Bonjour à toutes et à tous ! Comment allez-vous ? Aujourd'hui, peu de blabla. Je vous laisse avec nos personnages et un Ron toujours plus détestable
Hermione n'avait pas voulu raconter à Ginny, ou même à Harry, ce qu'il s'était passé lors du groupe de parole. Elle-même n'était pas sûre de ce qu'elle avait pensé de pouvoir discuter pendant presqu'une heure avec deux personnes qu'elle savait avoir été du mauvais côté. Cependant, ce que ses amis savaient, c'était qu'elle avait pris la décision de confronter Ron. A partir de ce moment, le petit-ami d'Hermione aurait deux choix : la soutenir ou être plaqué. Lorsqu'elle avait entendu ce que s'apprêtait à faire son amie, Ginny avait presque sauté de joie. Ron avait bien besoin d'un bon électrochoc et, avec un peu de chance, ce qui allait se passer en serait un d'envergure.
Cependant voilà, seule devant le Terrier, Hermione avait une peur bleue, en plus d'un air de déjà-vu qui lui glaçait le sang. Comme d'habitude, Molly était en cuisine et s'apprêtait sûrement à lui parler de choses et d'autres mais Hermione la coupa, arguant qu'elle voulait juste voir Ron. Mrs Weasley lui indiqua comme prévu que son fils était dans sa chambre, pour ne pas changer. En montant les escaliers, Hermione s'en voulut presque d'avoir été malpolie, limite froide mais, encore une fois, ce sentiment fut eclipsé par la peur.
Ron l'autorisa à entrer après le troisième coup.
- Hermione ! Comment vont tes parents ?
Hermione ne savait pas s'il était au courant de ce qu'il s'était passé en Australie, sûrement avait-il pu le deviner en la voyant de retour en Angleterre aussi rapidement. Cela ne lui ressemblait pas d'être méchant de manière intentionnelle mais, de toute façon, Ron ne se ressemblait plus, ces derniers temps. Alors, Hermione débala tout ce qu'elle avait sur son coeur sans laisser les filtres qu'elle s'imposait ordinairement prendre le dessus.
- Est-ce que tu comptes devenir enfin un petit-ami potable ?
En y repensant, à cet instant, Hermione non plus ne se ressemblait pas.
- Sérieusement, Hermione ? Je te pensais plus compréhensive que ça. J'ai perdu mon frère, Hermione. Sais-tu ce que c'est ? Bien sûr que non parce que Madame peut avoir tout ce qu'elle veut !
Parfois, il fallait aller à l'encontre de soi-même pour aller mieux, c'était ce que lui avaient dit les deux inconnus du groupe de rencontre.
- Bien. Alors dans ce cas-là, nous ne pouvons continuer ensemble.
- Bien.
Rien d'autre qu'un froid glaçant. Hermione sortit de la chambre puis du Terrier sans un regard ni un mot pour Molly. Elle transplana aussi vite qu'elle put pour rejoindre son appartement. La seule chose qu'elle souhaitait, à cet instant, c'était pouvoir se vautrer sur son lit et pleurer toute la journée, ce qu'elle fit très bien.
Blaise avait été impatient de demander à ses deux amis comment s'était passé leur fameux groupe de parole. Il espérait pouvoir se moquer d'eux presque autant qu'il espérait que ça les ait aidé.
- Alors ?
Drago et Pansy s'étaient regardés sans un mot, semblant partager des pensées communes. L'inconnue avec qui ils avaient passé la soirée leur avait donné beaucoup à réfléchir, peut-être un peu trop. Ils espéraient, en réalité, qu'elle ait réussi à quitter son petit-ami toxique et Merlin savait qu'ils n'avaient pas pour habitude de s'inquiéter pour d'autres personnes qu'eux-mêmes.
- C'était bien. Très instructif.
- Vous avez pu voir les gens à qui vous avez détruit la vie ?
Pansy recracha son verre de jus de citrouille sans une once d'élégance. Elle appréciait autant qu'elle détestait la franchise de Blaise à leur égard.
- On a même parlé avec eux.
- J'espère que vous vous rendez compte qu'il s'agit sûrement d'anciens Gryffondor.
Cela, Drago et Pansy en avaient parlé. Après avoir vécu une guerre de plein fouet, les querelles entre les maisons leur semblaient si loin. Il était certain qu'ils s'entendraient toujours mieux avec ceux dont ils avaient partagé les couleurs mais cela n'était plus devenu une obligation. Leur inconnue du groupe de parole était sûrement une Gryffondor, à en juger par ce qu'ils avaient pu comprendre de son passé. Pourtant, ils n'avaient pas réellement ressenti d'inimitié à son égard. Les choses changeaient.
- Vous pensez que vous allez y retourner ?
Ils n'y avaient pas encore réfléchi et n'en avaient pas encore parlé entre eux mais Drago et Pansy savaient très bien qu'ils iraient à nouveau.
- Oui, répondit Pansy tandis que Drago hocha la tête. Tu viendras avec nous ?
Blaise secoua la tête en riant. Lui, vivant ? Jamais.
- Par contre, j'ai une interview exclusive avec les Harpies de Holyhead. Ils vont enfin présenter leur nouvelle recrue et je n'ai vraiment pas envie de rater ça.
A la sortie de Poudlard, tout le monde avait cru que Blaise finirait au Ministère mais, contre toute attente, il avait réussi à obtenir un poste de pigiste pour le compte de la Gazette du Sorcier et, depuis, il parvenait à se créer une place de plus en plus grande et importante. Une nouvelle joueuse chez les Harpies était un événement sportif et le fait que Blaise soit celui qui ait obtenu le droit de le couvrir était assez énorme en soit.
Ginny regarda George faire ses affaires. Il n'était pas resté très longtemps mais son petit séjour avait semblé lui faire du bien. Le deuil de Fred et la douleur qu'il continuait d'engendrer n'avait pas disparu, mais George voulait à présent aller encore plus de l'avant.
- Merci petite soeur, et bonne chance pour cet aprem.
George la prit dans ses bras avant de transplaner. Quelques secondes plus tard, Harry arriva.
- Prête ?
- Pas le moins du monde.
Ils avaient conjointement décidé qu'il était tant d'annoncer à la famille Weasley leur séparation. Ginny devait bientôt donner une interview pour signer son entrée dans les Harpies de Holyhead et il était hors de question que Molly apprenne le célibat de sa fille dans les journaux. Ils l'avaient annoncé à Hermione, la veille, et celle-ci avait réagi de la meilleure des façons. Après s'être excusée de ne pas avoir été présente pour eux, elle leur avait tout simplement souhaité d'être heureux, chacun à leur manière. Cependant, ni Ginny ni Harry n'étaient sûrs que la famille de Ginny réagisse de la même façon. Molly serait attristé et Ron… et Ron était plus qu'imprévisible, ces derniers temps, malheureusement.
Au Terrier, Molly, Arthur et Ron attendaient. La matriarche avait aussi invité Bill et Percy et ceux-ci ne devaient plus tarder, accompagnés qu'ils seraient de Fleur et Audrey. Tous attendaient surtout avec impatience la nouvelle de Ginny et Harry et Molly espérait réellement qu'il s'agisse d'un mariage ou d'un enfant, ou même des deux. Mrs Weasley avait même commencé à réfléchir au plan de table et à la nourriture, à la robe et aux décorations. Ce serait un beau mariage, à n'en pas douter.
Bill et Percy arrivèrent. Charlie, lui, n'avait pas pu se libérer depuis la Roumanie et George avait argué qu'il savait déjà et qu'il avait un rendez-vous important. Fleur discutait tranquillement avec Audrey. Lorsque le bruit caractéristique du transplanage se fit entendre de nouveau, tous surent qu'il était temps et ils se forcèrent à laisser les nouveaux arrivés prendre le leur.
Ginny était stressée par la situation, Harry pouvait très aisément le dire. Lui-même n'était, de toute façon, pas vraiment à l'aise, surtout lorsqu'il vit que Molly avait réuni presque toute la famille Weasley. Un instant, il la détesta de toujours aller trop vite en besognes.
- Bien, commença Ginny en perdant des couleurs face à tous ces regards impatients. Harry et moi avons quelque chose à vous dire.
Les yeux de Molly brillèrent encore plus et Ginny ne le vit que trop bien. Malheureusement, il était temps de détruire ses rêves de mariage et d'enfants.
- Ginny et moi, reprit Harry, nous séparons.
- En réalité, nous ne sommes plus ensemble depuis des semaines.
Le non-couple regarda avec attention les différentes réactions qu'ils venaient d'engendrer. Bill et Fleur ne semblaient ni triste ni heureux, tout comme Percy et Audrey. Sûrement savaient-ils que c'était tout simplement la vie et qu'il fallait respecter la décision de leurs cadets. Victoire jouait avec les cheveux de Molly et profitait du fait que personne ne s'intéresse à elle pour pouvoir continuer sans se faire rouspéter. Arthur avait une mine triste mais ne pipa mot. Molly, elle, commença à pleurer.
- Ginny-chérie ? Harry-chéri ? Non… Vous devez vous tromper.
- Non Maman. Ce n'est pas grave. Ca signifie juste que nos âmes-soeurs sont ailleurs.
- Et puis, continua Harry, nous sommes encore jeunes. Nous avons le temps.
Complètement sous le choc, Molly continuait de répéter que non, ce n'était pas possible, qu'ils devaient continuer à essayer, qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Elle pleurait les petits-enfants et le mariage dont elle rêvait. Ron, lui, resta silencieux mais sortit sa baguette de sa poche. Cette dernière lui démangeait. Harry lui avait promis et voilà que, une fois de plus, il lui avait menti; c'en était trop.
- Confringo !
- Protego !
Ginny regardait désormais son frère avec une haine et un dégoût sans précédents. Harry la remercia en chuchotant. Sans ses réflexes, il aurait été bon pour Sainte-Mangouste, si ce n'était pire.
- Non mais ça va pas la tête, Ron !
Mais Ron semblait totalement extérieur à lui-même et à ses gestes et continuait de lancer sort sur sort. Ginny parvenait à se protéger et à répliquer mais elle ne réussissait pas à lui faire perdre sa baguette. Les autres Weasley l'aidèrent et, tous ensemble, ils le désarmèrent. Harry et Ginny en profitèrent pour repartir. Ils passèrent leur soirée à deux, à discuter, à pleurer parfois, et à boire beaucoup, peut-être trop. Hermione vint les voir en fin de soirée pour savoir comment c'était passé leur excursion au Terrier mais, devant la vue que lui offrait ses amis, elle ne put s'empêcher de soupirer. Elle leur retira leurs baguettes et leurs boissons, leur fit ingurgiter de l'eau et des potions de dégrisement avant de les mettre au lit et de laisser, sur les tables de chevet, quelques fioles de potion anti gueule de bois, au cas où. Pour être sûre que rien ne leur arrive, Hermione décida de dormir dans le canapé du salon.
Le lendemain, Ginny se réveilla avec les souvenirs de la veille encore en tête. Elle découvrit avec stupeur qu'Hermione avait déjà fait le petit-déjeuner.
- Bonjour Ginny. Tu as mal à la tête ?
Ginny secoua doucement la tête avant de demander plus d'informations à son amie qui se fit un plaisir de lui expliquer.
- Je suis venue hier soir pour savoir comment ça s'était passé au Terrier. Je vous ai retrouvé tous les deux ivres donc je me suis occupée de vous et je suis restée dormir sur le canapé au cas où.
- Merci Hermione, vraiment.
Harry entra à ce moment-là et la remercia également.
- Du coup, j'en conclus que ça s'est mal passé ?
- Ron nous a littéralement attaqué, répondit Ginny en tentant de rire.
Hermione les regarda tour à tour, les yeux exhorbités.
- Pardon ? Il a quoi ?
- Hermione, commença Harry. Tu sais comment il est. Il a dû penser que je rendais malheureuse Ginny en la quittant…
- Et ?
Ron pouvait bien penser ce qu'il voulait, ce n'était en aucun cas une raison pour attaquer son meilleur ami, celui avec qui il partageait tout depuis son entrée à Poudlard. Hermione était malade de voir ce qu'il était devenu.
- Ce n'est pas une raison pour vous attaquer. Au moins, je sais maintenant qu'il faut encore que j'évite d'être à proximité de lui.
- Plus de Terrier, alors ?
Harry et Hermione échangèrent un regard triste. Le Terrier avait été leur bouée de sauvetage pendant de nombreuses années et le fait qu'Hermione y renonce montrait parfaitement bien que la fin de la guerre n'avait pas tout réglé dans leurs vies. Même Ginny, à vrai dire, ne se sentait plus en sécurité dans la maison de son enfance.
- Plus de Terrier, répondit Ginny. Plus de Terrier jusqu'à ce que Ron se soit calmé.
- S'il arrive à se calmer, reprit Harry. Je ne suis pas sûr qu'il y arrive tout seul.
Hermione haussa les épaules. Toute une partie d'elle-même lui criait de s'occuper de Ron mais le reste de son être lui disait qu'elle devait d'abord penser à elle : elle avait déjà bien trop donné pour quelqu'un qui ne faisait que la rendre de plus en plus malheureuse.
