Attention, chapitre rating M.
Chapitre 32 : aller de l'avant
Dès le lendemain, à la sortie de l'école, David attendait son petit-fils, pour commencer les réparations de la camionnette. Cela devenait plus qu'urgent, puisque la fête d'anniversaire de Ruby aurait lieu dix jours plus tard. Les deux compères partirent en direction du manoir, avec tous les outils du blond à l'arrière du pick-up. Une fois délesté de son cartable, Henri prit le temps d'avaler une gaufre, en compagnie de son grand-père et de sa mère. Même si les relations entre les deux adultes étaient plus sereines depuis quelques semaines, un léger malaise persistait. Aussi, les deux hommes furent vite dehors, Henri sur un marche-pieds, afin de voir l'intérieur du moteur. Après une heure et demie passée dans les entrailles de la bête, et divers changements de pièces, dont les bougies, et le resserrage de boulons, ils revinrent chez l'ancienne reine, du cambouis plein les mains. Cette dernière les vit arriver, et les envoya directement se laver et débarbouiller dans la cuisine, afin de ne pas en mettre partout. Elle resta même à les surveiller, afin de s'assurer que leur tâche serait parfaitement exécutée. Il était hors de question de les laisser divaguer dans la maison, en mettant des traces de leurs pattes sales partout.
- David, vous restez dîner avec nous ?
- Euh, oui, avec plaisir.
- C'est la moindre des choses, je vous remercie de vous occuper de la fourgonnette et d'Henri.
- C'est une occupation très agréable. Et Henri a appris des trucs, hein ?
- Oui ! Maintenant, je suis un homme !
La brune les regarda, attendrie.
- L'homme de la maison a peut-être des devoirs à faire ?
- Mais…
D'un simple regard, Henri était déjà vaincu, et prit son cartable pour monter dans sa chambre.
- Votre éducation laisse rêveur.
Regina arqua un sourcil, intriguée.
- Je veux dire, se faire obéir d'un simple coup d'œil, ce n'est pas une évidence pour tout le monde.
- Je pense que je dois vous remercier pour ce … Compliment ?
- C'est bien cela. En aucun cas une critique.
- Merci, David.
Après quelques minutes de silence, le blond se lança enfin, voulant exprimer sa gratitude.
- Regina, je sais que vous n'êtes pas obligée de me laisser passer du temps avec Henri, ni de me faire confiance. Je suis conscient que votre relation avec Emma est devenue extrêmement forte et qu'elle va durer dans le temps. Je vous avoue que cela fait beaucoup à encaisser pour moi. Entre mon épouse, les poursuites judiciaires, ma fille qui devient lesbienne et qui aime mon ancienne pire ennemie, ainsi que mon isolement de la communauté, les derniers mois ont été difficiles.
La brune le scruta, mais ne dit pas un mot. Il n'avait clairement pas fini.
- Et puis, j'ai vu votre comportement changer. Ça m'a énormément surpris. Tous les efforts que vous avez consentis pour être à la hauteur de ma fille. Jamais je n'aurais cru voir une chose pareille arriver. J'ai vraiment cru pendant de longues semaines que vous l'aviez envoûté pour vous jouer de nous et l'atteindre encore plus vicieusement qu'avant. Mais ce que je perçois entre vous est si sincère. Ça me fait encore un peu mal de l'admettre, après le naufrage de mon couple et mon incapacité à protéger celle que j'aime.
Le pauvre homme avait les épaules voûtées, et le regard triste. Son abattement n'était pas feint. Regina se permit de faire le tour de l'îlot et de poser sa main sur le bras du shériff. Ce dernier lui sourit, encore accablé par ses propres paroles.
La porte d'entrée s'ouvrit brutalement sur une tornade blonde, rompant le moment de partage entre les anciens ennemis.
- Chérie, je suis rentrée et je meurs de faim !
- Dans la cuisine !
La brune ancra son regard dans celui de son acolyte temporaire et lui offrit un sourire réconfortant. La blonde se stoppa en voyant la scène, quelque peu incrédule.
- On a fait un bond dans le temps et je ne suis pas au courant ?
- Interdiction de regarder à nouveau Retour vers le futur…
- T'es pas drôle…
- Nous sommes deux alors.
Regina vint embrasser sa compagne sur la joue, au grand dam de la blonde, qui en voulait davantage. Elle zieuta son père, qui avait l'air paisible et attrapa l'ancienne reine au vol, pour la saluer de façon plus convenable.
- Voilà. Là, c'est mieux.
Tous les trois se mirent à rire, devant la situation, qui aurait paru impossible il y a encore quelque temps.
- Et Henri, il est où ?
- Dans sa chambre, à faire ses devoirs.
- Sans pitié, majesté, hein ?
- Emma…
- Elle n'a pas tort… Enfin, je voulais pas dire…
- Pas de souci, David, j'ai bien compris que c'était une boutade.
- Hum. Oui. Je peux vous aider pour le dîner ?
- Vous pouvez mettre la table avec Emma ?
- Bien sûr.
- Tu restes manger ? J'ai vraiment débarqué dans la cinquième dimension, moi…
- Emma, oust !
La blonde partit au petit trop, en rigolant bêtement, suivie de son père, qui trouvait l'ambiance très agréable.
Une fois seuls dans la salle à manger, David se tourna vers sa fille.
- Ce que vous partagez, toutes les deux, c'est si attendrissant. Je m'excuse pour ne pas avoir cru en toi, ni en vous, avant d'en avoir la preuve sous les yeux. Et aussi de t'avoir frappé. Je n'aurais jamais dû faire une chose pareille. Tu n'étais pas responsable de tout ce qui est arrivé à Mary-Margareth.
La blonde se figea, et une larme traîtresse voulut couler le long de sa joue. Elle la retint autant qu'elle put, mais elle finit par dévaler son visage.
- Tu sais, c'est important pour moi, malgré mon âge et notre relation étrange pour une famille, que tu me soutiennes. Je n'ai pas besoin de ta bénédiction, mais savoir que tu seras là en cas de besoin, me rassure et me réconforte.
David ouvrit ses bras et Emma se cala dans l'étreinte puissante du shériff. Regina, qui les observait du coin de l'œil, cessa tout mouvement et ressentit tout l'amour de la blonde pour son père, lui rappelant que parfois, elle aimerait que le sien soit encore en vie. Le dîner fut fort agréable et badin, Henri racontant les exploits des hommes de la maison.
Après que Ruby eut choisi son menu, et que la liste des ingrédients fut arrêtée, Regina partit faire les courses, afin de commencer son premier contrat. Elle revint une heure plus tard, en garant sa camionnette dans la rue, afin d'accéder directement à l'entrée de sa maison. Alors qu'elle déchargeait son deuxième sac de victuailles, sa route croisa celle d'un habitant de Storybrook, qui effectuait sa promenade. Le regard maussade qu'elle reçut la fit baisser les yeux. Jamais auparavant, elle n'aurait permis qu'une telle chose se produise. Mais depuis son agression, elle fuyait toutes les situations qui auraient pu s'avérer dangereuses. L'homme en profita. Il sentit son malaise et sa peur, et il lui cracha dessus. Il avait sûrement été une des nombreuses victimes de l'Evil Queen. Regina ne bougea pas, interloquée par ce soudain accès de violence à son égard. Elle ne se souvenait pas de cet importun, précisément. Elle n'aurait pas su dire si elle lui avait fait du mal personnellement ou s'il faisait partie de la masse haineuse silencieuse. Une fois la surprise passée, elle fit un pas vers lui, pour se défendre, malgré tout. Après tout, elle avait chèrement payé pour ses crimes passés, elle en était morte. Aujourd'hui, elle avait une famille, elle ne pouvait pas se permettre de se mettre en danger inutilement. Néanmoins, elle ne devait plus non plus être perçue comme une éternelle victime. Seulement, lorsque le passant perçut le mouvement de l'ancienne reine, il se retourna pour lui faire face. La brune se trouva prise au dépourvu et ne put rien dire. L'autre lui administra une gifle retentissante, la faisant tomber à terre. Elle porta sa main à sa joue endolorie et un éclair de terreur traversa les prunelles chocolat. L'homme, content de l'emprise qu'il avait sur la sorcière, voulut pousser plus loin sa chance. Heureusement, une passante, voisine de la brune de quelques maisons, hurla en pleine rue pour le faire déguerpir. La manœuvre fonctionna à merveille et l'homme préféra s'en aller promptement. Après tout, même s'il s'agissait de l'Evil Queen, elle était aussi dorénavant une femme comme une autre.
La voisine se précipita vers Regina, qui était restée à terre. Elle était toujours hébétée et ne réalisait pas ce qu'il venait de se produire. Face à la femme debout au-dessus d'elle, elle sentit une crise de panique la saisir. Elle respira par saccades rapides, et elle recula, toujours à terre, se sentant à la merci de n'importe qui.
- Madame Mills ! Tout va bien, je ne vous ferai pas de mal…
La voisine n'en revenait pas de voir la puissante sorcière totalement vulnérable et prostrée par la peur. Elle resta à distance, ne souhaitant pas accroître sa panique. Elle s'écarta même, lui laissant le champ libre pour respirer plus calmement. Regina revint progressivement à la réalité. Elle leva les yeux vers la voisine, et se mit debout maladroitement.
- Merci. Vraiment merci… Sans votre intervention, j'aurais été en mauvaise posture. Regina regarda par terre et vit ses courses au sol. Elle essaya de les ramasser, mais l'autre femme, gentiment, lui serra le bras.
- Attendez, je vais vous aider. Vous n'avez rien de cassé, à cause de la chute ?
- Non, ça va. Je suis désolée que vous ayez eu à voir une chose aussi pathétique.
- Cet homme s'en prenait à vous. Je n'allais pas le laisser vous agresser…
L'ancienne reine comprit le sous-entendu, qui mettait sa voisine mal à l'aise : « comme la dernière fois ». Elle se voulut rassurante et remercia une fois de plus la femme pour son aide providentielle. Avant qu'elle ne se dégonfle, elle lui proposa une boisson chaude, au manoir.
- Oh, hé bien, voilà qui est tout à fait inédit. Enfin, je veux dire, oui, avec plaisir.
- Suivez-moi. Plutôt café ou thé ?
- Thé.
- Allons au salon.
L'autre femme la suivit et s'installa, curieuse de pénétrer ainsi le domicile de l'ancienne reine. Elle vit que la maison était accueillante et vivante, et elle se dit que la shériff devait sûrement y être pour quelque chose. La brune revint dans la pièce avec un plateau, et elle disposa les deux tasses sur la table basse.
- Votre demeure est magnifique, madame Mills.
- Regina, je préfère, merci.
- Très bien. C'est tellement… incongru d'être ici avec vous. Jamais je n'aurais cru cela possible.
Regina ne sut quoi répondre. Il était vrai qu'elle n'avait jamais invité les voisins, et encore moins papoté avec eux. Elle présenta à sa visiteuse des chaussons aux pommes, qui en prit un et mordit dedans, enthousiaste.
- Oh mon dieu, c'est un régal !
- Merci, c'est gentil. J'en fais souvent pour le goûter de mon fils. De notre fils.
- C'est un enfant adorable.
- Oui, en effet.
La porte d'entrée s'ouvrit brutalement et Emma bondit dans le salon, arme au poing. Elle visa la voisine, qui haussa les deux mains de surprise, ne lâchant pas son chausson aux pommes pour autant.
- Qui êtes-vous et que voulez-vous à ma femme ?!
L'ancienne reine se mit debout et calma sa blonde.
- Emma, c'est une voisine, je l'ai invité. Range ton arme, par pitié…
La shériff lança un dernier regard méfiant à l'intruse et alla droit sur sa compagne, l'enlaçant.
- Tu étais en panique complète… J'ai eu une de ces peurs…
- Tout va bien. Elle m'a aidé contre un malotru.
- Un malotru ?
Cette fois, la femme assise prit la parole.
- Un crétin qui a bousculé votre… Compagne et lui a craché dessus.
Emma eut une bouffée colérique, qu'elle tenta de cacher, gauchement.
- Tu es blessée ?
- Non, tout va bien. Emma… N'essaie pas de me venger…
- Agresser une femme est un délit. Au minimum. Agresser ma femme et la mère de mon fils, c'est du suicide. Au minimum aussi.
L'invitée gloussa à la sortie de la blonde. La sauveuse n'avait pas volé son surnom.
- Pardonnez-moi, mais c'est touchant de vous voir protéger Regina.
Le couple sourit grandement. Emma salua la femme et s'assit près de sa brune.
- Merci de vous être souciée de Regina. Au fait, vous vous appelez ?
- Mildred. Mildred Pierce. J'habite quatre maisons plus loin.
- Une voisine proche, donc.
Emma regarda soudainement la pâtisserie que tenait la femme.
- Il reste des chaussons ?
- Gourmande… Oui, je t'en apporte un tout de suite.
La sorcière se leva et disparut dans sa cuisine.
- Regina a beaucoup changé. Ça fait plaisir de voir le chemin parcouru. Mais elle devrait faire attention. Tout le monde n'a pas changé d'avis à son sujet.
- Je sais.
La blonde soupira et se passa la main dans les cheveux. J'ai toujours peur d'arriver trop tard, comme l'autre fois. Et que je ne trouve qu'un cadavre encore chaud…
- Shériff… Si ça peut vous rassurer, si je vois quelqu'un de louche dans les parages, je vous appelle au poste. On est jamais trop prudent.
- Je peux vous demander la raison de cet intérêt ?
- Hé bien, en fait, ma fille est lesbienne aussi. Et j'aimerais que quelqu'un veille sur elle, au cas où. J'imagine que c'est ma façon de la protéger, d'une certaine manière. Si une autre personne prend soin d'une autre, et ainsi de suite, alors beaucoup de personnes seront protégées, malgré tout. C'est stupide, comme façon de penser, n'est-ce pas ?
- Pas du tout. C'est altruiste, mais légèrement égoïste quand même. Je vous remercie sincèrement de votre sollicitude, néanmoins.
- Vous savez, voir un couple de femmes fortes comme vous, c'est assez grisant. Peut-être que personne n'ose vous le dire, mais moi, ça me donne de l'espoir.
Regina revint, sourire aux lèvres. Elle avait tout entendu, et était profondément touchée par le discours de la voisine. Elle déposa une assiette de la gourmandise réclamée, devant la blonde. Cette dernière croqua dedans et grogna de satisfaction.
- Vous savez, si vous aimez ce chausson, Regina vient de monter sa boîte de traiteur. Si vous avez besoin de ses services, contactez-nous.
Emma tendit une carte à la visiteuse.
- Oh, comme c'est intéressant. J'en parlerai autour de moi, soyez-en certaines.
Après avoir dégusté sa collation, Mildred repartit, ravie de son après-midi. Le couple resta dans le salon, attendant le retour de leur fils.
- Tu t'es encore fait agresser, Regina. Il faut que tu fasses plus attention.
- Je refuse d'être une victime, pour le restant de mes jours. C'est intolérable. J'étais si puissante… Aujourd'hui, je suis aussi inoffensive qu'un chaton.
- Tu es une femme humaine, voilà tout.
La shériff la prit dans ses bras et la berça tendrement. Elle la couvrit de baisers, et de caresses réconfortantes.
- Me fais plus des frayeurs pareilles, je n'y survivrai pas longtemps.
- Promis.
Lorsque la porte de l'entrée s'ouvrit sur le bambin, la soirée fut tout de suite plus joyeuse. Le couple désirait ardemment oublier cet intermède stressant.
Deux jours plus tard, alors que la soirée touchait à sa fin, Regina et Emma étaient montées se coucher. Leur emploi du temps respectif était surchargé, et elles ne se retrouvaient que tard le soir. La shériff se dirigea vers la salle de bain.
- Je vais prendre une douche, ça va pas me faire de mal, après cette journée beaucoup trop longue.
La brune ne répondit rien, fixant sa compagne d'un œil vif. Elle sourit, et suivit la blonde, sans faire de bruit. Alors que la sauveuse était déjà sous le jet d'eau, se prélassant, faisant rouler ses épaules endolories, elle sentit un courant d'air froid dans son dos. Elle se détourna lentement, se doutant de l'auteur de cette plaisanterie. Regina se colla directement à elle, la serrant dans ses bras.
- On partage ?
- Hé bien, maintenant que tu es collée à moi, on va partager bien plus qu'une douche, jolie brune.
- Jolie brune ?
- Non ? Tu n'aimes pas ?
- Si. Mais c'est nouveau.
- Faut bien se renouveler de temps en temps.
- T'es bête !
Pour toute réponse, Emma embrassa sa conjointe, la poussant doucement contre le mur. Elle la caressa tendrement et lentement, faisant monter le désir entre elles. Regina haleta, incapable de se contenir davantage.
- Cesse de t'amuser… J'ai envie de bien plus que de quelques contacts aériens. Emma, je t'ai déjà dit que tu pouvais y aller plus fort.
- Je n'ose pas.
- Tu as ma bénédiction. Prends-moi. Et fort.
- Tu es sûre ?
- Arrête de te réfréner sans cesse. J'ai besoin que ma compagne soit parfois fougueuse, sinon, je vais m'ennuyer.
- Et personne ne veut voir une chose pareille, hein ?
- Exactement !
La blonde planta son regard dans celui de sa brune et l'embrassa plus rudement, avant de faire le même sort à sa poitrine.
- Emma !
La shériff, dans un sourire narquois, pénétra sa belle, sachant qu'elle avait largement dépassé les limites de sa patience. Elle pressa son corps à chaque coup de poignet, contre celui de l'ancienne reine. Cette dernière s'accrocha à ses épaules et passa une jambe autour de sa taille.
- Plus fort, Emma !
Même si la blonde tiqua, elle obéit. En prenant bien garde de ne pas être trop brutale, elle pilonna la brune de sa main. Celle-ci se figea et mordit l'épaule de la shériff. Leurs yeux changèrent à nouveau de couleur, pour leur plus grand plaisir. La shériff se retira, afin de garder précieusement entre ses bras la femme défaite.
- J'espère ne pas t'avoir fait trop attendre.
Regina gloussa, puis rit franchement.
- Disons que je vais probablement devoir me venger.
- Voyez-vous ça…
Regina imprima une torsion et plaqua sa compagne contre la vitre. Celle-ci trembla, mais ne céda pas.
- Quelle impatience, ma reine !
- Tu n'as pas idée !
La brune prit la main de la blonde et lui lécha les doigts, du bout de la langue. Elle passa ensuite sa propre main sur l'abdomen tendu en face d'elle.
- Tu as envie de patienter, peut-être ?
Emma respira difficilement, ne contenant que difficilement sa frustration.
- Non…
- Non, qui ?
- Non, majesté.
- Donc tu as envie de sentir ma main, ici ?
Elle descendit sa main et appuya sur le clitoris excité.
- Reginaaa !
- Oui ?
- J'ai compris, je m'excuse, je ne recommencerai plus !
- Brave fille !
Elle la pénétra d'un coup, faisant se cambrer la blonde. Celle-ci gémit et ondula du bassin, pour accélérer la friction.
- Tu ne crois tout de même pas que je vais te laisser faire ?
Emma planta ses prunelles dans celles de l'ancienne reine. Elle l'embrassa, réclamant plus d'attention. Regina s'arrêta alors, et se retira.
- Regina, non… Mais …
La brune était tombée à genoux, et lui écartait les jambes. La blonde ne se fit pas prier et se permit même d'attirer sa tête plus près, afin d'être rapidement soulagée. Regina laissa sa langue guider le plaisir d'Emma, en s'attardant sur toutes les zones les plus sensibles. Puis elle mordilla plus rudement la boule de nerfs, avant de la pénétrer à nouveau, mais avec la langue. La blonde se contorsionna et mit une main devant sa bouche, pour étouffer son cri. À nouveau, leurs yeux se parèrent de nouvelles couleurs. La brune se releva lentement, laissant son index tracer un sillon sur le corps bouillant de la shériff. Elle déposa un baiser sur la morsure qu'elle lui avait infligée, et se cala contre le corps athlétique.
- Mon dieu, que j'aime cette douche !
Regina la regarda, charmée. Elle ronronna, totalement détendue dans les bras forts.
- Et elle est vraiment solide. Ce qui est très appréciable.
- Je ne vais pas m'en plaindre, non plus.
Emma attrapa une éponge et tourna le corps hâlé, afin de lui frotter le dos. Elles inversèrent leurs rôles et sortirent de la douche. La pièce était envahie par la buée.
- J'espère que la ventilation fonctionne correctement…
- Ne t'inquiète pas, tout le système est neuf.
Elles s'enroulèrent chacune dans une serviette et allèrent se coucher, profitant de la chaleur de l'autre, sans pyjama.
Emma se tortilla et se racla la gorge, pour s'assurer que la brune était toujours éveillée.
- Dis, je ne sais pas ce que tu en penses, mais j'ai une impression étrange depuis notre première fois.
- Que veux-tu dire par « étrange » ?
- Je ne sais pas… Tu sais, il y avait cette aura qui nous entourait. Ça ne s'est jamais reproduit. Pourtant, c'est pas faute de ne pas avoir essayé.
- Emma…
- Donc, je suis la seule à ressentir ça ?
- Non, je vois ce que tu veux dire, mais j'en ignore le sens. Je pense que l'amour véritable s'est manifesté, pour sceller notre union. Nous sommes liées à vie, maintenant.
- Pourquoi ça ne recommence pas ? Y a que nos yeux qui ont des couleurs différentes, rien d'autre. C'est beaucoup moins cool !
- Une fois suffit ? Ça laisse une trace ? Honnêtement, je n'en ai aucune idée, Emma. Et puis, on ne va pas s'en plaindre. Je me rappelle encore ton idiotie sur le « son et lumières » au lit …
- Ah oui !
Emma rit, alors que Regina soupira, devant la légèreté de sa compagne.
La soirée d'anniversaire de Ruby arriva rapidement. Regina était stressée, malgré son acharnement à tout préparer à la perfection. Les plats étaient stockés dans la camionnette, les deux femmes maquillées et habillées élégamment et Henri sur son trente-et-un avec son nœud papillon. Ils arrivèrent en avance, le travail de Regina restant une priorité pour la brunette, ce soir-là. Elle devait faire ses preuves. Elle savait que le public serait bienveillant envers elle, les connaissant tous. Mais ça ne l'empêchait pas de se démener pour que tout soit millimétré. Emma l'aida à sortir les victuailles et à dresser le buffet, Ruby avait décrété que le bar serait simple, et qu'il était donc inutile que la brune fasse le pied de grue derrière. Les invités entrèrent progressivement chez la louve. Archie, David, Granny, qui venait de fermer son restaurant, exceptionnellement pour la soirée, Belle, ainsi que quelques amis de Ruby, qui n'avaient pas encore rencontré la bande de Storybrook. Une fois les présentations effectuées, la musique lancée et un verre dans la main de chaque convive, Ruby fit tinter le sien, pour réclamer l'attention de la petite assemblée.
- Merci à tous d'être là, et de me supporter ! J'ai invité aussi un boys band, mais ils ont décliné, préférant batifoler entre eux dans leur jacuzzi… Aucun savoir-vivre !
La petite blague détendit aussitôt l'atmosphère. Elle se tourna vers Regina, qui enserra la main de sa compagne.
- Voici la chef qui nous a concocté ce superbe buffet. Pour ceux qui l'ignorent, sa conjointe est la shériff de la ville, donc si vous n'aimez pas, souriez quand même. Elle est soupe au lait, Blondie…
- Hey !
- Qu'est-ce que je disais ? Bref, Regina, peux-tu nous présenter rapidement ce qu'il y a de bon à manger ? Ouvrez vos esgourdes, les piafs, elle ne répétera pas !
- Merci, Ruby. Alors, en entrée, vous avez des verrines au guacamole, avec des brisures de tortilla. Ici, vous avez d'autres verrines au saumon fumé, avec une crème à l'aneth et au citron de Sicile. Voici des canapés aux maquereaux et petits légumes, ainsi que ceux-ci, au foie gras et à la figue. Ensuite, différentes salades s'offrent à vos papilles, salade César, salade de gambas aux agrumes, et en dessert, salade tutti-frutti, gâteaux au chocolat, un autre aux fruits rouges et enfin, une omelette norvégienne.
- Mon dieu, on va rouler comme des barriques ! En tout cas, merci, Regina, ça a l'air délicieux ! Maintenant que vous savez quoi attaquer, à table ! C'est open bar, mais s'il y en a qui reprennent la voiture, notre super traiteur a fait également des smoothies ! Bon appétit !
La soirée battait son plein, Ruby virevoltant au milieu de tous ses convives. Granny et Archie papotaient tranquillement sur le canapé, alors que David et Henri faisaient une partie de jeux vidéos endiablée. Les amis de Ruby se mêlèrent aux jeunes femmes de Storybrook et débattaient de sujets d'actualité. Un des amis mit les pieds dans le plat, en abordant un thème sensible pour l'ancienne reine.
- Et tous ces connards de politiques, pas fichus capables de satisfaire la moindre demande des citoyens, sans aussitôt tirer la couverture à eux, en se croyant tout droit sortis de la cuisse de Jupiter !
La shériff regarda sa brune, qui ne broncha pas. Elle soupira, mais préféra ne pas relever. L'homme fixa le couple et poussa plus loin la conversation.
- Vous n'êtes pas d'accord ? Tenez, dans une petite ville comme celle-ci, le maire a-t-il été à la hauteur ?
Regina se racla la gorge et commença à s'agiter, terriblement mal à l'aise. Emma intervint d'emblée, afin de sortir la discussion de cette ornière.
- Oh, vous savez la politique, ce n'est pas le sujet que nous préférons, surtout dans ce genre de petite ville. Nous avons d'autres préoccupations.
- Ah ? Vraiment ? Lesquelles ?
- Hum… Le club de lecture ? Le restaurant du coin ? Les balades ? Nous profitons de la vie, plutôt que de s'appesantir sur des sujets stériles.
La louve scruta Emma, avec des yeux ronds.
- Tu connais le verbe s'appesantir ?
La shériff la fusilla du regard.
- Pour une vieille peau, tu as la langue pendue !
- Point sensible, Blondie ?
Elles se tirèrent la langue, faisant rire tout le monde. Regina restait distante, se sentant acculée par l'ami de la louve.
- En fait, vous n'avez pas répondu à ma question…
Un léger silence gêné s'installa, et personne ne sut quoi dire. Regina prit son courage à deux mains, et se lança.
- En fait, si tout le monde est un peu ambigu sur la chose, c'est parce que je suis l'ancien maire. Ils ne veulent pas m'enfoncer.
- Oh, oups, la boulette !
- Changeons de sujet, donc.
Ruby balaya du regard l'assemblée, et proposa un jeu de société, pour faire bouger tout le monde.
- Allez, on fait une partie de Monopoly ou de Pictionary ?
Devant l'attitude de la brunette aux mèches rouges, les convives s'installèrent autour de la table basse et entamèrent une partie de Monopoly, sans enthousiasme. Passé la première demi-heure de jeu, Regina fit comprendre à Emma qu'il serait peut-être temps de s'éclipser. Henri tombait de fatigue dans les bras de Granny. Elle hocha la tête et se leva.
- Excusez-nous, mais notre fils commence déjà à roupiller, et il pèse son poids, maintenant. Donc, si je pouvais éviter de le réveiller deux fois pour qu'il aille se coucher, ça m'arrangerait. Il sera grognon sinon. Ruby, encore bon anniversaire et à demain, pour le déblayage. Regina, on revient vers quelle heure pour tout débarrasser ?
- Vers quatorze heures ?
- Parfait les filles !
- Bonne fin de soirée à vous tous.
La louve comprit parfaitement le message et salua ses trois amis. Ils partirent après un au-revoir à la cantonade et rentrèrent tranquillement. Henri était tout content de sa soirée et monta à l'étage pour aller se coucher. Les deux femmes restèrent un moment au salon, pour se prélasser. Emma caressa le bras de la brune.
- La soirée était géniale, non ?
- Oui. Un peu bizarre sur la fin, non ?
- Il était un peu lourd, surtout.
- Pas faux.
- Hey, tu as fait des choses importantes pour la ville, en tant que mairesse. Tout n'est pas à jeter.
- Comme quoi ?
- Hé bien, tu m'as engagée comme shériff !
- En effet, un de mes plus beaux fiascos !
- Continue comme ça et je t'attache avec mes menottes.
- Shériff, inutile d'en arriver là.
- Tu n'aimes pas l'idée ?
- Pas vraiment, non.
- Pas de souci, c'était juste une idée en l'air.
- Tu en avais envie, hein ?
- Juste une idée en l'air, je te dis. Bon allez, au dodo, parce que demain, on ramasse notre bordel chez Ruby.
- Ce n'est pas du bordel, ce sont les aléas du métier.
- Et je t'aiderai. Tu n'as pas à faire ça toute seule.
- Je t'aime, Emma.
- Moi aussi.
Le lendemain, elles sonnèrent chez Ruby, David s'occupant de leur bambin.
- Salut Ruby ! Oula… Sale tête, dis donc ! Vieillir et faire la fête, ce n'est pas compatible.
- Si c'est pour me balancer ce genre d'horreur, tu peux repartir d'où tu viens, Emma !
- Bonjour Ruby, nous ne ferons pas de bruit, nous n'en avons pas pour longtemps.
- Je ferai bien rentrer juste Regina, parce qu'elle est polie et gentille, elle.
- Et tu laisserais ma compagne se taper tout le boulot, seule ? Monstre !
- Ah. Merde. Entrez donc, alors.
Une fois à l'intérieur, Regina se mit de suite au travail, tout en donnant des ordres à la blonde. Le tour des affaires fut vite fait, et elles mirent le tout dans la camionnette. Elles remontèrent saluer la brune, et elles tombèrent nez-à-nez avec le groupe d'amis de Ruby, qui avait passé la nuit sur place.
- Bonjour, nous avons fini et nous partons, votre nuit n'a pas été trop courte ?
- Ah, euh, un peu, mais on devrait s'en remettre. C'était très bon, en tout cas, merci. Et encore désolé pour hier soir, je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise.
- C'est oublié.
- Enfin, si vous avez quitté votre poste, c'est pour changer de boulot ? On se demandait avec les potes.
- Disons que c'est un enchaînement de circonstances qui ont mené à cette décision. Mais je suis heureuse aujourd'hui.
- Difficile la politique, quand on est en couple avec une femme, hein ?
- Je préfère ne pas parler de ma vie privée.
- En tout cas, vous savez manier la langue de bois !
Emma se planta juste à côté de sa conjointe, un œil mauvais à l'encontre de l'homme. Elle avait dit deux mots à Ruby avant et n'avait pas vu la discussion s'envenimer.
- On y va. Bonne journée et merci Ruby, c'était sympa ! Bisou !
- Bonne journée à vous tous, au revoir.
- Salut les filles et encore merci !
Elles se retirèrent et entendirent l'ami de Ruby s'agacer.
- Dis donc, Ruby, la blonde, la shériff, elle serait pas dominante sur la brune ? Ça n'a pas l'air très sain, comme couple…
Emma s'arrêta net dans l'escalier, prête à botter les fesses du malotru. Elle entendit Ruby la devancer, et administrer une gifle à l'individu. Puis sa voix se fit entendre.
- Jamais tu ne redis une connerie pareille, c'est clair ? Emma l'a sauvé ! Et leur couple est le plus solide que je connaisse. Alors tu la fermes, c'est clair ?
- Pas la peine de s'énerver…
Le couple se prit la main et montèrent en voiture, ragaillardi.
- Une bonne chose de faite ! Ce mec commençait vraiment à me taper sur le système nerveux.
- Inutile d'épiloguer sur la question. On y va ?
- Oui ! Je t'emmène pique-niquer !
- Ah bon ? Une surprise ?
- Tu l'as bien mérité. Il faut fêter ton premier contrat réussi ! Et en amoureuses !
Le sourire de Regina valait bien toutes les peines du monde, se dit la blonde. Elle accéléra et traça leur route, sereines. Non loin de là, une ombre se faufila discrètement dans une ruelle sombre.
