All I want-Kodaline


Thor flottant derrière elle, toujours inconscient, Madison arpentait les couloirs de la tour où elle et les invités principaux du Grand Maitre logeaient. Elle se rendit dans une pièce dépourvue de portes, ou une rangée de lasers servait simplement de barrière, empêchant quiconque d'entrer ou sortir. D'un simple geste, elle les fit disparaitre afin de passer avec l'asgardien, puis ils réapparurent derrière eux. Elle bougea encore la main tout en se dirigeant vers un large meuble situé à l'autre bout de la pièce et le corps de Thor alla se déposer doucement sur une table en métal et le haut de son ensemble disparut, laissant à l'air libre ses blessures et bleus qui apparaissaient déjà. Madison se tourna, prête à revenir avec ce qu'elle avait été récupérer, mais elle se figea un instant à la vue de l'homme, quelque peu déstabilisée. Elle se reprit cependant en main, fit venir une chaise à elle et s'installa à côté de la table, posant ses « trouvailles » sur ses genoux. Il n'y avait qu'une écuelle ainsi qu'un simple morceau de tissu.

Se concentrant un instant, elle remplit le récipient d'eau fraîche grâce à sa magie et y trempa le tissu avant de le passer délicatement sur les quelques lésions qu'elle voyait sur le torse du guerrier endormi, le sentant néanmoins réagir inconsciemment lorsqu'il y eut un contact. Elle se contenta de passer le bout de coton sur sa peau en soupirant, puis elle le retrempa dans l'eau, qui s'illumina un instant, nettoyant entièrement le matériau, puis elle le posa doucement sur son front qui dégoulinait de sueur comme s'il avait de la fièvre. Maintenant le chiffon ainsi, elle ferma les yeux, une lumière émergeant dans sa main gauche, main avec laquelle elle tenait le tissu. Elle cherchait à apaiser son esprit qu'elle sentait particulièrement tourmenté, et cela se voyait extérieurement car il remuait un peu à la manière de quelqu'un qui cherchait à s'extirper d'un cauchemar. Elle resta ainsi durant de longues secondes jusqu'à ce qu'il se calme enfin, et à cet instant seulement, elle se permit de retirer le morceau de tissu du haut du visage de l'asgardien, le reposant dans l'écuelle d'où elle avait fait disparaitre l'eau et déposa le tout à terre, gardant son regard rivé sur les traits désormais détendus de l'homme.

Elle se rendit alors compte qu'elle avait involontairement posé son autre main sur l'avant-bras droit de Thor et elle baissa un peu la tête en fermant les yeux, pensive. Il y avait tant de choses qu'elle aurait aimé pouvoir mettre au clair avec lui dans l'immédiat et même si elle pouvait le faire se réveiller à l'aide de ses pouvoirs, elle préférait largement le laisser se reposer, jugeant qu'il le méritait et qu'il en avait particulièrement besoin. Mais ce dont elle avait besoin, c'était de lui parler, d'arrêter de jouer l'enfant difficile comme elle l'avait fait lorsqu'ils s'étaient retrouvés à New-York, le jour où il lui avait demandé de l'aider à retrouver Odin. Elle n'avait pas eu envie qu'ils discutent à ce moment, à cause de la colère qu'elle éprouvait envers lui à cet instant, et même si elle était toujours énervée, quelque chose avait changé, aujourd'hui. Elle était bien plus calme et prenait le temps de réfléchir avant de s'emporter directement.

–Pourquoi, à chaque fois qu'on pense avoir l'ombre d'un plan, tout s'effondre ? soupira-t-elle à l'adresse de l'asgardien. Et surtout, pourquoi a-t-il fallu que ce soit sur une planète de mauvais joueurs qu'on tombe… ? ajouta-t-elle en le regardant dormir. Quand je pense que ton père m'a demandé de veiller sur toi, et que j'ai dû te laisser affronter Bruce seul… Je ne savais même quoi faire face à vous deux sans risquer d'en blesser un, avoua-t-elle, se sentant coupable de l'état dans lequel l'homme se trouvait actuellement. Peut-être que si… Si j'avais été un peu plus délicate à New-York, il y a quelques semaines, et qu'on avait pris, comme tu le voulais, une minute pour se poser un instant et parler, alors que moi, je te provoquais inutilement par rapport à tout ça… On n'en serait sûrement pas là si je n'étais aussi impulsive, dit-elle en baissant les yeux. On aurait certainement arrêté Hela, et tout ça serait derrière nous depuis longtemps, maintenant… Mais non, il faut toujours que ma fierté prenne le dessus et m'empêche de raisonner plus sagement, râla-t-elle, ne s'en prenant qu'à elle-même. Mais je t'en voulais tellement pour ce qu'il s'est passé que je ne voyais rien d'autre que l'envie que j'avais que tu rentres chez toi au plus vite pour que je puisse retourner à mes occupations en essayant de ne plus penser à toi… Mais tu sais que j'ai essayé pendant un bon moment sans y arriver ? lui confia-t-elle, réfléchissant à comment elle pourrait amener la suite. Le truc, c'est que tu es pire qu'une sangsue, et quoi que je fasse, ton souvenir reste ancré ma mémoire presque jours et nuits sans en sortir. Résultat : je passe la quasi-totalité de mes journées à regarder mélancoliquement par la fenêtre de mon bureau en écoutant du Whitney Houston en boucle en espérant voir un éclair zébrer le ciel, signalant ton retour tout en étant pourtant persuadée que tout va parfaitement bien depuis que tu as quitté la Terre, avant de m'effondrer sur mon lit le soir en serrant mon oreiller contre moi comme si c'était une peluche, déclara-t-elle. Je te dis pas à quel point pour l'instant, tout est confus, et je ne sais plus trop quoi penser… affirma-t-elle en soupirant, regardant plus intensément l'asgardien avant de prendre une grande inspiration. … Pourquoi a-t-il fallu que cela se passe ainsi ? Plus d'un an, pourtant. Ca a duré plus d'un an, et tout allait si bien… Et encore une fois, quelque chose est survenu, et cette fois-ci, je crois bien qu'aucun de nous n'était vraiment prêt à affronter quelque chose de tel… Moi qui pensais qu'on serait prêt à tout… souffla-t-elle. Après tout ça, j'ai été… Tellement furieuse, tu n'as pas idée… J'étais blessée et terriblement en colère… Au début, j'avais envie de traquer à travers tout l'univers, mais la voix de la sagesse s'est exprimée et m'a forcée à rester sagement chez moi… Cette voix, c'était celle de Tony, au fait, précisa-t-elle. Je pense que… lui aussi t'en veux un peu du coup… Mais moi, j'étais vraiment énervée, et je ne voulais plus que tu poses les pieds sur la planète, je n'avais plus envie d'entendre quoi que ce soit te concernant, et j'ai tant bien que mal essayé de reprendre le court normal de ma vie, ce qui s'est plus ou moins soldé par un échec, comme je te l'ai expliqué… Bien sûr, j'agis normalement quand je suis en public, c'est à dire que je travaille au manoir, j'ai quelques rendez-vous professionnels avec les clients de Stark Industries, mais dès que je rentre, tout est si différent… Parfois, je suis de bonne humeur, je sors manger avec des amis, et à d'autres moments, je veux juste qu'on me fiche la paix et je coupe tout contact avec l'extérieur : plus de téléphone, d'ordinateur, de tablettes, de tout ce que tu veux… Et je passe une bonne heure à pleurer en me rappelant de ce qu'on a traversé ensemble tout en me disant qu'on s'est finalement laissés submergés par quelque chose de visiblement trop compliqué à gérer pour nous. Bon, ces instants sont beaucoup plus rares, je te rassure tout de suite, parce qu'en général, la colère que j'éprouve envers toi reprends rapidement le dessus. Alors explique-moi pourquoi, avec tout ça, je n'arrive quand même pas à te détester, même si j'essaye jour à près jour de… De je ne sais pas, passer à autre chose ? proposa-t-elle, n'en étant elle-même que très peu certaine, puis elle rebaissa la tête en soupirant et de sa main gauche, elle attrapa la droite de l'asgardien. Tu sais pourtant que j'ai du mal à pardonner… Détester mes proches, pas vraiment, mais leur en vouloir pendant longtemps, ça… Pour moi, à cause de la fichue temporalité de cette planète, ça fait plus de trois mois qu'on s'évite… Enfin, que JE t'évite, c'est plus correct… Tu sais, j'ai écouté les messages que tu as envoyés peu de temps après avoir quitté la Terre… lui dit-elle. Je n'ai pas répondu parce que je suis têtue, tu le sais… Mais je les ai écoutés, tous. Les quarante-huit qui sont arrivés directement sur mon transmetteur, que j'ai fini par mettre dans un tiroir en espérant l'oublier, mais manque de chance : tous les jours, je le ressortais pour voir si tu redonnais des nouvelles ou non… J'ai songé à le désactiver, mais au fond, la simple idée que je ne puisse plus savoir si tu allais bien ou non me terrifiait, alors je l'ai laissé actif. Et bien sûr, il ne fonctionne pas ici, râla-t-elle. Si seulement j'avais travaillé davantage dessus, peut-être qu'on se serait déjà extirpé de ce désastre… Tout ça, c'est juste parce que je suis incapable de réfléchir un minimum avant d'agir. Tu sais… souffla-t-elle en le regardant toujours, ce n'était pas parce que je voulais rentrer sur Terre que j'avais envie que tu gagnes ce combat, aujourd'hui, lui confia-t-elle d'une voix douce, avant de retirer le gant qui couvrait sa main faite de métal, avant de reprendre celle de l'asgardien de son autre main. C'est vrai, tout à l'heure, je t'ai dit que je voulais que tu sortes vainqueur et je t'ai donné de meilleures armes que celles que tu avais trouvées en affirmant que c'était parce que ton père m'avait demandé de veiller sur toi et l'insupportable mais néanmoins distrayant individu qui te sert de frère et que j'avais accepté, mais tu te doutes bien que ce n'était pas l'unique raison, pas vrai ? Bien sûr que je n'avais pas envie que tu meures, parce que ça voudrait dire que j'aurais eu ta mort sur la conscience, et puis ça aurait aussi pesé sur celle de Bruce, alors c'est exclusivement pour ça que je l'ai empêché de te frapper encore une fois en me servant de mes pouvoirs, déclara-t-elle plus ou moins sérieusement, cherchant à paraitre convaincante, puis elle soupira, encore, se rendant compte que cela ne marchait absolument pas. Bon d'accord, ce n'est peut-être pas que pour ça que j'ai risqué de me faire repérer par le Grand Maitre, concéda-t-elle, mais que voulais-tu que je te dise ? Il fallait bien que je reste en accord avec mes principes, non… ? Je ne pouvais tout de même pas me laisser avoir par ce regard de chiot battu que tu as la mauvaise habitude de me lancer dès que tu cherches à te faire pardonner… Tu m'énerves vraiment, tu le sais, ça, au moins ? Tu es parfois… Tellement… Je ne sais même plus quoi dire. Inconscient ? Oui, je suppose que ça fonctionne, étant donné le fait que tu aies proposé au Grand Maitre de te battre sans savoir à quoi t'attendre… Et après, tu essayes de te montrer gentil avec ton adversaire alors que tu sais qu'Hulk n'est pas du genre à se laisser apprivoiser… Ne t'avais pourtant pas dit de rester en vie, avant que tu ne t'élances dans l'arène ? souffla-t-elle en portant sa main droite à la joue de l'homme, marquant un court temps de pause. Thor, je ne sais pas si tu t'en rends encore compte, mais je crois que je n'ai jamais vraiment cessé d'avoir besoin de toi, alors… S'il te plait, quand tu réveilleras, essayes de faire attention… Tu ne sauras probablement rien de tout ce que je viens de raconter, et ce n'était de toutes façons pas très intéressant… J'espère simplement que tu te montreras un petit peu plus prudent, parce qu'il est hors de question qu'avec Bruce, on soit contraints de repartir sans toi, acheva-t-elle.

Elle resta ainsi durant de très longues secondes, un sourire triste se dessinant sur ses lèvres, gardant sa main posée sur la joue de l'asgardien, qu'elle caressa délicatement et distraitement, se demandant s'il était désormais plus apaisé que lorsqu'elle l'avait amené ici. Elle demeurait cependant rassurée que les dégâts aient été limités à quelques bleus et éraflures seulement. Cela ne l'empêchait pas d'être toujours inquiète, d'espérer qu'il émergerait rapidement, qu'ils aient l'occasion d'enfin parler.

Malheureusement pour elle, elle dut se détacher de lui assez vivement lorsqu'elle vit des employées du Grand Maitre certainement envoyées par ce dernier arriver dans la pièce, étant là pour s'occuper des blessures du prisonnier comme elles avaient l'habitude de le faire avec les champions de l'arène. Elle se redressa assez naturellement et les salua poliment d'un signe de tête tout en leur souriant, et elles répondirent à son sourire, apparemment ravies que quelqu'un fasse preuve de sympathie à leur égard, ce qui ne devait donc pas être le cas tous les jours. Après cela, Madison se dirigea vers la large ouverture par laquelle elle était entrée, les lasers n'ayant pas encore été réactivés et elle sortit d'un pas semi-assuré, s'autorisant à jeter un dernier coup d'œil vers l'arrière, et lorsqu'elle refocalisa son regard vers l'avant, elle se rendit compte qu'elle n'était pas seule, et qu'à en juger par la posture qu'adoptait l'individu qui se tenait non loin d'elle -appuyé contre le mur, bras croisés, yeux tournés vers l'intérieur de la pièce-, il devait se trouver là depuis un moment. N'ayant aucune envie de commencer à débattre avec lui, surtout maintenant, elle reprit sa route en espérant qu'ils en resteraient là, qu'il ne la suivrait pas. Manque de chance pour elle, dès qu'elle espérait que quelque chose ne se produise pas, cela arrivait quand même. Foutu karma.

–Tout va bien, Stark ? lança joyeusement l'homme en la suivant, mains dans le dos, laissant deux bons mètres de distance entre eux.

–… Pourriez-vous… Me laisser un instant, s'il vous plait ? lui demanda-t-elle calmement en tournant légèrement la tête vers lui avant de reprendre sa route.

–C'est tentant, mais je n'ai personne d'autre avec qui discuter, alors avec vous, c'est mieux que rien, fit remarquer Loki. On dirait que vous aviez beaucoup à dire à mon frère, ajouta-t-il ensuite, et ses paroles firent tressaillir la jeune femme. Ne vous en faites pas, je ne pense pas avoir entendu quoi que ce soit d'important, lui assura-t-il, un sourire aux lèvres, tandis qu'ils arrivèrent devant une grande porte blanche, que la terrienne ouvrit d'un geste brusque avant de s'engouffrer à l'intérieur, étant ensuite prête à refermer derrière elle, mais le Jotün retint la porte à la seule force de sa main. Puis-je savoir pourquoi vous passez le plus clair de votre temps à m'éviter ? l'interrogea-t-il en plissant les yeux, curieux. Vous n'avez pas l'air de ne pas apprécier ma compagnie, mais vous demeurez bien plus silencieuse que lors de notre première rencontre. Je m'étais pourtant attendu à ce que vous me lanciez sans relâche des répliques cinglantes et remarques désobligeantes concernant notre présence ici, mon comportement, et tout un tas d'autres choses. Seulement, vous vous montrez… Assez cordiale, dois-je dire, ce qui m'étonne un peu. C'est comme si vous me détestiez sans pour autant me détester, déclara-t-il. Oui, dis comme cela, ça peut paraitre étrange, mais c'est ainsi que je le perçois. Corrigez-moi si je me trompe.

–… Vous vous trompez, affirma-t-elle en fermant la porte de force, le laissant seul dans le couloir, et il fut à la fois surpris par sa réaction et légèrement vexé qu'on lui ait claqué la porte au nez. Retournez à vos occupations ou bien allez voir les autres combats, faites ce que vous voulez, mais laissez-moi, lui suggéra-t-elle depuis l'autre côté, et il l'entendit faire quelques pas dans la pièce.

Loki parut étonné qu'elle le remballe de la sorte. Il n'était pas vraiment habitué à ce qu'on agisse comme ça avec lui, avec autant d'arrogance mêlée à une certaine forme de calme. Il savait qu'elle aurait pu être bien plus violente avec lui, d'autant plus qu'elle savait qu'il avait écouté une partie de ce qu'elle avait confié à Thor. N'ayant en rien envie d'en rester là, il fit usage de sa magie pour déverrouiller très facilement la porte, qui s'ouvrit ensuite lentement. Il vit alors la mutante, sur sa gauche, se tenant debout face à une vitre, devant l'appui de fenêtre, bras croisés. Il attendit un peu avant d'oser s'aventurer dans la pièce, l'air toujours aussi confiant que lorsqu'il l'avait retrouvée, lorsqu'elle était sortie de la pièce où elle avait conduit l'asgardien. Il se demandait en revanche ce qui la tourmentait tellement pour qu'elle ne prenne plus la peine, depuis qu'ils s'étaient revus sur Terre, de le charrier.

Il remarqua qu'elle venait de se débarrasser de sa paire de gants ainsi que de sa cape qui, jugea-t-il, devait lui peser. Il se rendit compte qu'elle disposait toujours de la dague qui lui avait laissée, celle-ci étant accrochée à sa ceinture. Il voyait bien qu'elle se sentait plus à l'aise désormais, mais il comprit rapidement qua sa présence n'était en rien désirée.

–Vous savez que c'est impoli d'entrer quelque part sans en avoir demandé ET reçu l'autorisation ?

–Tout comme ça l'est de fermer la porte au nez des gens, surtout lorsque ceux-ci ne cherchent qu'à discuter calmement, enchaina-t-il du tac au tac, remettant la porte contre son encadrement sans la fermer, se doutant qu'il ne lui faudrait pas longtemps avant d'être jeté dehors. Alors, dites-moi… Serait-ce le fait que votre retour sur Terre ait été repoussé qui vous tracasse ? chercha-t-il à savoir en marchant hasardeusement dans la pièce baignée de lumière grâce aux baies vitrées qui laissaient passer au maximum les rayons du soleil. Vous savez, j'ignorais que Thor se retrouverait confronté à Banner, tout à l'heure. J'espère que vous avez pu constater qu'il s'agissait d'une surprise pour moi aussi, ajouta-t-il. Quoique, il était évident que qui que soit le champion, Thor n'avait pas la moindre chance d'en sortir vainqueur. Si je peux me permettre de donner mon avis, il a bien trop confiance en lui, affirma-t-il d'un ton un peu moqueur.

–Pourtant, au fond, vous le pensiez capable de gagner, commenta la terrienne, regardant toujours à l'extérieur.

–Je vous demande pardon ? l'interrogea-t-il, ne s'étant pas attendu à ce que les premiers mots qui lui soient adressés soient ceux-ci.

–Vous avez très bien entendu, soupira-t-elle.

–En effet, mais je ne comprends pas ce que vous cherchez à me faire comprendre, déclara-t-il. Mon frère a toujours sous-estimé ses adversaires, et ce depuis son plus jeune âge, lui dit-il, un petit sourire au coin des lèvres. Je ne vois pas pourquoi aujourd'hui, il y aurait eu une exception. Il demeurait persuadé que puisqu'il se trouvait face à un ancien allié, il s'en sortirait facilement. Je suis en réalité ravi que Banner soit parvenu à le remettre à sa place même si je ne le porte pas non plus dans mon cœur.

–Ok, ça suffit, s'exclama-t-elle en se tournant vers lui, et il manqua de sursauter. Pourquoi vous faites ça ?

–Faire quoi ?

–Agir comme si vous ne vous souciez pas du sort de votre frère alors que vous et moi savons pertinemment que c'est faux ? Je vous demande simplement d'être honnête, lança-t-elle en décroisant les bras. Vous avez beau être un menteur hors-pair, tout ce petit jeu ne fonctionne pas avec moi, le mit-elle en garde en faisant un pas vers lui. Vous faites croire à tout le monde qu'il n'y a rien qui puisse vous atteindre et vous préférez vous renfermez sur vous-même plutôt que d'avouer que vous aussi, vous avez des émotions autres que la rancœur et la frustration qui vous traversent, affirma-t-elle en avançant davantage dans sa direction. Je sais que ce que vous montrez n'est qu'une façade. Parce que… Vous n'êtes pas comme vous le laissez paraitre.

–Vraiment ? répondit-il, ne la prenant absolument pas au sérieux. Eh bien, puisque vous avez l'air de tout savoir, allez-y ; je vous écoute, dit-il en haussant les épaules. Expliquez-moi donc ce que vous semblez voir en moi, la provoqua-t-il, conservant son sourire serein.

Elle laissa ses mots en suspens durant quelques instants, soutenant son regard, se demandant s'il allait détourner ou non la tête. Ils étaient désormais proches l'un de l'autre, suffisamment pour entrer en contact physique si l'envie leur en prenait. Restant d'abord focalisée sur ses grands yeux bleus qui l'observaient désormais avec un certain questionnement, elle fut la première à baisser la tête en soupirant.

–… Ne m'obligez pas à faire ça, souffla-t-elle à voix basse avant de relever les yeux.

–Faire quoi ? dit-il, néanmoins un peu moins assuré qu'auparavant.

Il se rendit compte que Madison paraissait sincèrement désolée, comme si elle regrettait déjà ce qu'elle s'apprêtait à faire, quoi que cela fût. Elle déglutit difficilement, toujours en le fixant, et il fronça légèrement les sourcils, étant momentanément déstabilisé. Puis, brusquement, elle attrapa l'une de ses mains et sa vision se brouilla.