Bonsoir à tous (prétendons que quelqu'un passe ici)
Nous vous souhaitons une bonne lecture et une belle semaine à venir !
A dans deux semaines pour la suite :)
Chapitre XII: Celles qui faisaient la savonnette
Jeudi 7 Octobre 1976 :
Quelques jours s'étaient écoulés depuis la sortie à Pré-Au-Lard et pourtant Kathleen avait l'impression que le week-end remontait à une éternité. La serpentarde soupira de désespoir, les yeux rivés sur la fenêtre qui se trouvait à sa gauche : il pleuvait depuis trois jours sans interruption. Elle ne croyait pas ça possible avant de le voir et pourtant elle venait de Bretagne… La jeune femme plaignait sincèrement les élèves qui avaient cours en extérieur aujourd'hui, ça devait être l'enfer. Elle soupira de nouveau, lasse. Son moral était à l'image du temps qui planait sur le château et les collines environnantes : morose.
Morgane passait son temps à éviter Sirius depuis " l'incident des Trois Balais ", comme l'avait rebaptisé Kat pour ne pas énerver son amie. James changeait de route dès qu'il croisait la blonde pour ne pas recevoir ses regards noirs et pour ne rien arranger, la petite peste qui avait renversé sa bièraubeurre sur Kat semblait décidée à se venger si elle en croyait les regards meurtriers qu'elle sentait parfois sur elles aux heures des repas, quand bien même Kathleen n'avait presque pas parlé avec les maraudeurs depuis la fameuse sortie. Elle poussa un autre soupir. Quelques jours plus tôt, tout semblait aller si bien, son niveau scolaire de côté, et maintenant rien ne semblait aller dans son sens !
— Tu devrais être un peu plus attentive en cours d'Histoire, fit une voix à sa droite, la ramenant sur terre.
Elle se redressa, s'assura que le professeur Binns ne la regardait pas -et franchement elle se serait levée pour jouer de l'accordéon que le fantôme ne l'aurait sans doute pas vue- puis se tourna vers Rabastan.
— Parce que tu suis, toi, peut-être ? Répliqua-t-elle avec un haussement de sourcils provocateur.
— Moi, je n'en ai pas besoin, je suis un sang-pur, je connais l'Histoire du monde sorcier.
— Épargne-moi ton discours sur la suprématie du sang, aujourd'hui, tu veux bien ? Je ne suis pas d'humeur…
— Ça ne va pas ? Demanda-t-il.
Elle le regarda avec étonnement. Elle aurait presque cru entendre un soupçon d'inquiétude dans la voix du Serpentard. Ce n'était pas vraiment son genre… Il était peut-être malade ? Songea-t-elle. Elle dut être très expressive dans sa façon de le dévisager car l'adolescent s'empressa d'ajouter :
— Je m'ennuie, autant parler avec toi, c'est mieux qu'avec le truc à côté de moi, justifia-t-il rapidement en faisant un signe de tête vers le Poufsouffle qui était assis non loin de lui et qui avait l'air d'être en train de faire son devoir de métamorphose au lieu d'écouter le cours… non pas qu'elle puisse le juger de ne pas écouter les leçons de leur professeur décédé.
Parce qu'elle en faisait de même depuis la rentrée. Sauf qu'elle avait le bon sens de travailler cette matière durant le cours en lisant des ouvrages spécialisés. Elle adorait l'Histoire de la magie ! C'était passionnant et dans une autre école ou avec un autre professeur, ça aurait sans doute été sa matière préférée. Elle faisait toutefois avec les moyens du bord et se cultivait par elle-même. Sauf aujourd'hui, où elle avait vraiment la flemme…
— Sauf que j'ai pas très envie de parler, marmonna Kathleen avant d'avoir une idée. Mais finalement si, parlons ! Tu la trouves comment Johanna ?
Le Serpentard la regarda étrangement, clairement surpris par le changement de sujet dans leur conversation. Kathleen grimaça intérieurement. Elle n'avait pas été très subtile, sur ce coup-là.
— Pourquoi ? Elle te cause des ennuis ?
— Non, je voulais un avis extérieur sur elle, tu la connais depuis longtemps, non ? Après tout, c'est votre septième année ici, répondit-elle avec désinvolture.
— Si tu le dis… C'est pas le genre de fille que tu connais au bout de sept ans. Elle ne parle pas, pas quand je suis là en tout cas… Elle n'a pas l'air particulièrement intelligente. Et ne brille pas par sa beauté…
Kathleen retint un soupir de désespoir : les mecs pouvaient être tellement aveugles ! La pauvre Johanna ne parlait pas quand il était là parce qu'il la mettait mal à l'aise ! Raahh ! Elle voulait lui expliquer, vraiment ça la démangeait, mais elle ne pouvait pas, ce n'était pas à elle de le faire ! Quel idiot à l'égo ultra gonflé ! Si seulement il pouvait voir plus loin que le bout de son nez et si seulement Johanna pouvait communiquer avec lui…
— Si elle ne brille pas par sa beauté, les autres filles sont des trolls, répondit sèchement Kat face à tant d'injustice.
Parce que Johanna était jolie. Elle n'avait pas le charisme de Mabel ou la silhouette super-athlétique de Lucinda, ni même la force brute de Roberta - ce qui devait bien plaire à certaines personnes - leurs camarades de dortoir, mais la jeune Diaz avait une beauté simple et délicate. On ne se retournait sans doute pas pour la regarder dans la rue, mais elle avait indiscutablement du charme. Pourquoi ne le voyait-il pas ?!
— Pas forcément, dit-il en regardant devant lui. En tout cas, mon avis ne te fera pas avancer, parce que je n'en ai pas la concernant.
Kathleen ne répondit pas et le regarda, dubitative… Il avait l'air de dire la vérité. C'était franchement bizarre, un Serpentard -pire un Lestrange- sincère, mais bon, elle lui accordait le bénéfice du doute. Elle reposa sa tête sur la table en soupirant.
— Qu'est-ce qui t'arrive ? Lui demanda-t-il d'un air désintéressé.
Elle ne s'y trompait pas, ce garçon était une vraie commère même s'il prétendait le contraire.
— J'ai le mal du pays, je crois… Mentit un peu la jeune fille.
Ce n'était même pas vraiment un mensonge. Sa maison lui manquait. Sa famille lui manquait. Sa vie simple et sans prise de tête lui manquait. Elle avait parfois l'impression d'étouffer, dans le château. Elle voulait retrouver la mer et le vent qui soufflait au point de la faire pleurer. Elle savait que Morgane la comprenait, bien que ce soit la vie cosmopolite qui manquait à la petite blonde.
— Ça fait déjà pas mal de temps que t'es là, il serait peut-être temps de t'adapter un peu, fit-il remarquer sans aucun tact. Ou alors t'es juste fatiguée, traîner avec ta sœur exubérante toute la journée, tu dois avoir des migraines.
— Pourquoi tu t'en prends toujours à Morgane ? Je sais bien qu'on n'a pas été cool avec toi le premier jour, mais ça fait déjà pas mal de temps, fit-elle remarquer en se remémorant le coup bien placé que Morgane lui avait asséné lors de leur voyage dans le Poudlard Express, il serait peut-être temps de grandir et de pardonner un peu.
— Je ne m'en prends pas à elle en particulier. Je dis juste qu'elle fait pas mal de bruits et qu'elle traîne avec cette bande de cons. A ta place, je ferais attention. Il vaudrait mieux pour toi que tu aies des amis qui ne te laisseront pas tomber.
— Morgane ne me laissera jamais tomber, siffla-t-elle, furieuse de ce que ce petit con arrogant insinuait. On a grandi ensemble et c'est pas parce qu'elle a d'autres amis dans sa maison qu'elle va me laisser de côté !
Alors d'accord, elles n'avaient pas réellement grandi ensembles, mais elles se connaissaient depuis plusieurs années et Kathleen considérait sincèrement Morgane comme sa meilleure amie. Elle était sa confidente et son amie la plus proche et avait été présente pour elle lorsqu'elle en avait eu besoin. Elle en avait fait plus pour elle que la plupart des gens. Et personne n'avait le droit de juger leur relation !
— Ah oui ? Pourtant tu ne l'as pas vu longtemps ces derniers temps, non ? Elle passe ses journées avec Bennet et Lupin, il me semble… Et avec l'autre Serdaigle qui a fait le pari fou de lui faire avoir ses ASPICs, la bonne blague.
Kathleen le mitrailla du regard mais ne trouva rien à répondre. Parce qu'il n'avait pas entièrement tort, Morgane avait passé beaucoup de temps avec les deux Gryffondors, ces derniers jours. Mais c'était normal, elle en passait avec Johanna, elle aussi ! Et les tuteurs étaient là pour les aider, il n'avait pas besoin de se moquer aussi ouvertement du fait qu'elles avaient des lacunes...
Elle se contenta donc de se concentrer sur le cours, ou plutôt de faire semblant. Elle le vit la fixer du coin de l'œil puis il se retourna vers le professeur pour suivre à son tour le cours, ou comme elle, le prétendre. Une demi-heure plus tard, la leçon prit fin, au grand soulagement de presque tous les élèves dans la classe.
Kathleen attrapa son sac de cours et partit en direction des cuisines. Elle avait sérieusement besoin d'un remontant. La jeune femme ne se sentait vraiment pas bien, depuis quelques jours. Sur le chemin, elle se demanda ce que faisait son amie. Morgane finissait avant elle, le cours de botanique ayant été annulé, mais souvent Lupin et Pettigrow l'aidaient après les cours dans de vieilles salles ou dans leur salle commune, lorsque ce n'était pas son tuteur qui s'occupait d'elle, évidemment. Elle aurait bien voulu être à Gryffondor, elle aussi, pensa-t-elle un peu jalouse du soutien chaleureux des rouge et or. Mais c'était mieux ainsi, au moins, elle ne s'attachait pas trop à eux. C'était d'ailleurs pour ça, au-delà des menaces de la jeune cinglée de Pré-au-lard, qu'elle avait mis de la distance avec James.
Elle passa le tableau qui cachait les cuisines de Poudlard et sourit lorsque, à peine eut-elle posé un orteil sur le sol de pierre, pleins de petits elfes se précipitèrent autour d'elle pour lui proposer de la nourriture. Elle prit ce dont elle avait envie, sans manquer de saluer chaleureusement Pingoo qui rougit de bonheur, et leva le regard pour aller s'asseoir à une table. Cependant elle se figea, se rendant compte qu'elle n'était pas toute seule et que c'était l'une des personnes qu'elle voulait justement éviter qui était là.
— Tiens, une revenante, lança Sirius d'un ton nonchalant. Comment ça se fait que tu connaisses les cuisines ? On a mis plusieurs années, nous, à les trouver.
— Les Serpentards vivent dans les cachots, ils connaissent bien leur territoire, et je suis une des leurs, maintenant. Pourquoi tu m'appelles revenante ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
Elle n'avait pas très bonne mine, ce qu'elle attribuait au manque de soleil et à son humeur morose, mais pas au point de la comparer à un fantôme !
— Ça m'étonnerait que les Serpentards connaissent cet endroit ! On est déjà venu un bon paquet de fois et on n'a jamais croisé aucun membre de ta maison, c'est plutôt le coin du sous-sol des Poufsouffles ici... D'ailleurs, tu es la première personne que je vois ici, fit-il, maintenant vraiment intrigué. Et revenante, juste parce que tu ne nous as pas vraiment parlé, ces derniers temps. Enfin, je devrais plutôt dire que tu nous as "évité", ça serait plus approprié, reprit-il le menton dans la main, avant de croquer dans un muffin.
Kathleen se raidit à cela. Des quatre garçons, Sirius était peut-être celui avec qui elle avait le plus de mal à communiquer. Elle l'appréciait, vraiment, mais il lui donnait l'impression de pouvoir changer brusquement d'humeur et cela la mettait mal à l'aise. Dans ces moments-là, il pouvait être sec, voire cassant. Et Kathleen étant susceptible, cela ne faisait pas bon ménage.
— Et pourtant je suis là, alors que je me perdais au début dans le château, alors je ne vois pas de quelle autre façon j'aurais découvert l'existence des cuisines, mentit-elle avec aplomb. Et je ne vous évite pas, je n'ai pas vraiment eu le temps de vous parler entre les cours et mes sessions de rattrapage avec ma tutrice, c'est tout.
— Ce n'est pas beau de mentir, ricana Sirius en la regardant soudain froidement. Remarque, moi, je prends l'habitude, ta sœur fait la même chose.
— Comment ça ? Demanda Kat, pas sûre de suivre. Morgane ment oui, mais c'est souvent grillé, parce qu'elle invente des trucs invraisemblables et commence à faire de grands mouvements et à parler fort. Pas difficile de s'en rendre compte.
— Nan, je parlais du fait qu'elle aussi m'évite.
— Tu te demandes vraiment pourquoi ? S'étonna Kat en haussant un sourcil, perplexe et légèrement moqueuse.
— Si je le savais, j'en parlerais pas, répliqua Sirius en la regardant comme si elle était idiote.
Décidément, les mecs, pensa Kathleen en soupirant intérieurement. Une part d'elle trouvait toutefois une certaine satisfaction à cette conversation. Sirius avait noté le changement de comportement chez son amie, ce qui prouvait que cela importait à ses yeux. Que Morgane comptait pour lui.
— Si tu ne sais pas, c'est que tu es plus bête que je le croyais, répondit la jeune fille en lui rendant son regard.
— Pardon ? S'exclama le jeune homme en manquant de s'étouffer avec son bout de muffin. Et bah, vas-y, éclaire-moi de ta lanterne !
— Tu as vu comment tu l'as traité lors de la sortie à Pré-au-lard ? Je ne parle pas de vos taquineries habituelles, ça, c'était drôle. Je te parle de la façon dont tu es parti… N'importe qui aurait été vexé ! Ça sous-entendait presque qu'elle te dégoûtait, alors que toi et moi, on sait tous les deux que c'est le contraire !
Est-ce qu'elle prêchait le faux pour savoir le vrai ? Totalement. Sirius ne répondit rien, il lui fallut un petit moment avant que l'information ne monte au cerveau.
— Je vois pas de quoi tu parles !
Le temps qu'il prit pour lui dire cela et la soudaine rougeur de ses oreilles tira un sourire satisfait à la brunette.
— Laisse-moi te donner une info, mon grand, toi non plus, tu ne sais pas mentir, dit-elle en se levant, une tablette de chocolat à la main, quittant les cuisines à grandes enjambées.
Elle eut juste le temps de voir Sirius la bouche comme celle d'un poisson, avant que le tableau ne se referme après elle. Bon sang, ils étaient tous les deux aussi stupides l'un que l'autre. Elle décida de rejoindre le dortoir, pour manger tranquillement sa tablette de chocolat (cachée, histoire qu'on ne la lui vole pas) sous sa couverture, en train de lire un livre, pour penser à autre chose.
Du côté de la jeune blonde, c'était autrement plus studieux. Remus semblait décidé à lui faire rattraper ses lacunes en DFCM et Morgane commençait à en avoir un peu marre pour la journée. Elle en avait même marre pour toute la vie, elle avait l'impression de passer son temps à étudier ! Et aussi sympa que c'était la magie, au bout d'un moment, elle saturait !
— Non, non, non ! Tu tiens mal ta baguette ! C'est plus un mouvement comme ça qu'il faut faire.
Il lui montra le mouvement et Morgane l'imita, sans grande conviction.
— Si tu ne fais pas d'effort, tu ne vas pas progresser, lui fit remarquer Remus, sévèrement. Et si tu ne progresses pas, tu n'auras pas tes ASPICS, tu veux refaire une année à Poudlard ? Ou juste sortir sans diplôme et travailler je ne sais où ?
Who… Le loup-garou semblait au bord de la crise de nerf et elle dut prendre sur elle pour ne pas lui hurler de se calmer. Heureusement pour eux deux, la jeune femme savait pourquoi les études tenaient tant à coeur au jeune Lupin et aussi pourquoi il était tellement énervé, ce soir. Cela ne l'empêcha pas de baisser sa baguette pour se tourner vers son nouvel ami.
— Tu te calmes un peu, c'est toi le plus fatigué de nous deux. Tu devrais aller te coucher, lui dit-elle en gardant son calme.
La pleine lune allait avoir lieu le lendemain et elle se sentait un peu coupable de lui prendre un peu de temps qu'il aurait pu passer à se reposer et se préparer mentalement, ou faire quelque chose qu'il aimait.
— Je ne suis pas fatigué, mentit Remus. Tu n'as plus envie de continuer pour aujourd'hui, c'est ça ?
— Je pense que ça vaudrait mieux pour nous deux, répondit-elle. Et puis, il y a Peter qui dort par terre, là, ajouta-t-elle en montrant leur camarade face contre terre en train de ronfler.
Remus soupira.
— T'as raison, on va tous se reposer. Mais t'as intérêt à travailler ça un peu plus !
— Oui chef, bien chef ! Fit-elle en imitant maladroitement le salut militaire, ce qui arracha enfin un sourire à Remus. Ça n'a vraiment pas l'air d'aller, Remus, si tu as un problème, tu peux m'en parler, tu sais ? Proposa-t-elle gentiment en se demandant ce qu'il lui répondrait.
— C'est rien, un petit coup de mou, il commence à faire froid, c'est pour ça, répondit-il en souriant, d'un sourire un peu forcé.
La jeune femme fronça légèrement les sourcils mais hocha la tête avant qu'ils ne sortent ensembles de la salle, Peter derrière eux, essayant tant bien que mal de se réveiller. Morgane se crispa en regardant au loin, venant du couloir de droite, James et venant d'en face, Sirius. Su-per ! Deux faces de pet pour le prix d'un !
— J'ai un besoin express, Remus, je vais partir en courant vers la gauche, on se voit à la salle commune ? Fit-elle à l'adresse de Remus, en coinçant son sac sur son épaule avant de se lancer en avant pour courir à toutes jambes.
— Bah tiens, je dois vraiment sentir mauvais, elles s'en vont toutes les deux quand je suis là, râla Sirius.
Morgane n'eut toutefois pas le temps d'aller bien loin puisqu'elle percuta quelqu'un d'autre dans sa fuite. Alice. De mieux en mieux. Elle tomba, fesses contre le sol en pierre du couloir, et se releva en grognant, une main sur le postérieur. Elle se retrouva ainsi nez à nez avec Alice qui la regardait assez… méchamment, pour changer.
— Tu pourrais faire attention, lui dit-elle en gardant un timbre de voix qui se voulait pas trop antipathique, sans doute pour ne pas sembler trop désagréable devant les maraudeurs.
— Désolée, grogna Morgane avant de se baisser pour ramasser son sac.
Pourquoi s'excusait-elle alors qu'elle était celle qui s'était presque fendu le coccyx? Se demanda-t-elle avec aberration alors qu'elle attrapait l'une des bretelles de son sac pour le remonter vers elle. L'injustice !
— Morgane ! Attends, en profita James avant qu'elle ne puisse repartir en courant. Je… Je suis désolé, je voulais pas te mettre mal à l'aise, la dernière fois.
Il la regardait tout penaud, se balançant d'un pied à l'autre, sa tête penchée sur le côté et ses yeux écarquillés, imitant clairement ce qu'il l'avait vu faire un bon nombre de fois lorsqu'elle tentait d'avoir quelque chose (elle avait remarqué que ça fonctionnait exceptionnellement bien sur Slughorn). Morgane hésita entre lui faire un doigt d'honneur et partir en courant ou juste partir en courant. Elle choisit cependant une autre option, plus diplomatique :
— C'bon, t'inquiète, céda-t-elle en évitant son regard.
— Sûr ? Demanda-t-il avec espoir.
Elle hocha la tête. Il lui sourit et passa son bras autour du cou de la blondinette, l'amenant dans la direction inverse de là où elle comptait fuir, lui faisant immédiatement regretter sa décision. Foutu Potter !
— C'est cool, parce que j'en avais marre de cette ambiance, si j'avais su je me serais excusé plus tôt. Tu crois que ça marcherait avec Lily ?
Morgane n'en savait rien, elle s'en foutait même, tout ce qu'elle voyait c'était que les trois zigotos étaient encore là, dont Sirius. Elle ne répondit pas et poussa James au moment où il commença à lui ébouriffer les cheveux. Elle se retourna pour voir si Alice était encore là, mais cette dernière avait disparu. Pourtant, elle ne doutait pas une seule seconde qu'elle avait assisté à tout l'échange et ne tarderait pas à aller tout raconter à ses amies.
— Lut', grogna Sirius lorsqu'elle arriva à son niveau.
Morgane prit une grande respiration et se dit que la meilleure défense était encore l'attaque. Elle se décida donc d'engager la conversation elle-même et sur un sujet qui lui convenait.
— Tu as parlé de Kat tout à l'heure, non ? Elle trouve que tu pues ? Demanda-t-elle, ignorant sa salutation et le ton moyennement accueillant qu'il lui avait offert.
— Parler, c'est un bien grand mot, ce qu'elle sait faire, elle aussi, c'est fuir et mentir. Mais oui, on a un peu parlé et non, je ne pues pas, répondit-il en fourrant ses mains dans ses poches, l'air clairement agacé.
— Pardon ? Tu n'as pas besoin de me parler comme ça. Ni de parler comme ça d'elle, s'indigna Morgane en serrant les poings. On ne t'a rien fait, que je sache ! Si ma présence te dérange tellement que ça, tu n'as qu'à le dire, je partirais et je ne te parlerais plus, comme ça tu pourras confortablement retourner à ta petite vie avant que je débarque ici ! S'énerva-t-elle.
Pour qui se prenait-il à monter sur ses grands chevaux et à parler de Kathleen de la sorte ?! Il ne savait rien de tout ce qu'elles enduraient quotidiennement ! Absolument rien. Qu'est-ce qu'elles en avaient bien à faire qu'il soit blessé dans son ego pour une raison minable ?! Il croyait quoi, que le monde tournait autour de lui et des maraudeurs ?
James s'apprêtait à parler, paniqué par la tournure des événements, lui qui pensait que tout s'était arrangé mais Sirius le devança, lui aussi assez remonté.
— Ce n'est pas ce que j'ai dit ! Je constate simplement que vous êtes assez douées pour mentir et pour nous éviter quand ça vous arrange. Autant toi, je peux comprendre parce qu'elle m'a un peu… briefé, cracha-t-il à contrecœur, autant ta sœur nous évite comme la peste et ne veut même pas l'admettre ! Et osez me dire le contraire, s'écria-t-il aux autres. Quant à ta présence, tu fais ce que tu veux, je m'en fous ! Dit-il avant de tourner les talons.
Morgane resta sans bouger, complètement penaude et si elle devait être honnête un peu blessée par ses paroles. Elle fixa le dos de Sirius qui partait puis soupira.
— C'est vraiment un gros con, constata-t-elle, la gorge nouée.
— Il a du mal à admettre quand il a tort, affirma Remus en tentant de la rassurer. Mais ne t'inquiète pas, il ne reste pas fâché bien longtemps, je suis sûr qu'il regrette déjà…
— Mais il n'a pas entièrement tort, lança Peter d'une petite voix, ne voulant pas blesser davantage la jeune fille qui avait à présent les yeux baissés sur ses baskets et un air misérable collé sur le visage.
— Pas entièrement tort de quoi ? Qu'elle vous évite ? Vous vous plaignez, mais moi je passe moins de temps avec elle qu'avant, donc c'est normal qu'elle en passe encore moins avec vous, répondit-elle en le regardant de travers. Mais je vais essayer de lui parler et de savoir pourquoi elle vous évite, comme vous dîtes. Oh et tu pourras dire à Sirius que puisque ça l'arrange, je vais rester bien loin de lui, histoire qu'il n'attrape pas une maladie incurable.
— Morgane, tenta Remus, mais la jeune fille ne l'écoutait déjà plus et partait en direction de la grande salle pour manger. Ça, au moins, ça aurait le mérite de calmer ses nerfs !
Elle entra et chercha son amie du regard, mais elle ne la trouva pas. Avec un soupir de dépit, elle s'assit tout de même à la table des Gryffondor. Mais une fois en face de son assiette, elle n'eut soudainement plus faim.
— Toi, tu t'es fâchée avec quelqu'un, lança doucement Lizzie en la rejoignant.
— Ouais, répondit Morgane avant de soudainement attraper un sandwich et mordre dedans rageusement, arrachant un énorme morceau, beaucoup trop gros pour sa bouche.
— Ah bah c'est sexy, ça ! Rit Lizzie. Heureusement que Sirius n'est pas là, parce que dans le genre tue-l'amour…
Morgane leva son regard vers son amie, estomaquée par son innocente remarque, et lâcha sa nourriture dans son assiette, dégoûtée.
— Ne me parle pas de ce crétin, dit-elle en insistant bien sur le mot crétin. Elle hacha ensuite le reste de la nourriture dans sa bouche avec hargne.
— Ah bah j'en parle pas, hein, mais je te préviens quand même qu'il vient d'entrer et que ses amis lui courent après. Ils n'ont pas l'air de bonne humeur, eux non plus.
Morgane fut tentée un instant de se retourner pour les regarder mais elle décida de plutôt se concentrer sur son cher sandwich au fromage déjà entamé, lui au moins lui offrirait consolation et serait là pour elle dans les moments difficiles. Son appétit revenant petit à petit, elle décida qu'il y avait encore certains plats qu'elle voulait manger avant d'aller au lit. Et puis, de toute façon, ce n'était pas elle qu'ils venaient voir, puisqu'ils venaient tout juste de se quitter, alors autant ignorer leurs sales tronches, pensa-t-elle en faisant passer un énorme morceau de pain avec une gorgée de jus de pomme.
— Comment elle mange celle-là, entendit-elle à sa droite.
Plus ça allait, plus les premières années étaient à l'aise ! Nan mais vraiment, où était passé le respect envers les aînés, hein ?!
Ce fut au tour de Kathleen d'entrer dans la Grande Salle, accompagnée de Johanna. Elle remarqua tout de suite l'air sombre de son amie, mais elle semblait discuter avec Bennet… Alors la jeune femme se demanda si son amie avait vraiment besoin d'elle. Malgré elle, les propos de Rabastan l'avaient plus touché qu'elle ne l'aurait voulu, s'insinuant dans son esprit. Peut-être était-elle trop dépendante de Morgane ? Kathleen vit du coin de l'œil les maraudeurs qui semblaient l'avoir remarquée, eux-aussi. Clairement, le groupe n'émanait pas des bonnes ondes. Hors, pour aller voir Morgane, elle devait forcément passer devant eux et elle doutait qu'ils la laissent passer impunément. Et elle se sentait trop fatiguée pour se prendre encore la tête avec Sirius. Que faire ? Johanna lui lança un regard interrogatif, la voyant arrêtée au milieu de l'entrée.
— Il y a ta sœur, fit remarquer Lizzie à la petite blonde.
Morgane se redressa immédiatement, son sandwich, ou ce qu'il en restait, à la main et se retourna brusquement, apercevant Kat qui la regardait un peu plus loin. Elle lui fit coucou, nourriture toujours à la main, puis lui fit signe de la tête, pour lui indiquer la porte de la grande salle, l'air de dire : « on sort » ?
Kat se détendit à cette suggestion. Elle n'avait pas faim de toute façon, puisqu'elle venait de se gaver d'une tablette de chocolat, elle hocha donc la tête et ajouta à Johanna qu'elle la rejoindrait plus tard, dans leur salle commune et de ne pas l'attendre pour monter se coucher si elle était fatiguée. Elle sortit et attendit Morgane sur le côté. Elle arriva rapidement, son sandwich dans une main et des carottes dans l'autre. Elle lui adressa un sourire avant de mordre à nouveau dans son sandwich.
— Che chui confente de fe choir, fit-elle la bouche pleine, sous le regard dégoûté de son amie.
— Je vois ça, oui. Tu as bon appétit, dis-donc, pour quelqu'un qui a l'air furieuse. Et si on se faisait une soirée dans la salle sur demande, ajouta-t-elle en français, histoire que tu m'expliques ce qu'il se passe !
— Allez, on y va, répondit la blonde avant de mordre à nouveau dans son pain.
— Mais à part ça, elles ne nous évitent pas ? Demanda Sirius, dans la grande salle, avec un sourire narquois.
Dans la salle sur demande, bien installées dans un canapé massant magique de la Tatie Massagique – s'il vous plaît – les deux jeunes femmes discutaient. Kathleen grimaça en écoutant le récit de la journée de sa meilleure amie.
— Je suis désolée, c'est de ma faute ce qu'il t'a craché à la figure, ce que j'ai dis à sûrement dû l'énerver !
— Il n'a pas besoin d'aide pour être con apparemment, tu n'y es pour rien, la rassura Morgane. Mais je suis bien obligée de reconnaître que j'ai… comment dire… je l'ai rembarré grave méchant tu vois ? Il m'a parlé mal alors je lui ai parlé mal.
— Il va venir s'excuser, ça sera à sa manière, mais il va le faire, assura Kat sûre d'elle. Je lui ai fait comprendre certaines choses, je crois. Le temps que ça monte à son cerveau, qu'il y pense bien, je te paris qu'il viendra te présenter des excuses plus ou moins maladroites avant la fin de la semaine !
Kathleen ne doutait pas que Sirius avait simplement besoin d'un petit peu d'aide extérieure pour se rendre compte que son attitude envers la petite blonde n'était pas anodine. Elle ne s'attendait pas à une révélation et un grand changement de sa part, mais peut-être juste une petite évolution ?
— D'ailleurs, ça n'a pas l'air de lui faire plaisir de cogiter sur ce que tu lui as dit, fit remarquer la jeune femme. Mais tu lui as dit quoi, au fait ? Il m'a beuglé dessus comme quoi tu l'as griffé ou je ne sais quoi. Il voulait peut-être dire gifler ? Il articule moyennement quand il est énervé le con.
— Briefer, plutôt non ? Je lui ai dit qu'il fallait pas qu'il s'étonne si tu l'évitais, parce qu'il s'est mis à me reprocher qu'on les évite, toutes les deux… avoua à demi la brunette, n'ayant pas envie de révéler la fin de sa conversation avec le jeune Black, sinon son amie allait encore mentir en disant qu'il ne l'intéressait pas de toute façon, et tout le baratin habituel…
— Il m'a dit qu'il en avait rien à foutre de ma présence, lança Morgane les yeux dans le vague toujours blessée par les paroles que son camarade de maison avait prononcé un peu plus tôt dans la journée.
— Parce que toi tu pensais tout ce que tu lui as dit, peut-être ? Soupira Kathleen, pas dupe. Mo', tu lui plais ! J'en mettrais ma baguette au feu !
— Ça fait du bien, fit la petite blonde soudainement, ignorant ce que son amie venait de lui dire.
— Mais de quoi tu parles ? Demanda Kat, les yeux exorbités.
— La chaise qui masse, c'est le pied. J'suis sûre tous les profs en ont un dans leurs bureaux, obligé.
— Non mais tu m'écoutes quand je te parle ? S'indigna-t-elle en tapant du plat de la main sur le bras de son amie, lui arrachant une plainte indignée.
— Oui. Et tu peux penser ce que tu veux. On parle pas comme ça à une déesse. On ne parle pas comme ça à Morgane, la princesse de Poudlard. Que dis-je ?! LA REINE !
— La reine des folle ouais… se moqua Kathleen à voix basse. En même temps, Sirius a toujours été comme ça, tu le savais avant qu'on arrive ici et ça t'empêchait pas de l'apprécier… Morgane, laisse-lui une chance si l'occasion se présente. Sa vie va être assez dure comme ça, si au moins cette année pouvait bien se passer pour lui…
— Moi, je compte bien lui faire la tronche ! C'est vrai quoi, je veux juste qu'il s'excuse, c'est quand même pas trop demander ! décida la jeune femme en se tournant vers elle. Et puis, je sais ce qui va leur arriver, et je sais que c'est pour ça que tu ne veux pas rester avec eux. Mais justement, tu devrais ! Parce que même si ça ne peut pas bien se terminer, tu auras profité du temps que tu auras eu avec eux et inversement. S'ils ont envie de te connaître, profites-en !
— Pourquoi faire ? Je me connais, je vais m'attacher et je vais souffrir ensuite. Et puis, ce n'est pas comme si on était amis, ou quoi que ce soit, eux et moi, je leur ai un peu parlé, c'est tout, nia Kathleen, butée. Je ne pense pas que les grands maraudeurs veuillent connaître une Serpentarde tarée…
— Pourtant ça leur fait de la peine que tu les évites. Ils ne comprennent pas. Si ça, ça ne veut pas dire qu'ils t'aiment bien, alors je vois pas ce que c'est, contra Morgane. Et après c'est moi qui refuse d'admettre des choses. Choses qui sont fausses, en l'occurrence, je précise.
— Ils comprennent pas et c'est pour ça qu'ils demandent pourquoi je les évite, pas parce que ça leur fait de la peine ! Répondit Kat en fronçant les sourcils. Tu ne comprends pas, toi non plus ! Le lendemain de notre sortie à Pré-au-lard, j'ai rêvé de la mort de Lily et James. Et en me réveillant, d'abord j'ai songé que c'était possible de sauver James, sa mort ne change rien et n'apporte rien à l'histoire, contrairement à celle de Lily, mais surtout, j'ai eu mal, mal de savoir qu'on pourra rien faire ! Je pensais pas que venir ici serait si douloureux, je pensais que ça serait bien, comme au début mais maintenant… Maintenant, je vois que ça va être trop dur…
Morgane, soupira, peinée et compatissante. Elle s'étonna presque de ne pas l'avoir vu venir, connaissant Kathleen comme personne. Elle ne pouvait pas nier qu'il lui arrivait aussi d'y penser, parfois, mais elle faisait de son mieux pour profiter de l'instant présent et de ne pas se projeter trop dans le futur. Après tout le futur n'existait pas sans le présent et pour le moment ce qui comptait vraiment était le présent.
— Mais maintenant on est ici, alors autant en profiter. Comme ça, ils auront de beaux souvenirs. On ne peut pas se permettre d'être égoïste et de passer à côté de ça. Tu te rends compte de ce qui nous arrive ? On est ici, quoi ! Alors oui, c'est horrible, et oui on va pleurer comme des grosses merdes…
— J'ai pas envie de les voir mourir, lâcha Kathleen dans un murmure. J'ai pas envie de me dire que je vais les laisser mourir sans rien faire. Tu crois que tu pourras supporter le désespoir de Remus lorsqu'il va perdre ses amis ? En sachant que t'aurait pu empêcher ça ?
Morgane resta silencieuse, bien sûr, elle savait tout ça, mais il valait mieux vivre dans le moment présent sinon ce genre de pensées risquaient de leur bouffer la vie, et puis, elles ne savaient pas combien de temps elles allaient rester ici. Rien ne prouvait qu'elles étaient dans ce monde pour toujours, ou même que tout cela était bien réel...
— Tu sais, je pense que notre présence a déjà changé des choses, je ne saurais pas te dire quoi, mais sans rien faire, il y a déjà des choses qui ont été modifiées.
— Parlons de choses plus légères, je crois que c'est mort pour Rabastan et Johanna. Il n'en a rien à faire d'elle…
— Normal, il t'aime bien, fit remarquer Morgane en haussant les épaules.
Kat leva les yeux au plafond.
— Ne recommence pas avec ça, je suis sérieuse… C'est dommage, Jo est sympa pour une Serpentarde, j'aurais voulu faire quelque chose pour l'aider.
— Tu pourras peut-être faire quelque chose pour elle plus tard. Et puis, qui sait, maintenant que tu lui as parlé d'elle, il fera peut-être plus attention aux choses la concernant. Par curiosité, tu vois.
— J'espère, sourit Kat. Bon, qu'est-ce qu'on fait, on dort ici au risque d'inquiéter nos camarades de dortoir – ou pas – ou on rentre ?
— Tu crois qu'Alice va s'inquiéter pour moi ? Demanda Morgane avant d'éclater de rire. C'te fille, il va falloir qu'elle se rende compte que j'ai pas de problème avec elle, moi. Enfin, ça lui passera. Je ne parle quasiment pas à Frank, ces temps-ci. J'passe trop de temps à bosser pour ça...
— Oui, le problème, c'est qu'on a pris un mauvais départ avec elle… Mais tu n'as pas répondu à ma question, Bennet risque de s'inquiéter en ne te voyant pas revenir…
Kathleen eut alors une lueur de panique dans les yeux en pensant à un détail qui ne leur avait pas traversé l'esprit auparavant !
— Qu'est-ce qu'il se passe ? Lui demanda Morgane en remarquant sa soudaine crispation.
— La carte ! S'exclama Kat, paniquée. Il faut que tu leur voles la carte ! C'est un miracle s'ils n'ont pas encore vu qu'on ne porte pas le même nom de famille et si jamais il leur vient l'envie de regarder où on est et qu'ils voient qu'on n'est nulle part ?!
Morgane écarquilla les yeux, comprenant la panique soudaine de sa meilleure amie.
— Il suffira de dire que ce sont nos noms de familles, enfin, je veux dire, on est adoptées mais on a des parents biologiques, tu vois ce que je veux dire ? Mais peut-être que nous ne sommes même pas sur la carte oui… et ça, ça craint.
— Ça craint même un max… Faut la leur prendre ! On s'arrangera pour qu'ils pensent que c'est un Serpentard qui la leur a volée ! Enfin, un autre que moi, j'entends. Réfléchissons, demain, James, Sirius et Remus seront en Soin des créatures magiques pendant que Peter sera en divination, non ?
— Ouais, je suis avec les trois en soins des créatures magiques. Mais je peux arriver en retard… fit Morgane en affichant un sourire en coin.
— Et moi, je n'ai pas cours avant l'après-midi… Les filles peuvent monter dans la chambre des mecs, je crois ?
— Il me semble, oui… Mais tu ne dois pas voir ta tutrice pendant ce temps?
— Elle a cours, mais elle m'a donné des choses à faire, t'inquiète pas, elle me laisse pas respirer. Il ne reste plus qu'à espérer qu'elle soit dans leur chambre et que tu ne tombes ni sur Frank, ni son pote Chris…
— Ni sur Alice ou je ne sais qui.
— Agent Morgane, votre mission, si vous l'acceptez, sera de vous infiltrer dans la chambre des maraudeurs pour récupérer une arme de destruction massive. Si besoin, je m'occuperais de distraire l'ennemi, plaisanta Kat en imitant la voix de Jerry des Totally Spies.
— J'accepte la mission, mon capitaine, et je la mènerais à terme, avec l'aide de ma double personnalité !
— Ta double personnalité ? Rit Kathleen.
— Oui oui, quand je suis hyper et quand je suis plus calme !
— Parce que tu sais être calme, toi ? Se moqua la brunette avant de se mettre à peaufiner leur plan pour le lendemain matin.
