Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la nuit du FoF sur le thème "Couleur"

Merci à Angelica, Marina et Capricorne pour sa review sur l'OS précédent !


Crowley et lui-même étaient allés passer une journée de détente après des Eux.

Anathème et Newt s'étaient joints au voyage, reformant pour un temps leur improbable équipe anti Fin du Monde. La journée c'était déroulée d'une façon tranquille, rien ne sortant des habitudes qu'ils avaient développées lors de ces petites virées. Pourtant, en fin d'après-midi, Adam fit une remarque qui plongea Aziraphale dans la perplexité la plus totale. Ou plutôt, il posa une question.

- Dis, Crowley, c'est quoi ta couleur préférée ?

S'il avait été mesquin, Aziraphale aurait levé les yeux au ciel. La réponse était si évidente ! La couleur préférée du démon était bien entendu le noir – même si ce n'était pas vraiment une couleur, mais l'ange se promettait de se retenir d'intervenir, histoire d'éviter un énième débat à ce sujet. Pourtant, la réponse de son ami fut bien différente de ce qu'il avait imaginé.

- Le blanc, répondit celui-ci sans aucune hésitation.

Adam regarda le démon avec surprise, avant de poser ses yeux sur Aziraphale et de dire « Bien évidement », avec l'air de quelqu'un qui venait de comprendre quelque chose d'élémentaire. Mais Aziraphale, lui, était complètement perdu. Pire, il était en pleine désorientation ; c'était comme si son monde venait de s'écrouler. Alors comme ça, Crowley, le démon qu'il pensait parfaitement connaître au bout de 6 000 ans, n'avait pas le noir comme soi-disante couleur préférée, mais le blanc. Et Aziraphale osait se prétendre son ami alors qu'il ne connaissait pas une information aussi vitale ? Il était sûr que Crowley savait sa couleur préférée, lui – il le prouva deux secondes après lorsque Adam lui posa la même question et que le démon répondit « il n'a pas de couleur préférée, car pour lui, toutes mérites de recevoir le même amour. C'est idiot ».

Donc oui, Crowley le connaissait mieux que lui.

Mais ce qui le perturbait plus, c'était le fait qu'il ne savait absolument pas pourquoi le blanc était la couleur préférée de Crowley. Il n'en portait jamais ! Cela ne pouvait donc pas être d'un point de vue esthétique, sinon il s'en serait vêtu. Peut-être lui accordait-il une certaine valeur nostalgique ? Le blanc était en effet associé au Paradis, peut-être donc qu'elle lui rappelait sa première maison. Mais cette hypothèse ne convainquait pas vraiment Aziraphale ; Crowley n'était jamais très joyeux en évoquant le Paradis.

Quoi d'autre, alors ? La neige ? Crowley lui avait déjà dit détester Noël et les mièvreries qui allaient avec. Les robes de mariées ? Là aussi, trop mièvre pour le démon, et puis Aziraphale ne voyait pas vraiment le rapport avec les habitudes du démon. Les nuages ? Crowley avait toujours été rêveur mais disait préférer les nuages bien noirs chargés d'un tonnerre prêt à éclater.

À quoi d'autre était associé le blanc ? La paix ? Le bien ? La lumière ? Là encore, on ne pouvait pas vraiment dire que c'était vraiment le rayon de son compagnon.

Non, Aziraphale avait beau tourner le problème dans tous les sens, il ne comprenait pas.

La question tourna encore et encore dans son esprit, jusqu'à ce que, n'en pouvant plus, il finisse par exploser au repas du soir :

- Ca suffit ! J'ai besoin d'une explication !

Là, une dizaine de paires d'yeux étonnées se tournèrent vers lui. Ce n'était pas comme si Aziraphale les avait habitué à ce genre d'intonation énervée.

- Une explication sur quoi, mon ange ? Demanda Crowley, un peu perturbé de le voir dans cet état.

- Le blanc !

- Le blanc ? Répéta le roux interloqué.

- Oui ! Tu as dit que c'était ta couleur préférée ! Mais ça sort d'où ?

Là, ce fut au tour de Crowley d'avoir une réaction troublante : il rougit sans répondre. Ce fut finalement Adam qui répondit à l'ange toujours en attente d'explications :

- Bah, le blanc, c'est la couleur de tes cheveux.

L'assemblée des Eux purent ainsi se venter de voir deux êtres célestes rougir intensément. Ils eurent aussi l'occasion de se poser une énième fois l'habituelle question : quand est-ce qu'ils allaient se décider à mettre sentiments sur table ?


Note de fin : ils sont idiots. Mims, mais idiots.