Bonjour à toutes et à tous ! J'espère que vous allez bien. Pour ma part, j'ai beaucoup d'administratif à gérer mais j'espère bientôt en voir le bout (peut-être pour le prochain chapitre ?). Bref, je vous souhaite une bonne lecture !

Nouvelle année scolaire et toujours rien de prévu, c'en était déprimant. Les Weasley avaient reçu une lettre de Neville leur indiquant que Ron allait bien et qu'il était entre de bonnes mains. Ce n'était pas ce à quoi ils s'attendaient mais, au moins, ils avaient eu le droit à quelques nouvelles. C'était toujours mieux que rien.

La saison de Quidditch n'allait plus tarder à reprendre non plus, d'ailleurs, et Ginny s'entraînait de plus en plus. Même si personne n'osait rien lui dire, tous ses proches se demandaient si elle n'en faisait pas un peu trop.

- Je vous jure, disait Blaise à ses deux compères de toujours, elle va me rendre totalement fou.

- Elle t'a encore posé un lapin ?

Oublier un rendez-vous pouvait bien arriver à tout le monde, mais cela faisait plusieurs fois que Ginny, même si elle n'oubliait techniquement pas leurs rendez-vous, le prévenait au dernier moment pour annuler ce qu'ils avaient prévu.

- Plus ou moins. C'est frustrant, soupira Blaise.

- Tu n'avais pas dit que tu allais avoir une interview avec elle ? lui rappela une Pansy qui était en train de lire une lettre, assise sur le fauteuil de son salon.

Pansy n'avait pas tort. Blaise était censé interviewer Ginny le lendemain de son premier match en tant que joueuse pour les Harpies de Holyhead.

- S'il doit prendre rendez-vous, littéralement, à chaque fois qu'il veut lui parler, il n'a pas fini, railla Drago.

- Merci d'être là pour moi, en tout cas, répondit sarcastiquement Blaise. Vous n'en parlez pas, mais tout va pour le mieux avec Granger ?

Totalement sûr d'avoir touché une corde un tant soit peu sensible, un grand sourire se dessina sur le visage de Blaise. Entendre Drago ruminer dans son coin fut un plus non négligeable.

- M'en parle pas, soupira Pansy en reposant sa lettre sur ses genoux dans un geste énervé.

- Quelques zones d'ombre au pays de l'amitié imbibé d'alcool ?

Pansy s'empressa de transformer le morceau de parchemin en une magnifique boule qu'elle lança sur Blaise. Cet idiot méritait bien au moins cela.

- Pansy en a marre que Granger ne fasse jamais le premier pas. C'est toujours nous qui devons lui proposer des choses, l'inviter, expliqua Drago, c'est fatiguant…

S'ils n'avaient pas exactement le même problème, ils pouvaient tout de même facilement dire que la situation actuelle ne leur convenait pas du tout. Blaise avait déjà sa petite idée pour changer les choses et il n'avait aucun doute sur le fait que cela puisse fonctionner. Pansy et Drago, eux, hésitaient totalement sur la marche à suivre. Ils pouvaient parfaitement comprendre que Granger ne les suive pas sans réfléchir à chacune de leurs propositions et qu'elle soit encore timide avec eux mais tout de même… Jamais elle ne proposait quelque chose. Si cela ne tenait qu'à elle, ils ne se verraient jamais. Comment Pansy et Drago pouvaient-ils être totalement sûrs que la grande Hermione Granger avait véritablement envie de leur parler ?

Avant de l'enfiler, Ginny regarda longuement son nouveau maillot. C'était officiel. Ce soir serait son premier match au sein des Harpies. Elle s'était ruinée en tickets pour le premier match de la saison : ses parents, Hermione, Harry et même Blaise. Ce dernier en avait reçu trois, une façon de lui faire comprendre que Drago et Pansy étaient, eux aussi, les bienvenus.

Drago en profita totalement pour s'installer à côté de Granger, sous l'œil à la fois intimidant et interrogateur de Potter. Il était facile de comprendre qu'aucune de ses deux amis ne l'avait mis au courant.

- Alors Granger, tu comptais nous éviter longtemps ? attaqua Drago dès lors que le coup d'envoi fut donné.

- Je ne vous évite pas, répondit simplement Hermione en levant les yeux au ciel.

La gardienne des Harpies fit un arrêt des plus remarquable.

- Vraiment ? continua Drago.

- Ne pas aller tout le temps vers vous ne signifie pas vous éviter, Malefoy.

C'était assez cocasse, comment Granger n'était jamais d'accord sur quoi utiliser, entre "Malefoy" et "Drago". De toute façon, avec Potter à côté, il ne fallait pas s'attendre à grand-chose de plus.

- J'espère que tu sais que ce n'est pas à nous de toujours faire le premier pas.

Les Harpies marquèrent leur premier but. Hermione ne répondit pas. Harry ne parvenait pas à se concentrer entièrement sur le match et sur son ex-petite-amie qui se démenait, là-haut.

- Je ne veux pas non plus que tu te forces, ajouta finalement Drago. Nous allons simplement arrêter de faire autant d'efforts de notre côté et nous verrons bien ce qu'il va advenir de tout ça.

Jusqu'à la victoire des Harpies, deux cent quarante à soixante, Drago ne prononça pas un mot de plus. Pansy et lui saluèrent le reste des personnes présentes avant de partir, comme s'ils n'avaient rien de plus à faire ici, ce qui était sûrement le cas.

- Je t'expliquerai plus tard, répondit Hermione à la question silencieuse de Harry.

Blaise, lui, n'avait pas pas suivi ses deux amis mais avait plutôt décidé d'attendre Ginny à la sortie des vestiaires afin de lui voler une interview, qu'elle accepta après avoir vu la pléthore de journalistes qui l'attendaient. Ils choisirent de se poser au plus haut des tribunes désormais vides.

- Tout d'abord, Miss Weasley, je pense que je peux vous féliciter pour votre victoire de ce soir.

Perdue par le ton un peu trop professionnel de Blaise, Ginny ne put que répondre un semblant de "merci". Il n'y avait rien, dans son interlocuteur, de la personne qu'elle appréciait.

- Comment vous sentez-vous, après ce match ?

- Bien, répondit Ginny avec hésitation. Fatiguée aussi. Nous nous sommes bien données et le match n'avait rien de facile mais je suis heureuse du jeu que nous avons donné, ce soir.

Même si elle ne comprenait pas totalement pourquoi les choses se passaient ainsi, Ginny savait ce qu'elle avait à faire. Répondre aux questions des journalistes, quels qu'ils soient, était un exercice auquel ses coéquipières l'avaient entraînée.

- A quoi ont ressemblé les derniers jours, les dernières semaines ? Comment vous êtes-vous préparée pour ce match, l'un des plus importants de votre carrière ?

- Je me suis beaucoup entraînée, continua Ginny qui commençait à voir où son journaliste voulait aller avec ses questions sans toutefois en être sûre. Il fallait à la fois que je sois au top physiquement et mentalement. Être musclée et pouvoir tenir un long match, ce n'est pas si compliqué, mais il faut aussi être au point avec soi-même autant qu'avec les autres joueuses.

La plume de Blaise écrivait les réponses au fur et à mesure tandis que lui-même souriait. Il arrivait au moment phare de son interview.

- Avez-vous l'impression d'avoir délaissé vos proches pour ce match ?

C'était donc ça. Ginny peinait à croire que Blaise lui en voulait.

- Je pense que mes proches peuvent comprendre que j'ai eu besoin de quelques temps pour moi-même. Je pense aussi que mes proches sont parfaitement capables de me dire quand quelque chose ne va pas sans avoir besoin de passer par des moyens détournés.

Blaise détestait autant qu'il adorait lorsque Ginny lui répondait ainsi. Elle savait ce qu'elle voulait, à n'en pas douter.

- Et comment étais-je censé le comprendre ? lui demanda Blaise en arrêtant sa plume. Du jour au lendemain, la fille avec qui je m'imaginais aller un peu plus loin que quelques rendez-vous "interview" a commencé à annuler chacune de nos sorties prévues au dernier moment ? Tu ne m'as jamais expliqué quoi que ce soit.

C'est à cet instant-là que Blaise se rendit compte d'à quel point elle était fatiguée. Elle ne se tenait pas droite comme elle le faisait d'habitude mais était plutôt avachie sur son siège. Son visage, lui, était ravagé par d'énormes cernes.

- Ecoute, Blaise, je suis désolée, soupira Ginny en prenant sa tête dans ses mains. J'aurais dû te parler.

Il fallait parfois accepter d'être faible et Blaise n'était pas contre ce genre de choses.

- Tu es vraiment idiote, répondit-il en la prenant dans ses bras. Tu m'emmèneras quelque part quand tu seras un peu moins fatiguée.

Ginny lui offrit son plus beau sourire, sincèrement heureuse que Blaise ne semble pas lui en vouloir plus que cela. Totalement à l'aise à l'intérieur de ses bras, elle s'endormit, finalement rattrapée par tous les efforts qu'elle avait fournis précédemment.

- Alors, tu comptes m'expliquer ce qu'il se passe ?

Hermione aurait dû savoir que Harry ne la laisserait pas tranquille. Il avait proposé de rentrer avec elle de manière bien trop gentille pour être honnête. A présent, il ne servait plus à rien de lui mentir, de toute façon, alors Hermione commençait à tout lui raconter.

- Donc tu m'as mis un lapin parce que tu étais en gueule de bois chez Parkinson ? demanda Harry après qu'elle eut fini son histoire. C'est une blague j'espère ?

- Pardon ?

Que Harry s'énerve n'était pas si étrange que cela, mais Hermione espérait sincèrement qu'il ne fasse pas ce qu'il aurait reproché à Ron.

- C'est quoi la prochaine étape ? Sortir avec Malefoy ? Après tout ce qu'ils t'ont fait ? Tu ne penses pas sincèrement ce que tu dis ? Tu te rends compte que ça va te retomber dessus ?

- Harry, le coupa-t-elle sèchement. Je suis une grande fille et je ne pense pas que tu aies ton mot à dire sur mes fréquentations. Tu as le droit d'être sceptique mais pas de me parler ainsi. Maintenant, tu vas rentrer chez toi et nous en reparlerons à tête reposée.

Harry voulut continuer la conversation mais Hermione l'arrêta de nouveau et le renvoya chez lui. Lorsqu'il fut enfin parti, elle ne put s'empêcher de soupirer bruyamment. C'était si fatiguant de devoir tout le temps se justifier…

"Chers Pansy et Drago,

Je crois que c'est bien la première fois que je vous envoie une lettre qui n'est pas une réponse. Je pense que je n'ai pas mis beaucoup d'efforts dans nos relations, dernièrement. Drago (puisque j'ai décidé de vous appeler par vos prénoms, si vous le voulez bien), tu avais raison.

J'ai parlé à Harry de vous deux. Cela ne s'est pas très bien passé et je peux le comprendre. Une personne de plus qui essaye de contrôler un pan de ma vie, ce n'est plus si rare. Je pense que, d'une certaine façon, vous me faîtes peur. Vous n'attendez rien de moi et me laissez vivre, je n'en ai pas l'habitude.

Je ne sais même pas pourquoi je vous dis tout ça, cela ne me ressemble pas… Pour me faire pardonner, je vous invite au karaoké. Il faut simplement chanter, entre amis. Cela vous plairait-il ? Quand êtes-vous disponibles ?

J'ai hâte de vous revoir,

Hermione Granger"

Parfois, il fallait savoir écouter son instinct. Ces mots, Hermione les avait écrits sur un coup de tête mais, à présent qu'ils étaient là, elle ne vit plus aucune raison de ne pas les envoyer.