Bonjour à vous ! Comment allez-vous ? J'espère que ce chapitre vous plaira, on avance un peu dans ces fameuses relations. J'avoue ne pas savoir encore où je vais avec ce petit trio Pansy/Hermione/Drago... L'avenir nous le dira. En bref, bonne lecture !

Comme promis, Ginny invita finalement Blaise à un pique-nique tardif. Elle vint le chercher en fin de matinée et, après avoir transplané main dans la main, ils avaient pu profiter d'une magnifique forêt irlandaise. Blaise était monté sur le balai de Ginny tandis qu'elle s'occupait de le guider dans les hauteurs. Ils ne parlèrent pas beaucoup pendant ce vol mais ni l'un ni l'autre n'en ressentit le besoin. Collés l'un à l'autre, cela leur suffisait amplement.

Ils ne commencèrent à discuter que lorsqu'ils se posèrent au sol.

- Je vois que tu as pris en compte ce que je t'ai dis, la remercia plus ou moins Blaise.

Avoir quelqu'un qui l'écoute était important pour Blaise. Il avait trop eu l'habitude de côtoyer des gens qui n'avaient rien à faire de son avis. Sa mère, notamment, mais aussi Drago, Pansy, et d'autres camarades ou amis, à une époque. De plus, la communauté sorcière n'était pas spécialement exempte de vices. Les sorciers pouvaient se croire meilleurs que les moldus sur beaucoup de points, ils n'en restaient pas moins racistes, par exemple. Blaise aurait pu en parler pendant des heures. Il n'était pas rare qu'on décide que son avis compte moins qu'un autre juste à cause de sa couleur de peau.

Heureusement, Ginny ne semblait pas être de ceux qui jugent sans connaître.

- J'avais tellement peur de rater mon premier match, soupira Ginny. Je sais que j'aurais dû en parler mais… je crois que j'étais dans mon monde ?

Avec le recul, Ginny s'était bien rendue compte de ce qu'il s'était passé. Au fur et à mesure des jours, elle savait très bien que le match prenait de plus en plus de place dans sa vie. Pourtant, elle n'avait pas su arrêter ce cercle vicieux.

Heureusement, Blaise, s'il avait pu être blessé par ce comportement, ne semblait plus lui en vouloir. Il avait été le seul à oser lui en parler mais avait-ce été le seul à le penser ? A bien y réfléchir, personne d'autre n'avait osé la reprendre et c'est ce qui le rendait aussi précieux.

Finalement, Blaise et Ginny discutèrent bien au-delà d'un simple pique-nique. Même s'ils n'avaient plus rien à manger, ils continuèrent. Ils avaient le même avis sur beaucoup de sujets et, lorsque ce n'était pas le cas, ils aimaient débattre ensemble. Avoir le même type d'humour rendit également leur après-midi plus gaie.

- Bon sinon, comment va Granger ? demanda Blaise en lançant un nouveau sujet de discussion.

- Je crois qu'elle a rendez-vous avec Parkinson et Malefoy dans pas longtemps, mais j'imagine que tu es déjà au courant ?

Si Ginny avait appris quelque chose, c'était que Blaise ne posait quasiment jamais de question au hasard. Il avait très souvent une idée derrière la tête et elle pouvait presque entendre Harry lui dire qu'il n'était, après tout, rien de plus qu'un Serpentard. Blaise lui sourit de manière sincère.

- En effet, sourit-il pour simple réponse, mais j'avais envie de connaître ton avis sur toute cette question.

- Je crois savoir qu'elle a rembarré Harry il y a quelques jours parce qu'il a tenté de lui dire de ne pas leur faire confiance, ou un truc du genre.

Blaise ne pouvait pas vraiment dire qu'il ne s'y attendait pas. Potter avait toujours été le plus vindicatif.

- Et toi, tu nous fais confiance ?

La question était autant piège que sincère.

- Toi ? demanda Ginny. Je pense pouvoir te faire confiance, mais je n'ai pas vraiment de passif avec toi. Parkinson non plus, même si je sais qu'elle n'a pas toujours rendu la vie d'Hermione facile.

- Mais Drago, c'est une autre histoire.

Il n'y avait pas besoin d'avoir eu tous ses A.S.P.I.C.S pour comprendre que Drago était le plus difficile à pardonner. Blaise ne pouvait pas vraiment dire que cela l'étonnait, ni qu'il trouvait cela ridicule.

- Je sais que Malefoy n'est pas son père mais il s'est passé quelque chose que je ne suis pas sûre de pouvoir pardonner un jour. Et je pense que pour Harry, Hermione et Ron, il y a eu tellement d'histoires qu'on ne connaît sûrement pas…

- Et pourtant, Granger traîne avec eux.

Ils n'eurent besoin que d'un seul regard pour comprendre qu'ils se posaient la même question. Juste quand durerait cet étrange trio avant que celui-ci ne se détruise de lui-même ?

- Je pense que c'est aussi pour ça qu'elle ne voulait pas en parler. J'ai l'impression qu'elle a honte de passer du bon temps avec eux et que c'est aussi ce qui l'empêche de se laisser totalement aller.

- Techniquement, tu as fait pareil, la taquina-t-il avec un petit clin d'œil.

Ginny sut que cette déclaration était autant une petite blague qu'une façon de se rassurer. Après tout, elle avait elle aussi caché Blaise à ses proches, ce n'était pas si faux.

- Je devais déjà m'occuper de ma rupture avec Harry et je ne voulais pas que les gens pensent directement que je me perdais dans tes bras ou je ne sais quelle bêtise encore.

Cela avait le mérite d'être honnête et Blaise l'apprécia encore plus.

- Et puis, ajouta-t-elle, je crois que j'avais tout simplement envie de te garder pour moi. J'ai toujours dû tout partager, que ce soit avec ma famille, avec l'Ordre, avec Hermione, Harry, ou même avec la presse… Je crois que ça me faisait du bien d'avoir ma petite bulle personnelle.

Blaise reconnut là une réponse qui lui plaisait bien plus qu'il ne l'admettrait.

Hermione s'apprêtait à quitter son appartement pour aller boire le thé chez Andromeda lorsque quelqu'un frappa à sa porte.

- Harry, je n'ai pas beaucoup de temps à t'accorder alors si tu es venu pour me reparler de Malefoy et Parkinson, je te demanderais de partir, déclara-t-elle en lui ouvrant la porte.

- Pourquoi, tu vas chez eux ?

De toutes les personnes qu'elle connaissait, Hermione se savait très têtue et obstinée mais Harry arrivait toujours à la dépasser.

- Je vais chez Andromeda Harry. Mais oui, après j'irai chez Parkinson pour les rejoindre et je pense que tu n'as rien à dire.

- Donc, tu oublies tout ?

Il fallait croire que Harry avait décidé de ne pas écouter ce qu'elle avait à dire. Heureusement qu'elle avait pris le temps de le prévenir qu'elle ne voulait pas de son avis sur la question.

- On a galéré toutes ces années à cause d'eux. Ils t'ont insultée, torturée et toi, tu vas boire avec eux ?

Quitte à ne pas pouvoir se faire entendre, autant ne pas utiliser de l'énergie pour cela. Hermione décida donc de finir de prendre ses affaires avant de sortir de l'appartement.

- Hermione, je te parle ! cria presque Harry en la suivant à l'extérieur.

- Et moi, je t'imite, répondit-elle sèchement. Je ne t'écoute pas, expliqua-t-elle devant son regard un peu perdu. Lorsque tu prendras en compte ce que j'ai à te dire et lorsque tu te rendras compte que tu n'as rien à dire sur comment je gère ma vie, alors peut-être que je t'écouterai.

Énervée par cette entrevue pourtant courte, Hermione transplana directement chez Pansy qui lui ouvrit. Elle ne prit même pas la peine de lui demander pourquoi son invitée avait autant d'avance avant de lui servir un verre dont elle semblait bien avoir besoin. Hermione envoya un patronus à Andromeda pour lui expliquer qu'elle ne viendrait pas et pour s'excuser tout en remettant la faute sur Harry. Avec un peu de chance, la grand-mère de Teddy comprendrait.

- Est-ce qu'on peut sortir, ce soir ?

Deux jours plus tard, Hermione fut réveillée par de forts coups. Quelqu'un frappait à sa porte à une heure bien trop matinale à son goût. Elle pensa sincèrement à attendre que cette personne, qui qu'elle soit, abandonne en pensant qu'elle n'était tout simplement pas là. Pourtant, la voix de Ginny lui hurlant de venir lui ouvrir parce que c'était urgent la décida à effectivement le faire.

- Hermione, j'espère que tu as des jours de congé à poser et que tu as de quoi m'expliquer ça, indiqua Ginny en entrant comme une furie.

- Hein ?

Encore en pyjama, Hermione n'était pas réveillée et n'avait pas du tout les yeux en face des trous. Ginny posa sur la table de la cuisine l'exemplaire de la Gazette du Sorcier du jour-même alors même que les distributions ne devaient pas commencer avant plusieurs heures. Pendant que Hermione lisait la première page avec effroi, Ginny avait commencé à lui préparer un petit-déjeuner consistant.

- Je peux savoir pourquoi tu as déjà ça ? demanda Hermione tout en lisant bien plus lentement que d'habitude tant les mots qu'elle lisait ne voulaient pas s'inscrire dans son cerveau.

Ginny lui répondit sèchement que ce n'était pas la question et qu'elle devait continuer à lire. Hermione ne comprit le problème que lorsqu'elle commença à être un peu plus réveillée. En dehors du texte, la photographie qui faisait la une la représentait elle, en train d'embrasser une autre personne. Malgré le manque de lumière, Pansy Parkinson était facilement reconnaissable.

- Va regarder l'article, lui indiqua Ginny.

La une du journal la renvoyait vers des pages intérieures qui lui montraient quelque chose d'encore pire. Son baiser avec Parkinson était une nouvelle fois présent mais, désormais, il faisait face à une autre image.

- Tu embrasses qui tu veux Hermione, et je suis désolée que tu ne te soies jamais sentie assez safe, avec moi, pour me dire que tu n'étais pas hétéro ou encore pour me parler de tes vues sur Parkinson et Malefoy, mais je pense que tu as fait une erreur. Dans quelques heures, toute la population sorcière de Grande Bretagne sera au courant et j'ai vraiment peur que ça te retombe dessus.

Les informations n'étaient pas faciles à digérer, surtout que Hermione n'avait que peu de souvenirs de cette soirée. Apparemment, elle avait embrassé Parkinson puis Malefoy, ou Malefoy puis Parkinson. L'ordre n'avait que peu d'importance, de toute façon.

- Je ne me souviens pas de ça, déclara doucement Hermione. Et comment tu as eu cette Gazette en avance, par Merlin?!

- Blaise me l'a donné, répondit Ginny au tac-au-tac, sachant pertinemment qu'elle ne s'en sortirait pas autrement. Je t'en parlerai plus tard si ça t'intéresse. Il doit être aussi en train d'en parler avec les deux autres. Qu'est-ce que tu vas faire ?

Excellente question. Qu'est-ce que Hermione pouvait bien faire, de toute façon ? La Gazette ne retirerait jamais cet article, surtout à si peu de temps de la publication. Harry allait définitivement lui en vouloir, déjà que leur relation battait un peu de l'aile, ces derniers temps. Cela, c'était sans compter les Weasley et, surtout, Ron. Où qu'il soit, s'il avait accès au journal, il saurait, et Hermione n'aurait pas l'occasion de se justifier.

Et puis, après tout, pourquoi devrait-elle se justifier ? Elle était allée en soirée avec deux amis et avait fini par les embrasser sous le coup de l'alcool, en quoi était-ce si mal ?

"Deux amis", voilà où était le problème. Hermione les appelait encore par leurs noms de famille. Ils n'étaient pas amis. Ils n'étaient pas grand chose.

- Qu'est-ce qu'ils vont faire, eux ?

Décidément, Ginny n'avait pas du tout l'habitude de voir Hermione aussi perdue. D'habitude, c'était elle qui avait la réponse à tout.

- Je ne sais pas. Blaise est avec eux. Il a peur que l'opinion publique pense qu'ils essayent de profiter de toi pour redorer leur blason.

- En bref, je suis la princesse en détresse ?

Dans les yeux de Ginny, Hermione comprit qu'elle n'avait pas tout à fait tort. Superbe...