Attention, chapitre rating M, en deuxième partie. Vous voilà prévenus !

Chapitre 29 : le bonheur partagé

Partout dans l'appartement, des pastilles colorées avaient fleuri sur les objets et les meubles. Regina préparait le déménagement méticuleusement, ses journées filant beaucoup plus rapidement qu'autrefois. Elle regarda sa montre et vit qu'il était l'heure d'aller chercher Henri à l'école. Elle rangea son désordre et partit juste à temps pour se retrouver au milieu de la horde des parents d'élèves. Elle avait pris l'habitude d'être légèrement en retrait de la foule, afin de ne pas être victime d'une crise de panique. Mais aujourd'hui, elle était au milieu d'eux. Et elle sentit malgré tout son pouls accélérer. Elle fut bousculée par le côté, mais ne vit personne en particulier. Elle se tança, répétant son mantra. Aucune personne ici présente n'allait s'attaquer à elle. Personne n'oserait. Puis elle sentit une main s'abattre sur son épaule, lui faisant pousser un léger cri de stupeur. Les gens s'écartèrent d'elle aussitôt, et elle put voir le shériff Nolan. C'était lui qui lui avait joué ce mauvais tour, même s'il n'en semblait pas conscient.

- Regina, bonjour, je suis venu voir si je pouvais vous emprunter Henri, quelques heures. Il y a une promenade en poney proposée par l'école, et j'aurais aimé l'accompagner, si vous êtes d'accord.

- Je croyais que c'était Emma qui devait y aller.

- Elle a été retenue par un contrôle routier un peu long, alors elle m'a dit de venir vous voir, pour qu'Henri puisse y participer, malgré tout. Ce serait dommage qu'il soit privé de sortie pour un problème d'emploi du temps. Emma m'a dit que ça restait compliqué pour vous de monter à cheval.

- Hé bien, euh, oui, pourquoi pas ? Vous le ramenez pour le dîner ? Voudriez-vous vous joindre à nous ?

Le shériff parut déconcerté par la demande de la brune, mais ne s'en formalisa pas.

- Merci Regina, je sais que ce n'est pas toujours facile de faire le premier pas. Surtout pour vous. Si je ne vous dérange pas, je pense que cela ferait plaisir à Emma.

- Probablement.

- Très bien, nous serons chez vous à dix-neuf heures, dans ce cas.

- Parfait. Je vais vous laisser. Oh, David, encore une dernière chose.

- Oui ?

- Recommencez à faire du mal à ma compagne, ou à la brutaliser, et je ferai en sorte que le peu de pouvoir qu'il me reste, ne serve qu'à une seule chose : vous détruire. Même si cela devait me coûter la vie.

Le shériff ne répondit rien, sachant que l'ancienne reine avait raison, et qu'elle en était parfaitement capable. Regina repartit, alors que les parents d'élèves qui l'avait entendu proférer ces menaces, se tournèrent vers le shériff, pour lui apporter son soutien. Ce dernier ne fut pas d'humeur à les tempérer, et récupéra bien vite son petit-fils, pour partir en promenade équestre.

Regina rentra seule, et ne voulut pas retoucher aux démarches agaçantes du déménagement. Elle se fustigeait pour avoir menacé David. Emma voulait se rapprocher de son père et elle n'avait fait que l'enfoncer. Mais ses nerfs bouillaient de rage, en sentant encore la gifle que le blond avait infligé à sa conjointe. Elle voulait tellement épargner sa blonde, qu'elle était prête à beaucoup de choses, pour elle. Elle prit sa liseuse, offerte par Emma, il y a plusieurs mois, et se plongea dans un roman, afin de se calmer. Elle n'entendit même pas la shériff rentrer, une demi-heure plus tard.

- Hey, la Terre à la Lune. Tu m'entends ?

- Pardon, j'étais perdue dans cette histoire.

- Je vois ça. David a accompagné Henri ?

- Oui…

- Qu'y a-t-il ?

- Rien…

- Regina, pas à moi.

- Je suis désolée, mais j'ai peut-être menacé ton père. Devant témoins…

- Ah. Tu es l'Evil Queen, ça n'a pas dû surprendre grand monde, si ?

- Emma… J'essaie de faire des efforts, pour être acceptée en tant que simple habitante de cette ville, et ce n'est pas en faisant ce genre de sottises que je vais y parvenir.

- Ce n'est pas grave. D'ailleurs, pour quoi l'as-tu menacé ?

- Hum. Pour qu'il ne te fasse plus de mal.

La blonde regarda l'ancienne reine, quelque peu émue.

- Alors, je laisse passer ça. C'est trop mignon, tu prends ma défense.

- Ce n'est pas mignon, c'est puéril et déplacé.

- Si, c'est mignon.

Le regard d'Emma vaqua autour d'elles. Elle nota les pastilles colorées collées un peu partout.

- Tu n'as pas chômé en mon absence.

- Il faut bien que ça avance un peu. Et puis, ça m'occupe.

- Oui, mais il ne sert à rien de se précipiter. Et tu seras bientôt trop occupée par la préparation de tes bons petits plats, que tu nous laisseras de côté, Henri et moi.

- Tu crois vraiment que c'est ce qui va arriver ?

- Que je me retrouve seule, le soir, dans ton immense manoir, à errer comme une âme en peine ? Et toi, en train de travailler, pour que tout soit prêt pour le lendemain ? Peut-être. Tu es un bourreau de travail, Regina. Mais il faudra te ménager, car aujourd'hui, tu n'es plus aussi vaillante qu'autrefois.

- Tu crois que je suis faible ?

Emma rit de l'assertion de la brune.

- Toi ? Faible ? Non, pas du tout. Mais plus fragile. Et tu sais qu'il faut te ménager. J'ai bien l'intention de profiter de toi encore un bon bout de temps.

L'ancienne reine la fixa, ne sachant comment rassurer la shériff, sur cette évidente peur de se retrouver abandonnée à son sort, dans ce manoir qu'elle ne connaît pas si bien que ça. Elle l'enlaça, et l'embrassa.

- Je ne recommencerai pas deux fois les mêmes erreurs. Il y a quelques mois de cela, mon fils me haïssait, la population a tenté de me tuer, et nous deux, hé bien, nous nous faisions la guerre perpétuellement. Je ne retomberai pas dans ce schéma, où j'ai tout perdu.

Emma lui sourit, pour échapper à ses propres démons.

- Nous verrons tout ça plus tard. Pour l'heure, j'ai envie de te câliner.

- Non, non, non ! Ton père sera là dans un peu plus d'une heure, avec Henri.

- Hein ?

- Je l'ai menacé, mais je l'ai aussi invité à dîner. Pour te faire plaisir.

- Alors toi, tu ne fais jamais les choses à moitié.

- C'est un compliment.

La shériff éclata de rire.

- Oh que oui ! Tu es géniale. Un peu psychopathe et psychorigide sur les bords, mais je m'en accommode assez bien, au final.

- C'est pas gentil, ça.

- Mais totalement vrai.

- Va mettre le couvert, au lieu de dire des bêtises.

- Mais, et mon câlin ?

- Pas de câlin pour les méchantes filles !

- Tu n'es pas drôle !

- Je sais.

Emma repartit vers la cuisine, sachant qu'il était inutile de discuter avec sa majesté. Pendant ce temps, Regina concocta un gratin de légumes, et daigna sortir du jambon de parme, pour les gourmands à sa table.

À dix-neuf heures précises, la sonnette retentit et David se présenta sur le seuil de l'appartement, avec un Henri tout crotté et à l'air boudeur.

- Henri, que s'est-il passé ?

- Rien, je suis tombé, ça va.

Il fila droit dans sa chambre, puis dans la salle de bain, pour se débarbouiller. Les deux femmes se retournèrent vers le shériff, qui se gratta la nuque, gêné.

- Le poney était de belle taille, mais il n'a pas voulu en changer. Et euh, il s'est un peu emballé, et Henri s'est retrouvé les quatre fers en l'air. Mais il était équipé, donc ça va. C'est juste sa fierté qui en a prit un coup.

- Je vais aller voir, tout de même. Entrez, David.

L'homme obéit sagement à la brune, ne voulant pas étaler sa vie sur le palier.

- Tu sais que tu vas devoir montrer patte blanche ce soir, pour avoir esquinté le gamin ?

- Je n'y suis pour rien. C'était un accident stupide, ça arrive. Surtout en équitation.

- Mouais, compte là-dessus et boit de l'eau fraîche. Un rafraîchissement ?

- Un whisky ? Tu m'accompagnes ?

- Euh, non, sans façon, je passe mon tour.

- Tu ne touches plus à l'alcool ?

- J'évite. Regina n'apprécie que très moyennement. Et puis, je donne un peu l'exemple. Ça ne me gêne pas plus que ça. Je me suis même mise à engloutir des légumes.

Les deux Nolan se sourirent, connaissant les goûts alimentaires pas toujours très recommandables de la blonde.

- Et toi, comment vas-tu, Emma ?

- Pas mal du tout. Regina s'occupe du déménagement, et je bosse. Nos soirées sont paisibles.

- Un peu trop ?

- Je n'ai pas dit ça.

- Mais tu as une appréhension ?

- J'espère simplement que les habitants de Storybrook ne vont pas s'offusquer de voir l'ancienne reine revenir en sa demeure.

- C'est toujours une possibilité. Mais les gens sont moins idiots que vous ne le pensez, toutes les deux.

- Serions-nous snobs ?

- Pas vraiment, vous vivez dans votre bulle. Je ne voudrais pas qu'elle éclate au mauvais moment, voilà tout.

- Ne t'inquiète pas, je veille sur ma famille.

L'homme grinça des dents. Emma comprit qu'elle avait fort mal choisi ses mots.

- Pardon, je ne voulais pas médire sur maman et… Toi.

- Pas de souci…

L'ancienne reine refit son apparition, avec son enfant en pyjama. Elle scruta la paire de shériffs.

- Plus de peur que de mal, on dirait.

- Tant mieux, hein gamin ?

Le petit répondit par un grognement.

- Henri ! Je t'ai mieux éduqué que cela !

- Pardon.

- Bien, voulez-vous un apéritif, David ?

- Euh, c'est vu avec Emma.

- Très bien.

- Laisse, Regina, je vais le faire. Je te sers du cidre ?

- Avec plaisir.

Emma revint une minute plus tard, avec deux verres d'alcool et deux autres de jus d'orange. Tout le monde la regarda, surpris.

- Quoi ? J'ai le droit de boire comme mon fils, non ?

- Si si. C'est juste qu'avant, tu ne crachais pas sur une bonne bouteille.

- C'est toujours le cas, mais moins souvent. C'est mieux pour ma santé. Ordre de la doctoresse !

Emma fit un clin d'œil à Regina, qui ne put s'empêcher de pouffer. David remarqua tout haut, ce qui crevait les yeux.

- Vous avez changé, l'une comme l'autre. C'est…

- Bizarre ?

- Non, plutôt déroutant. Je n'ai pas l'impression d'avoir l'Evil Queen en face de moi. Mais une simple mère de famille…

- Et moi ? Qu'est-ce qui a changé ?

- Tu es plus mature ?

- On va prendre ça pour un compliment aussi, alors.

Le quatuor trinqua aux tribulations du jeune garçon et à chaque pas de fait, les uns envers les autres.

Alors que tout ce petit monde s'extasiait sur le gratin de l'ancienne reine, David reçut un coup de fil. Lorsqu'il vit le numéro de l'appelant, il fronça les sourcils et soupira lourdement.

- Excusez-moi, je dois répondre.

- Pas de souci, tu peux aller dans mon ancienne chambre au fond, pour être tranquille.

- Merci.

Il revint cinq minutes plus tard, la conversation avait été houleuse avec son interlocuteur.

- Je suis désolé, mais je dois partir.

Il se tourna vers sa fille.

- Ta mère fait des siennes et refuse d'obéir au personnel. Elle fait une nouvelle crise. Ma présence est requise pour la calmer. Je dois partir. Regina, merci, c'était délicieux. Sur ce, bonne soirée à tous les trois.

Il partit en coup de vent, afin de ne pas montrer à quel point il était contrarié de quitter cette soirée bien agréable, de façon si impromptue. Emma se tourna vers Regina, qui fixait encore la porte d'entrée refermée.

- Hey, ce n'est pas contre toi.

- Je sais. Mais je me sens un peu responsable. Alors qu'elle m'a tuée. C'est un comble !

- Non, juste la preuve que tu es humaine, comme tout le monde.

- Maman, tu es triste ?

- Un peu, mon lapin. Mais j'ai fait une tarte aux pêches, et tu auras le droit à une double part. Comme ça, je ne serai plus triste.

- D'accord ! Mission engloutissement de tarte activée !

Le couple rit aux bêtises de leur enfant. Le dîner se termina plus chaleureusement, grâce à Henri, qui avait retrouvé sa bonne humeur.

Lorsque l'enfant fut couché, elles se dirigèrent également vers leur lit. Regina prit son livre, Emma appuyée contre sa poitrine, et entama un nouveau chapitre. La douce musique produite aux oreilles de la blonde agit immédiatement et elle se lova davantage encore contre l'ancienne reine. Cette dernière respira la chevelure de sa partenaire et continua sa lecture. Après une vingtaine de minutes, Emma gigota, Regina se stoppa aussitôt.

- Quelque chose ne va pas ?

- Si, si, continue, j'adore.

- Emma, tu m'arrêtes pas de te tortiller…

- Dis, j'aimerais te demander, et si samedi soir, on emmène Henri chez Ruby, et que l'on a l'appartement pour nous seules ? Ça te paraît possible, ou c'est trop tôt ?

- Je vois. Tu sais que tu n'as pas à être gênée. Tu peux me demander une relation charnelle, sans devoir prendre de telles pincettes.

- Je marche quand même sur des œufs.

- Ne vois pas cela comme si c'était une épreuve pour moi, Emma. J'en ai envie, et j'ai eu des amants avant toi, tout comme toi. Je ne suis pas aussi fragile que tu le penses.

- Pardon…

- Et cesse de t'excuser. Mais pour répondre à ta question, ce serait avec grand plaisir.

Emma se redressa vivement, sans rien dire. Ses émeraudes fixaient la brune. Cette dernière put y lire l'amour et le respect, mais aussi du soulagement, dans ce regard si limpide. Cela la fit sourire. Elle savait la blonde, très frustrée. Elle pouvait littéralement le ressentir. Le contrôle et la patience de sa compagne étaient admirables. Mais cela n'avait que trop duré. Et la frustration de la blonde rejaillissait sur l'ancienne reine. Cette dernière n'était pas connue pour sa patience légendaire. Elle laissa tomber le livre sur la couette, et enserra la taille fine de sa compagne. Elle l'attira sur elle, et la submergea de baisers. Emma rit, devant l'impétuosité de sa compagne. Elle se cala contre elle et lui caressa la clavicule.

- Alors, je le note dans mon agenda. Et j'appelle Ruby dès demain. Ce serait dommage qu'elle prévoit autre chose samedi soir, qu'une soirée effrénée de jeux vidéos !

La brune haussa les sourcils.

- De jeux de société ! Bien sûr. Cela va sans dire.

Elles rirent toutes les deux, sachant parfaitement que la soirée de leur fils serait excellente, la louve ayant elle aussi une âme d'enfant.

Le reste de la semaine se passa sans accroc notable. Ruby avait accepté de garder Henri, pour une soirée endiablée, pleine de bonbons et autres cochonneries, non sans quelques remarques salaces au passage, à l'attention de la blonde. Regina était repartie au manoir discrètement, afin d'y prendre une tenue et surtout des dessous très sexy, pour appâter la blonde. Emma ne chôma pas, prenant davantage à cœur son rôle de shériff, après avoir entendu les remontrances de la louve et de son père, quant à son manque de motivation envers la protection de la population de Storybrook. Le samedi après-midi fut consacrée au parc et à Henri, qui joua au ballon avec Emma et prit un copieux goûter avec ses mères. Il rejoignit des garçons de sa classe, qui n'étaient pas opposés à la présence du fils de l'Evil Queen, parmi eux. Le fait qu'Emma veilla au grain aidait aussi en grande partie. Il joua avec ses camarades, avant de venir s'effondrer près de ses parents, heureux.

- Henri, on va y aller, tu vas prendre une douche, avant que je ne te dépose chez Ruby.

- D'accord. Je me suis bien amusé, aujourd'hui, c'était super !

- Je n'en doute pas. Tu t'es roulé dans l'herbe et tu en as partout. Allez, ouste, au bain, garnement !

Il repartit fissa, riant de plus belle, alors qu'Emma le coursait, pour le chatouiller. La brune leva les yeux au ciel. Elle avait l'impression parfois d'avoir deux gosses à ses côtés. Et cette journée n'y faisait pas exception.

À l'appartement, pendant que le petit faisait ses ablutions, ses mères discutèrent de la soirée à venir.

- Emma, c'est moi qui l'emmène.

La blonde la regarda, dubitative.

- Tu veux conduire ma voiture ?

- Hum. Pas spécialement, mais toi, pendant ce temps, tu prends une douche. Et quand j'arrive, tu es toute belle.

- On dirait que madame est pressée.

- En effet.

La shériff se tut, comprenant parfaitement le sens des paroles de sa compagne. Elle lui sourit, et lui prit la main.

- Il en sera fait selon vos désirs, majesté.

- Merci, altesse.

Elles gloussèrent comme des gamines, sous l'œil amusé de leur fils.

- Je suis prêt !

Elles le regardèrent, et Regina fit la vérification d'usage.

- Pyjama ?

- Dans mon sac.

- Trousse de toilette ?

- Pareil.

- Brossage des dents ?

- Fait.

- Câlin ?

- Tout de suite !

Il se précipita dans ses bras. Elle l'étreignit et il fit de même avec sa seconde mère. Puis, en se tournant vers elles, il demanda innocemment.

- Au fait, pourquoi j'ai droit à une soirée spéciale chez Ruby ?

Regina vira cramoisie, alors qu'Emma se mit à rigoler bêtement.

- Parce que la louve t'adore ! Et parce que l'on a besoin d'être un peu seules, ce soir, pour faire nos adieux à l'appartement, et régler certaines choses d'adultes.

- Comme des câlins d'adultes ?

- Henri Mills ! Qui t'a appris ça ?

- Ruby…

- Je vais la tuer !

- Donc vous voulez pas que je sois dans vos pattes, pour vous bécoter ?

- Exactement, gamin !

- Emma ! Pas un pour rattraper l'autre… Henri, cette conversation n'est pas à l'ordre du jour. Parfois, les adultes ont besoin de se retrouver entre eux, pour un couple, c'est important. Tu verras quand tu seras plus grand. Maintenant, en voiture !

- Tu m'emmènes ?!

- Oui. Ça pose un problème ?

- Pas du tout !

Le gamin sourit magnifiquement, voyant sa mère redevenir plus forte que jamais, mais beaucoup plus apaisée et douce. Il sortit, en prenant son sac et attendit patiemment dans la voiture. Lorsqu'ils arrivèrent devant l'appartement de la louve, cette dernière les attendait, avec un coup d'œil moqueur à Regina.

- Tiens, mais qui voilà ? Notre reine préférée ! Dans son bolide !

- Ruby… Il a le droit de veiller jusqu'à…

- Ta ta ta. Il ira se coucher quand il roulera sur le ventre, tellement il aura ingurgité de cochonneries délicieuses. N'est-ce pas, mon Henri ?

- Ouais !

- Mais…

- Mon toit, mes règles. Va donc batifoler, au lieu de rester ici. Tu as une magnifique blonde qui t'attend. Et qui n'attend que ça, surtout ! Passez une bonne nuit, et surtout, ne faites rien que je ne ferai pas ! Déguerpis, je me charge du louveteau. Charge-toi de la sauveuse.

Ruby fit un clin d'œil plus que suggestif à Regina, qui s'empourpra à nouveau.

- Ruby… Langage !

- Du balai !

- J'y vais. Bonne soirée, mon chéri.

- Merci, à demain, maman.

Regina fit un bisou à son fils, avant de foudroyer du regard la brune, qui ricana. Elle reprit la voiture, toujours aussi peu à l'aise pour la conduire, et fut rapidement au pied de son immeuble. Elle souffla. Elle tremblait très légèrement, mais elle n'aurait su dire si c'était d'anticipation ou d'excitation. Elle sortit lentement, comme si elle voulait faire durer les choses, avant de rejoindre sa conjointe. Alors qu'elle insérait sa clé dans la porte, elle releva la tête et bomba le torse. Elle savait qu'une femme exceptionnelle l'attendait impatiemment derrière cette porte. Qu'elle ne fut pas sa surprise, lorsqu'elle trouva l'appartement vide. Elle crut à une mauvaise blague de la blonde, puis entendit le bruit de l'eau qui coule. Emma était toujours sous la douche. L'idée, passablement diabolique, d'ouvrir en grand le robinet de la cuisine, pour faire comprendre à Emma qu'elle était de retour lui traversa l'esprit. Mais elle se reprit. Elle avait beaucoup mieux à faire, qu'une stupide plaisanterie. Elle se dirigea vers leur chambre. La porte de la salle d'eau était fermée, ce qui arrangea bien ses affaires. Elle se déshabilla et enfila le déshabillé couleur crème qu'elle avait pris chez elle. Vêtue uniquement de cette simple étoffe et d'une culotte terriblement affriolante et assortie, elle attendit sa compagne.

De l'autre côté de la porte, Emma n'avait pas entendu l'ancienne reine revenir. Elle se sécha rapidement, et enfila un ensemble de lingerie bleu nuit neuf. Elle se regarda dans le miroir et se sourit. Regina devrait apprécier la vue. Elle prit la poignée de la porte et secoua la tête. Elle avait tellement attendu ce moment. Elle voulait s'allonger sur le lit et faire une surprise à la brune. Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle tomba nez à nez avec elle. Emma se figea, en regardant ostensiblement le corps à peine couvert face à elle. Elle n'esquissa pas un mouvement, savourant les courbes qui s'offraient à sa vue. Regina, un sourcil arqué, mit la main sur sa hanche, provocante. Elle s'approcha, son souffle à l'oreille de la blonde, et chuchota.

- Le chat a perdu sa langue ?

Elle fit courir un doigt le long du flanc de la blonde, qui se mit à respirer plus vite, s'interdisant de réagir trop brusquement. Elle se contint, refusant de se laisser aller à ses pulsions.

- Tu comptes rester là, à me regarder ? J'aurais cru que tu serais plus entreprenante, Emma.

- Je garde mon calme. Et tu ne m'aides pas. Alors, il faut bien que l'une de nous soit sage.

La shériff ancra alors son regard émeraude dans les billes ébènes. Regina y lut un profond respect. Elle se laissa alors aller, et plaça ses bras autour du cou de la blonde, en plaquant son corps contre le sien. Elle enfouit son visage dans les cheveux dorés. Quelques secondes volées à la tendresse. Puis elle l'embrassa. Tout d'abord doucement. Car l'ancienne reine pouvait sentir le contrôle faiblissant de sa partenaire. Cette dernière tremblait toujours plus, voulant faire sienne la femme qui l'enlaçait. Le baiser devint passionné, leurs langues se trouvèrent à une vitesse fulgurante. Regina ne put s'empêcher de gémir bruyamment, perdant trop vite pied dans ces bras protecteurs. Elle sentit les mains d'Emma lui caresser les fesses, et se retenir de la soulever par les cuisses. Regina savait que la blonde lui laissait tout pouvoir sur cette nuit. Elle avait un contrôle total des actes de la shériff. Jamais elle n'avait fait confiance à ce point à une autre personne. Elle chérissait cet acte d'amour inconditionnelle que lui offrait sa compagne. Mais elle avait aussi besoin de sentir que cette femme pouvait la prendre, sans barrière.

- Ne te réfrène pas. Si ça ne va pas, je te le dirai. Mais j'en ai tout autant envie que toi. Alors ne sois pas brutale, mais j'ai besoin d'une amante en pleine possession de ses moyens. Pas d'une marionnette qui a peur de bouger le petit doigt. Deviens la sauveuse, Emma. Ma sauveuse. Tu seras ma rédemption. Alors aime-moi, aussi fort que tu le peux.

La blonde sourit, et l'embrassa de plus belle. Elle la prit enfin par les cuisses et la souleva comme un simple fétu de paille. Regina rit de cette situation. Elle était haut perchée, et pouvait sentir le lustre dans le haut de son dos. Elle baissa la tête et ne vit que de l'amour, irradier de la blonde. Cette dernière la porta jusqu'au lit, et la posa délicatement dessus.

- Vos désirs sont des ordres, madame.

- J'aime quand tu me dis ça.

- Alors je te le dirai, jusqu'à m'en briser la voix.

- Tais-toi, et montre-moi.

La blonde ne se le fit pas dire deux fois. Elle répéta la phrase plusieurs fois, avant de descendre ses baisers sur le haut de la poitrine offerte. Une de ses mains vint cajoler la jambe puis la cuisse de la brune, dans un effleurement aérien. Elle y allait si lentement que l'ancienne reine peinait à reprendre ses esprits. Elle voulait davantage, ce simple contact ne lui suffisait plus. Aussi prit-elle les choses en main. Elle porta ses doigts sur le soutien-gorge foncé, et titilla la pointe du sein, qui se dressa pour elle. Elle souffla dessus et sentit les ongles de la blonde griffer les draps, afin de rester impassible. Regina, fière de ce qu'elle faisait éprouver à sa compagne, fit de même avec le deuxième. Elle ne se lassait pas d'entendre les petits grognements poussés par Emma. Cette dernière se tendit, prête à éclater, et la repoussa affectueusement, pour la surplomber. Mais elle ne s'arrêta pas là. Elle toucha l'étoffe soyeuse qui recouvrait encore le corps de la brune et défit méthodiquement chaque bretelle. Elle accompagnait chaque geste par de tendres baisers. Puis elle fit glisser le déshabillé par-dessus la tête de la brune. Le plus lentement possible. Elle glissa ses paumes sur les tétons, en passant le morceau de tissu au-dessus du corps, et vint attraper les lèvres écarlates. Regina retomba sur les oreillers, quasiment nue, Emma posée à califourchon sur elle. Cette dernière se redressa, et admira la superbe femme. Elle prit un temps infini à contempler le corps, puis elle effleura du bout des doigts la poitrine bombée. Elle n'avait qu'une envie, les prendre en bouche. Mais elle voulait être certaine que cela ne poserait pas de problème. Alors elle planta son regard dans l'ébène et commença à descendre vers son point d'amarrage. Elle ne lâchait pas du regard sa brune, et posa ses lèvres sur un sein. Ne sentant aucune résistance, elle lécha scrupuleusement le téton, sans jamais mordiller. Elle voulait que tout ne soit que douceur. Elle fit le même sort au second et revint embrassa Regina. Cette dernière commençait à se tortiller.

- Emma, j'ai envie de plus.

Elle ne répondit rien. Elle se contenta de se relever, et de dégrafer son propre soutien-gorge. Regina, voyant la poitrine libérée, mit ses mains sur chaque sein, et les massa doucement. Elle pinça légèrement les tétons, percevant son souffle devenir erratique. La blonde se cambra, sous les effleurements divins.

- Regina… Je peux ?

- Oui.

La blonde, toujours parcourue de frissons agréables, rampa aux pieds de l'ancienne reine et crocheta ses doigts sous les bords de la culotte en dentelle. Elle la fit descendre, et finalement la laissa choir à côté du lit. Alors qu'elle allait de remettre sur la brune, cette dernière la stoppa.

- Attends. La tienne. Elle ne sert plus à rien. Peux-tu l'enlever ? Je veux te voir nue.

- Bien sûr.

Le sourire aux lèvres, Emma le fit avec une lenteur extrème, ce qui embrasa un peu plus l'autre femme. Elle revint vers le lit, et fut surprise de constater que les jambes de la brune s'étaient écartées, pour lui laisser la place. Elle vit son sexe palpiter, et luisant d'envie.

- Jamais je n'aurais cru assister à un tel spectacle. Tu es magnifique, ma reine.

- Emma, ne me fais pas languir. S'il te plaît.

La shériff ne pouvait décemment pas laisser une superbe femme la supplier de lui faire l'amour. Elle se faufila entre ses jambes et caressa les cheveux bruns.

- Tu es si belle, Regina. Si désirable.

N'entendant aucune réponse, elle vit que la brune cherchait à l'attirer contre elle. Emma avait fait attention à ne surtout pas laisser son poids peser sur l'entrejambe de l'autre femme. Mais ce vide la gênait apparemment, et le bassin de l'ancienne reine commença à bouger, pour rechercher un contact. Emma comprit le message, et laissa sa cuisse toucher le sexe de la brune. Cette dernière laissa échapper un petit halètement, et débuta une danse lascive sur le muscle vigoureux.

- Ça te plaît ? Tu ne veux que ça ?

- J'en veux plus, mais tu ne cesses de m'exciter, sans jamais me donner ce que je veux. Tu es cruelle…

- Tu veux réellement plus ?

- Emma ! Je t'ai dit que je pouvais encaisser. Mais si tu t'amuses à me rendre dingue, sans me faire jouir, je jure de me venger !

- Oh, mais il suffisait de le dire.

Un sourire mesquin aux lèvres, la blonde se redressa à nouveau. Elle embrassa à nouveau les seins, puis le ventre plat de sa compagne, alors que celle-ci fulminait de frustration. Elle descendit toujours plus bas, jusqu'à embrasser le sexe ouvert. Regina cessa de respirer. Elle tenta de se détendre, mais resta figée. Emma comprit que quelque chose clochait. Elle regarda sa femme dans les yeux, et attendit qu'elle se détende.

- Continue, ne t'arrête surtout pas. Par pitié.

- Avec plaisir.

Emma retourna cajoler l'entrejambe. Elle souffla dessus et la brune se cambra. Emma sentit deux mains se plaquer à l'arrière de son crâne et agripper ses cheveux.

- Cesse de jouer ! Tu m'as beaucoup trop émoustillée pour cela !

Emma sourit. Elle sortit sa langue et lécha consciencieusement le clitoris qui pointait. Elle en fit le tour, le bout de sa langue traçant chaque courbe, parcourant chaque lèvre, et vint titiller l'entrée du vagin. Mais elle se stoppa là, ne souhaitant pas pénétrer la brune sans son autorisation explicite. Elle revint vers le bouton gorgé de sang et le suça, le prenant en bouche. Regina était de moins en moins silencieuse. Elle appuyait durement sur sa tête, pour lui faire accélérer le mouvement. Emma y mit donc plus d'ardeur. Elle ne retint aucun coup de langue et adora le goût puissant de sa compagne. Elle fit jouer sa langue pendant de longues minutes et sentit que Regina était au bord du gouffre. Cette dernière se tendit brutalement, libérée par un orgasme salvateur. Une lueur violette apparut subrepticement dans ses prunelles et Emma fut traversée par le même orgasme libérateur. La brune retomba lourdement dans les oreillers et ramena Emma à sa hauteur, pour l'embrasser. Elle se remettait doucement de cette vague de plaisir.

- Si c'était aussi fort pour toi, que pour moi, je ne vais pas arrêter de te faire l'amour.

- Emma, idiote. Tu l'as senti, toi aussi ?

- Oh non, je l'ai vécu !

Elles se sourirent et gloussèrent. Regina la laissa se mettre sur le dos, pour soulager ses bras.

- Tu as fait tes abdos pour la semaine, je crois.

- En effet, mais ça en valait la peine.

Regina laissa sa main divaguer sur le corps athlétique, puis vit les cuisses d'Emma se frotter l'une contre l'autre.

- Tu en as envie ? Mais on vient de jouir.

- Peut-être, mais j'ai ressenti ton orgasme. Sans pour autant être touchée. Je pense que ça a un impact. Parce que je suis plus que prête…

- Il ne faut jamais laisser une femme en détresse.

Regina glissa sa main entre les cuisses d'Emma, qui se mordit la langue en sentant les doigts s'immiscer dans son intimité. Elle laissa courir son majeur le long des lèvres gonflées, avant de ramener son doigt à sa bouche. Elle se lécha suavement le membre, sortant la langue, pour que la blonde ne rate rien du spectacle.

- Délicieuse. Presque sucrée.

Emma poussa un gémissement, mettant aussitôt une main devant sa bouche. Elle avait honte de s'être ainsi laissée aller. L'ancienne reine lui la prit, et l'abaissa, pour la baiser et la posa sur un sein tendu. Elle fit la blonde se caresser, puis abandonna la poitrine, déjà flattée par sa propriétaire, pour redescendre plus bas. Elle vit Emma se mettre complètement sur le dos, en se caressant la poitrine d'une main, la deuxième lui massait les fesses. Elle ne put attendre face à ce tableau si érotique, et pénétra la shériff de deux doigts. Cette dernière, sentant l'immixtion dans son être, écarta complètement les jambes. L'invitation était explicite. Regina se pencha et emprisonna le clitoris dans sa bouche, voulant goûter à la source, l'excitation de sa partenaire. Emma agrippa les draps à nouveau, ne voulant jamais forcer sa brune. Elle souffla alors un mot à sa compagne.

- Plus !

L'ancienne reine comprit immédiatement. Elle inséra un troisième doigt et la blonde cria de bonheur. Son bassin donnait presque des ruades, tellement elle était perdue dans son plaisir. Emma était si virulente, que Regina, par inadvertance, mordit son clitoris. La blonde hurla. Et Regina se tassa sur elle-même, victime de sa propre morsure. La sauveuse réagit de suite, douchée par la douleur de son amour.

- Regina ! Parle-moi ! Tu as mal ?

- Non, pardon… Je t'ai blessée.

- C'est pas grave. C'est toi qui comptes.

- Ne dis pas de bêtises, je t'ai fait mal, je l'ai senti. Mon dieu, Emma, je n'ai jamais voulu te mordre à un endroit si fragile. Pardon…

- Hey, je le sais, c'est de ma faute, je n'ai pas fait attention. Viens là.

Regina se rua vers les bras tendus. La blonde sentit quelques larmes couler le long de son cou.

- Ne pleure pas, ce sont des choses qui arrivent. C'est notre première fois, il est normal qu'on ne soit pas encore en phase.

- Je ne fais rien de bien. Merde, je ne suis même pas capable de te donner du plaisir, sans t'abîmer ! Quelle honte !

Emma se releva pour lui faire face. Elle lui prit le menton dans sa main, l'obligeant à relever les yeux et ancra son regard dans le sien.

- Jamais, tu m'entends, jamais, tu ne redis un truc pareil. Je t'aime. On a dérapé, ça arrive. Je ne t'en veux pas. Et regarde…

Emma prit la main de sa compagne et la porta à son sexe, trempé. Elle se caressa avec la main de la brune, qui regardait le spectacle, statufiée. Emma recommença à bouger le bassin, mais de façon moins marquée, plus lascive. Elle sourit à sa compagne.

- Tu vois ? Je te veux. J'ai toujours envie de toi. Caresse-moi, aime-moi. J'ai besoin de toi, Regina. Tellement besoin…

La main de la blonde fit corps avec celle de la brune et quatre doigts la pénétrèrent. Elle se cambra, peu habituée à cette sensation. Regina sortit enfin de sa transe et agrippa les fesses d'Emma de l'autre main, pour se stabiliser. Puis la shériff retira ses propres doigts, qu'elle porta aux lèvres de la brune. Celle-ci les prit en bouche, et les nettoya langoureusement. La blonde se régalait du panorama. Sans prévenir, Regina rajouta un autre doigt, et accéléra ses mouvements. Emma respira difficilement, totalement courbée en deux vers l'arrière, laissant sa compagne mener la danse. Elle sentit l'orgasme monter quelques secondes plus tard et se saisit des épaules de la brune, chancelante. Ses yeux reflétèrent une lumière vive, alors même que la pièce était tamisée, et elle se mordit pour ne pas crier. Elle s'écroula sur sa conjointe, plus que satisfaite. Cette dernière tremblait, parcourue par les dernières vagues de plaisir. Elles se couchèrent ensemble, heureuses. Regina se tourna davantage.

- Tu vas bien ?

- Tu plaisantes, là ? Je suis au septième ciel !

- Tu as aimé ? Malgré tout ?

- Oui, merci, Regina. Je sais que c'était un grand pas pour toi. Et tu l'as fait, avec moi. Pour moi, aussi ?

- Un peu des deux, je l'admets. Mais avoir une créature si désirable entre les bras, ça aurait été un crime de ne pas te contenter. Tu es un preux chevalier, finalement, pour moi aussi. Ne m'abandonne jamais. Je sais que je ne le supporterai pas.

- Hey… Tu devrais être heureuse, pas sur le point de pleurer. Je ne vais pas quitter ma famille, je ne suis pas folle.

- Mais tu as perdu ton avenir, à cause de moi.

- J'y ai gagné une vie, Regina. Une vie merveilleuse, à tes côtés, à voir mon fils grandir, avec sa maman. Que demander de plus ?

La seule réponse qu'elle obtint fut un baiser urgent. Elle sentit toute la vulnérabilité de l'ancienne reine. Elle enferma ses bras autour d'elle, pour la protéger. Cette dernière s'apaisa rapidement, sachant qu'elle ne craignait rien, ni personne, ici.

Elles restèrent ainsi longtemps, mais la fatigue n'était absolument pas de mise. Emma n'osait pas en demander plus, sachant les peurs et les doutes de l'ancienne reine. Mais Regina ne l'entendit pas de cette oreille. Elle aussi voulait encore assouvir son désir de la blonde. Alors qu'elle la caressait nonchalamment, elle descendit toujours plus bas, et se mit à lécher les tétons de la shériff.

- Regina, tu es sûre ? Je ne veux pas que tu te sentes obligée.

- J'en ai envie. Je ne sais pas pourquoi, mais je ressens un besoin vital de m'unir à toi, encore plus profondément.

- Tout pareil. La magie ?

- Emma, on s'en fout… Je veux juste te faire l'amour. Tu as été un modèle de douceur et d'adoration à mon égard. Je ne crois pas avoir été un jour aussi heureuse. Et je te le dois. J'ai envie de toi…

Elle vint l'embrasser et se plaça entre ses jambes. Elle tenta de frotter leurs clitoris ensemble. Elle aurait même voulu la pénétrer sauvagement. Emma, voyant la femme dans ses bras galérer, l'aida. Elle s'assit et fit faire de même à la brune. Elles chevauchèrent leurs jambes, afin que le frottement soit parfait. La blonde prit la brune dans ses bras et commença à bouger le bassin. Elles gémirent de concert, traversées par des ondes de plaisir intenses. Elles augmentèrent le rythme, se rapprochant dangereusement du gouffre. La magie s'activa à ce moment précis. Les émeraudes d'Emma furent traversées par une lumière blanche, alors que les billes ébènes s'étaient parées de violet. Alors qu'elles étaient au bord de la délivrance, un halo les enveloppa. Le blanc et le violet se mêlèrent, pour former une puissante aura mauve claire. Elles hurlèrent presque, lorsque les orgasmes les frappèrent, les uns après les autres. Elles restèrent dans cette position, incapables de bouger, alors que l'aura se dissipait, devant leurs yeux ébahis.

- Alors ça, j'ai jamais vu un truc pareil.

- Moi non plus.

- Tu crois que c'est notre magie ?

- Probablement.

- Il faudra des rideaux opaques, au manoir, parce qu'on fait sons et lumières…

L'ancienne reine rit à gorge déployée, devant la boutade idiote et totalement décalée de sa conjointe.

- Idiote. Je t'aime.

- Pas plus que moi.

- C'est un concours ?

- Non, une évidence.

Elles s'étendirent et s'enlacèrent, sereines.

- Tu crois qu'il vient de se passer un truc incroyable, là ?

- Sûrement, mais je ne suis pas en capacité de te dire précisément quoi. C'est important ?

- Non, du moment que tu es dans mes bras, je me fiche du reste.

Emma remonta la couette sur leurs corps éreintés, mais comblés. Elle cajolait sa reine, l'embrassant avec tout l'amour dont elle était capable.

- Emma, tu ne sens pas une différence ? C'est presque imperceptible, mais il y a quelque chose.

- Peut-être, mais c'est notre première fois. Et ça a été un feu d'artifice. Notre relation a énormément évolué, ce soir, tu ne crois pas ?

- Mes craintes se sont envolées grâce à toi. Je suis à nouveau une femme.

- Tu as toujours été une femme…

- Je veux dire, tu sais…

- Oui, j'ai compris. Mais tu n'as jamais cessé de l'être, pour moi.

- Ton objectivité est toujours en vadrouille, à ce que je vois.

- Hey, c'est pas gentil.

- C'est pas grave, tu m'aimes ainsi, non ?

- Tout à fait. Et maintenant, tu es mienne et je suis à toi. Le premier qui te touche, est mort. Parole de sauveuse.

Le reste de la nuit fut courte, mais de doux rêves s'immiscèrent dans leurs pensées. L'avenir s'annonçait radieux pour le couple, plus que jamais uni par un profond et sincère amour.