Bonjour,

Voici le chapitre 39, l'avant dernier de cette histoire.

Merci tout d'abord à Marie pour la correction.

Dans ce chapitre, et comme le titre le laisse deviner, Castiel se retrouve confronté à Sam et John pour les présentations. Comment cela va t-il se passer ? Réponse dans ce chapitre.

Merci de continuer à me lire et à m'écrire.

Bonne lecture et à la semaine prochaine

Sydney8201

Musique du chapitre :

Courage to change de Sia

Chapitre 39 : Présentations

« Parole de critique : une première impression est toujours la bonne, surtout quand elle est mauvaise. »

Henri Jeanson

Dean s'était promis de ne surtout jamais prêter attention à l'image que les gens avaient de lui. Il ne voulait pas vivre pour satisfaire les attentes de la société ou de tous ceux qui considéraient que ses choix n'étaient pas « normaux ». Il se fichait pas mal d'entrer ou non dans leurs cases. Il ne cherchait pas à se faire accepter d'eux.

Il voulait mener sa vie selon ses propres envies. Il assumait pleinement chacun de ses choix. Il refusait de se cacher ou de mentir sur l'homme qu'il était. Sur ce qu'il aimait. Les gens à qui cela déplaisait n'avaient qu'à regarder ailleurs. Dean n'avait de toute façon pas besoin d'eux dans sa vie.

Il avait vécu suffisamment d'épreuves inévitables pour ne pas s'embarrasser de difficultés qu'il pouvait éviter. Il savait combien la vie pouvait être difficile et cruelle. Il l'avait appris quand il était encore trop jeune pour réellement le comprendre. Et il était déterminé à suivre sa route maintenant. Sans tenir compte de ce que les gens soi-disant bien-pensants pouvaient en dire. Ils pouvaient le juger. Mais Dean ne les écoutait pas.

Il se fichait de ne pas obtenir leur approbation. La seule qu'il aurait aimé avoir restait celle de sa mère. Et il ne pourrait jamais l'entendre lui dire qu'elle était fière de lui. Il ignorait les autres.

Dean avait donc appris à ne plus tenir compte de ce qu'on pensait de lui et de la vie qu'il menait. Il préférait de loin se regarder dans le miroir et se demander s'il était fier de lui-même. S'il avait réellement fait ce qu'il devait faire. S'il n'avait pas fait de mal gratuitement à quelqu'un. Il préférait nettement son propre jugement sur lui-même que celui des autres. Même s'il n'était que très rarement tendre avec lui-même.

Il avait été insulté dans sa vie. On l'avait traité de « pédé », de « tapette », de « folle » et de « pute ». On lui avait dit qu'il écartait les jambes pour le premier venu. On lui avait répété qu'il ne pourrait jamais rencontrer quelqu'un avec qui construire quelque chose de solide et de vrai. Ces mots ne le touchaient pas. Il ne les laissait pas l'atteindre.

L'amour de ses proches l'avait bien aidé. Probablement aurait-il eu plus de difficultés à passer outre s'il avait été seul. Mais il avait la chance d'être entouré de gens qui l'aimaient pour ce qu'il était. Avec ses défauts et ses qualités. Des gens qui ne le jugeaient pas. Qui ne le critiquaient pas mais le conseillaient quand ils estimaient que c'était nécessaire. Des gens qui le soutenaient.

Il y avait sa famille de sang bien sûr. Sam et leur père l'acceptaient tel qu'il était. Son homosexualité n'avait jamais été un problème pour eux. Pas plus que son désir de ne pas rencontrer l'âme sœur. De s'amuser pendant qu'il était encore jeune. Ils ne lui avaient jamais laissé sous-entendre qu'il ne faisait pas le bon choix. Et Dean les aimait pour ça. Plus qu'il n'aurait su le leur dire.

Il y avait également la famille qu'il s'était créée au fil des années. Charlie, Garth, Bobby, Jo et Ellen. Il les aimait de tout son cœur. Et il savait qu'il pouvait aller les voir et leur confier n'importe quoi, ils seraient là pour le soutenir, l'aider et le conseiller. Mais jamais pour le juger. Ils ne le critiquaient jamais. Dean se savait chanceux de les avoir.

Et c'était sans doute parce qu'ils comptaient tous énormément à ses yeux qu'il avait besoin que Castiel soit accepté par eux.

Dean ne voyait pas sa vie sans son petit ami à ses côtés. Il voulait l'épouser et fonder une famille avec lui. Mais il détesterait avoir à partager sa vie en deux. A séparer ses proches de l'homme qu'il aimait. A mener deux existences distinctes sans qu'elles puissent se mêler. Il voulait que Castiel fasse partie de sa famille. Il avait besoin que ses proches l'apprécient pour ça.

Leur avis sur l'homme qu'il aimait était crucial. S'ils ne l'aimaient pas, Dean ne romprait pas avec lui. Il l'aimait bien trop pour l'envisager. Mais il serait obligé de jongler entre lui et ses proches et il savait que cela finirait par l'éloigner de lui ou d'eux.

C'était un moment crucial. Une étape particulièrement importante dans leur histoire. Et Dean avait vraiment besoin que cela fonctionne.

Castiel semblait l'avoir compris. Et il était évident qu'il était stressé. Dean sentit son angoisse au moment où il lui annonça que sa famille insistait pour le rencontrer. Il aurait aimé pouvoir repousser ce moment. Il avait envie de profiter de Castiel maintenant qu'Alastair était mort et que Victor ne représentait plus aucune menace. Il aurait vraiment aimé s'isoler du rester du monde pendant quelques jours voire pendant quelques semaines. Ne pas se soucier de quoi que ce soit d'autre que de son petit ami et de leur bonheur.

Mais John et Sam avaient insisté. Dean leur avait tellement parlé de Castiel qu'ils étaient impatients de le rencontrer. Le jeune homme ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même si tout était aussi précipité. Il avait toujours été extrêmement proche de son frère et de son père. Ils se disaient tout. Et ils partageraient tout ensemble. Les bonnes nouvelles, les mauvaises, les moments de bonheur et les épreuves. Il était normal qu'ils veuillent rencontrer Castiel aussi rapidement. Dean n'avait pas eu le cœur à leur dire « non ».

Il avait donc fini par fixer une date avec eux et par en parler avec Castiel. Si son petit ami avait été opposé à l'idée, il n'aurait pas insisté. Mais cela aurait sans doute rajouté à son stress. S'il avait besoin que sa famille apprécie son petit ami, il avait également besoin que lui aime ses proches.

Il était presque sûr que Sam et Castiel allaient s'entendre. Ils avaient beaucoup de points communs. Ils pourraient être de très bons amis. John était une tout autre histoire. Il était extrêmement protecteur envers ses fils. Il voulait le meilleur pour eux. Et Castiel allait sans doute être testé. Il allait être interrogé. Il ne recevrait son aval que s'il était parfait. Heureusement pour lui, il avait sauvé la vie de Dean à deux reprises. Cela lui avait rapporté quelques points cruciaux.

- Tu sais que ni mon père ni mon frère ne vont te juger sur ce que tu choisiras de porter. Je ne peux pas te garantir qu'ils ne te feront pas subir un interrogatoire en règle… je suis d'ailleurs à peu près sûr que c'est exactement ce que mon père fera et je m'excuse par avance pour toutes les questions gênantes qu'il sera amené à te poser mais… il ne critiquera certainement pas ta tenue. Du moment que tu viens habillé, cela devrait leur suffire, expliqua Dean en observant son petit ami qui triait ses chemises une à une en quête de celle qu'il voulait porter.

Castiel le dévisagea une seconde, une chemise grise parfaite entre les mains avant de soupirer longuement.

- Je sais bien qu'ils se fichent pas mal de ce que je vais porter mais c'est… je te jure que j'ai l'impression d'être sur le point de passer l'entretien le plus important de mon existence et je veux que tout soit parfait. Je ne veux pas avoir l'air de… de ne pas avoir fait attention à mon apparence. Je ne veux pas qu'ils puissent penser que je me fiche complètement de ce qu'ils vont penser de moi.

Castiel semblait au moins aussi stressé que lui par ce dîner. Et c'était la preuve que son petit ami souhaitait absolument être accepté par ses proches. Dean ne pouvait pas l'aimer plus qu'à cet instant.

- Je t'aime parce que tu veux que ça fonctionne et que tu sais combien c'est important pour moi. Et je peux te promettre que ça ira. Je suis sûr qu'ils vont t'adorer.

- J'aimerais en être sûr moi aussi mais c'est la première fois que je vais être présenté à la famille de quelqu'un et tu sais que je suis… je ne suis pas forcément très doué pour les relations sociales. J'ai peur de dire quelque chose de stupide… j'ai peur qu'ils me trouvent stupide.

- Ils vont t'adorer parce qu'ils verront combien je t'aime et combien tu me rends heureux. Et puis tu m'as aussi sauvé la vie deux fois… je pense que ça devrait te rapporter quelques points.

Castiel hocha la tête mais il ne semblait toujours pas convaincu. Dean jeta un coup d'œil à sa montre. John et Sam seraient bientôt là. Le jeune homme avait choisi d'organiser le dîner chez lui pour que Castiel se sente aussi à l'aise que possible. Il était inutile de lui imposer un endroit qu'il ne connaissait pas en plus de gens qu'il n'avait jamais vu. Au moins, dans son appartement, il se sentait chez lui. Et si tout se passait bien ce soir, Dean avait l'intention de lui proposer d'emménager avec lui. C'était peut être trop rapide mais il s'en contrefichait. Il ne voyait plus aucune raison d'attendre quand il était aussi sûr de lui.

- Cette chemise est parfaite, souffla Dean après quelques secondes.

Castiel acquiesça à nouveau puis enfila rapidement la chemise grise qu'il observait depuis un moment sans parvenir à se décider. Il portait également un jean qui mettait ses cuisses et ses fesses en valeur. Dean avait presque eu envie de lui demander de se changer. Parce que ce pantalon lui donnait des idées qu'il aurait préféré ne pas avoir avec son père et son frère dans la même pièce.

- Lui était prêt depuis un moment maintenant. Il avait opté pour des vêtement confortables dans lesquels il se sentait à l'aise. Il savait que son père et son frère se fichaient de tout ça.

Une fois Castiel prêt à son tour, ils rejoignirent le salon. Dean s'était chargé de préparer le dîner et il avait choisi ce que John et Sam préféraient. Il voulait les mettre dans les meilleures dispositions possibles.

Quand la sonnette de la porte d'entrée résonna, Dean vit Castiel sursauter du coin de l'œil. C'était le moment. Il prit quelques secondes pour embrasser son petit ami sur la bouche, histoire de lui donner du courage, avant d'aller ouvrir la porte. Sam le prit presque aussitôt dans ses bras. Dean en profita pour le prévenir en lui murmurant à l'oreille.

- Castiel est stressé et il veut que ça se passe bien alors soyez un peu sympas avec lui d'accord ?

- Je ne peux rien te promettre Dean. Tu sais comment est Papa.

Dean le savait trop bien et c'était justement ce qui l'angoissait le plus. La réaction et le comportement de son père. Il ne redoutait pas vraiment le jugement de Sam. Castiel avait tout pour lui plaire. John en revanche risquait de se montrer plus méfiant et sans doute plus critique. Mais Dean était prêt à lui dire d'arrêter si toutefois il mettait son petit ami trop mal à l'aise.

Il mit un terme à l'étreinte avec son frère puis serra la main de son père. Il l'aimait et il ne lui en voulait plus du tout pour ce qu'il leur avait fait subir après la mort de leur mère. Mais il ne parvenait pas à avoir la même proximité physique avec lui qu'avec son frère. C'était différent. Et John n'était de toute façon pas très démonstratif.

- Papa, Sammy, je vous présente Cas… Castiel, mon… l'homme que j'aime, lança-t-il ensuite en s'écartant du passage pour que son père et son frère puissent voir son petit ami.

Il avait choisi de ne pas simplement présenter Castiel comme son petit ami même si c'était ce qu'il était officiellement. Mais cela ne semblait pas suffisant. Il avait besoin que sa famille comprenne dès les premières secondes que Castiel comptait énormément à ses yeux. Qu'il était là pour rester. Qu'il n'était pas seulement son petit ami mais son âme sœur. Sa moitié. Il espérait que cela les encouragerait à se montrer un peu moins dur avec lui.

- Je suis vraiment ravi de vous rencontrer… je… Dean parle tellement de vous. J'ai l'impression de vous connaître déjà même si enfin… il est évident que je ne vous connais pas vraiment et je n'ai pas la prétention de dire que je sais tout de vous… je… enfin je ne sais que ce que Dean m'a dit et il…

- Castiel, ne vous en faites pas, nous avons compris ce que vous cherchiez à nous dire. Et Dean parle beaucoup de vous aussi. C'est d'ailleurs la première fois qu'il nous parle autant d'un homme. Je dois vous avouer que je suis curieux de savoir comment vous avez fait pour devenir aussi important à ses yeux quand il nous répétait constamment qu'il n'avait jamais l'intention de s'engager, intervint John.

Dean connaissait suffisamment son père pour lire entre les lignes. Il était réellement curieux. Mais il y avait également une certaine forme de menace dans ses propos. C'était presque comme s'il mettait Castiel au défit d'être suffisamment bien pour Dean. Ce qui était stupide selon ce dernier. Son petit ami était mille fois meilleur que lui. Mais bien sûr, John ne voyait pas les choses sous cet œil.

- Castiel, ne laisse pas notre père t'intimider. Il s'est comporté pareil avec ma petite amie Jessica… il pense que c'est en menaçant celles et ceux qui entrent dans nos vies qu'il assume le mieux son rôle de père. Mais moi je ne suis pas là pour te tester, te juger ou te noter. Je veux juste te connaître parce qu'il est évident que tu fais parti de la vie de mon frère et que j'espère qu'on pourra devenir ami.

Sam avait saisi le message de Dean. Et parce qu'il était foncièrement gentil, il cherchait à rassurer Castiel. Cela ne l'empêcherait pas de donner son avis à Dean sur lui après. Mais il était bien plus subtile que John. Il le faisait avec le sourire et avec bienveillance. C'était exactement ce dont Castiel avait besoin pour se sentir un peu plus à l'aise.

Dean leur fit signe de rejoindre le salon puis, après avoir installé son frère et son père sur le canapé, il repartit en cuisine leur chercher une bière. Il ne fut pas surpris de voir Castiel le suivre aussitôt. Il avait bien trop peur pour se retrouver seul avec Sam et John.

- Ton père est effrayant, murmura-t-il alors.

Dean hocha la tête. Il savait combien son père pouvait intimider ceux qui le rencontraient pour la première fois. Il émanait de lui une certaine force et un autorité naturelle. Dean le connaissait suffisamment pour ne pas avoir peur de lui.

- Il n'est pas méchant. Il est juste… il cherche à nous protéger comme si on était encore des enfants alors qu'on est adultes Sam et moi depuis un moment maintenant. Il joue un rôle. Mais je peux te promettre qu'il saura se montrer juste. Il veut juste voir si en te déstabilisant, tu finiras par prendre la fuite. Il veut s'assurer que ton engagement est… sérieux. Ne le laisse pas t'intimider.

- Je vais essayer mais… c'est fou parce que je… je fais face à des criminels à longueur de journée et certains ont tué des gens mais… aucun ne m'a fait aussi peur que ton père depuis qu'il est arrivé. J'ai l'impression d'avoir cinq ans à nouveau et d'avoir été pris la main dans le sac alors que j'essayais de voler des cookies.

Dean secoua la tête, amusé. Il déposa ensuite un rapide baiser sur la bouche de son petit ami avant de lui tendre les bières.

- Tout se passera bien. Je suis là pour te protéger du grand méchant loup, plaisanta-t-il ensuite.

Castiel acquiesça puis suivit Dean dans le salon à nouveau. Il s'installa sur un fauteuil et Dean s'assit sur l'accoudoir pour rester proche de lui. Il savait que sa présence soulagerait un peu son petit ami.

- Castiel, je vais aller droit au but, lança alors John.

Dean le dévisagea, prêt à intervenir si toutefois son père se montrait trop dur avec Castiel. Il ne pouvait pas le forcer à se montrer complètement aimable avec lui. Mais il pouvait lui faire comprendre qu'il n'accepterait pas quoi que ce soit d'injuste, de cruel ou de méchant. Castiel était bien trop important pour lui. Et ce soir, il était de son côté, quoi qu'il puisse arriver.

- Je… je vous écoute, bafouilla Castiel d'une toute petite voix que Dean reconnaissait à peine.

John se pencha alors en avant, les coudes sur ses genoux et le regard braqué sur Castiel. Dean avait beau le connaître par cœur et savoir qu'il s'agissait là d'un rôle qu'il jouait, il avait presque peur de ce que son père s'apprêtait à dire. Et du coin de l'œil, il vit Sam se tendre aussi. Ce n'était pas bon signe.

- Dean est mon fils et je l'aime plus que tout. Sam et lui… je ferai tout ce que je peux pour les protéger même si je sais que ça les agace. Je n'ai pas été un père parfait durant leur enfance mais je compte bien me rattraper. Et si quelqu'un tente de leur faire du mal… si n'importe qui s'en prend à eux, je le lui ferai payer. Je donnerais ma vie pour eux. Je tuerais pour eux. Et croyez-moi… personne ne retrouvera jamais les corps. Je ne dis pas ça pour vous faire peur… ce n'est pas un mensonge juste destiné à vous tester… je suis vraiment capable de tout pour mes fils.

Dean fut étrangement touché par les propos de son père. Il l'avait toujours su. Même quand John n'était pas là, trop occupé à noyer son chagrin dans l'alcool, il était convaincu qu'il les aimait. Qu'il était capable de donner sa vie pour eux. Et c'était plus vrai encore maintenant qu'il avait repris le dessus. Mais l'entendre de sa bouche était différent. C'était la première fois qu'il entendait son père tenir ces propos. Il ne devait toutefois pas oublier Castiel. Car il était évident que ce que John venait de dire l'avait angoissé un peu plus encore. Dean posa une main sur son épaule pour lui rappeler qu'il était là. Qu'il était de son côté. Que son choix était fait et qu'il ne changerait pas d'avis.

- Je… je n'ai pas l'intention de faire du mal à Dean. Je l'aime plus que tout… plus que ma vie elle-même et je veux le rendre heureux. Je veux… je n'ai pas envie de…

John l'interrompit en levant la main dans sa direction. Comme un enfant qu'on disputait, le jeune policier se tut aussitôt et enfonça la tête dans ses épaules. Comme s'il s'attendait à recevoir un coup maintenant.

- Je ne doute pas de vos intentions. Et je sais ce que vous avez fait pour mon fils. Vous lui avez sauvé la vie. Pas une fois… mais deux. Vous avez été là quand il avait besoin d'aide. Vous l'avez soutenu. Vous l'avez cru dès le début quand vous auriez eu le droit de douter de ce qu'il vous disait. Vous avez tué un homme pour lui. Et ce n'est pas quelque chose d'anodin. Ce n'est pas quelque chose que je pourrais oublier. Alors ce que je voulais vous dire c'est… merci. Merci d'avoir sauvé la vie de mon fils. Merci d'avoir empêché ce monstre de nous l'enlever.

Dean ne s'était pas attendu à ça et il était évident que Castiel était surpris également. Et il avait toutes les raisons de l'être. La conversation avait commencé avec ce qui ressemblait à s'y méprendre à des menaces à peine voilées. Et elle s'était terminée avec des remerciements. Dean savait à présent que les choses ne pourraient que se passer bien entre Castiel et ses proches. Parce qu'il leur avait déjà prouvé combien il tenait à lui. Combien il l'aimait. Et c'était finalement le principal. C'était ce qu'il y avait de plus important à leurs yeux. Qu'il soit sincère et qu'il aime Dean. Ils ne demandaient pas plus.

- Ca ne veut bien sûr pas dire que je ne suis pas là pour vous évaluer et m'assurer que vous êtes quelqu'un de bien. Que vous êtes digne de l'être humain exceptionnel qu'est Dean. Mais vous partez avec pas mal de points d'avance alors ne soyez pas aussi nerveux. Contentez vous d'être vous-même et d'être sincère et tout devrait parfaitement bien se passer.

Castiel acquiesça alors et Dean sentit que John et lui venaient de parvenir à un accord. Ils n'avaient peut être pas vraiment de point communs ou de passions communes. Mais ils partageaient quelque chose d'essentiel qui suffisait à les rapprocher. Ils aimaient tous les deux Dean. Et ce serait très certainement suffisant pour leur permettre de s'entendre. Le jeune homme était soulagé. Il n'avait plus peur maintenant.


Castiel était terrorisé. Son métier l'avait amené à devoir faire face au danger. A mettre sa vie en péril parfois. A prendre des risques et à accepter l'idée qu'il puisse être blessé ou pire un jour. Il avait fait face à des criminels endurcis qui l'avaient menacé. Il avait arrêté des meurtriers et des violeurs. Des hommes qui terrorisaient les innocents mais face à qui Castiel n'avait pas eu peur. Parce qu'il savait ce qu'il devait faire et parce qu'il savait qu'il était doué pour ça.

Il n'avait en revanche jamais été présenté aux parents ou aux proches d'un petit ami. Rencontrer la famille de Dean le terrorisait. Pas parce qu'il craignait pour sa vie bien sûr. Mais parce qu'il savait que cette rencontre serait déterminante pour son avenir et pour la relation qu'il espérait continuer à construire avec Dean. Il avait besoin que ses proches l'apprécient. Il avait besoin qu'ils le considèrent digne du jeune homme. Qu'ils donnent leur aval. Il voulait croire que Dean ne l'abandonnerait pas si toutefois ce n'était pas le cas. Mais cela rendrait les choses bien trop compliquées entre eux et Castiel voulait l'éviter à tout prix.

Il avait peur parce que l'enjeu était important. Mais aussi parce qu'il n'avait pas la moindre idée de la manière dont il devait se comporter. S'il devait totalement être lui-même ou essayer de coller à ce que les proches de Dean attendaient de lui. Il ne pouvait pas agiter son badge et sortir son arme pour gagner cette fois. Il ne pouvait pas se servir de ses talents de policier. Il n'avait malheureusement aucun don pour parler avec les gens qu'il ne connaissait pas. Il était toujours mal à l'aise dans ces moments et on le trouvait aussitôt bizarre. Il n'avait toutefois pas le droit à l'erreur. Il avait une chance et il ne devait surtout pas la gâcher.

Il savait combien cette rencontre était importante pour Dean. Et il pouvait sentir le stress de son petit ami. Il aurait aimé l'aider à se détendre mais dans son état, c'était impossible.

Il fit donc la seule chose qu'il se sentait capable de faire. Il prit un soin particulier à se préparer. Il voulait donner la meilleure image de lui. Gagner des points sur la présentation avant de se ridiculiser probablement sur le fond.

Il aurait sans doute pu passer des heures entières à étudier chacune de ses chemises sans trouver la bonne si Dean ne l'avait pas heureusement arrêté. Il tenta de le rassurer sur l'issue de la soirée mais Castiel était bien trop stressé pour le croire.

Et ce fut pire encore quand Sam et John arrivèrent enfin.

Sam était impressionnant physiquement parlant. Si Dean était grand, plus grand que Castiel et plus grand que la moyenne, Sam était absolument immense. Il était également musclé et sans doute bien plus fort que Castiel s'ils devaient se battre. Ce qui n'arriverait probablement pas. Ou du moins Castiel l'espérait. Mais Sam avait un sourire et un regard qui trahissaient sa gentillesse. Il transpirait le calme. Et Castiel fut surpris de ne pas avoir ne serait-ce qu'un tant soit peu peur de lui. Il était presque sûr que s'il n'y avait eu que lui, il se serait senti instantanément à l'aise.

Malheureusement pour lui, il n'était pas seul. Il y avait également John. Et avec lui c'était une tout autre histoire.

Il était peut être un tout petit plus petit que Dean et bien plus que Sam. Mais il était impressionnant. Et pas uniquement parce qu'il était le père de Dean et que cela lui conférait une autorité naturelle. Mais aussi et surtout parce que son regard était froid et dur. Parce que qu'il était évident qu'il n'était pas là pour faire ami–ami avec Castiel. Il était venu ici pour le juger et il serait intransigeant. Le jeune policier était prêt à parier que John avait été dans l'armée à un moment ou à un autre. Il en avait la posture. Le dos droit, les épaules légèrement en arrière, le menton levé et les yeux rivés sur son « ennemi ». Castiel sentit aussitôt l'angoisse monter. Il n'avait presque plus aucun espoir de victoire maintenant qu'il avait vu John.

Dean ne lui ressemblait pas vraiment si ce n'était dans la carrure. Il avait les traits plus féminins. Sans doute hérités de sa mère. Sam en revanche était un peu comme une version plus jeune et plus sympathique de son père.

Il suivit Dean dans la cuisine sans hésiter quand Sam et John furent installés au salon. Il n'était définitivement pas prêt à se retrouver seul avec eux. Et malgré les mots rassurants de son petit ami, il retourna vers eux avec une boule au ventre et l'impression qu'il ne saurait jamais se montrer à la hauteur.

Les quelques premières minutes lui confirmèrent ses craintes. John proféra des menaces à peine déguisés. Et Castiel était toujours terrorisé. Mais après s'être entendu dire que John était prêt à tuer pour ses fils – ce que le jeune policier pouvait parfaitement comprendre, il était lui aussi tout à fait prêt à donner sa vie pour le jeune homme – le ton changea et Castiel en fut totalement déstabilisé.

Car John le remercia d'avoir sauvé la vie de Dean à deux reprises. Il lui assura que son attitude lui avait permis de marquer des points. Il le remercia aussi de l'avoir cru quand il se présenta au commissariat pour la première fois. D'avoir été là pour lui à chaque étape. Puis parce qu'il avait un rôle à tenir, il lui rappela tout de même qu'il était effectivement là pour le juger et s'assurer qu'il méritait son fils. Avant de lui demander d'être naturel et de ne pas chercher à l'impressionner.

Castiel ne savait plus vraiment sur quel pied danser. Il avait reçu des compliments mais également ce qui ressemblait à des menaces. John avait le ton froid de quelqu'un qui ne plaisante pas mais son regard s'était adouci. Il était évident qu'il aimait son fils plus que tout au monde. Il avait commis des erreurs dans le passé et il n'avait aucun mal à le reconnaître. Mais il était là à présent et il veillerait sur ses fils de toutes les manières possibles. Castiel vit dans ce simple fait un angle qu'il pouvait exploiter pour tenter de convaincre John qu'il n'envisagerait jamais de faire du mal à Dean.

- Il est évident que vous… vous l'avez dit vous-même, vous aimez votre fils plus que tout au monde. Et je sais… même s'il ne vous le dit sans doute pas assez… je sais que c'est réciproque. Vous… Sam et vous, vous êtes les personnes les plus importantes aux yeux de Dean et cela fait de vous des gens importants aux miens aussi. Je veux faire parti de votre famille. Je veux… je veux faire ma place. Je ne demande pas que cela se fasse ici et maintenant et je suis prêt à faire des efforts pour y parvenir et pour vous convaincre que j'en suis digne. Ce que vous partagez tous les trois, c'est… incroyable. C'est magnifique et je suis parfaitement honnête avec vous… je dois reconnaitre que je suis un peu jaloux. J'aime mes parents mais je n'ai jamais été vraiment proche d'eux. Je ne les vois pas souvent. Mais je veux… je veux une famille moi aussi… je veux construire ma famille. Et je veux le faire avec Dean. Parce qu'il est l'homme le plus courageux, le plus drôle, le plus intelligent et le plus généreux qui soit. Parce qu'il est bien plus fort qu'il ne le pense. Parce qu'il me fait rire et qu'il a donné un sens à ma vie… vraiment. Ce ne sont pas des paroles en l'air. Je l'ai senti dès notre première rencontre. Il y a eu… comme une connexion instantanée entre nous. Ça peut paraître fou mais… je sais… je suis sûr que Dean est mon âme sœur. Je l'aime de tout mon cœur. Je veux l'épouser. Je veux avoir des enfants avec lui. Je veux vieillir et mourir à ses côtés. Je veux… je serais parfaitement incapable de lui faire du mal. Alors non, je ne suis pas parfait. Je ne suis pas… je ne sais pas si je mérite un être aussi exceptionnel que lui mais j'ai bien l'intention de faire en sorte de le mériter oui… en le rendant aussi heureux que possible. Et je crois que cela nous fait un point commun John… Monsieur. Nous avons tous les deux envie de protéger et de rendre Dean heureux. Nous l'aimons tous les deux plus que la vie elle-même.

Il était à bout de souffle quand il eut fini sa tirade. Malgré son raté en appelant le père de Dean John avant de se reprendre, il s'était trouvé plutôt convaincant. Il espérait ne pas en avoir trop dit.

Il sentit la main de Dean se resserrer autour de son épaule. Il savait que ses mots l'avaient touché. Son petit ami n'avait pas l'habitude de s'entendre dire toutes ces choses. Et il avait encore du mal à le croire. Castiel s'évertuerait pourtant à le lui répéter jusqu'à ce qu'il n'ait plus aucun doute. Ils avaient tout le temps nécessaire pour ça après tout.

- Castiel… je dois reconnaître que… ce que vous venez de dire est à peu de choses prêt tout ce qu'un père espère entendre de celui ou celle qui partage la vie de son enfant.

Pendant une seconde, le jeune policier fut convaincu qu'il allait y avoir un « mais ». Et que ce qui le suivrait ne serait définitivement pas à son avantage. Il se força toutefois à soutenir le regard de John même s'il pouvait sentir son cœur battre trop vite dans sa poitrine et ses mains trembler. Même s'il avait envie de prendre la fuite et de se cacher quelque part où seul Dean pourrait le trouver.

- Vous pensez que ce que vous avez ressenti pour mon fils lors de votre rencontre est étrange ou peut-être même que vous vous êtes entendu dire que c'est trop rapide mais… je sais parfaitement ce que vous avez vécu parce que c'est exactement ce que j'ai vécu en rencontrant ma femme… la mère de mes enfants. J'ai posé les yeux sur elle et j'ai su que je voulais l'épouser. Qu'il n'y aurait personne d'autre. Qu'elle était mon âme sœur.

John s'interrompit alors, visiblement ému. Il n'était pas facile pour lui de parler de sa défunte femme. Et ça ne devait pas être facile pour Sam et Dean non plus. Le jeune homme ne lui avait parlé de Mary que récemment. Il lui avait raconté comment elle était morte et tout ce que leur famille avait enduré ensuite. Il lui avait avoué alors que c'était quelque chose qu'il n'avait jamais dit à personne. Dont il ne parlait pas, même avec ses amis. Et que cela restait un sujet tabou au sein de sa famille même plusieurs années plus tard. Le fait que John en parle ainsi ouvertement à Castiel qu'il connaissait à peine devait forcément signifier quelque chose. La partie n'était pas gagnée mais le jeune policier était convaincu qu'il avait marqué de nouveaux points. Il eut alors un regain d'optimisme. Il allait réussir.

- Et je sais que c'est la sensation la plus effrayante et terrifiante qui soit parce qu'on ne s'y attend pas et qu'on n'est certainement pas préparé à quelque chose d'aussi bouleversant mais… c'est aussi et surtout ce qu'il y a de plus merveilleux au monde. Il y a des gens qui passent toute leur vie à chercher cette personne. Qui l'attendent sans pouvoir la trouver. Et je me sais chanceux de l'avoir vécu. Je ne regrette rien. Je sais que vous non plus.

C'était presque comme si John pouvait lire dans sa tête. Mais ce n'était finalement pas surprenant puisqu'il avait vécu la même chose. Il savait parfaitement ce que Castiel avait ressenti. Et à cet instant précis, sans même se connaître, ils se sentaient liés. Leurs regard avaient changé. John ne voyait pas Castiel comme l'homme qui cherchait à séduire son fils et qui représentait un potentiel danger pour son bonheur. Castiel, lui, ne voyait plus John comme une menace… comme l'homme qui risquait de compromettre sa relation avec Dean. Ils étaient des compagnons d'arme. Deux hommes qui avaient vécu la même chose et qui parvenaient à se comprendre sans se parler. L'un qui avait vu son rêve s'effondrer et l'autre qui ferait en sorte de ne surtout pas tout gâcher. Parce qu'il avait en face de lui la preuve que perdre son âme sœur pouvait détruire un homme. Il l'avait toujours su bien sûr. Il l'avait même plus ou moins vécu quand Dean était entre les mains d'Alastair. Mais c'était une preuve de plus qui renforçait sa volonté déjà inébranlable de faire en sorte que son histoire avec Dean fonctionne et dure.

- Non, je ne regrette rien, confirma-t-il finalement. Je sais que j'ai de la chance. Et je me fiche qu'il puisse y avoir des épreuves en travers de notre route… je me fiche que ce ne soit pas tous les jours faciles à cause de mon travail ou du don de Dean. Je ne baisserai jamais les bras. Je n'abandonnerai jamais votre fils. Je préfère mourir que le perdre.

John sourit alors tristement puis hocha la tête. Castiel avait peut-être été trop loin en parlant de « mourir ». John y avait sans doute songé quand sa femme était morte. Mais lui avait ses deux fils pour lui donner une raison de vivre. Et tant que cela ne serait pas le cas pour Dean et lui, Castiel n'avait aucune raison de vivre s'il n'avait pas son petit ami à ses côtés. Ce n'étaient pas des paroles en l'air. Il le pensait vraiment et il avait ressenti le besoin de le dire.

- Papa, Cas… c'est… je suis content que vous vous entendiez sur ce point mais… cette conversation est devenue un peu trop sérieuse à mon goût. Je ne vous ai pas invité Sam et toi pour ça. Juste pour rencontrer l'homme que j'aime. Et pour passer un bon moment d'accord ?

L'intervention de Dean n'était pas un reproche. Il n'était pas en colère que son père et son petit ami ait pu ainsi évoquer Mary ou agir comme s'ils étaient seuls dans la pièce. Mais évoquer sa mère restait douloureux pour lui. Et il avait envie que la soirée soit festive. Castiel pouvait le sentir. Il se racla donc la gorge et hocha la tête.

- Je suis désolé Dean, souffla-t-il.

- Ne t'excuse pas Castiel. Je suis vraiment content que cela se passe bien entre vous et si vous pouvez trouver un terrain d'entente alors parfait… même si je dois reconnaître que je me suis un peu senti infantilisé. Parce que je vous rappelle à tous les deux que je suis parfaitement capable de m'occuper de moi, intervint Dean.

Castiel savait combien son petit ami détestait qu'on le traite comme s'il était fragile ou faible. Vulnérable. Il se targuait d'être fort. Il l'était. Plus que bien des hommes. D'autres à sa place auraient déjà craqué. Lui-même n'était pas sûr qu'il aurait su faire preuve du même courage. Il savait que Dean était un adulte parfaitement capable de s'occuper de lui-même et de prendre ses propres décisions. Il l'admirait pour ça. Il estimait toutefois que son petit ami avait besoin de quelqu'un pour veiller à ce qu'il ne fasse pas constamment passer le bien être des autres avant le sien. Quelqu'un qui le verrait comme sa priorité. Castiel voulait être ce quelqu'un. Il ne demandait rien de plus.

- Dean a raison. Je ne suis pas venu pour parler de choses déprimantes. J'ai au contraire envie de fêter le fait que mon idiot de frère a enfin pu trouver quelqu'un capable de le supporter ! jeta Sam en levant sa bière en direction de Dean.

Castiel était fasciné par la manière dont la relation entre les deux frères fonctionnait. Ils ne s'étaient rien dit et pourtant, il était évident que Sam savait parfaitement ce dont Dean avait besoin. Il l'avait compris sans que le jeune homme ait besoin de le lui expliquer. S'il existait un lien très fort entre Castiel et son petit ami, il en existait également un indestructible entre les deux frères. Certains auraient pu considérer cela comme de la codépendance. Mais le jeune policier les enviait. Il aurait aimé partager son enfance et sa vie d'adulte avec un frère dont il aurait pu être aussi proche.

- Quelqu'un capable de me supporter… tu veux dire comme Jess semble en mesure de te supporter toi ? Je vous jure… cette femme est une Sainte… et je pèse mes mots.

- Si je me souviens bien, c'est même exactement ce que tu lui as dit en la rencontrant pour la première fois.

- Justement parce que c'était vrai.

Sam secoua la tête mais il avait un large sourire sur les lèvres. Il était évident que cet échange n'avait rien d'agressif ou de méchant. Ce n'était pas une dispute. Juste la manière dont les deux frères communiquaient quand ils avaient vécu un moment intense. Une nouvelle fois, Castel était fasciné et admiratif de leur complicité.

- Alors Castiel… dis moi… qu'est-ce qui peut bien clocher chez toi pour que tu te sois intéressé à mon frère ? demanda finalement Sam en posant ses yeux sur Castiel.

Ce dernier fut surpris par la question. Il était toutefois content de voir que Sam voulait le faire participer à la conversation. Qu'il cherchait à l'inclure pour qu'il ne se sente surtout pas mis de côté. C'était une preuve de plus qu'il était quelqu'un de bien. Qu'il ne chercherait pas à le piéger ou le tester ce soir. Il voulait que la relation entre Dean et lui fonctionne. Parce qu'il voulait voir son frère heureux. Cela ne signifiait pas bien sûr qu'il ne serait pas vigilent. Qu'il ne serait pas là pour lui faire payer s'il venait à blesser Dean. Mais il lui accordait sa confiance. Il avait choisi de ne pas être méfiant et partir du principe que leur relation risquait de capoter. Il préférait voir le verre à moitié plein.

- Je… je pense que tu devrais plutôt demander à ton frère ce qui cloche chez lui parce qu'il est évident qu'il pourrait trouver bien mieux que moi mais… je ne vais pas me plaindre, répondit-il finalement.

Dean se pencha alors vers lui et déposa une baiser sur sa joue. Il ne semblait pas avoir de problème à le faire devant ses proches.

- Bonne réponse Cas ! lança ensuite Dean visiblement fier de lui.

- Je dois reconnaître que c'est habile comme réponse… mais je te soupçonne de l'avoir choisi avant tout dans l'espoir que cette soirée se termine bien et que Dean soit… reconnaissant ?

Castiel grimaça malgré lui alors que Dean ricanait. Une nouvelle fois, il ne semblait pas gêné que son frère puisse évoquer, de manière certes détourné mais cela ne changeait pas grand-chose, leur vie sexuelle. Et devant leur père. Castiel en aurait été parfaitement incapable lui. Ce n'était pas quelque chose dont il discutait avec ses parents.

- Si tu crois réussir à me déstabiliser en parlant de notre vie sexuelle Sam alors tu me connais bien mal, intervint Dean avec un sourire. Parce que crois-moi, je n'ai aucun problème à t'en donner les détails et je crois que c'est toi qui me demanderas d'arrêter en premier… ou Papa peut-être… sans doute lui.

- Je préfèrerais effectivement qu'on parle d'autre chose… de Castiel par exemple. On ne sait finalement pas grand-chose de toi… tu peux nous en dire plus ?

Castiel fronça les sourcils, surpris d'entendre John le tutoyer alors qu'il le vouvoyait à son arrivée. Il ne savait pas si c'était la première fois qu'il le faisait ou non. Mais il voulait le voir comme le signe qu'il avait retiré certaines des barrières qu'il avait érigé pour l'impressionner. Castiel commençait doucement à se faire sa place. Il devait maintenant faire en sorte de la garder.

- Je… je ne suis pas vraiment sûr de savoir ce que vous voulez entendre. Mais vous pouvez me poser toutes les questions qui vous viennent à l'esprit et je vous répondrai, expliqua-t-il.

Il ne fut pas surpris quand John fut le premier à se lancer. Les questions fusèrent ensuite pendant de longues minutes et Castiel fit en sorte de répondre à chacune d'elles avec la plus grande sincérité possible. Il s'était attendu à un interrogatoire et cela y ressemblait. Mais il n'y avait rien d'hostile dans le comportement de Sam et John. Juste de la curiosité. Et Castiel se sentait parfaitement à l'aise maintenant. Il était convaincu d'avoir gagné.