanda à Castiel de se tenir prêt pour sept heures.
Il ne fut pas déçu quand il vit combien Castiel avait pris ses consignes au sérieux. Il avait visiblement soigneusement choisi ses vêtements pour lui plaire. Dean appréciait tout particulièrement le jean légèrement moulant pour lequel il avait opté. Un jean qui mettait en valeur la musculature de ses cuisses et de ses fesses. Il avait laissé les deux premiers boutons de sa chemise noire ouverts et Dean avait très envie de faire glisser sa langue sur les quelques centimètres carrés de peau qu'il pouvait voir. Il se retint difficilement. Il espérait sincèrement que Castiel accepterait de lui faire l'amour en rentrant du restaurant. Cela faisait bien trop longtemps à son goût qu'il n'avait pas senti le sexe de son petit ami en lui. Il commençait sérieusement à être frustré.
Il prit quelques minutes pour se doucher puis s'habiller. Puisque Castiel avait opté pour une tenue parfaite, il devait lui aussi faire un effort. Il enfila un jean qui lui collait littéralement à la peau et un pull léger. Charlie lui avait souvent dit que ce genre de haut mettait les muscles de son torse en valeur. Elle n'était peut-être pas experte en matière d'hommes mais elle était honnête. Il lui faisait confiance sur ce point.
Et il sut qu'il avait raison quand il vit la manière dont Castiel le déshabilla du regard presque aussitôt. La soirée risquait d'être amusante. Dean avait hâte qu'elle commence vraiment.
Il enfila ses chaussures, prit son portefeuille et ses clefs puis, après avoir saisi la main de Castiel, il le guida à l'extérieur de l'appartement et jusque dans la rue. Le restaurant n'était pas loin et il avait envie de marcher. Envie de profiter de l'air frais de l'extérieur après avoir passé plusieurs jours cloîtré entre quatre murs.
- Je suis content que tu aies eu cette idée. J'avais très envie de t'organiser quelque chose de ce genre mais après la dernière fois, je pensais… commença Castiel après quelques minutes de marche.
Dean n'allait certainement pas le laisser s'embarquer dans une telle conversation. Alastair n'avait pas sa place ici avec eux. Il était mort. Ils étaient libres et ils devaient en profiter. Laisser le passé derrière eux et se créer de nouveaux souvenirs. Il ne voulait surtout pas reparler de tout ça.
- Cas, je sais ce que tu te dis et je sais que tu te fais tout un tas de reproches par rapport à ce qui est arrivé mais… je ne t'en veux pas. Tu n'es coupable de rien. Et je ne te laisserai pas penser le contraire plus longtemps. Quant à cette soirée et à tout ce qu'on a vécu ensuite, cela fait partie du passé maintenant. Nous avons gagné Cas. Nous avons été plus fort que lui et nous l'avons arrêté pour de bon. Il est mort. Il ne fera plus jamais de mal à qui que ce soit. J'aimerais… pour ce soir en tout cas… j'aimerais qu'on parle d'autre chose. Qu'on parle de nous. Qu'on laisse le passé derrière nous. Tu penses que c'est possible pour toi ?
Si Castiel lui répondait qu'il avait bien trop besoin d'en parler pour accepter, il ne protesterait pas. Il ne mettrait pas non plus un terme à leur soirée. Il encouragerait Castiel à lui parler. A se confier à lui. Comme son petit ami l'avait fait jusque-là. Il ne voulait surtout pas que leur relation soit à sens unique. Qu'il soit celui qui recevait toujours quand Castiel était celui qui donnait en permanence.
- Je ne veux surtout pas gâcher la soirée. Je sais combien elle est importante pour toi… et elle l'est pour moi aussi. Nous avons tant de choses à célébrer. Mais c'est plus fort que moi et je suis désolé si je…
Dean lui fit alors brusquement face, le forçant à s'arrêter. Il ne comptait pas laisser son petit ami s'apitoyer de la sorte. Il voulait que cette soirée soit parfaite pour eux deux. Il voulait qu'elle marque leur nouveau départ. Castiel sembla surpris par sa réaction et légèrement inquiet de le voir s'énerver. Mais ce n'était pas ce que le jeune homme avait en tête. Loin de là. Il voulait s'expliquer et faire comprendre à Castiel qu'il ne lui en voulait pas. Pour l'enlèvement et tout le reste. Il se fichait qu'on puisse les voir ou les entendre. Si les gens n'aimaient pas ce qu'ils voyaient, ils n'avaient qu'à regarder ailleurs.
- Cas, tu m'as sans doute mal compris ou je ne me suis peut-être pas montré suffisamment clair… je ne suis pas en colère. Je ne t'en veux pas d'avoir besoin de parler d'Alastair. Si tu le souhaites, on pourra en discuter aussi longtemps que tu le voudras… ce soir ou demain ou n'importe quand d'ailleurs. Ça ne gâchera pas notre soirée. Parce qu'on est ensemble et que du moment que je suis avec toi, tout est absolument parfait quoi qu'il puisse se passer. Je suis là pour toi si tu as besoin de parler. Je veux juste que tu comprennes que je ne t'en veux pas… que je ne t'en voudrai jamais. Je t'aime. Et on va profiter de cette soirée… peu importe la forme qu'elle prendra. D'accord ?
- D'accord Dean, souffla Castiel en souriant doucement.
Le jeune homme déposa alors un rapide baiser sur ses lèvres. Il pouvait sentir quelques regards sur eux mais il n'y prêta pas attention. Il était amoureux et il estimait avoir le droit de vivre son histoire au grand jour. Comme n'importe qui. Il n'allait certainement pas se cacher. C'était déjà vrai avant mais ça l'était plus encore après ce qu'il avait vécu avec Alastair.
Il sourit à son petit ami quand il recula et fut soulagé de voir qu'il semblait se sentir bien mieux. Ils se remirent alors en route et atteignirent le restaurant quelques minutes plus tard. Dean se présenta à la serveuse qui les accueillit et ils furent aussitôt conduit à leur table. Comme le jeune homme l'avait demandé, elle se trouvait dans un coin de la pièce. Suffisamment loin des autres pour qu'ils puissent se sentir presque seuls au monde. Castiel semblait ravi de son choix. Ils s'assirent en silence puis Dean reprit presque aussitôt la main de son petit ami dans la sienne. Par-dessus la table. Là où tout le monde pouvait le voir. Une nouvelle fois, il n'avait pas l'intention de se cacher. Il était ici avec l'homme qu'il aimait et il voulait que tout le monde le sache. Il avait toujours eu un petit côté exhibitionniste qu'il avait très envie d'explorer un jour. Mais il n'était pas question de ça pour le moment. Il n'était pas question de sexe. Juste d'affirmation de soi. Et d'amour.
- J'espère que l'endroit te plait. La nourriture est délicieuse et si ce n'est pas nécessairement l'endroit le plus classe ou à la mode du coin, c'est un endroit où je me suis toujours senti bien. Et je voulais te faire partager un peu de ce qui constitue mon monde. Histoire que tu en saches un maximum sur moi.
Castiel hocha la tête puis jeta un coup d'œil autour de lui. Il semblait apprécier le décor. L'ambiance. Dean ne put s'empêcher d'être soulagé.
- Je n'aurais jamais pu apprécier un endroit plus luxueux parce qu'on ne peut jamais y être naturel sans se demander ce que les autres en pensent et… je me fiche pas mal de ce qui est à la mode ou non. Cet endroit est parfait. Je suis ravi de pouvoir le découvrir avec toi.
Dean lui relâcha la main pour consulter le menu. Il le connaissait presque par cœur mais il y avait parfois quelques nouveautés qu'il souhaitait découvrir. Il fit rapidement son choix. Il reposa ensuite son menu puis jeta un coup d'œil à Castiel. Ce dernier étudiait le menu avec attention. Comme à chaque fois qu'il était concentré sur quelque chose qu'il estimait important, il mordilla sa lèvre inférieure et inclinait sa tête sur le côté. Il était adorable. Et incroyablement sexy. Dean ne se lassait pas de le regarder.
La serveuse interrompit toutefois sa contemplation pour prendre leur commande. Puis, quand elle s'éloigna, Dean reprit la main de Castiel dans la sienne.
- Je suis content que tu te sentes bien ici. Tu m'as organisé le meilleur des premiers rendez-vous et je voulais juste me montrer à ta hauteur. Maintenant, si tu te sens vraiment très reconnaissant, tu pourras toujours me remercier quand on sera rentré chez moi.
Castiel acquiesça et Dean sut alors que la soirée serait parfaite du début à la fin. Il en fut convaincu jusqu'à sentir une drôle de sensation au creux de son estomac. Une sensation qu'il connaissait trop bien. Quelque chose se préparait mais il ne savait pas quoi. Et il avait très envie de l'ignorer pour le moment. De croire que cela pouvait attendre le lendemain. Il garda donc les yeux rivés sur Castiel pour n'être concentré que sur lui et mit tout le reste de côté. Pour le moment.
Castiel avait dû emménager temporairement avec Dean pour veiller sur lui et sur sa convalescence. Il se doutait que Sam, John ou Charlie auraient pu remplir cette tâche tout aussi bien que lui mais il avait besoin d'être là pour lui. Il continuait de penser que son petit ami était dans cet état par sa faute. Il avait le devoir de faire en sorte qu'il guérisse bien et rapidement.
Vivre avec Dean lui donnait un avant-goût de ce que pourrait être leur vie future si tout se passait bien dans l'avenir. Il avait très envie d'épouser le jeune homme. Pas tout de suite même s'il n'avait pas le moindre doute sur le fait qu'il était son âme sœur. Il n'aurait pas pris le moindre risque en l'épousant immédiatement. Mais il avait tout de même envie de prendre son temps et de faire les choses bien. Il voulait préparer sa demande. La faire dans les circonstances les plus romantiques et parfaites que possible. Dean méritait qu'il fasse un effort et Castiel en avait de toute façon très envie.
Ce n'était donc pas à l'ordre du jour. Mais cela ne les empêchait pas de commencer à avancer dans leur vie de couple doucement. Par étapes. Et vivre ensemble, même si ce n'était que temporaire, offrait à Castiel un délicieux avant-goût de ce qu'il pourrait avoir pour de bon ensuite.
Il avait la chance de pouvoir poser ses yeux sur Dean dès qu'il les ouvrait. Il était la première chose qu'il voyait le matin et la dernière qu'il voyait le soir. Il partageait ses repas avec lui. Ils regardaient la télévision ensemble blottis sur le canapé. Cette cohabitation, maintenant qu'elle n'était plus contrainte par le danger qui planait sur Dean, était parfaite. Si cela ne tenait qu'à Castiel, il ne quitterait jamais cet appartement.
Il aimait tout particulièrement s'occuper de Dean. Il aimait veiller sur le jeune homme. Il ne le faisait pas par obligation. Ou parce qu'il se sentait coupable. Il le faisait parce qu'il en avait envie. Il avait l'impression d'être utile. D'avoir trouvé sa place. Il aurait bien sûr préféré ne pas avoir à voir les blessures que son petit ami avait dans le dos. Elles lui rappelaient la violence des tortures qu'il avait subies. Il imaginait combien Dean avait dû avoir peur. Combien il avait dû se sentir seul. Il pouvait sentir les larmes lui monter aux yeux à chaque fois qu'il y pensait.
Mais Dean se chargeait de lui redonner le sourire à chaque fois. Il semblait avoir réussi à laisser derrière lui ce qu'il avait subi. Les souvenirs reviendraient probablement le hanter un jour. Il aurait très certainement besoin d'en parler à un professionnel. Mais Castiel était admiratif de son courage et de sa force. De sa capacité à surmonter ce qu'il avait vécu et à rester optimiste malgré tout.
Dean était définitivement une personne exceptionnelle. Et Castiel avait conscience de la chance qu'il avait de l'avoir dans sa vie. Il voulait prendre exemple sur lui. Il voulait en faire son modèle.
Bien sûr, le jeune homme n'était pas forcément un patient modèle. Et s'il acceptait de se laisser « soigner » et « bichonner », il avait tout de même quelques envies qui allaient à l'encontre des recommandations du médecin. Castiel avait lui aussi très envie de faire l'amour avec son petit ami. Il ne voyait pas le sexe comme la chose la plus importante dans leur relation. Mais il aimait faire l'amour à Dean. Il aimait être en lui. Lui procurer des orgasmes. L'entendre gémir et crier son nom. Il avait senti cette connexion unique entre eux qui n'étaient possible que pendant le sexe. Et quand Dean avait insisté pour qu'ils passent outre les ordres du médecin, Castiel avait sérieusement hésité à dire « oui ». Mais sa raison l'avait heureusement emportée sur ses hormones. Il ne voulait surtout pas faire courir le moindre risque à son petit ami. Ils avaient donc composé avec ce qu'ils pouvaient faire ou non et si ça n'avait pas été idéal, ça avait tout de même été particulièrement agréable.
Après cette parenthèse merveilleuse et comme en dehors du temps, Dean reçut finalement le feu vert de son médecin pour reprendre le travail. Castiel, de son côté, était toujours suspendu. L'issue de l'enquête était déjà connue de tous. Personne n'osera condamner Castiel pour avoir tiré sur Alastair. Personne ne témoignerait du caractère disproportionné de son geste. Il avait le soutien de sa hiérarchie et de ses collègues. Il avait également l'appui de tous les membres de l'équipe du SWAT. Mais la procédure était longue et il devait se montrer patient. Si c'était une bonne chose quand Dean était à la maison avec lui, c'était nettement plus pesant quand le jeune homme put reprendre le travail.
Castiel passa la journée à lui envoyer des messages et à tenter – en vain - de s'occuper. Quand Dean lui demande de se tenir prêt pour sept heures, il fut soulagé d'avoir enfin une excuse pour sortir. Et il avait très envie de ce nouveau rendez-vous avec son petit ami.
Il fit donc un effort pour choisir une tenue qui le mettait en valeur puis il attendit patiemment le retour du jeune homme. Ce dernier se prépara à son tour et quand il sortit de la salle de bains, Castel dut se retenir de lui sauter dessus. Il avait bien sûr opté pour des vêtements qui mettaient tous ses nombreux atouts en valeur. La musculature de son torse et de ses fesses. La couleur de ses yeux. Dean était un homme incroyablement séduisant et particulièrement sexy. Et il savait parfaitement comment faire pour se mettre en valeur. Pour faire perdre la tête à Castiel. Ce dernier le soupçonnait d'ailleurs d'avoir cet objectif en tête. Après tout ils avaient le feu vert du médecin. Et Castiel n'avait certainement pas l'intention de le faire attendre plus longtemps.
Le jeune policier manqua de tout gâcher alors qu'ils se rendaient main dans la main au restaurant. Il évoqua Alastair et si Dean ne semblait pas être en colère, il était évident que c'était un sujet qu'il préférait éviter. Castiel lui promit alors de faire un effort de ce côté-là. Il fut touché que Dean soit visiblement prêt à l'écouter se confier et à sacrifier cette soirée si nécessaire pour l'aider à se sentir mieux. Mais le jeune homme avait préparé cette soirée juste pour lui. Il était évident qu'il était impatient de partager ce moment avec Castiel. Ils avaient de surcroît quelque chose à fêter. Castiel devait absolument arrêter de se comporter comme un idiot et se reprendre en mains.
Ce qu'il fit avec une facilité finalement surprenante. Il n'était pas difficile de retrouver le sourire et de se sentir léger et heureux quand Dean était là. Son sourire était communicatif. Il était un vrai rayon de soleil et Castiel avait envie de le laisser l'éclairer jusqu'à la fin de ses jours.
Le restaurant était parfait. La table qu'on leur avait réservé leur offrait une certaine intimité mais sans que l'endroit soit trop guindé. Castiel aimait ce genre de lieu. Il pouvait être lui-même sans avoir peur d'être jugé. Sans se demander constamment s'il était ou non à sa place. Dean avait fait tous les bons choix. Et Castiel n'était même pas étonné. Le jeune homme était parfait.
Rapidement, ils commencèrent à discuter de tout et de rien. Castiel avait la sensation de devoir rattraper le temps perdu même si – en dehors des quelques heures que Dean avait passées entre les mains d'Alastair – ils avaient été ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre depuis un moment maintenant. Mais il n'y avait plus ce poids qui pesait sur leur relation. Plus aucun obstacle face à eux. C'était comme un nouveau départ. Et Castiel avait très envie de se lancer dans cette nouvelle course.
Tout était absolument parfait. La nourriture était excellente. L'ambiance idéale. Et Dean était là. Ce qui suffisait, aux yeux de Castiel, à rendre même la plus ordinaire des soirées absolument géniale.
Bien sûr, parce qu'ils semblaient jouer de malchance, Castiel sentit après un petit moment que quelque chose clochait chez son petit ami. Il espérait sincèrement que cela n'avait rien à voir avec leur discussion dans la rue. Ou avec Alastair. Il n'allait toutefois pas ignorer le problème.
- Dean, je… j'espère que tu ne prendras pas mal ce que je vais te dire maintenant mais… j'ai la sensation que quelque chose te tracasse et… si c'est effectivement le cas, tu peux me le dire tu sais.
Le jeune homme jeta un coup d'œil autour d'eux avant de soupirer et d'hocher la tête.
- Ce n'est sans doute rien et je comptais t'en parler plus tard mais… j'ai une drôle de sensation depuis un petit moment. Je ne me sens pas vraiment en danger mais… c'est plus comme si quelqu'un me regardait… comme si quelqu'un me surveillait et… je ne saurais pas dire pourquoi ou même s'il s'agit d'une vraie sensation ou de l'écho de celles que je ressentais quand Alastair me traquait mais enfin… c'est bizarre.
Castiel prenait très au sérieux ce que son petit ami lui disait. Il avait une confiance aveugle en son don. Il lui avait sauvé la vie à plusieurs reprises et avait permis de stopper un tueur en série qui aurait probablement continué à multiplier les victimes si Dean n'avait pas été là. Il comptait bien se pencher sur ce que son petit ami ressentait. Si quelqu'un l'observait, ça ne pouvait pas être avec de bonnes intentions. Il en était convaincu.
- Est-ce que tu sens si cette personne… si elle veut te faire du mal ?
Dean faisait tourner sa fourchette entre ses doigts. C'était un signe qu'il était mal à l'aise et nerveux. Ce qui était déjà une réponse en soi. Mais Castiel voulait l'entendre de la bouche de son petit ami.
- C'est difficile à dire mais je suis convaincu que ce n'est pas juste quelqu'un qui me trouve séduisant et songe à venir m'aborder. Ce n'est pas… c'est un peu comme si cette personne me connaissait… comme si elle attendait juste le bon moment pour…
- Pour quoi Dean ?
- Je ne sais pas… pour venir me parler… pour… ce n'est pas comme avec Alastair. Ce n'est pas du tout la même sensation. Je ne sais rien des intentions de cette personne pour le moment et je ne suis même pas sûr qu'elle existe vraiment. Je suis juste… c'est un peu comme si mon sixième sens s'était mis en alerte. Mais je n'en sais pas plus.
Dans tous les cas, cela ne pouvait pas être bon signe. Ce que Dean ressentait devait être pris au sérieux. Discuté et analysé. Castiel avait très envie d'attendre la fin de cette soirée. De profiter de ce moment sans penser à quoi que ce soit de négatif. Mais il doutait de pouvoir ignorer cette nouvelle menace et faire comme si de rien n'était. Il doutait que Dean en soit vraiment capable malgré ce qu'il disait. S'il avait ressenti ce danger ici et maintenant, ça signifiait forcément quelque chose. Cet homme qui le surveillait était peut-être présent dans le restaurant avec eux. Il attendait juste le bon moment. Celui où Dean serait le plus vulnérable.
- Est-ce que tu crois qu'il pourrait être ici… dans ce restaurant ? Tu n'as rien ressenti de semblable depuis ton retour de l'hôpital mais tu n'as pas quitté l'appartement alors… peut-être qu'il t'a suivi jusqu'ici et qu'il espère que tu seras seul à un moment ou à un autre. Je… je ne pense pas qu'on peut ignorer ceci Dean.
Le jeune homme soupira. Il semblait savoir lui aussi que cette menace était à prendre au sérieux et dès à présent. Mais il n'avait pas envie de laisser son don gâcher leur soirée. Il voulait vivre une vie normale. Il voulait quelques jours de répit. Castiel pouvait facilement le comprendre. Si lui pouvait couper de son quotidien professionnel en quittant le commissariat, Dean devait constamment vivre avec son don. Il ne pouvait pas être sûr qu'une nouvelle vision viendrait le contraindre à tout abandonner dans la seconde. Il n'aurait probablement jamais une vie ordinaire. Castiel ne pouvait qu'imaginer combien cela devait être pesant.
- Le pire c'est que je sais que tu as raison mais pour une fois… avant de te rencontrer… et depuis que j'ai ce fichu don… j'ai toujours tout abandonné pour répondre à ce que je considérais comme des… « appels »… mais… c'était avant de te rencontrer… avant d'avoir une vraie vie à vivre. Avant, je n'avais que mon travail et le garage tourne visiblement bien sans moi. J'avais ma famille aussi mais mon père va bien mieux et il n'a plus besoin de moi constamment. Quant à Sam, il est adulte et il mène sa propre vie de son côté. Je… ce n'était finalement pas si dur que ça de tout laisser en plan pour suivre mes intuitions … mes émotions ou mes prémonitions. Mais je t'ai toi à présent et… je veux avoir une chance de vivre une vie plus ou moins normale avec toi. Je ne veux pas avoir à te planter seul dans un restaurant ou à la maison parce que je pressens que quelqu'un est en danger et a besoin de moi quelque part. Je ne veux pas que tu aies à subir mon don autant que je le subis moi. C'est mon fardeau Cas… pas le tien.
Castiel n'était pas étonné que Dean puisse voir les choses sous cet angle. Si les rôles avaient été inversés, il aurait sans doute pensé pareil. Il se sentait déjà coupable de devoir faire subir à Dean les conséquences collatérales de son métier prenant. Mais le jeune homme n'en avait pas moins tort sur toute la ligne.
- Mon cœur écoute… je ne vois pas tout ceci comme un fardeau. Je peux comprendre que cela te pèse et je pense que quiconque à ta place le vivrait sans doute de la même manière. Mais ce don… ce pouvoir que tu as… il a sauvé des vies. Il a permis qu'un tueur en série soit stoppé. Il m'a permis de te retrouver quand tu étais à sa merci et… rien que pour ça, je le vois comme une bénédiction. Je ne te reprocherai jamais de suivre ton instinct… de devoir partir ou me « laisser en plan » comme tu le dis parce que tu es sûr de pouvoir aider un innocent. Je ne te le reprocherai pas pour deux raisons très simples.
- Deux raisons ? demanda Dean qui semblait sceptique.
Castiel hocha la tête en souriant.
- Deux oui… la première étant que j'ai un métier qui pourrait m'imposer de partir en plein milieu de la nuit ou quand je suis en congé sur un simple appel et parce qu'on a besoin de moi quelque part. Ce n'est pas très différent de ce que tu vis toi même si je pense que c'est plus simple à gérer. Et tu en subiras les conséquences tout autant que moi. On est pareil sur ce point alors si je t'en voulais… je serais sans doute le pire des hypocrites parce que je te demande exactement la même chose. Et la deuxième raison… elle est évidente… je ne pourrai jamais t'en vouloir parce que je savais parfaitement que tu avais ce don quand je suis tombé amoureux de toi. Je savais ce que cela signifiait et je veux… je veux t'aider. Quand tu auras une vision ou un pressentiment et que tu devras aller quelque part pour le vérifier, je serai à tes côtés. Je serai avec toi. Je ne te laisserai jamais seul. Notre vie ne sera peut-être pas comme celle de tout le monde mais je suis presque sûr que cela nous aurait ennuyé si ça avait été le cas. On vivra notre histoire différemment mais ça ne veut pas dire pour autant qu'on ne sera pas heureux. Je peux te promettre qu'on va l'être… et sans doute bien plus que tous ceux qui mènent cette vie ordinaire dont tu parlais tout à l'heure.
Dean semblait avoir besoin de quelques minutes pour réfléchir à ce qu'il venait d'entendre. Castiel les lui laissa sans le quitter des yeux. Il avait très envie de regarder autour d'eux pour tenter de localiser l'homme qui surveillait le jeune homme. Mais il y avait plus important pour le moment. Dean avait besoin d'être rassuré et Castiel était convaincu que ce contact visuel était essentiel pour y parvenir.
- Je… tu ne dis pas ça juste pour me rassurer hein ? Tu le penses vraiment ?
- Est-ce que tu cherchais juste à me rassurer en me disant que mon métier ne serait jamais un obstacle entre nous ?
- Non, j'étais sincère.
- Alors pourquoi penser que je puisse ne pas l'être. Dean, je t'aime… je t'aime comme tu es… pour ton courage, ta force et ta générosité. Et sans doute que je serais tombé amoureux de toi aussi si tu n'avais pas ce don mais… ça n'a aucune importance. Parce que l'homme que j'ai rencontré il y a plusieurs mois et dont je suis tombé amoureux instantanément est celui qui a ce don… celui qui a choisi de l'exploiter pour sauver des vies et aider des gens. Et je ne veux surtout pas que tu changes.
Dean hocha la tête en souriant enfin à son tour. Castiel avait visiblement su trouver les mots justes. Lui qui avait toujours été bizarre et qui n'avait jamais vraiment su comment se comporter avec les autres avait fini par trouver celui avec qui tout cela devenait parfaitement naturel. C'était incroyable.
- Tu crois qu'on devrait partir ? Je… je ne crois pas que je risque quoi que ce soit ici mais si tu penses que c'est préférable alors je t'écouterai.
Castiel avait très envie de dire oui. Mais c'était en grande partie parce qu'il vivait toujours avec le souvenir de ce qu'Alastair avait fait à son petit ami. Il aurait probablement besoin de plusieurs semaines voire plusieurs mois pour parvenir à oublier la terreur qu'il avait ressenti. Pour ne plus sur réagir à chaque fois qu'il y avait une quelconque inquiétude concernant Dean. Mais il devait écouter sa raison et se montrer calme. Justement pour prouver à son petit ami que ce don ne viendrait jamais les empêcher de vivre leur histoire. Qu'ils pourraient être heureux malgré tout ça.
- Non, je pense qu'on peut rester ici. On devra juste se montrer vigilent. Si cet homme est là alors il ne fera rien tant que nous sommes dans un lieu public. Et tu ne seras pas seul pour rentrer chez toi… je pense qu'on ne risque rien. Si demain, tu as toujours cette même sensation alors je pense qu'il faudra qu'on se penche sérieusement dessus. Mais on peut s'accorder une soirée non ?
- J'espérais vraiment que tu me répondrais ça.
Castiel attira sa main à sa bouche et déposa un baiser sur le dessus. Il vit le sourire de Dean s'élargir et il sut alors qu'il avait eu la bonne réaction. Son petit ami était incroyablement fort. Il était plus courageux que beaucoup de ses collègues. Mais il avait également besoin d'être rassuré parfois. Parce qu'il n'avait pas une très haute estime de lui-même. Parce qu'il doutait souvent qu'on puisse vraiment l'aimer pour ce qu'il était et non pas pour ce qu'il avait à offrir. Ce serait un combat à mener pour Castiel et il se sentait tout à fait de taille à le remporter. Le sourire de Dean était une récompense qui effaçait tous les efforts consentis.
- Tu sais que je t'aime hein ? Parce que tu me le dis sans cesse et que parfois j'ai l'impression de ne pas suffisamment te le dire, souffla Dean en regardant Castiel droit dans les yeux.
Ce dernier sentit son cœur s'emballer aussitôt dans sa poitrine. Ce n'était pas la première fois que le jeune homme le disait. Et il n'estimait sincèrement pas qu'il ne l'entendait pas suffisamment souvent mais il ne se laissait toutefois pas de ces trois petits mots. Ils continuaient de lui faire un effet dingue même après plusieurs semaines à les entendre.
- Je le sais oui. Je n'en ai jamais douté et je n'en douterai jamais.
Dean hocha alors la tête mais ne dit rien. Leurs mains se séparèrent pour qu'ils puissent continuer à manger. Castiel resta en alerte au cas où mais toute son attention était braquée sur Dean. Sur cet homme extraordinaire que la vie n'avait pas épargné mais que le jeune policier avait l'intention de rendre immensément heureux. Personne ne le méritait plus que lui de son point de vue. Il allait en faire sa mission à présent. Et il avait hâte de la mener à bien.
