Bonjour,

Un petit mot d'auteurs pour te remercier Flamres de ton commentaire ! Ça fait toujours plaisir de retrouver des anciens lecteurs et surtout de voir que cette nouvelle version sert au moins à quelque chose xD Sinon, on travaille sur un wiki sur la fiction, ça devrait aider les personnes comme toi qui sont perdues sans que vous ayez à tout relire ! Encore merci à toi,

Bonne lecture !


CHAPITRE XVI

Celles qui étaient espionnées

La semaine qui suivit l'attaque de Pré-au-lard fut très étrange. James et Lily semblaient s'entendre de mieux en mieux. D'ailleurs celle-ci commençait enfin à parler normalement à Morgane. Cette dernière enchaînait les situations gênantes avec Sirius, qui obéissait à Kathleen et ne la quittait pas d'un cheveu. Kathleen, pour sa part, évitait comme la peste Remus et lui lançait des regards froids lorsqu'elle ne pouvait pas rester éloignée de lui sans paraître louche - Morgane se fit d'ailleurs la réflexion d'interroger son amie à ce sujet - et évitait également Rabastan. Parce que bon, ce n'était pas sûr qu'elle soit la fille dont il parlait comme semblait le croire Johanna, mais au cas où, elle préférait ne pas tenter le diable. Une étrange semaine, donc, pensa Peter en sortant la carte du maraudeur pour voir si Rusard traînait près des cuisines en ce dimanche matin ou s'il pouvait prendre le risque de chercher des cookies. Et là, ce fut le choc !

— Les gars, les gars ! S'écria-t-il en descendant les escaliers menant à la salle commune à la volée. Elle a disparu !

— De qui tu parles, Peter ? Demanda James en levant les yeux de son devoir de potion.

— Pas de qui, mais de quoi !

Alors que James et Remus fronçaient les sourcils, perplexes, Sirius sembla recevoir l'information plus rapidement que les autres et bondit sur ses pieds.

— Merde, on l'a peut-être déplacé quelque part.

— On ne l'a jamais déplacé et il n'y a que nous, Frank et Chris dans le dortoir, fit James, comprenant enfin, en se levant à son tour pour monter rapidement les escaliers de pierre.

Ils fouillèrent désespérément le dortoir, y semant désordre innommable, mais ne trouvèrent que des parchemins vierges et dépourvus de magie. Ce fut Sirius, une nouvelle fois, qui réagit le plus rapidement.

— On nous a volé la carte, s'écria-t-il furieusement, frappant dans son oreiller.

— Mais qui ? Personne ne connaît son existence ! S'exclama James.

— Ça n'a absolument aucun sens ! Continua Peter. On ne l'a jamais perdue ou oubliée quelque part, et on s'en serait rendu compte si l'un de nous l'avait fait tomber de son sac !

— Ça fait pas mal de temps qu'on ne l'a pas sortie et je suis sûr qu'elle était bien au chaud, à sa place, fit Remus.

— Qu'est-ce qui s'est passé, bon sang ?! S'énerva Sirius, en redescendant avec les autres dans la salle commune.

Remus penchait sans trop savoir pourquoi sur l'hypothèse du vol. Comme l'avait souligné Peter, jamais encore l'un d'eux ne l'avait oublié quelque part. C'était un objet bien trop important pour eux pour qu'ils soient négligents !

— Dites… Commença-t-il, hésitant. Vous ne pensez pas que Morgane et Kathleen auraient pu… Enfin…

Sirius se tourna vers lui, les sourcils froncés :

— Ne sois pas stupide, Remus. Elles ne savent rien de cette carte et je vois mal Morgane nous voler quoique ce soit, surtout vu comment elle est discrète.

— Elles auraient très bien pu nous entendre en parler, après tout, Morgane passe le plus clair de son temps avec nous, argumenta le loup-garou. Ou alors ce sont peut-être des Serpentards…

James et Sirius refusaient de penser que les deux jeunes femmes aient quoi que ce soit à voir là-dedans. C'était impossible. Impensable, même.

— Arrêtez de les idéaliser un peu, soupira Remus agacé par la situation. Bien sûr, elles sont gentilles et drôles. Mais elles sont aussi très secrètes et il est très clair qu'elles nous cachent des choses ! Pour moi, elles en savent plus qu'elles ne laissent paraître.

— Remus, tu racontes vraiment n'importe quoi, là. On doit trouver cette maudite carte, pas philosopher sur les secrets de nos amies, fit James.

— Et puis, si tu doutes de tes propres amis, tu vas vite te retrouver dans la merde, fit Sirius, apparemment très vexé qu'il accuse les jeunes femmes.

Il semblait prendre cela comme un affront personnel.

— Sirius n'est pas objectif vis-à-vis de Morgane, on le sait tous, insista Remus. Mais toi, James, tu n'es pas amoureux de Kathleen alors ouvre les yeux, bon sang !

Peter les regardait s'énerver, un peu paniqué. C'était la première fois que ses amis se disputaient à propos de filles. Et alors que Sirius allait parler, ayant clairement saisi le sous-entendu de leur ami, il tenta de calmer le jeu avant que l'un d'eux ne dise quelque chose qu'il vienne à regretter plus tard.

— On ne va pas épiloguer là-dessus, le plus important là, c'est de retrouver la carte, vraiment c'est super important. Qui sait ce qu'il pourrait se passer si celle-ci tombait entre de mauvaises mains ! Je suis sûr qu'elle est quelque part, et si on ne la retrouve pas, c'est qu'on l'a perdue. Et même dans l'hypothèse où quelqu'un l'a retrouvée, il n'a sans doute pas la moindre idée de la façon dont elle fonctionne.

James acquiesça. Sirius lança un regard noir à Remus puis se tourna vers Peter :

— Je suis d'accord. On doit la trouver.

— Trouver qui ? Fit Morgane qui venait de descendre les escaliers de pierre, en pyjama et le visage encore endormi.

Elle dormait tranquillement quand elle avait commencé à percevoir un certain raffut dans la salle commune. La curiosité et un pointe de paranoïa l'avaient donc tiré de son lit. Curieusement, les maraudeurs et elle étaient les seuls présents dans la pièce, à croire que les ados de Poudlard s'étaient trop habitués aux cris et facéties des garçons en question pour se lever au moindre bruit suspect.

— Rien, répondit sèchement Remus.

Morgane cilla alors qu'elle étouffait un bâillement. Elle rêvait ou Remus venait de l'envoyer chier ? Elle ? La superbe Morgane Kerrien ?! L'audace de ce garçon !? Incroyable.

— En fait, on a perdu un parchemin, commença Sirius sous le regard paniqué des autres. On l'avait ensorcelé pour dire des insultes à ceux qui voudraient l'utiliser, mais on ne le trouve plus. Tu ne l'aurais pas vu, par hasard ?

La jeune fille se raidit imperceptiblement. Est-ce qu'elle l'avait vu ? Oui, elle l'avait même planquée après que Kathleen et elle se soient rendues compte qu'elles n'apparaissaient littéralement pas sur cette foutue carte. A croire qu'elles étaient faites du même moule que la salle sur demande, elle-aussi incartable. Toujours est-il qu'il n'était évidemment pas question de rendre la Carte à ses légitimes propriétaires !

— Un parchemin ? Répéta-t-elle en les regardant, curieuse, jouant parfaitement la comédie. Tu sais, je vois des parchemins tous les jours et il y en a toujours qui traînent ici. Il avait l'air différent des autres ? Demanda-t-elle, faussement inquiète.

— Non, pas particulièrement, c'était vraiment un simple parchemin, sauf qu'il était magique, fit James avec espoir.

Morgane regarda autour d'elle, faisant mine de chercher leur parchemin du regard.

— Je suis désolée, j'ai rien vu de ce genre. Mais si jamais j'en vois un, je le kidnappe et vous le ramène sur le champ, dit-elle en leur souriant.

Elle allait remonter pour s'habiller et prévenir Kat que la situation venait d'empirer quand Sirius lui attrapa la main et glissa :

— Au fait, j'adore ton pyjama !

Morgane se transforma en tomate immédiatement et remonta dans son dortoir en quatrième vitesse. Elle contempla son pyjama, désespérée. Plus clodo, tu meurs. Enfin bon, elle se précipita dans la douche, se prépara puis attrapa sa veste, l'enfilant par-dessus son col roulé. Elle descendit ensuite les escaliers, à une vitesse normale cette fois-ci pour ne pas attiser les soupçons.

— Tu sors ? Demanda James en la regardant porter des gants, une écharpe et une grosse veste.

— Oui, je vais faire une balade autour du lac avec Kat, ça fait longtemps qu'on a pas eu un petit moment entre filles, répondit-elle la voix étouffée par son écharpe qui cachait la moitié de son visage.

— Ils font pas ta taille de veste sur terre ? Demanda le jeune Potter en riant.

— Je t'enquiquine, James, fit-elle avant de tourner les talons.

— Vous allez parler de quoi ? Demanda soudainement Remus.

— De trucs de filles, mon chou, répondit-elle sans se retourner, mais ne manquant pas de noter l'intérêt soudain qu'il portait à leurs sujets de conversations privés.

Elle leur adressa un signe de la main puis passa le tableau. Les garçons échangèrent un regard de connivence.

— Cape d'invisibilité, suggéra le loup-garou et les autres approuvèrent, bien que gênés à l'idée d'espionner leurs amies. Si elles n'avaient pas volé la carte, ça pouvait toujours être instructif !

Ils suivirent donc de près Morgane qui n'avait pas menti, pour l'instant, elle se dirigeait bien dans le parc. Au loin, ils virent Kathleen lui faire un grand signe de la main, pour indiquer sa présence. Elle semblait particulièrement fière d'elle, mais portait des vêtements un peu… trop moulant par rapport à la mode de leur époque et à la saison.

Alors que Morgane galopait vers son amie, elle s'arrêta brusquement et se retourna. Elle plissa les yeux et les garçons retinrent leur respiration par réflexe. Elle haussa les sourcils, mais garda en tête qu'il pouvait toujours y avoir quelqu'un dans le parc, après tout c'était un lieu public. En plus, dans le monde des sorciers, c'était d'une facilité enfantine d'espionner les autres, ne serait-ce qu'avec un sortilège de désillusion. Elle recommença à galoper joyeusement, se tenant toutefois en alerte du moindre bruit suspect.

— Hey ! T'as trouvé ta veste où ?! Moi j'ai juste une doudoune bibindome trois tailles trop grandes ! S'exclama-t-elle en arrivant à sa hauteur. Heureusement qu'on avait trouvé des jeans potables quand même, je me vois mal en pattes d'éléphants mal coupés !

Kathleen fut surprise que son amie s'adresse à elle en anglais, mais elles avaient tellement pris l'habitude d'utiliser cette langue qu'elles ne pensaient pas toujours à se parler en français. Elle décida de lui répondre elle-aussi en anglais, après tout au plus elle pratiquerait au plus elle serait à l'aise !

— Une sixième année m'a appris un sort de couture ! Je vais pouvoir nous créer des fringues de déesses, j'ai toujours rêvé d'être styliste. Voici le premier prototype, dit-elle en posant comme un mannequin avant d'éclater de rire. Ça fait drôlement du bien de retrouver des vêtements corrects ! Ça va ? Tu as l'air nerveuse ?

— Tu vas devoir m'en faire, j'en ai marre de porter ces horreurs, fit Morgane. Bah ouais, ça va et toi ? Je me suis juste trimbalée avec mon pyjama de clodo dans la salle commune.

— Celui avec des pingouins malsains dessus ? Avec les trous et le bas déchiqueté parce que tu traînes des pieds et qu'il est mille fois trop grand ? Fit son amie en se moquant un peu.

— Oui… Dit Morgane en la regardant de travers.

— Quelqu'un t'as vu le porter ?

— J'en parlerais pas sinon. Il y avait les maraudeurs…

— Ouh, ma pauvre petite chérie, compatit Kathleen avant de croiser le regard de Morgane.

Il y avait visiblement autre chose à comprendre.

— Ils t'ont dit quelque chose là-dessus ?

— Non, enfin, seulement Sirius, les autres étaient stressés parce qu'ils ont perdu un truc, un espèce de parchemin, lança t-elle nonchalamment.

Kat comprit alors ce qui avait pu se passer ce matin et que si Morgane ne lui disait pas directement la chose, c'est qu'elle n'était pas sûre d'être vraiment seule. Elle sentit le stress monter en elle, parce qu'elle n'était pas franchement sereine à l'idée d'avoir volé des amis, mais fit de son mieux pour garder un visage impassible.

— Ils ont qu'à faire un peu plus attention à leur affaire, répondit la brune en haussant les épaules.

— Oui, mais bon, si jamais tu trouves un parchemin qui t'insulte quand tu essayes de le lire, c'est le leur. Donc tu le leur apporteras, ça avait vraiment l'air de leur tenir à cœur. Ils étaient un peu paniqués. J'imagine que ça cache quelque chose, mais bon, fit-elle en haussant à son tour les épaules. Les connaissant, c'est probablement des idées pour leurs prochaines farces et ils ont peur que quelqu'un les découvrent avant l'heure.

— Probablement, fit Kat.

Elles entendirent un « tu vois » et reconnurent la voix de James, elles firent cependant mine de ne rien entendre, bien qu'elles grimaçèrent intérieurement. C'était mal de voler et ils avaient raison d'être suspicieux, mais espionner comme ça sans preuve ? Ce n'était pas correct !

— Au fait, j'ai entendu dire qu'un Poufsouffle plutôt mignon était venu te demander si tu allais mieux ? Lança Kathleen à son amie, décidée à jouer des garçons et de Sirius entre autres.

— John ? Fit Morgane, surprise que son amie soit aussi bien renseignée, sans même comprendre les intentions de celle-ci, elle était tellement naïve, parfois.

— Oh, tu sais comment il s'appelle ?

— Bien sûr, on est en étude des runes ensemble. On a fait un devoir tous les deux, il y a trois semaines, répondit-elle simplement. Il est juste venu me demander si j'allais bien quand on s'est croisé.

— Moi je dis qu'il est courageux ce garçon, tout Poudlard sait que tu es la chasse-gardée de Sirius. Ne me regarde pas comme ça, tu as bien dû voir que peu de mecs t'approchent, ces derniers temps, non ?

En voyant la tête de Morgane, Kathleen déduisit que non, son amie n'avait rien remarqué.

— Je crois que tu vois des choses que les autres ne voient pas… fit Morgane comme si son amie était folle. Et je ne suis la chasse-gardée de personne, comme si on pouvait me dompter, dit-elle en enfonçant un peu plus son bonnet sur son crâne. Nan mais je te jure, la chasse-gardée de Sirius, aucun mec ne m'approche. Je suis aussi populaire qu'au premier jour, s'exclama-t-elle en plein déni. Mon charme est sans fin !

— Faudrait déjà qu'on puisse voir ton visage, nain-bécile ! Rit Kathleen en esquivant le coup de pied de son amie.

Cependant, elle glissa sur les feuilles mortes et s'étala en arrière.

— Je suppose que je l'ai bien cherché, grimaça-t-elle.

— C'est le karma, très chère. L'hiver est mon ami et si cette truie d'infirmière ne m'avait pas dit que si je ne me couvrais pas suffisamment, elle s'occuperait de mon cas, tu sais très bien que je ne serais pas déguisée en Monsieur Patate, grogna la jeune femme en tendant sa main à son amie pour qu'elle se relève.

Kat l'attrapa et grimaça.

— Le sol est dur.

— Sans dec' Sherlock ! Il est gelé en même temps ! Il fait pas super chaud. A mon avis, il va bientôt neiger.

— J'ai toujours voulu voir Poudlard sous la neige, sourit la jeune femme en enlevant des feuilles de ses cheveux. Je crois que ça va être un des plus beaux Noël de notre vie. Je me demande si Johanna reste pour les fêtes… Ça me fait penser, j'étais invitée chez les Lestrange pour passer les vacances, grimaça la serpentarde.

Morgane se retourna brusquement vers elle, choquée.

— C'est quoi ce bordel ?! S'exclama-t-elle. Bon sang, tu dois vraiment être spéciale pour qu'il t'invite, les sang-purs ne se mélangent pas. J'espère que tu ne vas pas accepter. Je ne vais quand même pas rester toute seule ici ! Continua Morgane les yeux écarquillés.

— Hey, relax ! J'ai refusé, déjà parce que je ne voulais pas te laisser toute seule ! Ensuite parce que tu m'as vu avec des sang-purs, sérieux ? J'ai une tête à devenir pote avec Bellatrix Lestrange ? Et puis, vis-à-vis de Johanna, je me serais sentie vraiment mal, ça aurait été admettre que c'est moi la fille dont il parlait.

— Oui, c'est vrai. J'ai entendu des gens parler de cette nana… J'aimerais pas croiser sa route, fit Morgane en essayant de donner une raison pour laquelle son amie connaissait la cousine de Sirius. Enfin, elle va mieux Johanna ?

— Je crois. Elle veut me faire croire que tout va bien, mais je crois qu'elle m'en veut un peu parfois, même si elle ne veut pas le dire. C'était plus simple de l'aimer en silence que de s'entendre dire qu'on a pas d'importance… Les hommes sont vraiment tous des salauds ! S'exclama Kat, notamment pour ceux qui les écoutaient.

— Ça tu peux le dire. Je pensais rester seule toute ma vie, me trouver plein de chats, une télé et plein de nourriture. J'irai de temps en temps dehors pour rencontrer un peu de viande masculine parce qu'il faut entretenir la forme mais c'est tout.

— Tu t'entends parler ? Fit Kat en riant. C'est sympa pour la gente masculine.

— Dixit celle qui vient de les traiter de connards !

— J'ai dit salauds.

— C'est pareil, une bande de trous de balles, encore plus curieux que des filles ! Le pire dans cette histoire c'est qu'on peut pas vraiment vivre sans eux, au final. Malheureusement.

— Moi je le vis très bien, si c'est pour s'entendre dire qu'on est pas digne de confiance, cracha Kathleen en repensant à sa discussion avec Remus dont elle n'avait d'ailleurs pas parlé à son amie. Non, vraiment, on ne peut pas compter sur un homme !

— Toi, tu me caches des trucs ! S'exclama Morgane en secouant son doigt sous le nez de son amie qui regarda le lac avec grande attention.

— J'oserai pas.

— Tu sais aussi bien que moi que si ce n'est pas maintenant, je te ferai cracher le morceau plus tard, fit Morgane en lui tapant gentiment le bras.

— Je parierai pas là-dessus, répliqua Kat, amusée.

— C'est pas juste ! Tu réussis toujours à savoir ce que je cache, alors que je mens bien, enfin, c'est ce que je crois ! Tu me fais même avouer des trucs sans que je m'en rende compte !

— C'est parce que tu es naïve.

— C'est pas vrai !

— Bien sûr que si, on pourrait te faire gober la lune parfois ! Et ne t'inquiète pas, je me suis juste pris la tête avec un de nos chers maraudeurs qui ne font confiance à personne. Mais ça n'a plus d'importance.

— Avec Remus ?

— Comment tu sais ?

— Oh bah il nous regarde bizarrement et j'avais l'impression qu'il avait un truc de coincé dans l'œsophage… ou dans le cul.. J'imagine que tu m'expliqueras ça, un jour. Mais je pense qu'ils nous font confiance, non ? Peut-être que Remus non mais les autres si…

— Hum, fut la réponse dubitative de la jeune fille. En même temps, tu dirais à Sirius que McGonagall est une star du porno qu'il te croirait tellement il est dingue de toi, rit ensuite Kathleen. Vous vous êtes bien amusés à l'infirmerie d'après ce que James m'a rapporté, d'ailleurs ?

— McGonagall, une star du porno ? Même moi, je croirais pas ça ! S'exclama-t-elle avant que toutes les informations montent au cerveau. Quoi ? Mais non, enfin. Personne n'est dingue de moi et il ne s'est rien passé à l'infirmerie, James a probablement halluciné, après tout, il avait pris des médicaments, répondit-elle précipitamment.

— Sauf que j'ai entendu Evans confirmer sa version à Alice et elle, elle n'avait pas pris de médicaments, répondit Kat avec un sourire mutin. Franchement, vous devriez avoir honte, une infirmerie n'est pas un lieu de débauche !

— Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, fit Morgane les joues en feu, son visage ayant presque disparu dans son écharpe.

Son amie se mit à ricaner.

— Je ne te parle plus ! Voilà ! S'exclama Morgane avant de partir en courant sauf qu'elle ne put faire que quelques foulées avant de tomber, en se faisant elle-même un croche-pied.

— L'hiver est tellement ton ami que tu veux embrasser le sol ? Ricana la jeune fille. Allez, on va voir Hagrid, il nous attend pour le thé !


Les maraudeurs suivirent Morgane jusqu'à ce qu'elle rejoigne son amie. Elles discutèrent de vêtements pendant un petit moment, ce qui n'intéressait pas vraiment les jeunes hommes. Ce ne fut que lorsque le prénom de Sirius fut cité qu'ils devinrent particulièrement attentifs.

En les entendant parler de la carte, les garçons regardèrent Remus et James ne put s'empêcher de lancer un « tu vois » à celui-ci avant de recevoir un coup de coude de Sirius. Kathleen commença à parler d'un type et le jeune Black tendit un peu plus l'oreille pour savoir de quoi il en retournait puis serra les poings. Il allait surveiller ce John de près !

— Je ferais attention si j'étais toi, souffla James. Elle n'a pas nié le fait qu'il est mignon…

— La ferme, fit Sirius en le menaçant de son poing. Il a juste été gentil avec elle.

— Taisez-vous, murmura Peter qui craignait de se faire repérer.

Pendant ce temps, Morgane s'écriait qu'elle n'était pas la chasse-gardée de Sirius, ce qui vexa un peu ce dernier sous le rire caché de ses amis. Ils virent Kathleen glisser et faillirent se faire repérer en retenant de justesse le rire moqueur qui leur vint alors.

Elles se mirent à parler du fait que Kathleen se soit plus ou moins prise la tête avec Remus, ce que ni Morgane ni ses amis ne savaient. Ils regardèrent Remus, les sourcils froncés.

— Elle a peut-être raison, t'as peut-être un truc coincé tu sais où?

— La ferme, tu veux ?

— En même temps, tu dirais à Sirius que McGonagall est une star du porno qu'il te croirait tellement il est dingue de toi, rit Kathleen. Vous vous êtes bien amusé à l'infirmerie d'après ce que James m'a rapporté, d'ailleurs ? Fit Kat.

Ils se tournèrent tous d'un même mouvement et entendirent Morgane s'étouffer avec sa salive.

— McGonagall, une star du porno ? Même moi je croirais pas ça ! Quoi ? Mais non enfin. Personne n'est dingue de moi et il ne s'est rien passé à l'infirmerie, James a probablement halluciné, après tout il avait pris des médicaments, s'exclama Morgane en faisant de grand geste, tentant apparemment de cacher sa gêne et de nier en bloc ce que son amie disait.

Sirius n'était pas sûr d'aimer ce qu'il entendait et ne savait même pas vraiment ce que James avait pu dire à leur amie serpentarde. Il se tourna vers celui-ci qui murmura un « quoi » d'un air penaud. Remus écarquilla les yeux en entendant Kat dire que ce n'était pas un lieu de débauche. Mais de quoi parlait-elle à la fin ? Ils virent Morgane se gameler à son tour et décidèrent de retourner à l'intérieur du château, notamment pour parler de certaines choses qu'ils avaient entendu et qui méritaient quelques explications.

Ils s'installèrent dans la grande salle pour prendre leur petit-déjeuner. Il y eu un petit moment de flottement, que Peter rompit :

— Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé ?

— Mais rien, je me suis endormi, moi, c'est tout, s'outra Sirius qui ne comprenait pas plus que les autres.

Ils se tournèrent tous vers James d'un air inquisiteur.

— Bah quoi, vous étiez trop mignon à dormir entrelacés l'un contre l'autre. Bon quand Morgane s'est réveillée et qu'elle a vu que tu avais tes mains à des endroits… enfin, voilà, elle était pas franchement contente, mais en même temps, c'est elle qui t'a mieux installé sur le lit ! Fallait que je partage avec Kathleen, non ?

— On était pas enlacés, ça c'est sûr ! S'indigna Sirius, sûr de lui.

—C'est cela, oui, fit James en gloussant.

Sirius lui lança un regard noir puis changea de sujet :

— C'est quoi cette histoire avec Kat ?

— De quoi tu parles ? Fit Remus. Du fait qu'un serpentard l'invite chez lui et qu'elle a failli rencontrer ta cousine par la même occasion.

— Elle a été invitée et a refusé, défendit James, et tout le monde a déjà entendu parler de Bellatrix, elle est tarée c'te fille et les serpentards la connaissent bien, qui plus est, elle est mariée au frère de Rabastan, c'est normal qu'il en ai parlé à Kat, non ? D'accord elle est à Serpentard, mais je pense qu'elle nous a appris qu'ils ne sont pas tous aussi cons qu'on le pense, enfin… Pas elle en tout cas.

— Je ne suis même pas sûr que le fait qu'elle soit à Serpentard ait un rapport avec tout ça, puisque Morgane n'est pas toute blanche non plus. Elles nous cachent quelque chose et je suis sûr que c'est quelque chose de gros.

— Mais quoi ? Soupira Sirius, ayant déjà eu cette conversation à plusieurs reprises auparavant avec le loup-garou, et qui ne voyait vraiment pas ce que les deux jeunes femmes pouvaient cacher.

— Dites, je suis le seul à me demander pourquoi Lestrange l'invite, elle ? Je veux dire… Pour ce qu'elles en savent, elles pourraient aussi bien être sang-mêlées que nées-moldues...et c'est pas vraiment le genre à amener des nées-moldus chez lui … Fit remarquer Peter.

— Tu crois qu'il… Commença James

— Nan, pas possible ! Fit Sirius en écarquillant les yeux.

— Quoi ? Fit Remus en les fixant, perdu.

— Il aurait des vues sur elle ? Finit par dire James.

Les quatre jeunes hommes se regardèrent, choqués.

— Et je peux même vous dire pourquoi elle s'est soûlée à la sortie de Pré-au-lard, la dernière fois, lança une jeune femme de Serdaigle en s'approchant d'eux – celle qui causait justement des problèmes aux deux filles mais cela, les garçons l'ignoraient. Ça tombe bien que vous en parliez parce que je souhaitais justement vous partager mes inquiétudes à ce propos, ajouta-t-elle en affichant une mine soucieuse.

— On t'écoute, Mary ! L'invita-t-il à continuer, faisant confiance à la jeune femme qu'il connaissait depuis sa première année.

— Cette idiote ne s'était pas rendu compte que ce serpentard était intéressé par elle et a essayé de le caser avec son amie, Johanna Diaz. Seulement celle-ci a compris que Lestrange en pinçait pour Kerrien – on se demande pourquoi, je veux dire... elle est plutôt banale - et la pauvre chérie n'a pas supporté d'avoir fait de la peine à son amie ! Raconta la serdaigle.

Les Maraudeurs se regardèrent, un peu surpris par le ton qu'avait employé la jeune femme, qui était d'ordinaire une personne enjouée et pleine de compassion envers les autres.

— Ecoutes, Mary, on te remercie de partager ça avec nous mais tu n'as pas besoin de parler comme ça d'elle, elle ne t'a rien fait que je sache, fit Sirius.

Mary McMillan afficha alors une moue triste mais contrariée.

— C'est vrai, Sirius, je te demande pardon… Je suppose que je suis trop protectrice envers vous ! Expliqua-t-elle, repentante.

— Comment ça ? S'étonna Peter, qui ne voyait pas le rapport.

— Oh… Vous n'êtes pas au courant ? Je l'ai entendu dire des trucs franchement dégueulasse sur vous à Rogue et apparemment ça commence à circuler chez les serpentards… Elle doit se dire qu'ils sont les seuls qui croiront ses mensonges. Ou alors elle cherche à se faire accepter par eux de cette manière ? C'est pour ça que sa petite comédie de fille gentille avec vous me dégoûte et que je suis un peu virulente la concernant, mentit la dite Mary en prenant un ton embarrassé.

— Ça m'étonnerait franchement, fit James en la regardant durement. Elle ne ferait pas ça.

— Ouais, je sais pas pourquoi tu racontes ça, ajouta Peter. Tu as sûrement dû mal comprendre, Mary, parce que ce n'est pas du tout son genre !

Remus, quant à lui, resta muet.

— Oh, j'aimerais vraiment avoir mal entendu, tu sais ! Je vois bien que vous tenez à elle mais… Ce n'est pas uniquement cette discussion qui me porte à croire qu'elle est manipulatrice… Mes amis l'ont entendue avec la blonde et vraiment sa sœur n'est pas mieux, ajouta-t-elle en lançant un regard compatissant vers Sirius.

Elle n'aimait pas plus Morgane que Kat, en grande partie parce qu'elle lui avait jeté un sort -et ridiculisée au passage-, mais aussi parce que son existence même l'énervait, cette fille était bien trop grande gueule pour son bien… Et il était clair au fil des jours qu'elle avait trop d'influence sur Sirius. Alors si elle pouvait semer le doute, pourquoi s'en priver ?

— Tais-toi, siffla le jeune Black.

— Je suis vraiment désolée, Sirius… Je l'ai entendu dire que tu étais en train de tomber dans le panneau, comme le chien débile que tu es, continua toutefois Mary en se souvenant que les deux filles avaient déjà parlé de Sirius comme d'un chien.

— C'est des conneries, gronda le concerné.

— Je sais que c'est dur à entendre… mais je pense que tu as besoin de le savoir. Après moi, je dis ça pour vous de toute façon, ça me fait de la peine, mais si vous préférez croire de parfaites inconnues, alors qu'on est amis et qu'on se connaît depuis sept ans, c'est vous qui voyez, ajouta-t-elle en s'éloignant, prenant une moue blessée, intérieurement satisfaite du poison qu'elle venait de répandre.

Les maraudeurs se regardèrent en silence, puis Peter le rompit encore une fois :

— Je sais pas si j'ai tout suivi là…

— Moi non plus, fit James. Je ne sais pas ce qui arrive à Mary, elle ne prête pourtant pas attention aux rumeurs, d'habitude… Et elle est loin d'être celle qui participe aux commérages !

— Elle dit peut-être la vérité, non ? lança Remus, je veux dire, on ne les connaît pas vraiment. Kat traîne avec Rogue depuis quelques semaines et je l'ai déjà entendu parler de Sirius comme d'un chien – comme si elle savait d'ailleurs - …

— Non, s'écria Sirius en se levant d'un bond, avant de répéter : C'est rien que des conneries ! J'y crois pas une seconde !

— Calme toi, Sirius, fit James en lui attrapant la manche pour le rasseoir. Je suis du même avis. On a jamais rien laissé entendre par rapport à ça et Kat parle de Morgane comme d'un chaton, un chaton enragé, certes, mais un chaton quand même. Alors bon. Quand on pense au proverbe « s'entendre comme chien et chat », ça peut prendre un peu de sens, non ?

— Remus, il faut que tu arrêtes d'agir comme ça, dit Peter d'une voix posée. Je pense que notre secret est très bien caché. Elles ne nous connaissent pas depuis longtemps alors comment est-ce qu'elles pourraient bien savoir ?

Remus les sonda du regard puis soupira :

— Je me suis peut-être un peu emporté.

— Un peu ? S'exclama Sirius avant de se prendre un coup de pied de la part de James.

— Je persiste à dire que vous avez une confiance aveugle en elles et que c'est loin d'être une bonne chose. Kathleen a clairement admis qu'elles nous cachaient des choses !

Alors qu'ils disaient ça, les deux jeunes femmes entraient dans la grande salle en riant, des feuilles encore dans les cheveux. Ils virent Morgane les pointer du doigt mais Kat secoua la tête de gauche à droite avant de désigner la table de sa maison d'un signe de tête. La blonde lui sourit avant de dire quelque chose pour ensuite rejoindre sa propre table. Morgane arriva près d'eux et sentit que l'ambiance n'était pas au beau fixe.

— Il y a un problème ? Demanda-t-elle franchement.

— Non, fit James tout sourire.

Morgane lui offrit son expression dédaigneuse dont elle seule avait le secret.

— On est juste inquiets pour notre parchemin, mentit Peter.

— Oh, dit-elle en s'asseyant à côté d'eux. C'est si important que ça ? Vous ne pouvez pas en refaire un ?

— Hey, ce n'est pas une mauvaise idée, s'exclama Sirius en souriant.

Morgane se retint de grimacer, qu'est-ce qui lui avait pris de dire un truc pareil ?

— Ça prendra longtemps ? Demanda t-elle faussement réjouie. Vous me la montrerez ?

Elle pouvait espérer qu'ils mettraient longtemps à en refaire une. Sinon elle aurait encore besoin de se transformer en spykid croisé Kim Possible avec un énorme côté Mister Bean.

— Je sais pas si ça vaut vraiment le coup, on va mettre longtemps à en refaire une et il y a les examens, fit Remus.

— Il n'a pas tort, soupira Peter.

— En tout cas, j'en ai parlé à Kat et elle m'a dit que si elle la voyait elle vous la ramènerait !

— Pour ce qu'on peut lui faire confiance, murmura Remus mais Morgane l'entendit et le fusilla du regard.

Elle aimait beaucoup Remus mais elle comprenait mieux pourquoi Kat s'était prise la tête avec lui.

— Je te demande pardon ? Siffla-t-elle

— C'est rien, Remus s'est levé du mauvais pied et arrête pas de dire des trucs…

Mais Morgane coupa James dans sa tentative de temporiser les choses :

— Tu ne lui fais pas confiance ? Tu rigoles, j'espère ?! Tu n'as absolument aucune raison de ne pas nous faire confiance. C'est injuste, en plus, parce qu'on ne t'a jamais rien fait. J'y crois pas, Kat est même allée jusqu'à mettre sa vie en danger pour te sauver, toi, alors qu'on se connaît que depuis quelques mois ! S'indigna-t-elle. T'es complètement con ou tu me fais un poisson d'avril en avance ?

— Mais non, je…

La jeune femme coupa à nouveau la parole de Remus :

— Tu vas voir ce que c'est de ne pas nous faire confiance quand nous t'offrons la nôtre ! Menaça-t-elle soudainement. Je te maudis sur cent générations, toute ta descendance aura des hémorroïdes, ma malédiction est tellement puissante que vous serez incapable de vous asseoir ! Il faudra que vous rampiez comme des vers !

Sur ce, elle se leva en jetant dramatiquement un crouton de pain dans son assiette vide :

— Vas-y, je n'ai plus faim ! Tu m'as coupé l'appétit ! Tss… Amuse toi bien avec ton trou de balle chauffé à blanc !

Et elle se tourna, dramatique, pour sortir de la grande salle la tête haute. Sirius se leva :

— Bah bravo ! Grogna-t-il avant de sortir à son tour.

Il courut pour la rattraper et lui saisit l'épaule pour qu'elle arrête d'avancer. Elle se tourna vers lui, des éclairs dans les yeux.

— Quoi, toi aussi tu crois qu'on est pas digne de confiance ? Cracha-t-elle.

— Je vous fais confiance et je me moque de ce que pense Remus sur ce coup-là. Je te fais confiance, répéta-t-il en plaçant ses mains sur les joues de la jeune femme pour qu'elle le regarde dans les yeux et voit qu'il était sincère.

Elle soupira et sentit ses joues s'empourprer malgré elle. Elle fut tentée pendant un instant de retirer ses mains, de lui dire de s'éloigner, qu'est-ce qu'il lui faisait ? Pour qui se prenait-il ? Mais en même temps, ça ne la dérangeait pas… L'autre jour à l'infirmerie, elle avait adoré s'endormir à côté de lui, sentir sa chaleur… ZUT ! Comme si elle n'était pas suffisamment rouge comme ça ! Elle se gifla intérieurement et posa ses mains sur les avant-bras de Sirius -très toniques soit dit en passant- en prenant une grande inspiration, se concentrant sur Remus et son immense connerie.

— Il a vraiment un problème avec nous. Je ne sais pas encore ce qu'il s'est passé entre lui et Kat mais je vais bien finir par le savoir. En plus, il est en train de foutre en l'air mon plan de les caser ensemble. Parce que là, Kat-chou, elle veut plus en entendre parler, du garçon ! Même moi, je ne comprends pas ce qu'il peut bien avoir à nous reprocher. Il vous a dit quoi, lui ?

— Que vous nous cachiez des choses. Et franchement, Morgane… Je sais qu'il a raison, ne me mens pas, ça ne sert à rien. Mais je te fais confiance, c'est votre secret et du moment que ça ne met personne en danger, vous êtes libres de le garder. Mais si jamais tu as besoin d'en parler, je suis là, d'accord ? Dit-il en appuyant son front contre le sien.

Morgane retint sa respiration, elle n'avait même pas entendu ce qu'il venait de dire, juste… Il était vraiment trop près. Heureusement qu'il n'y avait pas James pour aller répéter tout ce qu'il voyait à tout le monde. La jeune femme soutenait que Sirius ne lui faisait aucun effet mais elle n'osait pas lever les yeux vers lui. Peut-être… Peut-être qu'il était un peu plus que son pote canon ? Peut-être qu'il ne la laissait pas indifférente… Peut-être que tout le monde avait raison ? En tout cas, aussi expensive qu'elle pouvait être en général, ce genre de situations la rendait aussi muette qu'une carpe.

— Morgane, regarde-moi… Dit-il en se penchant un peu plus, n'étant plus qu'à quelques centimètres de ses lèvres.

Elle finit par lever les yeux vers lui et perdit pied. Il allait l'embrasser… Bon sang ! Mais qu'est-ce qu'il attendait !? Sérieux, l'espace entre eux ne faisait pas la taille de la route 66, il fallait pas trois ans pour atteindre ses lèvres ?! Il était là, si près d'elle, à la regarder avec ses putains d' yeux gris bleutés de canon et s'il ne se dépêchait pas elle allait soit faire une syncope, soit lui vomir dessus, soit l'embrasser en première… Mais peut-être qu'il ne voulait pas ? Et là ce serait catastrophique ! Il allait se moquer d'elle pour sûr ! Elle serait la risée de toute l'école ! Non non, il ne la tiendrait pas comme ça, et ne serait pas si proche d'elle s'il ne souhaitait pas la galocher, allez Morgane, porte tes ovaires !

— Morgane ! S'écria soudain John en arrivant vers eux. Tu vas bien ?

Morgane s'éloigna d'un bond du jeune Black qui se retint de mettre son poing dans la figure de ce mec. Il était à quelques secondes de faire quelque chose dont il rêvait depuis des semaines, voire des mois maintenant et en croisant le regard de ce John, il sut que celui-ci l'avait fait exprès.

— Bien sûr que je vais bien, fit-elle en essayant de cacher son soulagement et son agacement.

— Je t'ai vu partir de la grande salle comme une furie, je me suis dit que quelque chose clochait, répondit-il le plus naturellement du monde.

Morgane leva les sourcils, elle ne savait pas qu'ils étaient suffisamment proches pour qu'il s'inquiète à ce point pour elle… Elle voulait bien qu'il soit prévenant et tout mais la limite entre l'inquiétude et le stalking pouvait être assez fine, il devait faire attention le coco.

— Elle va bien, maintenant si tu pouvais nous laisser, lança Sirius en tentant de garder un ton amical.

— En fait, je voulais aussi proposer à Morgane de faire notre devoir ensemble à la bibliothèque, tout à l'heure.

Sirius respira profondément, il avait vraiment envie de casser la gueule de ce type.

— J'ai déjà promis à Kat de le faire avec elle, elle était curieuse de voir ce que c'était l'étude des runes, donc bon, je suis désolée mais je vais devoir refuser.

Sirius la regarda bizarrement, depuis quand est-ce que Kathleen s'intéressait à ça ? Quoi que ça ne le surprenait pas qu'elle s'y intéresse en soit mais plutôt, depuis quand Kathleen avait du temps à perdre à s'intéresser à des matières qu'elle n'avait pas alors qu'elle galérait avec certaines des siennes ?!

— Mais elle ne fait même pas étude des runes, insista John.

— C'est justement pour ça qu'elle est curieuse, lâcha Sirius sous le regard désapprobateur de Morgane.

— Le problème c'est que je bloque à la moitié du devoir, et je sais que tu es douée en étude des runes, commença t-il.

Il la complimente, là ? Se demanda Sirius dont l'agacement ne faisait que monter depuis que ce crétin était apparu.

— Et donc, j'aurais besoin de ton aide.

Morgane prit une grande inspiration, parce qu'elle détestait devoir refuser son aide à quelqu'un, et commença à parler :

— Tu te débrouilleras pour cette fois. Tu prends un livre et tu cherches, ou tu vas voir le prof. Je ne vais quand même pas faire ton devoir à ta place, si ?

— Non, bien sûr, excuse-moi, je ne voulais pas t'agacer, fit-il avec un air penaud qui le rendait adorable.

Morgane fut prise un instant de remords avant de se souvenir de ce qu'il avait interrompu.

— Elle t'en veut pas, maintenant, tu dégages ! Lui dit froidement Sirius avant de prendre la main de Morgane en l'entraînant à sa suite.

Morgane s'exclama, quelque chose entre un rire moqueur et un grognement indigné. Le jeune homme resta planté là, avant de l'interpeller. Mais Sirius ne fit qu'accélérer le pas.

— J'espère qu'il n'aura pas une mauvaise note, quand même… Dit Morgane, un tout petit peu inquiète, jouant en même temps avec les nerfs du jeune Black, parce qu'il fallait bien avouer que c'était amusant.

— Ne me fais pas rire, t'en a rien à foutre de sa note et je suis sûr qu'il n'avait aucun problème avec son devoir.

— Tu ne me ferais pas une crise de jalousie, par hasard ? Se moqua Morgane.

— Nan, fit Sirius en continuant de marcher devant.

— Tu vas où, au juste, là ? Demanda Morgane en essayant de traîner des pieds le plus possible.

— Je vais te montrer quelque chose d'encore plus beau que lorsqu'on a volé, la dernière fois, lui dit-il en montant les étages.

Ils arrivèrent au dernier étage, Morgane épuisée d'avoir dû suivre sa cadence, et Sirius ouvrit une fenêtre qui menait sur les toits. La petite blonde avait peur de comprendre où il voulait en venir.

— Je te préviens, je fais pas de saut à l'élastique et je ne monte pas sur le toit, tu devras redescendre mon cadavre, sinon. Mon petit cœur ne peut pas supporter autant de hauteur, fit-elle en le retenant, suspicieuse.

— Tu as confiance en moi ? Lui demanda-t-il en lui tendant la main.

Elle aurait voulu rire à ce remake d'Aladdin, mais elle avait trop peur de monter sur les toits pour rire.

— Là, tout de suite, maintenant, je sais pas trop, fit-elle en le regardant avec des yeux exorbités.

— Bon, bah de toute façon, t'as pas le choix, fit-il avant de l'entraîner avec lui.

Les jambes tremblantes et leurs mains liées, les deux Gryffondors évoluaient sur les toits de Poudlard jusqu'à ce que Sirius lui dise de lever les yeux – qu'elle avait gardé résolument fixé sur ses pieds – ce qu'elle fit de mauvaise grâce avant d'ouvrir la bouche de stupeur.

Les rayons du soleil frappaient le lac qui brillait, donnant l'impression d'être couvert de milliers de minuscules diamants. Elle avait une vue incroyable sur tout le château et sur le paysage tout autour d'elle, elle pouvait même voir Pré-au-Lard au loin, dans la brume, lui donnant un air magique. Elle eut l'impression d'être plus petite que jamais face à l'immensité du monde autour d'eux.

— Whaaa, fit-elle émerveillée, oubliant un instant qu'elle se trouvait un peu trop haut à son goût. Ça gère la fougère !

— De quoi ? Fit Sirius en entendant l'expression de sa camarade, qui n'avait aucun sens en anglais.

— C'est cool, je veux dire, c'est carrément trop beau, non ? Je me sens petite.

— Tu es petite, ricana Sirius dans son dos.

Elle se tourna pour le frapper mais se retrouva presque collée au torse du jeune homme.

— Je crois qu'il est temps de reprendre là où cet abruti nous a coupé… Fit-il en glissant une main dans le dos de Morgane pour la rapprocher un peu plus de lui et l'autre sur sa joue brûlante. Il la glissa ensuite derrière sa nuque, pour délicatement incliner le visage de la jeune femme en arrière pour pouvoir, enfin, déposer ses lèvres sur les siennes.