NDA: Cette fic suit la trame de la série originale, avec quelques modifications de ma part ! (normal, vu qu'il y a Aspros)
Bonne lecture !
L'obscurité, c'était tout ce qui définissait l'environnement dans lequel se trouvait Aspros. Une glaciale, étouffante, obscurité. Sa toute première pensée qui lui vint fût le prénom de son frère: Deuteros. Suivit de près par son image, la dernière qu'il a vu de lui, lors de leur combat. Son sourire, la fierté, la joie, et la nostalgie qu'il avait pu lire dans son regard avant qu'il ne disparaisse soudainement. Un profond sentiment de regret l'envahi, accompagné d'une solitude sans nom, car peu importe où il se trouvait en ce moment, il ne sentait pas la présence de son frère, de sa moitié, avec qui, pourtant, il avait fusionné quelques temps auparavant. Ils n'étaient devenu qu'un, l'espace d'un court instant, lui avait-il semblé. Maintenant, il se retrouvait à nouveau incomplet, flottant dans l'obscurité qui lui servait d'Enfer personnel, accablé par les souvenirs, les émotions, tout ce qu'il avait pu vivre et ressentir lors de ses deux vies, revenait douloureusement le hanter, le balayer comme une vague amère et destructrice, sans relâche. Il n'avait pas une seconde de répit dans cette mer agitée qu'était devenu l'Obscurité pesante. De l'eau entra dans ses poumons, l'empêchant de crier, malgré les rochers contre lesquels il lui semblait être projeter. Le vertige le prit, son corps ne cessait d'être bousculé, emporté, peut-être coulé, et lui ne pouvait rien faire. Et il n'essayait pas, il n'opposait aucune résistance. Il n'en voyait pas la peine, il avait accompli sa mission, il n'avait plus Deuteros à ses côtés, il n'avait plus de raisons de se battre.
Et alors qu'il fermait les yeux, dont il ne prenait conscience que maintenant qu'il les avait garder grand ouvert depuis le début, tout se calma graduellement. Les mouvements, les images, les émotions, tout disparût petit à petit alors que son corps semblait tomber lentement, bercé par le doux bruit des vagues. Ses paupières étaient bien trop lourde pour qu'il ne parvienne à les ouvrir de nouveau. Finalement, son corps sembla s'arrêter sur quelque chose de dur et froid. A peine conscient il parvint tout de même à deviner qu'il reposait maintenant sur un sol consistant. Juste avant de perdre complètement connaissance, des cosmos étrangers s'élevèrent autour de lui.
Pendant plusieurs heures, le chevalier était rester inconscient, rêvant, ou plutôt cauchemardant de cette Obscurité qui l'avait envahit précédemment. Il revivait cet Enfer, avec une intensité moindre, cependant. Son calvaire finît cependant par prendre fin lorsque sa conscience lui revint, que ses sensations et ses sens se réveillèrent, et que ses paupières se levèrent pour le laisser contempler l'environnement dans lequel il se trouvait. Une prison, c'était la première idée qui lui vint à l'esprit. Il se trouvait sur un lit de pierre peu confortable, pieds et mains liés, piégé par des barreaux qui lui permettaient de voir la cellule d'en face également. Son regard se dirigea vers la petite fenêtre, également munie de barreaux, qui lui permit cependant d'apercevoir le ciel à l'extérieur. Ou du moins... Ce qui semblait être le ciel... Aspros n'avait pas encore totalement recouvert ses esprits, mais il sentait que quelque chose clochait. Il tenta de se redresser malgré la faiblesse dont son corps était accablé, et y parvint au prix de nombreux efforts. A peine fût-il droit que des bruits de pas se mirent à résonner dans les couloirs de sa prison. C'est un jeune homme aux longs cheveux roses qui se présenta devant sa cellule, et qui fût visiblement irrité de le voir de nouveau conscient. Ils n'avaient échangé qu'un regard, et la tension était déjà palpable.
-Regardez qui vient de se réveiller.
Aspros ne dît pas un mot, il analysait l'inconnu comme s'il s'agissait d'un ennemi, car dans sa position, n'importe qui pouvait être un ennemi. Il reconnaissait ce que le jeune homme portait comme étant une écaille, l'équivalent d'une armure d'or pour les généraux de Poséidon... et ça ne lui disait rien qui vaille. Le jeune marina décida de ne pas tourner autour du pot, et aller droit au but avec les questions:
-Qui es-tu, et comment t'es-tu introduit dans notre Sanctuaire ?
Seul le silence lui répondit. L'ancien Gémeau n'avait aucune idée de comment il était arrivé dans cet endroit, il ne savait même pas comment il pouvait être encore envie, si jamais il l'était. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il était en position de faiblesse... pour le moment, uniquement.
L'inconnu perdit finalement patience après plusieurs secondes à attendre une réponse qui ne venait pas, et qui n'allait sûrement jamais venir, à en juger le regard défiant que lui lançait le plus vieux. Il n'avait pas le droit d'en venir aux mains, malheureusement, Kanon le lui avait interdit.
-Je vais me répéter une seule et unique fois, c'est dans ton intérêt que tu devrais répondre. Qui es-tu, et comment t'es-tu introduit dans notre Sanctuaire ?
Cette fois-ci, Aspros se leva, et malheureusement pour sa fierté, manqua de tomber par la même occasion. Ses jambes étaient faibles et tremblantes, comme le reste de son corps, ce qui ne l'empêcha pas de se tenir aussi droit que si il était en pleine forme. Le Marina ne quitta pas le prisonnier du regard, alors que celui-ci s'avançait jusqu'à arrivé aux barreaux. Ils se jaugèrent du regard un moment, avant que le gémeau ne brise le silence avec une simple phrase.
-Je n'ai rien à dire à un enfant.
Le rosé fronça les sourcils, visiblement outrée. Il n'avait que seize ans, mais il n'appréciait pas d'être rabaissé de la sorte. Dans sa tête, il était déjà adulte.
-...très bien.
Il tourna les talons et s'en alla comme il était venu, laissant Aspros à son sort. Pendant une dizaine de minutes, seulement, dont le chevalier profita pour observer autant qu'il pouvait les environs. D'abord l'intérieur de la prison dans laquelle il se trouvait, puis, finalement, l'extérieur. Là où le "ciel" semblait être visible. Mais il s'en rendit vite compte, ce n'était pas le ciel qui se trouvait au-dessus de sa tête... Il s'agissait de l'océan. Lorsque l'inconnu revint, il était toujours en train d'admirer l'eau qui surplomber les temples qu'il pouvait voir de sa prison. Il revint soudainement à la réalité en réalisant qu'il y avait bien trop de bruits de pas pour qu'ils ne soient produits par une seule personne. Il se retourna donc et put faire face au même garçon qu'il avait vu précédemment, cette fois-ci accompagné par un autre homme plus petit, mais qui semblait tout de même plus âgé de quelques années, tenant un trousseau de clés dans sa main.
-Alors, on voulait parler à un adulte, hein ? Kasa des Lyumnades ! Pas pour te servir !
Aspros fronça les sourcils alors que le nouvel arrivant ouvrait la porte de sa cellule. Il avait un mauvais pressentiment, qui s'intensifia lorsqu'il s'avança à l'intérieur.
-J'vois qu'on aime pas beaucoup causer. Seulement, on a un gars qui est plutôt pressé et ne souhaite pas perdre de temps avec un intru, alors tes petits caprices, on va s'en passer ! Puisque tu refuse de parler, je vais être obligé de fouillé un peu moi-même pour savoir ce que tu fous ici.
Alors que le Gémeau s'apprêta à répliqué, il sentit soudainement une douleur aiguë lui traverser la tête, comme des ondes. Tout son corps se crispa, à commencé par sa mâchoire, alors qu'il se saisit le crâne en grognant de douleur. Celle-ci sembla s'intensifier de plus en plus, et bien vite, il lui sembla retomber dans l'Obscurité dont il avait été victime précédemment. Alors que les sensations horribles revenaient le hanter, elles disparurent toutes soudainement quand un cri de douleur retentit dans la pièce. Il écarquilla les yeux, haletant et transpirant, et releva la tête pour voir l'homme appelé Kasa à genoux, la tête dans ses mains, et l'autre marina se précipité vers lui.
-Kasa ! Que t'arrives-t-il ?
La seule réponse qu'il put obtenir fut des geignements. Io releva alors le regard vers Aspros, l'accusant des yeux.
-Qu'est-ce que tu as fais ?
-Io, Kasa !
Le gémeau n'avait pas le temps de comprendre ce qui était en train de se passer qu'un nouvel homme apparu, brun, cette fois-ci. Encore un marina, de ce qu'il voyait. Il s'approcha de ses compagnons, pendant que le plus jeune aidait son aîné à se relever.
-Baian !
-J'ai entendu un cri, que s'est-il passé ?
-C'est Kasa, il a voulu fouiller dans les souvenirs de ce type et il s'est soudainement mit à-
-Je vais bien !
Interrompu le Marina des Lyumnades tout en se dégageant de son frère d'arme. Il commença à s'époussiété, visiblement toujours sous le choc de ce qui venait de se passer.
-Quelque chose m'a juste empêcher de regarder.
-Quelque chose...? questionna le Cheval des Mers.
-Je sais pas ce que c'était, mais c'était... sauvage.
-Donc tu es en train de dire que tu ne peux rien tirer de lui avec tes capacités ?
Io se tourna de nouveau vers Aspros, qui, maintenant plus calme, commençait à être réellement en colère envers le général qui venait tout juste d'essayer de violer son esprit. Il voulu intensifié son cosmos pour le remettre à sa place, mais malheureusement, il en était incapable. Maudites chaînes, il n'y avait aucun doute qu'elles en était les responsables.
Il commença à s'approcher, visiblement prêt à se battre, mais fut stopper par le Général aux cheveux roses qui se posta devant lui, bloquant sa route.
-N'approche pas. Qui que tu sois, on va le découvrir, crois-moi.
Le bleuté ne répondit pas un mot. Si il avait pu, il aurait étranglé ce petit insolent avec les chaînes qui liaient ses mains, mais le cosmos qu'il sentait chez ce garçon l'en dissuada, en plus de la présence des deux autres qui devaient être au moins aussi fort que lui. Dans d'autres circonstances, il n'aurait eut aucun problèmes à les attaquer. Mais avec son cosmos aussi restreint... c'était plus prudent de ne rien faire.
Encore une fois, Aspros fût laissé seul, pendant bien plus de dix minutes cette fois-ci. Après le départ des trois généraux, il avait décidé de retourner dans son lit pour se reposer quelques minutes de plus. Tout ce qu'il avait pu faire ensuite était de tourner en rond, tenter d'intensifier son cosmos, et échoué, encore et encore. Malgré tout, il continuait d'essayer, parce-qu'abandonner n'était pas dans ses plans.
Après juste une heure à être seul, Io revint à lui. Tout ce qu'il demanda, était si il était prêt à parler. Et bien sûr, Aspros répondit que non. Le Général s'en alla aussitôt, à la surprise du plus âgé. Il se serait attendu à plus de... tentatives de persuasion. Mais à chaque heure, c'était la même chose, avec un différent général. Au moins, ceux qu'il n'avait pas rencontré avant avaient eut la décence de se présenter. Au final, ces visites étaient devenus une norme, et après deux jours, sans avoir été donné ni eau ni nourriture, c'est le jeune Sorrento qui arriva avec un plateau contenant de quoi lui remplir l'estomac. Il devait avoué que, même si il pouvait tenir sans manger pendant encore plusieurs jours, avoir une pitance à portée de nez rendait les choses plus difficile. Sûrement était-ce l'effet voulu. Ces marinas étaient fourbes.
-Êtes-vous décidés à parler ?
-Non.
Le Général de la Sirène poussa un soupir, puis déposa le plateau contre un mur, trop loin pour qu'Aspros ne puisse l'atteindre même en passant tout son bras entre les barreaux.
-Vous avez conscience que l'on ne vous donnera rien avant que vous ayez décidé de répondre à nos questions ?
-Je ne suis pas idiot. Mais ça ne change rien, tant que je serais enfermé dans un camp ennemi, je ne vous donnerais pas la moindre information à mon sujet.
-Donc vous êtes bel et bien un ennemi de Poséidon ?
Le Gémeau fronça les sourcils. Si ce garçon pensait qu'il réussirait à obtenir quoi que ce soit de lui, il se trompait.
-Ce n'est pas ce que j'ai dis.
-Mais c'est ce que vous sous-entendez.
-Je considère comme ennemi toute les personnes qui m'enchaînent et m'enferment, c'est tout.
-Nous n'aurions pas à le faire si vous n'étiez pas un potentiel ennemi.
Aspros commençait à être sérieusement agacé. Après quelques minutes de silence, il s'approcha du Marina, jusqu'à poser ses mains sur les barreaux qui le retenaient prisonniers.
-Je. Ne. Dirais. Rien.
Plusieurs secondes s'écoulèrent, durant lesquels les deux hommes se jaugèrent du regard, avant que Sorrento ne romps le contact en fermant ses jolies yeux.
-Très bien.
Il ne dit pas un mot de plus et, calmement, quitta la prison, laissant le plateau de nourriture derrière lui. Aspros y jeta un oeil un instant, avant de retourner au fond de sa cellule pour observer l'eau qui lui servait de ciel.
Les visites des Généraux devinrent moins fréquentes après ça. Au lieu d'en avoir un toutes les heures, ils semblaient venir toute les deux heures, puis trois, et ainsi de suite pendant cinq jours. Aspros restait fier et fidèle à lui-même, pas un mot potentiellement compromettant n'était sortit de sa bouche, malgré la faim qui le tiraillait et les Marinas qui le tentaient avec de la nourriture qui avait l'air aussi délicieuse qu'elle sentait bon. Visiblement, il était bien plus patient et endurant qu'un certain Kasa, qui avait finit par rentrer dans sa cellule juste pour lui coller un pain. Il ne s'était pas défendu, simplement contenter de sourire, et lui avait même rit au nez, amusé par la frustration évidente que ressentait le Général des Lyumnades. Visiblement, il ne se remettait pas de son échec lorsqu'il avait voulu fouillé dans son esprit... Et Aspros lui en voulait toujours pour ça, d'ailleurs. Sauf que lui, il se contenait. Ou plutôt, il s'économisait. Parce-que bien sûr, il avait l'intention de lui faire payer son affront, un jour ou l'autre, lorsqu'il sortira d'ici. Il le sentait, jour après jour, les chaînes qui retenaient son cosmos s'affaiblissaient. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne puisse faire exploser cet endroit et les personnes s'y trouvant.
Le huitième jour était finalement arrivé. Le soleil se levait à peine, et déjà, Aspros fut réveillé par des pas dans le couloir... et un cosmos qu'il ne reconnaissait pas. Ce détail le mit en alerte et il se redressa d'un coup, lui provoquant des vertiges dont il ne prit pas compte lorsqu'il se leva. Il y avait quelque chose dans ce cosmos qui semblait faire écho dans tout son être, sans qu'il n'en connaisse la cause. Lorsque l'homme arriva face à sa cellule, écaille sur le corps et casque sous le bras, le Gémeau en eut presque le souffle coupé. Il était aussi grand que lui, au moins aussi vieux, possédait une chevelure bleuté aussi longue que la sienne, et son visage était orné d'un air arrogant qui lui rappela sa période sombre de spectre. Ils se ressemblaient, c'était évident, et pas uniquement sur le plan physique. Et pendant la longue minute durant laquelle ils ne firent que se battre du regard, il se dît que peut-être, cet homme pensait la même chose de lui. Contre toute attente, ce ne fut pas le Général, mais bien lui qui brisa le silence quasi oppressant.
-Qui êtes-vous ?
La question étira les lèvres de l'inconnu, dans un sourire qui sembla presque malsain.
-Je devrais être celui qui pose les questions. Tout le monde sait qui je suis, dans ce Sanctuaire. Mais tout le monde ignore qui toi, tu peux être.
De nouveau, le silence s'installa. Aspros n'avait toujours pas l'intention de parler, et ça, le plus âgé le comprit bien vite.
-Si je te donne mon nom, je veux que tu me donne le tiens en échange. Ca ne doit pas être une information très importante pour ton maître, tu peux sûrement te permettre de me le donner, hm ?
Le chevalier sentit tout son corps se crispé à la simple mention de "maître". Son visage devint plus dur alors qu'il serrait les poings pour contenir la colère qui commençait à monter en lui. Ce n'était pas grand chose, pourtant, juste un mot. Mais ça suffisait à l'énervé, parce-qu'il était le seul maître de lui-même. Même Athéna ne pouvait pas le commander.
Il prit une profonde inspiration, puis expira lentement, avant de répondre, tiraillé par une certaine curiosité.
-Aspros.
Effectivement, il ne voyait pas de problèmes à partager son nom, ça ne disait absolument rien sur lui. Du moins, c'est ce qu'il pensait. Et pourtant, les sourcils du Général se froncèrent un instant, sans qu'il ne comprenne pourquoi. Est-ce qu'il le connaissait...? Il était sûr et certain de ne jamais l'avoir croisé de sa vie. Et surtout, de n'avoir rien à voir avec Poséidon ou son armée. Pourtant, il semblerait que son nom ne soit pas infamilier à cet inconnu.
-Aspros... Ce n'est pas un nom très commun, ces temps-ci.
-J'en conviens. Qui êtes-vous, donc ?
-...Je suis Kanon, Général du Dragon des Mers. C'est moi qui commande, ici.
Et bien, décidément, plus ça allait, et plus il se trouvait des points communs avec cet homme. Il était fait pour être chef. Né pour donner des ordres et non en recevoir. Excepté que lui, il semblait avoir atteint son objectif. Et il le faisait clairement savoir, dès leur première conversation.
Kanon se saisit du trousseau de clé attaché à sa ceinture, et vint ouvrir la porte de la cellule. C'est avec méfiance qu'il pénétra à l'intérieur, et referma à clé ensuite, ce qui surprit le prisonnier. Il ne savait pas ce que cet homme avait en tête, mais quoi que ce soit, il était prêt à tout encaisser. Que ce soit morale ou physique.
Pourtant, le Général ne fit même pas mine de s'approcher de lui. Au contraire, il cessa même de le regarder, et se dirigea vers la petite fenêtre de la cellule. Il avait l'air insouciant... Mais Aspros savait bien qu'il était toujours sur ses gardes, prêt à lui tordre le bras si il osait l'attaquer.
-Ca fait une semaine que tu es ici, sans eau ni nourriture. J'avoue ne pas comprendre la démarche. Si c'est une tentative de suicide, ce n'est pas très glorieux. Ou malin.
Le Chevalier fronça les sourcils. Est-ce que son plan était juste de taper causette ? C'était suspect.
-Je vais t'avouer quelque chose, Aspros. J'ai des plans, que je prépare depuis des années. Et ta présence ici risquerais de les compromettre.
Aspros ne dît pas un mot. Cet homme attisait de plus en plus sa curiosité. Après quelques instants sans un mot, à contempler le faux ciel, Kanon se tourna à nouveau vers son prisonnier, avec le même regard froid et arrogant que lors de son arrivée.
-Honnêtement, que tu sois un allié ou un ennemi de Poséidon, ça n'a que peu d'importance. La seule raison pour laquelle tu es encore vivant en ce moment, est parce-que j'en ai décidé ainsi. Seulement, je ne m'attendais pas à ce que tu t'obstine autant à ne rien dire sur toi et ta venue ici. Et je n'ai que peu le temps de m'amuser avec toi.
Il commença à s'avancer vers le cadet, avec une démarche que celui-ci trouvait menaçante. Pourtant, il ne bougea pas d'un pouce. Au contraire, il se dressa même un peu plus, empli de fierté et d'une confiance en lui sans faille. Une fois à proximité de lui, Kanon rapprocha son visage de celui du Gémeau, tant que leurs nez se frôlèrent presque. Et ce n'est pas un regard amoureux qu'il lui lançait, loin de là. Il semblait emplie d'une telle haine que le chevalier se demandait si c'était bel et bien lui qu'il était en train de regarder.
-Trois jours, tu m'as compris ? Je vais t'accorder trois jours de mon temps. Pas un de plus, pas un de moins. D'ici là, si tu n'as donné aucune réponse satisfaisante à mes questions, je t'exécuterais moi-même. Est-ce clair ?
Les lèvres d'Aspros s'étirèrent en un sourire tout autant amusé qu'arrogant. Il commençait à vraiment apprécier ce Général, plus que les autres. Il avait presque l'impression de regarder dans un miroir.
-Très clair, Dragon des Mers.
Le Général claqua de la langue. Il n'aimait pas l'expression supérieur de cet homme, elle lui rappelait désagréablement son frère, lorsqu'il l'avait enfermé au Cap Sounion. Ca ne lui donnait qu'une envie: le brisé, comme il voulait brisé son frère, et lui faire comprendre qui des deux était supérieur à l'autre. Mais pour l'instant, il devait surtout se retenir de lui coller un pain.
-Bien. Viens avec moi.
Kanon passa à côté de lui et alla déverrouiller la porte. Alors qu'il sortait de la cellule, Aspros n'était pas bien sûr de ce qu'il devait faire. Est-ce qu'il voulait qu'il le suive...? A l'extérieur ? Visiblement, oui, en vue du regard impatient qu'il lui lançait. Il n'allait pas protester, un peu d'air frais allait lui faire du bien. Il emboita donc son pas et sortit de la cellule, avec son calme et sa grâce habituel, bien entendu.
-Pourquoi me faire sortir ?
-T'es sourd ou simplement idiot ? Je t'ai dis que j'avais pas de temps à perdre avec toi. Je vais pas me faire chier à faire des allers-retours jusqu'à ta cellule tout les jours. C'est pourquoi je vais te garder avec moi jusqu'à la fin de ces trois jours. De plus...
Avec son index, Kanon attrapa la chaîne qui reliait les mains d'Aspros et la tira vers le haut. Il commença à jouer avec, son regard ancré dans celui de son prisonnier.
-Je préfère t'avoir à l'oeil, au cas où tu déciderais de briser ces chaînes.
Ah, il avait remarqué. Evidemment, ce n'était pas n'importe quelle personne qui pouvait commander tout les généraux de Poséidon en son absence. Sans briser le contact visuel, le Marina lâcha la chaîne qu'il tenait et se mit sur le côté.
-Après toi.
Le cadet ouvrit la marche, suivit de près par son bourreau. Il pouvait sentir son cosmos derrière lui, comme un avertissement. Visiblement, il n'allait pas avoir droit au moindre instant de repos, pendant les trois prochains jours. D'une certaine façon, il était ravi. Même restreint, il restait une menace.
Aspros n'avait été sortit de sa cellule qu'une dizaine de minutes plus tôt, et déjà, Kanon prenait un malin plaisir à le faire courir partout. Il disait devoir examiner les piliers, mais honnêtement, il en doutait. Peut-être était-ce parce-qu'il marchait beaucoup trop vite, ou parce-que c'était la troisième fois qu'ils revenaient sur le même pilier en dix minutes, mais le Gémeau avait l'impression qu'il essayait juste de l'épuiser encore plus. Ne pas bouger dans sa cellule lui permettait au moins de pouvoir supporter la faim et la soif... Mais devoir se déplacer autant, et surtout aussi vite, ne faisait qu'aggraver son état. En tant que chevalier d'Or, il aurait pu plus facilement le suivre si ses pieds n'avaient pas été liés. Il avait manqué de se ramasser par terre plus d'une fois, au grand plaisir du Général, bien qu'il n'aurait pas été contre le voir manger le sol pour de bon.
Finalement, Kanon décida de s'arrêter et le laisser se reposer un peu. Les jambes tremblantes, Aspros résista pourtant à l'envie, et même au besoin de s'asseoir immédiatement, à même le sol. A la place, il s'adossa à une colonne, et se concentra sur sa respiration. Sa tête lui tournait, mais il l'ignora. Il essuya son visage transpirant avec le manche de son vêtement, sale, malheureusement. Il n'avait pas pu ne serait-ce que prendre une douche durant ces sept derniers jours, et c'est maintenant qu'il se rendait compte d'à quel point il en avait besoin.
-Tu sais, je trouve que tu suis très bien le rythme pour quelqu'un d'enchaîné qui n'a pu ni boire ni manger pendant sept jours.
Aspros releva le regard vers Kanon, qui venait tout juste de s'adosser à la même colonne, à côté de lui. Il avait remit son casque sur sa tête et avait les bras croisés sur sa poitrine.
-C'est bien loin des capacités d'un humain normal.
Le Gémeau réalisa soudainement quel était la véritable raison pour laquelle le Général le baladait dans tout le Sanctuaire depuis tout à l'heure. Il fronça les sourcils et s'écarta de la colonne sans lui tourner le dos.
-Alors tout ça n'était rien de plus qu'un test ?!
-Plutôt une manière de m'assurer de tes capacités.
-Donc c'était un test.
La colère du prisonnier fit sourire son perfide bourreau, visiblement fier de son coup. Celui-ci enchaîna, tout en retirant son casque.
-Je savais déjà que tu n'étais pas un homme banale, je voulais juste voir à quel point tu dépassait la norme. Peux-tu vraiment m'en vouloir ? Tu aurais probablement fait pareil dans ma position.
-J'en doute. J'aurais probablement trouver des manières plus efficaces de faire parler un prisonnier que de simplement le laisser mourir de faim et de soif avant de le faire courir pendant dix minutes.
A son tour, le dos de Kanon quitta le pilier et ses pas le guidèrent jusqu'à Aspros, qui ne bougeait pas d'un pouce.
-Oh, tu pense ?
-J'en suis certain.
-Tu me sous-estime.
Il s'arrêta à tout juste un pas de lui. A nouveau, leurs regards s'ancrèrent l'un dans l'autre, augmentant la pression qui s'installait entre eux. Les yeux d'Aspros rejetaient sa haine dans ceux emplies d'arrogance de son homologue.
-Finalement, je n'aurais pas besoin de trois jours pour tout savoir sur toi. Un seul sera suffisant.
-Et je suis celui qui sous-estime l'autre ?
Pendant un instant, le souffle du plus jeune se coupa lorsque son aîné attrapa son menton en rapprocha encore son visage du siens. Visiblement, il aimait cette proximité. C'était la deuxième fois en au moins de vingt minutes.
-Rappelle-moi qui domine l'autre, tout de suite ?
Les mots choisit firent bouillir le sang d'Aspros. Avant même qu'il ne s'en rende compte, il avait déjà jeté son poing contre le visage de Kanon. Du moins, il en avait clairement l'intention, mais celui-ci l'avait bloqué d'une seule main avec une facilité déconcertante. Son poing ne touchait même pas la paume ouverte qui l'avait stoppé. La vaine tentative d'attaque fit bien rire le Général de Poséidon, ce qui alimenta la colère du chevalier qui, malheureusement, ne pouvait rien faire de plus.
-Je peux savoir ce que tu essaye de faire ?
-A ton avis ?
-Te ridiculisé.
-Tu-!
Son autre poing se jeta sur le visage du Marina, qui fut bloqué à nouveau, au prix de faire tomber le casque sur le sol. Ce à quoi Kanon ne s'attendit pas, cependant, c'est le coup de boule qui suivit, visiblement calculé à la seconde près par son prisonnier. Par réflexe, il lâcha les mains du cadet en grimaçant, posa les siennes sur son front et recula de quelques pas, sonné par le choc.
-Enfoiré...!
-Je m'aime aussi.
Fier de son coup bas réussi, Aspros sourît et fit voleter ses cheveux en regardant avec arrogance le Général plus ou moins vaincu. Celui-ci se remit vite de l'attaque et ne tarda pas à répliqué. Il leva son poing et tenta de l'abattre sur la joue de son opposant, mais fut surpris de voir celui-ci esquiver avec succès... avant de perdre l'équilibre et tomber fesses les premières sur le sol.
La surprise fut tel pour les deux hommes que plusieurs secondes de silence passèrent, avant que finalement, Kanon ne commence à rire petit à petit, jusqu'à partir dans un fou rire incontrôlable. Tant que son ventre commença à lui faire mal, et qu'il dût aller s'appuyer contre un pilier en se tenant le ventre dans l'espoir de se calmer d'une façon ou d'une autre. Autant dire qu'Aspros n'était pas très ravi, ni très fier. Le manque d'eau et de nourriture commençait à avoir un sale effet sur son corps de plus en plus faible. Doucement, il se releva, seul, évidemment. Ce n'était pas cet homme qui allait l'aider à se remettre sur pieds.
-Tu- Haha ! Oh ça c'est la meilleure ! Tu es- Pff ! Je t'ai même pas touché !
-Je ne vois pas ce qu'il y a de si drôle.
-T'es tombé tout seul comme un con en voulant m'évité !
Des larmes perlaient maintenant aux coins des yeux du Marina. Parfois, c'était les choses les plus ridicules qui pouvaient provoqués les réactions les plus exagérés. Si il n'avait pas été enchaîné, Aspros aurait saisit l'occasion pour s'enfuir. Malheureusement, il l'était. Du coin de l'oeil, il repéra un marina aux cheveux vert et cru reconnaître Isaak du Kraken. Mais dès lors qu'il tenta de le regarder, il disparu derrière un mur. Si il voulait être discret, c'était raté. Quoi qu'il en soit, le jeune homme qui tentait vainement de les espionner discrètement n'était pas sa priorité, pour le moment.
Son regard se posa de nouveau sur Kanon alors que celui-ci parvenait enfin à se calmer. Il croisa les bras sur sa poitrine, attendant... quelque chose. Il ne s'attendait pas à des excuses, quelques minutes avec cet énergumène suffisait à le cerné. Tout en essuyant ses yeux humides, le Général poussa un soupir rieur.
-Fiou ! Ca faisait longtemps que j'avais pas autant rit !
-Ravi de l'entendre, grommela le Gémeau.
-Outre le fait que tu t'es rétamé, ça reste impressionnant que tu ai réussi à esquiver le coup. Une nouvelle preuve que tu as bel et bien suivit un entraînement très spécial, digne de celui que reçoivent les guerriers des Dieux. Comme les chevaliers d'Athéna.
C'était très léger, mais la mention d'Athéna fit froncer les sourcils d'Aspros pendant un court, très instant. C'était largement assez pour que Kanon s'en rende compte, et qu'il en déduise qu'il était bel et bien lié au Sanctuaire.
-Donc c'est bien eux qui t'envoient.
-Tu te trompe.
-C'est ça, continu de te foutre de ma gueule.
L'amusement avait vite été remplacé par l'agacement, puis l'énervement. Le Général attrapa les chaînes qui reliaient les mains d'Aspros et le tira avec lui. Est-ce qu'il allait le remettre dans sa cellule ? Ca aurait été logique, et pourtant, il se rendait bien compte qu'il ne se dirigeait pas du tout vers la prison.
-Pour la dernière fois, je n'ai pas été envoyé par qui que ce soit, Dragon des Mers !
Enfin, ça, il ne pouvait pas vraiment l'affirmer. Quelqu'un avait bien dû l'envoyer ici. En tout cas, il n'avait pas reçu la moindre mission, de ce qu'il sache. Bien sûr, tout ce qu'il disait ne faisait qu'énervé Kanon encore plus. Tant qu'il n'attendit pas d'être arrivé à sa destination pour jeter Aspros contre un mur et l'y maintenir à l'aide de son bras contre son cou. Le plus jeune grimaça et attrapa le bras qui le retenait, essayant de l'éloigner, sans succès. Le Général avait bien plus de force que lui. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était d'essayer d'augmenter son cosmos encore restreint.
-Ca suffit ! Tu crois que je vois pas clair dans ton jeu ?! Je SAIS que tu es un chevalier ! Avoue-le !
La prise se resserra un peu plus sur son cou, empêchant à Aspros de respirer correctement. Ses chaînes commencèrent à s'effriter.
-Gh...! Personne ne m'envoie...!
-Qu'est-ce que tu viens foutre ici dans ce cas, hein ?! Tu vas me dire que tu nageais tranquillement dans la mer et tu as failli te noyer ?!
-Lâche... moi...!
Tout à coup, les chaînes qui retenaient Aspros se brisèrent et son cosmos explosa, envoyant valser Kanon à plusieurs mètres de là. Le choc de retrouver tout à coup ses capacités affecta également le Gémeau, qui fut prit de vertige. Il passa une main sur son cou et respira fortement, à la recherche de l'air dont le Général lui avait injustement privé. Autour de lui, des planètres et des étoiles. Il avait ouvert une autre dimension sans s'en rendre compte.
Alors qu'il était sonné par la soudaine attaque, Kanon, étalé sur le ventre, se redressa difficilement à l'aide de ses bras. La vue rendu floue par l'éclat de lumière qu'avait provoqué le cosmos explosant, il regarda en direction d'Aspros. Mais ce n'est pas lui qu'il sembla voir, à ce moment là, entouré par l'une des attaques caractéristiques des Gémeaux.
-Saga...?
Soudainement, une vague de cosmos glacé atteint le chevalier, qui se retrouva à son tour projeté contre le sol sans avoir le temps de réagir. Isaak, qui en était le responsable, se précipita vers le Dragon des Mers afin de l'aider à se relever. Tout ce remue-ménage avait vite fait d'attirer les autres généraux, et en voyant leur leader à terre et le prisonnier libérer de ses chaînes, autant dire qu'ils avaient vite fait le rapprochement.
Avec l'aide d'Isaak, Kanon parvint donc à se relever. Sa vue revint petit à petit à la normal, ce qui lui permit de réaliser que ce n'était pas son frère qui s'était tenu devant lui quelques instants plus tôt, mais bien Aspros. Maintenant qu'il y pensait, comment il avait même pu imaginé qu'il pouvait s'agir de Saga ? C'était ridicule.
-Est-ce que ça va ?
-Ca va. Je peux marcher seul.
Sur ces mots, il se détacha du jeune homme et commença à s'approcher du petit groupe de généraux qui s'était formé. Kasa empêchait Aspros de se relever en le maintenant au sol avec son pieds, et de toute façon, celui-ci ne semblait pas assez en forme pour essayer de résister. Il semblait même au bord de l'évanouissement. Le Dragon bleu passa une main dans ses cheveux, ce qui lui permit par la même occasion de réalisa qu'il saignait du front, mais il n'en teint pas compte. Maintenant que la colère était retombé, la curiosité l'envahît. Il en était sûr, ce n'était pas Saga. Et pourtant, c'était bel et bien une autre dimension qu'il avait ouvert, quelque chose que seuls les chevaliers des gémeaux pouvaient créer. Sans compter qu'il avait réussi à briser les chaînes d'habitude si résistantes... C'était sûr, il était au moins aussi puissant qu'un chevalier d'or.
-Qu'est-ce qu'on fait d'lui ? demanda Kasa avec une pointe de colère.
Kanon s'accroupît, fixant le prisonnier dans les yeux. Celui-ci avait son regard dirigé en sa direction, et pourtant, il n'avait pas l'impression qu'il le regardait réellement.
-...Emmenez-le dans mes quartiers.
Surprit par cette décision, les généraux se lancèrent des regards tous aussi confus les uns que les autres.
-Heu...
-Vous êtes sourds ?
S'impatientant, Kanon se releva. Le regard qu'il lança à Kasa arracha un désagréable frisson à celui-ci.
-Je vous ai donner un ordre, et je ne vais me répété. Oseriez-vous me désobéir ?
Le Général des Lyumnades déglutît avant de secouer vivement la tête de droite à gauche. Le Dragon des Mers était bien plus puissant que lui, il n'oserait jamais aller contre sa volonté, au risque d'en payer le prix fort. Il enleva donc son pieds du dos d'Aspros, et Baian s'occupa de soulever celui-ci. Aspros n'eut pas le temps de voir où il était emmené, en quelques secondes, il sombra dans l'inconscience.
