« The Red Stallion »

Lordess Ananda Teenorag


Titre : « The Red Stallion »

Auteur : Lordess Ananda Teenorag

Série : Fire Emblem Three Houses

Genre : Alternate Universe, monde moderne – Frienship, Family, Romance, Adventure.

Résumé : The Red Stallion. L'Etalon Roux. Le légendaire artiste de Faerghus, célèbre comédien au charme invétéré. Sur la scène, il chante et danse. En secret, il séduit et conquiert. Chez lui, il protège et chérit.

Personnage central : Sylvain Jose Gautier

Personnages principaux : Felix Hugo Fraldarius, Dimitri Alexandre Blaiddyd, Ingrid Brandl Galatea, Mercedes Von Martritz, Claude Von Riegan

Soutiens / rare pairing : Sylvain Jose Gautier x Dimitri Alexandre Blaiddyd A+/S

Autres : Sylvain Jose Gautier x Mercedes Von Martritz A (one-sided), Felix Hugo Fraldarius x Annette Fantine Dominic A+/S, Ingrid Brandl Galatea x Dorothea Arnault A+/S, Dedue Molinaro x Flayn A+S.


Note : Bonjour à tous ! Voici une nouvelle fic qui met Sylvain en scène (dans tous les sens du terme ;), avec un pairing rare mais si intéressant (lol, je vais finir par faire tous les couples possibles avec les Lions de Saphir ;).

J'ai voulu faire apparaître un Sylvain et ses amis dans le monde moderne, sans morts ni tragédies pour les transformer en la pire version d'eux-mêmes. Pour qu'ils puissent au contraire s'épanouir. Dans cet Alternate Universe, Sylvain a grandi avec ses amis, à l'exception de Dimitri (dont il ne fera la connaissance que plus tard). Il a cohabité avec Felix et Ingrid dès sa majorité, jusqu'à ce que sa carrière d'artiste décolle. Au même moment, Felix a ouvert son dojo et Ingrid a reçu une proposition pour exercer comme policière. Ils se sont séparés à ce moment, tout en restant en très bons termes. Comme il n'y avait pas Dimitri pour « gouverner », c'est Ingrid qui a fait la grande sœur pour eux, tandis que Sylvain a pris l'habitude de faire la cuisine et le ménage (oui ! ;), et, que Felix a botté les fesses de ceux qui s'en prenaient à eux. Etant le plus âgé, il a été le premier à subvenir aux besoins de la « famille » avec des petits jobs. C'est donc plus un Sylvain post-ellipse – voire de la fin de la guerre – au niveau caractère.


Scène 1: The Red Stallion


Capitale d'Arianrhod.

Scène de spectacle.

Soirée folle.


La scène.

Sons. Lumières. Gloire.

« Public de Faerghus ! Accueillons le légendaire artiste qui fait vibrer les cœurs, j'ai nommé : le magnifique et désiré Etalon Roux, The Red Stallion ! »

Ovation.

C'est par la scène qu'il vit, c'est par la scène qu'il vibre. Elle est le berceau de son charme et le miroir de son âme. Il répondra, une fois de plus, présent.

« Bonjour à toutes et tous, c'est moi, votre sublime et charmant artiste ! L'étalon qui habite vos pensées et réveille vos désirs ! Comment allez-vous ce soir ? Quoi, c'est tout ? J'ai dit : COMMENT ALLEZ-VOUS CE SOIR ?! »

Ovation.

Pour tous ceux qui le regardent, qui l'admirent et l'attendent… il chantera, il dansera, il jouera. Jusqu'à ce que le public l'engloutisse, jusqu'à ce que la scène le dévore.

« C'est toujours un grand plaisir d'être de retour chez soi ! Adestria est splendide, avec ses lumières et ses gratte-ciels. Mais rien ne vaut la terre natale. Faerghus, avec moi ! »

Cris. Baisers. Délire.

Ô mon public, regarde-moi, encore et encore.

« Stal ! Stal ! STAL ! »

Stal. Ou Red Stallion, son nom de scène complet. En hommage à l'indompté, indomptable étalon sauvage de légende. La splendeur vivante qui parcourut le désert de Sreng, avant de sillonner les pistes de courses. Bien que convoité par le monde entier, on raconte qu'une seule personne réussit à s'en attirer les faveurs…

« Je suis là, je suis là. Je ne vous quitte pas, mes amis ! Vous m'avez pour toute la soirée… je suis à vous, pour vous, à vous seuls ! »

Ah, c'est pour ces moments-là qu'il vit. Il est, il rayonne, il… existe !

Public, acclame-moi ! Foule, reconnais-moi ! Je suis là pour toi et tu es là pour moi. Nous sommes les amants d'une danse infernale, qui ne s'arrêtera qu'avec la mort de notre désir !

« Pour vous, public chéri de mon cœur. La chanson qui fait vibrer votre âme. Vous l'attendiez tous… n'est-ce pas ? »

Il offre un clin d'œil, aguicheur.

« The Edge of Dawn ! »

Ovation. Délire. Enthousiasme.

Le micro susurre, la voix chante.

« Reach for my hand, I'll soar away
Into the dawn, oh I wish I could stay
Here in cherished halls, in peaceful days
I fear the edge of dawn, knowing time betrays
Faint lights pass through coloured glass, in this beloved place
Silver shines, the world dines, a smile on each face
As joy surrounds, comfort abounds, and I can feel I'm breaking free
For just this moment lost in time, I am finally me
Yet still I hide, behind this mask that I have become
My blackened heart, scorched by flames of force I can't run from
I look to you like a red rose seeking the sun no matter where it goes
I long to stay where the light dwells, to guard against the cold that I know so well
»

…jusqu'à la fin de leur danse, leur danse d'amour.

Jusqu'à leur mort.


Salle de spectacle, loge des artistes.

Plus tard, fin de la soirée.


Ah, le sofa. Quel meilleur endroit où s'affaler, après un concert endiablé de plusieurs heures.

« Quelle soirée d'enfer ! Le public était chaud, vous trouvez pas ? »

Il tend la main vers la bouteille, mais une main finement manucurée la balaye. Il couine pitoyablement : ça marche souvent avec les filles… mais pas avec la secrétaire du patron, Hilda Valentine Goneril.

« Bas les pattes, Sylvain. Tu es interdit d'alcool par le boss après les concerts. »

« Maaaaaaaaais, Hilda ! Et mon remontant, alors ? Ma récompense ? »

Une bouteille d'eau lui est jetée à la figure.

« Tiens. Cadeau de la maison. C'est plein de nutriments bons pour la santé. »

« C'est injuste ! Dire que mes fans m'envoie des litres des meilleurs vins, et, que tout ce que je me farcis, c'est une bouteille d'eau. Claude est vraiment dur. »

Claude Von Riegan. Accessoirement son manager et le directeur de la Golden Deer LTD. Le plus étrange président de la société la moins conventionnelle de leur époque. Le meilleur stratège qu'il connaisse. Et, aussi, un bon ami à lui. Parties d'échecs obligent.

« Oh, je suis dur comme patron ? Tu me blesses, Sylvain Jose Gautier. »

Et, bien sûr, pourquoi c'est toujours au moment où on parle de quelqu'un, qu'il se ramène pour lancer une réplique ? Pfff. L'art de surgir au mauvais moment, c'est aussi un talent, je vous jure.

« Oui, tu es dur avec moi, Claude ! Je suis maltraité, martyrisé, mystifié ! Mon imprésario ne me traite pas à ma juste valeur, il m'interdit tout plaisir lié à la boisson ! »

« Tu as surtout perdu la dernière partie d'échecs. Et tu connais la règle. »

Oh, parce que ça, c'est une règle bizarre établie par son boss, dès son entretien d'embauche. Vraiment bizarre.

« Directeur Claude Von Riegan ? Enchanté, je suis Sylvain Jose Gautier, l'artiste recommandé par… mais qu'est-ce que c'est que ça ?! »

« Un plateau de jeu d'échecs. Celui qui gagne a le droit de décider d'une règle dans le boulot. Prêt ? »

Et c'est comme ça que s'est déroulé l'entretien d'embauche. Sans rire. La surprise a dû lui enlever ses moyens, car il a perdu (pas de beaucoup) la partie. Du coup, la première règle instaurée a été de se tutoyer.

« Argh, c'est pas juste ! Vous m'avez eu… par surprise ! Je ne savais pas que j'affrontais un champion national ! »

« Sylvain. Vous pensez vraiment qu'un champion vous aurait averti de son niveau, s'il voulait gagner à tout prix ? »

« Vous marquez le point. Mais j'aurai ma revanche. Je ne vais pas me laisser dicter ma conduite. »

« Excellent. On signe le contrat ? »

De fil en aiguille, ils ont tissé des liens. Grâce à Claude, Sylvain s'est remis aux échecs. Contrairement à son apparence de chien béat et d'étalon séducteur, il est habile avec sa tête. Il est capable d'assimiler des notions bien plus vite que la moyenne et excelle aux jeux de stratégie. Il a bien réussi à gagner quelques parties contre son manager (d'où le droit à pouvoir faire du strip-tease en concert), mais pas assez pour boire de l'alcool après un concert. Puisque c'est comme ça, autant tenter un coup bas.

« Je le savais, j'aurais dû postuler à la Black Eagle CORP. Au moins, là-bas, on a le droit à plus d'avantages… »

Mais Claude est trop malin. Vraiment trop malin. La ruse coule dans ses veines, c'est pas possible autrement.

« A ton aise. Si tu veux bosser avec Von Vestra… »

Il crache la gorgée d'eau avalée (oui, parce que faut pas abuser, un concert de plusieurs heures, ça donne soif !).

« Quoi, Hubert Von Vestra ?! Eurgh, c'est lui gère les artistes à la Black Eagle CORP ?! »

« Oui. Tu veux qu'on organise un transfert ? »

« … »

« Hilda, passe-moi le formulaire de… »

« C'est bon, c'est bon, je retire ce que j'ai dit ! Pardon ! »

Un sourire de truand orne le visage de son imprésario. Espèce de renard madré, va. A côté, Hilda constate le deal, rit sans gêne, puis remue le couteau dans la plaie.

« On raconte que Von Vestra a fait pleurer la moitié des stagiaires qui arrivent dans l'entreprise. Il aurait même causé une dépression chez un employé. »

« Eurgh. Finalement, je suis très bien ici. »

Sylvain a du mal avec les gens de ce genre. D'abord, le style gothique, c'est pas son truc (même si lui-même porte assez bien le noir). Ensuite, les ânes bâtés, autoritaires et coincés, non merci. Il fait ce qu'il veut, non mais. Claude reprend, avec son sourire de truand.

« Bon, on fête ça, beau travail, les amis. Eau pétillante pour Sylvain, bien sûr ! »

C'est ça, remue le couteau dans la plaie. Enfin, il faut être juste. Claude est vraiment un patron hors du commun, mais autrement, c'est un manager plutôt cool et sympa. Tout ce qu'il aime. Pas pour rien qu'ils sont potes et qu'ils bossent bien ensemble.


Abysse – quartiers souterrains.

Grand casino, salle de strip club.

Plus tard dans la nuit.


Le voici. Son autre lieu de travail. Un secret de sa vie lourdement gardé, au cœur des souterrains de la ville. Qui lui permet de faire ce qui n'est possible nulle part ailleurs.

« Salut, Jose ! »

Il répond d'un signe de main à sa collègue. Ici, il est bien apprécié, car il est ouvert d'esprit et ne la ramène pas sur sa situation extérieure. Personne ne le jugera parce qu'il aime séduire et plaire. Au contraire, c'est un sujet de discussion fréquent qui noue des amitiés. Ce n'est pas que l'équipe de Claude soit intolérante (Sylvain est sûr que le renard madré sait pour ses activités nocturnes !), mais il y a une différence entre être artiste – comédien chanteur et danseur – et être strip-teaseur ou go-go dancer. La scène permet beaucoup de choses, il adore y être, mais ici, dans les souterrains… il peut aguicher, séduire, rendre fou de désir. Alors qu'il se dirige vers les vestiaires, une main l'agrippe avec force.

« Hé, toi. Le grand rouquin. »

Ah, c'est le type de l'autre fois. Celui qui n'arrêtait pas de le fixer pendant sa dernière pole-dance et qui a même tenté – alors que c'était interdit – de le toucher. Il lui fait les yeux doux.

« Hello, darling. Que puis-je pour toi ? Je ne suis pas encore changé, il faut d'abord que tu me laisses passer aux vestiaires. »

Le mec ne le lâche pas. Argh, il peut vraiment pas se libérer. C'est embêtant, ça.

« Sois pas si farouche. Viens avec moi. »

« Moi, farouche ? Tu me connais bien mal, darling. Mais il faut vraiment que je me prépare, tu sais. Je vais être en retard pour mon service. »

Alors que la situation s'éternise, une montagne de muscles s'interpose entre l'individu et lui. L'autre grommelle, mais finit par quitter la place.

« Jose, tout va bien ? Cet individu ne vous maltraite pas ? »

« Nan, nan, ça va. Il est un peu lourd, mais pas méchant. Il a juste envie d'un peu d'action, ha ha. Je n'ai même pas eu le temps de me préparer… »

« N'hésitez pas à faire appel à moi. Les employés de la maison méritent le respect. »

'Employés', hum. Jolie expression pour désigner les strip-teaseurs, les pole dancers, go-go dancers et autres professionnels similaires qui bossent ici. Non que Sylvain ait quelque chose contre ces métiers, il les a lui-même exercés pendant un bout de temps, pour financer l'appart en colocation avec Ingrid et Felix. Ça, et d'être mannequin… ça a leur permis de survivre. Heureusement qu'il ne leur en a jamais parlé, sinon, Felix aurait planté son sabre dans sa tête et Ingrid l'aurait rendu sourd à force de sermons. Aujourd'hui, il continue ponctuellement de faire des shows, mais ce n'est plus pour l'argent. Claude paie bien et sa carrière marche.

« T'inquiète, Big D. Tout va bien. »

Big D – Dedue, de son vrai prénom – est un géant tout en muscles, doux et poli, natif de Duscur. Pour cette raison, il n'a jamais pu trouver de job haut placé. Vraiment dégueu, quand on y pense. Sylvain l'aime bien, et, c'est réciproque, il pense. En tout cas, l'imposant vigile lui apporte des restes de ses plats cuisinés (un délice !) et lui apprend des recettes. Bien utile, du temps où il vivait avec Felix et Ingrid. Parce que Felix ne se nourrit que de viande et Ingrid… eurgh, il vaut mieux oublier la fois où elle a tenté de se mettre aux fourneaux. Sylvain a dû convaincre les pompiers que, non, il n'y avait pas le feu. Non, cet incendie n'est pas d'origine criminelle. Oui, c'est sa sœur de cœur qui a tenté de cuisiner. Non, elle n'a jamais pris de cours, et, oui, il a tenté de lui dire, que, non, on ne met pas de plastique dans le four.

« Les clients sont particulièrement excités, ce soir. Je crois qu'il vaudrait mieux que je vous accompagne, Jose. Ainsi que les autres employés. »

« Eh ben, ça promet ! Il leur arrive quoi ? Ils ont trop fait la fête ? »

Depuis, il a officiellement été décrété que ce serait lui qui s'occuperait de la cuisine et du ménage (depuis que Felix a – accidentellement – découpé le balai pour s'en faire une lance. Une sombre histoire de dojo et de maître d'armes). Bingo sur la vie familiale. Felix adore ses tourtes à la viande (même s'il s'étoufferait plutôt que de l'avouer) et Ingrid engloutit ses rôtis assaisonnés d'herbes. Ah, le fléau d'être un homme au foyer exceptionnel. Enfin, maintenant, c'est du passé, car ils ont chacun suivi leur voie. Sylvain se sent seul dans son nouvel appart, il doit bien l'avouer.

« Soyez prudent, Jose. Des hommes et femmes peu recommandables viennent par ici. Vous attirez les regards. Je sais que vous aimez plaire, mais ne vous mettez pas en danger. »

Aouch, touché. Il ne peut même pas nier. Depuis le jour où une fille complètement bourrée a tenté de le traîner de force dans la rue (pour lui faire des trucs pas avouables), il s'est bien rendu compte qu'il avait tendance à flirter avec les emmerdes. Si Dedue n'était pas intervenu…

« Ok, Big D. Je t'appellerai si un cinglé m'ennuie… tu as encore de ces délicieux gâteaux ? J'en ai fait cadeau à mes amis, mais du coup, il n'en reste plus pour moi… »

« Une boîte vous attend dans votre cabine. »

Ah, quel gentleman. Si seulement il y avait plus de gens comme lui pour prendre soin des autres, et, moins d'abrutis pour dénigrer ceux qui sont différents d'eux.


Abysse – quartiers souterrains, ruelle sombre.

Beaucoup plus tard, après le service.


Sylvain aime séduire. Il aime plaire. Il aime les femmes. Il aime les hommes (il a découvert ça plus tard).

Apparemment, les emmerdes l'aiment, aussi.

« Tu comptes aller où, comme ça, beau rouquin ? »

Et merde. Ce n'est pas la première fois que des personnes tentent de l'aborder hors du casino, mais là… ils sont un peu trop nombreux. Et bien costauds.

« Mesdames, Messieurs. Ce n'est pas très poli de poser de telles questions. Un homme a ses secrets, saviez-vous ? »

« Et quels autres secrets tu as, sous ces vêtements ? »

Ah, bravo. Très fin. Au temps pour la poésie. Ça valait bien la peine de lire de la haute littérature durant ses études et son temps libre (Les Liaisons dangereuses de Choderlos De Laclos sont un régal), si c'est pour s'entendre dire des choses aussi vulgaires. Au moins, quand lui flirte, il a la classe. Il faut un minimum de standing, non mais.

« Bien des secrets, qui ne seront vôtres. »

(C'est la réplique du dernier roman écrit par cette fabuleuse auteure, Bernadetta Von Varley. Sylvain doute que les abrutis saisissent l'allusion, mais au moins il l'aura placée.) Il aurait dû accepter l'offre de Dedue, de le raccompagner chez lui après son service. Mais il s'est dit qu'il n'allait pas l'embêter avec ça.

« Tu ressembles vachement à la star qui fait fureur à la surface, en ce moment. Comment il s'appelle, déjà… ah, oui ! Red Stallion ! »

« Oui, un grand rouquin au corps de rêve, qui remplit les salles de concert de toutes les villes. Le fantasme des filles comme des mecs. Il chante et danse comme un dieu. Ses billets sont tellement demandés qu'il faut les réserver un an à l'avance. »

Ouille. Encore un lien, dont il se serait passé. S'il vient ici, c'est pour satisfaire ses envies de séduction, mais cela doit rester secret par rapport à sa carrière. Ce n'est pas qu'il se soucie tant que ça de sa réputation. Mais ça pourrait poser des problèmes à Claude et son entreprise. Ainsi qu'à Mercedes, car l'argent qu'il gagne sert en grande partie à financer son orphelinat. Il aurait pu piquer un sprint et filer à l'anglaise, c'est pas la première fois qu'il fait face à des situations dangereuses. Mais si jamais les racailles faisaient le lien entre The Red Stallion de la scène et Jose le go-go dancer de l'Abysse… ça serait embêtant. Il y a des gens qui comptent sur lui et sur l'argent qu'il gagne grâce à sa carrière. Et… abandonner ceux qui comptent pour lui…

non. Jamais. Plutôt mourir.

« Si je vous donne un petit câlin, est-ce que ça vous ira ? »

Il bat des cils, languide. Sans attendre, une main se pose sur sa taille, l'attire vers un corps. Parfait. Ils ne penseront à rien d'autres tant qu'il se collera à…

« Ça suffit. »

Sursaut général. La voix n'appartient à aucun d'entre eux, elle est si grave, si rauque. Si féroce.

« Laissez-le tranquille. Sinon… »

C'est alors que Sylvain le voit. (Il a l'étrange sensation de l'avoir déjà connu. Peut-être dans une autre vie ?)

« Sinon… ? »

Par les seins de Sothis, mais c'est un géant ! Ok, pas aussi grand que Dedue, mais quand même ! Ces cheveux blonds en queue de cheval ! Ces muscles qui crient au toucher ! Et… cet œil bleu pénétrant (il a un cache-œil sur l'autre ?!) !

« Sinon… »

D'un geste, le blondin se saisit d'une barre en fer qui traîne, appuie d'une main dessus et la tord sans effort. Grand silence.

« Si vous embêtez encore ce jeune homme, la prochaine fois, c'est votre nuque que je brise. »

Wouah. Ça, si c'est pas de la virilité, alors, il s'appelle Hubert Von Vestra et est aussi fun qu'un soir de pluie en hiver. Même en s'entraînant pendant une vie entière (et ça ne risque pas d'arriver, vu qu'il ne tient pas cinq minutes), il ne pourrait même pas égratigner la barre. Oh, purée. C'est bien le truc le plus sexy qu'il ait jamais vu.

« … »

Immobilité totale. Silence de marbre. Puis débandade de racailles, qui disparaissent dans les recoins de la rue. Finalement, il ne reste plus qu'eux deux. Le grand blond se tourne vers lui, l'air plus doux.

« Tout va bien, jeune homme ? »

'Jeune homme' ? Hé ! C'est pas comme si tu étais vieux, chevalier servant à l'allure de roi ! En plus, c'est la deuxième fois qu'on me pose cette question…

« Grâce à toi. Je dois vraiment te remercier, tu sais. Tu m'as tiré une épine du pied. Ces gens étaient vraiment chelous. »

Le grand viking blond le regarde, pendant un moment. Bizarrement hésitant… pour un homme si fort.

« Vous savez… que c'est imprudent de marcher seul la nuit dans l'Abysse ? Surtout si… »

« Surtout si… quoi ? »

Le blondin se dandine, mal à l'aise. Oh, là, Sylvain est intrigué.

« C'est que… »

« C'est que… ? »

« Vous êtes… »

« Je suis… ? »

« … »

« … »

« …fort charmant. Très attirant. Vraiment… très beau. »

« Ha ha ha ha… »

Roooh, il est trop mignon. Il faut absolument que Sylvain le revoie. Il n'a jamais vu un homme avoir autant de mal à le complimenter sur son apparence.

« Est-ce une tentative… de flirt, ô mon chevalier servant ? »

« Je n'oserais jamais ! Je ne suis pas comme ces… individus ! Je ne me permettrais jamais de vous… »

Et de le voir prendre tout au sérieux, si naïf, si… candide. C'est craquant.

« Je te taquine, grand blond. Je vois bien que tu es honnête. Et tu n'as pas tort, j'ai été imprudent. J'aurais dû me faire raccompagner chez moi à cette heure, je le reconnais. »

Le viking s'incline devant lui. S'incline, sérieux.

« Permettez-moi de le faire. Je ne voudrais pas que vous tombiez sur ces truands. Je promets de ne pas retenir votre adresse et de ne plus vous importuner par la suite. »

« Tu sais, si c'est par un beau blond comme toi, ça ne me dérangerait pas. »


Petit café de la ville.

Le lendemain, après-midi.


« Sylvain, c'était dangereux, ce que tu as fait. »

« Je le sais, Mercedes. »

Le regard pénétrant de son amie le dépouille de ses mensonges. Il détourne les yeux, incapable de nier. Puis reprend.

« Je n'ai pas envie de te lâcher, pour l'orphelinat… je sais que si je fous ma carrière en l'air, je ne pourrai plus t'aider à le financer. Mais c'est que… »

« Je ne parle pas de ça, Sylvain. »

Son ton est toujours doux, mais si ferme.

« Mais alors, de quoi… »

« Sylvain. C'est pour toi que je m'inquiète. Tu te rends compte que ces personnes auraient pu… abuser de toi, te blesser, te kidnapper… ou même te tuer ? »

Mercedes est la bonté incarnée. La preuve, c'est qu'elle se soucie de lui, un pauvre type qui ne sait que mentir et séduire (et encore).

« Oh, si c'est juste ça. Je ne vaux pas la peine qu'on s'inquiète pour moi, tu sais. »

« Nous en avons déjà parlé, Sylvain. Je ne veux plus entendre ce genre de choses. »

Elle est capable de lui parler, de l'atteindre, sans jamais lui faire de mal. Elle continue, toujours ferme et douce.

« Tu es immensément précieux pour moi. Pour nous. Pour tous tes amis. Est-ce que tu peux imaginer la peine que nous ressentirions, s'il t'arrivait une chose de ce genre ? »

Elle a le don de voir la vérité en lui. Il ne peut pas donc pas lui mentir. C'est pour ça, qu'il lui a fait confiance dès le premier jour.

« Je te demande pardon, Mercedes. J'ai été inconscient. Et… égoïste. »

« Et puis, imagine la tristesse de tes fans si quelque chose se produisait. Il y aurait tellement de larmes qu'on pourrait ouvrir une piscine dans la capitale ! »

« Oh, non ! Pauvre de mes fans ! Ils ne s'en remettront jamais ! Vite ! Des gerbes de fleurs ! Des autographes ! »

Ils rient ensemble. Car elle a le don, aussi, de mettre de la légèreté dans son affection – contrairement à Felix ou Ingrid. C'est pour ça qu'il l'aime profondément. Si elle n'avait pas été religieuse, il serait probablement tombé amoureux d'elle.

« Je préfère quand tu es… comme ça, Sylvain. Simplement toi-même. C'est là que tu es le plus beau. Cela te va bien. Je suis sûre que tes fans adoreraient aussi ! »

Confiance un jour… confiance toujours. Sylvain a toujours pensé que les relations finissaient mal, pour la plupart. Mais quand il est avec Mercedes, il comprend à quel point c'est plus complexe. Il reprend, sincère.

« Que puis-je faire pour me faire pardonner ? Un cadeau ? Un café ? Des fleurs ? »

Elle penche la tête sur le côté.

« De un… promets-moi de te faire accompagner à chaque fois que tu vas dans l'Abysse. De deux… »

« De deux ? »

« Parle-moi de ce chevalier servant qui t'a secouru. »

« Ah, lui ? Mais pourquoi ? »

« J'ai l'impression que tu l'aimes bien. »

Un petit sourire orne les lèvres de son amie. Pour l'avoir côtoyée pendant des années, Sylvain sait, aussi, qu'elle aime les ragots. Toute la bienveillance du monde n'empêche pas cela.

« C'est normal d'être reconnaissant envers quelqu'un qui t'a secouru, non ? »

« Oui, mais… j'ai l'impression que c'est plus que de la reconnaissance que tu as, pour lui. »

Un étrange sentiment étreint son cœur.

« Qu'est-ce qui te faire dire ça ? »

« Tu lui as laissé ton numéro et tu l'as laissé voir où tu habitais. Tu ne fais jamais ça, Sylvain. Habituellement, si tu veux juste flirter, tu passes un moment avec la personne, puis, tu coupes les ponts. Et là… tu ne l'as pas fait. »

« … »

Touché. Sylvain ne peut pas vraiment l'avouer, mais… le grand blond l'intrigue. Il lui plaît, même – et pas que physiquement. Il y a quelque chose d'honnête, de droit, de sincère, en lui, qui l'interpelle, et ce, en dépit de son apparence impressionnante. Quelque chose de tourmenté, aussi.

« Hi hi hi… j'ai vu juste, Sylvain, n'est-ce pas ? »

« M-mercedes ! Je… on a juste parlé… enfin… »

Elle le regarde, les yeux brillant de douceur.

« Je te taquine. Mais je crois que tu l'aimes bien quand même. En tout cas… sois prudent, quand tu fais tout cela, dans les souterrains. »

Un poids oppresse son cœur. Il a besoin… il a besoin…

« Mercedes… je ne peux pas cesser d'aller dans l'Abysse. »

« Je le sais, Sylvain. Je sais… que tu as besoin de séduire et de plaire. Je ne veux pas t'empêcher de faire ce que tu veux… mais simplement qu'il ne t'arrive rien. »

Si seulement il pouvait être plus prudent, et donc, ne pas inquiéter ses proches. Mais Sylvain se connaît trop bien. Il y a certainement marqué sur son front 'Ennuis, venez à moi…'.


Sylvain : Wouah ! Quelle star je fais ! Oh, monde chéri ! Aime-moi ! /Reçoit un sabre dans la figure/ AÏE ! Mais ça va pas, Fe ?!

Felix : Bien fait pour toi.

Sylvain, boudeur : Tu n'apparais même pas dans le premier chapitre, et, tu me martyrises ? Tu dois vraiment m'aimer, mon petit sabreur d'amour... /Se reçoit tous les sabres du dojo/ AÏE AÏE AÏE ! D'accord, je me tais !

Ingrid : Que quelqu'un le fasse taire. Comme si toutes les fics le mettant en scène ne suffisaient pas, il faut qu'il soit le protagoniste de celle-ci qui en fasse une star. ça va devenir impossible de le contenir. Enfin, au moins, il laisse les filles en paix...

Sylvain : Pfff, c'est elles qui se jettent sur moi. Et les gars aussi. Pour une fois, j'ai rien fait de mal...

Ingrid : Et explique-moi pourquoi les ennuis se jettent sur toi aussi ? Tu veux qu'on meure de façon prématurée, c'est ça ?

Felix : Si je le transperce de mon sabre, c'est ce qui arrivera pour lui, en tout cas.

Sylvain, reculant : Ok, ok, je me tais ! Je dis plus rien ! /Se réfugie dans l'Abysse/ Dimi ! S'il te plaît, dépêche-toi de revenir me sauver, mes meilleurs amis veulent ma mort !

Felix et Ingrid, soupir : Pffff...