Bonjour,
Un nouveau mois qui commence et un nouveau chapitre qui arrive.
J'espère que tout le monde va bien ?
Aujourd'hui je vous offre la biographie d'Eirene. J'espère que cela vous plaira. On apprend plein de chose et on voit arriver le dénouement de son histoire.
Je me ferais un plaisir d'avoir votre avis ou de savoir à ce que vous imaginez pour la suite.
Bonne lecture et bonne journée.
Peace'.
Chapitre 55 : J+16 (3)
Shion entendit les gongs de la grande horloge raisonner dans le sanctuaire. Il les compta un à un et constata qu'il était déjà vingt-deux heures. Le cœur léger et l'âme en paix, il entra heureux dans sa chambre. Cela se lisait sur son visage, un sourire franc ourlait ses lèvres.
En effet, pour une fois depuis quelques jours, il allait pouvoir se coucher tôt et en profiter davantage que de raison car Athéna leur avait concédé un jour de repos pour le lendemain. Enfin un lundi soir calme et reposant !
Déjà avant le repas, sa conversation avec Noémie l'avait rassuré. Cette dernière avait en effet promis de tout organiser pour cette fameuse journée de repos, jusqu'aux tours de garde afin que chaque chevalier puisse bénéficier de quelques heures de repos à défaut d'une journée complète.
Quand il repassa par son bureau pour voir les plannings avant de rejoindre ses appartements, il savait qu'il avait eu raison de lui faire confiance pour cette mission, et il partit se coucher ravi de ne plus avoir à se tracasser de cette tâche.
Une fois que Shion eut pris le temps de se changer, il s'installa tranquillement dans son lit et attrapa la biographie d'Eirene qui se trouvait sur sa table de chevet.
Les mois avaient passé et les chevaliers du sanctuaire avaient été bien occupés. De nombreuses missions les amenaient à quitter de plus en plus le domaine. Seul les apprentis et une poignée de chevaliers restaient dans l'enceinte sacrée d'Athéna.
Pendant ce temps, je m'occupais de l'administration et de l'éducation des enfants.
Le soir, je recevais les chevaliers qui rentraient faire leurs rapports après chaque mission.
Avec Kanus nous n'avions plus reparlé de notre mariage, laissant du temps à Athéna pour se faire à l'idée de notre amour.
Toutefois, un soir, alors qu'une des chevaliers me racontait son entrevue auprès de Poséidon, le sujet de mon mariage revint sur le devant de la scène.
Cette entrevue avait été sollicitée car ces derniers temps, le Dieu des Océans avait la fâcheuse tendance à envoyer beaucoup trop souvent ses Marinas combattre pour prendre toutes les terres de notre Déesse. Il convoitait en particulier la ville d'Athènes, et ce depuis longtemps, et tentait le tout pour le tout pour la récupérer.
Sa propension à vouloir gagner tout le temps – sachant qu'il déteste perdre –, et spécifiquement contre sa nièce, devenait de plus en plus compliquée à gérer pour mes chevaliers et le sanctuaire.
Difficile d'imaginer dans ces conditions que j'ai pu être conçue par deux êtres qui se haïssent autant.
Or donc, Andromède avait été mandatée pour aller dans son sanctuaire humain au Cap-Sounion. Elle me fit ainsi son rapport, m'expliquant en premier lieu que Poséidon l'avait conviée dans ses quartiers privés, dans le domaine sous-marin.
Elle me décrivit rapidement les lieux, m'expliquant de quelle façon sept piliers, protégés chacun par un général – équivalent de nos chevaliers d'Or –, portaient les mers et les océans de notre planète. Elle me parla aussi des paysages féeriques qu'offraient les profondeurs marines.
Enfin, elle finit par me rapporter le contenu de leur entretien :
- Poséidon m'a dit qu'il était d'accord pour faire la paix avec nous. Il n'enverra plus de Marinas. De plus, il m'a fait savoir qu'il avait appris le refus d'Athéna pour ton mariage avec Kanus. Il aimerait vous aider...
Je la vis réfléchir avant de reprendre :
- Il m'a dit une chose bizarre mais que tu devrais comprendre. Il m'a demandé de te dire qu'il aimerait réparer ses erreurs passées envers toi et que tu trouves le bonheur et la famille qu'il t'a refusée.
- Oui, je comprends bien. Merci. Qu'a-t-il dit de plus ? demandai-je assez surprise de cet aveu concédé par mon géniteur.
Je n'aurais jamais pensé qu'il savait qui j'étais et où j'étais.
- Que... quand tu serais prête à lui faire confiance, tu le rejoignes avec Kanus au Cap-Sounion. Qu'il t'y attendra le temps qu'il faudra.
- Merci, tu peux y aller. Je t'expliquerai plus tard de quoi il retourne exactement.
- Bien, mais... tu devrais y aller. Pardon, je sais que ce ne sont pas mes affaires, mais… peut-être que tu n'auras pas à faire de sacrifices à Athéna pour pouvoir avoir ce que tu désires.
- De quoi parles-tu ?
Je ne comprenais vraiment pas de quoi mon amie me parlait.
- Je… Je ne voulais pas t'en parler, mais tu dois savoir.
Elle replongea dans ses pensées et à l'expression de son visage, je voyais que cela semblait douloureux. Elle reprit enfin la parole :
- Tu te rappelles quand nous sommes arrivés au temple avec Persée ? Athéna nous a reçus en possédant ton corps, mais cette fois-là, elle t'avait fait dormir. En fait, ça lui arrive parfois quand elle ne veut pas que tu saches ce qu'elle fait ou dit. Je sais très bien que tu n'aurais pas été d'accord avec elle.
- Vaguement, mais tu aurais dû m'en parler plus tôt, j'aurais peut-être pu voir ça avec elle ! Tu dois tout me dire, on est amie et je me dois de te protéger, lui rappelai-je.
J'étais furieuse contre Athéna, elle n'avait pas à me cacher des choses sur mes chevaliers.
- Vas-y je t'écoute.
- Voilà : elle nous a fait savoir qu'elle acceptait notre mariage car il avait été célébré avant notre nomination en tant que chevaliers. Par contre, nous n'étions autorisés qu'à avoir un seul enfant qui deviendra chevalier à son tour et devra renoncer à mon trône après ma sœur, même si celle-ci n'avait pas d'héritiers. Après sa naissance, Apollon – médecin et frère d'Athéna – nous a préparé une potion qui nous a tous les deux stérilisés. C'est pour cela que nous n'avons eu que Persès. Athéna est venue en personne le lendemain de sa naissance pour nous la faire boire, souffla tristement Andromède.
Des larmes coulèrent le long de mes joues... Je me demandai de quelle façon elle avait pu faire une chose pareille à une femme aussi fidèle, qui avait renoncé à tout par dévotion pour elle... À l'argent, au pouvoir… pour une cause plus noble à ses yeux, celle de protéger non pas un peuple, mais tous les peuples.
J'étais outrée et pourtant j'avais du mal à voir Athéna ainsi. Mais en même temps ne m'avait-elle pas aussi trahi à la naissance ?
Je ne savais plus quoi faire ni penser. Je me levai et allai prendre mon amie dans mes bras.
- Pardon je... Je suis si désolée. Me pardonneras-tu mon ignorance et mon manque d'action pour empêcher cela.
Je m'en voulais terriblement d'avoir laissé l'une de mes meilleures amies dans une telle détresse.
- Bien sûr, ne t'inquiète pas, me rassura-t-elle avant de prendre congé et de rentrer dans sa famille.
Je me rassis sur mon trône et repensai à cet aveu. Combien de fois Athéna avait-elle pu faire cela ? Prendre ainsi mon corps et contraindre les miens à faire des choses avec lesquelles je n'aurais jamais été d'accord ! Il faudrait que je me renseigne et essaie de voir si tout n'était pas irréversible comme avec Andromède et Persée.
Finalement, je me demandai si tous étaient au courant de cela ou en avait eu conscience et surtout, pour quelle raison ne m'en avaient-ils jamais parlé si ça avait été le cas !
- Car ils t'aiment, affirma une voix de femme derrière moi, comme un écho répondant à ma pensée.
- Reine Perséphone ! m'exclamai-je heureuse de la voir. Je ne vous savais pas ici.
- Je viens d'arriver. J'ai entendu votre discussion. Et s'ils ne t'en ont pas parlé avant c'était pour te protéger car ils t'aiment, m'expliqua la reine d'Hadès.
La jeune Reine des Enfers faisait aussi partie de mes meilleures amies. Je ne t'ai jamais parlé d'elle avant, mais tu dois savoir qu'après la tentative de meurtre sur ma personne le jour de mes dix-huit ans et depuis que la maladie a touché deux de mes chevaliers, cette dernière venait me voir régulièrement.
Elle avait appris pour l'incident et elle en avait été peinée. Peu après le départ d'Asclépios, elle m'avait rendu visite et m'avait aidée à soigner les garçons.
Nous avions noué des liens très étroits toutes les deux. C'est pour cela qu'elle passait souvent me voir sans s'annoncer. Et comme Athéna l'appréciait beaucoup, elle ne voyait rien de mal à ce que la reine s'invite d'elle-même dans son domaine.
- Vous avez raison, j'aurais sans doute fait de même. Que puis-je pour vous ? demandai-je, intriguée de sa visite si tardive.
- Rien. Je passais pour voir si tu allais bien. Tu vas certainement penser que je me mêle de ce qui ne me regarde pas mais…
- Chuut ! Pas ici, dis-je un peu précipitamment. Allons discuter ailleurs voulez-vous ? Suivez-moi. !
Perséphone opina du chef et me suivit dans ma chambre sans rien ajouter de plus.
Nous nous assîmes sur mon lit et elle me prit les mains en fixant son regard dans le mien.
- Je voulais te dire qu'elle avait raison car moi aussi j'ai dû me battre pour pouvoir épouser Hadès et maintenant je suis la femme la plus heureuse au monde. Alors si mon oncle veut t'aider, profites-en.
Je la regardais soucieuse.
Je savais qu'elle était sincère. Elle m'avait souvent parlé de son époux et je dois dire qu'il avait l'air sympathique, mais surtout il la rendait heureuse.
Mais concernant Poséidon, je doutais de sa volonté, et pour une fois je me confiai réellement à elle.
- Je dois vous dire une chose que je n'ai dite qu'à peu de personnes.
- Je t'écoute.
Je lui racontai ma vie. Elle m'écoutait sans parler. Puis elle me prit dans ses bras.
- Je suis si désolée. Je comprends mieux à présent ta réticence envers lui. Mais en même temps, peut-être qu'il veut vraiment t'aider. N'a-t-il pas dit qu'il aimerait réparer ses erreurs. Tu devrais en parler avec Kanus et voir ce qu'il en pense.
- Je vais faire cela. Je vous remercie pour votre franchise.
Après ces échanges avec la Reine des Enfers, je me suis sentie plus rassurée.
Ensuite, nous discutâmes un long moment puis elle repartit chez elle.
Le lendemain je sollicitai la présence de Kanus dans mon bureau.
- Merci d'être venu aussi vite.
J'étais heureuse de le voir. J'avais réfléchi toute la nuit et il fallait que je lui parle.
- C'est bien normal.
Je lui racontai mon entretien avec Andromède puis Perséphone.
- On doit y aller, elles ont raison. Désolé de n'avoir rien dit pour Athéna, ajouta-t-il l'air navré.
- Ce n'est rien, je comprends, le rassurai-je. Tu es sûr de vouloir y aller ? demandai-je pas vraiment sûre de moi.
- Oui, fais-moi confiance et qu'a-t-on à y perdre ?
- Rien, effectivement.
C'est pour cela que nous partons cette nuit voir mon géniteur. Demain nous serons peut-être considérés comme des traîtres, ou alors mes parents se seront entendus et je pourrai épouser Kanus et continuer de servir ma déesse.
Je vais placer ce livre dans ma bibliothèque en espérant pouvoir le finir un jour, pour te raconter ce qui est arrivé par la suite.
Mais si cela n'est pas le cas, sache que j'aime Athéna malgré tout, elle m'a donné la vie.
Shion referma l'ouvrage sur ce passage, en guise de conclusion temporaire, car il avait toutefois remarqué qu'une suite avait été ajoutée.
Mais avant d'en poursuivre sa lecture, même s'il avait hâte d'en connaître le dénouement, il avait besoin de réfléchir à ce qu'il venait encore d'apprendre sur Eirene et ses relations avec le Dieu Poséidon ou la Reine Perséphone.
Il ignorait que cette dernière était aussi proche de son homologue au point d'être amies. Méthos lui-même n'avait-il pas dit qu'elle était un personnage central pour comprendre l'ensemble des énigmes impliquant les différents Dieux ?
Cette pensée le laissait tout aussi perplexe que la réaction aussi surprenante qu'inattendue de Poséidon envers sa fille ! Qu'avait-il en faisant cela ?
Shion sentait bien que la vérité se profilait à l'horizon de ces questions, mais il ignorait encore si le chemin serait long et semé d'embûches avant d'y arriver.
Il laissa donc ces réflexions en l'état, se coucha et s'endormit assez rapidement.
