Peter Pettigrew n'était pas un enfant comme les autres. Déjà à onze ans il se retrouvait souvent en pleurs dans les toilettes de son dortoir qu'il partageait avec des garçons qui n'étaient pas comme lui. James Potter, Sirius Black et Remus Lupin étaient des sortes d'extraterrestres à ses yeux. Ou alors il était lui-même l'extraterrestre dans cette affaire. Toujours étant que le garçon rondouillet de première année qu'il était arrivait sans mal à se trouver multiples différences avec les trois garçons. Ceux qui marchaient rapidement, qui rigolaient avec tout le monde mais qui, derrière ces sourires très convaincants, se permettaient de cacher certaines choses. Peter Pettigrew était, quant à lui, un simple enfant presque inutile. Une sorte de personnage tertiaire dans un des nombreux livres qu'il adorait lire. Et ce n'était pas faute d'avoir essayé, pendant plusieurs mois, à faire disparaître ses défauts pour se faire une place sur le devant de la scène.

Bien avant d'arriver à Poudlard, il lui arrivait déjà de se prendre des moqueries. Bien placées. Celles sur son poids en particulier. Parce que vous voyez, c'était toujours plus intéressant de s'en prendre au physique de la personne, quelque chose que l'on voit, que tout le monde voit, plutôt qu'à quelque chose qu'on ne voit pas. La vie de famille par exemple. Personne n'aurait jamais pu s'en prendre à Peter sur ce point là. Parce que sa famille était parfaite en tout points. Sa grande sœur était magnifique, une jeune femme aux grands yeux bleus et aux cheveux si blonds qu'on aurait presque dit du gris ou du blanc. Elle était formée comme une belle bouteille, d'une taille parfaite, ni trop grande ni trop petite. Même ses pieds, Peter les trouvait beaux. Et Merlin sait que Peter Pettigrew a une aversion certaine pour les pieds. Sa mère et son père étaient des personnalités reconnues dans le monde entier, autant chez les sorciers que chez les moldus et il n'était pas rare pour le couple de voyager, laissant leurs enfants à la merci des nourrices qui logeaient dans leur grande maison pour garder un œil sur eux. La seule chose qui faisait de Peter Pettigrew, le petit gros du quartier, quelqu'un d'important, c'était son sang-pur. Le sang-pur qui coulait dans ses veines faisait tout.

C'est en entrant à Poudlard qu'il commencera à prendre confiance en lui, en rencontrant ceux qui avancent sans se soucier de l'avis des gens. Ceux qui, pour une fois, lui tendront la main. Pourtant, au fond de lui il reste cette partie de lui-même qui le lui montre, son lui qu'il déteste tant. Tous les soirs, il s'endort, ferme les yeux, bien emmitouflé dans sa couverture. Quand d'autres ne voient que le néant en fermant les yeux pour se laisser aller dans les bras de Morphée, Peter voit la pire partie de lui-même. Celle qui le rabaisse, celle qui est d'accord avec ses harceleurs. Avec ceux qui, inconsciemment, lui brisent le cœur, petit à petit.

" James et Sirius auront beau le défendre, ils auront beau dire ce qu'ils souhaitent à ces petits rats... On ne change pas le petit gros du quartier. "

Cette nuit-là, Peter n'avait pas réussi à dormir. Il s'était réveillé à maintes reprises, non pas à cause de cauchemars quelconques, mais bien à cause de cette partie de lui-même qui s'amusait à lui montrer tous ses défauts. Celle qui prenait malin plaisir à voir le garçon se faire du mal, quand ses amis ne le regardaient pas. À voir les larmes couler le long des joues potelées de cet enfant qui les détestait, ces joues. Mais qui ne pouvait pas y faire grand chose. Après tout qu'est-ce qu'il pouvait bien faire ? Il avait beau se mettre au sport comme le lui avaient suggéré James et Sirius, il se remettrait à manger aussitôt sa séance terminée. Et ils savaient très bien que ce n'était pas dans cet état d'esprit qu'il allait changer quoi que ce soit. L'envie y était. Celle de maigrir, de devenir plus " beau " plus " regardable " aux yeux de la société. Mais celle de continuer à se faire plaisir et de vivre comme il l'entendait également.

Il avait enfilé sa robe de sorcier, pour cacher ses cicatrices, celles qu'il n'ose pas montrer. Il avait également piqué la cape d'invisibilité de James dans la malle au pied de son lit, et la carte du maraudeurs sur la table de chevet de Remus et s'était éclipsé de la chambre. Il était peut-être imposant, mais il avait la particularité d'être assez discret. C'est comme ça qu'il berna Miss Teigne et Rusard et se retrouva sans problèmes dans la grande étendue d'herbe qui leur servait de cour lorsque le soleil était haut dans le ciel. C'est arrivé à cet endroit, qu'il pensait jusqu'à ce moment-là inconnu dans autres élèves, qu'il rencontra cette fille. Celle que l'on fuit de par sa bizarrerie.

Quand elle marche dans les couloirs, on ricane. Parfois on lui jette quelque chose. Une boule de papier mâchée, un bâtonnet de sucette. La demoiselle n'a pas de nom de famille, et dès qu'elle avait posé son fessier sur les bancs des Serpentard en première année, Peter avait senti que ses six années restantes à Poudlard ne seraient pas de tout repos pour elle. C'était comme si elle n'appartenait à aucune maison lorsqu'on la voyait. Comme si elle se contentait d'une simple cravate noire et d'une robe de sorcier quelconque. Personne ne voyait les couleurs vert et argent sur ses vêtements, et pourtant elles étaient bien là. Et l'attitude de la demoiselle le fascinait. Malgré toutes les moqueries et les sifflements qu'elle recevait sur sa route, la demoiselle que l'on surnommait parfois le " garçon manqué " de part ses cheveux courts ne disait rien. Ses lèvres restaient fermées, en une ligne fine et droite. Mais ce qui déstabilisait plus le garçon, ce qui le déstabilisait plus qu'autre chose, c'était son absence d'expression.

Elle ne prenait pas le temps de s'arrêter, de jeter un regard vers les personnes qui la harcelait. Elle continuait simplement sa route sans rien demander d'autre. Elle ne leur demandait même pas d'arrêter, et Peter savait que ça les énervait, ça se voyait. Il l'avait compris au fil des années, le silence était la meilleure arme de l'harcelé. Puisque rendre les coups se révélait inutile, et que le silence n'était d'habitude pas ce qu'ils récoltaient.

- Qu'est-ce que tu regardes, comme ça ? S'enquit la Serpentard en se penchant vers Peter.

Les joues du blondinet s'empourprent. Il recule légèrement, manquant de s'emmêler les pieds dans sa robe de sorcier qui traînait par terre, un peu trop longue pour lui. Il se couvre le visage, gêné. Pour quelles raisons ? Va savoir. Beaucoup de garçons trouvent la demoiselle jolie, se demandant à quoi elle peut bien ressembler si elle sourit un tout petit peu. Pourtant la voici, le visage presque détendu, l'ombre d'un sourire à la réaction légèrement démesurée de Peter.

- Je... Je suis désolé, je ne voulais pas paraître... Balbutia le rondouillet en jouant avec une de ses manches.
- Ne t'inquiètes pas, je m'en fiche. Je te taquine, c'est tout.

Elle secoue la tête, reportant son regard sur le ciel étoilé. Peter suit son regard, le ciel est beau. Magnifique. Cette nuit-là, Peter pu regarder le ciel sans même se soucier de qui il était. Finalement, il s'avérait que la demoiselle n'était pas si inaccessible qu'elle en avait l'air. À vrai dire, Peter la trouvait même très agréable à vivre. Il apprit que la jeune fille s'appelait Alicia, et qu'elle avait perdu la mémoire depuis plusieurs années maintenant. Elle avait même abandonné l'idée de retrouver cette dernière un jour et avait décidé de vivre au jour le jour. L'absence de nom de famille de la jeune brune s'expliquait par son statut d'orpheline. Elle habitait dans un orphelinat pour sorciers, qui avait été créé aux suites de la guerre dont avait été victime le monde sorcier.

- Mais du coup, commença Peter un peu gêné, tu... Tu n'as pas vraiment d'amis ici, je me trompe ?

Surprise, la demoiselle tourne vivement la tête vers Peter. Il peut apercevoir des rougeurs, discrètes mais bien présentes sur ses pommettes, et il se sent, pendant un moment, mal de l'avoir mise mal à l'aise. Du haut de ses quinze ans, le garçon ne souhaite pas perdre la seule personne qui pour l'instant fait abstraction de son physique en dehors de Remus, James et Sirius. Cela ne fait que quelques minutes qu'ils discutent ensemble, et pourtant il est bien l'un des seuls à connaître un minimum la demoiselle.

- Pas vraiment non, avoue-t-elle en secouant les épaules, toi tu as... Remus Lupin et les deux autres, non ?

Peter ricane, elle a appelé James et Sirius " les deux autres " alors qu'ils sont énormément populaire au sein de l'école. Toutes les filles ont leurs noms à la bouche, c'est surprenant et drôle à la fois de voir que la jeune fille ne connaît aucun des deux mais uniquement celui de Remus. De plus, le fait qu'elle sache qu'il était l'ami de James, Remus et Sirius montrait que la demoiselle le regardait, faisait attention à lui. Il en rougirait presque, le bougre.

- James et Sirius oui.
- Je n'arrive jamais à les reconnaître.
- Pourquoi ? Ils ne se ressemblent pas du tout, pourtant.

Bien que la bêtise de l'un valait la bêtise de l'autre, ils ne se ressemblaient pas tant que ça. Alicia hausse les épaules, qu'est-ce que ça pourrait lui faire de toute manière. Ce n'était pas comme si l'un des deux allait un jour poser ses yeux sur elle. Un long soupire s'échappe d'entre ses lèvres, elle s'étire, un bâillement se joignant à la parade. Pendant ce temps, Peter observe et Peter apprécie. Un petit sourire se dessine sur son visage, et l'espace d'un instant, pour une fois depuis un nombre incalculable de nuits, se détend aux côtés de son amie.

C'est après cette rencontre que Peter commença à prendre sa vie en main. Il l'avait décidé dès le lendemain matin ; ses défauts allaient disparaître et on arrêterait de l'harceler. Pourtant la manière de faire ne fut pas la meilleure, mais bien sûr, il se gardera de le dire. C'est pour ça que quand un Peter Pettigrew beaucoup moins rondouillet qu'avant se présenta sur le quai du Poudlard Express le jour précédant sa rentrée de septième année en compagnie de sa grande sœur, James et Sirius ne le reconnurent pas tout de suite.

- Peter ! C'est toi ? Je me disais bien que ces yeux bleus me disaient quelque chose ! S'exclama James Potter en passant un bras autour des épaules de son ami.

Celui-ci se crispe à ce geste, l'idée simple qu'une moquerie sorte de la bouche du brun lui effleure l'esprit. Mais, c'est impossible n'est-ce pas ? James Potter est son ami. James Potter est un garçon qui l'apprécie, jamais il ne lui ferait ça. Et il a bien raison. Quand son regard quitte ses chaussures pour tomber sur le visage de Sirius, le sourire débordant de fierté que lui donne le brun lui réchauffe le cœur. Mais ce qui lui fait le plus plaisir, ce n'est pas le décoiffage amical de Remus, non. C'est le regard et le hochement de tête d'Alicia, qui, en montant dans le Poudlard Express lui adresse avec un signe de la main, à lui et Remus. Il aurait presque pu voir de la fierté dans les yeux de la demoiselle, et ça c'était son plus beau cadeau.

- T'es ami avec elle ? S'enquit Sirius en jetant un coup d'œil dans la direction dans laquelle Peter regardait.
- Hm, oui on peut dire ça.
- Elle est très belle... C'est ta copine ? Demanda brusquement la sœur du rat de la bande.

Cette question eut l'effet de rendre le visage de Peter plus rouge que nécessaire. Il en fumait presque et James commença à railler le garçon qui, sourcils froncés, secouait la tête à chaque suggestion toutes plus bizarres et gênantes les unes que les autres. C'était ça, le mal être de Peter Pettigrew. Ses rondeurs indésirées.

- Tu viens pas Peter ?
- Non, allez-y avant.

Sirius et James haussent les épaules, saluant la grande sœur du blond. Remus était déjà monté dans le train pour leur réserver un compartiment et se préparer pour la réunion des préfets. Une fois les deux idiots montés dans le train, la sœur de Peter pose sa main sur l'épaule du garçon qui, après avoir soupiré, se tourne vers elle. Un sourire contrit au visage. La blondinette fronce les sourcils, inquiète. Elle veut en être sûre avant de le laisser repartir à Poudlard, elle veut être sûre que son petit frère sera en sécurité et en bonne santé là-bas. Elle sait très bien qu'il ne voudra jamais en parler, qu'il ne voudra jamais rien dire à Remus, Sirius et James. Encore moins à ces deux derniers de peur de les décevoir.

- Promets moi.
- Je l'ai déjà fait, grande sœur...
- Peter je ne rigole pas, promets-le !
- D'accord. Je te le promets, je ne le referai plus.

Mensonges. Comment oses-tu faire ça en la regardant dans les yeux ? N'as-tu donc aucun scrupules ?

- Je plaisante pas, sinon je le dirai à maman et papa.
- Si tu fais ça, ça serait comme me tuer.

Elle fronce les sourcils, ayant presque envie de gifler le garçon. Qu'est-ce qu'il racontait, d'un coup ? Elle secoue la tête, ne faisant pas grande affaire de ces paroles et préfère plutôt prendre son frère dans ses bras. Il en lâche son sac sous la surprise, mais finit par rendre l'étreinte à la demoiselle après un petit moment à traiter l'info.

- Je t'aime petit frère ? Peu importe comment tu es, je t'aime. Ne te prive pas et mange ce que tu veux manger, c'est ta dernière année. La dernière fois que tu pourras goûter tous les bons plats des elfes de Poudlard, plaisante-t-elle.

Peter remarque malgré tout le tremblement dans sa voix et ses yeux légèrement plus brillants que tout à l'heure, quand bien même elle essaye de cacher son bouleversement, mais ne dit rien. C'était son choix, et c'était la seule façon qu'il avait trouvé pour se sentir bien dans sa peau, sans se priver pour autant. De toutes manières, sa sœur avait toujours été un peu trop émotive à son goût.


Il l'avait juré sur son honneur, et beaucoup savaient déjà que Sirius Black était une personne qui n'avait qu'une seule parole. Il avait juré devant Orion Black et Walburga Black qu'il ne sera jamais, ô grand jamais un serpentard. Qu'il ne suivrait pas les pas de son père, de sa mère, de son oncle Cygnus ni même de son grand-père Pollux mais qu'il préférait cent fois suivre ceux de son oncle Alphard. Le plus jeune de la fratrie avait eu le mérite, aux temps de Walburga, de ne pas avoir la même pression que les deux autres. Quand l'une devait être une femme irréprochable, et savoir tirer les ficelles comme une reine, l'autre devait garder la tête haute en toutes circonstances et toujours avoir un coup d'avance sur le reste des familles enregistrées dans le registre des sang-purs. Alphard étant le plus jeune, il n'avait plus rien pour briller que son obéissance qui, rapidement, disparue. Cela n'avait été un secret pour personne que Walburga et Cygnus étaient proches, et que Alphard restait le plus souvent seul, mis à l'écart même par son père. Les fiançailles de son oncle n'avaient jadis été que du business, des mots et des bagues données pour l'impeccable image de la noble famille Black. Et toutes ces bonnes manières, ces paroles vides de sens et ces sourires hypocrites l'agaçaient, Sirius. Et ce depuis sa plus tendre enfance.

Sirius n'était pas censé devenir ce genre de garnement. Le genre qui tient tête, le genre qui dit ce qu'il pense. Sirius devait devenir aussi digne que son père, que son grand-père, son arrière-grand-père et les tout autres hommes de la famille Black avant lui. Il devait haïr le sang-mêlé et le sang de bourbe et devait surtout être fier d'être un Black. Il devait garder la tête haute, il devait manier les mots et les gestes à la perfection. Tout n'était que calculs, tout n'était qu'opportunités. Rien n'était vrai, rien n'était sincère. C'est quand il s'en est rendu compte que Sirius avait commencé à opposer de la résistance à ses parents. Et il le savait, il était sans aucun doute la plus grande déception de Walburga Black.

Le choixpeau l'emmenant à Gryffondor fut pire que tout. Sans doute pire, aux yeux de sa mère, qu'Andromeda, sa cousine plus âgée et qui avait déjà été reniée, cela depuis un bon bout de temps pour avoir osé se marier avec un moldu. Ce que Cygnus Black et Druella Black née Rosier, les parents de la demoiselle, n'avaient pas accepté. Une véritable honte pour la famille, à tel point que la mère s'était totalement détournée du plus âgé pour mettre toute son énergie et tous ses espoirs dans le plus jeune. Et cela lui valut la haine de ce petit frère qui, avant tout cela, l'avait en adoration.

- Mère m'a dit de te dire de ne pas faire plus de bêtises que nécessaire, avant de partir. Commença Regulus, distant.

Il ne regardait même pas son frère dans les yeux. Sirius aurait voulu rester à s'amuser dans le compartiment dans lequel il était, plaisanter avec James de la nouvelle copine de Peter, tandis que celui-ci, rouge de gêne, demanderait de l'aide à Remus. Pourtant lorsque Peter avait levé les yeux sur la silhouette devant la baie vitrée qui les séparait du couloir et que les regards des autres avaient suivi, l'ambiance de la salle s'était tout de suite refroidie. James avait froncé les sourcils, son regard transperçant même les verres de ses lunettes. Le Potter n'avait jamais apprécié Regulus Black, alors quand il apprit en cinquième année de la bouche de Sirius que ce dernier s'adonnait à la magie noire, sa haine envers le cadet des Black n'en fut que renforcée. Cette découverte avait particulièrement touché Sirius en plus de ça, qui, sur le coup, s'était senti vraiment nul de ne pas avoir pu sortir son petit frère de l'emprise de ses parents.

À présent c'était trop tard, il était totalement noyé dedans. Il ne pourrait plus s'en sortir, quoi qu'on fasse. Le regard gris de Sirius détaille la tenue impeccable, parfaite et sans défauts de Regulus. Il arbore fièrement les couleurs vert et argent, pourtant son visage sombre et dénué d'une quelconque expression lui ferait presque froid dans le dos. Le cadet d'un an à peine esquisse un mouvement, presque imperceptible pourtant Sirius le voit bien. Comme s'il voulait engager un contact physique avec lui. Et cela fait revenir la question qui n'a cessé de le tourmenter tout l'été qu'il a passé chez les Potter.

« Regulus va-t-il bien ? Devrais-je lui envoyer un hibou ? »

Son cerveau s'amusait à faire tambouriner cette question comme une musique. Une musique qui ne veut plus sortir de votre tête et à laquelle vous pensez au moindre fait et geste que vous faites. Une question à laquelle il n'a jamais eu de réponse. Sirius avait préféré s'assurer que personne ne serait dans la demeure, que seul Regulus serait présent avant d'y aller, pour prendre des nouvelles. Il avait toqué, Kreattur lui avait ouvert mais Regulus n'avait pas daigné descendre le voir. Son reniement devait être dur à vivre pour le plus jeune des deux qui, suite à cela, se vit être la seule issue de ses parents. Le pauvre brunet vit toutes les responsabilités de Sirius lui tomber sur la tête, et il en avait gros sur le coeur au vu des épaules tendues qu'il se traînait depuis un an déjà.

- Cette vieille sorcière s'occupe de moi maintenant ? Plaisanta Padfoot en chassant les paroles de Regulus d'un geste las du poignet, préférant passer à autre chose. Regulus, je suis venu, la dernière fois. Kreattur m'a dit que tu étais là, pourquoi t'es pas descendu ?

« Je t'en voulais. »

- J'étais fatigué. Je ne veux pas parler de ça, Sirius.
- Tu ne m'appelles plus grand frère, maintenant ? C'est juste " Sirius ", comme si on était que des inconnus ?

Malgré tous les efforts que mettait James pour faire ouvrir les yeux à Sirius et toute la haine que ce même homme pouvait porter à Regulus, Sirius n'arrivait pas à suivre son ami et à haïr son frère. Sirius ne le pouvait pas, et cela non plus, il ne pouvait pas le nier. Sirius remarque que les sourcils de Regulus se froncent avant de se détendre. Son visage aussi, comme s'il s'adoucissait pendant un instant, fatigué de laisser transparaître ce masque de grand méchant de roman. Il se mord la lèvre, puis détourne son regard de celui de son frère, apercevant quelqu'un juste derrière son aîné. Presque immédiatement, ses traits durs - son expression ennuyée, exaspérée - reviennent en un clignement d'yeux et Sirius fronce les sourcils. Il se retourne pour apercevoir Mona Wood, une poufsouffle de sixième année. Elle est de la même année que Regulus, mais il n'y avait jamais vraiment prêté attention. Lorsqu'il se retourne vers Regulus, celui-ci à déjà tourné les talons et s'en est allé.

Parfois il se demandait si, un jour, lui et Regulus pourraient redevenir les frères qu'ils étaient il y a quelques années. Il se permettait de fantasmer sur ce retour aux sources nécessaire, mais qui pourtant n'était qu'idéologique. Jamais ils ne pourraient retourner comme au bon vieux temps, c'était quelque chose de futile que Sirius espérait, sans vraiment savoir que Regulus le faisait également.

Mais les deux garçons étaient d'accord. Rien ne serait plus comme avant.


Lily Evans poussa un long soupir. La préfète de gryffondor sortit du compartiment aménagé pour la réunion des préfets en compagnie de Remus Lupin qui, pour une fois, ne semblait pas dormir debout. On dirait qu'il avait su profiter d'une nuit réparatrice avant le grand voyage précédant leur rentrée et cela faisait plaisir à la rousse qui, innocemment, s'inquiétait pour son ami. Elle s'était toujours demandé comment il faisait pour tenir avec toutes ses insomnies, ignorante de l'horrible vérité qui pesait sur les épaules du garçon, mais si le loup-garou lui confiait qu'il n'arrivait pas à dormir à cause de James et Sirius, elle n'en serait pas surprise. En parlant de James, elle était reconnaissante à son collègue préfet de ne pas lui avoir parler de lui. Ce n'était pas qu'elle détestait la personne qu'était James, mais ses manies depuis l'année dernière la gênait horriblement, et elle était toujours d'accord pour dire que plus loin d'elle il était, mieux elle se portait. Pourtant, la demoiselle, malgré ses nombreux refus, ne pouvait nier que les attentions du Potter n'étaient pas totalement détestées. Au contraire, elles étaient plutôt appréciées à une certaine limite.

Mais plutôt mourir que de l'avouer au garçon qui prendrait sans doute la grosse tête et qui, par la suite, ne la laisserait plus respirer du tout. Et ce n'était pas ce dont Lily avait actuellement besoin. Cet été avait été éprouvant pour la rousse, et elle ne souhaitait que du calme pour le début de cette année même si elle savait très bien que ce ne serait pas possible. Elle laissa Remus retourner dans son compartiment après une longue discussion et l'avoir salué. La porte coulissante s'ouvrait sur une Marlène McKinnon encore vêtue de ses vêtements de ville, elle ne regardait pas devant elle mais derrière elle, où Mary McDonnald lisait un livre les sourcils froncés.

- Oh par Merlin ! Lily, tu m'as fais peur...
- Qu'est-ce que tu fais ? Tu vas te changer quand on sera déjà arrivées ?

Marlène élude les questions et remarques de la rousse, s'écartant pour la laisser rentrer dans l'étroite salle. Cette dernière ne se fait pas prier, faisant bouger son chat de sa place pour s'y asseoir juste après. Mary souffle du nez, levant les yeux de son livre et le fermant par la même occasion. La porte coulissante se referme ; Marlène est sortie.

- Tu penses qu'elle va se préparer ? Demanda Lily en observant la couverture du livre de Mary.

Cette dernière hausse les épaules. Pour l'instant, c'était le cadet de ses soucis. Parfois Lily se demandait comment elle avait réussi à devenir amie avec des filles aussi différentes l'une de l'autre. Leur petit trio était ce que l'on peut appeler quelque chose d'extrêmement bizarre. Les conflits entre elles étaient fréquents, pourtant elles réussissaient toujours à se rabibocher d'une manière ou d'une autre. Mary McDonnald était l'exemple même de la serdaigle exemplaire, ou de la serpentard un peu trop fière. Au départ Lily se demandait comment elle avait pu atterrir à Gryffondor et pas autre part. Pourtant, lors de leur première année, d'une soirée qui restera leur petit secret à toutes les trois, Lily comprit bien vite ce que le choixpeau avait vu chez la sang-mêlé pour la mettre chez les rouge et or. Pour Marlène, demander était inutile. Elle était sans doute destinée à devenir une Gryffondor déjà bien avant d'être venue au monde. Sa personnalité pétillante et explosive montrait à tout le monde qu'elle méritait parfaitement bien sa place chez les griffons, et ça, personne ne pouvait le lui enlever. De plus, on comprenait rapidement pourquoi James Potter disait que s'il avait été une fille, il aurait sans aucun doute été Marlène. Outre leurs liens de sang, la sang-pur partageait les mêmes manies et le même caractère imprudent du brun et c'était ça qui avait énervé Lily au départ. Pourtant, elle ne saurait plus dire ce qui avait réussi à rapprocher les demoiselles. Mais c'était comme ça et pas autrement. Et ce trio, cette amitié, Lily la chérissait plus que tout au monde. Avec la haine de Pétunia qui ne cessait de grandir, l'éloignement soudain et progressif de Severus, Lily se sentait seule au point de voir ses notes chuter sur la fin de la dernière année. Mais c'était terminé maintenant, elle comptait bien se reprendre en main et s'améliorer considérablement dans les matières pour lesquelles elle avait du mal.

Une nouvelle fois la porte coulissante s'ouvre. Cette fois-ci dans un bruit sourd qui fait sursauter les deux gryffondor. Marlène McKinnon est de retour, mais cette fois-ci son humeur semble en avoir pris un coup. Ses sourcils sont froncés et, étonnement, elle est à présent vêtue de sa robe de sorcier et de son uniforme au grand bonheur de Lily. Le fait d'être à cheval sur les règles l'aidait à se faire une place au sein de la communauté des sorciers de Gryffondor. Dès le premier jour, elle avait eu cette manie de respecter le règlement à la lettre, si bien qu'elle l'avait lu toute la nuit sans déranger ses camarades. Elle avait cependant réussi à se réveiller à l'heure pour son premier cours de la journée et avait lutté pour ne pas s'endormir sur son balais en cours de vol.

Sans un regard vers leur banquette, Marlène s'assoit rageusement, attrapant au passage son magazine moldu qu'elle avait acheté avant d'arriver à la gare. La mode moldue l'avait toujours intéressée et elle se demandait parfois si ce ne serait pas une bonne idée de s'habiller comme eux ne serait-ce qu'une journée. La sang-pur sent bien les regards de ses amies, dubitatives, attendant sans doute qu'elle crache le morceau sur ce qui venait de la mettre en rogne. Pourtant elle garde sa bouche fermée, ses lèvres sont comme scellées. Elle ne veut pas cracher le morceau parce que le dire serait l'accepter et le rendre réel. Et elle refuse de faire ça, surtout en compagnie de ses plus fidèles amies.

- Tu as commencé le programme de cette année, Lily ?
- Hein ? Oh, oui... Il y a certaines infos que je n'ai pas par contre. On ne peut pas tout trouver dans le monde moldu, plaisante-t-elle sans lâcher Marlène du regard.

Elle tourne une des pages de son magazine sans lever les yeux sur les deux demoiselles en face d'elle. Mary essaie de changer le sujet parce qu'elle a bien compris que Marlène ne dira rien et qu'elle restera murée dans le silence. Qu'il ne servait à rien d'insister, et que si elles le faisaient, elles n'en obtiendront qu'une brunette grognon, ce dont elle ne veut pas. Et Marlène la remercie intérieurement pour ça. Cependant le regard de Lily lui brûle le front et la met légèrement mal à l'aise, et l'espace d'un instant elle hésite à tout raconter. Devrait-elle ? En fait, elle ne savait pas si elle pourrait obtenir ce qu'elle attendait en retour de ses confessions de la part de la née-moldue qui ne comprendrait pas la situation dans laquelle elle se trouve. Elle balaierait le problème d'un froncement de sourcils et d'un croisement de bras, indignée, râlant sur la décision de ses parents. Décrétant qu'ils étaient mauvais de lui faire subir ça, et qu'elle devrait s'y opposer. Mais c'était bien plus facile à dire qu'à faire. Marlène était peut-être courageuse, mais elle était loin d'être comme Sirius Black. De regarder ses parents dans les yeux et de leur dire, sans ciller qu'elle ne fera plus ce qu'ils attendent d'elle. Étant fille unique, elle n'avait pas le choix. Elle ne pouvait pas tout reléguer à sa petite sœur ou son petit frère et fuir, enfoncer sa tête dans le sable et ne plus en sortir. Tout simplement parce qu'elle n'en avait pas.

Finalement, Lily se détourne d'elle-même et Marlène relâche sa respiration. Elle n'avait même pas remarqué qu'elle avait arrêté de respirer pendant tout ce temps.


- Hé le garçon manqué, regarde où tu marches !

Et les trois idiots de Serpentard accélèrent vers la grande salle ne manquant pas de la bousculer. Alicia soupire, un air presque blasé au visage, elle se contente de simplement hausser les épaules. Cette fois-ci, ils ne se sont pas adossés contre elle comme si elle était un appui quelconque. Leurs sales mains ne l'avaient pas touchée et c'était le principal vous dira-t-elle. Alicia avait l'habitude de ce genre de choses, ce genre de blagues, comme ils aimaient bien les appeler. Ça les faisait rire, ça les amusait. Eux, pas elle. Cependant elle n'en disait rien, elle se gardait de faire le moindre commentaire puisque c'était la seule chose qu'ils souhaitaient. Qu'elle sorte de ses gonds. Et elle, contrairement à eux, ne voulait pas se mettre en colère. Les enfants de l'orphelinat le lui disaient tout le temps. Quand elle est en colère, elle est effrayante. Tellement que ce n'est plus de la peur qu'ils ressentent mais de la crainte. Et Alicia déteste faire ressentir cela aux personnes qui, finalement, ne le méritent pas - tout comme son attention d'ailleurs. Alors elle se contentait simplement d'hocher la tête, d'hausser les épaules ou les sourcils, et d'attendre la suite de leurs monologues d'insultes graves comme minimes.

Ce silence les déstabilisaient et ça, Alicia était au courant. À vrai dire elle pourrait même vous avouer qu'elle trouvait une certaine satisfaction dans l'idée de voir leurs corps trembler de rage. Légèrement, imperceptiblement, mais visible quand même. Nombreuses étaient les personnes qui s'amusaient et se délectaient de ses humiliations publiques, et pourtant cela ne faisait ni chaud ni froid à l'amnésique, parce que finalement ce n'était pas des personnes qui comptaient réellement pour elle. Alors qu'en avait-elle à faire, me diriez-vous ? Pas grand chose en vérité. Ses amis, elle ne pouvait les compter que sur les doigts d'une main. Il y avait déjà Peter Pettigrew, et étonnement, elle s'entendait vachement bien avec la brute de Serpentard, Eden Mulciber. C'était un petit duo absolument inédit, inattendu, et bien évidemment James Avery suivit rapidement le mouvement, bien que ce dernier restait essentiellement avec Severus Rogue, laissant les deux autres vagabonder bras dessus bras dessous comme bon leur semblait.

Eden n'était pas spécialement le type de personne que préférait Alicia. Pourtant elle était là tous les jours à attendre pour aller en classe avec lui. Elle se mettait en binôme avec lui quand le professeur permettait aux élèves d'être autonomes et de prendre leurs décisions tout seuls, et elle assistait à chaque match de Quidditch auxquels il jouait parce que monsieur exigeait qu'une bonne amie se devait de venir le regarder écraser des têtes. La nature violente, misogyne et totalement détestable de l'héritier Mulciber n'était un secret pour personne, pourtant Alicia se révélait être la seule personne capable de calmer ses ardeurs et de lui rabattre le caquet et inversement. Parfois quand on les regardait on ne voyait pas une amitié mais plutôt une sorte d'alliance étrange, à laquelle on ne disait bien évidemment rien parce que Eden Mulciber faisait trop peur. Parce que personne ne s'opposait à Eden Mulciber et que, quand bien même Alicia ne faisait peur à personne, la langue bien pendue de la brunette n'était inconnue de personne.

- T'en a mis du temps, bougonna le batteur de l'équipe de Serpentard.
- J'aurais dû y aller sans vous attendre, le dîner est presque terminé, râla un autre - James Avery - en passant une main dans ses cheveux.

Alicia retint un rire, un sourire presque provocateur se dessinant sur son visage alors qu'elle avançait dans la grande salle sans prendre la peine d'attendre les deux autres. Dans le chemin, elle croisa le regard de Peter Pettigrew, à qui elle adressa un clin d'œil. Ce qui eut pour effet de rendre le visage de ce dernier brûlant, ce que James Potter ne manqua pas de remarquer. La Serpentard se retrouvera donc rapidement avec quatre paires d'yeux sur le visage, dont deux lui brûlant la nuque. Et si il y avait bien quelque chose que peu de gens remarquent à première vue chez Eden, c'est bien sa capacité à sentir ce genre de choses. Les regards, autant bienveillants que malveillants. Il se retourne - un peu brusquement, vous comprendrez que c'est loin d'être la personne la plus douce sur terre - vers la table des Gryffondor pour leur adresser un geste obscène sans qu'aucun professeur ne le voit ; Alicia s'était mise à la hauteur de sa main pour la cacher derrière elle. Sirius y répondit volontiers, comme attendu d'un Gryffondor de son envergure, il n'allait pas se laisser faire de cette manière. Un idiot pour un idiot.

L'entourage d'Alicia était comme ça. Répugnant, dangereux, détestable. Mais pour autant, ces personnes que peu aiment étaient celles qui l'avaient aidé quand elle était dans le besoin. Alors elle ne les lâcherai pour rien au monde vous voyez ? Pour rien au monde.


Mona Wood n'était pas bien méchante. Ce n'était pas ça, le réel problème avec cette demoiselle. En fait elle était particulièrement adorable et pas détestable pour un sous. Des traits montrant l'innocence et la gentillesse incarnée, un sourire plus doux qu'une peau de bébé et un regard à en faire tomber plus d'un. C'était la fille de sang-pur que les garçons de son année s'arrachaient. Tout le monde voulait sortir avec elle, être la raison de son rire ou de son sourire, être la raison de son bonheur. Tous le monde sauf un. Regulus Black. Regulus Black souhaitait ne rien avoir à faire avec Mona Wood, ils se connaissaient depuis leur première année, et il fallait avouer que même si la Poufsouffle pensait que leur relation était " amicale " Regulus ne la supportait pas. Elle respirait beaucoup trop la joie et la bonne humeur pour lui, et il trouvait même que parfois elle se foutait de lui. Bien des personnes étaient conscientes de la situation dans laquelle se retrouvait Regulus. En partie elle puisqu'elle avait été désignée pour être la fiancée de Regulus depuis leur cinquième année. Non pas que cela le dérangeait particulièrement avant, seulement maintenant ça le mettait mal à l'aise.

Parce qu'elle avait fait l'idiote. Elle n'avait pas eu le droit de le faire. Ça avait été un accord entre eux et pourtant elle avait rompu cet accord.

Il s'en rappellera toujours, vous savez ? Quand elle est arrivée devant lui, après qu'il lui ai donné rendez-vous. Elle était beaucoup trop distante depuis quelques temps, et si Mona était bien la seule fille avec qui il pouvait parler et rire de tout et de rien, elle était également sa fiancée. Elle se balançait sur ses deux pieds, ne sachant pas où regarder, quoi triturer ou abîmer. C'était une de ses manies que Regulus avait remarqué bien vite ; elle passait son temps à jouer avec sa robe de sorcier. Parfois, elle la mangeait presque, quand elle s'ennuyait réellement ou qu'elle était vraiment stressée. C'était lui qui s'occupait de raccommoder les trous que ses dents laissaient sur sa robe de sorcier et elle lui en était toujours reconnaissante. Quand il la lui rendait, elle le regardait avec de grands yeux brillants, inspectant sa robe de sorcier sous toutes les coutures pour y trouver, peut-être, un trou non recousu. Mais il n'y en avait aucun, il n'y en avait jamais eu.

" Quel mari dites-moi, monsieur Black ! " plaisantait-elle en passant le vêtement sur ses épaules.

Mais cette fois-ci elle n'en fit rien. Elle attrapa la robe, l'inspecta et sourit. C'était presque un sourire douloureux, de ce que l'on donne à contrecœur. Regulus savait d'or et déjà que quelque chose n'allait pas avec elle. C'était le silence qui s'était installé entre eux, et ils semblaient tous deux se demander ce qu'ils devraient faire. Finalement Regulus avait posé sa question ; " Qu'est-ce qui ne va pas chez toi, en ce moment ? " Les sourcils froncés, l'air froid. Un air qui ne lui seyait pas du tout, qui ne le rendait pas crédible aux yeux de Sirius, parce qu'il ressemblait trop à oncle Alphard pour pouvoir faire peur. Et pendant qu'il retirait cette moue qui se voulait intimidante de son visage, il remarqua les lèvres de la Poufsouffle bouger. Elle allait dire quelque chose, et il ne savait plus vraiment s'il voulait réellement l'entendre.

Il n'aurait jamais dû.

" Tu ne veux pas que je le dise. Tu l'as déjà dit, au repas avec tes parents. Tu m'avais prévenue. Je suis désolée Regulus, je crois bien que notre accord vient d'être rompu. "

Et ça lui avait brisé le cœur.