Bonjour à toutes et à tous ! J'espère que vous allez bien. Pour ma part, j'apporte deux (bonnes ?) nouvelles. Tout d'abord, l'histoire vient de dépasser les 100 pages sur mon petit google doc. Ce n'est pas rien et, malgré tout, je suis fière d'avoir écrit autant. Ensuite, j'ai reçu ma première review sur cette histoire. Je ne peux même pas imaginer comment cela m'a fait plaisir. Si vous hésitez à en envoyer une ou si vous pensez que vous n'avez "rien à dire", s'il vous plait, repensez y à deux fois. Même si ce n'est pas grand chose, c'est toujours quelque chose d'énorme quand on la reçoit !

Par ailleurs, cher Guest, je vais te répondre ici : Merci beaucoup pour ta review, je suis très contente de lire que tu trouves mes personnages crédibles. J'ai toujours peur qu'ils soient OOC... Je n'avais consciemment pensé au féminisme pour écrire ce passage Lily/Severus mais c'est vrai que, maintenant que tu le dis, le parallèle est totalement vrai (malheureusement). On peut même faire ce parallèle avec d'autres oppressions, d'ailleurs. J'espère que ce chapitre, où nous retrouvons nos deux étranges trios, te plaira autant !

En bref, bonne lecture à tous

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Pansy crut être la dernière à se réveiller. Il y avait déjà deux personnes dans son petit appartement, si elle en croyait les voix lointaines qu'elle entendait. Pourtant, en se concentrant un peu plus, elle se rendit surtout compte que deux concerts de ronflements ajoutaient un peu de vie à la pièce.

- Tiens, Pans'.

En plus d'adorer Blaise, Pansy aimait réellement sa façon d'être aussi avenant. Il avait chuchoté en lui tendant un verre d'eau qui contenait sûrement un peu de potion anti gueule de bois. En tout cas, cela lui fit du bien.

- Je vais réveiller Hermione et prévenir Harry.

C'est à ce moment-là que Pansy se rendit compte que Blaise n'était pas seul. Il était rarement seul, d'ailleurs. Cependant, voir que Weasley fille était la personne à ses côtés était plutôt quelque chose de surprenant. De loin, Pansy l'entendit envoyer un Patronus, à Potter sûrement, pour lui indiquer que Hermione allait bien mais qu'elle ne le rejoindrait pas parce qu'elle était encore en train de dormir et qu'elle semblait en avoir vraiment besoin.

- Du coup, profita Pansy, tu traînes avec Weasley, maintenant ? J'espère que Potter est au courant.

- Je ne vois pas pourquoi Ginny devrait lui parler de moi.

En guise de vengeance, Blaise prenait plaisir à rester aussi ambigu. Pansy ne lui avait pas parlé de Granger ? Alors il n'affirmerait ni n'infirmerait quoi que ce soit.

- Enfin, Blaise ! Tu connais comment est la presse. Ca fera la une des journaux et elle va s'en prendre de tous les côtés, toi aussi d'ailleurs.

Un sourire accroché aux lèvres, Blaise s'empressa de lui dire qu'il savait et qu'elle avait effectivement raison. C'est malheureusement à ce moment-là que Granger décida de montrer qu'elle était réveillée.

- Ginny et Harry ne sont plus ensemble. Je ne pensais pas qu'elle voyait de nouveau quelqu'un, déclara simplement Hermione. Tu aurais pu m'en parler, Ginny ! rajouta-t-elle en voyant la principale intéressée revenir dans la pièce.

- Tu aurais pu me dire que tu traînais avec Malefoy et Parkinson, répondit-elle avec un clin d'oeil, mais tu ne l'as pas fait.

Ginny changea de sujet et prévint Hermione que Harry lui demanderait sûrement des explications sur pourquoi elle lui avait posé un lapin. Alors qu'elle commençait à totalement paniquer en se rappelant qu'elle avait, en effet, manqué un rendez-vous avec son meilleur ami, Drago se réveilla et se moqua d'elle.

- Même pas foutue de tenir l'alcool, ronchonna-t-il à moitié.

- Dixit celui qui s'est endormi le premier, rétorqua-t-elle.

Ni Blaise ni Ginny ne s'étaient attendus à cela. En réalité, ils avaient préféré ne pas avoir trop d'attentes quant aux interactions Malefoy/Granger, par peur d'être déçus et de voir leurs amis respectifs s'entretuer et s'insulter comme ils savaient si bien le faire. C'était trop étrange.

- Vous avez fait quoi, hier soir ? demanda Blaise pour faire la conversation tandis qu'il donnait à Hermione et Drago la même concoction qu'il avait donnée à Pansy.

Du fond du fauteuil où il avait dormi en boule, Drago répondit sèchement. Il n'y avait pas trente-six solutions possibles à la question de Blaise. Ils avaient bu plus que de raison et pas besoin d'avoir eu tous ses A.S.P.I.C.S pour comprendre cela.

Ginny ne tarda pas à repartir. Elle n'était venue que pour voir si Hermione allait bien et, vu que c'était effectivement le cas, la rousse n'avait plus grand chose à faire dans l'appartement de Pansy Parkinson. Blaise en profita pour la suivre. Il parlerait à ses amis lorsque Granger ne serait plus là. En attendant, il pouvait toujours réfléchir à quelques piques bien senties.

"Harry,

J'étais à peine rentrée chez moi que j'ai couru jusqu'à mon papier à lettres. Je suis infiniment désolée pour ce matin. J'ai passé une soirée… étrange ? Je ne sais pas trop quoi en penser et je n'ai pas envie d'en parler. Je ne sais pas non plus ce que Ginny t'a dit. Je ne me suis pas réveillée ce matin, tout simplement… Cela ne m'arrive jamais, tu le sais bien, et pourtant !

Je suis vraiment désolée de t'avoir fait attendre aussi longtemps pour rien. On peut se prévoir une autre date, si tu le veux bien ?

Je suis (encore) vraiment très désolée,

Hermione"

Maintenant qu'elle s'était excusée auprès de Harry, Hermione avait autre chose à faire, une autre lettre à écrire.

"Ginny,

Je ne m'attendais pas à te voir ce matin, ni à ce que tu me voies ainsi. Qu'as-tu dit à Harry ? S'il te plait, ne lui parle pas de Malefoy et de Parkinson… Je ne suis pas au fait avec ce qu'il se passe et ce que je pense moi-même et je n'ai vraiment pas besoin que quelqu'un d'autre se rajoute dans toute cette histoire.

S'il te plaît, n'en parle pas,

Hermione"

Deux bonnes choses de faites. Hermione se sentait un peu mieux mais ne pouvait pas s'empêcher de se sentir mal. Bien sûr, son foi réclamait son dû et se plaignait de l'alcool qu'il avait eu à traiter la veille mais ce n'était pas tout. Hermione se sentait mentalement, psychologiquement mal. Elle se sentait horrible et illogique. Son ex-petit ami avait disparu, ses meilleurs amis avaient rompu et tout le monde s'efforçait d'avancer malgré les blessures laissées par la guerre et elle, elle se bourrait la gueule avec ses harceleurs d'enfance. C'était si révoltant.

Mais, surtout, Hermione s'en voulait de s'être sentie bien. Ron et Harry lui avaient beaucoup apporté. Ginny et l'intégralité de la famille Weasley aussi. Rien n'était plus à prouver de côté-là. Pourtant, Hermione s'était rarement sentie aussi bien, aussi libre, que pendant la soirée précédente. Elle avait cru qu'ils n'arriveraient jamais à parler de choses un tant soit peu importantes; ils avaient fait bien plus que cela. C'était à rien n'y comprendre et cela n'était pas plaisant.

Lorsqu'on lui demandait avec tant de force de ne pas parler de quelque chose, Ginny avait pour habitude de ne pas écouter. Avoir quelque chose à cacher ne faisait jamais de bien à personne. Sauf que là, il s'agissait d'Hermione et, malgré tout, Ginny pouvait comprendre que son amie choisisse de ne pas en parler. Comment réagiraient Harry et le reste de la famille ? La tante de Drago avait tué Sirius, des amis de ses parents avaient tué Fred, Maugrey, Remus, Nymphadora… Drago n'était pas ses parents et ni Pansy ni Blaise n'étaient les autres Serpentard, ni les autres Mangemorts, mais la tristesse rend aveugle, bien plus que l'amour, et certains ne savent plus faire la différence.

Après tout, Ginny non plus n'avait parlé de Blaise à personne. Apparemment, il avait fait de même de son côté.

C'était si compliqué de vouloir avancer alors que tout ce qui l'entourait souhaitait la laisser dans le passé. Même lorsque Ginny avait commencé à dessiner, hâtive de s'essayer à cet art de la manière la plus moldue possible, ses traits l'avaient menées à de mauvais souvenirs. Ses premiers dessins avaient été des portraits sur lesquels elle avait passé des heures, à effacer pour recommencer. Le premier représentait Fred et Ginny ne pouvait que remercier les moldus d'avoir des dessins dénués de toute vie.

Parmi tous les sentiments qu'il avait déjà eu la chance ou le malheur de ressentir, Ronald Weasley connaissait très bien la lâcheté et la culpabilité. Le fait d'avoir abandonné Harry et Hermione en pleine chasse aux Horcruxes resterait dans son cerveau comme l'un des souvenirs dont il avait le plus honte. Et voilà qu'il recommençait.

Tout le monde gère son deuil à sa façon mais lui le gérait particulièrement mal. Être toujours aux mêmes endroits, avec les mêmes personnes et voir, toujours, partout, le manque, c'était tout bonnement intenable. Puis, était venue la "vie d'après". La guerre était finie depuis trois mois déjà et tout le monde attendait de lui qu'il commence à avancer. Alors que c'était trop tôt, beaucoup trop tôt. Ron n'était pas prêt. Harry et Ginny s'étaient rapidement installés ensemble et Hermione avait trouvé son chez-elle. Elle avait même des pistes solides pour un travail au Ministère ! Et lui… il n'avait rien. Il n'avait même pas eu la force de chercher.

Rapidement, Ron s'était senti si seul. Ses amis avançaient dans leurs vies professionnelle et personnelle, ils arrivaient à soigner leurs blessures. Le fossé était si grand et il ne rappetissait jamais, bien au contraire. Lorsque Hermione lui avait fait part de son envie de retrouver ses parents, Ron y avait vu la goutte de trop. Quel ami toxique il faisait.

"A Ronald Weasley,

J'espère que cette lettre te parviendra. J'espère qu'en écrivant "Ronald", ton esprit de contradiction te poussera à lire ma lettre et à y répondre pour me dire de t'appeler "Ron". J'ai eu des nouvelles de Harry, récemment, et il m'a parlé de toi. Je n'ai pas tout compris, honnêtement, mais je pense savoir que tu vas mal, tout simplement. Je ne pense pas que tu aies envie de me parler ou même de me voir. Nous n'avons, après tout, pas eu beaucoup en commun. Mais, si tu veux, je suis actuellement en Roumanie. Je fais des recherches sur la botanique. Je sais que tu détestais cette matière, à Poudlard mais, si tu ressens le besoin de changer d'air, tu es le bienvenu. Tu peux me rejoindre quand tu le souhaites, je ne te poserai pas de questions et continuerai juste ma vie.

Tu n'es pas seul, Ronald,

Neville Londubat"

Depuis son départ, Ron avait prit l'habitude de recevoir un bon nombre de lettres. Entre ses parents, ses frères, sa soeur et ses amis, il n'y avait pas de quoi s'ennuyer. Pourtant, le hibou avait été différent des précédents et c'est ce qui l'avait poussé à, effectivement, lire la lettre. Il n'avait pas été déçu. Sans le savoir, Neville venait de lui donner exactement ce dont il avait besoin et c'était exactement pourquoi Ron était allé jusqu'en Roumanie.

Après avoir marché pendant de longues dizaines de minutes, il avait retrouvé Neville. Ce dernier avait fait comme si de rien n'était, comme il le lui avait promis et Ron l'avait suivi, avait écouté ses informations concernant telle ou telle plante alors même qu'il n'en avait rien à faire.

- Est-ce que tu veux qu'on aille voir Charlie ? demanda Neville en notant quelque chose sur l'un des nombreux carnets qu'il trimbalait.

- Peut-être une autre fois, répondit Ron, visiblement mal-à-l'aise.

Neville prit soin de choisir une place où il n'écraserait presque rien pour s'asseoir.

- Si tu veux en parler, je suis là, dit-il simplement. Si tu ne veux pas, je suis là aussi. Voyager, ça m'a fait plus de bien que ce que j'aurais cru et, même si je m'en veux d'avoir laissé tout le monde derrière, je sais que c'est ce dont j'avais besoin.

De tous les gens à qui il aurait pu se confier, Ron n'aurait jamais pensé à Neville, à ce petit garçon dont il se moquait, à cet homme qui avait grandi bien plus que n'importe qui, qui était bien meilleur que lui. Et en même temps, Ron avait du mal à imaginer que quelqu'un d'autre puisse remplir ce rôle aussi bien. Neville ne jugeait pas, ne répondait que si on lui demandait. Il ne donnait pas son avis. Il écoutait sans mettre dans la balance sa propre peine. C'était reposant.

- J'ai envie de rentrer, d'améliorer les choses mais…

Parfois, il n'y avait pas besoin de mots. Parfois, deux personnes se comprenaient parfaitement sans avoir besoin de l'exprimer à voix haute. Oui, Ron, comme Neville, avait envie de rentrer chez lui, de s'excuser et de revenir à la situation qu'il connaissait et qu'il aimait vivre, avant. Mais ce n'était pas possible.

- On va faire quelque chose. Chaque jour, on aura, chacun, une page de carnet. On doit y écrire ce que l'on veut et l'envoyer. Et on arrêtera lorsque l'on aura écrit tout ce que l'on a sur le coeur.

C'était sûrement, à la fois, la pire et la meilleure idée que Ron n'ait jamais entendu de sa vie, même après avoir vécu sept ans avec les plans farfelus de Harry et Hermione. Mais après tout, pourquoi pas ?

Il était peut-être temps d'avancer.