Bonjour à toutes et à tous ! J'espère que vous allez bien ! Pour ma part, j'ai beaucoup de boulot et les derniers jours n'ont été que pure folie... J'ai tout de même pris le temps de préparer ce chapitre (il est actuellement 21h et je suis censée le poster demain...). Bref, n'hésitez pas à me dire en review ce que vous pensez de ce chapitre et je vous souhaite une bonne semaine

Après avoir reçu la lettre d'Hermione, Harry avait attendu. Ginny et lui avaient décidé, ensemble, de n'en parler à personne, surtout au vu du caractère exécrable que Ron arborait ces derniers temps. Hermione n'avait pas quitté le Royaume-Uni depuis très longtemps, une semaine tout au plus, et Ron n'avait toujours pas réussi à s'en remettre. Il prenait ce voyage comme un abandon des plus terribles et, lorsque le sujet arrivait sur le tapis, il se faisait un malin plaisir de cracher son venin. Tous comprenaient qu'il vivait très mal la mort de Fred et qu'il avait besoin de temps et de soutien, les Weasley les premiers, mais il devenait vraiment invivable, à tel point que tous avaient envie de lui dire sans jamais oser.

Jusqu'au jour où la famille était réunie pour un énième repas dominical. Harry avait été invité aussi et, au moment de flottement entre le plat principal et le dessert, la discussion convergea vers Hermione lorsqu'Arthur lui demanda s'il avait reçu des nouvelles.

- Bien sûr que non il en a pas eu, maugréa Ron. Sainte Hermione a mieux à faire.

Les vannes étant ouvertes, le flot n'allait pas s'arrêter de lui-même et Ron continua à rabaisser et insulter Hermione devant des visages qui n'osaient vraiment pas lui dire la vérité. Heureusement, Ginny n'ayant plus peur de son frère depuis de nombreuses années déjà, décida de prendre ce rôle dont personne ne voulait.

- Ron, ta gueule.

- Ginny ! Fait attention à ton langage, la reprit Mme Weasley.

Ginny leva les yeux au ciel. Ron pouvait insulter l'une de ses meilleures amies sans se faire reprendre mais elle n'avait pas le droit de lui dire de se taire ? A chaque fois qu'elle n'était pas d'accord avec une règle, Ginny ne la suivait pas et ce jour-là ne fit pas exception.

- Non. Il insulte Hermione parce qu'il n'est pas foutu d'être là pour elle. Tout ça pour quoi ? A cause de la mort de Fred ?!

L'évocation de Fred fit apparaître quelques larmes dans les yeux d'une bonne partie des membres de la famille Weasley, mais pas Ron.

- Vous savez quoi ? Moi aussi j'ai perdu un frère. Charlie, Bill et Percy aussi. Et George a perdu son jumeau ! Et maman et papa ont perdu leur enfant ! Alors pourquoi il n'y a que toi, Ron, qui est devenu un connard à cracher sur tes amis ?!

C'était peut-être lâche de sa part, mais Harry apprécia Ginny remettre son frère en place devant les yeux mi-choqués, mi-appréciatifs de sa famille.

- Tu veux que je te dise ? Hermione nous a écrit, à Harry et moi. Pas à toi, non, mais bien à ceux qui sont là pour elle et qui ne la rabaissent pas. Pose toi les bonnes questions et sors toi les doigts du cul, merde. Quand ce sera fait, envoie moi un hibou, je reviendrai peut-être à la maison à ce moment-là. Jusque-là, n'essaie même pas de me contacter.

Comme la tornade rousse qu'elle était, Ginny se leva, remercia sa mère pour le repas, salua son père, ses frères et Harry, reparti prendre ses affaires pour se dirigeait vers le jardin et transplaner. Personne ne l'arrêta. En sentant que Ron allait ajouter quelque chose qui ne lui plairait pas, Harry lui envoya un regard noir.

La fin du repas se passa dans le silence et, avant que Harry ne reparte, George vint le voir.

- C'est pour Ginny. Dis lui que je passerai la voir dans la semaine s'il te plait.

Harry hocha la tête et accepta le petit panier que George lui avait donné. Il pouvait sentir qu'il s'agissait de la tarte aux pommes qu'ils avaient pu manger en dessert et que Ginny avait raté. Il le remercia avant de partir la retrouver.

Comme il s'y était attendu, Ginny était allée au terrain vague qu'ils avaient trouvés à proximité de leur ancien appartement et qu'ils utilisaient comme terrain de Quidditch.

- Tu as raté le dessert.

Ginny ne répondit pas.

- George t'en a gardé une part. Il a aussi dit qu'il viendrait te voir dans la semaine.

- A l'appart ?

Alors que Harry hocha la tête, Ginny soupira.

- Il faudra qu'on leur dise, quand même.

- Entre Hermione, Ron et tout le reste, on a pas vraiment pris le temps.

Ginny et Harry se regardèrent sans rien ajouter. Elle ouvrit le panier et découvrit à l'intérieur le dessert qu'elle aurait tant aimé manger à table avec sa famille, si Ron avait été moins idiot. Protégé par une petite bulle magique, un bout de parchemin rédigé de la main de George.

"Ron est un idiot. Je suis là si tu as besoin de parler. La boutique est grande ouverte."

Au moins George avait-il toujours eu cette façon très simple d'être et de vivre; c'en était réellement reposant.

Allongée sur le lit de l'hôtel, Hermione n'avait pas bougé depuis des jours. Elle mangeait et buvait assez pour rester en vie mais pas beaucoup plus; elle se sentait éteinte. Le deuil de ses parents commençait réellement à cet instant et après qu'elle l'ait repoussé pendant près de deux ans. C'était bien pire que ce qu'elle avait ressenti lorsqu'elle avait cru que Harry était mort. Ses piliers, les personnes qu'elle aimait le plus au monde avaient disparu. Et voilà qu'elle devait composer avec cela seule.

Un hibou tapa son bec contre la fenêtre et Hermione se força à lever son corps sale et fatigué pour aller récupérer la lettre qu'il tenait.

"Hermione,

Harry et moi sommes allés au repas dominical. Ron ne s'est pas remis de ton départ et n'a pas été très vivable. J'ai pris soin de le remettre à sa place devant toute la famille. Honnêtement, je ne me suis pas sentie supportée sur le moment, ni par Harry ni par maman, papa ou l'un de mes frères. Mais après coup, George est venu vers moi et Harry m'a avoué qu'il avait aussi envoyer bouler Ron. Je crois que maintenant que j'ai ouvert les vannes, Ron aura du mal à les refermer. Maman va peut-être arrêter de se laisser faire, ça ne lui ressemble pas…

Et toi, comment vas-tu ? Comment vont tes parents ? On a hâte de savoir comment ça s'est passé !

Tu nous manques

Ginny Weasley"

En-dessous du nom de Ginny, une autre écriture avait réussi à se faire une place et Hermione reconnut tout de suite celle de Harry.

"PS : J'espère que tu sais que nous sommes là pour toi, peu importe ce qu'il se passe là-bas. Ne laisse pas Ron s'immiscer dans nos amitiés."

Harry avait raison. De toute façon, Hermione ne pouvait décemment pas rester bloquer dans cet hôtel indéfiniment. Cela coûterait trop cher. Elle commença donc par passer sous la douche sans vraiment y réfléchir avant de faire ses valises avec autant d'émotions qu'un automate. Hermione se sentait éteinte et rien que de penser à ce qui l'attendrait à son retour lui donnait le tournis. Cependant, il était évident qu'il lui fallait rentrer. L'Australie n'était plus un endroit pour elle; il ne le serait plus jamais.

Lorsque Harry lui avait indiqué que George comptait venir la voir, Ginny s'était vaguement demandé ce dont il serait question. Ron, Fred et la boutique seraient sûrement à l'honneur, mais de quelle façon, exactement ? Autant dire qu'elle ne fût pas déçue.

George était arrivé en début d'après-midi et avait salué sa soeur de l'un de ses rares sourires. Ils s'étaient installés dans le jardin, à même l'herbe bien verte qui commençait à devenir un peu trop grande.

- Harry n'est pas là ?

Après avoir déglutit, Ginny répondit à la négative en tentant de donner une excuse un peu bidon.

- Tu sais, il faudra bien que tu penses à l'annoncer à Maman. Elle est presque en train de planifier votre mariage.

- Comment ?

Ginny était soufflée et presque un peu honteuse d'avoir oublié que sous l'image idiote et un peu folle de George se cachait quelqu'un de très intelligent, même si les récents événements avaient réellement fait disparaître ces deux faces de sa personnalité.

- Comment vas-tu ?

George devait sans aucun doute être le premier membre de sa famille biologique à réellement lui poser la question et, avec lui, Ginny n'avait étrangement pas peur de répondre.

- Pas très bien. Fred me manque, toi aussi. En fait, toute la famille me manque. Maman et Papa ne sont plus pareils, Bill mène sa vie parfaite et Charlie a disparu de la circulation. Je n'ai même pas envie de parler de Ron… Harry et moi nous sommes séparés et c'est un peu difficile à gérer à cause de nos cercles de proches qui sont les mêmes et Hermione…

- Hermione ?

- Et Hermione s'en prend plein la gueule à cause de Ron. Je sens que ses parents lui manquent mais je ne peux pas l'aider. J'ai l'impression qu'elle s'éloigne de plus en plus de nous parce qu'on est pas assez là pour elle.

Ce n'était pas dans les habitudes de Ginny de se morfondre mais, ces derniers temps, les choses étaient devenues compliqué. Elle avait réussi à tout laisser de côté le temps d'effectuer sa dernière année à Poudlard mais, depuis qu'elle était rentrée, tout lui retombait sur le coin de la tête.

- Et toi, comment tu vas ?

- Maman me materne. Fred lui manque et elle a l'impression que je suis en dépression à cause de ça. Je ne dis pas que je ne me sens pas mal, mais j'ai besoin d'aller de l'avant, pas de rester bloqué au Terrier. A chaque fois que je veux sortir, elle essaye de m'en empêcher, c'est fatiguant. On a pas la même façon de faire notre deuil et j'aimerais qu'elle respecte ça.

Malheureusement, Molly Weasley était une maman prête à tout pour le bonheur de ses enfants et cela voulait autant dire les pousser que les réfréner.

- Elle t'a laissé venir jusqu'ici ? Ça m'étonne…

- Elle n'est pas au courant.

Ils rirent tous les deux en imaginant la tête que ferait leur mère si elle se rendait compte de la disparition de George.

- Par ailleurs, ça te dérange si je reste quelques temps ?

Ginny ne pouvait pas dire qu'elle ne s'y était pas attendue.

- Juste le temps de reprendre contact avec Angie et Lee et de refaire tourner la boutique comme avant. Après, je partirai.

- Tu peux rester aussi longtemps que tu veux George. La maison semble bien vide quand on y est seul. Je t'aiderai à éviter Ron autant que tu en auras besoin.

Ginny lui offrit un fabuleux clin d'oeil auquel George répondit, bien que son visage reste un peu sombre.

- Tu penses qu'il va changer ?

- J'espère, mais je ne sais pas ce qu'on peut bien faire de plus pour l'aider.

Hermione l'avait laissé tomber, sa propre petite soeur l'avait engueulé devant l'entièreté de la famille et ni Harry, son meilleur ami de toujours, ni Molly, sa mère-poule, ne l'avait défendu. Ron se retrouvait seul mais rien ne semblait entacher sa décision d'emmerder son monde.

Ginny se décida à bouger et à montrer à George sa nouvelle chambre.

- Harry n'habite plus ici même si ça lui arrive de revenir. On sera juste entre adelphes. J'espère que t'y penseras quand je trouverais des trucs qui m'intéressent à la boutique.

Hermione huma l'air britannique avec plaisir. Elle se sentait toujours affreusement mal et oppressée mais le fait d'être de retour dans son pays natal la faisait aller un chouïa mieux. Elle aurait honnêtement voulu aller voir Ron mais elle choisit tout de même d'aller voir Harry et Ginny. Eux seuls seraient assez honnêtes pour lui dire si aller voir Ron était une bonne idée ou si le mieux était de l'éviter pour le moment. Ainsi, Hermione transplana jusqu'à l'appartement que ses amis louaient.

En entendant quelqu'un frapper à la porte, Ginny se demanda bien qui cela pouvait être. Ses amies lui auraient envoyé un hibou avant de venir, Harry n'aurait jamais frappé et George était dans la chambre d'amis. Quant au reste des Weasley, ils étaient trop occupés par Ron, ou par un autre membre de la famille.

- Hermione ?! Tu es déjà rentrée ?

Quelques larmes apparurent près des yeux de Hermione et Ginny réagit rapidement. Elle lui proposa d'entrer et s'empressa de lui servir du thé et des petits gâteaux.