NdlA : On peut dire qu'il s'agit d'un prologue au chapitre I. J'aimerais qu'ils puissent parler plus ouvertement de leur sentiment, mais après tout, c'est ce qui fait leur charme !

Cette histoire se situe quelques jours après la bataille contre "Père" dans le manga.


8. Mon garde-fou

Le lieutenant Hawkeye se réveilla péniblement de sa sieste. Elle posa machinalement une main sur son cou qui était bandé avec soin. Elle avait été transférée à l'hôpital militaire de Central City où tout le monde s'activait pour prendre en charge le flux incessant d'arrivée de blessés de la bataille du jour promis. Le colonel Mustang avait insisté pour qu'elle y soit transférée, elle avait après tout perdu beaucoup de sang. Il avait peut-être raison, elle ne faisait que dormir et ça lui faisait énormément de bien. Un peu plus tôt dans la journée, une infirmière était passée pour retirer sa perfusion et elle ne s'était pas sentie aussi libre depuis.

Quelqu'un toqua à la porte de sa chambre. Elle ne vit qu'un bouquet de fleur d'abord puis le visage d'un homme qui lui était familier. « Bonjour Lieutenant, comment ça va aujourd'hui ? » demanda le colonel Roy Mustang avec un petit sourire. Il avait retrouvé la vue grâce au docteur Marcoh, mais son regard avait changé. Il paraissait plus vieux maintenant pensa-t-elle. Elle lui rendit son sourire et le remercia pour les fleurs. « Ici, ils ont des vases. » souligna-t-il. Cela la fit sourire davantage.

"Vous sentez-vous assez vaillante pour une petite balade ?" demanda-t-il.

"Sans problème." répondit-elle, bien trop heureuse de pouvoir enfin se dégourdir les jambes.

Il lui avait proposé son bras mais, têtue comme elle l'était, avait refusé son offre. Pourtant, elle vacilla plusieurs fois à ses premiers pas ; le colonel, vigilant, la rattrapa et ne la lâcha plus. Ils parcoururent les couloirs de l'hôpital au rythme des pas du lieutenant. Bientôt, ils franchirent une porte qui donnait sur une petite cour calme et verdoyante. Le colonel aida sa subordonnée à s'asseoir sur un banc et lui donna sa veste : il avait oublié qu'elle pouvait avoir froid malgré les températures clémentes du printemps qui s'installait. Elle le remercia du regard et un petit silence agréable s'installa entre eux. "Le médecin m'a dit que vous alliez pouvoir sortir aujourd'hui." Riza opina, elle qui n'en pouvait plus d'être alitée de la sorte, n'attendait que ce moment.

"J'ai une nouvelle à vous annoncer." Roy prit soudain un air très sérieux. Riza se redressa par réflexe. "J'ai rendu visite au président Grumman hier. Il m'a promu au rang de Général."

Riza sourit "Je suis ravie de l'apprendre. Mes félicitations, Général." Elle fit un salut militaire.

"Ce n'est pas tout, ajouta-t-il, nous partons pour l'est dans trois jours. Regardez dans la poche intérieure de ma veste."

Riza s'exécuta. Elle trouva une enveloppe scellée qu'elle ouvrit et en sortit un ordre d'affectation. Dire que la dernière fois qu'elle avait ouvert un document pareil, elle s'était retrouvée dans les griffes d'un homonculus. Aujourd'hui, c'était le début de la concrétisation de leur rêve.

- Vous connaissez votre mission, je n'ai pas besoin de vous la rappeler.

- « Si vous sentez que je m'écarte du droit chemin, pointez votre arme et tirez. » récita-t-elle.

- Exactement. Je sais que je peux vous faire confiance pour prendre cette décision.

- J'espère ne plus avoir à lever mon arme sur vous, mon général.

Roy soupira. Elle avait été si forte à ce jour-là, pendant que lui était aveuglé par sa vengeance. La crainte de la perdre à tout jamais était ce qui l'avait ramené à la raison. Il savait qu'il avait agi impulsivement et, ne sachant pas quoi répondre à cela, posa sa main sur la sienne tout simplement. Son regard s'attendrit et pendant une fraction de seconde, Riza reconnu le Roy d'avant.

« S'il vous plaît, restez aussi longtemps que possible à mes côtés. Car je sais qu'avec vous, je ne peux être qu'une meilleure personne. »

« Cette mission me paraît tout à fait acceptable. »