Chapitre XX
Celles qui fêtaient Noël
24 décembre 1976 :
Le dîner de Noël avait débuté il y a peu et Kathleen était plus que ravie. Vraiment, c'était génial ! Tout comme dans le premier tome, le nombre d'élèves restés à Poudlard était vraiment restreint, ils étaient donc tous à la même table et l'ambiance était agréable. Kathleen était entourée des maraudeurs, eux-même accompagnés de Frank et Chris. Plus loin, la serpentarde pouvait apercevoir quelques membres de sa maison, plus jeunes et peu nombreux. Elle crut discerner la figure de Luke, le joueur de Serdaigle, au bout de la table mais quelqu'un se pencha, lui bouchant la vue. Assis à la même table, le professeur Dumbledore parlait sans s'arrêter et racontait sa vie, ce qui semblait exaspérer le professeur McGonagall et Kathleen le soupçonnait d'être légèrement alcoolisé.
— Je pense qu'il faudrait chanter un chant de Noël ! Proposa d'ailleurs le directeur en frappant dans ses mains pour attirer l'attention des élèves et professeurs présents.
James éclata de rire à cette idée et les autres le suivirent.
— Ce n'est pas une plaisanterie, M. Potter, lança le directeur avec un sourire en coin. Proposez-nous donc une chanson !
— Euh… Mon beau chaudron ? Proposa alors le jeune homme, mal à l'aise, après avoir échangé un regard incertain avec ses amis.
— Très bonne idée ! Chantons ! Allons, allons, Minerva, prêtez-vous au jeu, sinon les élèves ne le feront pas !
Les pauvres élèves et membres du corps enseignant entonnèrent donc maladroitement la chanson, alors que Kathleen se retenait d'éclater de rire.
— Tu n'as pas chanté, lui reprocha Remus lorsqu'il eut fini.
— Je ne connaissais pas la chanson, répondit-elle avec honnêteté et en souriant.
— Oh ! Du gui ! S'écria une première année avant d'embrasser sur la joue son voisin, un petit Poufsouffle, qui piqua immédiatement un fard monumental.
— Espérons qu'il n'est pas infesté de Nargoles, rit Kathleen en repensant à Luna dans le cinquième tome.
— Euh… Kat ? Commença James en la regardant bizarrement.
— Moui ? Répondit-elle en se tournant vers lui.
— Il y a du gui, là aussi, fit-il avec un sourire amusé, en montrant quelque chose au-dessus d'elle.
Ou plutôt au-dessus d'elle et de Remus. La jeune femme se figea alors, complètement paniquée. Pourquoi avait-il fallu qu'elle se place à cet endroit là ?! En croisant les yeux du jeune Potter, elle se rappela comment il lui avait galamment cédé la place lorsqu'ils s'étaient tous installés. L'espèce de petit … jura-t-elle intérieurement.
— Et alors ? Demanda-t-elle en feignant de ne pas connaître la coutume.
Après tout, elle était française, les coutumes n'étaient pas les mêmes partout et si elle ne la connaissait pas, rien ne l'obligeait à l'appliquer, non ? Et puis, d'abord, cela ne s'appliquait-il pas uniquement pour les amoureux ? Pourquoi Morgane n'était-t-elle pas là pour la soutenir ?
— Alors, on doit s'embrasser sous le gui ! Fit James en lui faisant un clin d'œil, confirmant son intuition sur le fait qu'il avait volontairement laissé sa place à Kathleen en voyant le gui.
— On est pas obligé.
— Bien sûr que si ! S'exclama Hagrid, assis quelques places plus loin, en frappant du poing sur la table.
Kathleen sursauta et regarda autour d'elle pour voir si cela avait attiré l'attention de qui que ce soit. Bizarrement non, peut-être était-ce parce qu'Hagrid bourré n'intéressait personne, ce n'était pas si rare que soit en fait. Elle lança un rapide regard vers Remus qui n'avait rien dit pour le moment. Il semblait dans ses pensées, pas vraiment perturbé par la situation. Autant dire qu'elle n'aurait aucun soutien de sa part !
— Allez ! C'est rien ! Appuya Peter, que cela semblait amuser beaucoup.
Elle soupira intérieurement. Elle qui croyait que les anglais étaient coincés du cul ! Pourquoi fallait-il que ça tombe sur elle ? Si elle ne le faisait pas, ils allaient se demander pourquoi elle faisait sa mijaurée, mais d'un autre côté, elle n'avait pas envie d'embrasser Remus. Pas dans ces conditions, du moins… Certainement pas devant tout le monde. Elle regarda à nouveau Remus. Il semblait complètement déconnecté. Ça faisait plaisir, tiens !
— Je ne pense pas que ça soit une bonne idée, tenta Kathleen. Regarde Remus a déjà l'air complètement à l'ouest !
— Bon, okay… Faîtes comme vous voulez. Bande de petits coincés de l'anus, fit James d'un air théâtral.
— Kat, l'interpella Remus.
Elle se retourna vers lui pour voir ce qu'il lui voulait, surprise qu'il sorte enfin de ses nuages, et sentit soudainement les lèvres du jeune homme contre les siennes. Le baiser dura quelques secondes tout au plus et pourtant elle eu le temps de tout enregistrer avec une curieuse lucidité. La douceur de ses lèvres, son souffle léger contre sa peau… Elle resta immobile pendant un court laps de temps, choquée par le geste du jeune gryffondor et par ce qu'elle ressentait. Elle n'aurait pas dû ressentir quoi que ce soit, c'était ridicule. Enfin si, de la gêne, comme quelqu'un de normal. Mais pas cette espèce de sentiment d'euphorie qui lui secouait le ventre.
— Content ? Fit-elle à l'adresse de James, d'une voix sobre, pour essayer de ne pas avoir l'air trop chamboulée.
— Très, confirma le jeune Potter.
Elle essaya de participer à la discussion avec Peter, mais c'était difficile car son cœur continuait de battre à tout rompre, comme pour faire admettre à sa propriétaire que ce baiser représentait bien plus que ce qu'elle s'entêtait à croire. Kathleen entendit James chambrer Remus mais s'interdit de les regarder, par peur de rougir comme une tomate.
— J'espère que tu m'as acheté un beau cadeau, Peter ! Dit-elle. Bon sang, ce que j'ai hâte à demain !
Peter lui sourit puis lui répondit que oui, il avait un beau cadeau, comme pour tout le monde. Elle se mit ensuite à observer les personnes présentes à table, pour se distraire de son voisin, quand elle remarqua que le professeur Dumbledore la fixait. Elle tenta de lui sourire maladroitement, étonnée de ce contact visuel, ce à quoi il répondit par un clin d'œil avant de poser son regard sur Remus. Elle eut alors envie de s'empaler la tête sur son couteau. Et encore, Morgane et Sirius n'étaient pas encore au courant ! Sirius allait probablement être lourd et Morgane… Oh Seigneur… Elle allait être ravie d'avoir eu plus ou moins raison.
Non, non, non, pensa-t-elle immédiatement en se giflant mentalement. Raison de rien du tout ! Morgane voyait des couples potentiels partout de toute façon. Remus était un ami et elle était perturbée parce que… Parce que ! Elle aurait sans le moindre doute réagi de la même manière avec James, Peter ou même Sirius !
Oui, plus elle y pensait et plus elle était convaincue qu'elle aurait été tout autant perturbée si cela avait été James ou les autres, se convainquit une nouvelle fois la jeune femme. Elle était peut-être affreusement de mauvaise foi, mais elle ne voulait même pas envisager un instant qu'elle puisse ressentir pour Remus quelque chose de plus que de l'amitié. Après tout, ils étaient encore en guerre froide seulement quelques jours plus tôt ! C'était déjà suffisamment difficile de se lier d'amitié avec des personnes destinées à mourir, elle ne pouvait pas… Elle ne devait pas tomber amoureuse de l'un d'eux. Ca serait se compliquer beaucoup trop la vie !
— Ça va, Kat ? S'inquiéta James en la voyant prise à un trouble intérieur.
— Oui, j'ai simplement peur que mes cadeaux ne vous plaisent pas ! Mentit-elle.
— T'inquiète ! Je suis sûr que ça sera super ! J'ai moins peur de tes cadeaux que de ceux de Morgane, je sais jamais à quoi m'attendre avec cette fille.
— D'ailleurs, j'espère qu'elle va bien…
— Pourquoi est-ce qu'elle irait pas bien ? Elle est avec Sirius, fit remarquer James surpris.
— Et bien, Morgane n'est pas trop le genre romantique et tactile… J'ai bien essayé de l'expliquer à Sirius, mais bon, il voulait vraiment lui faire plaisir…
— Je croyais que toutes les filles étaient romantiques ? S'étonna Peter.
— Et bien non ! Il y a romantisme et romantisme aussi… Si ce n'est pas gênant et tout en douceur, ça passe mieux…
— Bonsoir jeunes gens, fit une voix à leur droite, coupant Kat avant qu'elle n'ait pu proposer à ses amis de quitter le repas.
Les quatres élèves se tournèrent et découvrirent que le Professeur Slughorn s'était déplacé pour venir leur parler, son verre de whisky à la main. Kathleen en fut fort surprise, tout comme les trois gryffondors d'après leurs sourcils levés.
— Bonsoir professeur et joyeux Noël, firent les trois amis d'une même voix, leur synchronisation surprenant la brunette.
— Bonsoir et re-joyeux Noël, lança Kat en adressant un sourire au professeur des potions.
— Je vois que vous êtes dans un meilleur état que cet après-midi, rit-il en observant son élève, mais je suis surpris de voir que votre sœur n'est pas là?
La serpentarde vit ses amis se regarder, perdus. Pourquoi est-ce que Slughorn venait parler à Kathleen, et surtout pourquoi lui demandait-il où Morgane se trouvait ? La petite blonde le faisait tourner en bourrique pendant ses cours, seul lui ne semblait pas se rendre compte qu'elle lui faisait les yeux de chiot battu pour arriver à ses fins…
— Elle est avec Sirius, répondit simplement Kathleen qui commençait à s'habituer aux excentricités de son directeur de maison.
Slughorn passait régulièrement dans la salle commune et ce n'était pas la première fois qu'elle l'entendait poser des questions qui semblaient sortir de nulle part, que ce soit à son intention ou auprès d'autres élèves.
— Je vois, je vois… Et bien je souhaitais simplement vous dire qu'après plusieurs semaines de mûres réflexions, je désirerais vous inviter, vous et votre sœur, à un de mes petits repas que j'organise avec certains élèves prometteurs.
— Oh… fut la seule réponse que Kat put produire tant elle était surprise par cette annonce.
— Ne semblez pas si surprise, ma chère, s'amusa le professeur. Les progrès que vous avez toutes deux faits depuis votre arrivée méritent bien une récompense ! Je vous ferai parvenir des invitations au moment venu, sourit-il avant de repartir en leur souhaitant une bonne soirée.
— Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? Demanda James déboussolé.
— Slugh' vient d'inviter Kathleen et Morgane à un de ses dîners interminables avec plein d'enfants de bonnes familles, résuma Remus avec un soupir désabusé. J'espère qu'il n'essaie pas de passer à travers vous pour ajouter Sirius et James à son palmarès.
— Sirius ne va pas être très content quand il va l'apprendre, il a toujours refusé d'y aller… fit remarquer Peter d'une petite voix.
— C'est pas comme s'il avait réellement envoyé des invitations, Morgane peut encore faire brûler la classe de potions "par accident" et le faire changer d'avis... Conclut Kathleen qui était encore étonnée de cette proposition mais aussi un peu vexée d'être considérée par ses amis comme un moyen de les atteindre. Elles avaient travaillé dur pour rattraper leur retard et elle appréciait qu'une personne au moins le reconnaisse, même si ce n'était que son directeur de maison ! Enfin, on devrait peut-être remonter dans la salle commune maintenant que le repas est fini ! Ils sont peut-être rentrés ?
— Peut-être, approuva James en se levant.
Il attrapa ce qu'il avait trouvé dans des pochettes surprises et les quatre amis retournèrent à la tour Gryffondor, discutant encore de l'invitation du professeur Slughorn, au grand damn de Kathleen.
— Ils ne sont pas là, remarqua Remus en entrant dans la salle commune.
— En effet. Mais ils sont peut-être dans une chambre, ricana James en faisant bouger suggestivement ses sourcils.
— Si Morgane t'entendait, elle te tuerait probablement sur place, lança Peter avant de s'asseoir. Hum, j'ai bien mangé…
— Elle ne le tuerait pas, elle le torturerait ! Rit Kathleen en le rejoignant. Je me demande ce qu'ils font quand même…
— Tu veux vraiment savoir ? Demanda James avec un sourire pervers.
— Enlèves ce sourire, tu me dégoûtes…
— Tu comptes faire quoi après Poudlard ? Demanda soudainement Morgane à Sirius.
Elle était à présent allongée par terre et regardait les étoiles, Sirius à côté d'elle, profitant de la chaleur artificielle pour admirer une vue qu'elle n'aurait jamais pris le temps de contempler autrement.
— Je suis pas sûr, répondit-il. Et toi ?
— Moi non plus, soupira-t-elle.
Ce n'était pas comme si elle pouvait vraiment se permettre de se projeter dans le futur, pensa-t-elle amèrement. Sans parler de son niveau scolaire, qui même s'il était vraiment meilleur qu'au début laissait encore un peu à désirer. Sirius interpréta à tort sa réaction comme une appréhension de la guerre. Il prit la main de la jeune femme et glissa ses doigts entre les siens, pour la rassurer.
— J'aimerais faire quelque chose pour nous débarrasser de cette terreur et de ces maudits mangemorts, gronda-t-il.
— Comme tout le monde, soupira-t-elle à nouveau. Après tout, c'est mieux de se battre que de rester à rien faire et attendre que ça passe, ou de se faire tuer, au choix…
— Pas faux.
Morgane se tourna à nouveau vers le ciel, il valait mieux éviter de penser à ce genre de chose. Elle ne savait même pas combien de temps il lui restait ici et même si elle restait, elle n'avait pas un niveau suffisant pour faire quoi que ce soit pour les autres. Bien sûr, elle avait progressé en magie, mais on ne rattrapait pas plusieurs années de travail en quelques mois seulement.
La seule chose qu'elle pouvait faire était utiliser ses connaissances… Mais elle n'en avait pas le droit, parce qu'elle ne pouvait pas changer l'histoire. Elle allait devoir laisser tout le monde mourir, Sirius allait passer des années en prison puis s'éteindre injustement à son tour. Tout comme James, Lily et Remus. Et Peter. Elle ferma les yeux, tentant de calmer la douleur qui grandissait dans sa poitrine. C'était vraiment injuste.
— Alors, voyons voir si tu as écouté tes cours d'astronomie, lança Sirius pour détendre l'atmosphère. Où suis-je ?
Morgane le regarda, étonnée.
— A côté de moi, le taquina-t-elle en lui offrant un clin d'œil.
— Hééé ! C'est pas ce que je voulais entendre! S'exclama-t-il.
— C'est pas mieux ? Demanda-t-elle en arquant un sourcil.
Sirius reporta son regard sur les étoiles pour masquer le sourire en coin qui naissait sur ses lèvres.
— Hum, c'est juste parce que tu ne connais pas ton cours que tu réponds ça. Tu devrais avoir honte…
Morgane lui donna un coup sur le bras, refusant d'admettre qu'il avait raison, avant de pointer une constellation au hasard.
— Tiens, t'es juste là.
— Raté, rit le jeune Black. Je suis ici ! Dit-il en déplaçant doucement sa main pour la pointer vers une autre étoile. Pour toujours dans le ciel, quoiqu'il m'arrive… Tu seras obligée de penser à moi dès que tu verras les étoiles, maintenant, tenta-t-il de plaisanter après sa phrase tristement sérieuse.
— Sirius, souffla Morgane, la gorge serrée.
Sans qu'elle ne sache pourquoi, elle enfouit son visage dans le cou de son petit ami, pour empêcher ses larmes de couler, peut-être.
— Bah, qu'est-ce qu'il se passe ? S'inquiéta-t-il en la serrant contre lui.
— Rien, murmura-t-elle la gorge serrée.
Il haussa les sourcils, parce que clairement ce n'était pas "rien". Ce n'était vraiment pas du genre de Morgane de montrer son côté vulnérable et cela l'inquiétait sincèrement.
— Pourquoi est-ce que tu me mens ?
— Parce que. S'il te plaît, Sirius, pas de question. Juste ce soir. Demain, on retournera à nos petites vies, et tu feras semblant de ne pas voir que je te cache des choses et moi je redeviendrais une enjouée un peu débile sur les bords. Mais ce soir, j'ai juste envie d'être là où je suis et que tu me dises que ça va aller !
Sirius tressaillit, il ne savait pas à quoi elle pensait mais c'était bien la première fois qu'elle le laissait s'approcher au-delà de sa carapace d'exubérance.
— Ça va aller, murmura-t-il alors en lui caressant les cheveux.
Quelques heures plus tard, le couple passa la porte du portrait de la salle commune pour trouver leurs quatre amis endormis les uns sur les autres. Kathleen était affalée sur Remus, James avait sa tête sur les jambes de la jeune fille et Peter était par terre, le dos appuyé confortablement contre le dossier. Ils étaient adorables, entassés ainsi comme des enfants les uns sur les autres. Mais un détail n'échappa pas à la petite blonde. Elle gloussa, s'attirant le regard de Sirius.
— Quoi ?
— Remus et Kat, du contact, huhuhu…
Sirius arqua un sourcil puis haussa les épaules, c'était Morgane, parfois, il ne fallait pas trop chercher.
— On les laisse ? Demanda-t-il.
— Oui, répondit la jeune femme. Ils auront probablement mal partout demain, mais ils seront près des cadeaux au moins !
— Alors bonne nuit, souffla Sirius en embrassant tendrement la jeune femme. J'ai passé une merveilleuse soirée, Morgane, merci…
— Euh, de rien. Moi aussi, merci pour tout, c'était la meilleure surprise de toute ma vie, fit-elle en lui souriant de toutes ses dents, les joues roses.
Sur ce, elle se tourna et monta les escaliers pour aller se coucher.
— Non, Maman, c'pas moi qui ai mangé la tarte à la citrouille, s'écria James en dormant, faisant rire Morgane qui montait les escaliers.
— Allez ! Allez ! Debout là-dedans ! Fit une voix aiguë et enthousiaste dans l'oreille de Sirius.
Il grogna et enfouit son visage dans l'oreille avant de réaliser que cette voix appartenait à Morgane. Il se redressa, surpris.
— Qu'est-ce que tu fais ici ? L'interrogea t-il, les yeux encore bouffis de sommeil.
— Bonjour ! J'ai bien dormi merci et toi ? Demanda-t-elle en souriant.
— Excuse-moi d'être surpris, mais à la réflexion, tu peux venir me réveiller quand tu veux, dit-il en l'attirant vers le lit pour la serrer dans ses bras, faussement pervers. Joyeux Noël, Morgane, dit-il en l'embrassant finalement.
— Je suis contre… grommela une voix enrouée de fatigue venant d'un des lits, probablement Chris.
— Joyeux Noël, chantonna-t-elle avant de lui rendre son baiser, ignorant volontairement les deux autres camarades de dortoir de son petit-ami. Bon on va ouvrir les cadeaux et réveiller la bande de larves ?! Proposa-t-elle en sautant du lit avant de partir en courant.
Sirius la suivit, encore un peu dans le brouillard.
— Joyeux Noël ! S'exclama Morgane en sautant autour du grand sapin, réveillant leurs amis au passage.
Kathleen grogna mais n'ouvrit pas les yeux pour autant, habituée aux babillages de sa meilleure amie. En plus, elle était bien installée, son oreiller était drôlement confortable et sentait bon. Elle se sentait à sa place et ne souhaitait pas bouger !
— Allez, debout ! C'est Noël !
— Tais-toi, Mo ! Je dors ! Râla-t-elle en se collant un peu plus contre son oreiller.
Elle entendit Morgane glousser, ce qui n'était jamais bon signe, et entrouvrit un œil. La petite blonde était en train de la fixer avec insistance, comme pour lui faire passer un message. Voyant le regard perdu de son amie, la blonde désigna son oreiller du doigt en arquant un sourcil. Lorsque Kathleen baissa les yeux, elle constata avec horreur qu'elle ne serait pas son oreiller mais Remus… Elle eut un mouvement instinctif de recul, glissa et tomba du canapé, entraînant James dans sa chute sur Peter.
— C'est pas moi ! J'ai rien fait, je le jure ! S'écria celui-ci complètement à l'ouest alors que l'autre maraudeur gémissait du poids qui venait de lui tomber dessus. Qu'est-ce qu'il se passe ?
— Rien, c'est l'heure d'ouvrir les cadeaux, c'est tout ! S'exclama Kathleen, les joues entièrement rouges, tournant volontairement le dos au loup.
Morgane affichait un sourire plus que satisfait mais ne fit aucun commentaire, portant toute son attention sur la pile de cadeaux sous le sapin !
— YEEAAAHHH ! S'écria-t-elle en rampant jusqu'aux cadeaux.
— Au fait, Mo, il y a un autre cadeau de ma part, parce que je sais que tu aimes ouvrir plein de trucs, rit Kathleen en attrapant le dit paquet pour le mettre dans les mains de son amie. Joyeux Noël !
Ils se mirent alors tous à ouvrir leurs paquets, rapidement rejoints par Chris et Frank qui avaient été réveillés par le passage de Morgane dans leur dortoir et le bruit qu'ils faisaient, avec bonne humeur, des mercis fusant de toute part. Kathleen avait offert différents jeux magiques et des bombabouses à Morgane, en plus de la robe, pour que celle-ci s'amuse à mettre encore plus le bordel à Poudlard. Elle avait ensuite acheté des sucreries à Peter, un roman dont le personnage principal était un enquêteur foireux et des chocolats de très bonne qualité à Remus, un nécessaire pour balai à James et un soutien gorge de Morgane à Sirius. Elle espérait que son amie ne remarquerait pas la disparition de celui-ci !
Morgane quant à elle avait donné à son amie un livre intitulé « les grandes femmes du Quidditch » de Ernestine Bossbitch et un sac à main parce que « le tien est trop moche ». Peter avait été surpris de recevoir des crackers au fromage en forme d'animaux et une photo de lui et ses amis encadrée par les soins de la jeune femme parce que « pour l'instant, t'as des amis mais qui sait combien de temps cela va durer », James feuilletait un petit cahier sur lequel était écrit « comment draguer une rousse pour les binoclards, par la sublime Morgane Kerrien », Remus avait reçu des espèces de chaussettes qu'elle avait faite elle-même parce que « tu as toujours froids aux pieds » et elle avait offert à Sirius une montre parce que « tu es toujours en retard et en plus ta montre est moche »
Peter chuchota à l'oreille de Kathleen qu'il avait eu raison de se méfier de Morgane. Ce n'était pas tant les cadeaux qui étaient étranges mais les messages cryptiques ou passif-agressifs qui les accompagnaient.
Elles furent toutes les deux ravies de trouver un cadeau de la part de Hagrid. Le demi-géant leur avait tricoté une écharpe chacune, et même si elles avaient quelques trous dûs à des erreurs, les filles les adoraient. Morgane ne manqua pas de remarquer toutefois que son écharpe ressemblait plus à un poncho vu la taille, mais appréciait tout autant le geste. Il avait ajouté aux paquets des cookies qu'elles donnèrent sans la moindre hésitation à Peter qui lorgnait dessus. S'il voulait se casser les dents, grand bien lui fasse.
— Mon sac à main t'emmerde, Mo chérie, lança Kathleen en souriant face au mot qui accompagnait son cadeau, de toute façon on avait jamais assez de sac à main.
— Au fait, Morgane ! Tu ne devineras jamais… commença James avant de croiser le regard assassin de la brunette qui le connaissait un peu trop bien. J'ai… euh… rêvé de Lily…
— Excuse-moi James, mais c'est quelque chose de simple à deviner, tu rêves d'elle éveillé ! se moqua Peter.
— Un rêve mouillé ? Demanda immédiatement Morgane en s'asseyant à côté de lui, l'air tout particulièrement intéressée.
— Quoi ?! Mais bien sûr que non ! S'exclama James en rougissant, outré.
— Tu rougis, fit remarquer Sirius en ricanant.
— Ça, c'est parce que ta copine est la pire perverse de la terre ! Se défendit-il.
C'était un peu gros venant de celui qui, pas plus tard que la veille au soir, avait voulu aller voir dans les dortoirs si son meilleur ami était en train de culbuter sa petite-amie, se dit Kathleen en l'observant se mettre dans une situation gênante pour elle. Prise d'une vague de compassion pour le chevelu, elle soupira avant d'intervenir.
— Ne dites pas n'importe quoi, si James avait rêvé de truc étrange, je le saurais, il s'est endormi sur mes jambes, défendit-elle avec sérieux.
Après tout, si James était dans cette situation, c'est parce qu'elle ne voulait pas qu'il parle de cette histoire de gui à Morgane. Cette dernière tourna d'ailleurs son regard vers elle, intriguée :
— Depuis quand est-ce que tu défends James, toi ? Demanda-t-elle en plissant les yeux. T'es plutôt du genre à l'enfoncer.
Il y avait quelque chose de louche derrière l'attitude de Kathleen, Morgane la connaissait trop bien pour croire en sa bonne foi. La Serpentarde n'aurait jamais loupé une occasion pareille pour se foutre de son ami Gryffondor !
— C'est Noël ! Et puis, il s'est endormi sur mes jambes, comme je te l'ai dit, j'aime autant qu'il ne fasse pas ce genre de rêve quand il est près de moi.
— Normal, fit Morgane en gardant toutefois ses yeux sur sa meilleure amie. Alors, t'as rêvé de quoi ?
— Euh… euh… De gui ! Oui, j'embrassais Lily sous le gui ! S'exclama James dans un élan d'inspiration alors qu'ils continuaient d'ouvrir leurs cadeaux.
— Oh, comme c'est romantique, ricana Peter qui avait compris l'échange muet entre James et Kathleen.
Morgane haussa un sourcil en fixant Peter, ça sentait les cachoteries. L'excuse de Kathleen passait encore, mais là, il y avait décidément quelque chose de louche. Elle tourna son regard vers Remus qui était très pris par les chocolats de Kathleen, trop pris presque... Elle regarda ensuite Sirius pour voir s'il trouvait ça bizarre mais il était en train de feuilleter un livre sur le Quidditch.
— D'accord. Rien de bien intéressant alors, finit-t-elle par conclure en soupirant, mettant l'affaire de côté dans un coin de sa tête. Oh, s'exclama-t-elle en ouvrant le cadeau de Sirius.
Un magnifique collier en argent avec l'initiale de son prénom. Cela avait dû lui coûter très cher, songea-t-elle en caressant le M du bout du doigt. Elle se tourna vers lui, étonnée. Sirius continuait de feuilleter son magazine comme si de rien n'était.
— Merci ! chantonna-t-elle en sortant le collier de sa boîte pour l'admirer de plus près. Il est si beau, ajouta-t-elle en l'observant à la lumière.
— Wouah ! S'exclama Kathleen en s'approchant pour voir le bijou. Tu en as de la chance, il est drôlement joli ! C'est qu'il est vraiment attentionné le petit Sirius, se moqua-t-elle en ouvrant un grand paquet à son nom.
— Je sais, je sais, je suis le parfait petit ami, inutile de le dire, c'est une évidence, lança Sirius en prenant une pose cliché de beau gosse.
— Bah bien sûr, ricana Morgane, j'oublie si facilement que t'es parfait c'est drôle. C'est quoi ce cadeau ? Demanda-t-elle en observant son amie qui tenait à présent un long paquet entre ses mains, qui avait de toute évidence été emballé par Peter, vu la qualité de l'emballage.
— Un balai… Souffla Kat, estomaquée. Vous m'avez offert un balai ! S'écria-t-elle plus fort, aux anges.
Bon, ce n'était pas un des modèles les plus récents, il était même assez vieux et semblait avoir été acheté d'occasion. Mais c'était toujours mieux que ceux de Poudlard. Et il avait l'air en très bon état pour une seconde main. Elle sauta au cou des garçons pour les embrasser. Elle avait enfin son propre balai !
— La chaaaannnnccceee ! S'exclama Morgane en regardant autour d'elle pour trouver le cadeau que les garçons lui avaient offert, mis à part Sirius.
— J'ai tellement hâte de l'essayer ! S'enthousiasma Kathleen en le faisant tourner entre ses mains, l'observant sous toutes les coutures.
— On ira cet après-midi ! Sourit James, ravi que le cadeau ait un tel effet sur elle. Tu pourras tester tes chaussettes Remus, se moqua-t-il.
— Elles ont été faites avec amour ! Se vexa la petite blonde qui avait très bien compris que James se moquait ouvertement du cadeau qu'elle avait offert à Remus.
Morgane dénicha enfin un étrange paquet à son nom mais où les destinataires n'étaient pas inscrits. Excitée et curieuse, elle l'ouvrit. Le paquet explosa aussitôt en fumée pour laisser place à un rapeltout, un livre nommé « les sorcières folles de l'histoire » par Merida Désaxée et un petit chaton angora avec plein de poils noirs qui semblait bien dormir malgré l'explosion.
— Oh, il est trop mignon ! S'exclama Kathleen en regardant le chaton paresseux. Tu vas l'appeler comment ?
— Aucune idée… répondit Morgane en attrapant le chaton, qui ouvrit enfin les yeux lorsqu'elle le toucha.
Elle le leva à la hauteur de ses yeux et l'observa un moment, semblant faire un combat de regard avec l'animal. Ou peut-être essayait-elle de communiquer avec lui par la pensée.
— Merci ! Il est trop chou ! S'exclama-t-elle en le serrant contre elle avec amour.
— Je trouve qu'il ressemble à Sirius… Fit remarquer la brunette. Pourquoi pas Sirius Junior ? Ou Sirinouchet ! Se moqua-t-elle.
— Hors de question ! Et ne lui donne pas de mauvaises idées ! Ce pauvre chat risque déjà d'avoir un nom horrible sans que tu interviennes ! Gronda le véritable Sirius, qui connaissait bien sa petite amie.
— Excuse-moi ?! Un nom horrible ! Je ne te permets pas, j'ai toujours eu très bon goût ! S'indigna Morgane en lui lançant un regard assassin. Et si tu critiques mes goûts, rappelles-toi que tu en fais partie !
— En tout cas, vous avez le même regard de tueur, toi et ce chat, fit remarquer Peter, qui semblait un peu mal à l'aise.
Il avait bien tenté de mettre en avant qu'un chat et sa forme d'animagus n'étaient pas compatibles, mais James et Remus avaient tellement entendu Morgane regretter l'absence d'un animal de compagnie qu'ils avaient craqué. Et puis, ce n'était pas un chaton qui allait manger Peter !
— Je pense l'appeler Tuxedo mask… Souffla Morgane en posant le chaton sur le haut de sa tête. Ou peut-être Stitch.
— Je t'avais bien dit qu'elle allait lui filer un prénom bizarre, lança Sirius à l'adresse de Kathleen. Tuxedo mask ? Stitch ? Donc soit un nom qui est un mélange d'accessoires ou alors un qui fait penser aux points de sutures que se font les moldus ? Qu'on vienne pas me dire que c'est pas bizarre.
— Mais non ! Ça aurait pu être pire, elle aurait pu l'appeler… Je ne sais pas… Dark Vador, Berlioz ou Zorro ! Défendit Kathleen en se retenant de rire car Tuxedo mask était bien pire à ses yeux que ce qu'elle avait proposé. J'aime bien Stitch, moi ! Et vous ? Demanda-t-elle aux garçons, après tout, c'était leur cadeau.
— Dark Vador… Murmura Morgane, les yeux exorbités. C'est bien, ça aussi…
— On a bien choisi le bouquin, fit remarquer Remus en parlant du livre sur les sorcières folles, mi amusé mi horrifié.
— C'est trop bizarre, Stitch, déclara James, ça sort d'où ?
— Bah… J'en sais rien, Morgane l'a sûrement inventé ! Mentit Kathleen. Mais ça sonne bien, je trouve ! Et puis, un nom bizarre pour une maîtresse bizarre !
Bon, elle n'était pas douée pour faire diversion ou mentir, mais elle n'avait pas eu d'autres idées, alors… Morgane n'avait qu'à se dépatouiller avec ça !
— Moui, je suis géniale, c'est tout ! Fit Morgane en secouant ses cheveux. Allez, va pour Stitch. Je garde Tuxedo mask pour quelqu'un de plus sexy qu'un chat.
— Des fois, je comprends juste rien de ce que tu dis, tu le sais, ça ? Demanda Sirius en l'observant.
— C'est un de mes supers pouvoirs.
— Tu parles d'un super pouvoir ! Se moqua Kathleen en attrapant le chaton. Salut Stitch, bienvenue dans cette bande de fous ! Je te souhaite du courage avec la tarée blonde !
— La tarée te fait remarquer que tu parles à un chat, bouda Morgane, faussement vexée.
— Eh ! C'est peut-être pas un chat ! Qui sait, ça pourrait être un animagus pervers qui va te suivre partout !
— Hum, c'est glauque, fit Morgane. Si jamais il me mate sous la douche ou quand je me change, je te dirais !
Les garçons se regardèrent, un peu surpris par la remarque de Kathleen.
— Pourquoi un animagus ? S'enquit James, mine de rien.
— Quoi ? Vous ne savez pas ce que c'est ? Demanda innocemment la jeune fille. Il paraît que McGonagall peut se transformer en chat ! Et puis, dans le monde sorcier, moi, je me méfie de tout ! Même si j'imagine qu'un sorcier à mieux à faire que mater une fille toute la journée, rit-elle.
— Mais la fille, c'est moi, alors je veux bien comprendre qu'on ait envie de me mater à longueur de temps, comment lui en vouloir ? Demanda Morgane en grattant le ventre du chaton.
— Ça va, les chevilles ? Ricana Kathleen en lui lançant un coussin.
Morgane lui renvoya celui-ci, mais la Serpentarde se pencha en avant et le coussin frappa Peter en plein visage. Kathleen laissa échapper un gloussement et à partir de là, ce ne fut que chaos. Peter voulut se venger de Morgane, qui esquiva et attrapa le premier coussin venu pour le lancer sur Sirius et Frank qui n'avait absolument rien demandé. James se mit à l'attaque avec son meilleur ami. Remus regardait tout ça, déconcerté avec Chris tandis que Kathleen continuait de rire à gorge déployée.
— Et si on mangeait ? Demanda soudain Remus, sûr de pouvoir stopper la bataille de cette manière.
Ce qui fonctionna puisque Morgane cessa immédiatement de se débattre et libéra Sirius de sa prise de catch.
— Bonne idée ! approuva James en cherchant à taton ses lunettes, que Peter avait volé.
— Rends lui ses lunettes, Peter, gloussa Kathleen.
— 'Scuse, James, mais tu vises moins bien sans, répondit Peter en rendant les lunettes à son propriétaire.
— Encore heureux, t'imagine qu'il soit meilleur sans, ça serait ironique non ? Se moqua la vert et argent.
— Bon, vous venez ? Lança Morgane, déjà au niveau du tableau de la grosse dame.
— Ton ventre te perdra ! Lui répondit Sirius en riant avant de la rejoindre et de prendre sa main dans la sienne.
— Je profite de la vie ! Vous devriez faire de même ! Lança-t-elle avant de sortir, tirant Sirius derrière elle.
— C'est juste moi ou elle est partie avec le chat sur la tête ? Demanda Remus, qui semblait se poser des questions sur sa vue.
— Ça te surprend ? Demanda Kathleen.
— Pas vraiment, concéda le loup-garou avec un sourire désabusé.
— Pauvre animal, il va vite avoir le mal de mer… Ou de Morgane, rit James en partant pour rattraper la blonde et son meilleur ami.
Peter se dépêcha de sortir à son tour en discutant avec Frank et Chris, toute cette agitation lui avait ouvert l'appétit. Kathleen soupira et lança un regard faussement agacé à Remus.
— Pourquoi as-tu parlé de manger ? Je riais bien, moi, à les voir se battre !
— Morgane aurait fini par tuer Sirius, accident ou non, rit Remus en se levant. Allez, viens, ajouta-t-il en lui tendant la main pour l'aider à se redresser.
Kathleen lui sourit en la saisissant puis le suivit à l'extérieur de la salle commune. Morgane avait eu raison d'insister pour que leur relation s'améliore, c'était beaucoup plus agréable ainsi. Toutes ces tensions entre eux et ces regards inquisiteurs lui avaient drôlement pesé dessus. Elle savait que Remus n'en démordrait pas tant qu'il n'aurait pas eu le fin mot de l'histoire, c'était Remus après tout. Mais pour l'instant, c'était mieux ainsi. Elle réalisa soudain qu'elle avait laissé James et Peter avec Morgane, et ça, c'était pas bon du tout pour elle ! Idiot comme pouvait l'être James, il pourrait revenir sur l'épisode du gui !
— Dépêches-toi, lança-t-elle à Remus en courant pour rejoindre les autres.
Une fois qu'elle les eut rejoints, elle fut soulagée de voir que James et Peter n'avaient rien dit à Morgane, qui était en train d'essayer d'apprendre à son chat à faire le mort, sous le regard blasé de Sirius.
— Ce n'est pas un chien, tu sais, fit-elle en s'approchant de son amie.
— Qui a dit que les chats ne pouvaient pas faire le mort, hein ?! Les chats peuvent apprendre des tours ! Ils sont bien plus intelligents que les chiens, dit-elle en ajoutant la dernière remarque juste pour embêter Sirius.
Le jeune homme eut un hoquet d'indignation et grommela quelque chose à voix basse tout en la fusillant du regard.
— Moi je te le dis, et j'ai toujours raison, fit remarquer Kathleen avec un sourire. Au mieux, Stitch s'assurera qu'il n'y a pas de rats dans ton dortoir !
Peter déglutit bruyamment et Kathleen lui lança un regard surpris avant de se souvenir de sa forme animale et de rire intérieurement.
— Va falloir attendre un peu avant qu'il puisse chasser quoique ce soit le minus, mais je vais le dresser pour qu'il soit une bête féroce, comme moi.
— Arrête, t'as autant de force qu'un véracrasse, lança Sirius d'un ton moqueur.
— Hum, je te rappelle que le véracrasse est ta petite amie, espèce de crétin congénital !
— Un très beau véracrasse, se rattrapa Sirius, maladroitement.
— Tu as déjà vu de beaux véracrasses, toi ? Demanda James à Rémus, soudainement curieux quant à l'esthétisme des véracrasses. Peut-être que certains sont plus beaux que d'autres, mais qu'on ne peut pas le voir, à cause de nos standards de beauté d'humains ?
Kathleen et Morgane lui jetèrent un regard surpris.
— Surtout, faut pas me soutenir, hein ! S'indigna Sirius.
— Mais tu ne peux pas te rattraper de toute façon, fit Morgane d'un ton théâtral. Ce qui est dit est dit, mon cher !
Kathleen ricana, Sirius pouvait essayer de dire tout ce qu'il voulait, de toute façon, Morgane avait toujours le dernier mot.
— Ce que je voulais dire, c'est que tu n'as pas de force, tenta Sirius.
— Tu veux que je te frappe pour vérifier, grogna la blonde.
— Tu t'enfonces, Sirius, chantonna gaiement Kathleen.
— Et toi, tu ne l'aides pas, gronda Rémus.
— C'est un grand garçon, il n'a pas besoin d'aide !
— De toute façon, je fais ça pour t'embêter, Sirius. Je sais très bien que tu ne penses pas que je ressemble à un véracrasse, fit Morgane en lui adressant un sourire moqueur.
Elle s'approcha de lui avec un petit sourire et lui tira la langue.
— Sirius, quand je pense que cette petite chose te met dans un état pareil… Où est passé l'homme courageux que j'ai connu ? Demanda James en affichant un air dramatique.
— Quel homme courageux ? On me l'a dissimulé ? S'écria Morgane, d'un air outré, vexant davantage encore Sirius.
— Allons, allons. Ça suffit les critiques ! Tu t'es vu, James, avec ta Lily ? Lança Remus.
— Dans les dents, ricana Morgane.
— Bien placé, Remus, le félicita Kathleen en regardant James perdre de sa superbe.
— J'ai décidé de faire bouger les choses grâce au livre de Morgane, les informa-t-il en croisant les bras sur son torse.
— Je serais toi, je me baserai pas sur ça, conseilla Sirius.
— Mon livre est très bien écrit ! S'outra celle dernière. J'ai fait en sorte que tout soit bien expliqué et j'ai mis des dessins, des exemples, des quizz et même des métaphores !
— Je te signale que c'est Sirius qui a dû faire tout le boulot pour être avec toi ! Lança Peter.
— C'est pas pareil, ronchonna la blonde de mauvaise foi.
— En quoi ? Sourit Frank que leurs histoires amusait beaucoup.
— C'était complètement différent, point, lâcha-t-elle sans prendre la peine d'argumenter.
Non pas qu'elle puisse argumenter sur quoique ce soit. Elle n'avait pas été très pro-active, Peter avait raison, mais de là à l'admettre ouvertement ? Ha ! Ils pouvaient se gratter les cocos.
— Laissez-là, sinon elle va vous frapper, ou pire, lâcher son chat sur vous ! Déclara Kathleen pour soutenir son amie. Et puis, on est censé aller manger, non ?
Morgane partit immédiatement à toute vitesse vers la grande salle, suivie par Peter. Ils étaient vraiment irrécupérables, pensa Kathleen en secouant la tête.
