Attention, rating M en fin de chapitre.

Merci pour vos reviews, MP, merci aux followers et à tous les autres. Mention spéciale à juju62, supersolenealovesemma, lilytom, sammii16 et chrysti971. Vos commentaires me font toujours plaisir. Alors n'hésitez surtout pas à en laisser.

Chapitre 26 : avancer pour ne pas reculer

Après la mise au point sur leurs sentiments, le couple passa un dimanche au parc, avec leur fils. La dernière semaine avait été si tendue, qu'aucune des deux femmes n'avait pris soin de se reposer et de parler. Emma, encore un peu gênée du spectacle qu'elle avait offert à sa compagne, était restée avec Henri, pour jouer au ballon, pendant que Regina mettait une nappe au sol, afin de pique-niquer. Elle les héla, pour venir manger.

- Emma, Henri, c'est prêt !

- On arrive, maman !

Le garçon fonça sur la nappe et se mit à genoux, regardant, émerveillé, tous les mets posés par terre. Emma s'assit à côté de sa compagne, qui lui tendit des crudités.

- Merci, Regina. Tu veux peut-être te défouler aussi ? Tu pourrais jouer avec Henri, après le déjeuner.

- Oh oui, maman ! Ça fait longtemps qu'on a pas joué ensemble au foot !

- Euh, oui, d'accord. Mais doucement. Je n'ai pas l'habitude.

- D'accord. Et toi, Emma, tu vas faire quoi ?

- La sieste, gamin !

Ils rirent de bon cœur, avant d'être interrompus par un quidam.

- Bonjour shériff. Henri. Hum… Madame Mills.

La blonde reconnut un habitant de Storybrook, mais qu'elle ne connaissait pas particulièrement bien.

- Bonjour.

- Euh, on se demandait, avec les gars, si vous pouviez nous prêter votre ballon, le temps que vous mangiez. On aimerait faire une partie, mais on a oublié le nôtre.

Henri tendit de suite son bien.

- Oui, mais après, je joue avec maman. Il faudra me le rendre, à ce moment-là.

- Avec la shériff ? Oui, bien sûr, petit.

- Non, avec ma maman.

Henri regarda Regina. L'homme parut gêné et se retira rapidement.

- On dirait que je ne suis vraiment plus rien, ici.

- Regina, ne dis pas ça. Mais personne ne t'a jamais vu faire de sport.

- Mais je suis la mère d'Henri. Tout de même.

- Il a été maladroit, je te le concède.

- C'est parce que j'ai deux mamans ?

- Peut-être, gamin. Bon, allez, on mange. Je meurs de faim, moi.

Le repas fut agréable, même si une ombre plana sur le visage de l'ancienne reine. Elle attendit patiemment que ses deux gloutons finissent leur repas, pour ramasser leur bazar et s'étendre, la tête sur le torse de la blonde.

- Heureuse, ma reine, d'être là, avec nous ?

- Oui, Emma. Toujours.

Regina tourna le regard vers leur fils, qui jouait avec ses figurines. Puis elle se redressa vers sa partenaire et l'embrassa furtivement. Elles se fixèrent pendant de longues minutes, un sourire aux lèvres. Le joueur de foot revint vers eux, tendant le ballon au gamin.

- Merci, on a bien rigolé. À ton tour !

- Oui. Maman ?

Regina, toujours à moitié sur Emma, s'empourpra quelque peu et se redressa, un peu raide.

- J'arrive, Henri.

L'homme s'effaça devant l'ancienne reine, qui ne ressemblait plus du tout au personnage maléfique d'autrefois. La brune s'éloigna, un bras autour des épaules de son enfant, qui lui expliquait doctement les règles. L'homme scruta la shériff quelques instants, avant d'oser enfin se lancer.

- L'ancienne mairesse a bien changé, hein, shériff ?

La blonde ne fut guère surprise d'entendre cet aveu.

- Oui, beaucoup. Aujourd'hui, c'est une maman qui joue avec son enfant, comme toutes les autres mères. Rien d'extraordinaire.

- C'est grâce à vous, ça.

- Pas seulement. Elle a tout perdu. Ça changerait n'importe qui.

- Elle reviendra à la mairie ?

Emma planta son regard émeraude dans les yeux lointains de l'homme.

- Non, je ne crois pas. Elle vous manque ?

- Je ne sais pas. C'est bizarre, c'est tout. Mais je l'imagine mal redevenir celle qu'elle était.

- Ne le prenez pas mal, mais je ne l'espère pas ! Je l'aime telle qu'elle est.

L'homme parut troublé par la déclaration de la shériff. Il se permit de poser la main sur son épaule.

- J'espère que tout ira bien pour vous. Sincèrement.

Il repartit vers son groupe, laissant la blonde songeuse. L'avenir de sa belle brune la questionnait également. Elles avaient abordé le sujet, mais en l'effleurant tout juste. Elle savait que ce moment arriverait bientôt. La brune se languissait souvent. L'appartement était propre comme un sou neuf, et Regina supportait de plus en plus difficilement son inactivité. Elle s'amusa à imaginer ce que pourrait faire sa compagne. Aucune idée acceptable ne lui apparut, néanmoins. Elle se leva et participa à la partie de foot familiale. C'était sa définition d'un dimanche en famille heureux.

De retour dans leur foyer, le soir, Emma ne put s'empêcher de satisfaire sa curiosité.

- Regina, tu as repensé à notre conversation sur une possible reconversion professionnelle ?

- Euh… Un peu… Mais, je ne sais pas. Une idée m'a bien effleurée, mais je ne sais pas si c'est vraiment réalisable.

- Dis-moi. Je ne me moquerai pas, tu le sais. Et si je peux t'apporter mon soutien, j'en serai ravie.

- Hé bien, j'adore cuisiner, et je me débrouille plutôt bien…

- C'est un euphémisme.

- Peut-être pourrais-je proposer un service de traiteur, ou quelque chose dans ce goût-là ?

- Intéressant. Et tu as déjà réfléchi à ce que tu proposerais ? Parce que je serai fourrée là-bas tous les midis !

- Emma, sois sérieuse, un peu !

- Mais je suis très sérieuse !

La brune leva les yeux au ciel. Elle se redressa et agrippa la main de sa compagne.

- Allez, au dodo. La journée a été éreintante, grâce à mes deux amours.

Emma sourit largement, heureuse d'être aux côtés de sa reine.

Deux jours plus tard, Archie Hopper s'était enfin décidé à sortir Pongo pour une longue balade en forêt. Il laissa son chien divaguer sans laisse, dans les allées verdoyantes. Au bout d'une bonne heure, alors que Pongo suivait tranquillement un lapin apeuré, il flaira une odeur bizarre. Il suivit la piste, zigzaguant entre les troncs et les souches, s'arrêtant parfois, la truffe en l'air. Puis, d'un coup, il partit au grand galop, laissant son maître bien loin derrière lui. Après plusieurs minutes à chercher frénétiquement le cabot, Archie débarqua dans une petite clairière. Il ne connaissait pas l'endroit, mais il vit Pongo l'attendre sagement. En s'approchant, il perçut un monticule. Le chien se remit sur ses pattes et commença à creuser dans la terre meuble. Le psychologue tenta en vain de stopper l'animal dans son activité, mais ce fut peine perdue. Pongo gratta frénétiquement le sol, jusqu'à dévoiler un bout de tissu. Archie tira sur l'étoffe, mais une odeur nauséabonde le prit à la gorge. Il se dégagea, ainsi que son chien, qui se mit à gémir bruyamment. Archie prit soin d'attacher Pongo à un arbre, plus loin, se doutant de la nature de la chose trouvée. Il sortit son téléphone et composa le numéro du poste de police. Le shériff Swan décrocha.

- Bureau du shériff, bonjour.

- Shériff Swan ? C'est Archie Hopper. Je crois que mon chien a trouvé un corps dans la forêt.

- Vous en êtes certain ?

- Malheureusement, oui.

- Très bien, envoyez-moi vos coordonnées, je viens avec la scientifique. Ne bougez pas.

- Aucun risque. Et je ne vais pas m'en approcher non plus.

La blonde raccrocha et appela ses collègues spécialisés dans la découverte des corps. Cette journée s'annonçait riche en surprise.

Emma avait rejoint Archie et son chien. Elle avait sécurisé les lieux et attendait avec impatience la police scientifique. Elle essayait de détendre l'atmosphère, le praticien étant particulièrement pâle.

- Vous n'avez touché à rien ?

- Non, dès que j'ai compris à quoi j'avais affaire, j'ai attaché Pongo loin de là et je vous ai appelé. Croyez-moi, je ne m'en suis plus approché par la suite.

- C'est peut-être simplement un animal domestique.

- Vu la taille du tissu, j'ai des doutes.

- Moi aussi.

Ils patientèrent en silence. Il n'était plus utile de rajouter quoi que ce soit. La police scientifique arriva trente minutes plus tard, la clairière devenant un essaim foisonnant. Le ballet de ces petites mains était parfaitement huilé, et les agents sortirent le sac de terre. Il fut déposé non loin de là. Durant l'opération, une partie du cadavre recouvert avait été mis à jour. De longs cheveux châtains foncés tombèrent en cascade du bout de tissu l'enveloppant, tel un linceul. Emma eut une évidence en voyant la scène.

- Oh mon dieu… C'est… Marianne ?

Archie s'était approché de la shériff et opina du chef.

- On dirait bien. Elle a donc été tuée. Enveloppée ainsi, cela ne laisse que peu planer le doute.

- Quelqu'un s'en serait pris à elle ? Mais pourquoi ? Enfin, je peux comprendre, mais qui ?

- Regina ?

- Elle n'est pas comme ça. Et puis, elle l'aurait sûrement pas caché ainsi. Elle n'a plus la force de creuser un trou.

- Comment ça ? Elle a l'air d'aller bien mieux.

- J'ai remarqué des petites choses, des détails. Elle peine à ouvrir un bocal, elle me laisse déboucher les bouteilles d'eau. Elle n'a plus beaucoup de force. Ça doit être dû au sort.

- Ce n'est que le sort ? Gold pourrait peut-être y remédier ? Mais je m'inquiète davantage des conséquences de sa mort. Ça doit aussi entrer en ligne de compte, non ?

- Je l'ignore. Mais tout ça me fiche une trouille bleue. Si je la perdais parce qu'elle n'a pas eu la force de faire un truc tout bête ? Je raisonne encore de la sorte, alors que je mourrai avec elle dans la seconde. Ce qui nous lie nous maintiendra ensemble dans l'au-delà également.

- Vous paraissez plutôt à l'aise avec cela.

- Je veux vivre, surtout pour notre fils. Mais l'avenir est tellement incertain. Chaque jour passé est une petite victoire, comme on dit. On est en pleine séance, là ? Je vais devoir payer ?

Le praticien rit doucement.

- Non, Emma. C'est l'ami qui se fait du souci pour vous.

La blonde le regarda, reconnaissante.

- Je crois que je manque d'amis qui se font du souci pour moi. Pour nous. Nous sommes assez seules. À part, bien sûr, Henri, Ruby et vous. Mes parents ne me parlent plus, et les autres habitants de Storybrook sont plutôt distants avec nous.

- Votre vie, même en couple, est plutôt solitaire.

- Mais j'ai une famille, maintenant. Alors ça devrait me suffire, n'est-ce pas ?

- Parfois, on a le droit d'en vouloir plus, Emma.

- Pas moi. C'est déjà un miracle, tout ce que j'ai pu obtenir, quand on sait d'où je viens. Dites, maintenant que je vous ai parlé, peut-on prendre un nouveau rendez-vous, pour Regina et moi ? Elle a une idée, et j'aimerais qu'elle vous en parle, pour être certaine qu'elle ne va pas se dégonfler.

- Vous êtes un peu dur envers elle, non ?

- Il faut qu'elle avance. Pour nous aussi.

- Je vois. Emma, c'est David qui arrive au loin, non ?

La blonde porta son regard vers l'endroit pointé par le psychologue.

- En effet. Je vous laisse. Merci de m'avoir écouté. Ça m'a fait du bien, de me plaindre un peu.

- Je vous dis à bientôt.

Emma rejoignit son père, qui la faisait signe.

- Emma.

- David.

- Pourquoi ai-je été appelé, alors que tu es déjà sur les lieux ?

- Parce qu'un corps a été retrouvé, calfeutré dans une bâche de fortune. Et je mettrai ma main à couper qu'il s'agit de Marianne. Difficile pour moi d'enquêter sur sa mort, au vu des circonstances de l'agression de Regina.

- Impossible de faire un pas dans cette ville, sans tomber sur une de ses victimes.

- Papa ! Ce n'est pas l'œuvre de Regina ! Tu ne sais pas ce que tu dis !

- Parce que toi, si ? Tu es très objective, dès qu'il s'agit de ta copine.

- Ce n'est pas ma copine, mais ma compagne. Si tu pouvais te montrer un peu plus respectueux…

- Je ne vois pas pourquoi je le serai.

Emma se détourna de l'homme borné, pour ne pas lui hurler dessus. Elle lui montra la scène de crime potentielle, même si elle n'y croyait pas un instant. Le blond se rapprocha, et lorsqu'il put distinguer avec précision le corps enrubanné, il blêmit.

- C'est bien Marianne ?

- Il faudra faire des examens complémentaires, mais ça me paraît plus que probable.

- En effet, ça lui ressemble. Et le tissu, c'est… Un rideau de douche ?

- Oui, les anneaux sont encore présents. David, pourquoi regardes-tu ce rideau, comme s'il te fichait une trouille bleue ?

- Parce que je le reconnais…

Emma dut tendre l'oreille, pour comprendre les dernières paroles de son père. Elle écarquilla les yeux.

- Pardon ?

- Le rideau, je le connais.

- Mais, comment ?

- C'était le nôtre… Mary-Margareth m'avait dit qu'elle en avait marre de le voir et qu'elle l'avait jeté et en avait racheté un nouveau, plus joli, il est vrai.

- Oh punaise…

- Ta mère n'est pas une meurtrière !

- Elle a tué ma femme !

Le ton était en train de monter entre les deux shériffs et tout le monde s'était figé dans sa tâche. Les deux Charmant allaient bientôt en venir aux mains.

- Mary-Margareth aurait très bien pu la tuer ! Elle est devenue dingue depuis que l'Evil Queen a fait un passage dans son corps !

- Donne-moi une seule bonne raison pour laquelle ta mère aurait fait une chose pareille ! Ça ne tient pas debout ! Admets-le !

- C'est toi qui divagues complètement ! Marianne l'a peut-être regardée de travers ! Qu'est-ce que j'en sais ?!

- Une fois qu'on aura les résultats de l'autopsie, j'embarque ta copine et elle avouera. Tu peux me faire confiance !

- Je t'interdis de la toucher ! Si tu veux la guerre…

- Emma, cette femme est une meurtrière. Tu ne peux pas aimer décemment un monstre…

- Elle est brisée, et elle a bien changé. Ne fais rien de stupide. Elle m'est vitale.

- Tu dis n'importe quoi. Je rentre au poste et dès que j'ai les premiers éléments, je m'occupe de ta folle de copine !

Emma ne sut quoi répondre à son père. Il était encore trop bouleversé par l'état de sa femme. Il ne pouvait donc accepter qu'elle ait, en plus, du sang sur les mains. Elle le regarda s'éloigner, comme une métaphore de sa vie. Elle resta encore un petit moment sur les lieux, attendant que l'équipe technique remballe et elle repartit en direction du poste. Elle voulait garder un œil sur David, juste au cas où.

La demande ayant été urgente, les premiers résultats tombèrent avant la fin de la journée. Emma ne put se contenir davantage, voyant son père jouer avec ses menottes, l'air obtus.

- David, lis ça. Et sache que je n'y prends aucun plaisir.

Le shériff prit les feuilles et entama sa lecture, fébrile. Au fur et à mesure, il palissait progressivement. Puis il posa les conclusions préliminaires et regarda sa fille droit dans les yeux.

- Il s'agit bien de Marianne. Et c'est notre rideau de douche. Une empreinte partielle, mais parfaitement exploitable, a été trouvé sur le tissu rigidifié. Je ne veux pas y croire…

- Je suis désolée. J'aurais vraiment voulu que ce ne soit pas le cas.

- Nous devons encore enquêter, Emma. Je veux être certain qu'il s'agit bien de ta mère. Je vais aller la voir. Tu m'accompagnes, et tu resteras derrière le miroir, sans te montrer. Inutile d'ajouter à son hystérie.

- Très bien. Nous pouvons en faire de même avec Regina, si cela te satisfait.

- Entendu.

Ils partirent ensemble au chevet de la brunette.

Dans la chambre, Mary-Margareth semblait rayonner. Elle avait un sourire béat sur le visage, en voyant son mari passer la porte.

- Mon chéri ! Je t'attendais ! Tu m'as manqué.

- Je dois te demander quelque chose. Ce n'est guère agréable, mais je veux en avoir le cœur net.

Le shériff s'assit en face de son épouse, et se lança, fébrile.

- Nous avons trouvé le corps de Marianne dans la forêt. Entouré de notre rideau de douche. Tu as une explication à me fournir ?

- Oh. Je vois. C'est très simple. Cette petite conne a cru que j'avais besoin d'aide, pour tuer Regina. Mais pour qui se prenait-elle ? Quel toupet !

- Mais, elle est venue te voir ?

- Oui, chez nous. Elle a cru pouvoir me tenir tête et m'insulter sous mon propre toit ! Elle a été remise à sa place. Tu n'es pas fâché, chéri ?

- Mary-Margareth…

La voix du shériff se brisa, sous le poids de la peine. Il se tourna vers la glace et ses yeux accablés serrèrent le cœur de sa fille. Sa femme était définitivement perdue. Il se leva, embrassa la brunette sur le front et sortit, incapable d'ajouter un mot. Il rejoignit Emma, qui avait la tête baissée. Jamais elle n'aurait pensé que sa mère finirait folle et internée, doublée d'une meurtrière. Son père reprit la parole, difficilement.

- Inutile d'aller voir Regina. Je crois que ça suffira. Comment je vais faire ? Elle est mon âme sœur. Comment je vais pouvoir vivre, sans elle à mes côtés ?

- Je ne peux pas répondre à cette question. Et ça me fait mal, de la voir dans cet état.

- Je veux classer cette affaire au plus vite, Emma. Les gens vont jaser. Blanche-Neige qui tue, par folie. Ça va être l'enfer. Je ne sais pas si je serai assez fort pour endurer une telle chose.

- Je t'épaulerai, n'en doutes pas.

- Il est encore trop tôt pour que je présente mes excuses à Regina. Mais je lui en veux toujours, car une part de moi pense que tout est parti d'elle. De sa mort, qui a libéré l'Evil Queen. C'est difficile de ne pas la percevoir comme une ennemie.

- Le jour où tu voudras lui parler de tout cela, avant que ça ne te bouffe, je serai présente pour vous deux. D'ici là, elle reste ma priorité. J'espère que tu me comprends. Et toi aussi, tu as des choses à te faire pardonner. Tu m'as traitée comme une gamine pitoyable, incapable de faire les bons choix. Sache que jamais je ne la renierai. Même si cela doit me coûter la vie.

- Je connais ce sentiment, Emma. C'est ce que j'éprouve pour ta mère.

- Je sais…

Ils se turent, les mots devenant inutiles. Ils retournèrent au poste et finirent la paperasse, dans un silence de mort. Emma, ne sachant trop quoi ajouter, se leva, afin de rentrer chez elle.

- Je ne pense pas que t'inviter à la maison soit une bonne idée. C'est encore trop tôt. Mais savoir que tu vas être seul ce soir, à ruminer tes idées noires, ne me plaît guère.

- Je vais aller au Granny's. Voir Ruby et sa légendaire bonne humeur. Ensuite, je compte me coucher avec une bouteille de whisky. Ça me paraît pas mal.

- Très bien. Je prendrai des nouvelles, via Ruby. Elle ne me cachera rien.

- Toujours des indics, hein ?

- Toujours. Repose-toi un peu. Et si tu as le moindre problème, je suis là. N'hésite pas.

L'homme sourit tristement, avant de se replonger vers ses papiers. Il était inutile d'épiloguer.

Lorsqu'elle revint à l'appartement, Regina lui ouvrit et se contenta de la prendre dans ses bras, sans rien dire. Emma lui fut reconnaissante de cette marque d'affection. Elles restèrent enlacées un certain temps, avant que la blonde ne vienne l'embrasser. Elle l'enlaça si fort, que Regina ne put se soustraire à l'étreinte. Cette dernière comprit tout le mal-être et la tristesse de sa compagne. Aussi, ne chercha-t-elle pas à se défiler et elle se colla à son corps. Emma la prit par les hanches et la souleva du sol. La brune suffoqua soudain.

- Emma ! Henri est dans sa chambre !

- Pardon, mais s'il te plaît, juste un peu, comme ça. Je ne ferai rien. Juste… S'il te plaît.

Après une minute silencieuse, l'ancienne reine sentit des larmes dans sa nuque. Elle poussa légèrement la blonde sur le côté et atterrit sur ses pieds.

- Emma, je suis désolée. Pour toi. Tu ne méritais vraiment pas que cela se termine ainsi.

- Ma mère, c'est fini. Elle est irrécupérable.

La brune se tendit immédiatement.

- Hey, non pardon. J'ai été maladroite. Pas toi. Tu n'es pas folle.

- Je… Je sais. Ce n'est pas…

- Si, c'est ce que tu as pensé. Excuse-moi. Mon père est dévasté, et je n'en mène pas large, non plus. D'ailleurs, comment tu sais que… ?

- J'ai eu Ruby au téléphone.

- Radio moquette…

Regina rit faiblement.

- Oui, c'est ça. Mais elle sait toujours tout. Et j'avoue que ça m'a aidé, sur ce coup-là. Je te sentais sur la défensive, abattue. Alors, je l'ai appelé.

- Tu as bien fait.

Emma respira un grand coup et regarda attentivement sa compagne. Elle lui dit, en soupirant tendrement.

- Tu es magnifique. Tu sais que je t'aime, hein ? J'ai tellement envie de toi…

Emma releva brusquement la tête.

- Pardon, je ne devrais pas te dire un truc pareil ! Pas de pression, c'est juste ce que je ressens. C'est tout. Je suis désolée… Désolée…

- Emma. Merci. Ça me rassure, au contraire. Mais notre fils a faim, toi aussi, sûrement. Et c'est l'émotion qui parle, là. Mais merci. J'aime entendre ces mots de ta bouche.

Regina lui sourit affectueusement et lui câlina la joue de la main. Puis elle s'éloigna, et invita sa blonde à passer à table. Henri arriva et se posta devant ses mères.

- Il s'est passé un truc, hein ?

Les deux femmes se regardèrent et expliquèrent alors à l'enfant les découvertes du jour. Il fut choqué. Mais entouré de ses deux mères, il se sentit rassuré.

La soirée fut courte, et le couple se retrouva dans leur lit. Ce fut la brune qui prit Emma dans ses bras, la berçant et lui fredonnant même un air apaisant. Emma se blottit contre elle et se décida à rompre la magie de l'instant.

- Tu sais, mon père vient de perdre son âme sœur. Il est… Je ne sais pas comment le dire. Comme mort de l'intérieur ?

- Je comprends. Je serai pareille si je te perdais, toi.

- Tu n'as peut-être pas envie de m'entendre parler de mes parents, après tout ce qu'il s'est passé. Je manque de tact, pardon.

- Non, si tu as besoin d'en parler, je suis là. Au contraire, Emma, ça peut peut-être nous aider à avancer. Et ton père doit se sentir bien seul. Mais je jure que s'il lève à nouveau la main sur toi, je le pulvérise.

- Je sais. Ça t'a profondément blessé, qu'il fasse cela.

- Oui. Envers toi. Je sais que les circonstances étaient particulières, mais tu n'as fait que ton devoir, en prenant les sentiments de chacun en compte. Et voilà comment il t'a remercié ! Ça me reste en travers de la gorge.

- Il est encore trop tôt, mais peut-être qu'un jour, on pourra s'asseoir tous ensemble autour d'une table, déguster un de tes plats et discuter, sans que cela ne débouche sur une crise, ou un meurtre.

- Peut-être, oui. Mais pas tout de suite. C'est encore difficile à supporter, pour moi. Par contre, je ne vais pas te mentir, savoir Marianne six pieds sous terre me soulage.

- Elle t'a presque battue à mort ! Tu as le droit d'être apaisée.

- Emma, la plupart de ceux qui m'ont agressé ont été retrouvés. Mais il reste…

- Mendell, oui, je sais. Si jamais il se pointe…

- Ne le tue pas ! Je ne veux pas que tu aies du sang sur les mains. Pas pour moi, pas par vengeance.

- Il t'a… Merde ! Tu ne t'en souviens pas, mais moi, je t'ai vu, agonisante dans une mare de sang ! Il t'a charcuté ! Même un animal ne ferait pas une chose pareille !

- J'ai guéri, Emma. Je ne veux pas que ça nous empêche de mener notre propre vie, loin de tout ce marasme.

- Regina, je ne peux même pas te toucher, sans que tu ne te crispes. C'est normal, mais ça fait des mois que nous sommes en couple. Je t'ai vu mourir, puis je me suis liée à toi pour la vie. Je t'ai veillée, protégée, aimée. Alors, si jamais ce porc se pointe ici, il le paiera de sa vie.

- Non, non, par pitié. Si tu m'aimes, tu ne le feras pas. Ne brise pas notre famille pour lui. Si tu vas en prison, je vais devenir folle.

Emma ne sut que répondre. Elle enlaça sa conjointe et l'embrassa sur la joue. Elle ne désirait rien de sexuel, simplement du réconfort. La brune tremblait, sa peur de perdre la blonde la taraudait comme jamais. Emma était son point d'ancrage dans la vie. Sans elle, elle ne savait pas si elle aurait la force de repousser l'Evil Queen. Peut-être pour son fils, pour un temps, mais elle savait que l'autre gagnerait la partie. Elle aurait alors réellement tout perdu. Elle serra davantage le corps athlétique, par peur de le perdre.

- Emma, je ferai n'importe quoi pour que tu ne deviennes pas comme moi.

- Regina, je veux juste que tu sois en sécurité. Avec notre fils. C'est tout ce qui m'importe.

- Ne te sacrifie pas, c'est tout ce que je te demande.

Emma ne put promettre une telle chose, car son rôle de sauveuse consistait à préserver les autres, parfois en dépit d'elle-même. Regina le sentit et la rapprocha encore plus de son propre corps, et lui caressa le dos, sa main passant sous son débardeur. La blonde ne bougea pas et apprécia le geste amoureux. Mais lorsque les baisers devinrent plus appuyés, elle voulut mettre un frein à sa brune.

- Regina, non, pas comme ça… Ce n'est pas ainsi que j'imagine notre première fois. Pas alors que je suis à moitié démolie et que je réclame de l'attention.

L'ancienne reine comprit le message, mais ne parvint pas à arrêter ses faveurs envers la shériff. Elle voulait lui montrer qu'elle comprenait son chagrin et ses doutes. Elle avait besoin de savoir qu'elle pouvait physiquement y parvenir.

- Je ne fais que te chouchouter, Emma. Rien d'autre.

- Non !

- Mais enfin…

- Tu ne te rends pas compte, combien je dois me faire violence pour ne pas partir en vrille, dans tes bras. Ça devient douloureux, de me sentir excitée, alors que tu ne peux pas répondre à mes attentes. Je suis horrible de dire ça, je sais. Mais ça me fait littéralement mal.

- Je te fais mal ?

- Non, je n'ai pas dit ça… Mais être excitée sans jamais pouvoir être soulagée, c'est insupportable. Et c'est de pire en pire. Alors ne fais pas ça, s'il te plaît.

Après un silence, l'ancienne reine reprit, maladroite.

- Je t'ai vu te faire plaisir, alors si tu veux recommencer…

- J'arrive pas à croire que l'on ait cette conversation. Tu veux que je me … Masturbe devant toi ? Dans tes bras ?

- Non, mais si c'est un moyen de te sentir mieux, je comprendrais.

- Je sais me tenir. Il est hors de question que je fasse ça. Sauf si … Ça t'excite ?

- Tu n'as pas à tenir compte de mes fantasmes.

Emma se redressa sur un coude, perplexe.

- Attends, tu es en train de me dire que tu aimes quand je me touche ?

- Je … J'ai apprécié ce que j'ai vu, la dernière fois. C'est tout. Mais tout comme tu ne me mets pas de pression, il n'y en a aucune pour toi, pareillement.

La blonde fut laissée pantoise d'une telle assertion. Elle ne savait plus comment réagir à cela. Elle bouillait d'envie de se faire plaisir, mais jamais elle n'oserait, alors que sa journée avait été émotionnellement compliquée, et sa compagne, qu'elle n'avait jamais vraiment touchée, était juste à côté d'elle. Elle rougit et baissa le regard. Regina comprit qu'elle avait peut-être été trop loin.

- J'aurais dû me taire ? Je ne sais pas comment me comporter avec toi, parfois. Surtout dans notre intimité.

- Euh… Je… Non, c'est pas ça.

Emma ancra son regard dans celui de sa compagne.

- Je pesais le pour et le contre, de me caresser dans tes bras. Tu ressens mon excitation, mais tu ne m'as pas dit, si tu avais eu un orgasme, comme moi ?

- Oui…

- Oui ? Tu as eu un orgasme, parce que je m'en suis donné un ?!

- En effet. Emma, je peux te l'avouer, maintenant. Je ne me suis pas touchée depuis des mois. Mais sentir ton orgasme, ça m'a fait beaucoup de bien. Éprouver de telles sensations, sans avoir à faire quoi que ce soit, c'était salvateur, pour moi. Je suis égoïste, n'est-ce pas ?

- Je peux comprendre ton point de vue. Donc, si je me caresse, tu vas avoir comme un écho de mes touchers ?

- Je pense que c'est comme ça que ça fonctionne.

Emma déglutit, sachant qu'elle était en train de perdre le combat. Elle caressa la joue de la brune, et l'embrassa furtivement, avant d'oser lui demander.

- J'ai envie d'essayer, en étant dans tes bras. Mais j'aimerais que l'on enlève le haut. Si tu le veux bien.

- Euh, oui, d'accord.

Emma l'embrassa alors fougueusement, et défit les boutons de la chemise de pyjama. Regina s'accrocha aux épaules de la blonde, et lui enleva bien vite son débardeur. Emma se décolla du matelas et vint poser son torse sur celui de la brune, en prenant garde de ne pas l'apeurer ou lui faire mal. En sentant la poitrine d'Emma contre la sienne, l'ancienne reine se cambra, sentant son excitation grandir. Cette dernière ne voulait pas aller plus loin, car tout comme sa partenaire, elle voulait que leur première fois soit belle et totalement désirée, pas juste un moment pour se rassurer des angoisses de la journée. Emma l'embrassa longuement, essayant de la mettre en confiance au maximum. Lorsque l'envie se fit trop grande, elle descendit ses baisers le long de sa mâchoire, puis de sa clavicule. Regina se laissa totalement aller au moment. Elle remercia intérieurement la blonde d'être si douce et si prévenante. Elle savait qu'elle pouvait lui faire confiance. La blonde la regarda, puis laissa une trace le long de ses seins, avant d'en lécher un, et de cajoler l'autre d'une main. La sensation électrisa encore davantage la shériff, si une telle chose était possible. Elle s'interdit néanmoins de descendre ses baisers plus bas, de peur de se laisser entraîner par la passion. Emma revint vers le visage de sa belle, et laissa sa main passer la barrière de son short. Regina l'attira à elle et l'embrassa avidement, voulant toujours plus de contact. Cette dernière sentit la main de la blonde effleurer son intimité, à travers son pyjama, et se décala légèrement de côté, pour ne pas être gênée. Emma couvrait de baisers la poitrine de sa compagne, tout en jouant avec son autre main. Elle voyait Regina commencer à onduler, leur plaisir se faisant écho. Devant un tel spectacle, la shériff ne se contint pas davantage et se pénétra de deux doigts, faisant gémir sa partenaire. Elle lui mordilla un téton, tout en continuant son va-et-vient. Bientôt, l'ancienne reine ne parvint plus à rester silencieuse. Emma la regardait fièrement, voyant une femme magnifique se laisser aller à son désir, grâce à elle. Elle se caressa plus profondément et sentit que la libération approchait. Elle embrassa alors sa compagne, pour lui éviter de hurler. Son orgasme monta d'un coup, en sentant les doigts de la brune dans sa chevelure. Emma se tendit, tandis que sa partenaire se cambrait sous elle. La blonde s'écroula à son côté, la main toujours dans la culotte. Elle déposa alors de doux baisers le long de la gorge de l'ancienne reine, qui ouvrit les yeux, plus que satisfaite.

- Emma, c'était juste, wouah. Je…

L'ancienne reine ne put finir sa phrase et éclata en sanglot. Emma, retirant sa main de son short, entendit distinctement la brune gémir, malgré tout. Elle la prit dans ses bras et la ramena à elle.

- Hey, pourquoi tu pleures ? Tu as eu mal ?

- Non, mais partager ça avec toi, après tout ce temps, je crois que c'est un trop plein émotionnel. Je suis heureuse, Emma.

- Moi aussi.

La blonde la berça longtemps, avant de comprendre que sa compagne s'était endormie. Voir Regina prendre du plaisir avec elle l'avait étrangement marqué. Cette femme était sienne, quoi que l'on puisse en dire. Et cette soirée n'avait fait que le confirmer. Elle lui murmura à l'oreille, bienveillante.

- Je t'aime, qu'importe l'avenir, ça ne changera plus. Je suis irrémédiablement amoureuse de toi, de tes manies et de ta beauté. Ton être tout entier me crie de t'avoir à mes côtés, pour toujours. Et jamais je ne lui ferai faux-bond. Je t'aime plus que tout…

La blonde s'endormit sur ses paroles, ne sachant pas que la brune l'avait parfaitement entendue.

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PS : Je suis en vacances pour 15 jours, avec un accès internet restreint. Vous savez donc ce que cela signifie. Soit je parviens à trouver un moyen de poster mes chapitres en temps et en heure, soit vous allez vous gavez à partir du 26 juillet, de tous les chapitres qui se suivront chaque jour.

J'espère poster la suite de l'élection dimanche. À bientôt !