Bonjour,

Voici le chapitre 38 de cette histoire. Plus que deux et elle sera terminée.

Merci à Marie pour la correction.

Le titre parle de lui même je pense. Mais c'est enfin la fin du cauchemar pour Dean et Castiel. Ils vont enfin pouvoir profiter de la vie ensemble.

Merci à vous de continuer à me lire et à m'écrire.

J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.

Bonne lecture

Sydney8201

Musique du chapitre :

Yellow de Coldplay

Chapitre 38 : Fin du cauchemar

« Et parfois, la scène semble exister davantage que le monde, elle est plus présente que nos vies, plus émouvante et vraisemblable que la réalité, plus effrayante que nos cauchemars. »

Éric Vuillard

Dean et Castiel avaient attendu l'arrivée de la police dans les toilettes en silence. Personne n'était venu les déranger. Ils avaient gardé un œil sur Victor mais il ne s'était pas réveillé. Dean avait refusé de le quitter des yeux. Il avait fait l'erreur de ne plus penser à lui depuis son agression. Il lui avait laissé une chance de l'atteindre à nouveau. Il ne recommencerait pas. Cette fois, il ne baisserait pas sa garde tant que cet enfoiré ne serait pas derrière les barreaux. Et pour de bon.

Les policiers lui posèrent quelques questions mais n'insistèrent pas pour avoir tous les détails de son agression. Ils semblaient sentir que ce n'était pas le bon moment pour l'interroger. Et Castiel ne les aurait de toute façon pas laissé faire.

Dean regarda les officiers embarquer Victor après l'avoir menotté. Puis il suivit Castiel jusqu'à la sortie du bar en évitant de regarder quiconque. Il n'aimait pas l'idée que les clients présents et le personnel puissent savoir qu'il lui était arrivé quelque chose. Peu importait qu'ils ne sachent pas exactement quoi. Ils en tireraient des conclusions. Et le jeune homme serait à leurs yeux la victime dans cette histoire. Ce qu'il était bien sûr, d'une certaine manière. Mais il n'aimait pas que des inconnus puissent le savoir. Qu'ils puissent avoir de la peine pour lui. Ou pire encore. De la pitié. Il refusait qu'on puisse ressentir de la pitié pour lui. C'était en grande partie pour ça qu'il ne parlait jamais de son passé. De la mort de sa mère et de ce que son père leur avait fait subir. Il s'en était sorti. Il avait fait en sorte de surmonter cette épreuve. Il avait fait des sacrifices mais il ne le regrettait pas. Et il ne voulait surtout pas qu'on puisse le plaindre. C'était son passé qui avait fait de lui l'homme qu'il était. Il en était plutôt fier.

Il évita donc soigneusement tous les regards braqués sur lui et laissa Castiel le guider jusqu'à la sortie avec un bras autour de ses épaules. Il avait la tête qui tournait et une migraine atroce. Mais il était presque sûr qu'on le laisserait sortir à la condition que quelqu'un soit là pour veiller sur lui. Castiel s'en chargerait et Dean avait perdu le compte de toutes les choses pour lesquelles il lui devait un immense « merci ». Castiel était son sauveur dans tous les sens du terme.

Comme il l'avait imaginé, le médecin lui donna son aval pour rentrer chez lui le soir même. Il prit toutefois le temps de cataloguer et décrire toutes ses blessures pour la police. Dean passa des radios et un IRM pour la tête. Il n'avait rien de sérieux. Juste une légère commotion. Il irait mieux d'ici demain. Une nouvelle fois, il s'en sortait bien.

Castiel le raccompagna chez lui et, sans qu'ils aient besoin d'en parler, il resta avec lui. Dean était épuisé. Il avait terriblement envie de dormir. Il voulait oublier ce qui venait de se passer. Il voulait que cette journée se termine pour pouvoir enfin débuter la prochaine. Victor était hors d'état de nuire. Et Alastair était mort. Il n'existait plus aucune menace sur Dean. Du moins pour le moment. Il allait enfin pouvoir se concentrer uniquement sur Castiel et lui. Sur leur histoire et leur avenir. Il avait tellement hâte de voir où leur chemin les mènerait.

Mais le médecin avait été clair sur ce point. Si Dean pouvait effectivement dormir, il devait absolument être réveillé toutes les deux heures. Et la personne qui se chargerait de veiller sur lui devrait alors lui poser des questions et s'assurer qu'il allait bien avant de le laisser se rendormir. La nuit s'annonçait longue et compliquée. Mais avec Castiel à ses côtés, Dean ne le redoutait pas vraiment.

Son petit ami suivit les recommandations du médecin à la lettre. Il réveilla le jeune homme et se chargea de lui poser des questions. Il ne le laissa fermer les yeux à nouveau que lorsqu'il fut satisfait par ses réponses et rassuré sur son état.

Dean aurait pu être agacé d'avoir à subir de tels interrogatoires et de ne pas pouvoir dormir paisiblement mais il s'en fichait. Il était blotti contre Castiel. Il pouvait sentir son odeur et la chaleur de son corps envahir le sien. Il pouvait sentir son cœur battre contre sa joue. Il se sentait bien. Il se sentait tout à fait à sa place. Et Castiel le réveilla avec toute la douceur dont il était capable. D'une caresse légère sur la joue. D'un baiser sur le front. Ou de cette voix si grave et profonde qui arrachait un frisson au jeune homme à chaque fois. C'était parfait.

Quand il fut l'heure de se lever pour de bon, Dean appela Garth pour le prévenir qu'il ne viendrait pas travailler. Il était encore sous le coup de ce qu'il avait subi la veille et il avait besoin de repos. Il devait également se rendre au commissariat pour sa déposition. Gabriel avait été chargé de l'enquête et Dean en était grandement rassuré. Castiel serait également là pour le soutenir. C'était un mauvais moment à passer. Mais c'était également le point final de toute cette histoire. Et Dean avait vraiment hâte de pouvoir clore ce chapitre pour de bon.

Il fit de son mieux pour ignorer les regards des policiers quand il pénétra dans le commissariat. Il ne savait pas s'ils étaient dus à ce qu'il avait fait et subi dans le cadre de l'enquête sur Alastair… à sa relation avec Castiel ou à ce qu'il venait de vivre à nouveau. Il s'en fichait pas mal. Les collègues de son petit ami pouvaient bien penser ce qu'ils voulaient de lui. Certains se disaient sans doute qu'il devait le chercher pour avoir été victime de deux agressions en aussi peu de temps. Certains avaient probablement de la peine pour lui. Ou certains continuaient à le voir comme un charlatan. Il refusait de laisser leurs opinions l'atteindre. Il savait que rien de tout ceci n'était de sa faute. Et il savait également qu'il n'avait jamais menti ou cherché à attirer l'attention sur lui. Il n'avait rien à se reprocher. Castiel le savait aussi. Gabriel avait confiance en lui. C'était tout ce qui comptait.

On l'installa dans une salle d'interrogatoire et on lui apporta un café. Castiel ne pouvait pas rester avec lui durant son entrevue avec Gabriel. Mais il était juste à côté et il attendait son retour. Dean saurait s'en contenter. Il avait de surcroit une totale confiance en Gabriel. Le coéquipier de son petit ami ferait en sorte que ce moment soit le moins difficile pour lui.

- Dean, le salua Gabriel en entrant dans la pièce.

Le jeune homme lui adressa un petit sourire et un signe de la main. Il avait toujours un peu mal au crâne. Et sa blessure à la tempe le lançait affreusement. Il avait refusé de prendre des anti-douleurs. Ils avaient tendance à l'embrouiller et il voulait avoir les idées claires. Mais il le regrettait un peu maintenant. La lumière des néons de la pièce lui brûlait les rétines. Il avait envie de rentrer chez lui et de se glisser sous sa couette pour dormir un peu. Il voulait que Castiel l'accompagne pour pouvoir se blottir contre lui à nouveau.

- Ma première question n'est sans doute pas professionnelle et je te la pose en tant qu'ami… comment est-ce que tu te sens ? lança Gabriel après avoir pris place en face du jeune homme.

Dean haussa les épaules. Il n'avait vraiment pas envie de parler de l'incident de la veille. Il voulait l'oublier. Mais il savait que c'était une étape essentielle et inévitable. Il avait également envie de rassurer Gabriel sur son état. Il savait que son ami se faisait sincèrement du souci pour lui.

- Je suis toujours sous le choc. Physiquement, je suis épuisé et j'ai terriblement mal à la tête mais… je sais que j'ai eu de la chance. Je n'ai rien de grave. Juste quelques bleus et une légère commotion. Tout devrait rapidement rentrer dans l'ordre.

- Quand Cas m'a appelé hier soir, j'ai… tu m'as fichu une sacrée trouille et ce n'est pas… ce n'est pas du tout un reproche. Je sais que ce n'est pas de ta faute mais… si tu pouvais essayer de rester en dehors des ennuis dorénavant… cela m'éviterait de me raccourcir la vie de plusieurs années.

Dean sourit. Il aurait aimé pouvoir faire une telle promesse à son ami. Mais il avait un don qui risquait de le mettre en danger à nouveau dans un avenir proche. Il ne voulait pas lui mentir. Il choisit donc de ne rien répondre. Gabriel sembla le comprendre et n'insista pas.

- Je dois maintenant t'informer que cette conversation sera enregistrée. Est-ce que tu t'y opposes ?

- Non, tu peux y aller.

Gabriel hocha la tête puis ouvrit le dossier qu'il avait posé sur le table métallique entre eux. Dean y jeta un coup d'œil rapide. Il y avait une photo de Victor sur la première page. Et des tonnes de choses écrites en dessous. Il soupira avant de reporter son attention sur Gabriel.

- Nous avons reçu le rapport du médecin et recueilli le témoignage des clients et du patron du bar. Castiel s'est également chargé de nous faire son propre rapport par écrit. Cet interrogatoire est juste destiné à confirmer leurs propos. Mais tu n'as aucun souci à te faire. Victor est fichu. Je veillerai à ce qu'il prenne la peine maximale pour ce qu'il t'a fait… et ce qu'il a fait aux autres.

Dean fronça les sourcils, surpris par ce qu'il entendait. Il n'était pas surpris par le reste des propos de Gabriel. Il se doutait bien que les preuves étaient accablantes pour Victor. Il n'avait pas peur de le voir s'en sortir à nouveau. Mais il était en revanche curieux d'en savoir plus sur ce que Gabriel avait dit en dernier.

- Comment ça ce qu'il a fait aux autres ? demanda t-il alors.

Gabriel se racla la gorge et Dean sentit aussitôt que ce qu'il avait à dire le gênait. Dean refusait toutefois de laisser couler. Il voulait savoir ce qu'on lui cachait.

- Gabe… comment ça ce qu'il a fait aux autres ? insista t-il en regardant son ami droit dans les yeux.

Gabriel baissa les yeux sur son dossier une seconde avant de prendre une grande inspiration et de reporter son attention sur Dean. Il semblait savoir qu'il en avait trop dit. Mais il semblait également avoir conscience qu'il ne pourrait pas s'en sortir sans répondre au jeune homme. Et il le ferait parce qu'il était honnête et sincère. Et parce qu'il appréciait sincèrement Dean.

- Tu n'es pas le premier… tu… Victor a fait d'autres victimes avant toi.

- Tu veux dire qu'il a agressé d'autres hommes avant moi ? Tu veux dire… avant la première ou la seconde fois ?

Il aurait parfaitement pu choisir de ne pas en savoir trop sur ce point. De rester dans l'ignorance pour ne pas prendre le risque d'en perdre le sommeil. Mais il avait besoin de savoir à quoi il avait vraiment échappé.

- Avant ta première agression, Victor avait déjà… il avait déjà fait une victime… un jeune homme qui te ressemblait et qu'il a réussi à… disons qu'il a eu moins de chance que toi. Il est en vie mais… Victor l'a violé.

- Et après lui ? Après moi ? Est-ce qu'il y en a eu d'autres ?

Dean connaissait déjà la réponse. Il n'avait même pas besoin que Gabriel la lui donne. Mais il avait tout de même besoin de l'entendre de sa bouche.

- Il y en eu deux autres Dean… mais cette fois… il… il les a…

- Tué ? compléta Dean en sentant son cœur se serrer dans sa poitrine.

- Grace à toi, on l'a arrêté et il ne pourra plus jamais faire de mal à qui que ce soit. Je te le promets. J'y veillerai personnellement. L'essentiel, c'est que tu ailles bien et que tu t'en sois sorti.

Dean avait eu de la chance. Quand Victor lui avait parlé de ce qu'il avait en tête pour lui, le jeune homme avait senti qu'il ne plaisantait pas. Qu'il était déterminé à lui faire du mal et à se venger de lui. Mais Victor n'avait pas seulement l'intention de l'agresser sexuellement ou de le violer. Il était déterminé à le tuer. Et il n'en était pas à son coup d'essai. Dean aurait été sa troisième victime. Il avait un peu de mal à réaliser ce que cela impliquait. S'il n'y avait pas eu Castiel, il serait peut être mort. Parce qu'il n'aurait jamais réussi à s'en sortir seul. Il ne devait son salut qu'à son petit ami. Il imaginait ce que Castiel ressentirait en l'apprenant. Ils étaient passés une nouvelle fois proche d'un drame. Et Dean commençait sérieusement à se demander s'il n'était pas maudit. C'était le deuxième homme déterminé à le tuer qu'il rencontrait en seulement quelques mois. Qu'avait-il bien pu faire pour mériter ça ? Pouvait-il réellement croire que tout ceci était terminé ou bénéficiait-il seulement d'un sursis avant qu'un nouveau malade ne le prenne pour cible ? Avait-il le droit d'imposer tout ceci à Castiel ?

Il fut interrompu dans ses réflexions et ses questionnements par Gabriel.

- Dean, je sais que tu dois te poser des dizaines de questions. Tu dois probablement imaginer tous les scénarios possibles ou même te faire des reproches mais… ce type… ce malade est derrière les barreaux. Il ne pourra plus nuire à qui que ce soit. Et… je sais que tu dois penser que le sort s'acharne sur toi. Parce qu'après Alastair, tu pensais sans doute pouvoir enfin penser à autre chose. Et puis il y a eu Victor mais… le monde est rempli de cinglés dans son genre. Tu ne pourras jamais les empêcher de chercher à faire du mal. Ils ne s'en prendront pas tous à toi bien sûr mais… certains pourraient essayer. Parce que tu es un homme séduisant et libre qui ne se cache pas. Parce que tu es fort et courageux. Parce que tu représentes un défi pour ces gens-là. Ce n'est pas de ta faute. Ce n'est pas le destin ou le sort. C'est juste comme ça.

Dean hocha la tête. Il savait bien que Gabriel avait raison. Mais cela ne rendait pas les choses plus faciles à accepter et à vivre. Il n'était pas naïf au point de penser que son style de vie était accepté de tous. Il savait bien qu'il existait des gens pour le désapprouver. Que certains malades tenteraient de l'empêcher de vivre comme il le souhaitait. Mais il était fatigué. Il avait juste envie de mener sa vie normalement. D'être heureux avec Castiel. Pourraient-ils l'être vraiment un jour ?

- Est-ce que Castiel le sait ? demanda t-il alors.

Gabriel hocha la tête à son tour.

- Il a lu le dossier. Et avant que tu ne dises quoi que ce soit, je préfère te préciser que ce n'est pas parce qu'on pense qu'il a besoin de savoir pour te protéger ou que tu n'es pas capable d'encaisser ce genre de nouvelle seul. Ce n'est pas non plus parce que j'avais peur que tu le lui caches. C'est la procédure. Il est intervenu en premier et il est impliqué. Il devait être mis au courant. Il pourrait être amené à témoigner. On a besoin qu'il sache.

Dean soupira longuement. Il était finalement soulagé que Castiel soit déjà au courant. Il n'aurait pas aimé avoir à le lui dire lui-même. Mais il était presque sûr que la nouvelle allait le mettre hors de lui. Ou l'inquiéter plus qu'il ne s'inquiétait déjà. Le jeune homme espérait sincèrement qu'ils sauraient passer outre pour se concentrer sur leur histoire. Il y aurait toujours un danger quelconque pour planer sur l'un d'eux. Que ce soit en raison de leur style de vie, de leur homosexualité, du travail de Castiel ou du don de Dean. Mais ils ne devaient pas penser constamment aux choses négatives. Ils avaient tellement de choses merveilleuses à vivre.

- Je suis content qu'il soit au courant… et je le lui aurais dit parce qu'il a le droit de savoir mais… j'aimerais parfois pouvoir lui épargner tout ça. Depuis qu'il est avec moi, il a dû me sauver la vie trois fois et… je ne veux pas qu'il puisse se fatiguer et penser que je n'en vaux pas la peine.

Dean entendit Gabriel couper le magnétophone qui enregistrait leur conversation. C'était très probablement quelque chose qu'il n'avait pas le droit de faire mais il semblait s'en ficher. Et le jeune homme était touché de voir que son ami privilégiait son bien être avant son affaire. C'était une preuve de plus qu'il était quelqu'un de bien.

- Dean, ce n'est pas comme ça que Castiel voit les choses et ce n'est pas comme ça que tu dois les voir non plus. Tu n'as rien fait pour mériter ce qui t'es arrivé. Tu n'as rien fait de mal. Tu n'as pas eu de chance et ce monde… il est pourri et désespérant parce qu'il s'en prend le plus souvent à ceux qui le méritent le moins. Les gens comme toi qui cherchent à faire le bien. Qui sont bons et honnêtes. Mais ça ne change rien à ce que tu es. Tu es une personne extraordinaire et Castiel le sait depuis le premier jour. Il t'aime pour ce que tu es. Pas pour ce que tu pourrais lui rapporter. Il ne se fatiguera pas. Tout comme je sais que tu ne te lasseras jamais de lui… même si son travail implique que tu sois inquiet pour lui parfois.

Une nouvelle fois, Gabriel avait raison sur toute la ligne. Il était incroyablement lucide sur leur relation. Et même s'il ne connaissait pas Dean depuis très longtemps, il en savait beaucoup sur lui et sur sa façon de fonctionner. Le jeune homme ne pouvait que croire ce qu'il disait. Lui était sous le choc de ce qu'il avait subi et de ce qu'il venait d'apprendre. Il ne pouvait pas réfléchir correctement. Il était même très certainement injuste de penser tout ceci de Castiel. Son petit ami s'était efforcé de lui prouver le contraire depuis qu'ils étaient ensemble. Dean n'avait pas le droit de continuer à douter. Il était grand temps qu'il lui fasse vraiment confiance.

- Tu as sans doute raison, admit-il alors. Si je sais que je n'abandonnerai jamais Castiel pour ces raisons-là et si je sais que je ne lui demanderai jamais de choisir entre son travail et moi, je devrai savoir qu'il pense la même chose. Je lui dois de lui faire confiance et… je pensais vraiment avoir réussi mais après l'autre soir, j'ai recommencé à douter… pas de lui… jamais de lui. Mais de moi… de ce que je suis et de ce que je vaux. Mais tu as raison et il a raison aussi parce qu'il me l'a déjà dit des centaines de fois… si j'ai des difficultés à me voir tel que je suis vraiment alors il faut que j'apprenne à croire ce que les autres en disent. Il est temps que je passe outre mon manque de confiance et mes insécurités.

- Tu es quelqu'un de bien Dean. N'en doute surtout pas. Et si Castiel ne te le dit pas suffisamment, alors tu n'auras qu'à venir me voir… je m'en chargerai pour lui.

Dean sourit alors. Il avait de la chance de pouvoir compter Gabriel parmi ses amis. Il était définitivement quelqu'un de foncièrement positif. Quelqu'un qui savait comment aider les autres à se sentir mieux. Dean avait besoin de gens comme ça dans son entourage pour lui apprendre à se voir enfin tel qu'il était vraiment.

- Est-ce qu'on peut reprendre ? Je ne veux pas te garder trop longtemps parce que je sais que Castiel doit s'impatienter et… bien sûr, si tu n'es pas prêt, on peut remettre tout ça à plus tard. Je pourrais comprendre.

- Non, on peut reprendre, assura Dean.

Lui non plus ne voulait pas rester dans cette pièce trop longtemps. Il regarda donc Gabriel rallumer son magnétophone puis il commença à parler. Il lui raconta sa soirée. Il lui raconta comment Victor l'avait enfermé dans les toilettes et il lui répéta tout ce que ce monstre lui avait dit. Il espérait qu'en dévoilant tout, il pourrait clôturer ce chapitre pour de bon. Et se sentir un peu plus léger. Il savait qu'une autre discussion à ce sujet l'attendait avec Castiel. Mais il devait d'abord franchir cette première étape avant de songer à la seconde. Faire les choses dans l'ordre et ne pas chercher à les précipiter.


Dire que Castiel avait de nouveau vécu un enfer était un euphémisme. Voir Dean entre les mains d'un homme déterminé à lui faire du mal à nouveau l'avait renvoyé quelques jours plus tôt. A ce qu'Alastair avait fait subir au jeune homme. Bien sûr, Victor ne l'avait pas détenu aussi longtemps. Il n'avait pas eu le temps de le torturer. Mais il l'avait touché. Et il avait probablement l'intention de le violer. De le tuer ensuite sans doute.

Castiel avait senti que quelque chose clochait très rapidement. Une nouvelle fois, son petit ami avait réussi à lui envoyer un message d'alerte. Ce n'était pas aussi clair que lorsqu'il était détenu par Alastair mais cela avait suffi. Castiel avait senti qu'il devait se dépêcher. Et il n'avait pas eu besoin de chercher son petit ami dans le bar. Il savait exactement où le trouver.

Victor était à présent hors d'état de nuire. Gabriel était en charge du dossier et Castiel savait qu'il pouvait lui faire confiance pour que Victor soit condamné. Il paierait pour ce qu'il avait osé faire à Dean.

La nuit suivante, le jeune homme était épuisé. Le médecin avait toutefois été très clair sur ce point. Il ne devait pas dormir plus de deux heures de suite sans être réveillé. Castiel n'avait pas eu besoin d'informer Dean qu'il comptait bien veiller sur lui. Tout s'était fait naturellement.

Il avait donc passé la nuit avec son petit ami. Il s'était assuré qu'il allait bien et avait suivi les consignes du docteur à la lettre. Il était content de pouvoir rester à ses côtés. Il avait besoin de le sentir tout contre lui. Cela l'aidait à assimiler le fait que Dean allait bien. Qu'une nouvelle fois, ils avaient échappé au pire.

Castiel ne pouvait s'empêcher de se demander s'il y aurait d'autres monstres déterminés à faire du mal à l'homme qu'il aimait dans l'avenir. Si leur vie serait rythmé par les mêmes scènes de cauchemar à nouveau. Le don de son petit ami les conduirait probablement à affronter des situations similaires. Et si Castiel l'avait accepté depuis le départ, il était tout de même inquiet.

Mais il ne le reprocherait jamais à Dean. Il l'aimait tel qu'il était. Il l'aimait aussi pour son don qui avait fait de lui cet être courageux, généreux et extraordinaire. Il était prêt à affronter toutes les épreuves avec lui. Il voulait croire qu'ils sauraient s'en sortir à chaque fois.

Il conduisit Dean au commissariat le lendemain. Il aurait voulu pouvoir être là pour son interrogatoire mais la procédure l'en empêchait formellement. Et s'il avait eu envie d'insister, il préférait ne pas prendre le risque de tout gâcher pour un vice de forme. Victor devait à tout prix aller en prison.

Il avait de toute façon parfaitement confiance en Gabriel pour veiller sur son petit ami. Et pour faire en sorte que ce moment soit le moins difficile et douloureux possible.

En attendant Dean, on lui confia le dossier de l'enquête. Il avait été le premier sur les lieux et il serait amené à témoigner. Il devait avoir toutes les informations en main pour être le plus efficace possible. Ce n'était pas facile pour lui. Il ne parvenait pas à être détaché. Cet homme – ce monstre – avait posé les mains sur l'homme qu'il aimait. Ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait mettre de côté.

Et ce fut pire encore quand il apprit que Victor n'en était pas à son coup d'essai. Il avait déjà agressé d'autres hommes avant et après Dean. Il en avait même tué deux. Castiel n'avait pas imaginé une seconde que Victor pouvait être un meurtrier. Il le sentait dangereux. Mais cette information changeait tout. Ils avaient vraiment échappé au pire. Dean aurait parfaitement pu mourir de ses mains. Castiel en avait les larmes aux yeux rien que d'y penser.

Il supposait que ce n'était pas facile pour Dean non plus. C'était même sans doute pire encore. Car il devait sans doute se demander si le sort ne s'acharnait pas sur lui. Il allait très certainement se faire des reproches. Et probablement douter de leur relation. Il chercherait à justifier tout cela par sa volonté de protéger Castiel de ces épreuves. Mais ce dernier se fichait des difficultés à venir. Il voulait passer le reste de ses jours avec Dean. Rien d'autre n'avait d'importance.

Il lut le dossier puis le referma et attendit patiemment que Dean revienne. Quand il sortit de la salle d'interrogatoire, il avait l'air fatigué. Il semblait également sous le choc. Mais Castiel pouvait sentir son soulagement. Il en avait fini avec cet aspect de cette histoire. Ils pouvaient passer à autre chose en attendant le procès.

Dean se dirigea aussitôt vers lui et sans se soucier qu'on puisse les voir, il se blotti immédiatement dans les bras de Castiel. Ce dernier le serra contre lui et ferma les yeux. Ils allaient avoir besoin de parler de tout ça. Mais pas ici et pas maintenant.

Gabriel lui adressa un petit signe de la tête lui signifiant qu'ils pouvaient partir. Castiel ne perdit pas une seconde de plus et guida son petit ami jusqu'à la sortie. Ils firent le chemin du retour en silence. Dean semblait avoir besoin d'un peu de temps pour assimiler ce qu'il venait d'entendre. Castiel le laissa donc tranquille.

Dean ne dit rien jusqu'à ce qu'ils soient enfermés dans son appartement, installés sur le canapé côte à côte.

- Il a tué deux hommes. Je sais que tu es au courant mais je crois que j'avais besoin de m'entendre le dire. Il a… Victor a tué deux hommes et il m'aurait tué moi aussi s'il en avait eu l'occasion.

Castiel hocha la tête. Dean semblait toujours sous le coup de la nouvelle. Castiel l'était lui aussi. Il pensait avoir sauvé son petit ami d'une agression ou d'un viol. Mais il l'avait sauvé d'une tentative de meurtre.

- Et le pire c'est que ce n'est pas le premier… ce n'est pas le dernier non plus. Je ne sais pas quand et qui mais je sais que cela recommencera un jour et je veux… j'ai besoin que tu le saches toi aussi. Parce que tu as besoin de… si tu t'engages, je veux que tu le fasses en connaissance de cause.

Castiel n'était pas surpris d'entendre Dean exprimer ces doutes. Il s'était attendu à ce qu'il aborde ce sujet avec lui. La réponse, le jeune policier la connaissait depuis le premier jour. Elle n'avait pas changé avec l'enlèvement de Dean par Alastair. Elle n'avait pas changé non plus après Victor. Rien ne pourrait la faire changer. Mais son petit ami ne semblait pas en avoir conscience. Ou peut être l'avait-il oublié. Castiel était tout à fait disposé à le lui rappeler encore et encore. Car il était presque sûr qu'ils en parleraient à nouveau à la prochaine difficulté.

- Dean, je sais parfaitement dans quoi je m'engage. Et je n'ai pas le moindre doute. Je sais ce que je veux. Je me fiche de tout le reste. Ce n'est pas comme ça que je vois les choses. Je t'aime. Je veux vivre avec toi. Je veux t'épouser. Et je veux vieillir à tes côtés. Le choix que j'ai fait, je l'ai fait parce que tu es une personne extraordinaire. Parce que j'ai senti une connexion unique entre nous à la seconde où je t'ai rencontré. Parce que tu es séduisant, sexy et drôle. Je peux continuer à faire la liste de tes qualités mais ce n'est pas le sujet. Ce que je cherche à te dire, c'est que je n'ai pas fait une liste des pours et des contres. J'ai suivi mon instinct et j'ai suivi mon cœur. Et les deux me crient que tu es l'homme de ma vie. Que tu es mon âme sœur. Alors les épreuves et les difficultés… franchement, je m'en contrefiche. Ou plutôt non. J'aimerais que notre vie soit parfaite. Qu'elle soit un long fleuve tranquille. Mais ce n'est presque jamais le cas. Alors je l'accepte. Et rien de ce qui pourrait t'arriver dans le futur ne me fera changer d'avis.

Dean le regarda longuement dans les yeux comme pour s'assurer qu'il ne mentait pas. Qu'il était parfaitement sincère. Castiel soutint son regard sans ciller. Il pensait ce qu'il disait. Il en était convaincu. Il n'envisageait pas l'avenir sans Dean à ses côtés. Et il espérait que le jeune homme le pensait aussi.

- Cas, je… je sais que tu m'aimes. Je n'en doute pas mais je… ce don que j'ai, il risque de nous conduire dans des situations qui pourraient aussi te mettre en danger.

- Dean, mon métier me met en danger tous les jours. Ce n'est pas quelque chose qui me fait peur. Pas du tout.

Le jeune hocha alors la tête. Quand il tourna le visage, Castiel crut voir un début de sourire étirer ses lèvres. Il comprit alors que Dean avait engagé cette discussion justement pour obtenir cette réponse. Il voulait que Castiel lui confirme ce qu'il savait déjà.

- J'ai hâte que cette histoire soit derrière nous. Que ce cauchemar se termine. J'ai hâte de pouvoir clôturer ce chapitre et en entamer un nouveau. J'ai tellement de projets. Tellement d'envies et de… rêves. C'est étrange parce que j'ai à la fois envie que le temps passe plus vite mais aussi qu'il s'arrête pour pouvoir profiter de chaque seconde pleinement.

Castiel en avait envie lui aussi. Il lui arriva de s'imaginer dans un, cinq ou dix ans quand il s'ennuyait au bureau. Les images n'étaient pas toujours les mêmes. Les lieux changeaient. Mais Dean était toujours là. Parce que c'était la seule chose dont Castiel avait besoin pour être pleinement heureux. Une nouvelle fois, le reste n'avait aucune importance.

- Et je te promets qu'on fera en sorte de les réaliser… tous sans exception. Nous sommes forts Dean. Tous les deux… ensemble… Nous sommes indestructibles. Cette connexion entre nous… elle nous permet d'accomplir des miracles. Elle nous permet de ne jamais être vraiment séparés. Et elle est unique. Elle est magique et merveilleuse. Tu penses peut-être que le sort s'acharne sur toi ou que tu manques de chance mais… moi je crois au contraire que nous sommes tous les deux incroyablement chanceux. Plus que la majorité des gens. Malgré les épreuves et malgré les difficultés… Dean je remercie le ciel tous les jours de t'avoir rencontré. Et ça ne changera jamais.

Dean semblait bouleversé par ce qu'il venait d'entendre. Castiel avait ouvert son cœur et parlé sans réfléchir. Sans peser chacun de ses mots. Il s'était contenté de dire ce qu'il ressentait et ce qu'il savait depuis un moment maintenant. C'était peut-être ça la solution en fin de compte pour réussir dans les relations avec les autres. Il suffisait peut-être de parler sans réfléchir. Sans se demander ce que l'autre en penserait. Sans se soucier de son jugement. Castiel n'avait jamais procédé de la sorte auparavant. Mais de toute évidence, cette fois, c'était exactement la bonne chose à faire.

- Je sais que j'ai de le chance moi aussi Cas. J'en suis pleinement conscient. Parce que je voyais ce don comme une malédiction au début… comme une sorte de punition peut-être pour la vie que j'avais choisi de mener jusque-là. Ou comme une mission que je me devais de remplir. Mais je ne l'avais jamais vu comme une chance incroyable. Comme une bénédiction. C'est le cas maintenant. Parce que sans lui, je ne t'aurais jamais rencontré. Je n'aurais jamais connu ce bonheur indescriptible et total. Oui j'ai de la chance. J'aimerais juste que ce soit plus facile pour nous deux parfois.

- Et ça le sera Dean. Ça ne sera compliqué que si on choisit que ça le soit. En ce qui me concerne, je refuse de laisser quoi que ce soit se mettre entre nous. Et si tu es déterminé à en faire de même alors tout sera facile.

Dean prit une seconde pour réfléchir à ce que Castiel venait de lui dire. Ce dernier, quant à lui, en profita pour assimiler la déclaration que son petit ami venait de lui faire. Ses mots l'avaient bouleversé. Ce n'était pas la première fois que le jeune homme lui ouvrait son cœur comme ça. Il le faisait avec plus de facilité que Castiel. Mais ses mots sonnaient différemment maintenant. Parce qu'ils avaient ouvert un nouveau chapitre de leur vie et qu'ils représentaient un véritable engagement. Celui de rester ensemble quoi qu'il en coûte. Celui d'être heureux même si cela pouvait déplaire à certains.

- Je t'aime Cas… plus que la vie elle-même, souffla finalement Dean après quelques secondes.

- Et je t'aime tout autant, répliqua Castiel sans hésiter.

Dean combla alors la distance qui les séparait et l'embrassa passionnément. Castiel n'était pas surpris par sa réaction. Son petit ami avait parfois besoin de prouver ce qu'il disait par les gestes. Parce qu'il avait lui-même besoin de preuves physiques pour enfin croire aux déclarations de Castiel. Ce dernier n'allait certainement pas s'en plaindre. Il ne voyait pas de meilleur moyen de sceller la promesse qu'ils s'étaient faites.

Ils s'embrassèrent durant de longues secondes, leurs langues se livrant une bataille qui n'aurait aucun vainqueur. Comme à chaque fois, Castiel sentit son corps s'embraser à nouveau. Il ne savait pas si Dean voulait se contenter de quelques baisers ou s'il souhaitait aller plus loin. Le jeune policier était tout à fait prêt à accepter les deux. Il voulait juste sentir Dean contre lui. Sentir la chaleur de son corps et son odeur unique.

Il eut la réponse à sa question quelques secondes plus tard quand Dean recula pour retirer son propre t-shirt. Pendant un instant, Castiel s'autorisa à admirer son torse. Il l'avait déjà vu plusieurs fois mais il avait la sensation de le redécouvrir encore et encore. Il poussa sur les épaules de Dean pour le conduire à s'allonger sur le canapé puis il prit place au-dessus de lui pour embrasser chacune des taches de rousseurs qui recouvraient son torse. Il les relia du bout de la langue. Il aurait sans doute pu y passer des heures entières sans se lasser ou sans ressentir le besoin d'aller plus loin. Mais Dean semblait impatient. Et il le lui fit comprendre en le repoussant gentiment pour lui retirer sa chemise.

Tout s'enchaîna alors rapidement. Et après plusieurs minutes, Castiel se retrouva entièrement nu entre les jambes de son petit ami également dévêtu. Il avait un doigt en lui et le faisait aller et venir rapidement, ciblant sa prostate à chaque fois. Comme toujours, Dean ne cherchait pas à retenir ses gémissements. Et comme à chaque fois, Castiel se sentait pousser des ailes. Il avait la sensation de flotter. C'était comme ça avec Dean. Il lui donnait l'impression d'être sur un petit nuage. De ne plus toucher terre. Et il voulait que cela continue éternellement.

Il ajouta un second doigt puis un troisième après quelques secondes. Dean était impatient et accompagnait déjà ses mouvements avec ses hanches. Son sexe était tendu et probablement douloureux. Castiel le regarda une seconde avant de reporter son attention sur l'endroit où ses doigts allaient et venaient à l'intérieur de son petit ami. Il s'accorda quelques secondes pour admirer le spectacle avant de les retirer.

Dean en profita alors pour se redresser. Le canapé n'était certainement pas le meilleur endroit pour faire l'amour. Et Castiel hésita un instant à proposer à son petit ami de rejoindre sa chambre. Mais ce dernier semblait avoir une autre idée en tête. Il poussa les jambes de Castiel jusqu'à ce que ce dernier soit assis sur le canapé. Puis il prit place au-dessus de lui. Il saisit son sexe et le guida jusqu'aux muscles dissimulé entre ses fesses. Il s'empala ensuite dessus sans attendre, arrachant un cri de surprise et de plaisir à Castiel.

Dean ne lui avait jamais caché ses préférences sexuelles. Il aimait plus que tout qu'on le domine. Qu'on prenne le contrôle et qu'on le manipule. Mais parfois, il choisissait de prendre les rênes. Et Castiel le laissait alors faire sans hésiter. Il se contenta de le regarder faire et d'apprécier toutes les sensations que Dean lui procurait. Cela ne lui donnait pas la sensation d'être utilisé. Il aimait voir son petit ami aux commandes. Il y avait alors quelque chose de presque sauvage chez lui. Une force qui émanait de lui et qui épatait Castiel à chaque fois.

Dean choisit un rythme soutenu dès le début. Il ne cherchait visiblement pas à faire durer le plaisir. Il voulait jouir et il savait parfaitement comment procéder pour y parvenir. Castiel l'admira alors qu'il allait et venait le long de son sexe. Il admira la manière dont il formait des huit avec les hanches parfois pour cibler sa prostate. Dean connaissait son propre corps par cœur. Et il n'en avait pas honte. Il avait expliqué, une fois, à Castiel qu'il lui arrivait de ressentir le besoin de se faire du bien. Il se masturbait alors longuement. Parfois en introduisant un ou deux doigts en lui. Parfois en utilisant un vibromasseur. Le jeune policier s'était alors promis de lui demander de lui montrer comment il faisait. Et de le laisser assister au spectacle. Il savait que cela serait incroyable. Mais ce n'était pas ce dont ils avaient besoin ce soir.

Dean approchait visiblement rapidement de l'orgasme. Il bougeait plus rapidement. Il avait le souffle court et de la sueur perlait à son front. Il avait les mains posées sur les épaules de Castiel pour s'aider. Et ce dernier avait les siennes posées sur ses hanches.

Il n'aurait pas su dire combien de temps cela dura mais quand Dean atteignit l'orgasme, il le regarda basculer sa tête en arrière et l'écouta crier son nom dans le silence de l'appartement. Il prit alors les rênes et fit aller et venir son sexe à l'intérieur de son petit ami pour prolonger son plaisir et pour chasser le sien. Son orgasme le prit presque par surprise. Il se répandit longuement à l'intérieur du jeune homme en criant à son tour.

Il ne perdit pas connaissance mais pendant quelques secondes, il eut l'impression de perdre contact avec la réalité. Il n'y avait que le plaisir ressenti. Et cette connexion unique entre Dean et lui qui renforçait un peu plus encore les sensations.

Il finit par rouvrir les yeux. Dean était toujours assis sur lui mais il avait basculé en avant et son visage était à présent enfoui dans son cou. Castiel referma aussitôt ses bras dans son dos. Il aurait pu rester ainsi des heures sans ressentir le besoin de bouger. Mais il savait que son dos le lui ferait regretter ensuite.

- Je crois que cet orgasme va rejoindre mon top trois des plus intenses… peut-être même qu'il pourrait concourir pour la première place, souffla Dean contre son cou.

Castiel sourit amusé.

- J'espère que c'est avec moi aussi que tu as connu l'actuel premier, répliqua-t-il.

- Tu es à l'origine des tous les orgasmes de mon top trois… et même de mon top dix. Ça n'a jamais été aussi fort avec qui que ce soit d'autre.

- Je te retourne le compliment.

Dean déposa ensuite un baiser contre son cou avant de se redresser pour le regarder dans les yeux. Castiel le sentait vulnérable à cet instant précis. Comme à chaque fois qu'ils faisaient l'amour. Durant les quelques minutes qui suivaient, Dean était totalement sans défense. Ses barrières étaient abaissées et Castiel pouvait presque voir son âme à travers ses yeux. C'était magnifique.

- On va être heureux tous les deux, murmura le jeune homme d'une toute petite voix.

- Tellement heureux qu'on rendra tous les autres jaloux, compléta Castiel, totalement sûr de lui.

Dean acquiesça avant de l'embrasser sur la bouche. Ils allaient devoir se relever bientôt. Ils ne pouvaient pas rester dans cette position éternellement. Mais Castiel voulait juste attendre encore un peu. Il voulait garder Dean contre lui. C'était intime et parfait. C'était exactement ce dont il avait besoin pour mettre de côté ce qu'ils avaient vécu depuis la veille. Leur vie serait parfaite malgré tout. Il y aurait des épreuves. Il y aurait des hauts et des bas. Mais ils s'étaient promis de rester ensemble malgré tout. Et quand ils étaient unis, rien ne pouvait réellement les atteindre. Leur lien unique les rendait indestructibles. Et Castiel plaignait en fin de compte quiconque tenterait de s'interposer. Alastair l'avait payé de sa vie. Victor allait passer le reste de ses jours en prison. Ils avaient essayé de leur nuire et ils avaient échoué. Castiel et Dean les avaient vaincus. Et ils continueraient à se montrer plus forts que leurs adversaires. Plus forts que le destin. Et plus forts que toutes les épreuves qu'ils seraient amenés à rencontrer.