- Angela, il faut que je te dise quelque chose d'important !
C'est là que je réalisai que je ne m'étais imprégné que la veille, et qu'il était peut être un peu trop tôt pour lui en parler.
Je l'aimai, non en fait, je ne savais pas si je pouvais dire que je l'aimai, comme je venais de le dire (mon subconscient délire un peu), je ne m'étais imprégné qu'hier soir, je ne pouvais pas encore dire que je l'aimai. Même si mon côté loup me criai, me hurlai qu'il l'aimait, que tout ce qu'il voulait c'était être avec elle. Mais moi… je l'aimai, du moins mon côté loup me le disait.
Ce qui me confirma qu'il ne fallait pas que je lui en parle, c'est les deux yeux jaunes de Sam qui nous fixaient à la lisière de la forêt.
Je ne faisais pas attention, ne le regardais pas, et me retournai vers Angela qui me fixait un air interrogateur dans les yeux.
- Embry ? M'interpela-t-elle.
- Oui… je… euh… ça te dirait que… de venir boire un thé ou un café avec moi demain ?
Elle ne me répondit pas; surprise.
- Euh, oui, d'accord.
Je finis par la raccompagner jusqu'à chez elle, mais avant d'y arriver, elle me stoppa de la main.
- Il ne vaut mieux pas que mes parents me voit avec un garçon, ils sont… assez stricte sur ce point… alors… euh… au revoir.
Elle s'éloigna de quelque pas, puis se retourna et dit:
- Merci de m'avoir raccompagné, j'ai vraiment adoré passer la soirée avec toi… enfin, avec tout le monde, la meute c'est ça ?
Je souris.
- Oui c'est ça… moi aussi j'ai bien aimé passer la soirée avec toi.
Elle sourit à son tour, puis repartit et rentra chez elle, en me jetant un dernier regard.
Je me tournai vers les bois, un sourire béat plaqué sur les lèvres.
Je mutai à la lisière de la forêt et immédiatement les pensées de mes frères m'envahir.
- Alors, petit Embry, elle l'a prit comment ? Me demanda la voie de Paul, alors que je commençai à courir vers le Sud.
- Je ne lui ai pas dit, répondis-je tristement.
- Bah, pourquoi ? Résonna la voie de Quil dans ma tête.
- Je trouvai que c'était trop tôt, et de toute manière Sam m'espionnait à la lisière de la forêt, expliquai-je à la meute, puis je m'adressai à Sam: pourquoi tu nous regardais ? Pourquoi tu m'as empêché de lui dire ?
- Je ne t'ai empêché de rien du tout, tu aurais très bien pu lui dire, mais tu ne l'as pas fais. Et ce n'est pas de ma faute.
- Je… euh… je… bafouillai-je en me rendant compte qu'il avait entièrement raison. Oui, mais pourquoi nous regardais-tu ?
- Je n'ai pas de compte à te rendre, répondit Sam avant qu'il ne se retransforme en humain arrivé à côté de chez lui.
- Non, mais c'est une blague, c'est tout ce qu'il a à dire «je n'ai pas de compte à te rendre», qu'est-ce qu'il voulait dire ? Et pourquoi il était en train de nous regarder ? J'aurais pu lui dire et… et… Ahhhhhhh
Je mutais de nouveau dans un crie de colère, et me mettais à courir droit devant moi, en direction de la falaise.
Je courais, et courais jusqu'à arriver au bord du précipice, mais je ne m'arrêtais pas, je continuai à courir et me jetai dans le vide.
Pourquoi ? Comment ? Je ne sais même pas pourquoi j'étais en colère ?
Toutes ces questions tournaient en boucle dans mon esprit alors que je nageais vers la plage.
Une fois dessus, je m'asseyais sur le sable, trempé et dégoulinant d'eau.
J'aurais pu lui dire, j'aurai pu avouer à Angela que j'étais un loup, mais Sam m'en avait empêché. Non, en fait Sam avait raison. J'aurai pu lui dire, il n'avait rien fais, ni rien dis pourm'en empêcher. Mais alors pourquoi je ne lui avais rien dis ? Pourquoi je n'avais pas réussi à lui dire ?
Et là, la même sensation que tout à l'heure face à Angela me tordit le ventre, je n'avais pas fait attention tout à l'heure. Mais c'était ça: de l'appréhension, de l'inquiétude et un mauvais pressentiment. Peut être que j'avais simplement peur de sa réaction, mais je ne pense pas qu'il n'y avait que ça.
Je finis par me relever et partir en direction de chez moi, je ne mutai pas. Je ne voulais pas que la meute entende mes pensées.
J'entrai chez moi par la porte de derrière, sans faire de bruit je montai dans ma chambre. Une fois dedans, je me jetai sur mon lit, et m'endormis directement.
Le lendemain matin.
Mon réveil s'enclencha sur une musique douce que je ne connaissais pas, j'éteignis mon réveil en aplatissant ma main dessus, la musique grésilla quelques secondes et se coupa.
Je relevais la tête et trouvais mon oreiller par-terre à côté de mon lit, je tendais le bras et l'attrapais.
Je me redressai sur les coudes, et m'asseyais sur le rebord du lit en me frottant les yeux.
Je tournais la tête vers mon réveil, 11h 48…
11h 48, je bondis de mon lit, et me précipitais sur mon placard. Hier soir, sur le chemin du retour, Angela m'avait envoyé un message me disant qu'on pourrait se rejoindre à la petite boulangerie de La Push qui servait aussi des cafés et du thé le week-end, aujourd'hui à 12h 05.
Ce qui signifiait que si je ne me dépêchais pas un peu, j'allais être en retard.
Je sautai dans la douche, et m'habillai rapidement; j'enfilais en pantalon léger beige, et un tee-shirt noir par dessus le quel je mettais ma veste noir.
Je descendais l'escalier quatre à quatre, et regardai ma montre: 11h 57.
Ça allait, si j'y allais en courant je serai à l'heure.
J'allais sortir par la porte d'entrée (pour une fois), mais une main me pinçant l'oreille me retint.
- Aïe, maman, qu'est ce que tu fais, ça fait mal, m'exclamai-je en me retournant vers mon souffre-douleur.
- Où est-ce que tu comptes aller comme ça ?
- Je… je vais rejoindre les garçons, mentis-je piteusement.
- Parce que maintenant tu te parfumes pour aller voir les garçons !
Grillé, j'allais être en retard.
- Euh… oui ?
Pourquoi ma réponse sonnait comme une question.
- Ne me mens pas, où est-ce que tu vas ?
Ça ne servait à rien que je continue à mentir, ma mère ne me croirait jamais.
- J'ai un rendez-vous, répondis-je en détournant la tête en rougissant, avec une fille.
Ma mère eu l'air surprise, puis sourit, pour finalement fondre en larme et me prendre dans ses bras.
- C'est elle n'est-ce pas ?
Je souriais, et acquiesçai.
Ma mère était au courant pour les loups-garous et tout ce qui en retournait, dont l'imprégnation.
- Alors ne la fais pas attendre, dépêches toi, murmura ma mère en me lâchant.
J'ouvrai la porte mais me retournai parce que ma mère m'appelait :
- N'oublies pas de la faire venir à la maison pour que je puisse la rencontrer.
Je rigolai et sorti en courant de la maison.
12h 04. J'étais en retard pour de bon.
