Bonjour,

Voici le chapitre 37 toujours corrigé par Marie qui fait un boulot incroyable. Merci à elle.

Dean et Castiel prennent le temps d'apprécier d'être ensemble et libérés de la menace Alastair. Ils recréent le lien. Mais il existe toujours une menace. Et Dean va y faire face. Castiel sera heureusement là pour voler à nouveau à son secours.

Merci de continuer à me lire et merci plus encore à ceux et celles qui m'écrivent.

Bonne lecture et à la semaine prochaine

Sydney8201

Musique du chapitre :

Impossible de Nothing But Thieves

Chapitre 37 : Harcèlement

« Dans la vie, il est des rencontres stimulantes qui nous incitent à donner le meilleur de nous-même, il est aussi des rencontres qui nous minent et qui peuvent finir par nous briser. »

Marie-France Hirigoyen

La soirée avait été parfaite. Malgré ce que Dean avait ressenti et ce qu'il avait confié à Castiel, ils avaient réussi à passer outre et à profiter du moment. Le jeune policier était bien sur resté sur ses gardes. Il avait observé les autres clients du restaurant et tenté de localiser quelqu'un qui semblait suspect. Sur le chemin du retour, il avait mémorisé les visages de ceux qui semblaient regarder son petit ami avec un peu trop d'insistance. Il n'était pas sûr que cela servirait à quelque chose mais cela lui donnait l'impression d'être utile.

C'était presque comme si la malchance s'acharnait sur eux. Ils s'étaient rencontrés grâce à un tueur en série. C'était peut-être pour ça que le destin ne les lâchait plus. Le malheur de victimes innocentes leur avait permis de se trouver. Ils le payaient probablement maintenant. Castiel était tenté de le croire après tout ce qui leur était arrivé.

Vaincre Alastair avait dû marquer le début de leur nouvelle vie, le début de leur histoire d'amour même si elle avait déjà commencé depuis quelques semaines. Le vaincre les avait libérés d'une menace importante. Mais ils n'étaient pas libres pour autant car il semblait qu'une nouvelle menace était venue prendre sa place. Un peu comme si l'univers cherchait à leur dire qu'ils n'avaient pas le droit d'être heureux.

Castiel se fichait pas mal de ce que l'univers ou le destin en pensait. Dean était son âme sœur. Il était l'homme avec qui il voulait passer le restant de ses jours. Il n'accepterait pas qu'on le lui interdise. Il combattrait quiconque se mettrait en travers de leur chemin. Et cela commençait avec cet inconnu qui semblait surveiller Dean.

Il avait l'intention de le débusquer et de l'empêcher de nuire. S'ils avaient réussi à vaincre Alastair, ils ne se laisseraient pas défaire par cet inconnu. Ensemble ils étaient forts. Ils étaient indestructibles.

Castiel comptait bien se battre. Mais il avait toutefois l'intention de s'accorder une soirée avec son petit ami avant de se lancer à corps perdu dans ce nouveau combat. Il voulait célébrer leur victoire sur Alastair. Dean avait pris le temps de leur organiser un rendez-vous parfait et Castiel ne voulait surtout pas gâcher la soirée en se concentrant uniquement sur leur nouvel adversaire.

Il rangea donc tout ceci dans un coin de son esprit et, s'il resta sur ses gardes, il se concentra avant tout sur Dean. Sur les sourires qu'ils échangeaient. Sur les choses qu'ils se disaient. Sur ce moment magique qui semblait être une parenthèse hors du temps. Castiel voulait en connaître d'autres comme celle-ci.

Une fois leur repas terminé, ils reprirent le chemin de l'appartement du jeune homme. Ils n'en avaient pas parlé mais Castiel n'avait pas l'intention de laisser Dean seul ce soir. Il passerait la nuit avec lui. Principalement parce qu'il en avait terriblement envie et qu'il n'envisageait pas de rentrer dans son appartement après avoir passé tout ce temps en compagnie de son petit ami. Mais aussi parce qu'il voulait être là au cas où.

Ils firent le chemin main dans la main. Ils ne dirent rien. Ils avaient beaucoup parlé durant la soirée. De tout et de rien, de choses importantes et de petits détails, ils avaient échangé des anecdotes, parlé de leur passé, de leur avenir, ils avaient fait des projets. Castiel ne se souvenait pas avoir un jour autant discuté avec quelqu'un. Et lui qui était d'ordinaire mal à l'aise quand il s'agissait de parler de lui ou de tenir une conversation en dehors du cadre de son travail, s'était surpris à trouver cela finalement facile. Naturel. Parce qu'il se sentait à sa place quand il était avec Dean.

Le jeune homme ne lui demanda pas s'il souhaitait monter quand ils furent en bas de son immeuble. Il semblait lui aussi considérer qu'il ne pouvait pas en être autrement. Castiel n'était pas sûr qu'il serait capable de rentrer chez lui un jour. Maintenant qu'il avait goûté à la vie avec Dean, il avait du mal à s'imaginer passer une seule soirée seul dans son appartement. Il ne voulait surtout pas penser à l'éventualité de s'endormir sans son petit ami dans ses bras. Il avait toujours pensé qu'il était trop indépendant et trop solitaire pour pouvoir un jour envisager de vivre avec quelqu'un. Mais une nouvelle fois, c'était différent avec Dean. Tout était différent quand on rencontrait son âme sœur.

Dean ne reprit la parole que lorsqu'ils furent dans son appartement, la porte soigneusement verrouillée derrière eux.

- Avant toute chose, je tiens à te dire que je suis… en pleine forme. Et parce que je savais que m'entendre te le dire ne suffirait pas, j'ai appelé mon médecin dans l'après-midi. Je lui ai demandé si je pouvais enfin reprendre des activités… plus physiques. Il m'a donné son feu vert. Je suis tout à toi.

Castiel sourit alors, amusé par ce qu'il entendait. Il n'était pas surpris que son petit ami ait pris cette initiative. Il le connaissait bien. Et le jeune policier n'aurait probablement pas été très enclin à envisager quoi que ce soit de plus ce soir s'il n'avait pas été sûr que Dean avait reçu l'aval de son médecin.

- Je dois avouer que je suis curieux de savoir comment tu lui as présenté les choses, souffla-t-il alors.

- Et bien tu me connais… j'ai opté pour l'honnêteté. Je n'ai pas cherché à tourner autour du pot. Je lui ai juste demandé si selon lui, je pouvais envisager de laisser mon petit ami me faire l'amour ce soir. Texto. Je crois qu'il a été surpris l'espace de quelques secondes mais il s'est vite repris et il m'a dit que j'avais son feu vert.

Castiel pouvait facilement imaginer la surprise du médecin en entendant Dean lui poser la question ainsi aussi franchement. Son petit ami était incroyable. Il était unique et Castiel savait qu'il avait de la chance de l'avoir.

Il saisit sa main puis l'attira à lui et l'embrassa sans perdre une seconde de plus. Il en avait terriblement envie. Il avait parfaitement réussi à ignorer sa frustration de passer tout ce temps avec Dean sans pouvoir lui faire l'amour depuis sa sortie de l'hôpital. Il voulait faire passer sa santé et son rétablissement en premier. Mais maintenant que lui faire l'amour était possible, il réalisait combien il en avait envie. Et combien tout cela lui avait manqué.

Dean se laissa faire et vint rapidement presser sa langue contre celle de Castiel. Ce n'était pas un baiser chaste. C'était un baiser plein de fougue et de passion. Un baiser qui fit accélérer le cœur de Castiel et qui embrasa tout son corps.

Il n'aurait pas su dire qui de Dean ou lui entraîna l'autre jusqu'à la chambre du jeune homme. Peut-être prirent-ils l'initiative en même temps. A vrai dire, ça n'avait pas vraiment d'importance. Ils ne cessèrent pas de s'embrasser en avançant. Et si Castiel heurta le mur à plusieurs reprises, il n'y prêta pas vraiment attention. Il plaqua en revanche son petit ami contre la porte de sa chambre dès que celle-ci fut ouverte et qu'ils furent entrés. Il attrapa ses bras et les colla de chaque côté de sa tête. Puis il recula et prit quelques secondes pour l'observer. Il était à couper le souffle. Magnifique. Il ne bougeait pas mais regardait Castiel droit dans les yeux. Il avait les lèvres sensiblement gonflées par leurs baiser. Il avait le souffle court, les pupilles dilatées et les joues rouges. Castiel mémorisa cette image avant de l'embrasser à nouveau rapidement.

Il ne se souvenait pas d'avoir été un jour aussi excité. Il avait du mal à réfléchir. Il agissait instinctivement. Il recula et attrapa le bas du pull de son petit ami. Il le lui retira ensuite sans attendre avant de couvrir son torse de baisers. Il fit glisser sa langue de son sternum à son nombril en s'agenouillant. Puis il leva les yeux à nouveau et ne fut pas surpris de voir Dean qui le regardait toujours. Ses bras n'avaient pas bougé. Il attendait. Il laissait à Castiel le contrôle total de son corps. Il se soumettait.

Le jeune policier se sentit alors pousser des ailes. Il détacha la ceinture puis les boutons du jean de son petit ami. Il le lui retira rapidement après l'avoir débarrassé de ses chaussures et de ses chaussettes. Son sexe était tendu et pressait contre le tissu de son boxer noir. Castiel se mordilla la lèvre inférieure une seconde avant de l'embrasser. Dean poussa un premier gémissement qui sonnait comme de la musique à ses oreilles. Il continua à le torturer ainsi durant quelques secondes, la barrière en coton entre ses lèvres et le sexe de Dean rendant ce dernier complètement fou.

Castiel ne cherchait toutefois pas à le torturer. Ou à faire durer le plaisir plus que nécessaire. Il le ferait un jour. Prendrait le temps pour lui faire toutes ces choses dont ils avaient parlé et qu'il mourrait d'envie de découvrir avec Dean. Mais ce n'était pas son objectif ce soir. Il voulait avant tout rétablir la connexion physique entre eux. Il voulait faire l'amour à Dean sans chercher à compliquer les choses.

Il finit donc par lui retirer son boxer. Il saisit ensuite son sexe dans sa main et le masturba un instant avant de le prendre dans sa bouche. Il n'avait pas oublié son goût et sa texture unique. Mais c'était tout de même comme s'il le faisait pour la première fois. Il prit donc son temps cette fois. Il parcourut l'intégralité de son sexe avec sa langue. Il le prit dans sa bouche jusqu'à sentir le bout heurter le fond de sa gorge. Il continua jusqu'à l'entendre gémir. Jusqu'à ce que Dean finisse par poser une main à l'arrière de son crâne. Pas pour imposer un rythme. Juste pour le prévenir.

- Cas, murmura-t-il ensuite.

Castiel savait parfaitement ce que cela signifiait. Il relâcha donc son sexe puis se redressa. Dean ne semblait pas gêné d'être ainsi entièrement nu devant lui. Il se tenait droit. Il se fichait que Castiel puisse le dévorer des yeux. Il n'avait pas honte. Et il avait parfaitement raison. Il était incroyablement beau. Il n'avait aucune raison de chercher à se cacher.

Le jeune policier s'autorisa à l'admirer quelques minutes. De la puissance de ses épaules et de ses bras à la musculature de son torse. De son ventre plat aux taches de rousseur qui étaient disséminées ici et là. Il laissa ensuite ses yeux se poser sur son long sexe tendu. Puis sur ses jambes légèrement arquées. Dean ne souffrait d'aucun défaut. Castiel avait parfois l'impression de ne pas jouer dans la même catégorie.

Il n'avait toutefois pas envie de perdre du temps à douter de lui. Il avait bien plus intéressant à faire. Il se déshabilla donc rapidement puis prit la main de Dean et le conduisit jusqu'au lit. Le jeune homme y prit place aussitôt, sur le dos, les jambes pliées et écartées pour s'exposer un peu plus encore.

Castiel pouvait sentir son propre sexe protester contre le temps perdu. Mais il n'y prêta pas vraiment attention. Ils n'avaient pas fait l'amour depuis un moment maintenant et il devait préparer le jeune homme pour s'assurer qu'il ne lui ferait pas mal.

Il prit place sur le lit à son tour, entre les jambes de Dean puis saisit ses fesses pour les écarter. Il vint ensuite presser sa langue contre le muscle dissimulée entre elles.

Il n'avait jamais trouvé d'attraits à cette pratique. Avant de rencontrer Dean, il n'avait même jamais songé à préparer ses partenaires ainsi. Et il était content de pouvoir connaître cette première avec le jeune homme.

Sentir son goût unique contre sa langue, sentir le muscle se détendre doucement et laisser enfin pénétrer sa langue à l'intérieur, entendre le jeune homme crier son nom tant le plaisir était intense… Castiel n'avait jamais rien connu d'aussi fort. Et il avait envie de continuer indéfiniment. Mais son corps protestait déjà et il devait passer à l'étape supérieure.

Il recula donc finalement son visage et ne fut pas surpris quand il vit que Dean lui tendait la bouteille de lubrifiant qu'il gardait habituellement dans sa table de nuit. Il la saisit rapidement, l'ouvrit et aspergea trois de ses doigts. Il put en faire pénétrer directement deux à l'intérieur du jeune homme. Ce dernier accompagnait ses mouvements avec ses hanches. Il aurait probablement juré être prêt juste parce qu'il était impatient si Castiel le lui avait demandé. Mais ce dernier ne voulait pas prendre le moindre risque. Il fit donc aller et venir ses doigts pendant de longues minutes avant d'en ajouter un troisième. Ce ne fut que lorsqu'il ne ressentit plus aucune résistance qu'il les retira du corps de Dean.

Il remonta ensuite jusqu'à pouvoir le regarder dans les yeux. Le jeune homme referma ses jambes autour de sa taille. Le temps sembla se suspendre et pendant quelques secondes Castiel se perdit dans le regard de son petit ami. Il aurait pu rester ainsi indéfiniment si Dean ne l'avait pas sorti de sa torpeur en posant une main sur sa joue et en rompant le silence.

- Cas, je suis prêt… ne me fais pas attendre une seconde de plus s'il te plait.

Castiel n'avait pas besoin d'en entendre plus. Il saisit son sexe dans une main et le guida doucement à l'intérieur du corps de son petit ami. Les premières secondes furent absolument incroyable. La pression était forte et même s'il avait préparé longuement son petit ami, il y avait toujours une petite résistance. Il prit donc son temps et avança doucement, sans brusquer les choses.

Dean poussa un long gémissement qui ne prit fin que lorsque Castiel fut enfin complètement en lui. Le jeune policier s'immobilisa alors quelques secondes. Il le faisait à la fois parce qu'il voulait laisser à son petit ami le temps de s'habituer mais aussi et surtout parce qu'il voulait profiter de ce moment. Le graver dans sa mémoire pour ne jamais l'oublier. Être à l'intérieur de Dean était presque une expérience religieuse. Et si Castiel ne croyait pas en Dieu, il croyait en revanche fermement en Dean et en cette connexion incroyable qui existait entre eux. Celle qui allait bien au-delà du sexe. C'était un lien qui unissait leurs deux âmes. Et qui se solidifiait un peu plus chaque jour malgré les épreuves. Il pouvait le sentir plus encore à cet instant précis.

Il ne devait toutefois pas oublier depuis combien de temps son petit ami et lui attendaient ce moment. Et il refusait de le faire attendre plus longtemps. Il baissa donc les yeux sur lui pour s'assurer qu'il allait bien avant de commencer à bouger.

Comme à chaque fois, Dean ne chercha pas à contenir ses cris de plaisir. Il ne chercha pas à minimiser ce qu'il ressentait. Il ne garda pas pour lui ce qu'il voulait que Castiel lui fasse et ce qu'il éprouvait à chaque fois qu'il pénétrait en lui.

- Plus fort Cas… je ne suis pas en verre. Je ne vais pas casser, l'encouragea son petit ami assez rapidement.

Le jeune policier s'exécuta aussitôt. Il accéléra le rythme et choisit un angle avec ses hanches qui lui assurait de toucher la prostate de Dean aussi souvent que possible.

Il avait le cœur qui battait fort et vite. Il sentait la sueur couler sur son front et dans son dos. Il se savait proche de l'orgasme. Mais il était capable de se retenir. Il était parfaitement capable de faire en sorte que Dean jouisse avant lui. Parce qu'il aimait entendre son petit ami crier son nom et parce qu'il adorait sentir ses muscles se contracter autour de son sexe.

Il continua donc d'aller et venir en lui sans relâche. Parfois, il se retirait presque totalement avant de plonger à nouveau en Dean avec force. Le jeune homme avait les mains appuyées contre la tête de lit pour que son crâne ne la heurte pas. Il gémissait sans retenue. Il avait la tête basculée en arrière, les yeux clos. Il était totalement perdu dans le moment. Il vivait sa propre expérience. Mais il la partageait avec Castiel malgré tout. A travers ses cris et ses encouragements, il intégrait son petit ami dans son monde. Le jeune policier aurait aimé pouvoir ressentir ce qu'il ressentait. Il aurait aimé pouvoir expérimenter le même plaisir. Il ne se sentait toutefois pas mis à l'écart. Le lien qui existait entre eux lui permettait de comprendre combien le plaisir de Dean était intense. C'était quelque chose d'unique qu'il n'avait jamais vécu avant. Quelque chose de rare que peu de personnes avaient la chance d'expérimenter. Il savait combien il avait de la chance.

Il connaissait suffisamment Dean à présent pour savoir quand le jeune homme était trop proche de l'orgasme pour se retenir plus longtemps. Il le sentait dans la manière dont son petit ami commençait à accompagner ses mouvements de façon erratique et mal coordonnée. Il le sentait dans la manière dont son souffle s'accélérait un peu plus encore. Dont ses gémissements gagnaient un peu plus en puissance. Il le voyait enfin sur son visage qui se tendait.

Il continua d'aller et venir en lui en ciblant sa prostate sans relâche. Il ne chercha pas à saisir son sexe dans la main. Il savait que cela ne serait pas utile. Et Dean lui prouva une nouvelle fois qu'il avait vu juste quelques secondes plus tard.

Castiel heurta une dernière fois sa prostate et le jeune homme poussa un long cri qui ressemblait à son prénom. Il arqua son dos malgré le poids de Castiel sur lui. Il serra les barreaux de la tête de lit dans ses mains avec une telle force que les jointures de ses doigts devinrent aussitôt blanches. Puis le muscle autour du sexe de Castiel se contracta brusquement annonçant son orgasme.

Il se répandit durant ce qui semblait être une éternité sur son ventre. Castiel fit en sorte de continuer à stimuler sa prostate durant tout le temps que cela dura. Puis, quand les gémissements de Dean lui signalèrent qu'il devenait trop sensible pour que cela reste agréable, il s'abandonna à son propre plaisir.

Son orgasme le transperça avec la force et la violence d'un train lancé à pleine vitesse. Il cria à son tour alors que sa vision se brouillait. Tout son corps semblait s'être embrasé. Et son cœur manqua un battement ou deux. Castiel s'abandonna totalement aux sensations et oublia tout le reste. Tout sauf Dean qu'il pouvait toujours sentir sous et autour de lui. Pendant une très courte seconde, Castiel crut voir le lien doré qui s'était formé quand Dean était entre les mains d'Alastair et qui leur avait permis de communiquer malgré la distance, se former à nouveau. Il crut le voir même s'il avait probablement les paupières closes.

Il finit par disparaître mais Castiel pouvait toujours le sentir. Et il ne voulait surtout jamais qu'il disparaisse. C'était la sensation la plus merveilleuse qui soit. Celle qui leur permettrait sans doute de toujours faire face à ce que la vie mettrait en travers de leur chemin.

Il ne se rendit pas compte que ses bras cédaient sous son poids et qu'il s'effondrait sur Dean. Il ne reprit vraiment connaissance que lorsqu'il sentit les mains de son petit ami se poser dans son dos et dans ses cheveux. Il sourit contre son torse avant de déposer un baiser entre ses deux pectoraux.

- Cas, souffla Dean après quelques secondes.

- Je suis là, répondit ce dernier.

Il espérait sincèrement que son petit ami avait ressenti les choses aussi intensément que lui. Qu'il avait lui aussi senti ce lien puissant entre eux. Celui qui leur permettrait de ne jamais être totalement seul même quand ils seraient séparés.

- C'était incroyable, ajouta le jeune homme.

- C'était mieux que ça, compléta Castiel en souriant toujours.

Il était inutile de décrire à Dean ce qu'il avait ressenti. Ce qu'il avait vécu. Car il était presque sûr que le jeune homme le savait. Peut-être grâce à son don. Ou peut-être tout simplement parce qu'ils étaient des âmes sœurs. Ils n'auraient jamais la réponse à cette question et elle n'avait de toute façon aucune importance.

Il finit par se retirer de son petit ami après un moment. Il ne s'éloigna toutefois pas et prit place à côté de lui, sur le côté. Dean se tourna également pour lui faire face. Il posa ensuite sa main sur la joue du jeune policier et lui adressa un large sourire.

- Je t'aime, murmura-t-il.

- Je t'aime aussi, répondit Castiel sans hésiter.

Ces mots lui semblaient trop peu pour décrire ce qu'il ressentait. Mais il espérait que son regard disait le reste. Et que Dean avait compris qu'il y avait bien plus que de l'amour entre eux. Et qu'il ferait en sorte que cela dure éternellement.


Dean avait fait de nombreuses rencontres dans sa vie. Il avait croisé la route de plusieurs personnes. Certaines avaient compté et faisaient toujours parties de sa vie. D'autres n'avaient fait que passer mais lui avaient apporté quelque chose dont il avait besoin à ce moment-là. Quelques-uns l'avaient fait souffrir ou lui avaient causé des ennuis. Il supposait que c'était le cas pour tout le monde. Il n'était probablement pas vraiment différent. Mais s'il ne se souvenait pas des noms de chacune de ces personnes, il se souvenait de leurs visages à tous.

Il y avait ceux et celles avec qui il avait créé un lien et développé une belle amitié. Ceux-là faisaient aujourd'hui parti de son entourage proche. De sa famille.

Il y avait ceux qui n'était resté que quelques jours ou quelques heures. Le plus souvent des amants d'un soir avec qui il avait pris du plaisir.

Il y avait ceux qu'il avait aidé depuis qu'il avait son don. Leurs sourires, leurs remerciements… il les avait gardé dans un coin de son esprit pour ne jamais oublier pourquoi il faisait ce qu'il faisait.

Et puis il y avait les hommes comme Alastair. Comme celui qui avait causé son accident. Ou celui qui l'avait agressé dans les toilettes du restaurant quand il menait encore l'enquête avec Castiel. Ceux-là avaient cherché ou réussi à lui faire du mal. Dean ne pourrait jamais les oublier.

Enfin, il y avait Castiel. C'était La rencontre qui avait changé sa vie. Celle qui n'appartenait à aucune des autres catégories. Celle qui lui avait permis de savoir ce qu'il voulait faire de sa vie. Celle qui avait donné un sens à tout le reste. Castiel avait bouleversé sa vie. Et Dean avait envie de le crier sur tous les toits. Il avait envie de dire à tous les gens qu'il croisait la chance qu'il avait. Le bonheur qu'il ressentait.

C'était comme flotter sur un nuage. Comme se sentir pousser des ailes. Il ne touchait plus terre. Il n'avait jamais ressenti un bonheur aussi total et intense. Castiel comblait tous les vides qui existaient en lui et dans sa vie. Il avait guéri ses anciennes blessures. Fait disparaître ses anciennes cicatrices. Il avait réparé ce qui était cassé. Il s'était insinué en Dean et le jeune homme ne voulait surtout jamais qu'il s'en aille.

Et c'était sans doute parce qu'il avait la sensation que rien ne pouvait l'atteindre maintenant qu'il était enfin pleinement heureux qu'il baissa sensiblement sa garde.

Il avait toujours cette intuition que quelque chose se préparait. Parfois, il était presque sûr qu'on l'observait de loin. Mais il n'y prêtait pas vraiment attention. Il pensait vraiment être indestructible.

Il passait ses journées au garage et ses soirées avec l'homme qu'il aimait. Il dormait avec lui chaque nuit. Il pensait à lui à chaque seconde de chaque journée. Il vivait par Castiel. Il vivait grâce à Castiel. Et il croyait vraiment que rien ni personne ne pourrait venir se mettre en travers de leur chemin.

Il ne s'inquiétait donc pas plus que nécessaire quand il sentit à nouveau ce même regard insistant sur lui alors qu'il attendait son petit ami dans un bar du centre. Ils s'étaient entendus de s'y retrouver pour fêter la fin de l'enquête sur Castiel et sa réintégration à son poste. Les charges avaient été levées et tout pouvait enfin rentrer dans l'ordre.

Dean tenait à fêter ça dignement. Ils commenceraient par boire un verre et peut être danser ensemble. Puis ils iraient manger un morceau dans un restaurant que Dean aimait beaucoup. Ils finiraient la soirée chez le jeune homme. Probablement dans la chambre s'ils parvenaient à se retenir jusqu'à atteindre son lit.

L'idée lui arracha un sourire et il ignora le nœud qui s'était formé dans son estomac. Il avait probablement faim. Il n'avait rien avalé depuis le déjeuner. Il était de toute façon dans un endroit bondé et personne de sensé ne tenterait quoi que ce soit contre lui avec autant de témoins. Il ne risquait rien. Ou du moins c'était ce qu'il avait envie de croire.

Il venait de terminer sa bière quand sa vessie le rappela à l'ordre. Il abandonna son tabouret, jeta un coup d'œil à sa montre – Castiel serait là d'ici un petit quart d'heure – puis prit la direction des toilettes. Ils étaient vides et Dean sentit le nœud dans son estomac se serrer un peu plus.

En y repensant plus tard, il réalisa combien il avait été idiot de ne pas prendre la fuite aussitôt. De ne pas appeler Castiel pour le prévenir et d'aller l'attendre au bar là où il serait en sécurité. Sur le moment, il se dit qu'il n'en avait pas pour longtemps et que tout irait bien.

Il était en train de se laver les mains quand il réalisa son erreur. La porte dans son dos s'ouvrit et Dean leva les yeux sur le miroir devant lui. Il le reconnut aussitôt. Il ne l'avait pas vu depuis plusieurs mois. Il n'avait toutefois pas oublié son visage. Ou son sourire de prédateur. Le jeune homme sentit tous ses muscles se tendre aussitôt.

Derrière lui, l'homme – Victor, Dean se souvenait aussi parfaitement de son prénom - verrouilla la porte. Ils étaient seuls. Et même si Castiel était tout proche, il n'était pas là. Il lui faudrait un quart d'heure pour arriver et encore une petite dizaine de minutes avant de venir chercher Dean ici. Cet homme avait tout le temps de lui faire du mal d'ici-là. Personne ne pourrait l'en empêcher.

- Dean… je te retrouve enfin. Ça faisait longtemps, lança Victor en approchant doucement.

Le jeune homme se tourna pour lui faire face. Il était exactement comme dans son souvenir. Grand et musclé. Séduisant d'une certaine manière. Mais également terrifiant. La dernière fois, Dean avait réussi à lui échapper. Mais cette fois, il était presque sûr qu'il n'y parviendrait pas.

- Comment… qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il un peu bêtement mais parce qu'il avait besoin de gagner du temps.

Victor fit un pas dans sa direction en souriant toujours.

- Je suis venu terminer ce que j'avais commencé la dernière fois. Je suis aussi venu obtenir ma vengeance. Tu m'as causé beaucoup d'ennuis Dean. Ne crois pas que je l'ai oublié. Et… ça fait quelques jours que je t'observe de loin. Mais tu étais toujours accompagné. Cette fois, je t'ai pour moi tout seul.

C'était donc lui que Dean avait senti. C'était lui qui le surveillait depuis plusieurs jours. Il avait attendu le bon moment pour le coincer. Celui où le jeune homme baisserait finalement sa garde. Il était déterminé. Il était évident qu'il ne le laisserait pas lui échapper cette fois.

- Mon petit ami est en chemin et tu dois savoir qu'il est de la police. Si j'étais toi, je partirais avant qu'il ne te trouve.

- Mais il n'est pas là Dean… il n'est pas dans ce bar pour le moment. Ce qui me laisse suffisamment de temps pour te faire tout ce que j'ai en tête et de partir tranquillement me fondre dans la foule pour qu'il ne puisse pas me trouver.

- Qu'est-ce que tu comptes me faire exactement ?

Il en avait déjà une vague idée mais il avait besoin de l'entendre de la bouche de Victor. Cela lui ferait gagner un peu de temps. Chaque seconde était précieuse. Il se tint aussi droit que possible, la tête haute et le regard braqué sur son agresseur. Il n'avait pas changé. Il était exactement tel que Dean se souvenait de lui. D'une certaine manière, il était celui par qui tout avait commencé. Sans lui, le jeune homme n'aurait pas eu son accident et il n'aurait probablement jamais eu ce don qui lui avait permis de sauver des vies. Il n'aurait pas rencontré Castiel non plus. Il se sentait étrangement redevable envers lui. Mais il était avant tout terrifié. Et furieux que ce type puisse penser une seconde qu'il avait le droit de s'en prendre à lui comme ça.

- Je ne te tuerai pas si c'est ce qui t'inquiète… du moins pas aujourd'hui. Mais ce n'est que la première de nos nombreuses rencontres Dean. La première d'une longue liste. Et je dois faire en sorte qu'elle soit mémorable.

Dean ne pouvait pas reculer. Sa seule issue était la porte des toilettes. Il pouvait tenter de courir mais il n'aurait jamais le temps de la déverrouiller avant que Victor ne l'attrape. Il allait devoir l'affronter avant. L'assommer d'une manière ou d'une autre pour pouvoir ensuite sortir. Il attendrait Castiel. Son petit ami l'arrêterait aussi et ce serait la fin de ce nouveau cauchemar.

Victor fit un pas dans sa direction et Dean se tint prêt. Il ne le laisserait pas le toucher. Il ne comptait pas se laisser faire. Et cette fois, il ne prendrait pas la fuite. Il allait se battre comme il l'avait fait avec Alastair.

Il laissa Victor faire un pas de plus et prit une grande inspiration. Il se serait probablement jeté sur lui dans la seconde qui suivait si son adversaire n'avait pas sorti un couteau de sa poche. Il semblait énorme et la lame brillait sous les néons. Dean fut alors comme paralysé. Cela ne dura pas très longtemps mais cela fut suffisant pour permettre à Victor de combler la distance qui les séparait. Dean sentit aussitôt la lame presser contre son cou. C'était comme avec Alastair quand Castiel était arrivé. C'était la même situation à nouveau. Sauf que Dean était seul. Et pendant un instant, il crut réellement qu'il allait mourir.

- J'aurais aimé te demander de te déshabiller pour profiter pleinement du spectacle de ton humiliation mais on sait tous les deux que je n'ai pas ce luxe. On va devoir faire vite.

Dean n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit. Il sentit presque aussitôt une main s'attaquer aux boutons de son jean. Il la sentit glisser sous son caleçon et saisir son sexe. Il refusait de se laisser faire. Il n'était pas une victime. Il n'était pas sans défense. Il savait se battre. Il devait réagir.

Il lança son pied en avant et heurta l'entrejambe de Victor, l'écartant temporairement de lui. Dean en profita pour se jeter en direction de la porte. Mais dans la précipitation et la panique, il avait oublié qu'elle était verrouillée. Il tenta de l'ouvrir sans succès. Et ces quelques nouvelles secondes de perdues suffirent à Victor. Il attrapa Dean par les épaules et le força à se tourner. Puis il abattit le manche de son couteau sur sa tempe.

La douleur irradia aussitôt dans tout le visage du jeune homme. Il bascula en arrière et ne put rien faire pour se retenir. Il s'effondra sur le sol violemment, son dos protestant presque aussitôt.

Victor prit alors place sur lui, ses genoux de chaque côté de ses hanches. Il appuya son couteau contre sa gorge à nouveau et cette fois, la pression était plus forte. Il semblait déterminé à le blesser. Dean ne pouvait pas vraiment se débattre. Il avait la tête qui tournait sans doute à cause du coup reçu. Et son dos lui faisait atrocement mal. Il était à la merci de Victor. Il était vulnérable et il ne pouvait rien faire.

- Tu n'aurais pas dû faire ça Dean. Tu aurais dû accepter ton sort. Tout aurait été beaucoup plus facile pour toi si tu avais su te montrer raisonnable.

Dean ne pouvait peut-être pas se débattre mais il pouvait tout de même réagir. Il fit donc la seule chose possible. Il cracha en direction du visage de son agresseur et il fut satisfait de voir sa salive le toucher sur la joue. Victor jura entre ses dents puis leva sa main qui ne tenait pas le couteau et gifla Dean avec force.

Le jeune homme sentit aussitôt les larmes lui monter aux yeux. Pas à cause de la douleur. Il avait bien trop mal à la tempe pour s'en soucier. Mais en raison de l'humiliation ressentie. Il détestait se sentir aussi faible et vulnérable. C'était presque pire qu'avec Alastair. Le tueur avait réussi à échapper à la police pendant des mois entiers. Il était intelligent. Il était logique qu'il parvienne à avoir le dessus sur Dean. Surtout après l'avoir drogué. Mais Victor était un adversaire bien moins coriace. Le jeune homme aurait dû être capable d'avoir le dessus sur lui. Il s'en voulait de ne pas y parvenir.

Il pouvait sentir que la panique l'empêchait de réfléchir correctement. Il ne trouverait jamais un plan qui tenait la route dans son état. Il eut donc recours à sa seule autre option. Il ferma les yeux et pensa aussi fort qu'il le pouvait à Castiel. Il ne parvint pas à former le même lien doré que la dernière fois. Mais il supplia son petit ami d'arriver aussi vite que possible.

Victor lui donna une nouvelle gifle qui le força à rouvrir les yeux.

- Ne cherche pas à fuir Dean. Je veux que tu assistes au spectacle.

Le jeune homme eut presque envie de rire en entendant le dernier mot. Mais la situation n'avait rien de drôle. Il déglutit avec peine alors que Victor tentait de baisser son pantalon. Dean ne savait pas ce qu'il avait en tête. S'il cherchait seulement à l'humilier ou s'il avait l'intention de le violer. Il doutait qu'il ait le temps pour la seconde option. Mais l'humiliation elle… Dean la ressentait. Les larmes coulaient sur ses joues. Il n'avait pas pleuré ainsi devant Alastair. Parce qu'il s'était senti fort avec lui. Cette fois, il était totalement sans défenses.

Quelqu'un tenta de tourner la poignée de la porte en vain. Victor leva les yeux dans cette direction et Dean saisit sa chance.

- Au sec… eut-il le temps de crier.

Victor l'empêcha d'en dire plus en plaquant sa main contre sa bouche.

- C'est occupé ! jeta-t-il à son tour.

Dean en profita alors pour le mordre aussi fort qu'il put. Victor retira sa main et le frappa à nouveau avec le manche de son couteau. La personne qui tentait d'entrer continua à essayer. Dean eut alors une sorte de vision. C'était Castiel. Il pouvait le sentir. Il commença à se débattre de toutes ses forces. La présence de son petit ami lui avait redonné de l'énergie. Il parvint à déloger Victor de lui. Mais son adversaire lui saisit la cheville quand il tenta de ramper loin de lui.

- Castiel ! Au secours ! hurla-t-il alors de toutes ses forces.

Victor devait savoir qu'il ne sortirait pas libre de cette histoire. Il était désespéré. Il était encore plus dangereux maintenant. Et Dean le savait. Il secoua sa jambe alors que son adversaire tenta de le poignarder à la cuisse. Il évita le coup de justesse et parvint à reculer.

La porte s'ouvrit alors avec fracas. Dean n'eut pas besoin de lever les yeux pour vérifier qu'il s'agissait bien de Castiel. Il le savait. Il recula à nouveau alors que Victor semblait hésiter quant à la marche à suivre. Cela suffit au petit ami du jeune homme pour se jeter sur lui et le débarrasser de son couteau. Il le frappa ensuite au visage plusieurs fois jusqu'à ce qu'il perde connaissance. Dean le regarda faire, fasciné. Castiel pouvait être l'homme le plus tendre et le plus délicat qui soit. Il pouvait se montrer incroyablement doux avec lui. Mais quand il tenait ainsi le rôle du sauveur, il semblait presque sauvage. Une force dingue émanait de lui. Il paraissait dangereux. Et Dean était émerveillé.

Il se perdit dans la contemplation de son petit ami et ne se rendit compte que quelques secondes plus tard que ce dernier le regardait et lui parlait.

- Dean ? Dean, tu m'entends ?

Le jeune homme hocha la tête puis essuya ses joues humides du revers de la main.

- Je t'entends Cas. Je… je vais bien mais j'ai reçu un sacré coup sur la tête.

Castiel s'agenouilla aussitôt devant lui. Il posa ses mains sur ses joues et étudia son visage. Il s'attarda un instant sur l'hématome que Dean sentait se former sur sa tempe. Il avait probablement une commotion cérébrale. Il allait devoir retourner à l'hôpital. Mais pour le moment, il voulait juste savourer le fait d'être en vie. Castiel lui avait sauvé la vie à nouveau.

- Je t'ai entendu, souffla le jeune policier après quelques secondes.

Dean eut besoin d'un petit moment pour comprendre ce qu'il entendait par là. Castiel s'empressa alors de s'expliquer.

- J'arrivais au bar et j'ai ressenti… quelque chose qui ne venait pas de moi… quelque chose qui venait de toi… de la peur… de la panique. Et j'ai entendu ta voix dans ma tête. Tu me suppliais de me dépêcher. Je n'ai pas eu besoin de chercher… je savais exactement où tu étais. Je savais exactement où te trouver.

Dean n'avait vraiment pas pensé réussir à communiquer avec lui. Mais de toute évidence, leur lien était suffisamment fort pour qu'il y parvienne même sans en être conscient. C'était une chance incroyable même si le jeune homme espérait ne pas avoir à s'en resservir de sitôt.

- Tu m'as entendu alors… je n'étais pas sûr… je ne croyais pas en être capable cette fois.

- Tu ne devrais pas te sous-estimer mon amour. Tu es bien plus fort que tu ne le penses. Et je ferais toujours en sorte de t'entendre. Je ferais toujours en sorte de savoir quand tu as besoin de moi. Je te le promets.

Dean n'était pas sûr que Castiel soit vraiment en mesure de faire et de tenir une telle promesse mais elle était agréable à entendre. Il se sentait en sécurité avec Castiel. Il savait que son petit ami ferait toujours en sorte de voler à son secours s'il en avait besoin. C'était déjà la troisième fois qu'il accomplissait ce miracle depuis qu'ils se connaissaient.

- C'était lui… la première fois… quand j'ai eu mon accident, c'était lui. Et c'est lui que je sentais depuis quelques jours. Il… il voulait se venger.

- Et bien il n'a pas réussi. Et cette fois, je ferais en sorte qu'il ne puisse plus rien tenter contre toi. Tu dois le savoir à présent. Je suis capable de tout pour te protéger.

Dean le savait. Castiel était son sauveur. Il aurait probablement détesté avoir ainsi besoin d'aide par le passé. Il avait toujours voulu se suffire à lui-même. Mais c'était différent avec Castiel. Tout était différent avec lui. Et Dean adorait ça. Il devenait un autre homme. Mais son changement ne lui faisait pas peur. Parce qu'il pouvait sentir qu'il devenait quelqu'un de meilleur à son contact.

- Est-ce que tu veux que j'appelle les secours ou est-ce que tu peux te lever et marcher ?

Dean n'avait pas envie de se donner en spectacle. S'il sortait sur une civière, tout le monde le verrait. Et il venait souvent dans cet endroit. Il ne voulait pas qu'on puisse le voir comme une victime et avoir pitié de lui à chaque fois qu'il entrerait dans le bar. Il se sentait de toute façon parfaitement capable de marcher.

- Non, je peux me lever. Tu devrais appeler tes collègues et ensuite… je suis désolé mais je crois qu'il serait plus raisonnable que tu me conduises à l'hôpital. Je suis presque sûr que j'ai une commotion cérébrale.

- Je pense que c'est plus raisonnable oui, confirma Castiel.

Dean le regarda ensuite sortir son téléphone de sa poche et appeler ses collègues. Il leur expliqua rapidement la situation puis leur promit de les attendre sur place. Il raccrocha ensuite et reporta son attention sur Dean.

- Ils seront là dans quelques minutes. Tu préfères attendre ici ou dans la salle ?

- Non, ici. Je suis bien ici.

Tant qu'il était ici, il pouvait garder un œil sur Victor. S'assurer qu'il ne prenait pas la fuite. Et il n'y avait personne pour le voir dans cet état. Personne d'autre que Castiel. Ce qui était étonnant. Le bruit n'avait visiblement attiré personne. Ou peut-être son petit ami avait-il demandé à ce que personne ne vienne au cas où.

- On va attendre ici alors, souffla Castiel.

Il prit ensuite place à côté de Dean sur le carrelage. Il passa un bras autour de ses épaules et le jeune homme ne perdit pas une seconde. Il se blottit contre lui sans hésiter. Il ne ferma pas les yeux. Il savait que ce n'était pas prudent. Il garda donc le regard rivé sur Victor. Mais ainsi collé à Castiel, il se sentait en sécurité. Il se sentait bien. Peu importait la douleur. Peu importait la panique qu'il ressentait toujours un peu. Il était à sa place. Et il avait le meilleur petit ami du monde pour veiller sur lui. Il ne risquait plus rien. Le cauchemar était enfin terminé pour de bon.