Lonely angels : L'âge de la maturité


I ans, j'écrivais le brouillon du premier chapitre de ce qui allait devenir une saga énorme. J'étais pleine de doutes, et de frustration, et d'angoisse et je n'ai pas réussi à passer le cap du premier chapitre. Il m'a fallu attendre un an pour m'y remettre, et lentement, lentement, finir par écrire mon premier tome.

Au fur et à mesure du temps, une longue, longue histoire est née.

WTF, ça fait déjà 6 ans.

J'ai fini mes études, perdu des amis, me suis fait de nouveaux amis, connu pleins de jobs et basiquement, je me suis autant régénérée que le Doc. Cette histoire a été une de mes seules constantes et avoir enfin fini de l'écrire est à la fois un choc, un soulagement et une grande tristesse. Qu'est-ce que j'en ai chié, p*. Il y a tellement de moments où j'ai cru lâcher le morceau, mais j'ai continué et aujourd'hui, je l'ai finie!

70 petits (mouahah) chapitres tous prêts tous beaux, avec une fin que j'avais en tête depuis le premier chap du premier tome i ans. Comme Dame JK Rowling. C'est pas beau ça la comparaison? Non il est minuit et je suis déchirée, mais voilà je suis fière. Et stressée. Et angoissée. Comme i ans.

Lonely angels : L'âge de la maturité.. bonne lecture!


Chapitre 1


Rose poussa un cri surexcité.

Autour d'elle, le paysage défilait à toute vitesse, les flammes multicolores explosant autour du vaisseau pour créer une myriade arc-en-ciel. La jeune femme s'agrippa un peu plus fort à la porte, lâchant un nouveau piaillement de plaisir lorsque le Tardis fit une embardée, s'envolant sur une des lames cosmiques pour atterrir des centaines de kilomètres plus loin. Ses cheveux volaient en pagaille autour de son visage, la poussière de feu l'illuminant pour mieux créer des reflets dorés au fond de ses prunelles châtains.

Accoudée à la porte du Tardis, ses traits perdus en une expression de délice pur, Rose était l'image du plaisir même.

Le sourire de la blonde augmenta, et elle tourna la tête vers ses compagnons, hurlant au milieu du tonnerre ambiant:

-Docteur !

Le Seigneur du temps lui rendit sa propre version de sourire fou, ses yeux pétillants alors qu'il dévorait du regard la jeune humaine. Jamais il ne se lasserait de ce genre d'image: c'était la raison même pour laquelle il continuait à voyager, la raison pour laquelle il laissait des inconnus monter à bord de son vaisseau.

Ce plaisir ivre qui envahissait leurs veines jusqu'à les faire bouillir. Ce besoin intense de ressentir toujours plus, tout le temps.

Cette folie commune qui reliait tous les habitants du Tardis.

Ses mains dansaient sur la console de celle-ci, effectuant un enchaînement répété des milliers de fois. Face à lui, Jack en répétait une identique, leurs mouvements parallèles opérant dans une alchimie aussi étouffante que chaotique. Le capitaine tendit la main vers un levier, le geste déclenchant une sonnette d'alarme dans l'esprit du Docteur qui hurla:

-Jack ! Ne touchez pas à..

La détonation qui en résulta envoya voler les deux hommes sur le sol alors que Rose se trouvait projetée au dehors, un hurlement strident s'échappant de la gorge de la blonde qui eut à peine le temps d'attraper le battant de bois.

-Docteeeeeeeeeeeeeeur !

-Rose !

Déjà le Seigneur du temps se redressait, luttant pour se lever en même temps qu'il tendait la main vers sa compagne. Celle-ci ferma les yeux, se cramponnant de toutes ses forces à la porte du vaisseau qui, sans pilote pour la guider, se dirigeait droit vers une mer de débris de comètes.

La main du Docteur se referma autour du bras de la jeune femme en même temps que le poing de Jack s'écrasa sur un bouton. Le Tardis bondit sur la droite, la coque bleue laissant s'échapper un sifflement aigu alors qu'elle était rayée par les astéroïdes.

Le duo s'effondra sur le sol, les bras du Seigneur du temps fermement enroulés autour du dos et du crâne de Rose : celle-ci lâcha un juron sonore alors qu'ils roulaient jusqu'à la console, dans un mélange de jambes et bras non identifiés.

-Rose ! Doc !

Jack venait de leur sauter dessus, son inquiétude faisant se tordre sa voix. Il recula précipitamment, cependant, devant le regard noir du Docteur. Le capitaine grimaça, sachant reconnaître une future réprimande quand il en voyait une, et jugea plus prudent d'établir une distance de sécurité jusqu'à ce qu'il soit certain que sa vie n'était plus en danger.

Sans lui accorder la moindre attention, son ami reporta son regard sur Rose, sa voix tendue alors qu'il demandait :

-Rose ? Est-ce que vous allez bien ? Vous êtes blessée ?

-Urg..

La blonde releva une expression blanche vers lui, avant qu'un sourire maniaque n'étire ses lèvres.-

-Meilleur. Envolée. Du. Siècle.

Et simplement avec ces mots, la tension disparut.

Les épaules du Docteur retombèrent, en même temps que sa peur que sa compagne se soit blessée s'évapora. Il lâcha un infime soupir de soulagement, sa main remontant vers le visage de la jeune femme pour repousser une des mèches sauvages tombées devant ses yeux.

-Heureux que vous alliez bien, murmura-t-il doucement, ses prunelles bleu nuit s'ancrant dans celles châtains de sa compagne.

Comme cela semblait être le cas à chaque fois qu'ils étaient dans la même pièce, une conversation silencieuse s'établit, les mains de Rose venant se poser inconsciemment sur le torse du plus âgé. Elle était toujours à moitié assise sur ses jambes, leur proximité n'échappant à aucun des deux concernés dont le rythme cardiaque augmenta brutalement.

Jack roula des yeux, hésitant entre leur hurler de s'épancher ou effectuer un repli stratégique: peut-être, avec beaucoup de chance, que s'ils se pensaient seuls, peut-être que ces deux abrutis...

Le Docteur détourna brutalement la tête, un long sifflement lui échappant en même temps qu'il se redressait. La fine couche de cristal qui les entourait lui et Rose disparut avec ce geste, semblant exploser en milliers de petits morceaux fracturés pour ne laisser qu'une atroce gêne. La jeune femme sentit ses joues s'empourprer, le bas de son ventre se tordant en même temps qu'elle se relevait précipitamment, imitée par le Seigneur du temps.

-Ce n'est pas le problème principal, cependant. Jack se tendit en le voyant pivoter brusquement vers lui, son regard tempétueux. Allez-vous me dire ce qui vous est passé par la tête, capitaine ?

-Oh, ne vous en prenez pas à lui, Docteur! s'exclama Rose. Je vais bien ! Et vous étiez deux à piloter !

-Je ne suis pas celui qui appuie sur des boutons sans réfléchir !

-Parce que cela ne vous arrive jamais de vous tromper, ironisa la blonde. Et il nous a sauvés en lançant le pilotage automatique !

Le Docteur ouvrit la bouche pour protester, mais sa tirade mourut devant l'expression amusée de Rose. Les lèvres de cette dernière s'étirèrent un peu plus, jusqu'à laisser s'échapper un ricanement. Les pans de la bouche du Seigneur du temps s'étirèrent vers le haut, l'humour de la situation le saisissant finalement pleinement.

Jack leur lança un regard nerveux, toujours peu certain de son sort.

-Est-ce que cela veut dire que je ne vais pas finir jeté dans l'espace ?

Rose explosa de rire, alors que l'expression du Docteur se métamorphosait en un mélange de dédain et moquerie.

-Tu me dois définitivement un verre !

Un sourire canaille étira les lèvres du capitaine. Rose poussa un cri qui se changea en un autre fou rire alors qu'il l'attrapait par la taille, la penchant en arrière.

-Une danse pour me faire pardonner ?

-Couché, capitaine! grogna le Docteur, son expression sévère ne dissimulant en rien le pétillement de ses yeux.

-Maintenant ? Je savais qu'il y avait un fauve en vous! répliqua le jeune homme, s'attirant un grognement de la part de la blonde perdue dans ses bras, en même temps que l'intéressé lui faisait un clin d'œil.

-Vous n'êtes pas de taille pour tenir, capitaine !

-C'est un défi ? J'accepte le challenge !

-Oh bon Dieu, prenez une chambre, râla Rose en reculant, avant de rouler des yeux avec affection lorsque Jack déposa un baiser sur le dessus de sa main.

-Peut-être plus tard, commenta-t-il en fixant le Docteur, qui souriait toujours. Mais avant cela, je te dois un verre. Et je sais exactement où je vais t'emmener!sourit-il, son excitation évidente.

-Pourquoi je sens se pointer les ennuis?sourit Rose.

Jack posa la main sur son cœur, son expression se faisant faussement blessée.

-Fleur de mon cœur, comment oses-tu douter de mon honnêteté ?

-C'est avec ce genre de répliques que tu les fiches tous dans ton lit ?

Le Docteur roula des yeux en même temps que le sourire de Jack se faisait salace.

-J'apprécierais de savoir où vous comptez nous emmener ! Aux dernières nouvelles, je dirige toujours ce vaisseau !

-Chef oui chef! Rose, garde-robe, maintenant ! Il va falloir augmenter un peu le niveau vestimentaire si tu veux entrer ! Et vous, ordonna-t-il en pointant du doigt le Docteur, allez mettre un pull propre !

L'intéressé fronça les sourcils, mais son envie de ronchonner disparut devant la joie toute enfantine qui venait de saisir ses compagnons. Rose bondissait littéralement sur le sol, l'excitation d'un voyage, où et quand qu'il soit, l'envahissant comme à son habitude. Il roula des yeux avec affection en la voyant saisir la main de Jack, le duo s'enfuyant dans le couloir à grand renfort de rires et cris exaltés.

La vie était si simple sur le Tardis. Jamais il ne s'en lasserait.

Il ne fallait qu'espérer que la destination vers laquelle projetait de les emmener le capitaine ne les ferait pas terminer dans un énième cachot.

Ce n'est pas comme s'ils n'étaient pas familiers avec les courses-poursuites, après tout.


Et c'est reparti!