Coucou tout le monde (Whaou une intro?)

D'abord merci pour les reviews ! (PlumeBlack, ShBou et Flamres :D)

Ensuite juste pour vous dire que dans ce chapitre il y a (enfin) des nouvelles scènes écrites spécialement pour ce tome :)

Bonne lecture !


CHAPITRE XVII

Celle qui voyait la vie en rose

18 Novembre 1976 :

Kathleen regardait, non sans curiosité, son amie qui semblait encore plus à l'ouest que jamais et ce n'était pas peu dire. Depuis le début de la semaine, elle l'avait surprise parfois à rougir subitement en cours, alors qu'elle rêvait, les yeux dans le vague, quelques secondes auparavant. La brune n'était pas idiote, elle savait bien à qui la petite blonde pouvait penser comme ça. Mais elle était surprise que son amie ne lui en ai pas encore parlé. Elle décida de ne pas insister et se plongea à nouveau dans son maudit devoir de DCFM, sur lequel elle galérait. Lorsqu'au bout d'une heure, elle se retrouva à ne plus savoir quoi écrire, Kathleen décida de faire une pause et entama la conversation avec Morgane. Cela tourna rapidement au monologue puisque la Gryffondor ne répondait que par des "hum" et n'écoutait clairement pas un mot de ce qu'elle lui disait.

— … Alors à ce moment j'ai demandé à Severus d'épouser ce lama, tu comprends, le pauvre animal avait perdu sa maman écureuil, il était désespéré ! Mais Severus m'a dit qu'il ne pouvait pas car son cœur n'appartiendrait jamais qu'à Sirius ! Je suis vraiment désolée de te le dire, lança-t-elle soudain pour rire , se demandant si son amie allait réagir ou si elle allait continuer avec ses onomatopées.

— Il a besoin d'amour ce garçon, soupira Morgane le regard vide. Si quelqu'un veut de lui, faut pas qu'il hésite, ça arrivera qu'une fois.

Kathleen l'observa, un sourcil arqué. Morgane était naturellement bizarre, mais là c'était plus que grave. Elle décida de poursuivre cette discussion sans queue ni tête, malgré tout. Cela avait le mérite d'être divertissant, contrairement à son devoir de DCFM.

— Ah, mais je crois que Sirius préfère les cerfs, lui, parce que l'autre jour, je l'ai vu déclarer son amour à l'un d'eux… Ça ne te dérange pas ?

— Je suis l'amie des animaux.

— Bien sûr, bien sûr, rit discrètement Kathleen pour ne pas déranger la bibliothécaire. Mais c'était peut-être James, qui sait ? Il y aurait plus qu'une bromance cachée là-dessous ?!

Elle vit que la blonde fronçait des yeux, comme si elle considérait soudain l'idée.

— Morgane, lança soudain une voix à leur droite.

Les jeunes femmes tournèrent la tête et aperçurent le fameux John qui fixait la Gryffondor avec une insistance qui dérangea sincèrement Kathleen. Elle avait certes plaisanté à son propos le week-end précédent pour se jouer de Morgane et Sirius, mais maintenant qu'elle le voyait de près et surtout maintenant qu'elle observait sa manière de fixer son amie, la jeune Serpentarde n'appréciait pas du tout le garçon face à elles.

— Je n'arrive pas à faire ça, expliqua-t-il en lui montrant son parchemin.

Sans rien dire Morgane attrapa un des livres qu'elle avait sorti des étagères un peu plus tôt et le posa en face de lui pour qu'il le prenne.

— Page 134, paragraphe 3, dit-elle simplement.

— Et si je ne comprends toujours pas ? Demanda John, avec une moue ennuyée.

— Alors ça voudra sûrement dire que tu es un véritable abruti, siffla Kathleen, agacée par la façon dont il se comportait.

— Serpentarde, cracha John alors que Morgane retournait dans ses pensées.

— Et fière de l'être, lui répondit-elle. Elle n'est clairement pas intéressée, alors lâche l'affaire.

— Tu n'en sais rien ! Siffla-t-il si bas que la blonde, complètement à l'ouest, ne l'entendit même pas.

— Sérieusement ? Je suis sa sœur, je pense la connaître mieux que toi ! Il te faut quoi pour que tu le comprennes, qu'elle t'envoie un hibou ?

Morgane leva les yeux vers le jeune homme lorsque celui-ci fit un mouvement vers sa baguette, comme si cela le démangeait d'envoyer un sort à la jeune fille, et le foudroya du regard. Kathleen fut légèrement choquée de la voir avec un regard aussi noir. Elle lançait tout le temps des regards meurtriers à tout le monde, mais là, c'était un niveau au-dessus. Certes, elle avait des raisons de le faire mais Kathleen avait pourtant eu l'impression qu'elle n'avait pas suivi leur conversation.

— Tu dégages ou je m'occupe personnellement de ton cas, lança-t-elle d'une voix froide.

— Eh bien... Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est tenace. Ca aurait pu être flatteur mais à ce niveau, c'est presque malsain, grimaça Kathleen en regardant John s'éloigner, le pas raide.

— Il commence à me coller un peu trop, approuva Morgane. En plus, je lui ai déjà dit que je ne l'aiderai pas pour ce devoir, répondit-elle avant de recommencer à écrire.

— Comme si c'était son devoir qui l'intéressait… Enfin, il faut lui reconnaître que c'est bien le seul à oser t'approcher, lança Kat en souriant légèrement.

— C'est le seul qui est assez bête pour chercher Sirius, marmonna Morgane, la tête penchée sur son parchemin.

Kathleen sourit en comprenant ce qu'elle sous-entendait. Elle regarda à nouveau son devoir et se leva dans un soupir pour chercher un livre qui pourrait l'aider dans les immenses rayons de livres dont regorgeait la bibliothèque. Elle longea un rayon puis se planta devant une étagère dédiée à son sujet. Elle regarda, les sourcils froncés, les différents livres, un poil perdue dans toutes les références. Soudain, une main apparut à sa droite et saisit un des livres devant elle. Elle se tourna et aperçut James qui lui souriait.

— Tu devrais prendre celui-là, à mon humble avis, c'est le meilleur auteur sur ce thème.

Kathleen l'attrapa lorsqu'il le lui tendit et le remercia. Elle avait parfois tendance à l'oublier, parce qu'il semblait naturellement doué dans tout et qu'il faisait souvent l'imbécile, mais James était un excellent élève et ses conseils étaient souvent judicieux.

— Comment était Morgane en cours ces derniers jours ? Demanda-t-il.

— A la fois complètement euphorique et totalement à l'ouest, répondit Kat en souriant. Et Sirius ?

— Plus ou moins pareil, ricana James. Le côté fille niaise en moins, je suppose... Quoique ?

Ils échangèrent un regard complice et elle ne put s'empêcher de sourire. Elle aimait cet aspect de sa relation avec le maraudeur. Kathleen avait vraiment l'impression d'avoir trouvé un meilleur ami ou un frère dans le jeune Potter. Quand Remus ne foutait pas la merde, bien sûr. C'était surprenant, d'une certaine façon, car ils n'avaient pas tant de choses en commun, mais ils se comprenaient.

— En parlant d'amour, j'ai cru voir que tes rapports avec Evans étaient moins… houleux, dit-elle alors avec malice.

— Oui, j'ai suivi les conseils de Morgane et aussi étonnant que cela puisse paraître, ça fonctionne comme sur des roulettes.

— Elle se débrouille mieux pour s'occuper des relations des autres que des siennes, rit Kat. Et c'est tant mieux, je suis sûre que ça ne devrait pas tarder à se conclure entre vous deux.

— J'espère, sourit bêtement James, les joues rouges.

Kathleen le regarda tendrement, c'était vraiment mignon, un garçon amoureux. Le maraudeur la fixa soudain, songeur, comme s'il venait de se souvenir de quelque chose dont il hésitait à lui faire part. Cela devait être délicat puisqu'il se passa une main dans sa tignasse désordonnée, un geste qu'il ne faisait que lorsqu'il était mal à l'aise ou qu'il cherchait à attirer l'attention.

— Kat, lui dit-il d'un ton très sérieux, tu as eu des problèmes avec Mary ?

— Qui ?

— Mary McMillan. Une serdaigle. Elle a des cheveux châtains, elle est plutôt grande, une coupe au carré.

Le visage de la brunette s'assombrit lorsqu'elle comprit à qui il faisait allusion.

— Je l'ai déjà rencontrée, oui. En toute franchise, ça ne s'est pas très bien passé, grimaça-t-elle. Elle n'a pas l'air de m'apprécier des masses.

Et c'était un euphémisme. Elle avait beau y penser encore et encore, elle ne voyait vraiment pas ce qu'elle avait pu faire pour déplaire ainsi à quelqu'un et générer une telle violence gratuite. Kathleen ne se voyait toutefois pas raconter ses déboires à James. Elle connaissait assez les maraudeurs pour savoir qu'ils étaient d'un naturel vengeur et elle ne voulait pas augmenter les tensions entre elle et cette Serdaigle, ni passer pour une demoiselle en détresse. Elle se demanda toutefois pourquoi le jeune Potter venait lui en parler tout à coup.

— Elle… Elle ne t'aurait pas entendu dire quelque chose, par hasard ? Demanda-t-il, à présent clairement mal à l'aise.

Il connaissait Mary depuis longtemps et ne savait pas trop qui croire, surtout que Kathleen venait de confirmer qu'elles étaient en conflit. La Serdaigle avait touché un point sensible en lui rappelant qu'ils étaient amis depuis presque sept ans. D'un autre côté, son amitié avec la serpentarde, bien que récente, avait été si naturelle et d'une telle évidence qu'il ne pouvait douter d'elle sans en avoir des remords.

— Non, James. Pas que je sache, en tout cas. Et je ne pense pas avoir dit quoique ce soit qui puisse créer une telle animosité de sa part… Expliqua Kathleen avant de froncer les sourcils. Écoutes, je ne sais pas pourquoi tu me poses ces questions, mais je n'ai pas l'intention de me justifier, surtout quand je ne sais pas ce qu'on me reproche. J'aurais espéré que toi, au moins, tu aurais confiance en moi, ajouta-t-elle en repensant amèrement aux accusations de Remus.

— Mais je te fais confiance, arrête un peu de voir le mal partout ! Se justifia le Gryffondor, qui ne comprenait pas encore les difficultés de Kathleen à faire confiance et l'importance qu'elle plaçait dans cette valeur. C'est juste qu'elle est venue nous dire que tu disais des choses dans notre dos, Morgane aussi, d'ailleurs. Au fond de moi, je sais que ce n'est pas vrai. Je voudrais juste comprendre pourquoi elle ne t'apprécie pas, dit-il. C'est sûr maintenant que ce n'est qu'un simple malentendu, comme le disait Peter !

— Un malentendu ? Répéta la jeune fille, exaspérée par son aveuglement.

— Mais oui, tu sais, dans une école, les rumeurs prennent toujours de l'ampleur, tenta-t-il d'expliquer, sachant qu'elle n'avait pas d'expérience scolaire puisqu'elle vivait auparavant juste avec Morgane et leur Mamie Nova. Alors s'il-te-plaît, arrête de sauter au cou de tout le monde comme ça dès que tu te sens attaquée ! Si tu es capable de réagir comme ça, c'est que tu doutes de tes propres amis. Et ça, c'est certainement pas une bonne chose, surtout en ce moment.

Kat le regardait, les sourcils froncés. Une part d'elle lui en voulait d'être si naïf, parce que clairement ça n'avait rien d'un malentendu, mais d'un autre côté, elle ne pouvait pas lui reprocher d'avoir confiance en une personne qu'il connaissait sans doute depuis plus longtemps qu'elle. Et il avait raison, elle s'emportait pour un rien et était toujours sur la défensive lorsqu'elle se sentait vulnérable.

— Désolée. C'est juste… Je ne veux pas savoir si c'est un malentendu, je ne cherche même pas à savoir ce que c'est, le problème de cette fille. Est-ce qu'elle a des vues sur l'un de vous ? Est-ce qu'elle déteste Morgane parce qu'elle me déteste ? Est-ce que ma tête ne lui revient pas ? Je t'avoue que je m'en tamponne un peu, commença Kathleen, tant qu'elle ne fait pas de mal à Morgane. Je pense qu'on devrait juste laisser cette histoire de côté, si tu veux bien ? Ça lui passera, à elle et au reste de l'école, si rumeurs il y a, termina-t-elle en haussant les épaules.

Elle le remercia pour le livre et alla demander à la bibliothécaire si elle pouvait l'emprunter. Elle n'avait clairement plus la tête à bosser aujourd'hui. En revenant à leur table, elle vit que les maraudeurs s'y étaient tous installés et que Sirius couvait Morgane des yeux. Elle sourit attendrie, mais attrapa néanmoins son sac et rangea ses affaires dedans.

— Tu t'en vas ? Demanda son amie, qui atterrissait enfin.

On pouvait la comprendre, les yeux de Sirius étaient vraiment plus intéressants !

— Oui. Je suis vraiment crevée. Et je crois que Jo a besoin d'une discussion entre copines. Donc je vais manger rapidement et la rejoindre, annonça-t-elle.

Ce n'était pas complètement un mensonge, se dit-elle, certes elle n'était pas vraiment fatiguée mais elle avait vraiment besoin de réfléchir et peut-être que parler avec Jo, qui avait un point de vue totalement différent que Morgane, pourrait l'aider. Elle ne voulait pas gâcher la bonne humeur de son amie avec les préoccupations qu'avaient fait naître en elle sa discussion avec James.

— Mais, il est encore tôt… souffla Morgane qui apparemment était redevenue un peu gênée d'être en présence d'un certain maraudeur.

— Je sais, mais tu es entre de bonnes mains ! A plus tard ! Dit-elle en leur faisant un signe de la main.

En sortant, elle se rappela que Johanna était encore en cours à cette heure-ci. Leur conversation serait donc pour plus tard, si elles trouvaient un moment de tranquillité dans le dortoir. Cela ne devrait pas être difficile, Roberta avait des retenues avec le professeur McGonagall à cause d'une confrontation avec des gryffondors de cinquième année qui s'étaient moqués d'elle, Mabel faisait ses rondes de préfète tous les soirs de cette semaine, quant-à Lucinda, elle était complètement obsédée par la saison de Quidditch qui allait bientôt commencer et passait ses soirées à peaufiner des stratégies dans la salle commune avec les autres membres de l'équipe..D'ailleurs, pourquoi Kathleen ne profiterait-elle pas de cette pause pour faire un tour en balai ?


Dans la bibliothèque, Morgane se trémoussait sur sa chaise en sentant le regard de Sirius sur elle.

— J'ai un bouton ? Demanda-t-elle soudainement aux garçons.

— Bah non, répondit Peter surpris, les scrutant du regard.

Sirius éclata de son rire, si particulier, en comprenant le raisonnement derrière sa question Sans doute la fixait-il depuis un peu trop longtemps pour que ça soit anodin.

— En fait, j'ai vu John, dit-il avec un sourire sournois.

— Bah je sais, j'étais avec toi, fit Morgane en se référant au dimanche précédent, sachant pourtant très bien qu'il l'avait vu seul récemment, sinon il n'en parlerait pas.

Elle omit de lui dire qu'il était venu la voir un quart d'heure plus tôt. Elle le dirait juste après... ou pas. Le garçon l'agaçait mais il ne méritait sans doute pas d'avoir un maraudeur agressif sur le dos.

— Il sortait d'ici et j'ai pensé qu'on devait avoir une petite conversation, à propos de son devoir, tu vois…

Elle secoua la tête, amusée. A part ça, il n'était pas du tout possessif.

— Et ? Fit-elle, intéressée.

James se retenait de glousser et de gesticuler comme l'avait fait Morgane. Kathleen était partie au mauvais moment, mais il n'allait pas louper une miette de l'échange pour pouvoir tout lui transmettre avec exactitude.

— Et je crois qu'il n'aura plus de problème avec son devoir de rune, dit Sirius, satisfait.

— Il y a un truc de bizarre entre vous deux, tout à coup, remarqua Peter.

— Ouuuiii. C'est ce que je pense aussi, glissa James en posant son menton dans sa paume. Pas vrai, Mumus ?

— Peter a raison. Il y a une drôle d'ambiance.

— Ouais, une espèce d'aura rose bonbon avec plein de cœur vous tourne autour, ajouta James.

Morgane changea à nouveau de couleur, laissant Sirius se démerder avec ses amis !

— Je vais faire pipi ! S'exclama-t-elle de manière tout sauf naturelle en fourrant ses affaires dans son sac, avant de partir à toute jambe, la bibliothécaire lui hurlant dessus pour sa discrétion digne d'un pachyderme.

Une fois la jeune fille sortit de la bibliothèque, James se tourna vers Sirius si vite que sa nuque craqua.

— Alors ? Crache le morceau !

— Quoi ? Demanda-t-il, agacé que ses amis aient fait fuir la Gryffondor, mais avec un sourire.

— Quoi, quoi !? S'exclama Peter. Vous êtes ensemble, oui ou non ?

— Euh… J'en sais rien, en fait… Je suppose ? On en a pas vraiment parlé.

— J'ai dans l'idée que vous n'avez pas dû beaucoup parler effectivement, taquina Remus, mais plutôt faire autre chose.

— Rho, mais occupe-toi de ton cul ! S'exclama Sirius en lui donnant un coup de pied sous la table.

— Okay, ça veut dire ce que ça veut dire, tout ça, fit James en ricanant. Mais il faudra que vous mettiez les choses au clair, pour ensuite devenir LE couple de Poudlard.

— Sérieusement, James, tu es la pire commère de cette école, soupira Peter en roulant des yeux. Mais tu lui as dit quoi exactement à ce John ? Demanda-t-il ensuite, curieux.

— Que si je le voyais à moins de deux mètres d'elle, il allait goûter de ma batte de Quidditch, entre autres. J'ai horreur qu'on essaye de prendre ce qui me revient.

— Parle pas comme ça devant elle, sinon tu risques de t'en prendre une, prévint Remus.

— Pas qu'une à mon avis et elle n'aura aucun remord à faire du mal à ta petite batte de Quidditch, ajouta James.

— Je me demande jusqu'où elle est capable d'aller quand elle est en colère, fit Peter.

— Franchement, je pense qu'aucun de nous n'a vraiment envie de le savoir, répondit Sirius. Et ma batte n'est pas petite James, ajouta-t-il avec orgueil.


De son côté, Morgane était tombée sur une Lizzie en pleine séance de bécotage avec Chris, l'ami de Frank. Oups. C'était la saison des amours ou quoi, pensa-t-elle en essayant de partir discrètement. Elle passa donc à quatre pattes pour ne pas se faire repérer et une fois hors de vue, se releva et souffla un bon coup. La journée était forte en émotion en tout cas. Elle sursauta lorsqu'elle croisa le regard de la truie intergalactique de Serdaigle.

— Tu veux quelque chose ? Demanda Morgane d'un ton poli, elle était d'humeur clémente aujourd'hui.

— Tu t'es mise Sirius dans la poche mais son amitié avec Remus est plus forte qu'un bête béguin. Et je connais assez Remus pour savoir que son aversion pour vous va se transmettre aux autres. Profite du temps qu'il te reste avant qu'ils ne vous laissent tomber.

— Pourquoi est-ce que tu parles comme un manitou à la Disney ? T'en as pas marre de foutre ton gros nez partout Gothel ? Un jour, il va t'arriver des bricoles, ma cocotte, et pas qu'à tes intestins.

— Comme si j'avais peur de toi, ricana la Serdaigle, une lueur mauvaise dans le regard

— Je devrais peut-être y remédier dans ce cas ? Demanda Morgane en la fixant, un sourire de psychopathe plaqué sur le visage.

Le Serdaigle, loin de prendre la menace à coeur passa près d'elle et lui souffla :

— Oh, mais je t'en prie, essaie ! Essaie de me faire quoi que ce soit et je m'en prendrais à ton amie. Vous êtes bien mignonnes, toutes les deux, mais ça vous rend faibles. Et j'ai cru remarquer qu'elle était beaucoup plus fragile psychologiquement et influençable. Il ne me faudra pas beaucoup d'efforts pour l'atteindre. Et à Serpentard, un accident sur une née-moldue est si vite arrivé, sourit méchamment Mary en s'éloignant.

Morgane resta en apparence de glace, bien que cela la démangeait de foutre son poing dans le visage de cette cinglée. Elle ne savait pas si cette fille méritait vraiment son attention, mais à partir de maintenant, elle allait bien la surveiller et de près. Clairement, elle ne l'aimait mais c'était après Kathleen qu'elle en avait. Et pour Morgane, il était clair et net qu'elle était à fond sur Remus, pas besoin d'être un devin pour capter ça. On le sentait à sa façon de prononcer le prénom du maraudeur comme si c'était un dieu. Cela expliquait son aversion pour Kat puisque Remus s'intéressait un peu trop à elle. Dans le bon et mauvais sens du terme d'ailleurs. Elle soupira, soudain très fatiguée, il valait mieux qu'elle monte dans la salle commune terminer son devoir.


Kathleen était finalement partie sur le terrain de Quidditch et volait depuis presqu'une heure sans interruption. Elle adorait ça, plus que n'importe quoi dans ce monde magique. La jeune femme avait l'impression qu'elle pouvait partir à tout instant et fuir les problèmes. L'idée était terriblement tentante, parfois. Sur un balai, il n'y avait qu'elle, le vent dans les cheveux et l'immensité du monde. Plus de secrets, plus de sentiments, de mystères et d'inquiétude. Juste une sensation de bien être.

Elle était toujours dans cet état de béatitude, grisée par l'adrénaline, quand elle retourna au château. Lorsque la jeune femme entra dans son dortoir, Johanna était seule, assise sur son lit, en train de lire. Elle leva les yeux vers elle et lui sourit.

— Je t'ai ramené à manger, puisque tu n'étais pas là, lui dit-elle en lui montrant une serviette posée sur la table de nuit.

— Merci beaucoup, fit Kat en s'asseyant sur son lit, sincèrement reconnaissante envers sa camarade.

Johanna était vraiment une bonne personne et une bonne amie, en dépit de ce qu'il s'était passé entre elles et Rabastan. Kathleen se sentait parfois coupable de ne pas s'investir davantage dans leur amitié, mais elle ne se voyait pas non plus passer moins de temps avec Morgane...

— Au fait, commença Johanna en se relevant, inconsciente des pensées de la jeune fille. Il y a une rumeur qui court comme quoi Sirius Black aurait une copine. J'ai vu des filles péter littéralement des câbles, apparemment sa copine va avoir des soucis avec une partie de la gente féminine de l'école.

— C'est pas grave, elle n'a aucune amie ici, à part Lizzie, sourit Kat.

— Je le savais ! C'est vraiment ta sœur ?

— Je crois oui. Je suis sûr, en fait, mais rien n'est officiel, il me semble, du moins.

— Ça va être intéressant tout ça. Enfin, je veux dire, je ne la connais pas, mais de ce que j'ai vu et de ce que tu m'as dit, elle se débarrassera facilement des groupies enragées. J'ai vu quelques garçons qui étaient déçus, aussi, dit-elle. Enfin, pas pour Sirius, hein, pour elle. Après j'ai pas fait attention, il y avait peut-être des mecs qui étaient dégoûtés pour Sirius, mais bon. Il y a un Poufsouffle qui avait vraiment l'air de vouloir casser quelque chose, rit-elle de bon cœur. Il avait les narines qui palpitaient.

— Pauvre petit John, fit mine de plaindre Kathleen, pas désolée du tout pour cet emmerdeur. Et bien, Mo sera heureuse d'apprendre ça demain, je présume. Quoiqu'elle a dû s'en rendre compte durant le dîner.

Johanna l'observa silencieusement alors que la jeune fille lui racontait brièvement son passage sur le terrain de Quidditch. Kathleen était plus détendue que ce matin mais malgré son apparente bonne humeur, elle semblait toujours un peu tendue. Même si comparé aux jours qui avaient suivi l'attaque de Pré-au-lard, où Johanna avait dû l'aider à rentrer au dortoir, ce n'était rien. Ces soirs-là, elle aurait juré avoir entendu Kat pleurer.

— Bon, j'ai mon livre à terminer et je pense que tu devrais dormir un peu, parce que tu as franchement l'air fatiguée.

— Hum… Dis, Jo ? Est-ce que tu connais une Mary McMillan, à Serdaigle ? Demanda soudainement Kathleen en se souvenant du nom évoqué par James un peu plus tôt dans la journée.

— Mary ? Bien sûr, c'est la cousine de Léonide et Evan Rosier. Pas commode, comme fille. Un poil flippante, parfois. On dirait pas, mais elle a déjà envoyé une fille à St Mangouste, grimaça Johanna en se rappelant de l'accident. Pourquoi ?

— Comment est-ce qu'elle a fait ? S'étonna Kathleen en omettant la question de son amie, décidant d'y répondre plus tard.

— Elle lui a lancé un sort, la pauvre fille est tombée dans les escaliers et s'est fracturée le crâne. Bien sûr, les professeurs n'ont jamais su qui avait fait ça, ça s'est passé dans un des rares escaliers dépourvus de tableaux. Seuls les serpentards savent comment elle est vraiment, devant les autres maisons, Mary joue à la gentille petite fille.

— J'avais cru remarquer, les maraudeurs ont l'air de lui faire confiance. Je pense que l'on peut dire qu'une seule Gryffondor le sait et c'est Morgane. Elle a débarqué lorsqu'elle avait essayé de s'en prendre à moi, au début de l'année. Elle lui a jeté un sort.

— Vraiment ? Elle lui a jeté un sort ? S'exclama sa camarade, surprise et impressionnée.

— Ouais, un truc débile qu'elle a lu dans un vieux bouquin, ça lui a donné des gaz pas possible.

— Je lui donne pas très longtemps à vivre, à ta sœur, elle va trouver un moyen pour se venger.

— Pour l'instant, j'ai l'impression qu'elle se concentre plutôt sur moi, fit remarquer Kat.

— Qui a dit qu'en faisant quelque chose à ta sœur, elle ne te faisait pas quelque chose ? Et inversement.

— Tu crois qu'elle était vraiment sérieuse quand elle disait qu'elle allait se venger ? Demanda Kat un peu inquiète pour Morgane.

La magie était une chose magnifique mais quand on y pensait, Poudlard c'était un endroit où on autorisait des gosses dès l'âge de onze ans à avoir une arme potentiellement mortelle avec eux, à portée de main. Alors non, la jeune femme n'était pas rassurée à l'idée qu'une cinglée la menace, elle et sa meilleure amie.

— Oh oui, répondit Johanna, loin de faire taire son inquiétude, de ce que je sais et de ce que je devine, tu as empiété sur son territoire. Elle a toujours été très amie avec Potter, elle lui faisait croire que Rosier et le reste de sa famille étaient sadiques avec elle. Depuis que tu es là, je ne les ai pas vu beaucoup parler ensemble. Sans parler du fait qu'elle a le béguin pour Lupin.

— Oui, enfin, je ne monopolise pas Lupin, que je saches, râla Kat. C'est plutôt le contraire. Il me déteste.

— Mais bien sûr, soupira Johanna qui partageait sans le savoir le point de vue de Morgane sur la question. Enfin, je te conseille de garder tes deux yeux sur elle, et j'en ferai de même, j'ai pas envie qu'il t'arrive quelque chose. Et je pense que ta sœur sait déjà qu'elle doit faire attention.

— Pour l'instant, elle va avoir Sirius collé à ses basques, jusqu'à ce qu'elle pète un câble, donc je ne me fais pas trop de soucis pour elle. Et puis, si on est trois à la surveiller, ça devrait le faire, fit Kat en souriant avant de se lever pour aller vers la salle de bain.

Elle avait l'impression que la liste d'ennemis s'allongeait considérablement ces derniers temps.


21 novembre 1976 :

Quelques jours s'étaient écoulés depuis l'officialisation de la relation entre Sirius et Morgane et les élèves étaient enfin passés à un autre sujet de conversation : le Quidditch ! En effet, le premier match de Quidditch de l'année avait lieu aujourd'hui et il opposait les Poufsouffle et les Serdaigles. Kathleen était très excitée, c'était son premier match de Quidditch ! James et Sirius lui avaient expliqué toutes les règles en long en large et en travers, elle pourrait presque remplacer Madame Bibine avec ce niveau-là ! Elle avait hâte de voir ce qui allait se passer, d'après eux l'équipe de Poufsouffle était assez moyenne dans l'ensemble, mais certains joueurs de Serdaigle étaient plutôt bons. De toute façon à les entendre les Gryffondors étaient les meilleurs, songea-t-elle en roulant intérieurement des yeux.

— Yo Kat tu bouges tes fesses ? La pressa Morgane alors qu'elles suivaient les maraudeurs pour se trouver de bonnes places dans les gradins.

— Oui oui, grogna-t-elle en prenant garde à ne pas glisser et tomber en arrière.

Ces gradins étaient casse-gueules, quelle idée de fabriquer un truc pareil, se plaignit-elle intérieurement en s'installant. Il faisait froid, mais le temps était clair, c'était une bonne chose pour les joueurs et les spectateurs, elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à Harry dans le tome trois qui avait dû jouer sous une pluie battante. Quel cauchemar.

Je comprends pas, murmura Morgane dans son oreille, ils ont de la magie, mais plutôt que de s'en servir pour faire des trucs intelligents, ils font des stades qui sont encore plus pourris que les stades de foot. J'sais pas moi, fais un siège chauffant ou une connerie du genre, pas une planche avec des épines qui me rentrent dans le derch'. Il y a même pas de bières.

Tellement ! Et puis, ça les tuerait de mettre un ascenseur ?! J'ai plus de poumons, moi ! Ça me fait penser… Quand tu y penses, Poudlard n'est pas du tout adapté aux personnes avec un handicap physique. J'te jure, c'est à se demander pourquoi certains clament qu'ils sont meilleurs que les moldus.

— Arrêtez de parler de nous ! Se plaignit soudainement James, assis derrière elles, en les entendant parler français.

— On disait juste que c'est autre chose que le terrain de pétanque qu'il y avait dans le village moldu à côté de chez notre regrettée Mamie Nova, expliqua en mentant Morgane qui se retourna, les yeux soudainement larmoyant.

Kathleen soupira, comment pouvait-elle inventer de telles choses sans ciller ?

Peteinque ? Répéta Remus incrédule.

— Il y avait toujours beaucoup de monde, et quand Mamie y allait elle les explosait tous, j'vous jure, elle était douée. Elle sortait ses boules et bam, en plein dans le cochonnet. "Tu tires ou tu pointes Nova?!" Haaaa, cette chère Mamie, elle les défonçait tous. Forcément, elle avait les plus grosses boules de France.

Déjà, t'as rien compris à la pétanque et ensuite c'est plus un truc du sud de la France, même si c'est pratiqué partout et… pourquoi faut que tu parles comme ça ?! Murmura Kathleen à toute vitesse.

— On s'en fout ! Ça va commencer ! S'écria James en sautillant sur place.

— Comment ça on s'en fout, se vexa Morgane, Mamie était-

Mais elle fut coupée par une voix magiquement amplifiée qui raisonna soudainement dans les haut-parleurs du stade :

— Bonjour chers camarades et bienvenus pour ce premier match de l'année, match qui ouvre la coupe de Quidditch des quatre maisons ! Je suis Logan Jordan votre commentateur pour ce match, et tous les autres qui auront lieu cette année, je l'espère…

Les deux amies se regardèrent, surprises puis commencèrent à rire. C'était une drôle de coïncidence, mais ce garçon de cinquième ou sixième année de Gryffondor n'était pas forcément un membre de la famille de Lee Jordan.

— C'est bon comme ça, Professeur ? L'entendirent-il dire à voix basse, éloignant un peu son visage du micro, c'était suffisamment poli pour que je signe un contrat d'exclusivité ?

Okay, c'était définitivement un membre de sa famille.

— Occupez-vous d'annoncer les équipes et de commenter le match Jordan, soupira Minerva McGonagall d'un ton las.

Apparemment ce n'était pas la première fois que le jeune homme faisait ce genre de réclamations. Les équipes de Poufsouffle et de Serdaigle arrivèrent, se faisant face au centre du terrain et à mesure que le début du match approchait Kathleen sentait l'excitation monter en elle. C'était complètement différent que de voir ses amis faire des matchs amicaux avec un nombre réduit de joueurs, là c'était un vrai match ! Son premier vrai match ! Morgane semblait partager son excitation, elle sautillait sur place, les mains enfoncées dans ses poches et ses lunettes sur son nez qu'elle avait mises pour l'occasion. Les deux filles avaient hâte que la rencontre commence pour voir un peu ce qu'était réellement le Quidditch car ce ne pouvait pas être exactement la même chose que ce qu'elles avaient vu dans les films.

Les joueurs s'élevèrent dans les airs et se mirent en position et la partie débuta au coup de sifflet de Madame Bibine. Le temps passa si vite pour Kathleen qu'elle ne se rendit même pas compte que plus d'une heure et demie était passée lorsque l'attrapeur de Poufsouffle saisit enfin le vif d'or. Elle s'était retrouvée happée par le match, il y avait tant de choses à suivre, à regarder. C'était impossible de ne pas être passionnée par ce sport magique ! Elle regrettait presque de ne pas être réellement née dans ce monde, elle aurait pu avoir un bon niveau en Quidditch et faire partie d'une équipe depuis plusieurs années déjà…

— C'était un peu mou comme match, commenta Sirius alors que les élèves quittaient les gradins.

— Ouais, la nouvelle batteuse de Poufsouffle est douée, mais leur autre batteur est toujours aussi nul, et le nouvel attrapeur de Serdaigle est… pitoyable, approuva James.

— On va mettre ça sur le compte du trac, c'est son premier match et il est jeune, argumenta Peter.

— Même, j'ai trouvé ça super chouette, intervint Kathleen en souriant.

— Ca c'est parce que t'as pas de modèle de comparaison ! Tu nous verrais sur le terrain tu t'endormirais devant un match pareil ! Se venta le jeune Potter alors que le groupe d'amis arrivaient enfin dans le parc de Poudlard.

— C'est pas parce que vous êtes des gros bourrins sur le terrain que vos matchs sont plus intéressants, fit remarquer Lily en passant à côté, avec un sourire moqueur mais un ton moins agressif qu'au début de l'année.

— Lily ! Sursauta son camarade et prétendant en rougissant.

— On verra ce que ça donnera quand vous aurez votre premier match, trancha Morgane, en attendant ce ne sont que des paroles en l'air !

— C'est après les vacances de Noël, l'informa Sirius qui tenait sa main dans la sienne et les avait glissés dans la poche de sa veste. Le prochain c'est Serpentard contre Serdaigle, juste avant les vacances de Noël.

— Super ! S'exclama Kathleen, j'ai hâte de voir ça ! Je suis sûre que Lucinda va tout pêter, dit-elle par solidarité avec sa camarade de dortoir.


22 novembre 1976 :

Kathleen marchait joyeusement dans les couloirs du château, prête à rejoindre Morgane en ce dimanche après-midi pour aller prendre le thé avec Hagrid, lorsqu'une voix retentit derrière elle :

— Ce n'est pas du tout la direction de la bibliothèque, ça.

La Serpentarde ferma les yeux, retint de justesse un juron et esquissa une grimace avant de se tourner avec un grand sourire vers la personne qui venait de l'interpeller.

— Gwen ! Comment ça va ? Pas trop déçue par le résultat du match d'hier ?

Gwendoline Van Glover, du haut de ses un mètre quatre-vingt trois, arqua un de ses fins sourcils roux tandis que ses yeux couleurs cognac exprimaient clairement qu'elle n'était pas dupe de sa tentative de diversion. Elle portait dans ses bras minces une tonne de livres et Kathleen craint, l'espace d'une seconde, que sa tutrice ne lui en envoie un en pleine tête pour la punir de ce qu'elle considérait sans doute comme de la flemmardise.

— Je n'ai pas suivi la rencontre, je venais de tomber sur un ouvrage passionnant sur les potions anciennes. Ce qui me fait penser que tu ne m'as pas dit comment s'est passé ton dernier devoir ?

Kathleen soupira, s'excusant mentalement auprès de Morgane et d'Hagrid qui allaient devoir attendre, avant de rendre compte à sa tutrice de ses progrès. En dehors de quelques matières pour lesquelles elle n'avait pas un fort intérêt, les notes de Kathleen montaient de manière très satisfaisante. Vu tout le travail qu'elle y mettait, Kat n'aurait pas accepté le contraire et clairement, Gwendoline non plus. En entendant ça, la Serpentarde crut voir dans le visage inexpressif de la Serdaigle une pointe de fierté.

— Il faut que tu travailles ta pratique en DCFM, conclut-elle néanmoins avec sa rigueur habituelle. Tu devrais me rejoindre à la bibliothèque, j'ai vu un livre d'un duelliste chinois dont les conseils sur les stratégies de combat…

— Gwen ! Gwen, coupa Kathleen en sentant que l'écossaise partait dans une tirade passionnée mais interminable. J'aurais adoré, vraiment, mais je suis attendue.

— Quel rendez-vous est plus important que celui qu'on a avec le savoir ?

— C'est une question piège ?


— Mais qu'est-ce qu'elle fout, bon sang ? Râla Morgane, installée sur les marches de l'escalier principal. "Toujours ponctuelle", "règle de savoir-vivre", imita la petite blonde, mon cul, oui !

Elle aurait pu passer au moins une demie-heure de plus avec Sirius au lieu de se geler les fesses sur cet escalier, à attendre que la serpentarde daigne se montrer. Ah ça, elle regrettait son portable dans ces moments-là. Un SMS lui aurait au moins permis de savoir ce qu'il se passait. Nan parce qu'elle râlait, mais avec les menaces de l'autre hystérique, elle n'était pas franchement rassurée par l'absence de sa meilleure amie, qui de coutume était effectivement toujours ponctuelle et arrivait comme elle aimait à le dire : précisément à l'heure prévue.

Alors qu'elle grognait dans sa barbe inexistante, Morgane entendit des pas précipités ainsi qu'un souffle rauque venir à sa rencontre.

— T'es en retard, signala-t-elle en voyant la jeune fille, les joues rouges et le souffle haletant s'arrêter pile devant elle, un poing sur les hanches, légèrement penchée en avant.

— J'sais… Désolée. J'ai été… kidnappée, lâcha finalement la verte et argent en tentant de reprendre sa respiration.

— Okay, tu m'intrigues… Kidnappée par qui ? S'étonna la petite blonde en se levant, marchant enfin vers la sortie du château pour rejoindre la cabane d'Hagrid.

Une chose était sûre, c'est que ce n'étaient pas les maraudeurs, vu qu'elle-même les avait quitté pour venir prendre leur tea time hebdomadaire avec le demi-géant. Johanna ne lui semblait pas non plus du genre à monopoliser Kathleen, encore moins à la retenir contre son gré. Restait Lestrange et Rogue, mais ça lui semblait également peu probable.

— Gwendoline, grimaça sa meilleure amie, ce qui fit ricaner la Gryffondor.

Parfois, quand elle voyait Kat s'arracher les cheveux sur ses cours, Morgane s'estimait heureuse d'avoir Yahya Diop comme tuteur. Diopy était relou et acharné, parfois, mais il restait d'une patience d'ange. Il faisait tout ça pour l'aider, incarnant la belle valeur d'entraide des Poufsouffles. Gwendoline, en revanche, était flippante dans sa quête du savoir. A chaque fois que la blonde la croisait dans les couloirs, la Serdaigle avait un livre dans les mains. Ceux qui osaient dire qu'Hermione était une je-sais-tout n'avaient jamais croisé la route de cette rouquine.

— Okay, t'es pardonnée, déclara Morgane, magnanime. Elle t'a traîné à la bibliothèque ?

— C'était un cauchemar, se plaignit dramatiquement Kathleen en lui montrant son sac, qui pesait à présent une tonne sur son épaule.

Elle continua de raconter cette malheureuse rencontre tandis qu'elles avançaient dans le parc pour finalement arriver devant la hutte d'Hagrid, qui les invita à entrer, comme toujours ravi d'avoir de la compagnie. Il les questionna sur leur semaine, les progrès qu'elles faisaient, les félicitant avec sincérité et émotion, déclarant par ailleurs que leur Mamie Nova serait probablement très fière de leur accomplissement ici, à Poudlard.

Kathleen esquissa une grimace derrière sa tasse de thé, comme à chaque fois que leur ami évoquait leur grand-mère fictive. Elle se sentait toujours coupable de mentir ainsi à Hagrid, qui avait toujours été d'une bonté et d'une bienveillance infinie à leur attention.

— Ca c'est bien vrai, approuva Morgane. Elle serait tellement émue de nous voir travailler dur pour y arriver, même si elle a toujours pensé que nous étions naturellement douées ! Elle disait souvent qu'un sorcier montre sa valeur non par les dons qu'il a à la naissance, mais par l'usage qu'il en fait, ajouta la petite blonde en prenant un air solennel. De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités !

— Quelle sagesse, approuva Hagrid. C'est bien regr'ttable qu'elle ait quitté c'monde si tôt, une sorcière r'marquable, à n'en pas douter. Dumbledore aurait partagé son avis !

Nan mais t'as pas honte, souffla Kathleen. Tu t'es crue dans Spider-Man ou quoi ?!

Bah quoi ? Demanda la Gryffondor en haussant les épaules tandis qu'Hagrid se tournait vers sa cuisine. Dans le doute, suivez les araignées, non ? Et puis, techniquement parlant, puisqu'on est en 1976, c'est moi la première à le dire donc c'est le film qui me plagie !

— Au fait, j'ai fait des scones. Ils sont un peu trop cuits, vu que j'vous attendais plus tôt, mais ils s'ront quand même bons, n'est-ce-pas ? S'enthousiasma Hagrid en revenant avec un plateau de choses rondes carbonisées.

Morgane lui lança un regard, l'air de dire : "si on meurt intoxiquées, ça sera de ta faute !". Kathleen haussa les épaules et voulut ramollir son "scone" dans son thé, mais sans grand succès. En désespoir de cause, elle tenta une diversion :

— Oh mais Hagrid, on vous a pas dit ! Morgane est en couple avec Sirius Black !

— HEY ! CA SE DIT PAS COMME ÇA DES TRUCS PAREILS ! S'indigna la petite blonde, rougissante, en la menaçant de son scone calciné.

Kathleen ricana, tout en faisant disparaître discrètement son biscuit, écoutant les félicitations émues du demi-géant, ravi que Morgane se soit si bien intégrée qu'elle ait trouvé un compagnon en le téméraire Gryffondor. Son sourire se crispa toutefois lorsque le demi-géant se tourna vers elle et lui dit :

— Oh, tu as d'jà fini ton scone, Kathleen ? Ça me fait bien plaisir, j'avais peur qu'ils ne soient un peu durs ! Tiens, r'sserre-toi !

Le regard triomphant de malice de Morgane ne fit que l'achever, lorsqu'elle planta ses dents dans son nouveau scone, priant Merlin pour que son estomac survive à ça.