Chapitre XIII:
Celle qui se prenait pour 007
Vendredi 8 octobre 1976 :
Le lendemain matin, Kathleen et Morgane étaient sagement en train de prendre leur petit déjeuner dans la Grande Salle, à leurs tables respectives. Les Maraudeurs étaient également présents, moins sages qu'elles évidemment. Tout était parfaitement en place pour l'opération " récupération de la carte des maraudeurs " -bien que le terme vol aurait été plus exact-. Est-ce qu'elles étaient mal à l'aise vis à vis de cela ? Un peu. Mais la fin justifiait les moyens et c'était littéralement écrit dans l'histoire canon que les maraudeurs se faisaient confisquer la carte par Rusard durant leur septième année, alors quelques mois sans elle ne changerait pas grand chose, si ?
— Tu as l'air un peu tendue, fit remarquer Johanna lorsque Kat se redressa de son bol de céréales vide.
— Moi ? Non ! Pas du tout. Pourquoi ? Interrogea-t-elle en notant intérieurement que Sirius et James venaient de se lever pour aller en cours. Pourquoi Remus ne les accompagnait-il pas ? Ils avaient cours ensemble !
— Tu n'arrêtes pas de regarder la table des Gryffondors, lui signala son amie.
— C'est parce que Morgane ne se sentait pas bien hier soir, donc je la surveille, répondit-elle en affichant un petit sourire rassurant.
Johanna se retourna pour regarder dans la même direction que sa camarade. La blonde était en train de manger, les yeux dans le vide, ratant de peu sa bouche plusieurs fois. D'une certaine façon, le fait que la rouge et or soit complètement à l'ouest ne pouvait pas mieux tomber ! Un peu plus loin à la table des Gryffondor, Peter demandait une énième fois -d'un ton de mère-poule- à Remus s'il était sûr que ça irait. Mais Morgane ne s'étant pas placée près d'eux - à cause de Sirius qu'elle voulait éviter - ne pouvait pas entendre ce qu'ils se disaient. Et de toute façon, elle était trop dans le coltar pour s'intéresser à leur conversation..
— Effectivement, elle a l'air encore plus bizarre que d'habitude, et c'est pas peu dire, constata l'espagnole sans méchanceté. Elle devrait aller à l'infirmerie si ça ne va pas…
Kathleen hocha la tête, contente que cette excuse fonctionne sur Johanna et qu'elle ne se pose pas plus de questions.
— On devrait peut-être aller en cours, non ? Lança finalement sa camarade en regardant sa montre, constatant que l'heure du début des classes approchait.
Peter venait de quitter la grande salle lorsque les deux Serpentardes se levèrent de table. Kathleen tourna alors la tête vers son amie en espérant croiser son regard. Celle-ci leva miraculeusement les yeux vers elle. Faisant fit du facteur gênant - Remus Lupin - qui allait bien finir par aller en cours, Kat lui fit signe de déclencher la phase une, soit remonter dans la tour Gryffondor pendant qu'elle s'assurait qu'aucun membre du dortoir n'y retourne.
— Au fait, lança Kathleen à Johanna alors qu'elles arrivaient aux escaliers du hall principal j'ai oublié mais je n'ai pas cours ce matin, je vais plutôt aller à la bibliothèque, travailler ce que ma tutrice m'a aidé à réviser ! À toute ! S'écria-t-elle en s'éloignant.
— D'accord, bon courage ! lança Johanna avant de se rendre en cours.
Morgane, ayant enfin émergée, se leva de la table des Gryffondors, en manquant de basculer par-dessus le banc, encore plus maladroite que d'ordinaire.
— Fais attention à ne pas te faire mal, prévint une voix à côté d'elle.
Elle releva le visage et vit Remus qui s'était également levé.
— C'est rien, je suis un peu à l'ouest, j'ai pas beaucoup dormi, le rassura-t-elle en souriant.
— Moi non plus, soupira Remus. Bon, on va en classe ? Demanda-t-il en faisant un signe de tête pour désigner la sortie.
Morgane paniqua. Ce n'était pas bon, pas bon du tout ! Pourquoi voulait-il faire le chemin avec elle, d'un coup ? D'accord ils étaient dans la même maison et dans la même classe et se parlaient et il l'aidait avec ses devoirs et était presque son ami mais… PAS AUJOURD'HUI REMUS ! Comment allait-elle faire pour se débarrasser de lui ? Bouse !
— Euh... J'ai... J'ai oublié... mon livre dans le dortoir !
Remus eut un sourire amusé, mais il avait vraiment mauvaise mine. On aurait presque dit que la pleine lune l'avait déjà achevé alors qu'elle allait avoir lieu le soir même. Morgane se sentit coupable de le regarder droit dans les yeux et de lui mentir ainsi, mais elle ne pouvait pas lui dire qu'elle ne voulait pas de sa compagnie non plus, le pauvre ressemblait à un chien battu… presque littéralement.
— Il n'y a pas de livre pour le cours de soin aux créatures magiques ! Tu as oublié ?
— Ah oui ! Je suis vraiment fatiguée, on dirait… Soupira-t-elle, dépitée.
Morgane posa soudain sa main sur son ventre, un éclair de génie lui traversant l'esprit, et afficha une mine douloureuse. C'était le moment de jouer la comédie comme en cours de sport ! Elle ne comptait plus le nombre de cours d'athlétisme qu'elle avait évité grâce à cette bonne vieille technique.
— Ça ne va pas ? Demanda Remus, inquiet du changement d'expression soudain de sa camarade.
— Je crois que je vais devoir aller vérifier quelque chose... Souffla-t-elle les dents serrées. Tu sais... Mère nature est une connasse.
Remus ne sembla pas vraiment saisir exactement les mots de sa camarade. Il la regardait présentement de la même manière que si elle lui avait parlé en français. Cela exaspéra la petite blonde.
— Mes règles, Remus ! Je crois que j'ai mes putain de règles, quoi ! S'exclama-t-elle, agacée qu'il soit aussi perdu. Je vais chercher ce qu'il faut et je reviens, tu dis que je vais avoir un peu de retard, hein ? Je compte sur toi !
— Comment est-ce que tu veux que j'explique ça ? Demanda Remus les yeux comme des soucoupes, clairement pas à l'aise avec ce genre de sujets.
Mais la jeune femme était déjà partie en courant vers la tour des Gryffondors, soulagée d'avoir réussi à se débarrasser de son camarade.
Kathleen commença à paniquer quand sa camarade mit un certain temps à sortir mais elle la vit finalement passer à toute vitesse, sans même la voir. Bien, elle ne savait pas quelle excuse la blonde trouverait pour justifier son retard mais elle n'avait pas d'inquiétude de ce côté-là, Morgane avait une imagination plus que débordante. Elle soupira de soulagement. Franck et Chris étaient à la bibliothèque pour faire leurs devoirs et vu la charge de travail qu'ils avaient tous en ce moment, ils devraient y rester au moins une heure ou deux. Elle avait également vu Peter monter pour suivre son cours de divination - aucun risque donc de ce côté-là - et James et Sirius étaient partis tôt en cours. Remus était un élève relativement sérieux, donc aucun risque qu'il ne sèche les cours en solo. Tout allait bien pour le moment, se rassura Kathleen.
Morgane, essoufflée d'avoir monter tous les étages en vitesse, passa le tableau de la Grosse Dame et regarda attentivement autour d'elle. Il n'y avait personne. A croire que Merlin était avec elles sur ce coup-là. Elle souffla pour reprendre sa respiration et avança doucement, comme pour ne faire aucun bruit, même s'il n'y avait apparemment aucun élève dans les alentours, elle ne pouvait jamais être trop sûre. Elle s'approcha de l'escalier menant aux dortoirs des garçons, regarda un instant vers l'entrée de la salle commune et monta ensuite les escaliers comme une dératée. Elle n'avait pas non plus toute la journée devant elle.
En ouvrant la porte, elle se dit que c'était bien une chambre de mecs. Des posters de filles en petites tenues au-dessus de certains lits -bonjour le cliché-, des affaires de Quidditch, des caleçons par terre... Elle se racla nerveusement la gorge.
— Bon, par où je commence ? Si j'étais dans leur tête, où je planquerais une carte ?
Elle regarda d'abord dans les tables de nuit et grimaça un bon nombre de fois en voyant des choses plus que louches, à peine gênée de mettre ainsi le nez dans les affaires privées de ses camarades masculins. Elle fouilla ensuite sous les lits, ouvrant les valises à toute vitesse, prenant bien soin de laisser tout à la même place, en bordel pour la plupart sauf Remus qui était un peu plus organisé que ses amis. Sous les oreillers ? Non. Elle vérifia le plancher pour trouver une latte de parquet branlante, mais rien. Elle passa ses mains dans ses cheveux, agacée, le cœur battant à tout rompre. Elle tourna sur elle-même plusieurs fois, regardant partout, cherchant un endroit qui aurait pu lui échapper. Puis elle soupira et s'assit en tailleur, essayant de se calmer pour réfléchir.
— Saloperie de mecs, grogna-t-elle en enfouissant son visage rouge de frustration dans ses mains.
Lorsqu'elle releva la tête, un peu plus calme, elle vit un morceau de parchemin coincé entre le matelas et la base d'un des lits.
Elle eut un rire soulagé mais préféra vérifier que le parchemin était bien la carte. Elle sortit sa baguette et énonça " Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises". Sous ses yeux ébahis, Poudlard prit alors forme. Elle allait prononcer "méfaits accomplis" avant de replier la carte, satisfaite, et mettre un parchemin vierge sous le lit - pour faire illusion le plus longtemps possible et semer le doute - quand elle vit qu'il n'y avait personne dans le parc où elle était censée avoir cours. En effet, les noms des élèves se dispersaient un peu partout dans le château. Elle eut un mauvais pressentiment, le cours avait dû être annulé...
Elle se redressa et fourra le parchemin sous son t-shirt à la hâte, au moins personne ne viendra le chercher ici, et oublia de placer la fausse carte à la place. Elle sortit ensuite à toutes jambes du dortoir des garçons et descendit les escaliers tellement vite qu'à son arrivée, elle se prit le premier tapis et tomba tête la première contre le sol. Elle gémit et se roula par terre, frustrée, les mains plaquées contre son menton.
Kathleen toujours dans le hall d'entrée de Poudlard se dit que quelque chose ne tournait pas rond quand elle vit un élève de Serpentard qui était de son année revenir du parc.
— Hey ! Tu n'avais pas cours, ce matin ? Demanda-t-elle, interpellant son camarade qui semblait assez surpris qu'elle lui adresse la parole.
— Ce professeur à la noix s'est pratiquement faite gober la tête par je ne sais quelle bestiole. C'était spécial comme spectacle, Hagrid a dû intervenir pour l'extirper de là avant qu'elle ne se transforme en déjeuner pendant son propre cours. Enfin, du coup, le cours a été annulé, fit-il avant de se diriger vers les cachots, apparemment pressé de rejoindre leur salle commune.
Oh oh... Ce n'était pas bon, ça... Pas bon du tout. La jeune femme jeta un regard nerveux vers l'accès principal et aperçut trois des maraudeurs justement en train de passer la grande porte d'entrée du château, morts de rire. L'espace de quelques secondes, elle eut l'impression que son cœur s'était arrêté de battre à cause du stress. Merlin, est-ce que Morgane avait réussi à trouver la carte ? La Serpentarde respira profondément et s'avança timidement vers eux, bien décidée à gagner autant de temps qu'elle le pouvait. Ils lui lancèrent un regard surpris, presque suspicieux pour Sirius. Bon, elle faisait quoi, maintenant ?
Elle repensa à ce que lui avait dit Morgane et souffla un bon coup, se plantant devant eux :
— Salut… Euh… Je… Je suis désolée de vous avoir évité. Je n'avais pas vraiment de raison de faire ça, débita-t-elle à toute vitesse sous les yeux écarquillés des garçons.
Ce n'était pas vrai, bien sûr, parce que de son point de vue elle avait carrément une raison d'agir ainsi, mais elle devait admettre que de l'extérieur, son comportement devait poser question. D'un autre côté, ce n'était pas comme si elle pouvait leur annoncer qu'elle préférait s'éloigner parce qu'elle s'attachait à eux et qu'ils allaient crever dans les années à venir.
— Tu es quoi ? Répéta Sirius, prenant sa revanche sur la veille.
Elle le regarda, agacée. C'était déjà suffisamment difficile pour elle de s'excuser. Avait-il vraiment besoin d'en rajouter une couche ?! Ce que ce garçon pouvait être pénible, parfois !
— Je suis désolée, siffla-t-elle d'un ton qui semblait tout sauf désolé. Tu avais raison, oh grand Sirius, je vous ai consciemment évité. Ça te va comme ça ? Répliqua-t-elle les dents serrées.
Sirius afficha un sourire satisfait et ouvrit la bouche pour répondre mais quelqu'un descendit les escaliers de pierre derrière elle en faisant un raffut pas possible. Ils levèrent tous les yeux et Kat laissa échapper un sourire de soulagement. Morgane arrivait à toute jambe, une main plaquée sur le menton. Elle l'aperçut et leva le pouce pour lui faire comprendre que c'était dans la poche, avant de manquer une marche et de se rattraper comme elle le pouvait à une statue.
— Remus, fausse alerte, déclara-t-elle en arrivant devant eux.
Elle jeta un rapide regard vers Sirius puis l'ignora ostensiblement pour se tourner vers son amie.
— Il se passe quoi, ici ? Demanda-t-elle.
— Rien, j'ai appris que vous n'aviez pas cours alors je suis venue à ta rencontre, répondit-elle en oubliant le passage maraudeurs.
— Et elle en a profité pour s'excuser, s'exclama joyeusement James qui semblait rayonner.
Morgane écarquilla les yeux et regarda étrangement son amie. Cela ne lui ressemblait pas… Il y avait forcément une histoire derrière, parce que Kathleen n'était vraiment pas du genre à s'excuser facilement.
— Vraiment ? Demanda-t-elle n'en croyant pas ses oreilles.
— Oui, vraiment, répondit Kat en évitant soigneusement son regard.
— Cool ! S'exclama la blonde en donnant un coup de coude à sa meilleure amie pour l'embêter. Elle savait bien à quel point cela avait dû être difficile pour elle d'aller vers eux et s'excuser, mais elle était contente qu'elle l'ait fait.
— Bon, je ne sais pas toi, mais je pense qu'il vaut mieux profiter de cette matinée sans cours ! Lança Kat en pensant qu'il valait mieux mettre la carte en sécurité. Morgane sembla comprendre et hocha la tête.
— Bonne idée ! S'exclama James. On fait quoi ? Demanda-t-il, tout sourire.
Morgane leva les yeux vers lui, étonnée et regarda Kat qui semblait toute aussi perdue qu'elle.
— Tu l'as caché où ? Chuchota-t-elle en français en se penchant vers la petite blonde.
— Dans mon soutif, répondit-elle le plus simplement du monde. C'est en sécurité pour le moment. Sauf si je retire mon gros pull, dans ce cas ça pourrait poser problème.
— Peut-être bien qu'il y a quelqu'un qui voudrait te l'enlever, ton pull, ajouta Kathleen en français en montrant Sirius du menton qui regardait la blonde, gêné.
Ce fut Remus qui les interrompit :
— Vous savez que c'est assez agaçant de vous entendre parler dans une autre langue ? On dirait que vous parlez de nous.
— Pardon, mais parfois, il y a des choses que vous n'avez pas besoin de savoir, vous les garçons, fit Morgane en les regardant.
Ils se regardèrent pas certains de comprendre. Remus pensa à ce que la blonde lui avait dit un peu plus tôt et rougit, faisant rire Morgane qui avait suivi ses pensées. Le tout sous le regard interrogateur de Kat et des deux autres garçons.
— Vous savez jouer au Quidditch ? Demanda soudain James plein d'entrain.
Kat regarda Morgane qui la regarda à son tour. Elle se retourna vers James :
— Non, mais j'adorerais essayer ! Répondit la brune avec sincérité.
— C'est partit alors ! Déclara James en souriant, avant de se diriger vers le parc.
— Mais on n'a pas de balais, lança la brunette en s'en rendant compte.
— Il y en a toujours dans la remise, lui répondit Sirius avec un sourire.
Le garçon lança un regard à la blonde, qui marchait au sautillant - elle allait faire du Quidditch ! - et soupira. Kathleen le remarqua et sourit, peut-être qu'il allait finalement s'excuser avant la fin de la semaine ! Elle était certaine que Morgane ne lui en voulait plus, voir même pas, pour ce qu'il s'était passé et qu'elle l'ignorait juste par principe et pour lui apprendre un peu à contrôler son caractère. Alors elle n'aurait aucun problème à accepter ses excuses s'il venait à lui en présenter, elle en était certaine, d'autant plus que Morgane pardonnait en général assez facilement. Et elle était maintenant sûre qu'il n'allait pas tarder à se bouger et s'excuser ! Sirius sentit son regard et vit que Kathleen souriait en les regardant l'un après l'autre et lui lança un regard assassin. Elle haussa les épaules et leva les yeux au ciel. Ce qu'il pouvait être immature !
Ils arrivèrent rapidement sur le terrain de Quidditch, James et Sirius les rejoignant quelques minutes plus tard, tenant des balais en plus ou moins en bon état et une grosse caisse contenant certainement les balles lévitant derrière eux.
— Bon, est-ce que vous savez voler, au moins ? Demanda Sirius tout en déposant les balais.
Les deux jeunes filles hochèrent négativement la tête, ce qui donna un air ahuri à James qui ne semblait pas réussir à concevoir qu'on ne sache pas voler. Kathleen pensa soudain à quelque chose, un sourire sournois sur les lèvres.
— Mo', tu as peur du vide, non ? Ça serait mieux que quelqu'un t'accompagne, au début au moins, au cas où ?
— Je suis grande maintenant ! Fit-elle en croisant les bras sur la poitrine, avant de les retirer immédiatement, sentant le parchemin bouger et frotter désagréablement contre sa peau.
Kat ouvrit la bouche pour répliquer que si elle mourrait ce serait un peu con, grande ou pas, mais elle n'eut pas le temps de dire quoique ce soit.
— Ne fais pas l'idiote, la coupa Sirius en levant les yeux au ciel, si tu fais une crise de panique en hauteur, tu vas perdre le contrôle du balai et te briser la nuque comme une idiote. Tu montes avec moi, point final ! Dit-il en lui lançant un balai pour qu'elle s'installe dessus.
Kathleen pensa intérieurement " C'est bien mon petit Sirius, t'apprends vite " !
Morgane attrapa maladroitement le balai et regarda Sirius, les yeux écarquillés. Elle avait bien envie de lui dire de lui parler sur un autre ton, mais aperçut Kat lui lancer un regard menaçant. Elle devait bien admettre que même si l'idée de monter sur un balai et essayer de faire du Quidditch la rendait très excitée, l'idée de voler dans les airs lui donnait des palpitations et la faisait déjà transpirer d'angoisse... Tout comme l'idée de se retrouver sur un balai avec Sirius.
— Ok, dit-elle en marchant vers lui d'un pas mal assuré. On peut pas faire du cheval plutôt ? grommela-t-elle dans sa barbe se sentant en danger rien qu'en tenant le balai dans ses mains.
La blonde s'installa sur le balai - se sentit un peu con au passage - sous les instructions de James et Sirius, puis sentit ce dernier se positionner derrière elle. Elle frissonna et mit ça sur le compte de la peur et du temps un peu frisquet.
— Tu es bien accrochée ? Demanda-t-il à son oreille d'une voix qui sonnait un peu trop sexy aux oreilles de Morgane.
Elle hocha la tête, soudainement muette et serra la mâchoire. Elle allait probablement hurler lorsque le balai décollerait. Elle regarda son amie, implorante et bougea les lèvres sans laisser sortir de son " Je vais mourir ".
Son amie lui répondit de la même façon "M'en fous, profite d'être dans les bras de Sirius". Ce dernier, sans prêter attention à l'échange muet décolla subitement et la blonde se crispa immédiatement. Elle aurait mieux fait d'aller derrière Sirius pour mieux s'accrocher à lui - et planter ses ongles dans sa peau au passage pour se venger de la façon dont il lui parlait, NA !
Lorsque Sirius se stoppa, elle jeta un rapide coup d'œil en bas et vis que les autres étaient devenus soudainement... minuscules.
— Maman, gémit-elle en serrant les paupières.
— Ne ferme pas les yeux et regarde plutôt en direction du lac et du château, lui souffla Sirius à l'oreille, la faisant à nouveau frissonner. Ou peut-être étais-ce le vent froid et sec qui soufflait légèrement aujourd'hui… Oui c'était sans doute ça !
La blonde rouvrit doucement un œil, puis l'autre. Elle était encore paniquée, mais l'assurance de Sirius avait quelque chose de réconfortant - un peu - et la vue était vraiment magnifique.
— Whaaa, fit-elle émerveillée face au spectacle qui s'offrait à elle.
Le ciel était dégagé et le soleil faisait briller le lac. Voir le parc et le château de si haut était vraiment impressionnant. Elle se sentait soudain toute petite. Enfin, encore plus petite que d'ordinaire. Elle ferma à nouveau les yeux, profitant maintenant de la légère brise fraîche qu'elle pouvait sentir contre son visage.
— Je... Souffla Sirius à son oreille. Je... Merlin... soupira-t-il en se rendant compte à quel point il peinait avec ses mots. Je te dois des excuses, je crois... Pour ce que j'ai dis... et la façon dont je l'ai dis. C'est pas trop mon truc de m'excuser, tout ça... Alors, si tu pouvais me dire que voilà... C'est pardonné, ça m'arrangerait.
Morgane tourna légèrement le visage et le regarda du coin de l'œil avant de soudainement regarder à nouveau vers l'avant. Elle pouvait sentir que ses joues étaient passées du rosies par le vent au cramoisies à cause d'un garçon, elle pouvait même sentir ses oreilles chauffer désagréablement. Elle déglutit et dit en contrôlant du mieux qu'elle le pouvait son timbre de voix :
— C'est bon, on oublie, c'est pas grave.
— Cool, lâcha Sirius, soulagé de pouvoir mettre cette histoire de côté.
Au sol, Kathleen les regardait avec un sourire satisfait. Elle ne savait pas ce qui se disait en haut, mais elle le devinait aisément et s'en réjouissait.
— Je crois que je comprends maintenant pourquoi tu es à Serpentard, lança Remus dans son dos, la forçant à détacher son regard des deux idiots qui volaient au-dessus d'elle.
— Pourquoi ? Demanda-t-elle en se retournant brusquement, ne sachant pas si elle devait être vexée ou non.
Il ne l'avait pas dit sur un ton désagréable ou insultant, il l'avait simplement annoncé comme une simple observation, mais elle savait que ces trois-là n'étaient pas les plus grands fans de sa maison. Loin de là. Pour eux, être à Serpentard, c'était être quelqu'un de mauvais. Kathleen avait des défauts, mais elle estimait être globalement une bonne personne. Ou du moins une personne décente. De plus, les quelques semaines passées ici lui avaient permis de voir les qualités de sa maison. Pour elle, il n'y avait rien de mal à avoir de l'ambition ou utiliser son charisme pour arriver à ses fins, ni à planifier les choses davantage que les autres personnes.
— Moi aussi, je vois, sourit James.
Elle était de plus en plus perplexe, pourquoi disaient-ils ça en souriant ? Qu'est-ce qu'ils préparaient encore comme conneries?!
Remus lui répondit en jetant un regard aux deux gryffondors dans le ciel :
— Tu es vraiment déterminée et tu fais tout pour arriver à tes fins, non ?
Kathleen les regarda et éclata de rire. Elle avait beau avoir ses réticences quant à eux, elle ne pouvait pas nier qu'ils étaient plus observateurs qu'elle ne l'avait imaginé !
— Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez ! Lança-t-elle d'un ton innocent en les déstabilisant légèrement.
— Tu en es sûre ? Lança James en se reprenant.
— Archi sûre mon capitaine, nargua la brune.
— Tu n'as pas tout fait pour qu'ils se retrouvent tous les deux et que Sirius s'excuse ? Demanda Remus en entrant dans leur jeu.
— Moi ? Mais pas du tout ! Pourquoi est-ce que je ferais ça ? Demanda-t-elle, prenant une mine faussement choquée. Ils n'ont pas besoin de moi, ce sont de grands enfants maintenant. En plus, c'est James qui a eu l'idée du Quidditch !
James éclata de rire et Remus sourit. Kathleen s'autorisa un sourire, un peu triste cependant. Elle le sentait, elle ne pourrait pas lutter indéfiniment, ils allaient devenir amis. Une part d'elle s'en réjouissait, l'autre s'horrifiait à l'idée de perdre quelqu'un et d'être de nouveau meurtrie.
— Bon, ce n'est pas tout ça, mais toi aussi, tu dois apprendre à voler si on veut jouer au Quidditch la prochaine fois ! S'exclama James qui ne plaisantait pas avec le sport sorcier.
— Très bien, approuva-t-elle en enfourchant le balai, imitant ce qu'elle avait vu dans les films et ce que Sirius venait de faire.
— Euh... tu peux nous attendre, non ? Demanda James en enfourchant à son tour son balai, suivi par Remus.
— Je n'ai pas encore décollé, que je sache, fit-elle en se tournant vers lui. Mais il suffit d'imiter ce que Sirius vient de faire, non ? Donner un bon coup de pied dans le sol pour pouvoir s'envoler.
— Oui, enfin faut que tu saches maîtriser ton balai, quand même, ce n'est pas si simple que ça en a l'air, lança James, vexé.
La brune lui jeta un regard moqueur et frappa le sol de ses pieds, s'envolant rapidement. Elle sut tout de suite que son temps libre superflus se ferait à voler, car elle adorait la sensation qui lui prit les tripes et le vent dans ses cheveux. Elle tenta quelques simples manœuvres avec son balai et se délecta de voir que ce n'était pas si difficile que ça en avait l'air !
James arriva rapidement à côté d'elle :
— Bon, il semblerait que tu sois déjà à l'aise sur un balai, mais s'il te plaît, ne te casse pas le crâne.
— Pourquoi ? Ma mort vous causerait de la peine ? Plaisanta Kat en arrivant au niveau de son amie et Sirius.
Elle ricana en voyant le visage cramoisi de celle-ci. Elle ne savait pas ce que Sirius lui avait dit, mais elle regrettait de ne pas avoir d'appareil photo sous la main.
— Et bien, t'as l'air de pas mal t'en sortir, fit Sirius en souriant lorsqu'il l'aperçut.
Elle leva un pouce en l'air mais rattrapa rapidement le manche de son balai en perdant un peu de son équilibre.
— Tu trouves pas que c'est un peu haut ? Demanda Morgane d'une petite voix à son amie, perdant petit à petit la couleur qu'il y avait sur son visage.
— Je pense que si vous bougez ça ira mieux, réfléchit Kat. Après tout, tu n'as pas peur dans les attractions, et tu aimes la vitesse, non ?
— Un peu, oui, répondit celle-ci en essayant de sourire.
— Alors, on va essayer de te donner des sensations, sourit Sirius. Tu es bien accrochée ? Répéta-t-il.
— Oui, répondit cette fois Morgane en serrant le manche du balai de toutes ses forces.
Sirius s'élança pour un tour rapide du terrain et on entendit le cri - de joie ou de peur ? Peut-être un peu des deux - de Morgane. Cri qui fit s'envoler un groupe d'oiseaux qui faisaient office de spectateurs en haut d'un gradin.
— À mon tour, s'exclama Kat sous les protestations de James et Remus.
Elle imita Sirius, en se penchant un peu moins en avant pour ne pas partir comme une flèche non plus, puisque c'était sa première fois sur un balai et qu'elle tenait un minimum à la vie. Mais la vitesse à laquelle elle allait était déjà amplement suffisante. Elle arriva rapidement à la hauteur de Sirius et Morgane qui avait les cheveux encore plus en pétard qu'à l'ordinaire, et Sirius était apparemment en train d'essayer vainement de se débarrasser de ceux qui lui obstruaient la vue.
— C'était génial, non ? S'exclama Kat. Le vent dans les cheveux, le paysage qui défile, la montée d'adrénaline ! C'est top, sérieux c'est super, faut faire ça plus souvent ! Tout le temps même !
Morgane lui lança un regard, un peu surprise. Kat n'était pas du tout sportive, mais c'était vrai qu'elle aimait les trucs à sensations. Elle haussa les épaules, son amie était parfois pleine de paradoxe et la petite blonde avait arrêté depuis longtemps de se poser des questions là-dessus. Mais elle devait admettre qu'une fois passé le problème de la hauteur, c'était vraiment génial, surtout avec Sirius pour la protéger, au cas où…
— C'est le Quidditch, ma vieille ! Fit James en arrivant à son tour. C'est juste le meilleur sport du monde ! Que dis-je ? De l'univers ! Alors Morgane, t'es toujours en vie ?
— Nan, je crois que je suis morte deux ou trois fois, de l'autre côté du terrain, plaisanta celle-ci en lui jetant un regard en biais.
— Tu es allé trop vite pour une première fois, reprocha Remus à Sirius en se stoppant à leur niveau.
— C'est vrai que j'ai cru que quelqu'un était en train de poignarder Morgane quand je l'ai entendu crier, ajouta James.
— Tu vas avoir de sérieux problèmes d'audition, Sirius, fit Kat. Comme tu as pu t'en rendre compte, Morgane peut monter très haut dans les aiguës.
— Ah, c'est ça que j'entends un mot sur deux quand vous parlez, s'écria Sirius en faisant semblant de lire sur les lèvres de ses amis.
— Moquez-vous, moquez-vous, râla Morgane, j'aurais bien voulu vous voir à ma place ! Fit-elle pleine de mauvaise foi.
— On aurait probablement pas hurlé comme une détraquée, répondit simplement James en riant.
— Vous êtes jaloux parce que je peux atteindre des notes que vous ne pouvez même pas atteindre dans vos rêves les plus fous, continua-t-elle en haussant les épaules.
— On devrait redescendre, lança Remus, amusé. Mine de rien, c'est déjà l'heure de manger et j'ai une faim de loup…
Sirius, Remus et James se regardèrent, un poil paniqués, mais les filles firent celles qui n'avaient rien remarqué. Ils commencèrent tous à descendre quand Kat, prise d'une étrange impulsion, tenta de relâcher doucement son balai des mains. Le balai trembla un peu mais c'était plus stable que tout à l'heure car elle s'y attendait. Elle se lança alors les bras écartés en criant :
— Je suis le maître du monnnndddddeeee !
Sirius, trouvant ceci probablement très amusant, força Morgane à lâcher le manche du balai et faire de même, elle resta immobile les bras tendus pendant qu'il tenait toujours le manche du balai. Il accéléra un peu, penchant le manche du balai vers l'avant pour entamer une descente rapide et la jeune femme se remit à hurler comme si elle avait le feu au cul. Ou comment casser un instant qui aurait pu être magique, par Morgane.
Kathleen en voyant le sol s'approcher beaucoup trop vite remis les mains sur le manche de son balai et le redressa, mais l'atterrissage fut rude pour son fessier.
James arriva en riant :
— Quelle idée aussi de faire ça quand on ne maîtrise pas encore son balai !
Elle se releva et épousseta son uniforme avant de regarder Morgane et Sirius se poser. Elle rit lorsque Morgane descendit et commença à venir dans leur direction, les jambes tremblantes. Elle était tellement déboussolée qu'elle commença à partir sur le côté, perdant un peu le contrôle de son propre corps. Elle reprit rapidement la bonne direction et une fois en face d'elle, elle lui sourit, puis s'assit par terre, ses jambes apparemment incapables de supporter son poids plus longtemps.
Kathleen éclata de rire et Morgane la rejoint rapidement dans son hilarité. Mais Remus ne trouvait pas ça drôle et lança à Sirius comme à Kat que ça aurait pu être dangereux.
— Oh, pas pour Sirius, il maîtrise ! Répondit Kat. Mais c'est vrai qu'on a pas toutes la chance d'avoir un chevalier pour nous protéger, lança-t-elle pour faire rougir les concernés, ce qui marcha fort bien.
Morgane se releva, bien décidée à lui mettre un gros coup de pied dans le tibia pour lui remettre les idées en place mais abandonna en se rendant compte que ses jambes ne s'étaient pas encore complètement remises des évènements.
— Mais c'était amusant Remus, fit-elle en souriant. Par contre, heureusement que je ne suis pas cardiaque, je serai morte sur le coup, rit-elle.
— C'était peut-être le but recherché ? La taquina encore son amie, voyant qu'elle ne craignait pas grand-chose.
— Dommage qu'on ait raté notre coup, soupira James. On trouvera quelque chose d'autre, pas vrai, Kat ?
— Ouais, je suis même sûre que Remus et Peter pourront nous aider !
Ce dernier les regarda surpris d'être inclus dans leur plan, puis sourit :
— Pas de problèmes !
— Je ne sais pas ce que tu leur as fait, souffla Sirius encore une fois à l'oreille de Morgane, mais ils ont l'air de t'en vouloir. Quoique, si tu veux mon avis, Remus a cédé parce qu'elle lui fait du charme, ricana le jeune Black
La bouche de Morgane forma un O lorsqu'elle entendit ce que lui dit le Black. Elle se tourna brusquement vers lui :
— Du charme ? Tu crois ? Demanda-t-elle, soudain très intéressée.
— Je sais pas si elle le fait exprès ou pas, mais même si elle n'en fait pas, Remus a l'air de se faire trop facilement entraîné par elle, si tu veux mon avis.
Sirius n'était peut-être pas très objectif, mais c'était sa façon de se venger des remontrances de la brunette.
— Oh. Je vais devoir mener une enquête plus approfondie dans ce cas, fit-elle en riant bizarrement, lui faisant un peu peur par la même occasion.
— Qu'est-ce que vous faites derrière là ! Bougez vos fesses ! S'exclama James qui avait commencé à avancer avec les autres.
— Ils se disent peut-être des mots doux ! Et alors tu auras tout gâché, James ! Franchement, tu exagères ! S'exclama Kathleen en faisant un clin d'œil narquois à Momo.
Celle-ci lui offrit un sourire carnassier qui la déstabilisa totalement. Elle ne comprenait pas du tout la raison pour laquelle elle était comme ça. Peut-être avait-elle décidé de ne plus faire attention à ce genre de remarques ? Cela ne lui ressemblait pas, il était tellement simple de faire sortir son amie de ses gongs... Non, ce genre d'expression signifiait plus qu'elle avait une idée derrière la tête, une mauvaise idée apparemment.
Elle n'aimait pas ça, oh non, pas du tout. Qu'est-ce que Sirius avait pu lui dire de compromettant sur elle ? Elle n'avait rien fait que son amie ne sache pas déjà... Enfin, elle pensait... Non vraiment, elle ne savait pas sur quoi Morgane comptait lui faire un mauvais coup. Elle s'était excusée auprès des Maraudeurs, comme elle le lui avait dit, non ? Elle jeta un coup d'œil à James puis à Remus. Non, elle ne voyait vraiment pas.
Lorsqu'elle reposa son regard sur Morgane, elle avait repris une expression normale et marchait silencieusement à côté de Sirius. Kat eut un petit sourire. Si Morgane avait quelque chose en tête, elle avait des raisons d'avoir peur, mais cela ne l'empêchait pas de l'embêter. Et puis son amie ne lui ferait pas sciemment du mal alors ça ne devait pas être si grave que ça. Elle reporta son attention sur James qui était en train de lui parler.
— Dommage que tu sois arrivée qu'en dernière année, tu aurais fait une bonne joueuse de Quidditch ! Quoique non, c'est une très bonne chose, parce que tu aurais été dans l'équipe de Serpentard, se rappela-t-il.
— Euh merci, j'imagine que c'est un compliment, fit-elle en souriant.
Ils arrivèrent devant la grande salle et Remus s'arrêta.
— Les cours ne sont pas encore terminés, on va attendre Peter.
— Bien sûr, mais moi j'ai franchement besoin de faire un tour aux toilettes pour arranger un peu mes cheveux, fit Morgane en arrivant avec Sirius.
— Je crois pas qu'il y ait grand chose à arranger, répondit James.
— Ta gueule, c'est pas parce que tu as abandonné tout espoir que c'est le cas de tout le monde ! Bougonna la petite blonde en s'éloignant.
— Je viens avec toi, à plus tard ! S'exclama Kat en la suivant.
— Pourquoi est-ce que les filles vont toujours aux chiottes en groupe ? Entendirent-elle derrière elles.
Une fois un peu plus loin et à l'abri des regards, elles se stoppèrent :
— On doit cacher ça, et vite ! Je suis en train de faire une allergie ou je ne sais quoi, ça a tellement frotté contre ma peau que ça me fait mal, fit Morgane.
— Mais où est-ce qu'on peut le mettre ?
Elles ne pouvaient pas la laisser dans les affaires de Morgane, les Maraudeurs suspecteraient en premier les Gryffondors qui avaient accès à leur dortoir. Ni dans celles de Kathleen, puisque les Serpentards étaient leur ennemi numéro un.
— La salle sur demande ? Proposa Kathleen.
— Quelqu'un pourrait la trouver, même là-bas, souffla Morgane. Il faut qu'on choisisse bien nos mots. On ne peut pas aller dans une salle où il faut planquer des trucs, on risquerait de ne jamais la retrouver.
— Il faudrait créer notre salle ! Comme pour l'AD ! C'était toujours la même qui revenait, non ? On veut un endroit où nos affaires ne seront jamais trouvées ?
— Ouais. Euh, une pièce spéciale pour Kat et Mo. Ça devrait le faire, non ?
Kat hocha la tête et elles se précipitèrent au septième étage pour cacher la carte. Elles redescendirent à la Grande Salle, complètement essoufflées et virent que les garçons ne les avaient finalement pas attendus pour manger.
— Sympa, grogna Morgane en s'asseyant à côté d'eux. Ils avaient au moins eu la décence de leur garder des places.
— T'as mis longtemps pour te recoiffer mais ça ressemble toujours à rien, fit James à l'adresse de Morgane.
— Et bien comme ça nous sommes deux, Mister Cul de bouteille, répondit-elle en souriant.
— Vous avez l'air essoufflées, constata Remus, vous êtes parties aux toilettes de Mimi Geignarde ou quoi ?
Décidément, il ne ratait rien, celui-là, songèrent les deux jeunes filles.
— On s'est dépêchées en pensant que vous nous attendriez, répondit Kat pour les embêter un peu.
Cela marcha car ils semblèrent tous un peu gênés. Elle eut un sourire satisfait, que c'était bon de faire culpabiliser les gens ! Elle vit Johanna entrer dans la Grande Salle et s'en voulut un peu de la laisser toute seule trop souvent. D'un autre côté, elle avait d'autres amies qu'elle, se rassura Kathleen.
Morgane suivit le regard de Kat et comprit ce à quoi elle était en train de penser.
— Si tu veux aller avec elle, tu peux, tu sais…
— Dis-le si ma présence vous gêne ! Fit mine de se vexer la brunette.
— Mais non. C'est juste que tu avais une expression chelou sur le visage, s'offusqua Morgane avant de rire.
— Une expression chelou ? S'outra Kat avant de se tourner vers les garçons. Je fais des expressions chelous, moi peut-être ?
Peter lança alors :
— Ça veut dire quoi "chelou" ?
Les deux jeunes femmes se regardèrent et commencèrent à rire, ça sonnait vraiment bizarre venant de sa bouche.
— Hum, je sais pas, à vous de deviner, fit Kat en souriant
Les garçons essayèrent en vain de deviner le sens de ce mot, pensant que c'était français peut-être, proposant même qu'elles avaient leur propre langage, mais finirent par conclure que de toute façon, elles étaient vraiment trop bizarres.
