Petit mot de l'auteure : ce texte répond au 149e défi de Bibliothèque de fiction : "Votre personnage vit tranquillement sa vie lorsqu'un cactus géant arrive devant lui pour lui demander de l'aide"

Merci à Angelica, Marina et Capricorne pour sa review sur l'OS précédent !


Aziraphale était en train de lire un recueil de poésie fort intéressant dans l'arrière-boutique lorsque la porte de sa librairie s'ouvrit. Tout en fustigeant mentalement d'avoir oublié de fermer à clef l'entrée, l'ange se fit le plus silencieux possible – peut-être l'intrus se déciderait à partir en voyant qu'il n'y avait pas de vendeur pour le renseigner. Toutefois, au bout de dix minutes, la présence était toujours là.

Aziraphale se résolu donc à poser son livre et ses fausses lunettes et à extirper son angélique fessier du moelleux fauteuil où il c'était installé. Il réunit toute son énergie pour formuler un « bonjour » qui mourut dans sa voix lorsqu'il vit le visiteur.

Des rencontres improbables, Aziraphale en avait fait beaucoup dans sa vie. Après tout, il avait déjà 6000 ans et était un ange, il lui était donc arrivé plusieurs fois de croiser des individus étranges et bizarres. Mais là, il fallait bien admettre que cette rencontre-ci battait un certain record.

Dans la librairie se trouvait en effet un cactus géant.

En soi, cette vision était déjà surprenante. Mais ce qui perturba le plus Aziraphale, c'était l'air terrorisé que le succulent arborait – et oui, il pouvait semblait étonnant qu'un cactus ait un quelconque air vu qu'il n'avait pas de visage, mais c'était bel et bien le ressentit de l'ange.

Ce dernier se rapprocha de la plante géante, histoire d'obtenir une information qui lui permette de comprendre comment par tous les anges un cactus avait fait interruption dans sa librairie. En le voyant se rapprocher de lui, le cactus recula instinctivement et se plaça ainsi dans la lumière. Se fut à ce moment là qu'Aziraphale reconnu la plante : il s'agissait de Capricorne (1), un cactus appartenant à Crowley. Il s'agissait du joyau de la collection de plantes du démon : c'était le plus grand, le plus impressionnant, celui qui poussait le mieux, bref, l'ultime bon élève. À vrai dire, rien qu'à sa taille, Aziraphale aurait dû le reconnaître, mais ne voulant pas créer d'amalgame entre les différents cactus géants, il avait attendu d'être sûr de le reconnaître.

- Capricorne ? Lui demanda-t-il donc. Tout va bien ?

Le cactus fit bouger ses nombreuses épines dans une tentative de lui dire que non, ça n'allait pas du tout. Malheureusement, si Aziraphale était plein de bonne volonté en la matière, il n'était pas très doué pour comprendre les végétaux. Il demeura ainsi un petit moment silencieux, avant de se mettre à danser sur place, pensant que le cactus voulait pour une raison diverse danser. Il dû cependant se rendre compte que la plante n'était pas là pour ça, puisqu'elle accentua ses mouvements, mais cette fois-ci en approchant dangereusement ses épines de l'ange.

Celui-ci, désemparé, finit par claquer des doigts.

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! Cria alors le cactus, avant de baisser le ton. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah.

- Chouette, le sort a marché. Capricorne, tu peux arrêter de crier, tu as la parole normalement.

- Ah, d'accord, répondit craintivement le cactus.

- Pourquoi es-tu venu.e me trouver ?

- Je... je...

- Il est arrivé quelque chose à Crowley ? Suggéra Aziraphale dans une tentative d'aider son interlocuteur.

- Non, au contraire ! S'exclama-t-il. je... Je viens solliciter votre aide.

Là, Aziraphale était légèrement perdu. Il dit donc un prudent « c'est-à-dire ? » auquel répondit Capricorne :

- Ecoutez... je sais qu'il ne faut jamais mordre la main qui te nourrit. Mais voilà. Crowley est un monstre.

Et là, le cactus se lança dans un récit terrifiant où il était question de cris, de peur, de chantage, d'exécution... Le sang d'Aziraphale ne fit qu'un tour : comment son ami pouvait ainsi maltraiter ses plantes ? Dire que toutes ces années, il avait cru que si les plantes du démon étaient si belles, c'était grâce à un engrais particulier ! Mais non, leur beauté n'était due qu'à la peur.

- Ne t'inquiète pas, Capricorne, je vais aller lui parler.

- Non ! Cria de terreur le cactus. Ne lui dites rien ! Je ne veux pas mourir. Je suis venu là pour que vous me preniez comme réfugié chez vous.

- Mais Aziraphale refusa catégoriquement : il allait sauver Capricorne et toutes les autres plantes du joug de Crowley.

Ce jour là, le démon subit les foudres les plus effroyables de sa vie.

(1) Bien sûr, Crowley ne nommait pas ses plantes – il trouvait cette idée complètement ridicule. C'était donc Aziraphale qui lui avait donné ce nom en hommage à un.e jeune artiste qui faisait des portraits de son ami et de lui-même et qu'il appréciait beaucoup.


Note de fin : euh... voilà.