Chers lecteurs, -trices,
Nous y voilà. Après cinq semaines de publication, voici la dernière partie d'"Angie".
Après la totalité de ma relecture et de mes corrections, cette histoire a doublé et constitue à présent la plus longue de tous mes écrits (cent cinquante trois page Word). Je suis heureuse que ce soit pour raconter la tendre et simple histoire de Dean, Castiel et de son adorable chienne.
J'espère que vous trouverez la sixième partie cohérente avec le reste du récit et les maladresses de nos deux héros. A noter que la dernière scène a été le point de départ de cette histoire et qu'elle me plaît toujours autant. Je vous laisse découvrir :)
Merci pour votre fidélité dans votre lecture et vos retours, toujours grandement appréciés.
Bonne découverte :)
Bien à vous,
ChatonLakmé
Angie
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Sixième partie
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Dean est en train de ramener Ash et deux jeunes chiens au chenil quand l'éclat argenté de la berline japonaise de Castiel attire soudain son attention et il crispe légèrement ses doigts sur les laisses.
Un peu puérilement, le jeune homme presse le pas afin de gagner les box et de pouvoir y enfermer ses précieux pensionnaires, l'étau enserrant son cœur se dénouant légèrement en voyant Ash le regarder d'un air doux, sa langue pendant comiquement hors de sa gueule tandis qu'il semble lui adresser un sourire réconfortant. Enroulant la laisse sur elle-même avant de l'accrocher à la poignée de la porte du box, Dean la referme prudemment derrière lui avant de s'agenouiller et de gratter affectueusement les oreilles du grand chien au poil marbré d'argent, ce dernier se tordant de plaisir sous ses doigts.
À travers le grillage du box, le jeune homme distingue les silhouettes claires de Castiel et d'Angie traverser la cour de gravier en direction de l'accueil afin de saluer Sam qui est en train d'épingler sur le panneau d'affichage l'annonce de la prochaine campagne d'adoption du refuge. Suivant leurs échanges du coin de l'œil, Dean voit son frère tendre le cou en direction du parc canin avant de désigner le chenil extérieur d'un grand geste de la main.
Après ce qu'il imagine être des remerciements polis, le châtain observe Castiel se détourner du petit bâtiment avant de se diriger vers lui et le jeune homme tourne rapidement la tête en direction d'Ash qui jappe de mécontentement en sentant ses caresses s'amollir lentement.
« Pardon mon vieux… », lui murmure le châtain tout en sentant son cœur se pincer. « Mais tu serais aussi probablement un peu nerveux si tu étais à ma place. »
Sous ses doigts, Dean sent les reliefs des tumeurs cancéreuses percer sous la peau et pris d'une brusque émotion, le châtain serre vivement le chien contre lui, enfouissant son visage dans son pelage ras et dru. Contre lui, il entend Ash gémir doucement, comme une plainte emplie de chagrin, et le jeune homme resserre son étreinte sur son grand corps nerveux.
Son visage encore plongé dans sa fourrure, Dean entend le crissement familier du gravier sous le pas léger de Castiel et il frotte légèrement son nez dans le cou du chien, riant d'une manière un peu étranglée quand ce dernier lui donne un grand coup de langue maladroit sur le visage en guise de soutien.
« Bonjour Dean. »
Le châtain sent un léger frisson remonter le long de son dos en entendant la voix grave et rauque de Castiel.
A-t-elle toujours aussi été aussi sensuelle et suggestive ?
Ou est-ce l'effet de leur longue séparation depuis les heures passées ensemble pendant l'ouragan et lors duquel ils n'ont échangé que quelques paroles maladroites ?
Malgré ses efforts pour considérer la situation des derniers jours avec calme et raison, le châtain ne se souvient que trop bien de son grondement profond avant que le brun ne se jette presque sur lui pour attraper ses lèvres dans le plus brûlant des baisers.
Dean hoche lentement la tête en guise de salut, se mordillant les lèvres tout en cajolant affectueusement sa belle tête racée d'Ash dont la queue balaye le sol de son box avec enthousiasme.
Relâchant doucement le chien qui dresse la tête avec curiosité devant les nouveaux arrivants, le jeune homme se relève lentement avant d'essuyer discrètement ses mains moites sur son pantalon.
C'est avec un léger soulagement qu'il croise d'abord le regard pétillant et malicieux d'Angie qui s'empresse de se dresser sur ses pattes arrières afin de s'appuyer contre le box, jappant doucement pour s'attirer une caresse. Un petit sourire aux lèvres, le châtain repousse prudemment Ash avant de sortir du box, tendant la main vers la jeune chienne qui s'empresse de retomber au sol et d'enfouir son museau dans sa paume pour la frotter d'un air câlin. Sur son flanc rasé au poil si fin qu'il ressemble à du duvet couleur de friandise, la bande se détache d'une manière laide et un peu obscène qui tord quelque chose dans son estomac tandis qu'Angie tente à nouveau de se dresser sur ses pattes afin de lui lécher le visage avec enthousiasme.
« Angie, doucement ma belle. Ça suffit, tu vas te faire mal », rit-il doucement tout en lui intimant d'un geste plus ferme de rester tranquille.
Dans un petit reniflement, la jeune chienne se détourne de lui avant d'aller saluer avec une curiosité teintée de prudence le museau d'Ash à travers son box, ce dernier s'étant approché à son tour.
« Elle n'a pas vraiment l'air de comprendre qu'elle doit se reposer… », murmure doucement Castiel en regardant les deux chiens faire prudemment connaissance. « Angie a presque échappé aux mains du docteur Harvelle quand elle me l'a amené dans la salle d'attente tant elle a bondi en avant. J'aurais presque pu être flatté si je n'avais pas aussi peur qu'elle se blesse à nouveau », achève-t-il d'une voix un peu faible.
L'inquiétude dans la voix du brun sonne désagréablement aux oreilles de Dean et quand il relève les yeux sur lui, son petit sourire se fane immédiatement en voyant le jeune homme détourner légèrement le regard quand leurs yeux se croisent.
Le châtain passe une main gênée dans sa nuque avant d'inspirer discrètement.
L'ouragan Billy a arrêté de souffler depuis plusieurs jours mais Dean a l'impression qu'il continue désagréablement d'agiter sa poitrine.
« Bonjour Cas. Je suis heureux de te voir… », le salue-t-il et le jeune homme est simplement soulagé de voir le regard bleu de Castiel se poser à nouveau sur lui. « Et que tu aies amené Angie avec toi. J'ai beaucoup pensé à elle. »
« Oh… Oui… » Dean fonce légèrement les sourcils en voyant le regard du brun se voiler légèrement. « Je suis allé la chercher tout à l'heure à la clinique. Le docteur Harvelle m'a dit que je pouvais la ramener et qu'elle devait juste se ménager afin de ne pas aggraver les lésions de ses côtes. C'est l'idée générale en tout cas, nous travaillons encore dessus… », avoue-t-il tout en se mordillant les lèvres.
Le jeune homme sourit avec attendrissement en voyant le brun pencher légèrement la tête sur le côté tout en observant la chienne qui tire à présent sur sa laisse. Gabriel est en train de traverser la cour sans les remarquer avec deux chiens pour les emmener au parc canin et Angie tend plus fort la tête en avant, sa queue s'agitant joyeusement à l'idée d'aller saluer le blond.
Dean a l'impression de sentir sa poitrine se réchauffer agréablement quand il voit Castiel se mordiller la lèvre tout en triturant la laisse d'Angie, visiblement en proie à un douloureux conflit intérieur. Le brun est toujours si parfaitement identique à l'homme dont il est tombé amoureux que voir la distance qui s'est instaurée entre eux est presque douloureuse.
« Tu sais que tu ne peux pas la lâcher, n'est-ce pas ? », lui dit-il doucement. « Je suis sûre que Jo t'a expliqué en long, en large et en travers tout ce qui lui était interdit de faire pendant les semaines qui viennent… »
Castiel rosit doucement tout en enfonçant légèrement sa tête entre ses épaules.
« Oui, je sais mais comme je te l'ai dit, nous travaillons dessus », marmonne le brun. « Regarde-la, elle a l'air de tellement vouloir y aller. Elle couine… »
Dean rit doucement en observant le manège de la jeune chienne qui se tortille sous le regard coupable de Castiel, tournant de manière adorable sa tête dans sa direction pour le contempler de ses yeux mouillés et doux.
S'agenouillant devant le brun, le jeune homme attrape habilement le museau d'Angie de ses deux mains pour attirer son attention et la baiser rudement sur le front.
« Arrête de faire ça gamine, tu triches… », la gronde-t-il faussement. « Tu sais que Cas ne peut pas résister à tes beaux yeux, ce n'est absolument pas fair-play. Amuse-toi plutôt avec ça . »
Dean se relève rapidement avant d'attraper un jouet dans un panier accrocher à la grille d'un box voisin et de lui donner un jouet en plastique qui couine. Jappant d'enthousiasme, Angie s'affale immédiatement sur le gravier pour commencer à le mâchouiller avec ferveur et dévotion sous le léger gloussement de Castiel.
« Bien joué », le complimente-t-il d'un air malicieux.
Le jeune homme lui adresse un petit sourire avant de baisser les yeux sur ses chaussures. Un silence un peu maladroit s'installe entre eux, uniquement troublé par les petits bruits du jouet d'Angie et ses grognements de satisfaction et Dean inspire légèrement.
« …Gabriel nous a dit pour ton bureau », lui dit-il après un instant. « Je me suis inquiété en ne te voyant pas revenir au refuge. »
Le brun se mordille légèrement les lèvres avant de hausser les épaules.
« J'avoue que j'ai protesté quand mon patron nous a demandé d'évacuer le bâtiment avant le début de l'ouragan mais il a finalement été plutôt éclairé. Cet arbre était énorme et il a littéralement explosé la baie vitrée. Les dégâts sont vraiment importants et si j'avais été sur place, je ne sais pas si- »
« Ne le dis pas s'il te plaît… », murmure brusquement Dean, le cœur serré.
Le jeune homme a l'impression de voir le brun faire un imperceptible mouvement dans sa direction avant de s'arrêter, ses doigts se resserrant sur la laisse d'Angie.
« Je suis désolé d'avoir tardé à revenir au refuge. J'aurais vraiment voulu vous aider après le passage de l'ouragan mais les choses ont été un peu compliquées au bureau dernièrement », lui explique-t-il avec un regret sincère. « Qui aurait cru qu'il était aussi difficile de retirer un arbre à demi encastré dans un bâtiment et de nettoyer derrière lui… J'ai trouvé du pollen dans mes affaires pendant les deux derniers jours. Quand nous avons déjeuné ensemble ce midi, Gabriel m'a dit que j'en avais encore dans le cou mais je pense qu'il exagérait. »
Dean pouffe doucement, s'appuyant contre la porte d'un box tout en croisant ses bras sur sa poitrine.
« Sans aucun doute, je ne vois rien », lui répond-il d'un air taquin avant de se mordiller les lèvres. « Tes vêtements sont propres d'ailleurs. Gabriel a déjà récupéré les siens, il en a eu besoin hier après qu'un chat lui ait vomis dessus. »
Castiel écarquille légèrement les yeux de surprise avant de glousser.
« Tu ne devrais pas dire une telle chose avec le sourire, Dean… Mais puisque je suppose que mon frère a dû faire quelqu'un chose d'encore incroyablement déplacé ou d'énervant, je te promets de garder précieusement ton secret », le taquine-t-il avec malice.
Le jeune homme ricane plus fort, sentant la tension qui parcourt son corps s'apaiser doucement. La gêne étrange et désagréable qui régnait entre eux pendant l'ouragan semble s'estomper lentement tandis que leur complicité agréable et tendre reprend peu à peu ses droits. Dernièrement, Dean se tordait les mains d'anxiété en songeant à la manière de retrouver cela mais à présent que leur amitié se redessine dans des contours fermes et familiers, elle ne lui fait sentir que plus cruellement combien cela est insuffisant.
« As-tu un moment ? », lui demande Dean tout en se mordillant les lèvres. « Tes affaires sont encore dans la buanderie de la maison mais je peux me dépêcher d'aller les chercher si tu es pressé. »
« Non ! Non, je t'accompagne », s'empresse de lui répondre Castiel tout en se redressant vivement. « C'est plutôt moi qui ne veux pas te prendre trop de ton temps… Je ne veux pas te déranger. »
Le châtain secoue légèrement la tête avant de passer à côté de lui, le bousculant amicalement de l'épaule.
« Jamais Cas. Angie, un petit tour ? », interpelle-t-il la jeune chienne pour attirer son attention.
Les deux hommes rient doucement en la voyant relever vivement la tête, son jouet encore dans la gueule, avant de se redresser sur ses pattes et de suivre Castiel, ses dents soigneusement refermées sur son trésor.
« J'espère que tu n'as rien contre l'introduction d'une faune un peu plus terrestre dans ton appartement », ricane Dean tout en se penchant légèrement en avant pour regarder le jouet. « Je crois que c'est- c'était un hérisson… »
« Je ne suis pas sectaire et rien n'indique qu'une parfaite cohabitation entre une pieuvre et un hérisson ne puisse être envisagée », lui répond le brun tout en haussant les épaules, un petit sourire moqueur aux lèvres. « Il n'y a aucune histoire d'amour impossible Dean. »
Le châtain inspire brusquement à ces mots avant d'enfouir ses mains dans les poches de son pantalon, soudain un peu las.
Dean a les reins et les nerfs solides mais pour la première fois, il se sent faiblir légèrement, l'épaule de Castiel contre la sienne semblant le narguer dans son modelé solide et musclée. Il ne sait pas quelle situation est la plus détestable. Se voir refuser à demi-mot le droit d'espérer pouvoir embrasser à nouveau le brun, comme il pense que ce dernier le lui a soufflé pendant l'ouragan, ou faire comme si leur baiser n'avait jamais existé.
Légèrement abruti par le travail des derniers jours, obligé de nettoyer le domaine avec acharnement afin d'effacer les traces du passage de Billy et de traiter le dépôt de plainte contre le fou de combats de chiens, il n'a pas vraiment eu le temps de penser ou de ruminer. Les paroles de Castiel ont fini par cesser de tourner en boucle dans son esprit mais en voyant le brun marcher à ses côtés d'un pas égal, ses traits comme apaisés malgré ses yeux légèrement cernés, Dean sent une bête inconnue dans son ventre gronder sourdement et se révolter.
Le jeune homme semble être passé à autre chose, faisant son deuil de leur histoire avant même qu'elle ne commence et le châtain s'y refuse.
Il sent sa poitrine se gonfler sous l'effet d'un souffle puissant et il se mord vivement les lèvres, ignorant l'appel de Gabriel depuis le parc canin quand le blond les aperçoit. Dean leur fait presser le pas, Castiel le suivant docilement jusqu'au perron de la maison. Alors que le châtain va l'inviter à entrer, Angie s'affale soudain de tout son long sous le porche, sa tête pendant sur la première marche de l'escalier dans un abandon parfait qui le fait ricaner.
« Je reviens, fais comme chez toi », l'invite-t-il d'un ton comique et grandiloquent en lui désignant le perron ceint par une étroite galerie.
Le rire léger du brun résonne derrière lui dans le couloir tandis que Dean traverse la maison afin de gagner la buanderie, récupérant sur la petite table d'appoint le sac dans lequel il a soigneusement rangé les affaires du brun ainsi que le cintre sur lequel repose sa chemise. Regagnant l'extérieur, le châtain reste un instant dans l'embrasure de la porte, observant le dos large de Castiel tandis que le jeune homme s'est assis sur la première marche, sa main droite cajolant la jolie tête d'Angie qui soupire doucement sous ses doigts habiles.
« Voilà, tout est là », lui dit le châtain à voix basse afin de ne pas déranger la jeune chienne qui ferme lentement les yeux.
Dean pose doucement le sac devant lui avant d'accrocher le cintre sur le rebord de la balustrade.
« Tu n'aurais pas dû », lui rétorque Castiel en observant le tissu noir parfaitement repassé.
Le châtain agite négligemment la main devant lui et s'assoit à côté de lui. Il jette un regard curieux au jeune homme en le voyant tirer devant lui un sac en toile qu'il n'avait pas remarqué jusqu'à alors, le prenant par les anses pour le mettre sur les genoux de Dean.
« Ce sont les tiens », lui explique le jeune homme avant de faire la moue. « Je suis désolé mais je crains que Gabriel n'ait confisqué ton sweat AC/DC à son seul profit. Je ne sais pas où il l'a rangé. »
Dean lève les yeux au ciel dans une mimique d'exaspération comique.
D'un geste lent, le jeune homme s'empare du sac afin de le poser à côté de lui. Il sent le bout de ses doigts le picoter un peu absurdement tandis qu'il frôle ceux de Castiel et son cœur se pince imperceptiblement en songeant que dans un autre contexte, cet échange de vêtements aurait pu suivre une nuit passée ensemble avec une spontanéité délicieuse ou être le signe d'une nouvelle mais précieuse intimité.
Bien malgré lui, le châtain ricane légèrement avant d'écarquiller les yeux en voyant une boîte bleu ciel se détacher sur la pile de vêtements. Effleurant distraitement le motif en spirale parfaitement reconnaissable, il glousse un peu ridiculement.
« Je n'y crois pas… Des roulés à la cannelle de chez Cinnabon ? », l'interroge-t-il avant de hausser un sourcil moqueur dans sa direction. « Tu sais me prendre par les sentiments Cas. Aurais-tu quelque chose à te faire pardonner ? »
« … Peut-être », murmure le brun avant de se mordiller les lèvres. « Mais je te les ai surtout promis pendant l'ouragan quand je pillais ton garde-manger pour calmer les angoisses de mon frère. »
Castiel fait courir machinalement ses doigts dans la fourrure d'Angie avant de se figer en voyant la chienne relever soudain les yeux sur lui quand sa main s'égare sur ses cotes.
« Je suis désolé ma douce », balbutie le jeune homme avant de serrer ses doigts sur la laisse et de passer sa main sur son visage. « Et dire que je n'ai même pas encore essayé de changer ton bandage… »
Le jeune homme sait qu'il n'est pas censé voir une invitation parce que Castiel a été relativement clair dans ce qu'il pensait de leur baiser, que le brun n'a plus vraiment besoin de réconfort et qu'il n'est pas brûlant et lourd contre lui. Mais il décide d'y voir ce qui l'arrange parce que le jeune homme lui a bien trop manqué depuis ces derniers jours et qu'il a besoin de le lui crier.
« Veux-tu que je passe ce soir pour te montrer comment on fait ? Qu'on le fasse ensemble ? », lui demande-t-il doucement et en son for intérieur Dean croise ses doigts et ses orteils de toutes ses forces pour que le brun ne remarque pas qu'il peut tout aussi bien lui montrer immédiatement.
Castiel écarquille légèrement les yeux, son regard allant et venant rapidement entre lui et Angie qui s'est réinstallée confortablement contre lui.
« Tu- Tu veux passer à la maison pour… m'aider ? Pour elle ? Je- Oui, oui ce serait bien », balbutie le brun.
Le murmure du jeune homme aurait pu lui sembler indifférent, ressembler à la réflexion à voix haute d'un homme qui s'interroge mais Dean a l'impression d'entendre dans sa voix grave quelque chose d'important, d'imperceptible et de volatile comme un papillon mais vital pour lui.
Pour eux.
Le châtain inspire profondément. Il est temps de saisir son courage à deux mains et de rugir comme la bête qui s'agite dans son ventre. Le jeune homme ne peut oublier que c'est Castiel qui a fait le premier pas lors de cette horrible et aussi si délicieuse soirée, c'est à présent à lui de faire le second qui permettra de les mettre face à face, si proches l'un de l'autre que Dean sentira à nouveau leurs souffles se mélanger. Et qu'il pourra l'embrasser comme il le rêve.
« Oui, je peux le faire pour ça. Ou pour tout ce que tu voudras d'autre Cas… », lui répond-il doucement tout en laissant son regard errer sur l'herbe du jardin roussie par le généreux soleil estival et texan.
« Qu- Quoi ? »
Le brun relève brusquement la tête et rougit légèrement quand leurs regards se croisent.
Dean fixe avec une assurance nouvelle ses yeux dans les siens, refusant de lâcher ses prunelles céruléennes dans lesquelles il a l'impression de voir passer un monde tourbillonnant. Un peu timidement, le châtain se décale légèrement sur sa droite afin de se rapprocher de Castiel qui continue de le regarder d'un air interdit. Il sourit tendrement en voyant ce dernier baisser rapidement les yeux sur leurs doigts que Dean vient de faire s'effleurer sur le bois poli par la pluie et le soleil de la galerie avant de relever si brusquement la tête vers lui qu'il entend sa nuque craquer et le châtain grimace légèrement de douleur pour lui.
« Je sais ce que tu as dit pendant l'ouragan dans la cuisine, que tu n'aurais pas dû et que tu n'étais pas comme ça, même si j'ignore encore ce que cela veut dire », ricane-t-il d'une voix désagréablement étranglée. « Mais s'il te plaît, ne fais pas comme si ce baiser n'était pas arrivé et ne t'excuse pas pour ce qu'il s'est passé. Je ne regrette rien. »
Avec attendrissement, le châtain voit la pourpre gagner la nuque de Castiel, marbrant la peau blanche qu'il sait si fine et douce pour l'avoir brièvement touché du bout des doigts. Dean hausse un sourcil légèrement surpris en voyant soudain le brun serrer presque douloureusement ses doigts sur les siens et il lui jette un petit regard interrogatif.
« Faire comme si- ? Ce- Ce n'est pas ce que je voulais dire Dean ! », s'exclame vivement le brun. « J'avais imaginé que les choses se passeraient différemment, pas que je te sauterai dessus pour t'embrasser comme je l'ai fait alors que tu venais de frapper un homme ! »
« Pour toi », lui rappelle Dean d'un air vaguement renfrogné car lui rappeler ce coup de poing ravive dans son esprit des scènes de bagarre bien moins légitimes que celle-ci, plus jeunes et inconscientes. « Je l'ai fait pour toi parce qu'il t'insultait. »
À côté de lui, il voit Castiel rougir légèrement avant de se mordiller les joues, baissant les yeux sur les marches du perron tandis qu'il presse inconsciemment les doigts du châtain des siens.
« Oui, tu l'as fait pour moi… », répète-t-il dans un souffle avant de relever les yeux sur lui. « Mais ça n'aurait rien dû changer Dean. Je- Je ne suis pas un homme très à l'aise avec la séduction mais la manière dont je me suis conduit avec toi… Bon sang, je t'ai même invité à me rejoindre dans ma chambre en me frottant contre toi… », grogne légèrement le brun avant de passer une main gênée dans sa nuque marbrée d'une fascinante couleur pourpre. « Ce n'est pas ce que je cherche dans une relation. Pas avec toi. »
Dean lui jette un regard vaguement interdit avant de sourire stupidement, laissant les mots du brun arriver doucement à lui et caresser agréablement sa peau comme une belle promesse.
« J'étais tellement gêné de te faire face après cela », reprend le jeune homme tout en se mordillant les joues. « Le lendemain matin tu n'étais plus là et je me suis dit que j'avais tout gâché avant même que quoi que ce soit n'arrive réellement », ricane-t-il d'un ton un peu étranglé. « Je ne voulais pas que tu me détestes pour ce que j'avais fait, tu es vraiment important pour moi Dean. Tu- Tu l'es même tellement devenu que quand je rentre le soir, le nom unique sur la boîte aux lettres me paraît horrible… »
Le souffle court, le châtain passe une main fébrile dans ses cheveux tout en se mordillant furieusement les lèvres. Bien évidemment que Castiel a pensé que son silence signifiait un refus clair et net de sa part ce fameux soir. Un rejet de quoi que ce soit de possible entre eux quand le brun se projette de toute évidence bien plus loin que Dean n'a jamais osé le rêver. Une boîte aux lettres à deux noms accolés… L'idée devrait raidir ses épaules devant l'engagement clair et durable qu'elle susurre quand il a été seul pendant aussi longtemps mais il sent juste sa poitrine se gonfler de tendresse et se réchauffer.
Le jeune homme a voulu être prudent mais finalement, la tiédeur ne vient que de sa part. Il est celui qui aurait pu tout gâcher.
« À moi de te dire quelque chose maintenant », murmure-t-il doucement après un court silence. « Cas, j'ai été stupide. Bon dieu, te repousser ce soir-là était la dernière chose que je voulais faire, je peux te le jurer. J'en crevais d'envie depuis des semaines et merde, j'aurais tellement aimé te serrer contre moi dans ton superbe canapé bleu », pouffe doucement le jeune homme avec tendresse. « Je me dis depuis ta soirée d'anniversaire que tes cheveux noirs contrasteraient très bien sur les coussins ou sur l'accoudoir quand tu serais allongé dessus et que je serais en train de t'embrasser. »
Dean entend Castiel inspirer brusquement à ses côtés et il a soudain follement envie d'éclater de rire.
« L'accoudoir est parfaitement inconfortable Dean », lui répond le brun dans un souffle avant de faire une petite moue adorable. « J'y ai dormi une fois parce que Gabriel était étalé dans mon lit et qu'il n'y avait plus de place pour moi. J'ai été obligé de- »
Il n'y a pas de bon moment ou de moment le plus opportun. Uniquement celui qu'il décide.
Dans un gloussement tendre, le châtain libère doucement sa main des doigts de Castiel avant de la remonter jusqu'à la nuque du jeune homme pour y crocheter ses doigts. Lentement, afin de laisser le temps au brun de se dégager ou de murmurer encore une parole, il se penche vers lui avant d'enfin poser ses lèvres sur les siennes, avalant taquinement ses derniers mots. Dean entend Castiel hoqueter adorablement contre lui et il en profite pour coller leurs corps, attirant doucement le brun à lui.
Alors qu'il redécouvre tendrement la chaleur, la forme, le parfum et le goût des lèvres roses et fines du jeune homme, Dean se sent envahi par une joie sans fin quand Castiel lâche doucement la laisse d'Angie qu'il entend tomber sur le perron dans un petit bruit mou pour se tourner plus franchement vers lui et incliner la tête, lui rendant son baiser avec une timidité encore prudente.
Le châtain sourit dans leur étreinte et l'attire plus fort contre lui en passant un bras autour de ses reins tandis que ses doigts s'emmêlant dans les petites mèches qui dansent dans sa nuque.
Ce n'est pas passionné comme ce qu'il s'est passé sur ce petit coin de canapé il y a plusieurs soirs de cela, ça n'a pas le goût du stupre, l'odeur de la sueur et le bruit des draps froissés. C'est encore meilleur et Dean embrasse Castiel avec tendresse, souriant doucement en sentant le brun monter une main afin de la poser sur son poignet et de le serrer légèrement entre ses doigts, comme pour s'assurer qu'il ne partira pas.
Ça a le goût d'une boite aux lettres partagée et c'est ridiculement délicieux.
« Alors, qu'est-ce que tu en dis Cas ? Je peux passer ce soir ? », chuchote-t-il doucement contre sa bouche rougie par leur baiser quand il le relâche enfin. « Pour Angie et pour toi… Surtout pour toi. »
Castiel passe une langue gourmande sur ses lèvres, les yeux fermés, et Dean sent son aine ronronner doucement et chaudement.
« Tu- Tu le veux vraiment ? », lui demande doucement le brun. « Tu ne fais pas ça parce que tu penses que tu me dois quelque chose… ? »
Dean effleure de ses doigts la peau chaude de sa pommette, caressant doucement la peau fine de son pouce avant de sourire en voyant Castiel incliner imperceptiblement la tête pour caler un peu plus sa joue dans sa paume calleuse. Le jeune homme pose doucement ses lèvres sur son front avant d'enfouir son nez dans ses cheveux noirs. Est-il possible qu'un homme adulte ait une odeur aussi douce, moelleuse comme un part de gâteau et réconfortante comme un chocolat chaud à la cannelle ?
« Je ne le veux pas Cas, je le désire. Vraiment vraiment fort. Je ne joue pas avec toi, je- tu me plais vraiment beaucoup tu sais. Depuis le premier jour… », avoue-t-il après un instant d'hésitation, sentant ses joues devenir un peu chaudes.
« Oh… »
L'air profondément surpris de Castiel lui donne envie de l'étouffer sous ses baisers. Dean ouvre la bouche même s'il sait qu'il n'en sortira que d'autres stupidités extrêmement sentimentales. Il est grandement soulagé de savoir qu'elles resteront précieusement entre eux deux, loin des oreilles curieuses de Sam et Gabriel, mais la réaction du brun les étouffe dans sa gorge.
Parce que Castiel enfouit doucement son visage dans son cou, frottant son nez contre la peau sensible dans un geste câlin si empreint de tendresse que Dean sent ses jambes trembler légèrement. Parce que s'il a beaucoup aimé le Castiel entreprenant aux yeux dilatés par le désir, il est sans conteste tombé amoureux du jeune homme bien trop adorable qu'il tient contre lui.
« Tu voudras bien aller promener Angie avec moi tout à l'heure ? », lui demande le brun, son souffle effleurant taquinement son cou. « On sort tard alors tu pourrais peut-être rester aussi si tu le veux… Je pense que j'aimerai assez ça. »
Repoussant négligemment le sac contenant ses affaires propres, Dean vient embrasser doucement sa tempe, sa main remontant dans sa nuque pour effleurer la peau douce du bout des doigts.
« Moi aussi j'aimerais assez… », lui répond-il, son souffle caressant les paupières fermées du brun.
À côté d'eux, le jeune homme entend vaguement Angie bailler avant de relever sa jolie tête pour la poser sur le genou du brun, poussant un petit gémissement afin d'attirer son attention.
Pour la première fois, Dean et Castiel l'ignorent.
Le châtain préfère porter toute son attention sur le souffle chaud de Castiel qu'il sent sur ses lèvres, sur l'odeur de sa peau et de ses cheveux, sur sa bouche, sur son corps souple qui se fond si parfaitement contre le sien.
Parce que toutes ses pensées ne vont que vers l'homme qu'il aime et qu'elles n'ont jamais été plus claires qu'à cet instant.
La tempête a cessé de souffler.
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Dean sait qu'il n'a jamais eu une très bonne intuition.
Son instinct, terriblement efficace dans les situations de crise, a toujours été parfaitement et étrangement faillible pour les petites choses du quotidien.
Il est incapable de prévoir le temps en observant le ciel, de rattraper un verre qu'il voit tanguer dangereusement sur le bord d'une table, d'éviter la latte du plancher qui grince toujours horriblement juste devant la porte de sa chambre. Il y a encore des centaines de petites choses qui font rire Sam et le font lui-même grogner d'embarras, parfois un peu agacé contre sa propre maladresse tandis que Gabriel ricane en chantonnant que son instinct de loup sauvage se limite à sauver ses congénères.
Mais concernant Castiel, le châtain sait qu'il avait raison et l'homme magnifique qu'il serre entre ses bras en l'instant même le lui confirme tandis que leurs souffles chauds se heurtent avec délice et que leurs jeans frottent doucement l'un contre l'autre dans le bercement languide de leurs hanches.
Les cheveux noirs du brun se détachent magnifiquement sur le tissu bleu du canapé tandis que le jeune homme le tient sous lui, l'embrassant langoureusement et avec dévotion tandis qu'une de ses mains cajolent sa hanche légèrement découverte car sa chemise sombre a glissé hors de son pantalon.
Ils viennent de rentrer de la promenade d'Angie et la jeune chienne, assommée par sa journée et son excitation, somnole déjà sur son coussin douillettement installé à côté de la baie vitrée exposée plein sud. Dean et Castiel n'ont donc à se préoccuper plus que d'eux seuls, à se concentrer sur leurs souffles brûlants, sur leur envie l'un de l'autre qui ronronne doucement dans leurs bas-ventres et les fait se frotter dans une délicieuse et tendre volupté dans l'assise moelleuse du canapé.
Dean pensait avoir frôlé la félicité de très près après leur discussion au refuge puis leur balade avec Angie en fin de journée pendant laquelle leurs mains qui s'effleuraient avaient fini par se trouver et s'enlacer amoureusement, le faisant rosir d'un plaisir presque adolescent.
Une fois de retour à l'appartement, le jeune homme s'était mordu les lèvres pour ne pas plaquer le brun contre la petite console de l'entrée tandis qu'il y déposait la laisse et le harnais d'Angie, irrémédiablement attiré par l'éclat joyeux de ses yeux, son sourire doux et profondément heureux et son cœur gonflé par cette scène banale mais parfaitement domestique et intime.
Sous son regard brûlant, Castiel avait légèrement rougi avant d'entrer dans le salon et de rire légèrement en voyant la chienne s'affaler de tout son long sur son coussin. Fasciné par ce son adorable, ses lèvres le picotant légèrement à l'idée de ravir celles du brun, Dean s'était approché de lui pour enrouler un bras autour de sa taille et l'attirer à sa bouche. Le jeune homme avait poussé un petit soupir de plaisir avant même que leurs peaux ne se touchent et c'est d'un seul et unique instinct qu'ils s'étaient dirigés vers le canapé avant de s'y laisser tomber.
Et depuis un moment qui leur semble éternel mais dont la luminosité changeante de la course du soleil dans le salon égrène le temps bien réel, ils sont encore là, bercés par le bercement languide du châtain qui sent les jambes de Castiel trembler légèrement sous lui.
Le brun incline légèrement la tête en arrière afin de séparer leurs lèvres et Dean sourit tendrement en l'entendant inspirer brusquement une grande goulée d'air. Taquinement, le jeune homme va butiner son cou du bout des lèvres, refusant d'arrêter de goûter sa peau blanche et parfumée dont il distingue au fur et à mesure de plus en plus de nuances subtiles et piquantes à la fois. Il veut le toucher pour toujours, sentir le grain fin de la peau sous ses doigts, sa douceur sous ses lèvres, son sang palpitant sous sa langue. Le jeune homme sait qu'il ne pourra plus se passer de toutes ces sensations délicieuses tout comme des réactions du corps de Castiel contre le sien, si instinctives dans son besoin de les faire se toucher plus encore.
Dean a de l'instinct pour les situations d'urgence et pour aimer Castiel.
Dans un petit gémissement qui lui donne l'impression qu'une langue de feu vient lécher ses reins, le brun frissonne légèrement et tourne la tête sur le côté, offrant à sa bouche gourmande une étendue ivoirine plus vaste encore que le jeune homme se fait un plaisir de baptiser immédiatement de baisers humides et sensuels.
« De-Dean… », l'appelle doucement Castiel tout en serrant soudain ses mains sur ses épaules quand le jeune homme enfouit son nez dans ses cheveux, juste derrière son oreille.
« Hum ? », lui répond-il distraitement tout en mordillant le lobe sensible du bout des dents.
Un long frémissement agite soudain le corps souple de Castiel et ce dernier se cambre sous lui, faisant se frotter leurs deux bas-ventres l'une contre l'autre d'une manière délicieuse qui les fait haleter en chœur.
« Dean… », répète le brun d'une voix amollie par le plaisir. « A-Attends, il- il faut- »
Le jeune homme glousse doucement contre la peau fine de son cou, faisant se tortiller Castiel.
« Je sais Cas… », chuchote Dean en revenant à sa bouche pour déposer son rire tendre sur les siennes. « Le canapé n'est pas confortable… »
Le brun pouffe adorablement, ses doigts venant cajoler doucement sa nuque du bout des ongles dans une caresse tendre.
« Non ! Enfin, si mais- » Castiel attrape vivement son visage en coupe afin d'attirer son attention d'un baiser brûlant qui provoque chez Dean un sursaut incontrôlé de ses hanches, leur faisant manquer une inspiration. « … Angie est en train de s'endormir et il faut qu'on refasse son bandage », dit le brun tout en papillonnant des yeux et en désignant la chienne d'un vague geste de la tête.
Dean écarquille légèrement les yeux, se redressant brusquement sur ses poignets, et le brun rougit doucement sous son regard attentif et le caractère un peu incongru de leur position à cet instant, le jeune homme parfaitement calé entre ses cuisses.
« Tu as raison… », souffle le châtain avant de s'appuyer d'un genou sur l'assise pour s'extraire du sofa, ses pupilles s'étrécissant légèrement. « Le travail d'abord, le plaisir ensuite. »
Castiel hoche doucement la tête, ses joues brûlant plus fort, et attrape la main tendue de Dean qui l'aide à se remettre debout en le tirant vivement à lui. Dans un petit souffle, il vient s'écraser contre le large torse du jeune homme, ce dernier picorant à nouveau ses lèvres avec un petit sourire taquin.
« Tu peux amener ce qu'il faut ? », lui demande-t-il tout contre sa bouche. « Je vais réveiller la Belle au bois dormant… »
« D'accord. Empêche-la de se retourner quand elle voudra que tu lui caresses le ventre », lui précise Castiel. « Ton amie vétérinaire a dit qu'elle ne devait pas se mettre sur le dos. »
Dans un rire, Dean acquiesce. Il suit la belle silhouette adorablement débraillée du brun du regard jusqu'à ce que le jeune homme ne passe dans la salle de bain avant de se retourner vers la chienne qui a ouvert un œil paresseux en distinguant de l'agitation à côté d'elle.
« Alors ma belle », souffle le châtain tout en s'agenouillant doucement devant le coussin pour flatter gentiment sa jolie tête fine et intelligente. « On ne va pas t'embêter longtemps, promis. Tu pourras ensuite dormir tout ton saoul et je compte sur toi pour rester bien sage cette nuit. Parce que j'aimerai beaucoup la passer seul avec Cas… Juste tous les deux. Je ne sais pas trop encore ce qu'il se passera mais je veux juste être avec lui, tu comprends ? Tu veux bien le partager avec moi pour cette nuit ? »
Le châtain se penche pour murmurer à l'oreille d'Angie qui redresse mollement la tête dans sa direction et jappe joyeusement dans sa direction, ses yeux brillant doucement.
« Merci gamine », pouffe-t-il d'amusement avant de gratter longuement l'arrière de ses oreilles, la faisant reposer sa tête entre ses pattes dans un profond soupir de bien-être.
Agenouillé à côté d'Angie, le jeune homme continue à la caresser avec tendresse avant de tourner doucement la tête en entendant le frôlement des pieds nus de Castiel sur le parquet de son appartement.
Il reconnaîtrait ce son délicieux et intime n'importe où et quelque chose se réchauffe dans sa poitrine.
Dans un mouvement élégant, le brun s'assoit à côté de lui avant d'attraper la tête que la chienne a joyeusement relevé dans sa direction pour la baiser sur le front.
Un sourire doux aux lèvres, Castiel place inconsciemment le petit matériel médical entre ses jambes croisées en tailleur et Dean sourit. Le jeune homme observe avec attention le mouvement de sa main blanche et fine plongeant entre ses cuisses avant de se mordiller les lèvres. Dans les ombres de son pantalon, il croit discerner des merveilles sensuelles et le brun rosit doucement sous l'intensité de son regard.
« Et- Et donc ? », demande-t-il après s'être raclé la gorge.
« Jo ne t'a pas expliqué comment faire ? », lui répond-il d'un ton un peu surpris tout en haussant un sourcil.
Le châtain plonge rapidement sa main dans le triangle séduisant formé par les longues jambes du jeune homme, le faisant brusquement inspirer et Castiel gigote légèrement sur ses fesses tout en lui jetant un vague regard noir qui le fait pouffer tendrement.
« Si », acquiesce-t-il en hochant lentement la tête d'un air un peu gêné. « Mais elle a aussi précisé que c'était un bandage complexe et que je ne devais pas hésiter à m'adresser à toi pour que tu m'aides… » Le brun baisse doucement les yeux sur le matériel médical qu'il a soigneusement ramené. « J'avoue ne pas trop savoir par où commencer et j'ai peur de lui faire mal. »
Dean se mordille les joues et ferme brièvement les yeux, remerciant mentalement son amie pour son aide avant de rire avec tendresse.
« Ne t'inquiète pas pour elle », répond-il tout en flattant une nouvelle fois Angie de la main. « Elle te le dira si elle a mal. Et même un peu trop si tu veux mon avis… », reprend le jeune homme.
Il jette un regard faussement noir à la chienne en l'entendant commencer à gémir en direction du brun, ses beaux yeux mouillés allant et venant de Castiel à la bande médicale tandis que Dean n'a pas encore posé sur les mains sur elle.
« Arrête ça tragédienne, tu vas le faire pleurer de culpabilité », la gronde-t-il doucement tout en la saisissant à bras le corps pour l'obliger à se redresser, accompagnant son mouvement avec prudence.
Castiel rit légèrement mais le son lui semble désagréablement éraillé et anxieux.
« Je t'assure que ça va aller Cas », le rassure le châtain tout en lui faisant signe d'approcher. « Déroule légèrement la bande pour commencer. Pose le bout ici », lui indique-t-il d'un ton calme tout en lui montrant le haut du flanc d'Angie qui s'est figée dans sa prise ferme.
Dean attrape habilement le morceau de compresse, serrant brièvement les doigts du brun dans les siens de manière réconfortante.
« Je l'ai, parfait », le rassure-t-il d'un sourire. « Je vais la tenir de ce côté et tu vas faire le tour de sa poitrine avec. Il faut que la bande soit serrée pour qu'elle garde sa fonction de contention mais pas trop non plus afin de ne pas gêner la circulation sanguine. »
À côté de lui, il voit le brun écarquiller légèrement les yeux tout en se mordillant vivement les joues d'appréhension.
« Mais comment je vais savoir ça Dean ? », lui demande-t-il tout en se déplaçant à genoux sur le tapis afin de se rapprocher de lui.
Le jeune homme se mord les joues pour ne pas pouffer tendrement à son adorable angoisse et le châtain se penche légèrement vers lui, embrassant doucement sa tempe qu'il sent chaude sous ses lèvres. Il a presque l'impression de sentir les pensées du brun se bousculer sous son crâne et Dean se rapproche également de lui, faisant se toucher leurs genoux et leurs cuisses.
« Tu le sauras Cas », le rassure-t-il d'un sourire taquin. « C'est exactement comme faire l'amour, ne fais rien que tu n'aimerais pas qu'on te fasse… »
Castiel le contemple d'un air vaguement stupéfait avant de rougir violemment et Dean ricane, ses reins le picotant légèrement. Il n'a pas manqué l'éclat fugace et brûlant qui a envahi les prunelles céruléennes à ces mots et le châtain frémit imperceptiblement, captivé par ce regard dans lequel il a l'impression de revoir danser la flamme qui a transformé le brun en un félin superbe et sensuel il y a quelques soirs de cela dans ce même salon.
Dean entend le jeune homme inspirer lentement pour se donner du courage avant de se pencher vers Angie pour s'exécuter avec précaution. Concentré sur sa tâche, Castiel ne cesse toutefois de lui jeter de petits coups d'œil en coin tandis que le mouvement régulier de ses bras autour du corps d'Angie l'oblige à se coller un peu plus contre Dean à chaque passage de la bande.
Le châtain sourit tendrement en voyant le brun froncer légèrement les sourcils sous l'application et, la chaleur du corps souple de Castiel irradiant jusqu'à lui, il ne peut résister à l'envie de baiser taquinement sa tempe avant de frotter son nez contre la peau fine.
« D-Dean… », le reprend mollement Castiel en serrant légèrement ses doigts sur la bande avant de reprendre l'opération. « S'il te plaît, j'essaye de serrer la bande correctement mais pas trop », le cite-t-il d'un en lui jetant un petit regard réprobateur.
Le jeune homme lui adresse un petit sourire d'excuse et se concentre à nouveau sur Angie qui pèse volontairement de tout son poids dans ses bras pour espérer le faire lâcher prise au plus vite. Dean serre la mâchoire et gonfle plus fort les muscles de ses bras, contractant ses cuisses pour assurer sa position.
« Parfait. Veille bien à faire se chevaucher la bande à chaque fois à moitié sur le tour précédent pour bien la tenir », commente-t-il tout en observant attentivement les mouvements du brun.
Castiel roule un instant des yeux à ses paroles et le jeune homme pouffe, levant les yeux au ciel.
« Sans mauvais jeu de mots Cas, promis. »
En voyant le brun terminer d'enrouler la bande dans un geste précis qui contraste avec son adorable hésitation, Dean soupire discrètement de soulagement et relâche légèrement le corps d'Angie, accompagnant son mouvement tandis que la jeune chienne s'affale de manière volontaire sur son coussin d'un air de défi. Un petit rire aux lèvres, le châtain vérifie la bonne tenue du bandage avant de hocher la tête de contentement.
« Et maintenant, l'agrafe », souffle-t-il tout en récupérant une petite boîte en plastique abandonnée sur le tapis. « Il faut la poser dans le sens contraire à celui du bandage pour s'assurer qu'il ne bouge pas. Si tu n'es pas très sûr de toi, tu peux également poser un morceau de bande adhésive pour te tranquilliser. »
Castiel hoche sagement la tête avant de s'exécuter avec précaution. Il pouffe affectueusement en voyant le brun s'affaler sur le tapis, comme épuisé par l'effort et l'appréhension et Dean le bouscule affectueusement en faisant se heurter leurs genoux.
« C'était parfait Cas », lui assure-t-il tout en contemplant leur ouvrage d'un air satisfait. « Et c'est en pratiquant qu'on devient meilleur. »
Le châtain rougit légèrement en croisant le regard indéfinissable du jeune homme et se penche pour embrasser bruyamment le haut de la tête de la chienne avant d'enfouir sa main dans son pelage.
« Il va falloir y mettre du tien Angie ou Cas ne s'en sortira pas sinon », la gronde-t-il faussement avant d'éclater de rire en la voyant tourner ostensiblement la tête en direction du brun qui sourit doucement.
Du coin de l'œil, il voit le jeune homme avancer à son tour une main vers la douce fourrure, flattant délicatement l'échine nerveuse avant de monter remonter lentement jusqu'à la jolie tête d'Angie qui soupire de bien-être sous la caresse simultanée.
« Ou tu pourrais rester pour m'aider… », souffle doucement le brun tout en coulant un regard dans sa direction sous ses longs cils noirs.
Dean se mord les joues quand leurs doigts se trouvent naturellement sur le grand corps chaud et musclé avant de s'enlacer doucement. Les deux hommes se regardent et le châtain n'attend qu'une fraction de seconde pour se pencher sur Castiel afin de l'embrasser doucement.
« … Combien de temps veux-tu que je reste Cas… ? », souffla chaudement Dean contre les lèvres humides du brun.
Il sourit tendrement en entendant le petit hoquet surpris du jeune homme et le châtain s'approche à nouveau, caressant de manière câline la chair tendre et humide de sa bouche de la sienne. Castiel monte lentement une main pour agripper son biceps, serrant ses doigts sur le tissu de son haut pour l'attirer inconsciemment à lui tout autant que pour se raccrocher à quelque chose tandis que son souffle s'accélère.
« Je- Autant que tu le voudras Dean », lui répond-il dans un souffle. « Mais j'espère vraiment que ce sera pour longtemps… »
Le châtain se mord les lèvres de joie à la tendre confession, un bonheur ridiculement énorme gonflant sa poitrine.
« Ça me convient Cas… », murmure-t-il doucement. « Putain ouais, ça me va… »
Le jeune homme glousse joliment contre lui, faisant se réveiller à moitié Angie qui redresse la tête dans leur direction, et Dean appuie taquinement sur sa tête pour l'inviter à se recoucher sagement.
« Interdiction de nous regarder gamine… », ricane-t-il en entendant la chienne grogner légèrement avant de tourner la tête dans l'autre sens pour les ignorer.
Il frémit doucement en sentant Castiel remonter sa main de la courbe musclée de son biceps jusqu'à sa nuque pour jouer tendrement avec les petits cheveux fins qui y dansent. Sentant ses reins recommencer à le picoter agréablement, Dean se penche vers le brun pour l'entraîner à nouveau sous lui afin de recommencer à le dévorer de baisers et espérer lire dans son regard bleu brillant la même envie brûlante que la sienne.
« Tu sais… Le tapis du salon n'est pas beaucoup plus confortable que l'accoudoir du canapé… », murmure Castiel contre sa bouche tout en obtempérant pourtant de bonne grâce.
Le châtain observe avec fascination ses joues se marbrer de rose et, tout son être vrombissant légèrement d'excitation, il attend la suite avec impatience.
« Qu'est-ce que tu suggères dans ce cas ? », lui demande-t-il tout en le recouvrant doucement de son corps, un petit sourire aux lèvres en sentant Castiel resserrer ses doigts sur son tee-shirt pour l'inviter à s'allonger sur lui.
Sa question est sincère et il en attend la réponse avec une impatience mal contenue. Elle est dépourvue de la taquinerie un peu sensuelle qui ronronne doucement dans chacune de ses paroles depuis leur retour de promenade avec Angie.
Le moment est important.
Les deux hommes se sont avoués leurs sentiments il y a quelques heures à peine et la dernière invitation du brun dans sa chambre reste gravée dans son esprit, fin rayon de lumière un peu effrayant et teintée de peur. Tout est différent ce soir mais Dean ne veut pas qu'il y ait encore une autre méprise entre eux.
Le châtain écarquille soudain les yeux et crispe ses doigts dans les longs poils du tapis en réalisant son erreur. Assis l'un contre l'autre sur le perron de la maison, Castiel et lui ont en réalité confessé leur attirance mutuelle mais rien d'autre. Rien d'autre alors que le cœur du châtain déborde d'amour pour le jeune homme qui continue de cajoler doucement la peau fine de sa nuque du bout des doigts, ses yeux bleus brillant de manière irréelle sous la lumière tamisée du salon.
« … Ma chambre… »
Le murmure un peu hésitant de Castiel renverse quelque chose en lui, une chose douce mais piquante en même temps, sensuelle mais tendre. Dean en tremble presque d'excitation et d'amour mais sa réponse reste bloquer dans sa gorge. Il ne peut s'empêcher de fixer le brun du regard, caressant la peau blanche de son visage avec fascination, se nourrissant de l'éclat de ses yeux bleus et de son souffle qui effleure légèrement ses lèvres.
« À moins que tu ne refuses encore une fois… », murmure soudain Castiel tout en baissant légèrement les yeux.
Dean sent sa gorge se serrer.
Il veut lui dire.
Il veut tellement lui dire combien est tombé amoureux de lui qu'il ne sait pas où commencer. Confesser ce qu'il ressent n'a jamais été la chose dans laquelle le châtain brille, un peu comme son absence totale d'intuition en dehors d'une situation d'urgence. Et d'aimer Castiel, a-t-il réalisé avec une parfaite évidence depuis le début de la soirée. Sans doute doit-il se faire confiance car son instinct est surprenant de justesse dans ces cas-là mais l'étincelle un peu hésitante et honteuse qu'il voit passer dans les prunelles céruléennes dans lesquelles il aime tant se plonger vient soudain tordre quelque chose dans sa poitrine.
Le jeune homme caresse tendrement la joue d'un brun du bout des doigts tandis que le brun se rassoit un peu plus droit sur le tapis, lui-même se stabilisant sur ses genoux.
« Je t'ai vraiment blessé n'est-ce pas ? », lui demande-t-il doucement. « Ce soir-là, quand j'ai dormi chez toi dans ton canapé… Et quand je suis parti sans te prévenir. Mon dieu, je suis tellement désolé… »
À sa grande surprise, le jeune homme lui sourit doucement avant de secouer lentement la tête, venant embrasser la peau de son poignet d'un air câlin.
« Gabriel m'a expliqué pour l'intervention que vous avez faite chez cet homme avec tous ces chiens. J'ai voulu venir au refuge pour te voir mais je ne savais pas comment- » Le brun inspire doucement avant de poser à nouveau ses lèvres sur sa peau en une caresse fugace et douce. « J'ai pensé que je t'en voulais mais pas vraiment en réalité. Je sais que je nous en aurais voulu à tous les deux si tu étais venu me rejoindre. Même si je suis celui qui tentait de te séduire », avoue-t-il du bout des lèvres, son souffle tiède balayant la peau de Dean.
Ces mots ressemblent à des excuses, à une repentance, et le châtain déglutit désagréablement. Malgré l'adorable confession du brun, le jeune homme gigote imperceptiblement sur place. Il ne sait que penser des mots de Castiel, sur ce qu'il attend de lui, ce qu'il souhaite à présent et il sent une fine sueur glacée venir couvrir ses épaules.
« Je ne me le serais pas pardonné parce que ce n'est pas comme ça que je voulais que ça se passe entre nous… », ajoute doucement le brun tout en se mordillant les lèvres. « Je- Je suis sûr que ça aurait été très satisfaisant mais… une première fois mérite mieux. »
Dean gronde légèrement, sentant ses reins le picoter à nouveau. Quel étrange pouvoir magique et romantique Castiel peut-il bien avoir sur lui pour parvenir à le faire réagir ainsi, semblant jouer de son corps de quelques mots prononcés du bout de ses lèvres pleines et roses ?
« Ça aurait quand même été notre première fois », lui répond-il doucement. « J'aurais été incapable de te traiter comme autre chose que la personne avec laquelle je voulais plus que tout être de cette manière Cas. Et pas parce que tu m'épinglais sur ton canapé bleu », ajoute le jeune homme d'un air taquin qui fait rougir le brun. « Mais tu as raison, je préfère également faire autrement. Parce que s'il y a première fois, c'est que tu en envisages également d'autres, n'est-ce pas ? », lui demande-t-il doucement tout en se penchant en avant, son pouce effleurant la joue légèrement piquante du brun.
Le châtain pouffe tendrement en voyant Castiel froncer légèrement les sourcils, comme piqué au vif.
« Tu crois vraiment que je laisse des chèques de deux mille dollars à chaque parfait inconnu dont je croise le regard ? », lui demande le brun avec une petite moue boudeuse que Dean a immédiatement envie de dévorer.
Le jeune homme se sent soudain incroyablement léger et heureux et il frotte légèrement ses genoux sur le tapis pour se rapprocher à nouveau du corps chaud et souple de Castiel dont les creux et les pleins semblent irrémédiablement attirer les siens.
« Alors, ton geste de générosité n'était pas uniquement dû à mon sourire ? », le taquine le châtain avec malice.
Il sent sa poitrine se gonfler sous l'effet d'une tendresse sans fin en voyant Castiel rougir violemment, ses yeux fuyant un instant les siens.
« Oh… Tu- tu as entendu ça », balbutie adorablement le jeune homme, ses doigts venant serrer doucement sa main toujours posée sur sa joue.
Dean ne peut s'empêcher de se pencher en avant pour l'embrasser doucement et il sourit en entendant le brun hoqueter légèrement, son corps se cambrant légèrement pour tenter de se rapprocher du sien. Le châtain tente d'insuffler à Castiel encore un peu de courage du bout de ses lèvres, juste un peu pour que le jeune homme lui montre une fois de plus la voie qui les mènera sans erreur possible l'un à l'autre pour longtemps. À ce moment-là seulement, parce que le brun le guidera avec tendresse sur le même chemin que lui, Dean pense qu'il pourra enfin se jeter du haut de la falaise et faire le grand saut.
« Ton sourire n'était pas l'unique raison », reconnaît Castiel tout en coulant un petit regard azur sous les longs cils noirs. « Même s'il est sans conteste une des choses que j'aime le plus chez toi… Gabriel n'a pas tort en disant que tu ne le montres pas assez. »
« S'il te plaît Cas, ne parle pas de ton frère quand on est tous les deux et qu'on parle de choses sérieuses. Son nom seul me provoque des réactions allergiques assez gênantes… », le gronde faussement Dean en levant les yeux au ciel.
Le jeune homme pouffe adorablement et le châtain finit de se rapprocher de lui, le surplombant de son corps. Castiel doit légèrement relever les yeux pour le regarder et Dean prend avec une profonde déférence son visage en coupe pour l'observer avec tendresse.
« Et il n'y a sans conteste rien que je n'aime pas chez toi », souffle-t-il bravement. « Absolument rien. Tu es parfait Cas. Tellement parfait qu'il est impossible de ne pas tomber amoureux de toi… »
Le brun hoquette légèrement contre lui et Dean sourit tendrement. Une confession est quelque chose d'étonnement simple en réalité. C'est exactement comme aimer Castiel et souhaiter que leur histoire dure le plus longtemps possible, s'il n'est pas trop présomptueux de penser à une chose qui a un goût d'éternité.
« Tu- Oh. »
Le brun écarquille adorablement les yeux avant de se mordiller les lèvres, les rendant légèrement rouges et gonflées. Joignant ses doigts à ceux du jeune homme, Castiel finit par hocher doucement la tête, ses yeux plongés dans les siens et tandis qu'il en contemple les infinies nuances céruléennes, les mots viennent à Dean avec une surprenante facilité.
« C'est pour ça que je n'ai pas voulu le faire ce soir-là. Je ne voulais pas faire ça comme ça, pas pour notre première fois… », le cite le châtain avec une pointe de taquinerie. « Même si je mourrais d'envie de sentir ta peau nue contre la mienne. Je t'aime Cas. »
L'explication est tardive mais le jeune homme se sent envahi par un profond soulagement tandis qu'il la prononce, heureux de lire sur le visage du brun les mêmes appréhensions et réserves que lui sur cette soirée étrange et délicieuse à la fois.
Dean sourit tendrement à Castiel avant de se pencher sur lui pour l'embrasser tendrement une nouvelle fois mais la réaction du brun est au-delà de ses espérances.
Avec la rapidité d'un éclair bleuté tranchant un ciel d'orage, ce dernier agrippe vivement ses poignets avant de se jeter sur sa bouche, le renversant sur le tapis.
Dean ne peut se rattraper et tombe en arrière, tendant un peu douloureusement les muscles de ses cuisses et heurtant le dos d'Angie par inadvertance. Tournant la tête derrière lui, il veut s'excuser auprès de la chienne qu'il entend grogner de mécontentement mais c'est trop tard, Castiel est déjà sur lui. Il dévore sa bouche avec un enthousiasme adorable, alternant avec expertise coups de langue et morsures et le châtain gémit lourdement, enroulant spontanément un bras autour de ses reins pour le tenir plus prêt.
La bête fauve qui s'est pressée contre lui avec ferveur lors de ce soir où tout aurait pu basculer est de retour, avalant son souffle un peu haché et ondulant inconsciemment contre lui. Dean grogne en sentant le brun passer une de ses jambes entre ses cuisses afin de tenter de se rapprocher encore plus et la friction de la toile de leurs pantalons le fait frémir lourdement.
Ses pupilles légèrement dilatées par le désir, Castiel relâche enfin ses lèvres, sa peau blanche agitée de frissons et ses doigts parcourant fébrilement ses bras et l'encolure de son tee-shirt, comme frustrer de ne pas parvenir à passer la barrière de coton.
« Je veux tout te donner Dean », murmure-t-il tout en enfouissant câlinement son visage dans son cou tandis que le châtain tente de se rappeler comment respirer. « Ce chèque, c'était pour te faire plaisir et pour que tu te souviennes peut-être un peu de moi. Tu dois voir tant d'adoptants au refuge… » Castiel s'interrompt un instant avant de le regarder presque timidement. « Tu crois qu'il est possible d'être un homme de trente-trois ans et d'avoir le coup de foudre ? »
Le châtain éclate d'un beau rire de joie et il attire brusquement Castiel à lui, enroulant ses bras autour de ses épaules et se régalant du poids de son corps ciselé sur le sien tandis qu'ils basculent sur le tapis, emmêlés l'un à l'autre. Le jeune homme cajole la nuque blanche du bout des doigts, souriant légèrement aux petits baisers qu'il sent être déposé dans son cou et le haut de sa clavicule droite, comme pour en compter les taches de rousseurs qui commencent à apparaître comme à chaque retour des beaux jours.
« Je suis positivement sûr que c'est possible pour un homme de trente ans, bientôt trente-et-un, donc je suis assez prêt à le croire Cas… », pouffe-t-il avant de hausser un sourcil taquin. « Mais je peux te le répéter encore une fois si tu veux, juste pour t'aider. J'ai cru que je n'y arriverai jamais mais à présent, je suis prêt à te le murmurer autant de fois que tu le voudras. Je suis amoureux de toi. »
Dean sourit tendrement en sentant le long corps ciselé de Castiel frémir contre le sien avant que le brun ne hoche la tête dans son cou.
« Moi aussi Dean », souffle-t-il doucement comme un secret précieux. « Je suis amoureux de toi. »
Leurs bouches se trouvent à nouveau et leurs corps commencent à onduler savamment l'un contre l'autre, le salon bruissant des frottements de leurs jeans et de leurs petits soupirs de plaisir. Quand Castiel appuie plus fort leurs bassins l'un contre l'autre avec enthousiasme, le châtain siffle entre ses dents et se cambre, refermant puissamment ses bras autour des reins du jeune homme pour accentuer le contact.
« O- Ok… Cas, je- » Dean balbutie légèrement, le sang battant sourdement à ses tempes et son aine pulsant durement dans son pantalon. « Pas de tapis non plus pour notre première fois, la chambre me paraît plus… appropriée… La chambre, Cas ? »
Le brun sort la tête de son cou et malgré le désir qui enflamme ses sens, le jeune homme ne peut s'empêcher de contempler avec affection.
Castiel a les cheveux complètement ébouriffés, ses yeux brillent comme sous l'effet d'une fièvre terrible et sa mise légèrement négligée lui donne un air délicieusement débauché.
Vaguement éberlué, Dean se demande s'il est possible de tomber encore plus amoureux d'une personne qui possède déjà toute la place disponible dans son cœur, exceptées celle que comble Sam et le refuge. Le souvenir d'un documentaire médical qu'il avait observé distraitement une nuit tandis qu'il ne parvenait pas à trouver le sommeil lui revient soudain en mémoire et entre les valves et les ventricules de son organe vital, le jeune homme se persuade qu'il doit rester encore un petit endroit que Castiel pourrait coloniser tendrement.
Contre lui, le brun hoche la tête d'un air languide et Dean le repousse délicatement pour se relever, attirant le brun à lui en enroulant délicatement ses doigts autour de son poignet.
Tout en bécotant les lèvres pleines et roses, le jeune homme les entraîne lentement vers la chambre dont la porte est restée entrouverte, comme une nouvelle invitation que le châtain compte bien accepter cette fois. Tandis qu'il ouvre un peu plus largement le battant, ses doigts s'égarent sur la chemise sombre de Castiel, commençant à défaire habilement les petits boutons tandis qu'un rire monte en lui en sentant les mains du brun sur ses côtes sensibles, ce dernier ayant passé ses mains sous son tee-shirt.
Dean balaye rapidement la chambre du regard, cherchant un interrupteur avant de sourire. Les rideaux de la baie vitrée donnant sur la marina sont restés entrouverts et depuis la mer, il sent une petite brise agréable effleurer sa peau moite. L'éclairage urbain pénètre doucement dans la chambre, soulignant discrètement les lignes du mobilier et de leurs corps et Dean sent sa poitrine se gonfler d'émotion en songeant qu'il n'aurait rien souhaité d'autre.
D'un geste habile, le châtain termine de déboutonner la chemise de Castiel avant de passer ses mains le long de ses flancs pour remonter crocheter ses doigts à ses hanches et l'attirer jusqu'au grand lit. Dans un ballet étrangement chorégraphié, les deux hommes se glissent sur le matelas et Dean achève de retirer son vêtement au brun, savourant le bruissement sensuel du tissu tombant sur le parquet et l'étendu de peau blanche dévoiler à son regard gourmand.
Sa bouche posée sur la clavicule ciselée de Castiel, Dean sourit doucement en le sentant inspirer brusquement tandis qu'il pose respectueusement ses mains sur son torse blanc. Il effleure les pectoraux et les tétons bruns et le brun gémit doucement contre lui, se cambrant comme pour chercher sa chaleur.
« Encore. Touche-moi encore… », souffle-t-il tout en frissonnant sous l'air frais qui touche sa peau nue et brûlante.
Sentir Castiel à demi-nu contre lui est à la fois une source de bonheur et de fascination incroyable et Dean observe ses mains passer encore et encore sur la peau fine, goûtant le grain lisse et doux qu'il sent sous sa pulpe.
Tout ce qu'il voit n'est que blancheur parfaite et pure, délicatement ombrée par le relief des muscles ciselés. Le jeune homme pose avidement ses lèvres sur l'arrondi d'une épaule ivoirine avant de remonter le long de la ligne du trapèze jusqu'au creux de la clavicule. Sa main droite effleure le creux sensuel des reins avant de longer le tracer des côtes pour aller se loger de manière parfaite sur la nuque, qu'il englobe merveilleusement dans sa paume chaude et calleuse.
Sous son toucher, le châtain sent Castiel devenir progressivement malléable et sensible et il sourit doucement en sentant le jeune homme crisper vivement ses doigts sur le bas de son tee-shirt pour s'accrocher à quelque chose de tangible tout en le tirant plus fort à lui. Dean peut le comprendre. Le brun n'est qu'à demi-dénudé mais il se coule si parfaitement contre lui, vibre si magnifiquement sous ses doigts que le jeune homme pense distraitement qu'il pourrait s'assouvir comme un adolescent juste comme cela, en les respirant, lui et son désir qu'il sent palpiter contre sa cuisse.
Le cou tendu en avant, Castiel cherche à nouveau ses lèvres, plongeant sans hésiter sa langue dans sa bouche tandis que ses mains s'activent sur son bas-ventre. Alors que Dean inspire profondément par le nez pour tenter de garder les pieds sur terre, il frémit en sentant le brun tirer sur le bas de son vêtement afin de le lui retirer d'un seul mouvement.
Le châtain se sent absurdement confiant quand il croise le regard brillant et admiratif de Castiel posé sur lui, sur sa peau dorée un peu marquée par la vie et ses erreurs de jeunesse. Dans un toucher volatile, ses doigts blancs effleurent la ligne tendue de ses biceps, Dean gardant sagement ses mains posées sur les hanches fines du brun. C'est au tour de Castiel de le découvrir, de le caresser à la fois du bout des doigts et du regard et le châtain s'offre en silence, ses reins lécher par une langue de feu tandis qu'il a l'impression que les yeux bleus du jeune homme lui font déjà l'amour.
D'un souple coup de reins, Castiel s'installe plus confortablement sur le dos, entraînant Dean sur lui et le châtain sourit tendrement en voyant ses joues rosir légèrement sous son invitation explicite. La bête grondante et sensuelle semble s'être à nouveau assoupie. Le brun est devenu un adorable mélange de puissance et de timidité, à la fois assuré dans ses désirs mais aussi avide de faire plaisir et de se donner.
Dean vient tendrement cajoler la chair tendre de ses lèvres une nouvelle fois.
Une autre fois, parmi toutes celles qu'il leur reste à découvrir ensemble, ils s'aimeront avec passion, faisant trembler le lit et les murs et le châtain réveillera le félin sensuel qu'il a entraperçu dans les membres déliés et le regard brûlant de Castiel, mais ce soir, ils ont tous les deux envient d'autre chose. Dean n'éprouve qu'une envie brûlante de faire durer ces préliminaires jusqu'au lever du soleil, d'apprivoiser tout le corps du brun du bout des doigts et des lèvres, d'apprendre ce qui le fait vibrer et gémir.
Et leur première fois, leur véritable première fois, sera parfaite, longue et délicieuse. Sans accoudoir de canapé ou tapis crème, seulement des draps propres et frais et elle lui fera murmurer des choses stupides et sentimentales à l'oreille de Castiel quand tremblera lui-même entre ses bras quand la jouissance le terrassera.
Alors, avec la même attention que celle qu'il accorde à ses petits abandonnés du refuge, Dean observe, contemple, admire et touche. Il redessine dévotement du bout des doigts le sternum, les pectoraux et les cotes avant de descendre jusqu'aux abdominaux contractés, effleurant taquinement les tétons bruns et déjà durs.
Sous lui, Castiel commence à onduler du bassin d'impatience et Dean pouffe d'amusement.
Taquin, il effleure la ligne fine de sa mâchoire contractée sous le plaisir avant de faire voyager ses lèvres vers son cou pour aspirer la peau fine et sensible, faisant se cambrer délicieusement le brun contre lui. Tout en butinant tendrement le petit creux délicieux qui se trouve juste au-dessus de sa clavicule, le châtain passe un doigt dans la lisière du jean de Castiel et un petit halètement tremblant effleure doucement son front.
« … Cas ? », l'interroge tendrement Dean tout en relevant les yeux pour chercher son regard.
Il sourit tendrement en croisant les prunelles céruléennes déjà brouillées par le plaisir. Taquin, le jeune homme effleure la peau du bas-ventre caché par le vêtement, s'égarant volontairement du côté du bouton qui le ferme à son regard tendre et curieux. Sous ses doigts, Dean sent le soyeux surprenant des poils noirs qui orne le ventre de Castiel et dont la ligne file mutinement sous la couture de son jean. Ce toucher l'enflamme et le châtain déglutit légèrement. Pris d'une brusque impulsion, il se penche sur le ventre plat et blanc avant de l'embrasser respectueusement, la peau vibrant presque sous ses lèvres.
Castiel gémit doucement et agrippe vivement ses mains à ses épaules, ses doigts s'enfonçant durement dans sa chair. Le brun se mordille les lèvres, les sourcils légèrement froncés et il ferme les yeux avant de hocher la tête tandis que Dean répète son invitation à voix basse, ses lèvres cajolant ses abdominaux et son souffle effleurant son ventre.
« Oui. Oui vas-y, souffle-t-il. Vas-y, je t'en prie… Je t'en prie… », murmure-t-il d'une voix rauque et abandonnée.
Dean sourit tendrement. Avec délice, il entend Castiel balbutier, hésiter, se perdre, comme débordé par ses émotions. Le châtain a l'impression de sentir sa tête s'emplir de coton tandis qu'une bouffée de chaleur inonde ses joues à l'idée qu'il est celui qui fait perdre au jeune homme ses mots et l'esprit, pourtant si brillant.
Avec un respect infini, il fait enfin sauter d'un doigt agile le bouton avant de tirer sur la braguette, savourant le discret glissement de la fermeture éclair. Le bruit métallique semble résonner bruyamment dans l'atmosphère surchauffée de la chambre et quand le jeune homme sent la tirette buter contre le bas de la couture, Dean se jette sur les lèvres de Castiel pour avaler son souffle et lui donner un baiser brûlant qui fait frissonner le brun contre lui.
Cajolant la belle ligne pâle de son cou du bout des doigts, le châtain ouvre de son autre main les pans du jean, dévoilant enfin le sous-vêtement de Castiel à son regard curieux. Ses joues s'embrasent tandis qu'il contemple fixement le tissu bleu roi à l'épais élastique noir.
Il le connaît.
Il l'a déjà vu, soigneusement plié dans ce tiroir en bas de la commode dont le contenu a suffi à rendre ses nuits un peu humides dernièrement.
« Oh, le bleu… », murmure-t-il d'un ton admiratif tout en effleurant la bosse séduisante qui déforme l'étoffe fine.
Il sent Castiel se figer brusquement avant de se redresser mollement sur ses coudes pour le regarder, son corps comme alourdi par le plaisir.
« Qu- Quoi ? », lui demande-t-il avant de retomber sur le matelas et de se tortiller sous lui tandis que Dean raffermit sa prise sur lui avec intérêt.
Le châtain fait venir distraitement ses doigts sur l'érection emprisonnée sous le tissu, le sang battant à ses tempes en sentant la chair brûlante pulser voluptueusement sous sa main.
« Ce n'est pas mon préféré mais je me suis plusieurs fois demandé à quoi tu ressemblerais dedans », continue-t-il à voix basse tout en jouant avec l'élastique noir tissé au logo de la marque. « C'est… au-delà de mes espérances… »
Dean relève les yeux sur le brun en sentant ce dernier agripper vivement son poignet pour lui faire arrêter ses caresses sensuelles.
« Que- Qu'est-ce que tu racontes ? », lui demande le brun d'un ton vaguement incrédule. « Comment ça tu m'as imaginé dedans ? »
Il se mord légèrement les joues.
Est-ce que bon moment pour avouer à Castiel qu'il n'a pas fait que l'imaginer et qu'il le désire depuis des semaines ?
Pour plusieurs raisons qui sont gravées en lettres d'or dans son cœur, juste à côté de sa tendre confession au brun, Dean n'oubliera jamais la soirée d'anniversaire du jeune homme. Et ce tiroir aux merveilles, au montant à moitié couvert de bave de chien et de traces de griffes, le fascine toujours autant.
« J'ai vu à l'intérieur de ton tiroir à sous-vêtements », murmure-t-il avec une pointe de gêne. « Le soir de ton anniversaire, Angie l'avait ouvert en grand et je- eh bien, je l'ai refermé mais j'ai vu à l'intérieur. C'était un tiroir parfaitement rangé ! », s'empresse d'ajouter le châtain. « Vraiment parfaitement bien rangé et- »
Dean siffle d'une voix basse et rauque, quelque chose de brûlant venant lécher ses reins. Se tortillant légèrement pour se décaler sur le côté, Castiel vient d'avancer une main un peu timide entre eux afin de caresser à son tour son érection à travers son jean, le bout de ses longs doigts blancs à peine posé sur son entrejambe et ses ongles grattant la toile épaisse.
« Et le tien ? De quelle couleur est-il ? », lui demande-t-il doucement tout en observant avec fascination le ballet de sa main qui se détache sur le denim brut de couleur sombre.
« Bordel, Cas- »
Le châtain gronde, frémit, et avance inconsciemment les hanches afin d'accentuer le toucher volatile sur son sexe.
Cela pourrait être une demande vraiment chaude, comme une version un peu perverse et piquante d'un tripotage entre deux adolescents mais c'est juste étrangement adorable.
Parce que Castiel le regarde sous ses longs cils noirs tout en se mordillant les joues, ses joues rouges et ses cheveux ébouriffés par les mains câlines de Dean. Et parce que le brun le contemple avec la même admiration que lui. Profonde, sincère et inconditionnelle.
Le jeune homme continue à venir à la rencontre de la main blanche et fine de Castiel en ondulant du bassin, ce dernier frottant légèrement la couture du bout des doigts.
« Et si tu retirais ton pantalon aussi ? », murmure le brun tout en venant gratter ostensiblement le cuir de la ceinture. « Je veux te voir. Te sentir contre moi Dean. »
Le châtain hoche vivement la tête avant d'emmêler ses doigts à ceux de Castiel pour les éloigner de son entrejambe. Dardant sur lui son regard brûlant, Dean porte sa main à sa bouche pour embrasser brièvement ses jointures avec tendresse avant de déboucler rapidement sa ceinture. Quand il ouvre sa braguette, le jeune homme pouffe légèrement en entendant le brun inspirer brusquement, ses joues joliment colorées tandis qu'il se mordille les lèvres avec ferveur.
Un peu maladroitement, parce qu'il ne veut pas s'éloigner trop longtemps ni trop loin du corps blanc et alangui de Castiel, Dean s'empresse d'écarter les pans de son propre jean avant de le retirer, le laissant tomber au pied du lit dans un bruit sourd. En face de lui, le brun s'active à faire de même, ses mains légèrement tremblantes et il attire rudement le jeune homme à lui en enroulant ses longs doigts autour de son poignet.
Le châtain n'a même pas besoin d'indiquer tendrement à Castiel d'écarter les cuisses pour l'accueillir contre lui, ce dernier s'exécute immédiatement et Dean s'écrase contre lui, emporté par le mouvement un peu brusque du brun. Les deux hommes hoquettent légèrement en sentant enfin leurs virilités se toucher à travers le tissu fin de leurs boxers. Dean papillonne un instant des yeux, le plaisir lui vrillant les tempes et les reins, tandis qu'il s'appuie sur ses avant-bras pour ne pas écraser complètement Castiel sous son poids.
« Seigneur, c'est- » Le jeune homme déglutit. « Tu- Tu le sens Cas ? Tu- »
Le châtain rougit légèrement devant son discours un peu décousu mais les mots lui échappent tandis qu'il plonge dans les yeux écarquillés du jeune homme allongé sous lui qui semble comme assommé par son propre plaisir. Son torse se soulève rapidement, le haut de son torse est marbré de plaques roses et Dean approche ses lèvres des siennes pour respirer avec lui. Il sent sa poitrine se gonfler de tendresse en voyant Castiel lui offrir un sourire éblouissant de bonheur, ses yeux bleus légèrement humides et le jeune homme vient doucement cajoler son cou du bout de son nez.
Le châtain cache son sourire contre la clavicule ciselée tandis que le brun entoure rapidement ses bras autour de ses épaules pour l'attirer plus près tandis qu'il enroule sa taille de ses cuisses. Dean grogne contre sa peau humide quand le mouvement provoque une nouvelle friction sur leurs excitations et il sent vaguement Castiel frotter câlinement son front dans son cou.
« Je ne sais pas exactement ce que tu veux que je sente Dean », chuchote-t-il doucement contre la peau moite de son cou. « Mais je me sens tellement… C'est tellement mieux comme ça, quand tu es tout contre moi. Je t'aime Dean. »
Quelque chose d'affolant et de puissant gronde dans la poitrine du châtain et il pose rudement ses lèvres sur celles de Castiel, humides et parfumées, afin de lui donner un baiser brûlant. Un baiser dans lequel il espère mettre tous les sentiments incroyablement forts qu'il ressent pour le jeune homme car sa gorge est un peu nouée.
Couvrant avec attention le brun de son corps, Dean s'enroule autour de lui avant de commencer à onduler savamment des hanches, les berçant dans de voluptueux balancements.
Castiel gémit contre lui.
Il enfonce ses doigts dans la peau de son dos, croise ses talons dans le creux de ses reins pour le tenir contre lui. Les deux hommes bougent langoureusement l'un contre l'autre, buvant leurs soupirs et leurs souffles.
Dean embrasse Castiel et murmure un peu timidement à son oreille, sa peau agitée de frissons. Il n'est finalement pas nécessaire d'attendre leur première fois pour cela. Ses mots sont encore un peu décousus mais il parle d'eux, de lendemains, de petits bonheurs. D'une boîte aux lettres.
Le brun hoche la tête avec ferveur et réitère ses paroles d'amour contre son cou tandis que ses yeux brillent magnifiquement, ses lèvres délicatement ourlées dans un beau sourire bienheureux.
C'est parfait. C'est pour toute la nuit. Pour toute leur vie, Dean le sait.
o0O0o
Le corps délicieusement alangui, Castiel frémit légèrement, un toucher volatile effleurant le haut de son dos. Un petit sourire aux lèvres, il enfouit mollement son visage dans son oreiller avant de frotter sa joue contre la taie d'oreiller douce et parfumée, sa peau agitée de frissons.
Encore à moitié plongé dans le sommeil, le jeune homme reconnaît pourtant sans peine les doigts légèrement calleux et abîmés de Dean qui vont et viennent avec tendresse le long de sa colonne vertébrale avant qu'une bouche chaude ne se pose sur son épaule pour en retracer la ligne du bout des lèvres. Il identifie sans peine son odeur, un peu plus lourde et puissante au matin, et ses gestes, empreints d'une langueur un peu paresseuse.
Castiel gémit doucement quand les dents blanches viennent mordiller taquinement sa nuque, le nez de Dean s'enfouissant dans les petits cheveux qui y meurent tandis que sa main vient cajoler ses côtes. Un petit soupir aux lèvres, le brun roule lentement sur le dos, frissonnant légèrement tandis qu'il libère ainsi son érection matinale qui vient frotter contre le drap, jusqu'à présent inconfortablement pressée contre le matelas.
« Salut Cas… »
Castiel papillonne un instant des yeux avant d'ouvrir plus franchement les paupières et de tourner la tête sur sa droite. Appuyé sur son coude, Dean le regarde attentivement, ses prunelles vertes fixées sur lui. Le brun referme un bref instant les yeux, savourant le regard du jeune homme qu'il sent caresser son visage et son torse avant que ce dernier ne vienne poser une main sur son ventre, son pouce frottant câlinement la peau fine.
Castiel frissonne.
« Hey hun (1)… », lui répond-il d'une voix encore lourde et rauque de sommeil.
Le brun lève mollement un bras pour le porter à la joue du jeune homme avant de faire dévier sa main à sa nuque et de finir dans les cheveux châtains en bataille, lissant distraitement un épi adorable sur son crâne.
Une petite moue aux lèvres, il tend sa bouche à Dean qui pouffe d'amusement à l'entente de son surnom un peu sucré avant de venir lui offrir un baiser profond et humide, définitivement indécent quand son corps est encore alangui par la nuit.
Les doigts du jeune homme sur son estomac reprennent leurs caresses tendres avant de frôler son bas-ventre, passant sous la lisière du drap avant de revenir se perdre dans la fine toison soyeuse qui court sous ses abdominaux dans un geste câlin et invitant.
Il gémit légèrement quand Dean remonte sa main dans une caresse volatile le long de son torse pour attirer une nouvelle fois sa bouche à la sienne, sa langue plus agile et puissante tandis que le châtain se colle plus franchement contre lui. Castiel frémit violemment et se mord les lèvres quand la virilité parfaitement éveillée de Dean vient se frotter câlinement contre sa cuisse.
Frémissant déjà d'anticipation, le brun écarte légèrement les jambes pour s'installer plus confortablement sur le matelas, son propre sexe pulsant doucement sous le drap blanc en coton.
« Fais-le… », murmure-t-il d'une voix grave tout en rouvrant à moitié les yeux pour jeter un regard brûlant au châtain. « S'il te plaît… »
Dean pouffe tendrement contre son cou avant de se glisser habilement jusqu'à sa taille, parsemant son torse de baisers. Castiel sent sa peau s'enflammer à chaque toucher à la fois tendre et brûlant et il écarte plus largement les cuisses pour permettre au châtain de s'installer plus confortablement contre lui.
Un petit sourire aux lèvres, le brun reconnaît sans peine le bruit familier du tube de lubrifiant que Dean a ouvert afin d'en couvrir ses doigts. Le jeune homme n'a même pas encore commencé à le toucher réellement et pourtant, Castiel sent le désir pulser durement dans ses reins, faisant tressauter son érection qui pointe sous le drap. Il se cambre légèrement, roulant inconsciemment des hanches, quand il sent Dean embrasser taquinement son sexe par-dessus le tissu.
Gardant ses yeux fermés, le brun sourit légèrement en sentant le regard émeraude du jeune homme sur lui, caressant sa peau et admirant sa virilité dressée avant de poser sa main sur lui. Castiel se concentre sur ses sensations, poussant la barrière de ses sens encore un peu engourdis par le sommeil pour mieux sentir. Sentir Dean à côté de lui, sur lui, autour de lui. En lui.
Soudain, Castiel hoquette et commence à onduler son bassin. Il le sent. Il sent Dean de manière plus intime à présent. Tout son corps semble s'amollir langoureusement, s'enfoncer dans le matelas tandis que sa peau se couvre d'une sueur finement nacrée et est agitée de frissons.
Le brun est encore plongé dans le brouillard languide qui suit le sommeil mais malgré ses sens un peu émoussés, il ressent parfaitement les doigts que Dean bouge avec précaution en lui tandis que le châtain se penche pour taquiner légèrement sa virilité de ses lèvres.
« Oh Seigneur… Dean… », souffle Castiel d'une voix si basse qu'il se demande si le châtain a pu l'entendre.
Le jeune homme en est assuré quand il sent le jeune homme toucher enfin sa prostate et la gratter du bout de l'ongle un peu taquinement. Castiel miaule de contentement et se cambre voluptueusement. C'est bon. Si bon. Tout est meilleur avec Dean et la sensualité ne fait pas exception. Chacune de leur nouvelle étreinte est plus satisfaisante, comble leurs sens et fait exploser leurs sentiments l'un pour l'autre.
Le mouvement des doigts calleux du châtain se fait plus ample, plus généreux aussi. Ils vont plus loin en lui, toujours plus loin, tout en frôlant avec expertise ce point si spécial qui lui fait perdre l'esprit et le transforme en un instrument qui chante merveilleusement sous les mains de son amant.
Castiel sent sur sa peau les timides rayons du soleil qui percent à travers les rideaux, tièdes et doux. Une légère brise entre également dans la chambre par la fenêtre entrouverte, apportant avec elle la fraîcheur du début de la journée et les parfums puissants et humides de l'automne qui commence à tomber sur Rockport.
Le brun exhale un petit soupir tremblant tandis que Dean relâche son sexe pour le cajoler tendrement au même rythme que les mouvements de ces doigts en lui. Il frissonne, resserre imperceptiblement ses cuisses l'une contre l'autre tandis qu'il commence à se tortiller voluptueusement sur les draps.
« Non Cas, ne bouge pas », souffle soudain le châtain contre ses lèvres. « Reste comme ça. Parfaitement offert. Si parfait pour moi. »
Castiel hoche un peu timidement la tête avant de plier un genou à l'invitation du châtain qui mordille tendrement l'os de sa rotule, calant son pied sur le matelas pour incliner un peu plus son bassin en direction du plafond. Il reste parfois un peu surpris d'entendre Dean vocaliser autant son plaisir et s'il aime entendre son compagnon lui murmurer des mots chauds et moites, le brun reste encore parfois un peu intimidé par la vénération qui transpire de la moindre de ses paroles.
Les caresses reprennent. Languides, profondes, empreintes de vénérations. Et surtout si aimantes et respectueuses.
Dean et lui adorent faire l'amour le matin au réveil, les membres encore alourdis par leur nuit, l'odeur du sommeil flottant autour d'eux. Paradoxalement, au fur et à mesure que le plaisir monte, l'engourdissement rend leurs sens plus acérés, leurs corps plus sensibles, leurs présences plus prégnantes et le plaisir meilleur. Le châtain ne cesse de lui dire qu'il est fascinant dans ces moments, qu'il ressemble à une voluptueuse panthère qui se roule dans les draps et ondule contre lui. Qu'il est plus beau que tout ce qu'il a déjà vu et Castiel rougit, peu habitué à tant de compliments.
Une fois encore, les deux hommes sont d'humeur sensuelle ce matin et Dean vient d'entamer leur week-end de la plus parfaite des manières. Le châtain murmure sans le réaliser des paroles d'amour emplies d'admiration qui le laisse aussi tremblant qu'un baiser humide, ses yeux rivés sur lui.
Tout est meilleur et à la fois si semblable à leur véritable première fois.
Castiel sait que Dean et lui n'ont pas besoin de l'évoquer. Faire l'amour le matin leur rappelle inévitablement ce moment où les deux hommes se sont entièrement donnés l'un à l'autre il y a trois mois.
Tandis que Dean s'applique à redécouvrir son corps de ses doigts et de ses lèvres, son regard admiratif caressant sa peau, Castiel rouvre paresseusement les yeux avant de tourner la tête tout en se mordillant les lèvres pour ne pas gémir trop bruyamment d'envie et d'impatience mêlées.
Il sourit tendrement en voyant le tiroir soigneusement clos de sa table de chevet au petit bouton en céramique colorée. À l'intérieur, posé entre un carnet, des stylos et d'autres menus objets, se trouve une lettre. Un petit mot griffonné par une main attentionnée que Castiel a précieusement conservé malgré les semaines et les mois passés et qui continue de gonfler son cœur d'amour pour Dean.
Quand le brun s'était réveillé le lendemain de leur longue et parfaitement satisfaisante première nuit sensuelle ensemble, la peau encore moite et des frissons voluptueux courant sous sa peau, le jeune homme avait écarquillé les yeux en trouvant le lit vide à côté de lui. Si son cœur s'était gonflé d'appréhension en ne voyant pas les vêtements de Dean sur le sol, son soulagement avait été parfaitement proportionnel à son inquiétude en trouvant une feuille pliée en deux posée sur l'oreiller occupé par son amant. Justes quelques mots, une courte explication indiquant que le châtain était sorti promener Angie qui couinait très fort à leur porte et qu'il revenait à lui dès que possible.
Leur lit. Leur porte. Revenir à lui.
Castiel avait sourit comme un bienheureux à ces mots doux avant de sauter hors du lit pour se doucher et préparer un petit-déjeuner.
Dean était rentré un petit quart d'heure, ramenant une Angie ravie mais légèrement fatiguée par sa balade et un énorme sachet de viennoiseries. Un peu nerveux, Castiel les attendait dans la cuisine, sa poitrine ronronnant à l'idée de couvrir le châtain de baisers mais ce dernier l'avait pris de court. Dean l'avait attiré à lui avec tendresse avant de l'embrasser langoureusement, ses hanches pressées contre les siennes tandis qu'il le pressait doucement contre le plan de travail.
Et tandis que le gras de la pâte feuilletée transperçait le fin papier d'emballage, les deux hommes n'avaient pas attendu plus longtemps avant de faire l'amour pour la première fois, baignés par la lumière claire du début de matinée et Angie assoupie dans son panier. Une merveille de sensualité et de plaisir qui les avait laissés pantelants et vaguement hébétés par leur jouissance, leurs regards plongés l'un dans l'autre et leurs mains s'agrippant férocement comme pour parvenir à revenir à eux.
Castiel se cambre voluptueusement sur le matelas quand il sent Dean insérer un troisième doigt en lui. Ce dernier embrasse avec dévotion la peau soyeuse et sensible à l'intérieur de ses cuisses et le brun frémit, son amant se collant complètement contre lui et son sexe irradiant d'une chaleur un peu humide qui le lance jusque dans ses reins.
Castiel tend une main devant lui à l'aveugle, cherchant à atteindre la virilité tendue et sensible qui palpite contre lui pour la caresser et faire trembler Dean contre lui. Avançant à tâtons, il sent compagnon attraper tendrement ses doigts dans les siens et le brun en profite pour le tirer jusqu'à ses lèvres pour lui voler un baiser brûlant.
Dean continue à bouger ses doigts en lui, le caressant tendrement de l'intérieur, et le brun accompagne langoureusement ses mouvements en ondulant du bassin, un petit cri de plaisir lui échappant tandis que le jeune homme trouve une fois de plus parfaitement sa prostate.
« De- Dean… Assez… », balbutie-t-il tout en dodelinant de la tête sur son oreiller tandis qu'il sent la jouissance approcher bien trop vite, une langue de feu lui léchant les reins. « Assez… Je te veux en moi. »
Il entend le jeune homme gronder à côté de lui et Castiel sent sa poitrine se gonfler d'une modeste satisfaction. Si le brun admet avec humilité que Dean sait le rendre fou de désir et de plaisir d'un regard ou d'un baiser, il sait qu'il a tendance à sous-estimer le pouvoir qu'il possède lui aussi sur les désirs du jeune homme pourtant tellement assuré dans son plaisir.
Pouffant doucement, Castiel s'étire voluptueusement en une longue ligne pâle sur le matelas avant de lui sourire lascivement et de couler un regard brûlant dans sa direction sous ses longs cils noirs. Dean lui renvoie un regard si indécent que le brun se sent rougir malgré lui.
Castiel frissonne violemment en sentant Dean retirer avec précaution ses doigts de lui, caressant taquinement son intimité du pouce, avant de ramper jusqu'à lui, calant son bassin sur ses cuisses. Le brun hoquette en sentant leurs virilités se toucher dans le mouvement avant de soupirer de bonheur en entendant les bruits humides que fait Dean en couvrant son érection de lubrifiant.
« Mon dieu, si seulement tu pouvais te voir Cas… », murmure-t-il d'une voix rauque et vibrante d'émotion tout en continuant à se caresser langoureusement. « Je t'ai à peine touché et c'est comme si tu vibrais. Tu es encore sensible d'hier soir et il y a encore mon odeur en toi. Encore de moi en toi… »
Castiel gémit bruyamment aux paroles qui allument un brasier incandescent dans son bas-ventre et il ondule plus fort encore, les muscles de son torse bandés sous l'effort et ses cuisses cherchant à se resserrer spasmodiquement autour des hanches de Dean. Le jeune homme embrasse doucement l'intérieur la peau fine et sensible derrière son genou droit avant d'écarter à nouveau tendrement ses jambes. Les yeux à demi-clos, le brun l'observe se mordiller les lèvres, ses joues rosies par l'excitation et son front couvert d'une fine sueur nacrée tandis qu'il prend son sexe pour se guider vers son intimité.
Quand il sent le gland humide le frôler, Castiel exhale une longue plainte voluptueuse qui fait bruyamment grogner Dean. Il sent sa poitrine se soulever dans un rythme erratique, tout son corps tendu dans l'attente du moment parfait qui les verra enfin uni de la plus intime des manières. Le jeune homme sent ses yeux s'emplir de larmes tandis qu'un sourire béat vient ourler ses lèvres en sentant le châtain s'enfoncer imperceptiblement en lui, ses abdominaux magnifiquement contractés et ses yeux fixés attentivement sur lui pour ne manquer aucun signe d'inconfort.
« Seigneur, c'est si bon Cas… », murmure Dean avec dévotion.
Le brun hoche frénétiquement la tête, des étoiles venant brièvement danser derrière ses paupières à demi-closes et il étend ses bras de part et d'autre, crispant ses mains afin de se raccrocher à quelque chose. Il sent l'immense amour de Dean pour lui dans la moindre de ses respirations, dans la plus infime des paillettes dorées qui luisent délicatement dans ses prunelles émeraudes et Castiel allonge un peu plus ses longs membres avec délectation.
Le jeune homme fronce imperceptiblement les sourcils quand ce qui ressemble à un petit souffle vient effleurer le bout de ses doigts, serrés sur les draps au bord du matelas, mais Dean amorce un petit mouvement de retrait de son intimité avant de revenir avec tendresse qui brouille un instant ses pensées. Il sent son bassin onduler savamment pour recommencer sa progression sensuelle et Castiel sourit avant de sursauter violemment.
Le brun vient de sentir une petite caresse mouillée sur ses doigts. Il rouvre brusquement les yeux et tourne si vite la tête sur le côté qu'il entend sa nuque craquer désagréablement.
« Angie ! », s'exclame-t-il
Castiel se redresse si vite sur le matelas qu'il manque de heurter le menton de Dean qui se penchait sur lui et le jeune homme le repousse si vivement qu'il fait tomber le châtain du lit dans un enchevêtrement de membres peu élégants.
Sagement assise à côté du lit, sa tête intelligente appuyée sur le matelas et ses grands yeux fixés sur eux, la jeune chienne a la tête légèrement penchée sur le côté et elle aboie avec enthousiasme en remarquant qu'elle a attiré leur attention. Les joues brûlantes, Castiel ramène rapidement les draps sur son corps pour se couvrir, jetant un regard empli de culpabilité vers le bout du lit d'où lui parvient un petit grognement.
« Merde Cas… »
Bien malgré lui, le brun sourit tendrement en voyant Dean émergé du bord du lit, ses cheveux adorablement ébouriffés et ses pommettes rougies.
« Je- Excuse-moi », balbutie-t-il tout en tentant de cacher le rire qui monte lentement dans sa gorge devant l'absurdité de leur situation. « C'est Angie, elle est là », lui fait-il constater un peu stupidement.
Dean écarquille un instant les yeux, son regard passant successivement de Castiel à la chienne qui jappe joyeusement, sa queue balayant la moquette, avant d'éclater d'un beau rire. Le châtain passe rapidement sa main sur son visage avant de se redresser souplement d'un coup de reins en s'appuyant sur le matelas. Le brun rougit violemment en voyant se déployer devant son regard gourmand le corps superbe du jeune homme et sa bouche s'assèche quand ses yeux caressent la peau dorée pour arriver à sa virilité tendue et luisante qu'il a senti si intimement en lui il y a encore quelques secondes.
« Je l'aurais deviné quand tu as couiné Cas », le taquine le Dean tout en haussant un sourcil suggestif quand leurs regards se croisent et le brun crispe légèrement ses doigts sur les draps.
Dans un petit gloussement, le châtain contourne le lit pour rejoindre la chienne qui se redresse vivement en le voyant venir vers elle. Dean cajole un instant sa jolie tête fine avant d'attraper habilement son collier pour l'entraîner en dehors de la chambre.
« Aller viens-là gamine, papa et maman ne sont pas encore officiellement levés », ricane le châtain tandis que Castiel sent ses joues flamber plus fort. « Tu vas devoir t'amuser seule encore un petit moment Angie. Un long moment en fait… »
Droit sur le matelas, les draps toujours repliés autour de son bassin afin de cacher sa nudité et son excitation, Castiel observe Dean traverser la chambre dans une parfaite décomplexion, tirant Angie derrière lui jusqu'au salon tout en lui offrant la vue parfaite de son dos musclé et de ses fesses galbées.
Après les avoir enfermés soigneusement, le jeune homme revient ensuite d'un pas souple jusqu'au lit avant d'offrir un sourire carnassier au brun et de l'allonger à nouveau dans les draps, ses doigts se perdant à nouveau tendrement sur sa peau.
« Je pense qu'elle devait s'inquiéter pour toi », murmure Dean contre ses lèvres qu'il vient butiner taquinement. « Tu as dû crier plus fort que je ne le pensais ce matin… »
« De- Dean, attends… » Castiel accroche ses mains aux puissantes épaules afin de le repousser mollement, son aine se remettant à picoter agréablement. « Tu- Tu veux tout de suite qu'on- ? »
Le brun se cambre légèrement sous le toucher qui se fait plus précis tandis que Dean mordille son ventre et repousse sensuellement le drap de son excitation. Castiel rougit légèrement en voyant le jeune homme relever la tête vers lui, haussant un sourcil curieux.
« Tu veux me demander comment je fais pour avoir de nouveau envie de toi alors qu'on vient d'être interrompu de la plus brutale et adorable des manières ? », lui demande le châtain d'un ton docte. « Parce qu'il suffit que je te voie nu pour avoir envie de te faire l'amour un peu plus fort chaque jour Cas… »
Le jeune homme sent ses joues flamber violemment et il se tortille sous les baisers taquins de Dean qui cajole la peau de son ventre du bout des lèvres.
« Mais- Mais elle couine… », halète-t-il tandis que ses lèvres se tordent dans une petite moue.
Dean relève vivement la tête vers lui, écarquillant les yeux de surprise.
« Tu es sérieux ? » Le jeune homme hausse un sourcil moqueur avant de tourner la tête vers la porte pour tendre l'oreille. « Oui, elle couine », acquiesce-t-il après quelques secondes d'attention. « Mais elle doit apprendre que les adultes ont parfois besoin de temps pour eux. Elle te mène vraiment en bateau Cas… », pouffe tendrement le jeune homme avant de poursuivre ses caresses. « Angie va très bien. Maintenant, si tu le veux toujours, laisse-moi te faire l'amour comme un fou avant qu'on ne commence notre week-end de congés ensemble. »
Castiel hoche vivement la tête avant d'enrouler ses bras autour des épaules de Dean pour le serrer contre lui, un gémissement puissant passant la barrière de ses lèvres. Dehors, le soleil se lève lentement, ses rayons se faisant plus chauds et caressants, et la brise agite lentement les rideaux. Ils bougent au même rythme que les ondulations du châtain contre lui et Castiel sourit doucement, enfouissant ses mains dans les cheveux ébouriffés de Dean.
Oui, il le veut.
Pour toujours.
(1) Un petit détail anecdotique concernant le surnom "sucré" donné par Castiel à Dean dans leur lit.
"Hun" est le diminutif de "honey", un surnom tendre très courant dans le monde anglo-saxon qu'on peut traduire par "mon/ma chérie" ou "mon coeur". Il est généralement utilisé dans une conversation plus formelle avec un inconnu tandis que "honey" est réservé au couple mais je me suis permis une petite liberté.
Je l'ai trouvé attendrissant sans être trop cliché et qu'il pouvait tout à fait être prononcé dans l'intimité de leur chambre à coucher quand Castiel est à moitié endormi :)
