Bonjour à vous ! J'espère que vous allez bien. Pour ma part, j'ai fait une sieste en plein milieu de ce chapitre tant j'étais fatiguée. Pas vraiment de Dramione pour le moment mais on va peut-être essayer de redorer le blason de Ron...
Bref, je vous souhaite une bonne lecture !
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Dans sa toute nouvelle robe de Quidditch, Ginny se surprit à angoisser. L'envoyé de la Gazette du Sorcier ne devait plus tarder à arriver et, si toutes les autres joueuses avaient réussi à faire relativiser leur nouvelle recrue, cette dernière ne parvenait définitivement pas à se calmer. Être sous le feu des projecteurs n'était pas dérangeant, en général, mais Ginny craignait particulièrement qu'elle ait à parler de sa vie privée et de celles de ses proches.
Finalement, lorsque le journaliste arriva, Ginny eut un rictus.
- Zabini, le salua-t-elle en lui serrant tout de même la main.
Si Blaise était surpris de voir que Weasley fille était la personne à interviewer, il n'en montra rien. Au contraire, Ginny fût même étonnée du professionnalisme dont il semblait faire preuve. Ils s'installèrent tous les deux dans les gradins du stade d'entraînement des Harpies. Blaise regarda la liste de questions qu'il avait préparée, plus ou moins forcé par ses supérieurs. Il était censé parler de Potter mais cela ne lui plaisait guère; il décida donc de commencer par demander comment Ginny Weasley était-elle arrivée jusqu'à ce poste de poursuiveuse.
- Bon, enchaîna Blaise lorsqu'ils eurent finit toutes les questions relatives au sport. Je suis censé te soutirer des informations sur ta vie privée et sur celle de Potter. Même Granger et Weasley si je peux.
Ginny se demanda pourquoi il lui disait cela. Elle n'ignorait pas qu'elle détenait des informations que la presse tuerait pour obtenir et diffuser. La Gazette aimait particulièrement jeter la vie privée des héros de guerre en patûre.
- Honnêtement, continua-t-il, je n'en vois pas l'intérêt. Donc on peut en parler et tu me dis ce que tu acceptes que j'écrive dans l'article final. On est bon ?
Agréablement surprise par un tel comportement venant de quelqu'un comme lui, Ginny accepta. Elle répondit aux questions tout en précisant ce qu'elle ne préférait pas voir faire les gros titres et, en réalité, cela lui faisait du bien. Rapidement, Blaise se mit à abandonner sa liste de questions et sa rigidité de journaliste pour commencer à, tout simplement, discuter.
Lorsque l'article fût paru dans la Gazette, Ginny, comme tous ses proches, ne put s'empêcher de le lire avec enthousiasme. Elle faisait la couverture dans la robe verte foncée qui serait maintenant la sienne.
"Nouvelle recrue chez les Harpies : la désormais célibataire Ginevra "Ginny" Weasley
Après s'être illustrée au sein de l'équipe de Quidditch de Gryffondor au cours de sa scolarité, Ginny Weasley est la fameuse nouvelle recrue des Harpies de Holyhead dont nous nous parlons depuis plusieurs jours. Son identité avait été gardée secrète jusqu'à aujourd'hui mais de nombreuses rumeurs existaient déjà depuis longtemps. Toujours premiers sur l'information, la Gazette a obtenu une interview exclusive avec la nouvelle poursuiveuse des Harpies.
Blaise Zabini (Journaliste) : Bonjour Ginny. Nous allons commencer simplement : qu'est-ce que ça fait d'être chez les Harpies ?
Ginny Weasley : C'est… quelque chose de grisant et, en même temps, assez angoissant. J'espère être à la hauteur et montrer aux recruteurs qu'ils ont eu raison de me donner ma chance.
B. Z. : En parlant de recrutement, justement. Comment s'est passé le tien ?
G. W. : Ca a commencé à Poudlard. J'étais poursuiveuse dans l'équipe de Gryffondor. Ce n'était pas rare de voir des recruteurs venir assister aux matchs. Olivier (Dubois) est parti dans le Club de Flaquemare par exemple, après qu'ils l'aient vu jouer à l'école.
B. Z. : Et par la suite ?
G. W. : Par la suite, on a fait quelques essais. Les Harpies sont une équipe forte et si elles veulent le rester, elles doivent faire attention à qui elles recrutent. C'est normal. Aux essais, et après aux entraînements, j'ai réussi à faire mes preuves et me voilà ici.
B. Z. : Lorsque tu as accepté, n'avais-tu pas peur de te retrouver face à des proches ? Comme ton petit-ami, Harry Potter, ou encore ton frère Ronald Weasley ?
G. W. : *rires* Harry et moi ne sommes plus ensemble. De plus, je crois que ni lui ni Ron n'ont en tête de passer en professionnel."
Ginny se rappela de ce moment-là. Elle avait remercié intérieurement Blaise de ne pas avoir fait de commentaire sur sa rupture… et d'avoir coupé le passage où elle disait que Ron n'avait, de toute façon, pas le niveau pour passer professionnel.
"B. Z. : Est-ce que ta rupture avec Mr. Potter a joué dans ta décision ? Ou est-ce que ta décision a joué dans cette rupture ?
G. W. : Ni l'un ni l'autre. Harry et moi nous sommes séparés d'un commun accord. Nous sommes, par ailleurs, restés en bons termes. Dans tous les cas, que je sois célibataire ou non, j'aurais accepté le poste chez les Harpies. Le Quidditch est ma passion et il s'agit là d'une opportunité qu'on a pas la chance d'avoir régulièrement."
Les dernières questions portaient sur les perspectives d'avenir de Ginny : elle y répondait simplement en disant qu'elle aimerait beaucoup rester chez les Harpies mais qu'elle ne se fermerait pas de portes. Si, un jour, l'équipe d'Angleterre ou équipe régionale autre que les Harpies lui proposait un poste, elle pourrait toujours accepter.
"Désormais célibataire donc, Ginny Weasley est la nouvelle recrue des Harpies de Holyhead. Une nouvelle joueuse qui fait des étincelles depuis ses matchs à Poudlard et qu'il faudra donc observer avec attention."
Finalement, Zabini avait vraiment été plus que gentil avec elle, pensait Ginny. Il ne l'avait pas forcée, ne l'avait pas obligée à parler de sa vie privée plus que de raison et, surtout, il n'avait pas fait tout un plat de sa rupture avec l'Élu. C'était un comportement normal, en réalité, mais trop peu démocratisé pour qu'elle n'en soit pas moins heureuse. Ginny décida donc de lui écrire un petit mot de remerciement. Peut-être en faisait-elle trop mais, après tout, elle décida qu'elle n'en avait rien à faire.
Mr. Blaise Zabini,
Je voulais simplement te remercier pour la façon dont s'est déroulée l'interview. Je viens de finir ma lecture de l'article et je le trouve excellent. Tu as une plume excellente et j'apprécierai de continuer à te lire.
Félicitations si cet article t'a permis d'obtenir la promotion que tu voulais, je te remercie encore,
Ginny Weasley"
En recevant cette lettre, Blaise ne put s'empêcher de sourire. Drago et Pansy ne devaient plus tarder à arriver mais il ne faisait aucun doute que, lorsqu'il aurait un peu de temps seul, il répondrait.
En lisant l'article, Ron avait hésité lui aussi à envoyer une lettre à Ginny. En réalité, il voulait en envoyer aussi à Harry et à Hermione mais il n'avait rien fait. Qui l'écouterait, de toute façon ? A présent, plus ou moins tout le monde le détestait; même sa mère lui en voulait. L'idée qui lui semblait si bonne lorsqu'il avait commencé lui semblait à présent stupide. Tout le monde détestait Ron parce qu'il l'avait choisi. Aller mieux était si difficile alors qu'être détestable était d'une simplicité étonnante. Hermione trouverait un petit-ami à sa hauteur. Ginny resterait libre comme le vent et deviendrait la meilleure poursuiveuse des Harpies de Holyhead, puis de l'équipe d'Angleterre avec qui elle aura le droit de porter la Coupe du Monde bien haut. Harry, lui, trouverait sa voie en tant qu'Auror, comme il l'avait toujours rêvé et Ron… Ron serait l'ami d'antan dont on ne parle qu'à demi-mot en se demandant ce qu'il devient mais sans avoir besoin de connaître la réponse.
Dans l'obscurité absolue de la nuit, Ron prit son sac. Il laissa son journal intime qui avait l'apparence d'un simple carnet. Hermione ne réussirait pas à l'ouvrir avant qu'il soit loin de toute façon et lui n'en aurait plus besoin. L'air frais l'accueillit comme deux bras protecteurs lorsqu'il sortit pour aller trouver la flaque de boue. Il disparut sans laisser d'autre traces qu'une haine palpable.
Lorsque Hermione avait décidé de ne plus retourner au Terrier, elle savait en réalité qu'elle irait de nouveau, un jour. Elle ne s'était simplement pas attendue à ce que ce soit si tôt après qu'elle ait prit sa décision. La lettre, très équivoque, de Ginny, l'avait fait changé d'avis.
"Hermione
Viens au Terrier rapidement. Problèmes, on a besoin de toi. Vite.
Ginny"
Le ton alarmant ne donnait pas vraiment lieu à une hésitation quelconque. Hermione avait donc transplané au Terrier dans la minute. L'information était alors tombée : Ron était parti.
- Parti ? avait demandé Hermione, sous le choc. Il est parti où ? Quand ?!
- Dans la nuit, lui avait répondu Ginny à la place d'une Molly en pleurs. On ne sait pas où il est parti mais la plupart de ses affaires ne sont plus là. Il a juste laissé un carnet mais on arrive pas à l'ouvrir. Il n'y a pas de lettre ou de note pour expliquer ce qu'il se passe.
A côté, Harry était là également et, avec George, ils discutaient de ce qu'ils pouvaient faire. Sans aucune information, ils pouvaient déjà tenter d'aller visiter les endroits les plus probables, dont ceux que le Trio d'Or avait utilisés pendant leur cavale. George écrivait tous les lieux auxquels ils pensait sur un petit parchemin avant de les diviser pour que chacun puisse faire sa part. A plusieurs, ils iraient plus vite.
- Je ne vais pas vous aider à chercher.
Tout le monde s'était retourné vers Hermione. En comprenant que personne ne l'avait comprise, elle décida de s'expliquer.
- Je vais essayer de travailler sur le carnet. Si vous n'arrivez pas à l'ouvrir, c'est qu'il contient des informations importantes. Essayez aussi de contacter les bureaux d'Aurors, les hôpitaux et les morgues.
- On se tient au courant, acquiesça Ginny.
Hermione s'empressa de repartir avec le carnet et se mit à travailler seulement une fois qu'elle fut chez elle, au calme.
Ron, malgré tout ce que l'on pouvait lui reprocher et tout ce que l'on pouvait croire de lui, n'était pas un idiot, au contraire, et Hermione s'en rendit une fois de plus compte. Même en travaillant plusieurs heures sur l'ouverture, elle n'avait pas réussi. Il était question d'un mot de passe mais Hermione ne parvenait pas à trouver s'il fallait le dire, l'écrire d'une quelconque façon ou encore autre chose…
- Argh !
Un hibou toqua à la fenêtre mais Hermione l'ignora. Elle était frustrée et ne parvenait pas à trouver ce foutu mot de passe; elle avait pourtant l'impression d'avoir tout essayé.
- Merde, Ron ! Je suis désolée, je te connais bien mal.
Hermione se cogna la tête contre son bureau et s'endormit, terrassée par toute la fatigue émotionnelle qu'elle avait accumulée, sans même se rendre compte qu'elle venait de réussir ce qu'elle cherchait à faire depuis plusieurs heures déjà.
La première chose qu'elle fit, en se levant, le lendemain matin, fut de lire les premiers mots que Ron avait écrit dans ce carnet.
"Fred est mort. Je crois que moi aussi. Tout le monde avance si bien, sauf moi. Je reste bloqué, j'y arrive pas. Personne ne va bien et tout le monde s'aide, sauf moi. J'en suis incapable. Je ne veux pas tourner la page, c'est trop difficile. Fred me manque. Moi aussi."
En parcourant rapidement les pages, Hermione comprit qu'il s'agissait plus ou moins d'un journal intime. Elle décida de laisser à Ron son intimité et d'aller directement vers la dernière page pour savoir s'il avait laissé quelques informations.
"Je suis désolé, Hermione.
Je suis désolé, Ginny.
Je suis désolé, Harry.
Je suis désolé, Maman.
Je suis désolé, Papa.
Je suis désolé, George.
Je suis désolé, Percy.
Je suis désolé, Bill.
La liste n'est pas entière mais elle est déjà trop grande. Tu ne trouveras pas où je suis parti, Hermione. Si quelqu'un a réussi à arriver jusqu'à ces lignes, c'est forcément toi. J'ai besoin de prendre l'air. Je reviendrai quand tout ira mieux.
Encore désolé."
