Bonjour à toutes et à tous ! Comment allez-vous ? Pour ma part, je suis un peu les différentes discussions autour de J.K Rowling et j'ai eu la chance de voir, ce matin, la très bonne réponse de Daniel Radcliffe. Je vous invite à aller voir ce qu'il a dit et à vous renseigner un peu plus sur les vécus des personnes transgenres et non-binaires.

Bonne lecture à vous,

- Est-ce que tu sais ce que tu vas faire, maintenant ?

Hermione avait fini d'expliquer son voyage en Australie à Ginny.

- Je voulais essayer d'arranger les choses avec Ron mais je crois que je vais plutôt aller au groupe de parole. J'ai besoin d'avancer maintenant.

- Ron… n'est vraiment pas la personne à aller voir. Je crois qu'il a mal pris le fait que Harry et moi sommes "contre lui".

En y repensant, Hermione avait un goût d'inachevé dans la bouche. Elle voulait passer à autre chose mais sa dernière discussion avec Ron ne lui en avait pas réellement laissé la chance. Leur rupture n'était même pas encore réellement effective et Hermione n'avait vraiment pas envie de faire cela par hibou. En attendant, cela traînerait et puis tant pis, elle n'avait vraiment pas envie de voir Ron pour le moment.

- Ginny, reprit Hermione, tu n'étais pas obligée de te liguer contre Ron, juste pour moi, tu sais ?

Ginny éclata de rire. Elle adorait Hermione mais, parfois, cette dernière devenait vraiment idiote.

- Je ne l'ai pas fait pour toi. Ron me sort par les trous de nez depuis un moment déjà. Tu n'as été que la goutte d'eau.

Hermione fut sidérée, par la suite, lorsque Ginny lui raconta nombre des déboires de Ron. Même George s'en était plaint. Certes, chacun réagissait différemment à un deuil mais Ron allait définitivement trop loin.

- Ce groupe de parole, alors ?

- C'est ce que m'a proposé mon psy, répondit Hermione. Il y aura plein de gens qui ont vécu la guerre et, d'une manière ou d'une autre, il pense que ça peut m'aider, en plus de la thérapie.

Ginny se souvenait à la perfection du moment où les demandes de rendez-vous chez un psychologue avaient explosé. Tout le monde y allait, avec raison au vu des traumatismes laissés par la guerre. Harry avait refusé par peur que son nom l'empêche de suivre une thérapie normale mais il avait eu de la chance, à l'époque, que sa petite-amie le force. Ginny, elle, aurait bien voulu également et, dans un sens, elle était sûre qu'une bonne partie de sa famille, si ce n'était pas l'intégralité de celle-ci, en aurait eu besoin aussi mais les revenus manquaient. S'ils avaient essayé, peut-être auraient-ils pu trouver une solution mais personne n'avait tenté l'expérience. Personne ne voulait travailler sur son deuil de la mort de Fred, sur toutes les morts qui avaient jonché leurs vie. Hermione, elle, avait tout de suite accepté l'idée d'une thérapie.

- Et tu penses qu'il y aura des gens de l'autre camp ? C'est pas un peu dangereux ?

Les questions de Ginny, Hermione se les était déjà posées.

- J'irai sous une autre apparence et un autre nom. Tout est prévu par les différents psy qui organisent ça. On est là-bas pour parler et écouter, pas pour dire à tout le monde que telle personne suit une thérapie.

Ginny haussa les épaules, n'ayant rien de plus à dire.

- Un groupe de parole, sérieusement ?

Pansy leva les yeux au ciel devant un Blaise hilare.

- Je peux savoir ce qui te fait rire ? demanda-t-elle le plus sérieusement du monde.

- Un groupe de parole !

Drago savait que tout cela était une mauvaise idée. Il n'avait prit rendez-vous avec ce Rob Morgan que pour faire plaisir à Pansy et, même si les progrès qu'ils avaient fait étaient énormes, bien qu'il dise toujours le contraire à ces amis, Drago n'aimait pas parler de sa thérapie. Et là, son psy lui proposait d'aller à un groupe de parole, aka aller dans un endroit où il n'y aurait que des personnes en partie traumatisées à cause de lui ou de son père.

- Ce groupe de parole est une bonne idée. On sera sous un déguisement. Personne ne nous reconnaîtra.

Blaise pouffa avant de répondre.

- Bien sûr. Vous allez aussi passer à côté des gens qui diront vos noms ? Blaise commença à mimer des inconnus. Oh moi, la famille Malefoy a tué mes parents ! Oh et moi, les Parkinson ont passé leur vie à m'insulter de sang-de-bourbe !

Pansy claqua sa langue contre son palais dans un bruit sourd.

- Oui Blaise, les gens nous détestent. Sauf qu'au bout d'un moment, si on veut avancer, il nous faudra bien y faire face. Moi j'irai dans tous les cas. Drago, j'espère que tu viendras aussi.

Drago vit son amie repartir en claquant ses talons avec force sur le carrelage. Blaise rigola.

- Sérieusement Blaise, je crois que tu l'énerves un peu trop.

Blaise n'y pouvait rien si lui n'avait pas été impacté par la guerre. Il n'avait jamais vraiment prit partie plus qu'en ayant été à Serpentard. Il n'insultait pas les gens et n'avait pas combattu. Il avait été un privilégié sans avoir eu besoin de se salir les mains et c'était tout. Pourtant, Drago aurait apprécié qu'il comprenne que tous n'avaient pas été comme lui; que certains avaient besoin de se soigner.

- Bien, je crois que je vais y aller pour éviter d'avoir à répondre. A plus, Drago.

Seul chez lui, Drago regarda avec attention la petite carte explicative que lui avait laissé M. Morgan. Il la connaissait déjà quasiment par coeur mais rien ne l'empêchait de la lire, une fois de plus. Peut-être que Blaise avait raison et qu'il s'agissait d'une mauvaise idée. Peut-être que Pansy avait raison et qu'il s'agissait d'une bonne idée. De toute façon, si la soirée se passait mal, il pourrait toujours repartir sans que personne ne sache qu'il ait été présent.

Jour-j, jour de groupe de parole. Hermione s'avança de son côté. On lui donna le nom de Magdalena Pirnat et l'apparence d'une femme rondelette, dans la trentaine et aux cheveux courts bruns comportant des mèches blondes et rousses. Elle ne se reconnaissait pas mais, après tout, c'était là le but de la soirée.

Pansy, elle, obtint le nom d'Alida Nicolescu et l'apparence d'une bodybuildeuse aux longs cheveux d'un blond presque platine. Son corps, bien que plus vieux de quelques années, avait été tué au sport.

Enfin, Drago, qui s'était finalement décidé à venir sans en parler à Pansy, hérita du nom de Daniel Dabrowski et de l'apparence d'un homme dans la cinquantaine que le temps avait transformé.

Magdalena ne savait pas réellement par quoi commencer. La plupart des chaises étaient encore vacantes. Elle s'installa un peu au hasard, bientôt rejointe par d'autres. Elle apprit au cours du premier tour de table que ses deux voisins avaient pour noms d'emprunts Alida et Daniel. Malgré tout, Magdalena ne pouvait s'empêcher d'essayer de deviner qui se trouvait sous ces traits et elle était certaine qu'il en était de même pour tout le monde.

- Maintenant que nous connaissons les noms de tout le monde, nous allons commencer à parler réellement.

Le maître de cérémonie, l'un des psychologues organisateurs, demanda à chacun d'expliquer la raison de sa venue dans ce groupe de parole et, même, en thérapie en général. Daniel se rendit compte qu'il n'était pas le seul à avoir été du mauvais côté et que, au final, le ratio n'était pas si déséquilibré qu'il l'aurait pensé.

- Alida, c'est à vous.

Alida déglutit. Elle qui avait adoré être le centre de l'attention, plus jeune, aurait finalement préféré être bien loin du lieu où elle se trouvait.

- J'étais du mauvais côté. Mes parents ont essayé de me marier de force et voulaient que je serve la cause. Je n'avais pas le choix que de montrer au monde cette facette parce que, sinon, j'étais punie. J'ai toujours rêvé de travailler dans la mode sorcière mais je n'étais vouée qu'à être femme au foyer. Aujourd'hui, je ne pense pas que je pourrai faire grand chose de ma vie.

Même si leurs voix avaient aussi été changées, Daniel reconnut instantanément la personne qu'était Alida. Pansy ne lui avait jamais parlé de cette histoire de mariage arrangé et il se sentit coupable de ne jamais l'avoir remarqué. Jusqu'où ces parents étaient-ils allés pour essayer de la vendre ? Magdalena, elle, se sentit un peu mal-à-l'aise. Être à côté d'une ennemie, même si cela n'était plus vraiment d'actualité, ne l'aidait pas à se sentir en sécurité. D'un autre côté, il était peut-être temps qu'elle essaye de s'ouvrir au monde.

- Je me suis faite insultée de sang-de-bourbe pendant toute ma scolarité, entre autres noms que je ne répèterai pas. Cette guerre, c'était pour savoir si oui ou non j'allais avoir le droit de vivre. J'ai… perdu mes parents et tout mon entourage est totalement changé. Je ne me sens pas à ma place.

Daniel et Alida déglutirent presque de concert. Cette Magdalena étaient de ceux qui n'allaient pas bien de leur faute, de ceux qui étaient ici à cause d'eux. Avaient-ils vraiment le droit de s'asseoir dans la même pièce ? De leur jeter au visage qu'ils allaient mal quand leurs victimes étaient si proches ? Daniel se doutait que tout cela est une mauvaise idée et, si ça n'avait pas été son tour de parler, il se serait sans aucun doute éclipsé.

- J'étais du mauvais côté. J'ai dû faire des choses dont je ne suis pas fier mais c'était ça ou mourir, ça ou voir ma famille mourir. Je ne voulais pas… Je n'avais juste pas le choix ?

Personne ne dit rien mais tous, Daniel compris, furent désemparés par cette voix aussi perdue. Alida reconnut Drago, bien sûr et même elle n'avait jamais eu l'occasion de l'entendre ainsi. Les temps étaient bien troubles et leurs esprits, eux, bien troublés par toute cette agitation.

Le tour de table continua. Magdalena se sentait toujours mal à l'aise d'être coincée entre deux personnes qui avaient jadis essayé de la tuer mais elle n'avait pas le droit de bouger. Elle devait prendre son mal en patience. Lorsque la dernière personne eut finit de présenter ce qui l'avait amenée ici, le maître de cérémonie reprit la parole.

- Je sais que vous êtes tous et toutes restés en surface, et c'est normal. Nous n'allons pas forcer plus pour aujourd'hui. Je vous invite à tous laisser un petit papier contenant un sujet que vous aimeriez traiter pour la prochaine fois. Ensuite, vous serez libre de repartir ou de rester discuter avec les autres personnes.

Magdalena décida de rester. De toute façon, personne ne l'attendait. Daniel, lui, voulut repartir avec Alida mais, celle-ci n'ayant apparemment pas décidé de quitter le groupe, il se ravisa. Des duos ou trios se formaient rapidement bien que timidement et, bientôt, Magdalena, Daniel et Alida n'eurent d'autres choix que de se retrouver ensemble.

Les premières minutes furent silencieuses, trop silencieuses même et tous trois hésitèrent à s'enfuir sans toutefois le faire.

- Bon, tenta Alida. Vous voulez parler de quelque chose en particulier ?

Deux "non" très discrets se firent entendre. Ils n'étaient définitivement pas sortis du Magicobus.

- Magdalena, c'est ça ? L'intéressée hocha la tête. Est-ce que tu veux nous parler de tes parents ?

En voyant que son interlocutrice devenait blanche et que quelques larmes menaçaient d'apparaître, Alida s'excusa. Elle n'était vraiment pas douée pour parler à des inconnus, surtout à ceux qui la détestaient.

- Je ne veux pas parler de mes parents, mais s'il le faut, je peux vous parler de mon petit-ami.

Daniel leva les yeux au ciel mais, fort heureusement, personne ne le vit. Qu'est-ce qu'il en avait à faire du copain de cette inconnue ?! Avait-il une tête à écouter les histoires de coeur et/ou de cul des autres ?

- Il a perdu… un membre de sa famille et, depuis, il n'est plus pareil. Il est violent verbalement, rejette tout le monde, n'est là pour personne. J'ai essayé d'aller faire mon deuil et il m'en a voulu.

- Quitte le.

La phrase était sortie si rapidement qu'Alida ne se rendit compte qu'elle était celle qui l'avait prononcée que lorsque Daniel et Magdalena la regardèrent, ahuris. Elle soupira avant de continuer sur sa lancée.

- Le peu que tu me racontes, il est toxique avec toi et sûrement pas que. Désolée mais s'il ne te soutient pas dans ton deuil, pire encore s'il t'empêche de le faire, alors tu n'as rien à faire avec vu qu'il ne te rend pas heureux. Bref, c'est un idiot et tu mérites mieux.

Magdalena eut envie de rire en sachant que ces mots-là étaient les mêmes qu'aurait pu avoir Ginny. Toutes les deux avaient raison, il fallait que ça cesse.