Réponse à guest Alex2.0 :ne pouvant répondre directement, par MP, à la question posée, voici ma réponse: tout d'abord, merci, ça me fait plaisir. Ensuite, Regina et Emma font le choix de rester à Storybrook, car c'est leur ville. Henri y est scolarisé, les quelques amis qu'elles ont, habitent ici. Et la magie est toujours à l'œuvre entre elles, Gold restant dans les environs, est une sécurité supplémentaire. Et la fiction n'est pas finie, loin de là, laissant présager d'autres raisons. Mais chut, c'est une surprise !
Chapitre 28 : reprise en main
Quelques jours plus tard, alors qu'elles étaient couchées, et qu'Emma baillait à s'en décrocher la mâchoire, la brune attira son attention.
- Je pense que ce serait le bon moment pour parler à Henri de notre projet de déménagement.
- Justement, j'attendais que tu mettes le sujet sur le tapis.
- Tu croies que c'est trop tôt ?
- Non, au contraire. On va bientôt retourner chez toi, toutes les deux, pour enfin voir comment la maison a été restaurée. Et ensuite, je déposerai un préavis pour déménager, et on transvasera nos affaires. Seulement si tu te sens capable d'y arriver, bien sûr. Pas de pression.
- Un nouveau chapitre de notre vie va s'ouvrir, Emma. J'ai hâte, mais j'appréhende également cette nouvelle étape.
- Nous ferons tout ça tous les trois. Quitter cet appartement va faire bizarre.
- Il a été un cocon protecteur. Mais je ne me voyais pas vivre ici pour toujours.
- Je comprends. Mais ça va me faire bizarre aussi d'intégrer le manoir. Tu pourras me fournir un plan ? Je ne suis pas habituée à devoir parcourir de telles distances, pour aller prendre un café ou une douche.
- Idiote !
- Ton idiote, majesté.
Elles rirent et s'enlacèrent, prêtes à commencer un nouveau destin.
Le lendemain matin, Henri se leva tard, puisqu'on était samedi. Regina était déjà aux fourneaux, alors qu'Emma sortait de la douche. Il arriva en traînant des pieds, se frottant les yeux. Il s'assit à sa place et une assiette de crêpes apparue devant lui. Il sourit, un peu au hasard, devant cette montagne de douceurs, et l'attaqua sans attendre. Emma s'assit à son tour à ses côtés, suivie de la brune, qui était quelque peu nerveuse.
- Henri, nous aimerions te parler d'une chose importante, avec Emma.
Le petit posa sa fourchette, sachant que le moment n'était plus à la gourmandise. Il les scruta tour à tour, essayant de deviner ce qui pouvait engendrer cette nervosité, et leur fit un sourire, pour leur donner le signal de départ. Regina semblant crispée, c'est Emma qui entama leur laïus.
- Gamin, tu sais que le manoir est réparé. Et Regina et moi avons discuté de la probabilité de revenir y vivre.
- Et moi, j'ai le droit de dire ce que je veux ?
- Bien sûr, Henri ! Vas-y, nous t'écoutons.
- Je suis bien ici, avec vous deux. J'ai jamais été aussi heureux, depuis qu'on est enfin une famille. Mais parfois, la maison, enfin ma chambre, me manque. Et puis le grand jardin ! Le parc, c'est cool, mais c'est pas pareil. Et puis, je…
- Continue, mon grand, n'aie pas peur.
- J'ose pas inviter les copains, ici. Je sais pas pourquoi. Peut-être parce que maman est toujours là, et que j'ai un peu peur que tout le monde soit mal à l'aise. Mais c'est aussi l'appartement d'Emma, et qu'à Emma. Alors on pourrait peut-être revenir à la maison ? Non ?
- Hé bien, Henri, tu peux inviter tes copains, je peux toujours aller dans ma chambre. Mais pour le manoir, nous essayons de surmonter nos angoisses, enfin surtout les miennes, pour que nous puissions nous y installer.
- Alors, on va déménager ?
- J'espère, mon grand. Mais seulement quand ta maman sera prête.
- Et tu es prête ?
- Pas encore, Henri. Chaque chose en son temps. Aujourd'hui, avec Emma, nous allons ouvrir le manoir. Veux-tu venir ?
- Oui ! Trop cool !
- Parfait, tu pourras retrouver tes affaires et me dire si certains choses ont été détruites.
- On part quand ?
- Après le déjeuner.
- Je vais me préparer ! Faut que je sois prêt !
Il partit en trombe vers sa chambre, sous l'œil rieur des deux femmes.
- Bon, bah, au moins, il n'est pas traumatisé. C'est même plutôt l'inverse.
- Je suis rassurée, Emma. J'avais tellement peur qu'il ne se braque, ou qu'il se sente mis de côté.
- C'est un gosse super, et éveillé. Il est ravi de retrouver son univers. Ça peut se comprendre. Tu as pétoché pour rien !
- Emma… Langage !
- Tu oses encore me dire ce genre de chose ?!
- Parfaitement !
Devant l'air victorieux de la brune, la blonde ne put se retenir et fondit sur elle, en l'embrassant. Henri, qui avait entendu sa mère crier, sortit de sa tanière, et vit le couple enlacé. Il leva les yeux au ciel et soupira.
- Ah, ces adultes !
- Hé ! On t'a entendu, gamin !
La porte de la chambre du bambin se ferma derrière lui, pour toute réponse.
En début d'après-midi, la coccinelle jaune s'arrêta devant le manoir de Mifflin Street. La famille en sortit et Regina se figea à quelques pas de l'entrée de la maison, clés en main.
- Hey, si tu ne le sens pas, on est pas obligé d'y entrer.
Henri ne disait rien, mais trépignait d'impatience de revenir chez lui. Regina contempla son fils et décida que la torture n'avait que trop duré pour son enfant. Elle le remercia intérieurement, de l'obliger à ouvrir la porte de son passé, malgré ses appréhensions. Une fois déverrouillée, Henri fonça dans le salon, pour lancer un grand cri de stupéfaction.
- Maman, y a plus rien dans le salon ! Y a plus de meubles, ni de rideaux, c'est tout vide !
Le couple se rendit sur place et Regina eut les larmes aux yeux, devant la bibliothèque murale encastrée totalement vide. Aucun de ses précieux livres n'avaient donc survécu à l'incendie. Seuls ceux qu'Emma avait ramené, depuis sa chambre à l'étage, avaient résisté. Elle parcourut les rayonnages vides du doigt, et Emma la rejoignit, en la prenant dans ses bras.
- Hey, je t'en rachèterai plein. Ce ne sera pas pareil, mais je te promets de te couvrir de livres. Je sais combien ils sont précieux pour toi.
- La plupart avaient une valeur inestimable, Emma. Des éditions originales, ou de très vieux livres de magie. Tout est perdu, mon cœur.
La blonde resserra son étreinte et lui embrassa délicatement le cou, alors qu'Henri partait déjà ailleurs en reconnaissance dans une autre pièce. Il se rendit dans le bureau de sa mère, tout aussi vide que la salle précédente. Il soupira et se rendit dans la cuisine. Là encore, les appareils électro-ménagers étaient neufs, et le cœur de la maison sentait encore la peinture. Un nouvel îlot central trônait au milieu, et la pièce semblait sortir d'un magazine de décoration.
- Y a plus grand-chose, ici aussi.
Les deux femmes regardaient le garçon inspecter la pièce.
- En effet, mais la nouvelle configuration sera plus pratique, pour mon activité. Et le reste, je le rachèterai.
- Mais c'est pas pareil…
Le petit disparut rapidement à l'étage, afin de visiter sa chambre. Regina s'avança dans la cuisine, effleurant les nouveaux plans de travail en marbre blanc. Les placards étaient peints en noir, laissant une impression saisissante de froideur dans la pièce.
- Emma, tu aimes ?
- Euh… Je dirai que ça manque de couleur, non ?
- Oui. Il y a encore quelques mois, j'aurais adoré ce style. Aujourd'hui, je le trouve fade. Et puis, comme tu viens t'installer ici, il faut que ça te ressemble un peu.
- Tu connais pourtant mes talents de cuisinière ?! Je ne passerai pas beaucoup de temps dans cet endroit. C'est davantage pour toi. Donc si cela te convient, pas de souci.
Regina sentit une hésitation chez sa compagne.
- Emma, il y a autre chose ?
- Je ne sais pas si je dois te le dire. Ne te le prends pas mal, s'il te plaît…
- Je t'écoute.
- J'espère y faire une autre activité, que cuisiner. Si tu vois ce que je veux dire… Pardon, je suis désolée…
Regina explosa de rire.
- Emma, je ne bouderai plus pour cette raison. Et tu as raison, en temps voulu, il faudra … Baptiser cette cuisine comme il se doit.
- Tu sais que je t'aime, hein ?
- Oui.
La brune sourit et reporta son attention ailleurs.
- Trêve de plaisanterie. Et le salon ? Là, je suis sûre de t'y trouver souvent.
La blonde rit face à la sentence de l'ancienne reine.
- Tu marques un point. Il est assez neutre, mais avec des rideaux colorés et des meubles en bois, cela ravivera l'ensemble. Et un écran géant !
- Emma… Tu sais que je ne suis pas une grande supportrice de ces engins.
- Bon, bah, une télé normale, alors. Mais la mienne est un peu petite, pour ta grande pièce.
- C'est vrai. Mais ce n'est pas un achat pressé.
- Non, bien sûr. Il faut tout d'abord penser à ta cuisine et à tout ce dont tu as besoin, pour lancer ton activité de traiteur. Ton nouveau boulot en priorité.
Regina sourit. Elle se dirigea vers son bureau, et vit la nudité de la pièce. Elle souffla, plus qu'heureuse de ne pas retrouver ses dossiers municipaux, encore présents. Elle sourit en pensant à l'avenir de cette pièce.
- Ce sera toujours mon bureau, mais aussi le siège de mon entreprise. Qu'en dis-tu ?
- Excellente idée ! Veux-tu monter ? J'ai hâte de voir ta chambre.
- Dois-je te rappeler que tu as fouillé dans mes affaires, pour m'en ramener, alors que je ne pouvais pas bouger ?
- Tu me traites de perverse ?!
- Qui sait ?
La blonde resta scotchée plusieurs secondes, avant de suivre la belle brune. Cette dernière faisait de plus en plus d'allusions à connotation sexuelle, au plus grand plaisir de la shériff. Arrivées en haut des marches, elles se dirigèrent vers la chambre de l'enfant, qui n'avait pas été touchée. Il était au milieu de ses jouets, éparpillés à tout va. Elles se rendirent ensuite dans la chambre de Regina, qui n'avait pas réellement été abîmée. La propriétaire des lieux retint sa respiration. La pièce avait encore besoin d'être aérée, mais ses affaires étaient là, son armoire, son grand lit, sa commode. Elle en eut les larmes aux yeux, de retrouver enfin quelque chose qui lui appartenait depuis longtemps. Elle vit la petite pile de livres, seuls rescapés du désastre. Emma avait pioché dedans pour lui ramener de quoi s'occuper, les premiers temps. Elle prit la main de sa compagne, et alla vers sa commode, qui renfermait ses bijoux. Sans surprise, tout était vide. Il ne lui en restait plus un seul.
- Merde, Regina… Toi qui adorait les porter. On va aller porter plainte, pour vol. Les fumiers…
- Laisse tomber, Emma. Ce ne sont que des cailloux. Et puis, qui veux-tu blâmer ? Les pillards, après l'incendie ? L'équipe qui a bien voulu faire les travaux ? N'importe qui, dans l'intervalle, voulant se venger de la méchante reine ? C'est peine perdue, et je m'en moque. Ma nouvelle vie ne demande pas toutes ces fantaisies.
- Je t'en offrirai de nouveaux.
- Ne gaspilles pas ton argent, il y a beaucoup mieux à faire.
- J'ai les moyens d'offrir de jolies choses à la femme que j'aime ! C'est pas négociable.
- Emma… Je t'assure que je n'en ai pas besoin.
- Ce n'est pas une question de besoin, mais d'envie de te faire plaisir. Et puis… J'aimerais beaucoup te voir nue, portant un simple collier. Je te vois t'avancer vers moi… C'est très excitant, ma reine.
- Tu es impossible.
- Je suis amoureuse.
Elles s'embrassèrent et Emma rompit le moment.
- Stop ! Sinon, je jure que je te prends sur ce foutu lit ! J'ai vraiment envie de toi, là, maintenant. Alors ne me pousse pas. Par pitié.
- Très bien. Ce n'est que partie remise, de toute façon.
Le sourire éclatant de la brune titilla encore plus les hormones de la blonde, qui sentit son estomac se tordre d'anticipation. Dieu, que cette femme était belle et désirable. Elle repensa un bref instant à leurs éternelles joutes verbales d'antan. Un petit rictus aux lèvres, elle se dit que c'étaient peut-être les prémisses de cette relation. Elle suivit la brune partout ailleurs, notant ce qui manquait, et ce qui devait être remplacé. Henri récupéra quelques jouets, afin de les mettre en sécurité, à l'appartement. Deux heures plus tard, le tour du propriétaire fait, elles refermèrent le manoir, Regina jetant des regards sur une partie bien précise de la rue. La blonde s'en rendit compte et lui prit le menton dans la main.
- Hey, ce n'est qu'un bout de rue.
- C'est l'endroit qui a vu ma déchéance. Tes belles paroles ne pourront rien y changer.
- C'est l'endroit où je t'ai sauvé et où j'ai enfin reconnu mes sentiments pour toi.
- Maman !
Les deux femmes sursautèrent, totalement dans leur bulle. Elles allèrent rejoindre l'enfant, qui regardait le pommier.
- Il est mort ?
- Oui, Henri.
- Mais ses pommes étaient trop bonnes.
- Il ne peut pas revenir à la vie.
- Pas comme toi ?
Emma vit l'expression triste du gamin. Aussi se permit-elle une proposition.
- Et avec un peu de magie ?
L'ancienne reine se retourna vivement vers sa compagne.
- Tu es dingue ?
- Oui, peut-être. Mais on pourrait essayer. Un jour où nous sommes en forme, avec ta potion, en filet de sécurité. Qu'en penses-tu ?
- Oui, il faudrait que le sort soit parfaitement calé.
- Je fais confiance à la plus puissante des sorcières, mon amour.
- Nous verrons cela. Rentrons, à présent, je suis fatiguée.
La famille reprit la voiture jaune, et se posa tranquillement dans le salon, après cette journée émotionnellement épuisante.
Le lendemain dimanche, Regina enserrait sa blonde, qui ne voulait pas se lever. Elle ne cessait de lui faire de petits baisers dans le cou, et de lui caresser les bras. Emma semblait en avoir gros sur la patate, mais elle ne desserrait pas les dents, se perdant dans ses attentions envers la brune.
- Emma, arrête ! J'apprécie ta tendresse, mais tu essaies désespéramment de détourner mon attention.
La blonde cessa tout contact et soupira, sans la regarder dans les yeux.
- Je pressens la fin de notre vie ici approcher. Et ça me rend triste. Je suis une femme adulte, et j'angoisse comme une enfant de devoir déménager loin de ce nid douillet. Je suis pathétique…
- Non, mais tu n'aimes guère le changement, même si c'est pour vivre en famille dans une grande maison. Je me fais violence également, pour ne pas hurler à chaque fois que mon regard se porte sur ce satané bout de rue. Je sens mes viscères se tordre de douleur. Et je n'arrive pas à contrôler cela. Mais il faut qu'on avance, car nous n'avons pas toute la vie.
- Regina, ne dis pas ça. J'ai l'impression que l'on va mourir demain.
- Mais ta durée de vie a été calculée à un instant T, et maintenant, même si tu fais attention à ton hygiène de vie, plus rien ne pourra nous donner des années de vie supplémentaires. Les dés sont jetés, et notre sort est scellé. Imagine si Gold s'était trompé et qu'il ne te restait que vingt ans à vivre en réalité ? Ça voudrait dire que nous avons dix ans chacune devant nous. C'est demain, Emma !
La brune commença à hyperventiler. La shériff lui massa le dos, le visage baissé.
- Je suis désolée, j'ai pas réfléchi quand j'ai fait ça. Et jamais auparavant, je n'aurais cru que trop aimer la malbouffe, l'alcool, et la vie facile, seraient les pires décisions de ma vie.
- On ne doit pas se fustiger pour cela. Il faut se soutenir, pas se tirer dans les pattes. On y arrivera pas, sinon.
- Tu crois qu'on pourrait savoir précisément le nombre d'années restantes ?
- Un seul sort pourrait nous le révéler, et encore. La magie qu'il requiert est extrêmement ancienne et puissante. Même Gold ne pourrait l'activer, sans risquer de s'y perdre. Donc , non, nous ne le saurons jamais, Emma.
La blonde réfléchit aux dires de la sorcière. Elle souffla et secoua la tête.
- On pourrait se lever ? J'ai un peu de mal à rester au lit ce matin.
- Gaufres ?
- Et mon cholestérol ?
- On y fera attention demain !
Elles se sourirent et attendirent leur bambin pour manger. L'après-midi, elles commencèrent à lister ce qu'elles devaient emmener, et fixèrent une date pour le déménagement, scellant ainsi leur promesse de renouveau.
Regina, toute la semaine durant, s'escrima à trouver un déménageur. Elle ne voulait pas qu'Emma porte tout leur fatras, alors qu'elle-même ne devait rien porter de lourd, avec sa condition physique faiblarde. Les meubles resteraient sur place pour la plupart, le canapé également, n'étant pas du goût des deux femmes. Tout était arrangé avec le propriétaire. Alors que les cartons vides arrivèrent en fin de semaine, Regina eut une idée pour faire plaisir à sa conjointe. Lorsque la shériff rentra du travail, elle l'enlaça par derrière et déposa un tendre baiser dans son cou.
- Ta journée a été bonne ?
- Oui, je n'ai couru après personne, aujourd'hui. Mes pieds sont ravis !
- Alors, tu es de bonne humeur ?
- En effet. Pourquoi ?
Emma se tourna pour faire face à sa brune.
- J'ai pensé à quelque chose. Que dirais-tu de faire une petite fête d'adieu à cet appartement ? Avec Ruby, Granny, Archie, ton père et nous trois ?
Emma écarquilla les yeux.
- Tu es sûre de toi ? Enfin, oui, c'est une bonne idée, mais tu n'as plus été autant entourée depuis bien longtemps. Ça peut te rajouter du stress.
- C'est aussi une façon de les remercier, ils m'ont tous aidé, d'une manière ou d'une autre.
- Très bien. Et quand veux-tu faire cette petite sauterie ?
- Emma, ce n'est pas une sauterie… Demain soir ? En fait, j'ai déjà prévenu tout le monde. Sauf ton père… Je te le laisse.
La shériff rit de bon cœur.
- Courageuse, mais pas téméraire !
- Je l'admets sans honte.
- C'est une merveilleuse idée. Et on les invitera à la pendaison de crémaillère !
- Oui. Merci de toujours me soutenir.
- Ma conjointe organise une petite fête, je ne vais pas bouder mon plaisir !
- Appelle ton père, alors.
- Oui, chef !
Emma sortit son téléphone et prit son courage à deux mains. L'ancienne reine venait de lui donner un bon prétexte pour renouer doucement avec le blond. Après plusieurs sonneries, son père décrocha.
- Bonjour David.
- Bonjour Emma.
- Comment vas-tu ?
- Je te le dirai quand je le saurai. Pourquoi me téléphones-tu ?
- Euh… Regina, Henri et moi allons bientôt déménager au manoir, alors, nous faisons une petite fête d'adieu à l'appartement, avec Granny, Ruby et Archie. Tu es le bienvenu.
- Vous déménagez chez elle ? Et si elle décide de te mettre à la porte ? Tu es sûre de toi ?
- Je retournerai alors à ma vie terne et sans saveur. Ce sera chez nous, papa. Tranquillise-toi.
- Ne m'appelle pas comme ça.
- Tu as trop honte de moi, pour oser dire que tu es mon père ?
- Non, je m'en veux de t'avoir frappé. J'ai pris du recul, par rapport à … Tout ça. Et je m'aperçois que ma réaction était tout à fait disproportionnée. Tu n'as pas besoin d'un bonnet de nuit tel que moi en ce moment, surtout à une fête !
- Je t'invite de bon cœur. Ça pourrait être un premier pas, pour renouer des liens. Henri te réclame. Il aimerait bien te revoir.
- C'est vrai ?
- Si je te le dis.
- Hé bien, je ne sais pas… Je peux te donner ma réponse plus tard ?
- Bien sûr. J'aimerais vraiment que l'on se retrouve, tu sais.
- D'accord. Hé bien, euh, à bientôt ?
- Bonne soirée. J'attends ta réponse.
- Très bien. Bonne soirée également.
Emma raccrocha, avec une impression mitigée. Elle était heureuse de sentir un semblant de rapprochement avec son paternel, mais sa réserve et son questionnement l'avait aussi quelque peu irritée. Rien n'était jamais simple avec ses parents. Elle regarda sa compagne, qui n'avait pas perdu une miette de la conversation.
- En attente de sa réponse !
- J'avais entendu.
- Et alors ?
- Tu crois que je vais t'abandonner ?
- Non, pas du tout. Il s'agit d'une insécurité de mon père, pas la mienne.
L'ancienne reine sourit largement.
- Jamais, en effet. Ma famille s'est agrandie, et j'ai enfin trouvé une personne qui m'aime. Moi, l'Evil Queen !
- Tu n'es pas cette femme ignoble. Tu es juste une maman attentionnée, un peu coincée et autoritaire sur les bords, mais ça vaut le coup de gratter sous la surface.
- Autoritaire ?
- Tu n'as pas idée.
La brune grogna légèrement face à l'affront, tandis que la blonde ricana bêtement. La shériff la fit tomber sur elle, dans le canapé, pour lui soutirer un baiser.
- Je te déteste, Emma Swan !
- Tu dis des bêtises ! Mais ce n'est pas grave, je t'aime comme ça.
Emma la colla plus encore contre son corps et l'embrassa fougueusement. Elles entendirent un son de dégoût marqué.
- Beurk, c'est ma place sur le canapé, là !
Les deux femmes se décalèrent sur le divan et s'embrassèrent à nouveau, provoquant un autre bruit étouffé. Elles rirent de leur farce, ouvrant leurs bras pour accueillir l'enfant, qui ne demanda pas son reste.
Le lendemain soir, tous les convives étaient dans leur salon, ainsi que le père de la blonde. Elles avaient mis les petits plats dans les grands, Regina ayant passé la journée derrière ses fourneaux. Tout le monde trinqua au départ, ainsi qu'à l'installation prochaine de la famille au manoir. Chacun fit un petit discours, les encourageant dans leur choix. Regina fut félicitée pour ses talents culinaires et une discussion enflammée autour de la cuisine prit place entre Granny et l'ancienne reine. Henri avait monopolisé son grand-père, l'entraînant dans une partie de petits chevaux endiablée. Emma regardait tout son petit monde, heureuse, apaisée et reconnaissante, surtout envers toutes ces personnes, d'être venues pour leur montrer leur appui. Emma en aurait presque eu les larmes aux yeux. Ruby lui prit le bras et l'entraîna vers Archie.
- Alors, doc, ces deux nigaudes ont fait des progrès fulgurants ! N'est-ce pas ?
- Ruby, vous savez que je ne peux pas parler de mes patientes.
- Doc, vous mangez avec nous, là…
- Ce n'est pas une raison.
- Ne soyez pas snob, allez, dites au moins que ça fait plaisir de voir le tableau que nous avons sous nos yeux aujourd'hui.
- Oui, bien sur.
- Vous êtes en train de parler de moi, si je vous gêne, dites-le.
- Non, non, tu fais partie du décor.
- Emma, vous avez réussi à remonter la pente, ensemble. C'est admirable. Et vous formez un très joli couple.
- Merci, Archie. Je sais que c'est l'ami qui parle.
- En effet. Mais Ruby, et vous, comment allez-vous ?
- interdiction de me psychanalyser, criquet !
- Ce n'était pas mon intention. Mais vous avez été blessée en aidant ces deux femmes. Tout va bien ?
- Disons que tant que je ne recroise pas ta mère, Emma, tout va bien. Sinon, je la déchiquette.
Emma souffla un rire. La brune ne sourcilla pas et fronça même les sourcils.
- Je ne plaisante pas, Emma. Elle a failli me tuer. Et je ne suis pas du genre à pardonner facilement. Elle est enfermée et c'est tant mieux. On a pas besoin de plus de tarés en liberté dans cette foutue ville !
Son assertion fut suivie par un silence embarrassant. Regina avait blêmit, David lui avait envoyé un regard assassin et le reste des personnes présentes s'étaient figées. La louve se racla la gorge et continua, malgré tout. Il fallait que ça sorte.
- J'en ai marre de prendre des pincettes. Je ne suis pas qu'une adorable idiote, un peu délurée. On me demande encore souvent des nouvelles de Regina, parce que je suis proche de toi, Emma. Mais les demandes ne sont pas toujours bienveillantes. Il faut que vous compreniez que vous pouvez compter sur moi, mais que je vous sers également de paratonnerre, et c'est parfois frustrant. Les mots qu'ils emploient sont durs, surtout envers toi, Regina. Beaucoup d'habitants pensent que la police de cette ville part à vau-l'eau et que plus personne n'est réellement protégé. Mendell est sur toutes les lèvres. On en a pas entendu parler depuis ton agression. Et ça inquiète beaucoup, parmi la population. Certains pensent que tu distrais la sauveuse de sa mission.
Elle fit une pause dans son discours et persévéra.
- Je ne vous blâme pas. Vous méritez de connaître une nouvelle vie et le bonheur ensemble. Mais nous autres, qui vous soutenons contre vents et marées, devons faire parfois le dos rond, pour que vous puissiez être tranquille. Et puis merde, Mary-Margareth a bien chié dans la colle ! Je sais, je devrais me taire, mais elle a tourné dingo ! Et elle a failli emporter presque tout le monde ici dans la tombe, à cause de sa folie ! Elle est enfermée, et c'est tant mieux, désolée David, mais c'est la vérité.
David serra la mâchoire et fusilla du regard la louve. Elle le soutint et fut interrompue par Regina.
- Je sais que vous avez dû prendre sur vous, à cause de moi, et de mes erreurs. J'aurais vraiment voulu que cela se passe différemment pour Blanche-Neige, mais malheureusement, le mal qui a été fait est irrémédiable. Et je vais tout faire pour alléger votre fardeau, je vous le promets. Je me doute que ça ne doit pas être facile tous les jours, de prendre ma défense, notre défense, mais c'est aussi grâce à vous et à votre bienveillance que nous en sommes là. Je ne pourrais jamais assez vous remercier, pour tout cela. Acceptez ces quelques mots, en signe de ma reconnaissance, ainsi que celle de ma famille. Vous comptez beaucoup pour nous. Et nous n'en serions pas là aujourd'hui sans vous. Merci du fond du cœur.
Emma ne rajouta rien et enlaça sa brune, avant de l'embrasser pudiquement. Elles accrochèrent leurs regards et le temps fut suspendu, pour toute l'assemblée. Ruby ne put s'empêcher de briser l'instant.
- Dites, les tourterelles, vous n'êtes pas seules, et c'est limite flippant, votre truc, là !
Henri haussa les épaules, vaincu.
- Elles font ça tout le temps. On s'y habitue, à force. Pas le choix.
Tout le monde rit aux mots de l'enfant, qui vint chercher un câlin auprès de ses mères. David regarda durement la petite famille, puis ses épaules s'affaissèrent. Elles n'étaient pas responsables de la débâcle de son propre couple. Mary-Margareth avait toujours eu des tendances dictatoriales, cachées sous une montagne de guimauve. La vérité, c'est qu'il savait pertinemment bien que sa femme pouvait exploser en vol à tout moment, suite à un évènement particulièrement difficile. L'Evil Queen avait été ce déclencheur. Il devait faire quelque chose, pour se rattraper. Il se leva alors et enlaça, maladroitement et le visage crispé, le couple et l'enfant. Il sentit le regard de tout les autres sur lui, et se dégagea bien vite.
- J'ai cru que c'était l'instant câlin. Hum, bref, passons.
La soirée reprit son cours, tout d'abord, avec parcimonie, puis, l'alcool aidant, avec plus d'entrain. Finalement, tout le monde partit aux alentours de minuit, laissant le couple se reposer. Henri était parti se couché depuis une bonne heure déjà.
Regina voulut faire la vaisselle, mais Emma la stoppa.
- Rassure-toi, ce sera toujours là demain matin. Allons dormir, tu es fatiguée.
- Je préfère que tout soit en ordre ce soir.
- Je reformule : je ressens ta fatigue. Donc au dodo, c'est pas négociable ! Allez, zou !
Emma la chatouilla, prenant soin de ne pas la brusquer pour autant. Elles s'effondrèrent sur leur lit, en pouffant, telles des adolescentes. Regina commença à caresser sa blonde, qui répondit aussitôt à ses attentes. Mais elle s'arrêta bien vite, se relevant sur un coude.
- Attends, j'ai une requête à te soumettre. Mais…
- Mais ?
- J'ai peur qu'elle soit déplacée.
L'ancienne reine haussa les sourcils, ne sachant pas comment interpréter les paroles de sa compagne. Cette dernière se lança alors.
- Je… Je voudrais te faire l'amour ici, pour la première fois. Je ne veux pas que ce soit au manoir. C'est ici que notre amour a éclos, que je t'ai désirée et choyée. Alors j'aimerais que cette chambre soit le nid douillet de notre première fois ensemble.
La brune ne sut quoi répondre. Elle garda le silence pendant deux bonnes minutes, mettant Emma très mal à l'aise. Cette dernière était rouge écarlate, devant le pseudo refus de l'ancienne reine.
- Pardon, j'aurais pas dû. C'était une idée stupide. Tu mérites mieux que ça. Je suis désolée. Je ne veux pas te pousser, mais je te sentais de plus en plus prête à sauter le pas et…
Elle ne put jamais finir sa phrase, Regina l'embrassant tendrement.
- D'accord.
- Hein ? Tu veux ? C'est vrai ?!
- Oui. Nous avons suffisamment attendues, tu ne crois pas ? Et je n'aurais jamais confiance en une autre personne que toi, pour être aimée comme une reine. Alors, ce sera ici, notre première, mais pas notre dernière fois.
- Oh mon dieu, que je t'aime !
Emma ouvrit grand ses bras, pour calfeutrer la brune dans son étreinte. Elle avait un sourire apaisé, à l'image de Regina, qui devait malgré tout reconnaître une pointe d'appréhension. Mais elle devait passer outre et recommencer une vie de couple plus saine. Et cela passait par une vie sexuelle épanouie. Elle joua quelques minutes avec les mèches blondes, sans rien ajouter. Puis elle leva les yeux vers Emma.
- Tu feras attention, n'est-ce pas ?
- Toujours. Je m'arrêterai dès que tu me le demanderas. Je te le promets.
- Si la sauveuse le promet, alors, il n'y a rien à craindre.
- Tu te moques encore ?!
- Peut-être, mon ange.
Emma sentit sa conjointe se détendre progressivement.
- Bonne nuit, Regina.
- Fais de beaux rêves, Emma.
