Bonjour,

Je vous souhaite un bon début de mois d'octobre. J'espère que vous allez tous bien?

Aujourd'hui un nouveau chapitre où Méthos est au centre de l'histoire et où l'ont rencontre plusieurs dieux. J'espère qu'il vous plaira.

La suite dans un mois.

Bonne lecture à bientôt Peace'.


Chapitre 59 : J +18.

Dans les couloirs du treizième temple, un homme marchait d'un pas décidé, faisant fi de ce qui l'entourait, comme les neuf gongs de l'immense horloge qui annonçaient l'heure à tout le monde et qui retentissait encore en échos dans son corps, ou encore le soleil qui réchauffait déjà le sanctuaire.

Il faisait très chaud ce mercredi-là, mais lui il s'en fichait.

I peine une heure, en se levant, il avait pris sa décision, « Aujourd'hui serait le bon jour », pensa-t-il. Il désirait voir une personne en particulier, et il allait la voir. Cela lui importait plus que tout.

Depuis presque trois semaines déjà qu'ils étaient ici, il l'avait croisée mais à chaque fois qu'il avait essayé de l'approcher on les avait vite séparés.

Aussi ce matin, il ne reculerait pas, peu importait ce qui se passerait, il lui parlerait. Il expliquerait ce qu'il ressentait et demanderait son pardon.

C'était pour cela qu'il était désormais devant la porte d'une chambre, à toquer sur celle-ci. Une minute plus tard, le pan de bois s'ouvrit laissant passer la tête de la jeune femme qu'il venait voir. Cette dernière, totalement affolée, referma d'un coup sec la planche entre ses mains, qu'il bloqua de son pied.

- Attends, je veux juste parler, je…

- Pas moi, va-t'en !

- Je t'en prie… supplia le Dieu.

- Fiche le camp ! ordonna sa sœur.

Pour lui, cette option était inacceptable. Il était bien décidé à parler et à se faire comprendre, aussi, repoussa-t-il d'une main ferme l'obstacle qui se présentait à lui.

Sa jumelle, prise au dépourvu, tituba en arrière et il put enfin pénétrer dans la chambre. La jeune femme se recula le plus possible.

- N'ait pas peur ? Je veux juste…

- Va-t'en ! Par pitié, va-t'en !

- Je suis si désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris, continuait d'expliquer Apollon faisant fi des suppliques d'Artémis.

Tout en parlant, le Dieu du Soleil s'approchait encore plus de la Déesse de la Lune. Il tendit son bras pour stopper sa fuite et juste avant de la toucher, un bruit le fit sursauter et se retourner dans un mouvement brusque pour voir ce que c'était. La vision qu'il eut le fit blêmir. Son regard croisa celui de Méthos – protecteur de sa sœur – sortant de la salle d'eau. L'homme venait d'ouvrir en grand la porte de celle-ci en la tapant violemment sur le mur, tout en lui lançant un regard noir.

Si au naturel le fait qu'il ne soit affublé que d'une serviette autour de la taille – sortant sûrement de sa douche – aurait pu rendre cela moins effrayant, il n'en était rien à ce moment-là.

Le cosmos qui tournoyait autour du chevalier était empli de haine à son égard, faisant bien comprendre à Apollon qu'il était dans une mauvaise posture.

- Pardon de vous déranger, je désirais…

- Dehors ! tonna la voix du trentenaire. Votre sœur ne désire pas vous parler. Je pensais avoir été assez clair.

Le Dieu du Soleil voulait répondre, mais la fureur de l'autre à son encontre le tétanisa sur place et aucun son ne sortit de sa bouche. Il émergea de sa transe quand une voix venant de l'entrée principale de la chambre tonna :

- Il a bien compris. Apollon partons ! ordonna le seigneur des ténèbres.

Ce dernier ne chercha même pas à se rebeller et s'exécuta aussitôt. Sans un regard à personne, il se dirigea vers son oncle. Celui-ci lança un regard à Méthos, lui faisant comprendre que la discussion était finie. Le message était clair, il préférait conserver un semblant de paix plutôt que se battre.

Le guerrier allait répliquer mais le corps de sa jeune protégée l'enserrant de toutes ses forces l'en dissuada. Il ne put que les voir disparaître de sa vue, presque impuissant.

Il agrippa Artémis et la réconforta pendant de longues minutes, tout en maudissant les deux hommes qui s'étaient permis de le défier ouvertement dans ses propres appartements.

Dehors, Hadès dévisageait son neveu, il était un peu désarçonné.

Quelques instants plus tôt, quand il avait senti un cosmos non loin de lui s'enflammer et qu'il reconnut celui de Méthos, il s'était inquiété.

Il avait donc accouru dans les appartements du jeune homme, mais n'avait pas pensé y trouver Apollon. Le Dieu des Morts avait eu peur qu'une bataille ne s'engageât et avait coupé court à cela, fort heureusement.

À présent, il était soulagé, mais également en colère contre son neveu qu'il sermonna :

- Qu'est-ce qui t'a pris ? T'en prendre ainsi à Artémis et devant Méthos de surcroît. Tu veux mourir ?

- Non… je voulais juste m'excuser… mais elle ne veut rien entendre et…

- Après ce que tu lui as fait…

- Oh, tu peux parler ! s'emporta Apollon qui en avait marre qu'on lui fasse la morale. Avec Méthos tu es aussi stupide que moi avec Artémis, s'écria-t-il. Si tu crois qu'il te pardonnera un jour ce que tu lui as fait.

Puis le pointant du doigt, comme pour finir de l'achever :

- Tu ne vaux pas mieux que moi et tu en es très conscient, se moqua alors le Dieu du Soleil avant de partir et de laisser son oncle dans le plus grand désarroi.

Hadès se promit que, la prochaine fois, il laisserait Méthos tuer cet avorton irrespectueux et très peu reconnaissant de ce qu'il venait de faire pour lui c'est-à-dire se mettre Méthos à dos, c'était du moins ce que laissait à penser le regard que ce dernier lui avait lancé avant qu'Hadès ne s'en fût avec son neveu.


Méthos déambulait dans les couloirs du treizième temple depuis plus d'une heure espérant tomber sur l'un des deux dieux qui l'avaient mis en colère ce matin.

En fait, il voulait surtout croiser Hadès. Comment avait-il osé s'interposer ainsi ? Il se devait de lui donner une bonne leçon.

Il sortit de ses pensées quand il entendit venir vers lui le bruit de pas significatif d'un homme vêtu d'une armure. De loin, il reconnut la silhouette du porteur. Un sourire carnassier se peignit sur son visage et il alla se cacher dans l'ombre d'une colonne, attendant patiemment en embuscade que sa proie le rejoignît. Là, il l'attrapa par le col de son Surplis et le colla à la colonne de façon brusque. Sous le choc, le guerrier ne put répondre et se prit le marbre de plein fouet dans le dos et l'arrière de la tête.

- Toi ! siffla Méthos d'un ton menaçant.

- Que… essaya de comprendre l'homme.

- Tout récemment, ton maître m'a réellement mis en colère aussi, tu vas lui passer un message de ma part.

Voyant que l'autre écoutait sans bouger, il continua.

- Dis-lui bien que s'il se remet une fois de plus entre moi et ma proie, la prochaine fois que je le verrai, je ne serais pas aussi gentil que les fois d'avant... Car il peut être certain d'une chose, c'est que jusqu'à présent j'ai été des plus doux avec lui. Compris ?

- Oui. Mais…

Le spectre ne put finir sa phrase car Méthos l'en empêcha en le bâillonnant d'une main ferme. Des bruits de pas se firent entendre, d'autres chevaliers se dirigeaient dans leur direction. Le guerrier soupira fortement, montrant ainsi sa grande frustration de ne pas pouvoir continuer à jouer avec cet « être » ainsi à sa portée.

Il finit par partir, dépité, après avoir demandé d'un ton ferme :

- Tu as bien compris ? Je compte sur toi.

Rhadamanthe ne put répondre davantage. Aussi, en entendant les pas se rapprocher, il fit taire son cosmos afin de pas être aperçu par les autres et surtout pour ne pas répondre aux questions qui pourraient être suscitées par sa présence en ces lieux.

Mais surtout, en se cachant toujours plus dans l'ombre de la colonne où l'avait entraîné son assaillant, il ferma les yeux, serra les poings presque jusqu'au sang et des larmes de colère et de tristesse roulèrent sur ses joues.

Elles reflétaient le passé, le présent et le futur et s'adressaient à Méthos, à son Dieu et à lui-même.

Il inspira et expira à de nombreuses reprises afin d'apaiser son esprit et d'analyser les choses posément. Dans un premier temps, réfléchit-il, trouver un moyen d'arranger les choses une bonne fois pour toute avec cet homme, pour le bien-être de mon Seigneur. Aux grés de nos différentes rencontres, il est apparu que ce dernier commençait à regarder le chevalier d'Arès différemment.

Cependant, il se demandait si on pouvait vraiment être pardonné de tout, même si on était sincère ? Il aurait tellement aimé avoir la foi de sa jeune princesse, et croire que tout peut s'arranger envers et contre tout avec des paroles vraies et sincères.

Si l'amour triomphait toujours, pensa-t-il à nouveau, ce se serait bien.

Soudain, surpris par une vision inattendue derrière ses paupières, il sursauta et rouvrit les yeux.

Il soupira et pour une fois, il voulut y croire. Pour Méthos, pour son Dieu, pour lui et pour Kanon. Le jeune homme, en apparaissant dans ses pensées, ne venait-il pas de lui prouver que lui aussi commençait à croire en l'amour et en ses bienfaits ? Aussi, après avoir vérifié que plus personne n'était dans les parages, il décida d'aller au troisième temple chez Kanon, peut-être que sans le vouloir son amant lui donnerait la réponse, lui qui était toujours si franc.