Dans un quartier éloigné de Konoha, une grande demeure aussi bourgeoise que possible, où tout faisait étalage de la richesse de ses occupants s'élevait. A l'intérieur d'un corridor contenant des appartements somptueux, une chambre était le théâtre d'un spectacle érotique. Un lit y grinçait dans un rythme effréné. Sur ce dernier, un couple en sueur sonnait la dernière note à leurs ébats dans un cri féminin de plaisir. Se libérant de l'étreinte sensuelle, le représentant de Mars ne laissa pas le temps à sa compagne de se blottir dans ses bras, se levant pour se vêtir d'une robe de chambre. Prenant une cigarette, il alluma et la savoura en regardant à travers la fenêtre les nuages noirs qui commençaient à s'amonceler au-dessus de Konoha. Un orage se prépare, pensa-t-il. Derrière lui, la femme qu'il avait ramenée d'une de ses nombreuses rencontres quotidiennes reprenait difficilement son souffle.
« - Comme d'habitude, c'était formidable.
-Mmm, fut sa seule réponse.
- Toujours aussi peu loquace. C'est assez blessant.
A cette remarque, l'homme qui devait avoir l'âge de nos héros souffla, mais était-ce pour évacuer la fumée qu'il venait d'inhaler ou d'exaspération, seul lui pouvait le dire. Se retournant, il offrit à sa compagne un doux sourire.
« - Cela était tout aussi satisfaisant pour moi aussi. J'ai juste quelques soucis qui accaparent mon esprit.
- Je suis donc ta boule d'oxygène.
- Si c'est comme ça que tu te vois, alors tu l'es, ma chère Kin.
Un rire suivit cette déclaration.
-Tu es bizarre quand même, mais cela ne fais rien. En tout cas, j'ai adoré, surtout ton petit cadeau, dit-elle en caressant le bracelet qu'elle avait au poignet.
- Cette babiole, répliqua hautain son amant. Ce n'est rien. Tu dois avoir plus somptueux avec ton riche mari. »
Et oui, bien que ce soit surprenant, la femme présente dans la pièce et qui n'était qu'autre que l'aguicheuse qui avait tenté sa chance avec Naruto lors de son premier rendez-vous avec Hinata, avait réussi à séduire et à épouser un homme déjà âgé d'un certain âge, mais surtout ayant un très gros compte en banque. Allant jusqu'à oublier jusqu'à sa propre famille, qu'elle jugeait indigne d'elle, elle se noyait dans le luxe le plus totale. N'ayant convolé en juste noce que pour pouvoir profiter de ce train de vie des plus somptueux, Kin ne se gênait pas à tromper son riche et vieux époux. En général, elle rencontrait ses amants durant les soirées mondaines auquel était invité ce dernier. Ce fut le cas pour l'homme devant elle. Il appartenait à une famille associée commercialement à celle du pauvre cocu. Alors qu'il retourna à la contemplation du paysage, le regardant, un voile de désarroi s'abattit sur elle.
« - Ce n'est pas la même chose.
-… Tu ne devrais pas t'attacher, Kin. Tu es mariée.
- Mais je pourrais…
- Je sais à quoi tu penses, l'interrompit son amant. Divorcer n'est pas une bonne idée. Ton contrat de mariage est en ta défaveur, et tu risques de te retrouver à la rue. Tu connaissais parfaitement dans quoi tu t'engageais. Tu l'as toujours sue… et moi aussi.»
Baissant la tête face à cette voix mélancolique, Kin baissa la tête, tombant sur le bracelet. Oui, depuis le début, elle ne cherchait qu'à s'amuser et à oublier qu'un homme qui devait faire le double, voir le triple de son âge osait la toucher. De plus, son amant avait été clair depuis le début avec elle. Toutefois, quel célibataire offrirait un cadeau à une femme, surtout à sa maîtresse, s'il ne ressentait rien pour elle ? C'était impossible pour elle. De plus, c'était lui qui était venu à elle, bien qu'elle lui ait fait les yeux doux dès qu'elle l'avait vu de loin. Alors si elle avait une chance de se retrouver avec un homme avec autant de vigueur que de billets de banque dans le pantalon, pourquoi s'en priver. Cependant, il ne voyait pas les choses comme elle,…, à moins que…
« - Dis plutôt que c'est à cause d'elle, murmura-t-elle, en espérant qu'elle ne l'entendit pas.
-Tu devrais partir.
- … C'est ce que tu veux ?
- Il ne faudrait pas que tu es des ennuis. Un orage est sur le point d'éclater. Cela me chagrinerait que tu ais un accident de la route à cause de la chaussée détrempée. »
A ces douces paroles, Kin posa de nouveau les yeux vers lui, mais tomba encore sur son dos, alors qu'un éclair éclairé la vitre. Oui, l'orage était vraiment sur eux maintenant. Son époux, homme de cœur et aveuglément amoureux, allait surement s'inquiéter et ameuter la police pour la retrouver. Elle se résigna donc à remettre ses vêtements et à prendre congé de son amant. Au moment où elle franchit la porte de la chambre, elle jeta un dernier regard sur lui, mais il ne daigna pas le lui rendre. Elle en ressentit une profonde tristesse. Elle allait fermer qu'elle l'entendit lui souhaiter bon retour et qu'il espérait la revoir. A cela, le cœur de la jeune femme en fut réchauffé et elle sourit. Elle partit donc plus légère. Dans la pièce, l'amant terminait sa cigarette, déjà fatigué de devoir la revoir. Pourquoi avait-il encore nourri ses espérances ? Il n'aurait pas dû lui dire cette phrase de réconfort, lui faisant sous entendre qu'il se préoccupait d'elle, alors que son sort lui était complètement indifférent.
On lui avait pourtant dit que se montrer gentil ne menait à rien, et certainement pas à avoir ce qu'il désirait. Il avait eu un nombre incalculable de maîtresses. La majorité d'entre elles ne comptaient pas et il ne les rappelait jamais, bien qu'au début, il avait eu du mal à les éconduire. Avec le temps, il y était arrivé, se montrant de plus en plus froid et dédaigneux, les blessant de paroles cinglantes et les jetant comme de l'eau usée aux égouts. Par contre, là, c'était plus compliqué. Pas qu'il s'attachait, mais quand des intérêts commerciaux étaient en jeu, la situation était plus délicate. Il n'avait pas prévu de coucher avec Kin, et encore moins d'en faire son amante, juste un moyen d'approcher son riche mari en la séduisant, vu qu'il lui cédait tous ses caprices et ainsi l'influencer en son sens. Malheureusement, c'était arrivé. La situation aurait pu déraper en son désavantage, mais elle était revenue l'asticoter, et ce fut elle qui se trouvait maintenant en potentielle difficulté.
En plus d'avoir un moyen des plus agréables de se défouler, il avait un moyen de chantage sur elle pour en faire son espionne auprès des affaires du vieil chef d'entreprise si nécessaire. Son oncle l'avait filmée le draguer, alors qu'il faisait mine de lui résister, puis en plein ébats avec lui. Si Kin voulait le dénoncer, c'était elle qui était montrée comme l'instigatrice de la tromperie, alors que lui en victime de ses assiduités. Il aurait pu alors mettre fin à cette histoire de coucherie depuis longtemps, mais il ne savait pas pourquoi, il continuait. De la pitié ? Peut-être et s'en voulut d'en ressentir. La pitié n'avait pas de place dans ce monde, selon les membres de sa famille, s'il voulait s'accaparer le pouvoir et la considération des autres.
Non, après réflexion, ce n'était pas de la pitié. Non, il aimait le pouvoir qu'il avait sur les femmes. En fait, il aimait le pouvoir qu'il possédait sur les êtres humains en général. Il adorait voir les hommes faires des courbettes devant lui pour avoir une part du gâteau et les femmes lui faire les yeux doux. Kin lui mangeait dans la main et ferait n'importe quoi pour lui, quitte à n'être qu'un vide-couille pour lui. Cela pourrait être utile à l'avenir en attendant ce qu'il espérait depuis quelques temps, et même après. Un homme ne pouvait pas se contenter d'une seule femme. Il en sourit sadiquement. Il était là de ses pensées qu'on toqua à sa porte. Une servante, dont il avait la joie de découvrir ses talents des plus personnels dès qu'il avait des besoins, le prévint qu'il était attendu dans le bureau. La renvoyant, il se prépara donc à se rendre là où il était attendu.
Pendant tout le temps de cet échange, de derrière un arbre, une ombre dont le visage était caché derrière une lourde capuche, sourit d'un air mauvais avant de disparaître dans le sous-bois. Arrivé là où se trouvait son employeur en quelques minutes, cette inquiétante présence se faufila au travers de la porte pour aller chuchoter à l'oreille de ce dernier l'information qu'il avait réussi à glaner. Un sourire machiavélique et une lueur de convoitise perverse transcenda les lèvres et les yeux du destinataire du message. Ce dernier renvoya l'espion et se dirigea, par un somptueux escalier de marbre, à l'étage. Là, rentrant sans frapper dans un bureau, il interrompit les pensées d'une femme, assisse dans un haut fauteuil, entrain de contempler le feu qui dansait dans une cheminée monumentale et y tapotant de ses ongles acérées l'accoudoir.
«- Qui ose rentrer ainsi et perturber ma réflexion ?
-Veuillez excuser ma hardiesse.
- Ah c'est toi. Que veux-tu ?
- J'ai une information de la plus haute importance à vous communiquer et je crois,…, non je suis sûr qu'elle vous contentera hautement.
- Avant, ne lui laissa pas le temps cette voix si autoritaire venant du fauteuil. Où en sont nos projets ? »
Un peu déboussolé par cette interruption dans ses pensées, le porteur du message eut besoin d'un peu de temps pour reprendre un peu contenance. Comprenant qu'elle le punissait de l'avoir dérangée dans un moment de relaxation sans se faire annoncer, ou du moins d'avoir frappé, il se résigna à attendre et répondit à satisfaire sa curiosité.
« - En ce qui concerne l'entreprise, c'est en cours. Personne ne se doute de rien pour l'instant. Et même si c'est le cas, rien ne leur permettra de remonter jusqu'à nous.
- Bien. Et, quand est-il de nos autres pions ?
- Ils ne sont toujours pas au courant que nous nous servons d'eux, ou du moins que nous nous appuyons sur leurs actions pour placer nos cartes. Le plus dur est de sauter sur les bonnes opportunités qu'ils nous offrent sans qu'ils ne rendent compte afin que nous en profitions. Pour le moment, notre principal pion semble avoir repris du poil de la bête en jouant un double jeu. Ils ont repris contact et continuent le zap de son moral.
- Parfait. Encore un peu de patience, et nous utiliserons son désespoir à notre avantage. Bientôt, elle nous mangera dans la main, en fut satisafit celle pour qui l'homme montrait une telle condescendance. D'ailleurs, comment se porte notre petit protégé ? S'adapte-t-il correctement ?»
- Il va bien et semble des plus prometteurs. Intelligent, calculateur. Il sait se servir de ses charmes pour avoir ce qu'il veut, et l'obtient à tous les coups, affirma l'homme, semblant quand même un peu hésitant à la fin de son discours.
- Mais…
- Il a de l'ambition, c'est indéniable, mais pas les dents assez longues pour la pousser à son paroxysme… Il connait sa position, et ce qu'il vaut. Il sait très bien en user. Disons qu'il lui manque le déclic qui lui permettrait d'écraser tout sur son passage, sans aucun scrupule.
- Je vois, se mit à réfléchir celle pour qui l'homme montrait un tel respect. Il reste encore un peu trop « gentil ».
- Rassurez-vous. Il vous est tellement reconnaissant de l'avoir sorti de l'orphelinat où il pourrissait qu'il fait tout pour vous rendre fier de lui. Il saura surmonter cet obstacle.
- Je l'espère. Je fonde de grands espoirs sur lui.
- Comme nous tous. Nous veillons, mon frère et moi, à l'endurcir et de faire de lui un homme.
A cette appellation, la femme, toujours dans son fauteuil, n'ayant jamais posé un seul regard sur son interlocuteur, suspendit en l'air à quelques centimètres de ses lèvres la coupe qu'elle tenait dans sa main. Puis, elle les y trempa, toujours en fixant le feu devant elle.
- J'imagine très bien comment, vu la vision que vous avez tous les deux des autres femmes.
- Vous êtes la seule à être digne de notre respect, s'inclina son interlocuteur. Les autres ne sont là que juste assouvir nos besoins, de simples jouets entre nos mains, bonnes qu'à flatter nos égos.
- Qu'importe. Tant que nous arrivons à nos fins, faites comme vous voulez. Maintenant, il faut espérer qu'il sache se servir de ses « connaissances » pour la charmer, elle.
- Je ne m'en ferais pas trop à ce niveau là, à mon avis. »
Quand soudain des coups se firent entendre contre le bois de la porte. Là, fit son entrée le concerné de cette discussion, leur fameux protéger.
« - Vous m'avez faite demander, ma tante.
-Oui. Je désirais te parler de ton évolution. A ce que ton cousin, ici présent, m'a racontée, tu fais énormément de progrès. Tu as même investi dans les universités et l'enseignement supérieur à ce qu'on m'a dit, et j'aimerai en discuter avec toi.
- Comme vous le souhaitez. »
D'un signe de la main, la maîtresse des lieux l'invita à s'installer dans le fauteuil en face d'elle. Acceptant son invitation, le jeune homme avança et passa devant son parent qu'il salua. Ce dernier, de son œil expérimenté, espionna alors, au travers de l'espace de sa chemise, la présence d'un suçon au niveau de la base de son cou. Non, il n'avait pas d'inquiétude à avoir pour leur protégé. Depuis qu'il lui avait mis une femme dans les pattes pour que celui-ci vive sa première fois, leur protégé avait connu la joie du sexe et le sentiment de pouvoir de domination que cela apportait, mais pas seulement. Il enchaînait les conquêtes et s'en voyait enhardi dans son jeu de séduction. Cela allait lui servir, surtout après ce qu'il venait d'apprendre.
Bon, avec son joli minois et ses manières des plus destructrices pour le cœur féminin, c'était à chaque fois du tout cuit. Aucune ne résistait. Le seul problème était qu'il était trop gentil et les considérait un peu trop à son goût, lui qui avait l'habitude de ses servir et de les jeter ensuite dans le caniveau. Toutefois, il sentait que ce n'était plus qu'une question de temps, maintenant, surtout avec l'information qu'il avait, un bon moyen de réveiller son instinct de chasse implacable. Cela faisait des mois qu'il lui en parlait.
« - Cependant, avant, je crois que ton cousin a une annonce à faire.
- Tout à fait, et ta présence est de bons augures, car cela te concerne dans un sens, confirma ce dernier. Ce que nous espérions depuis le nouvel an vient d'arriver. Notre attente et tes espoirs viennent d'être récompensés.
- Tu vois, mon cher neveu, sourit alors machiavéliquement l'hôtesse de ces lieux. La patience paie toujours. Ton cousin a été bien avisé en nous invitant d'en faire l'effort.
- Mais est-ce certain ?
- Oui, cousin. Ma source est plus que fiable. »
A cette information, le plus jeune du trio sentit une excitation lui envahir les veines. Il avait du mal à se contenir tellement il avait espéré ce moment. Il était tellement dans sa bulle qu'il eut un peu de difficultés à se concentrer sur les prochaines paroles de sa tante.
« - Finalement, la jalousie et la bêtise de ce garçon ont joué en ta faveur. Je t'avais dit qu'il n'était pas à sa hauteur. Ils ont évolué dans deux mondes trop différents, à l'opposé l'un de l'autre pour que cela puisse continuer longtemps. Maintenant, c'est à toi de jouer. Cependant, fais-le finement. Il ne faudrait pas l'effrayer, la pauvre petite
-… Je ne sais pas trop. C'est peut-être un peu tôt, se mit à douter son neveu. N'est-ce pas cruel de se servir de sa détresse ?
- Pas du tout. Tu la consoleras. On m'a informée que tu savais y faire avec les femmes. Elle l'aura vite envoyé aux oubliettes avec toi. Je t'assure. Et puis, N'oublie pas que tu es issu d'une des plus anciennes et des plus puissantes familles qui a foulé cette terre. Nous obtenons toujours ce que nous voulons. C'est dans notre nature… Et puis, tu la veux, non ? »
A cette question, le regard de son neveu se fit à regarder dans le vague. Depuis qu'il avait posé ses yeux sur des photos la représentant, dès qu'il avait espionné sa voix et son rire dans des enregistrements où il l'avait vue jouer avec des enfants, à être telle la mère qu'il n'a jamais connu, mais surtout entendu les louanges qu'on lui avait été faite d'elle, tout son être la réclamait. C'était devenu pour lui l'image même de l'idéal féminin. Et savoir que maintenant, il avait une chance.
« - Je la veux, déclara-t-il avec détermination, serrant les mains ses genoux.
- Alors, n'hésite pas et fais valoir tes droits par tous les moyens possibles, quitte à écraser tout sur ton passage. Pas de pitié. C'est ainsi qu'on obtient le pouvoir et qu'on s'inclinera devant toi. Plus jamais, on ne rira de toi. Plus jamais, on ne te méprisera. Fais-nous confiance. Nous sommes ta famille et nous y arriverons ensemble. Ai confiance en toi. Tu es un jeune homme plein de promesse et personne ne te résistera. Tu la veux, alors prends-la.
- Vous avez raison ma tante. Il n'y a plus de place pour la pitié.
- Bien, lui sourit presque maternellement cette dernière, en lui caressant du bout de son ongle la joue. Je pense que nous aurons notre discussion plus tard. La nouvelle t'a un peu chamboulé. Va te reposer. »
Reconnaissant envers celle qui l'avait pris sous son aile, le jeune homme se leva et la saluant prit congé sous le regard encourageant et protecteur des membres de sa famille. La porte de nouveau close, ces yeux qui le fixèrent devinrent plus sombres, mais surtout plus calculateurs que jamais. Faisant un simple signe, la femme se vit remplir sa coupe par le porteur de cette magnifique nouvelle alors qu'un éclair illuminait son visage au sourire maléfique.
«- Ainsi, cette Hyuga et cet Inuzuka se sont avérés des alliés de poids, sans même s'en rendre compte en plus. Les imbéciles, commença-t-elle. Ils nous ont bien été utiles pour créer la zizanie. Envoyer à cet idiot des photos le montrant avec elle, et en insinuer qu'elle le préférait à lui furent un jeu d'enfant et si aisés… Et cette femme a bien joué son rôle visiblement... Un tel résultat pour si peu d'effort… Magnifique… Toutes mes félicitations.
- Le plan de rester tel un serpent enfoui dans le sable en attente de ses proies s'est déroulé à merveille en effet. Merci pour le compliment. Cependant, c'était la partie la plus facile. Le plus difficile reste à faire. Il va être dur, je pense, de faire tomber ses barrières et lui imposer l'oubli.
- Tu as parfaitement raison. C'est maintenant que tout se joue. Assure-toi que toutes les aides soient apportées à notre cher protégé.
- Bien, » s'inclina l'homme à la si bonne nouvelle.
Ce dernier prit ensuite congé de sa parente et vagua à ses occupations. Derrière la porte qu'il venait de fermer, un rire diabolique s'éleva dans les airs. Toujours assisse à siroter sa coupe, la maîtresse des lieux jubilait. Tout ce déroulait pour le mieux. Reprenant son calme glacial, elle se saisit d'un médaillon qui pendouillait à son cou et joua avec, le faisant danser entre ses doigts. Elle en ouvrit le fermoir. A l'intérieur, deux photos trônaient, une sur chaque face. C'était deux couples. Du bout de son ongle manucuré, elle caressa l'image d'une jeune femme aux longs cheveux rouges et aux yeux émeraude. Bizarrement, à côté de celui-ci, un rond noir, faisant penser à la brûlure d'une cigarette, remplaçait le visage d'un jeune homme, laissant juste entrevoir la couleur d'or d'une chevelure hérissée.
«- Kushina, tu n'aurais jamais dû le choisir à ma place. Votre fils paiera pour ton erreur. Oh, mais rassure-toi, il ne sera pas le seul.
Prononçant ces dernières paroles, elle fixa alors l'autre photo où deux paires d'yeux immaculés plongeaient dans son âme noire.
-Toi aussi, mon cher Hiahi, tu paieras d'une manière ou d'une autre de m'avoir volée ce qui me revenait de droit. »
Fermant le bijou, un nouveau rire s'échappa de sa gorge, alors que dans la cheminée, le feu se revigora subitement, l'emportant dans sa fumée vers le firmament. Au même moment, dans le parc boisé, à la fontaine somptueuse, un bruit assourdissant commençait à s'élever dans les airs. La lumière rayonnante du soleil se fit dévorer par la noirceur de nuages si gris que le jour faillit se muer en nuit. Sur le sol, près du petit ruisseau qui formait une des frontières à cet espace de nature, deux roses aux pétales étalées et aux épines souillées de sang étaient abandonnées seules. Puis comme magie, les voiles douces et soyeuses des fleurs se mirent à s'envoler et à virevolter dans les airs au rythme d'une brise se levant. Le fin souffle du vent s'intensifia pour devenir bourrasque emmenant dans son sillage une goutte d'eau, puis une autre et encore une autre, s'écrasant sur cette terre et ces témoignages d'un amour perdu. Un rideau d'eau finit par s'abattre sur le sol au même moment où un éclair illumina la silhouette et le visage d'une jeune fille en pleurs, le cœur brisé par ce qu'elle s'était forcée à faire.
Elle leva les yeux au ciel et les fermant, laissa la pluie glisser sur son visage, se mêlant à ses larmes. Hinata errait depuis des heures, marchant sur les chemins et la verdure dans l'espoir de calmer sa douleur. Oh qu'elle avait mal et souffrait, mais bizarrement, elle se sentait légère. C'était étrange, très étrange comme sensation. Un poids venait de quitter ses épaules, mais un autre encerclait son cœur. Elle se sentait vide, comme si on venait de retirer une pièce importante d'elle-même. Elle espérait juste avoir fait le bon choix de rompre avec Naruto. Une partie d'elle la réprimandait d'avoir fermé les yeux sur la peine qu'elle avait lu dans ses yeux bleus, pouvant témoigner de sa sincérité. A l'opposé, une autre voix en elle la félicitait de les avoir libérés d'une relation qui ne menait à rien au final… Ou du moins, où elle n'avait plus sa place.
Sentant ses vêtements s'alourdirent de plus en plus par l'imprégnation de l'eau tombée du ciel, Hinata se résolut à rentrer chez elle, le cœur alourdi par un sentiment de solitude, alors que les éclairs continuaient à s'approcher, illuminant le ciel, et que le tonnerre faisait égo à des coups de boxe donnés avec violence en un lieu éloigné, et pourtant si connu de nos acteurs. Un peu plus loin, au sein du même parc, ne prenant pas conscience de son existence dans leur environnement, un couple, main dans la main, courait sous la pluie en direction de leur voiture où les deux trouvèrent refuge. Ni une, ni deux, le véhicule démarra, en route vers un endroit plus confortable. Bientôt arrivés, les deux personnes s'engouffrèrent dans une grande demeure où l'accueillirent Sasuke et Juugo. Face à leur état, ce dernier partit en cuisine préparée une boisson chaude alors que le ténébreux les fusillait du regard.
« - Quelque chose ne va pas Sasuke ?
-Je peux savoir ce qu'elle fait là, Iruka ?
Se tournant vers ce que désignait le mouvement de tête du jeune homme le plus stoïque qu'il connaissait, en dehors de Neji et Gaara, l'instituteur comprit qu'il parlait de sa compagne. Il fit alors les présentations en précisant bien à l'Uchiwa que la situation avait trouvé dénouement plus que positif et explication. Bien que suspicieux et circonspect, Sasuke daigna partager une poignée de main avec la nouvelle arrivante.
« - Si je peux vous donner un conseil à tous les deux, leur signala-t-il. Il faudrait mieux qu'elle ne croise pas Naruto.
-Naruto ?! Il est présent ?
- Ouais, et de très mauvaise humeur si tu veux tout savoir. Je crois que je n'aimerais pas être celui qui aura l'audace de l'interrompre dans son défouloir. Il risque de le regretter amèrement. »
En effet, après avoir été rejeté par Hinata, l'Uzumaki était rentré dans une colère noire, au point qu'il avait cogné un arbre non loin de lui. Il avait besoin de se défouler, d'évacuer toute cette énergie négative qui le rongeait. S'il avait pu déclencher une guerre pour venger son cœur en miette et faire payer aux responsables ses tourments, il l'aurait fait sans aucune hésitation. Il faisait un tel carnage sur ce pauvre tronc de bois que les passants commençaient à lui jeter des regards des plus curieux, si ce n'était réprobateur. Ne désirant pas qu'une personne appelle un policier, Naruto s'était donc résigné à rentrer chez lui. Arrivé, il n'avait même pas pris la peine de saluer son meilleur ami et était passé devant lui, les yeux sombres et une aura meurtrière alourdissant l'air. Même Juugo, malgré sa grande carrure, avait retenu son souffle, libérant ses poumons que quand il avait entendu la porte de la salle de sport se fermer dans un grand fracas.
Depuis, le bruit de coups s'enchainaient inexorablement. Iruka eut du mal à croire à cette histoire. Certes, il avait quitté son fils adoptif en mauvais terme, mais cela semblait aller avec Hinata. De plus, la vérité révélée à cette dernière avait dû arranger les choses…, à moins que ce ne fût que la goutte de trop. Peut-être que d'autres reproches pesaient sur les épaules du jeune homme. Que devait-il faire ? Aller le voir ou le laisser décolérer avant d'essayer de parler avec lui ? La prudence conseillerait sans doute de laisser couler un peu de temps. Toutefois, connaissant le tempérament du blond, cela pouvait durer des jours et des jours. De plus, son cœur de père ne pouvait pas l'abandonner une nouvelle fois dans sa peine. Il avait déjà manqué à son devoir, et il ne referait pas la même erreur. Iruka prit alors son courage à deux mains et descendit vers le sous-sol.
Dès qu'il ouvrit la porte d'accès et qu'il posa le pied sur la première marche de l'escalier, il entendit les cris de Naruto à chaque coup qu'il donnait dans l'énième sac de sables. Visiblement, il était bon pour en acheter un autre dans peu de temps si son pupille continuait à s'acharner dessus. Il n'allait pas de main morte, ce qui prouvait que la situation était grave. L'instituteur arriva bientôt sur le seuil de la salle et y pénétra. Il serait attendu à ce que le grincement de la porte face réagir le blond, mais ce ne fut pas le cas. Ce dernier était là, torse nu, les poings cognant sans aucune protection avec toute la rage du monde. Son visage était en sueur, mais tellement qu'Iruka ne savait pas si ce n'était pas des larmes qui coulaient sur ses joues. Cela devait faire des heures qu'il devait taper dans ce sac. S'avançant, il se fit connaître prudemment en s'installant derrière ce dernier pour le maintenir. Quand il le fit, il put alors ressentir dans tout son corps les vibrations engendrées par le coup qui s'abattit une fois de plus.
« - Naruto… Que se passe-t-il ?
-… Rien, fut la réponse qui lui fut faite juste entre les dérouillés qu'il continuait. Tout… va… bien… dans le… meilleur… des mondes. »
Mais bien sûr, ne put s'empêcher de penser l'Umino, et ce sont des marmottes qui pliaient l'emballage autour du chocolat. Surtout qu'au moment où il prononça cette phrase que l'élève officier mit une telle force dans son coup que son père adoptif eut la plus grande difficulté pour ne pas tomber en arrière, tentant de s'ancrer dans le sol.
« - Naruto, je sais qu'en cet instant, je dois être le dernier à qui tu voudrais te confier, vu comment je t'ai traité. Cependant, nous formons une famille et se serrer les coudes est le mieux qu'on puisse faire en tant que telle…, surtout que je me doute que tu connais la vérité. Hinata a dû t'en parler.»
A cela, l'Uzumaki suspendit son poing à quelques millimètres du sac. Alors comme ça, il savait lui-aussi. Il était soulagé d'un certain côté qu'Iruka soit au courant qu'il n'avait rien fait. Il resta un instant dans cette position avant de fermer les yeux. Soufflant, il quitta sa garde et laissa tomber ses bras le long de son corps, la tête rentrée entre ses épaules, comme s'il se retenait de fondre en larmes. Mais était-ce de rage ou de peine ? Même l'homme qui l'avait vu grandir, ne pouvait départager leur signification. De toute manière, il avait d'autre chose en tête à cet instant précis. Après une observation de celui qui se trouvait devant lui et qui faisait peine à voir, des traces de sang se dévoilèrent à ses yeux qu'il en fut horrifié. Quittant l'arrière du sac, il se précipita au devant de Naruto et se saisit de la main meurtrie. Il y vit des jointures abîmées, mais aussi comme des griffures au niveau de la paume. Fronçant les sourcils, il en tira même un bout d'épines encore enfoncé dans la peau.
Se dirigeant vers une armoire de la salle, Iruka en sortit une trousse de secours. Il somma son fils adoptif de s'asseoir et de se laisser soigner. Celui-ci fut au début réticent, mais finit par céder, malgré la colère encore présente en son cœur. Cependant, il avait besoin en cet instant d'un peu de chaleur humaine et celui qui l'a élevé la lui offrait sur un plateau. Toutefois, il garda le silence et fut reconnaissant de ne pas être poussé à la confidence, le souvenir d'avoir été insulté de menteur toujours au travers de la gorge. Après avoir grincé des dents au passage de l'antiseptique et voir sa main se faire bander, Naruto savait pertinemment qu'il allait devoir révéler les raisons de son comportement, mais surtout la cause de la plus grande meurtrissure de sa vie, bien qu'il aurait voulu garder cela pour lui. Quoi que… Rien ne l'obligeait à se livrer, même à Iruka, et ce fut ce qu'il décida.
«- Allez, raconte, l'invita son père adoptif, en terminant le bandage.
- Je ne veux pas en parler…, surtout à quelqu'un qui m'a tourné le dos, affirma avec amertume l'Uzumaki en se levant.
- Naruto, se désola, triste l'Umino. Je sais que j'aurais dû te donner le bénéfice du doute. Je t'ai déjà présenté mes excuses. Que veux-tu de plus ?
-…, baissa la tête le blond, ne sachant pas lui-même.
- J'avais le cœur meurtri. Je pense que tu peux comprendre les effets que cela produit sur une personne et la méfiance que cela engendre. »
A cet argument, Naruto en serra de nouveau les poings, bien qu'il gémit un peu de douleur quand ses doigts s'enfoncèrent dans ses blessures, mais en fit fi. Oui, il comprenait, et plus que bien. Cependant, sa rage était la geôlière de sa raison et la maîtresse de ses émotions. Il n'était pas en état de l'entendre. Une part de rendait responsable Iruka de son malheur. Toutefois, une autre partie voulait lui laisser une chance. Finalement, il se décida pour un statuquo. Il allait lui en faire part que sa colère explosa d'un coup. Il serra les dents à s'en faire éclater la mâchoire. Comment avait-elle l'audace de se pointer ici ?
Face à cette nouvelle tension qui envahissait un peu plus l'air, Iruka regarda par-dessus son épaule, le corps de son fils adoptif lui faisant barrage à la porte. Là, il prit peur et se précipita au devant du blond, espérant faire barrage à cette force qui allait surement s'abattre à la moindre étincelle allumée. Cette dernière fut représentée par une main se glissant dans celle de l'instituteur.
« - Vous ! Qu'est-ce que vous faites ici ? Et pourquoi vous semblez si proche avec mon père adoptif ? C'est quoi cette embrouille ?
- Excusez-moi. Je n'aurai peut-être pas dû descendre, mais je m'inquiétais un peu et je désirais présenter mes excuses.
- Vos excuses ?! Vos excuses ?! Mais j'en ai rien à battre de vos excuses, se mit à crier le blond.
- Calme-toi Naruto, le supplia Iruka. Je comprends ta colère, bien qu'elle me surprenne.
- Ah ouais ?! Elle te surprend… Pourtant elle est légitime, ironisa le blond. Surtout quand je te vois main dans la main avec cette… cette poufiasse, à tes côtés. Vous vous êtes concertés entre vous pour me faire souffrir ?! »
A ce qualificatif, la nouvelle arrivante en baissa les yeux, blessée. Combien de fois avait-elle entendu cette injure ? Elle ne les comptait plus. Cependant, au vu des circonstances, quelle personne ne réagirait pas ainsi, surtout quand leur propre couple était en danger à cause de son étourderie ? Elle espérait juste que le calme revienne un tant soit peu pour que ce jeune homme si vindicatif puisse les écouter, en espérant qu'il lui pardonne. Ce serait dommage de rentrer en conflit avec lui maintenant.
-Naruto, ta fureur te pousse trop loin là, affirma sèchement l'Umino. Tu n'as pas à l'insulter ainsi. Laisse-nous t'expliquer.
- Mais je n'en ai rien à foutre d'elle et de ce qu'elle a dire ! A cause d'elle, tu m'as pris pour un traître, mais surtout, j'ai…, s'emporta Naruto avant de se mordre la lèvre pour éviter de continuer. Et tu veux que je la respecte ?! C'est trop fort ! Et pourquoi tu la défends ? Elle t'a ensorcelé ou quoi ? C'est moi que tu aurais dû et que tu devrais soutenir, pas elle. Qui est-elle ?
- J'en conviens, lui répondit l'instituteur.
- Alors pourquoi tu es de son côté et non du mien ? Qui est-elle pour toi ?
- Je te présente Mei Terumi. Au début, une ancienne camarade d'Université dont j'étais amoureux, mais qui n'a jamais daigné poser son dévolu sur moi. Puis, quand je l'ai recroisé après des années de silence, l'inspectrice d'académie qui venait contrôler mon travail. Ensuite, une connaissance devenue une amie à force de se croiser dans les colloques et les stages de formation… Et enfin, ma petite-amie. Voilà pourquoi je la défends.
- Ta petite-amie, n'en revenait pas le blond. Cette garce est ta petite-amie ?!
- Surveille ton langage, Naruto affirma sèchement Iruka. Je peux comprendre que tu ais du mal à la respecter, vu ce qui s'est passé, mais au moins ais un peu de respect pour mes sentiments… Je l'aime comme tu dis aimer Hinata.
- Mouais, se contenta de répondre le blond, tellement il était en rage, mais son père adoptif avait raison.
Il devait au moins le respect à ce qu'il ressentait pour cette… cette femme. Par contre, il n'appréciait pas beaucoup comment il jugeait son amour pour sa princesse. Il entendait le doute dans sa voix et cela eut le don de dédoubler sa colère. De plus, il avait toujours du mal à avaler le fait que personne ne l'ait cru ce jour-là, mais surtout les conséquences. Et là, cette Mei se pointe et comme par miracle, on lui donne l'ostie sans confession. Mais, surtout, il n'avait pas du tout confiance en elle.
« - Et je peux savoir pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant ? Cela nous aurait évité toute cette histoire, à moins que tu avais peur de me la présenter.
- Si tu avais été un ado encore perturbé, il est vrai que oui. On ne sait jamais comment vous le dire tellement à cet âge, vos réactions étaient imprévisibles…
- Peut-être, mais,…, j'aurai été heureux malgré tout que tu vives ta vie et d'avoir une personne que j'aurai pu qualifier de… de mère, se désola Naruto, oubliant un peu sa fureur. Je ne suis plus un ado aujourd'hui, alors pourquoi ? Craignais-tu qu'elle tombe sous mon charme ?
- Parce que je voulais profiter un peu de mon histoire quelque temps, mais surtout être sûr de moi avant de te la présenter. Elle a un lourd passé avec les hommes et je désirais être certain de ses sentiments et des miens… J'ai vraiment cru que le moment était arrivé et j'avais pris la décision de faire les présentations au cours de ce fameux week-end, mais…
- Je n'étais pas là.
- Nous t'avons attendu pendant longtemps, mais sans succès. C'est pourquoi j'avais proposé à Mei de rester dormir chez nous cette nuit là, et tu connais la suite. »
Un silence suivit cette déclaration. La conscience de Naruto était coupée en deux, littéralement, son cœur ne pouvant plus l'être puisqu'il était en miette. D'un côté, il voulait être heureux pour Iruka. Cela faisait des années que ce dernier était seul, à l'élever. Beaucoup de femmes pour qui son père adoptif avait ressenti des sentiments n'avaient pas compris son orientation sexuelle et qu'il ne puisse pas avoir de l'attirance sexuelle pour elle. Comme beaucoup, il était plus aisé d'imaginer en éprouver sans sentiments, et ainsi avoir des relations sexuelles sans amour, que l'inverse. Comment une personne pouvait aimer sans être attiré sexuellement ? C'était antinomique pour bon nombre de personnes et pourtant cela existait. Le blond avait secrètement espéré pour celui qui l'avait guidé pendant son adolescence, de trouver une compagne qui essaie au moins de le comprendre et de tenter l'aventure avec lui.
Malheureusement, une seconde partie de lui n'arrivait pas à se réjouir pour Iruka. Le savoir en couple alors que lui-même ne l'était plus nourrit de nouveau sa fureur. D'autant plus que sans l'intervention de cette Mei, une chance de sauver sa romance brillait encore dans le cœur d'Hinata, mais il avait fallu qu'elle se soit trompée de chambre pour éteindre cette faible étincelle d'espoir… Enfin, si elle s'était vraiment trompée. Cette femme pouvait très bien avoir menti et avoir changé de chambre pour le désavouer aux yeux de sa princ…, non il n'avait plus le droit de la nommer ainsi,…, de son… ex. Comme cela lui écorchait le cœur de la considérer maintenant ainsi, que les larmes faillirent inondées ses paupières, mais la rage fut tellement forte qu'aucunes ne firent son apparition. Cela effaça complètement ses premières pensées bienveillantes.
« - Et bien, des félicitations seraient de rigueur. Tu l'as bien choisie, dis-moi, affirma-t-il d'un air condescendant et ironique, mais faisant tout de même sourire Iruka face à ce qu'il prenait pour un compliment avant de déchanter. Comme manipulatrice, elle se tient là… Ouais, chapeau, mademoiselle. Je ne sais pas ce que vous lui avez dit pour le mettre dans la poche. C'est quoi la suite, maintenant ? Vous me draguez dans son dos, tout en m'accusant de vous harceler si j'ouvre la bouche pour me plaindre…
- Non, bien sûr que non, tenta cette fois la compagne de son père adoptif. J'aime Iruka.
- Gardez vos boniments pour les autre, mais moi, vous ne m'aurez pas avec vos mensonges, ragea l'Uzumaki. Dis-moi, Iruka… Pourquoi tu la crois ? Moi, j'avais beau te dire que je n'y étais pour rien, mais tu m'as envoyé balader. Elle, elle se pointe et paf, c'est la vérité qui sort de sa bouche.
- Je la crois parce que je connais cette vérité et qu'elle coïncide avec ce que je connais de Mei. C'est cette vérité qui me pousse à te demander pardon, plaida ce dernier. Mes accusations étaient injustes. Je m'en veux, je t'assure.
- C'est facile tiens… Ne me prenez pas pour une bille non plus.
- Naruto, voyons, n'en revenait pas l'Umino.
- Quoi ?! Si tu crois que je vais la croire sur parole, tu te mets le doigt dans l'œil… Tout est de votre faute ! »
L'instituteur écarquilla les yeux face à la virulence qui était devant lui. Naruto respirait d'une telle fureur qu'il avait l'impression qu'une aura noire sortait de chaque pore de sa peau. Ses yeux bleus, habituellement rempli d'espièglerie, n'étaient que glace et noirceur. Rien en lui ne respirait le gentil garçon de son enfance. Il n'était que colère.
« - Fais-la partir.
- Pardon ?
- Je ne veux plus la voir chez moi !
Iruka en fronça les sourcils alors que Mei, malgré son caractère bien trempé, n'osait pas bouger un seul muscle. Elle avait devant elle une bête blessée, acculée au mur et un rien pouvait l'inciter à attaquer. Voilà ce que le jeune homme était à ses yeux. Elle voulut alors l'abaisser en prenant congé, surtout qu'elle ne désirait plus être une source de discorde entre un père et son fils. Elle l'avait été trop souvent par le passé et cela lui avait fait tout aussi mal qu'à eux. Elle amorça alors un pas en arrière. Cependant, son petit-ami ne semblait pas du même avis et resserra sa prise sur sa main qu'il tenait toujours, l'empêchant ainsi d'exécuter son intention. Elle posa alors un regard sur lui et y vit un homme déterminé à ne pas se laisser marcher sur les pieds. Bien qu'heureuse d'une telle défense, elle culpabilisait d'être peut-être encore le centre d'une dispute. Elle voulut se faire entendre mais échoua.
« - Je refuse. Cette maison est également la mienne. Je vis ici, je te le rappelle.
- Iruka, je t'en prie, réussit-elle quand même à placer. Ce n'est pas grave. Si ton fils veut que je parte, je pars. Tu vois bien qu'il est bouleversé par quelque chose.
- Et te laisser en être le bouc-émissaire ? Non, affirma l'instituteur, toujours en fixant Naruto sans sourciller une seule seconde. Tu es mon invitée. »
A ce refus, le blond vit noir et eut du mal à se contenir. Oui, Iruka était aussi chez lui, mais cette maison était son héritage, à lui et à lui seul. Cependant, il ne pouvait pas l'envoyer se faire voir aux enfers avec elle. Il restait celui qui l'avait soigné, nourri et élevé. Pourtant, il était à deux doigts de le lui envoyer dans la figure. Naruto ne voulait plus la voir, voir ce visage qui lui rappelait sa situation, ce visage qui avait tout détruit à ses yeux. Sa conscience filait un peu plus à chaque seconde et la voix qui lui soufflait qu'il était déshonorant de frapper une femme s'amoindrissait à vue d'œil. Il serra les poings, la douleur de sa main lui rappelant celle de son cœur.
« - Je veux qu'elle parte !
- Non !
- Tu m'as demandé comment te faire pardonner… Et c'est ce que je veux ! Qu'elle parte !... Non, j'ai mieux… Quitte-la !»
Un autre duel de regard se déroula entre le père et le fils adoptif, sans qu'aucun des deux daignent flancher. Chacun d'entre eux pensait être dans son bon droit, le plus âgé en défendant celle qu'il aimait, le plus jeune dans son affliction. Toutefois, Iruka commençait à hésiter. Le comportement de Naruto était anormal par rapport à ses habitudes sociables. Toute la souffrance du monde semblait émaner de ses pupilles, comme si toute joie l'avait quitté et qu'il n'était que douleur. C'était comme si c'était cette dernière qui le maintenait en vie. Alors que cela aurait peut-être dû le faire réfléchir et baisser les armes pour sonner un armistice, ou tout du moins une trêve pour discuter, malheureusement, appeler cela de l'orgueil, il prit le parti inverse de la maturité et continua à refuser.
« - Arrête de faire ton capricieux, Naruto, continua l'instituteur face à cette attitude qu'il prit pour un lâché prise. Explique-toi. »
Seul le silence fut sa seule réponse avec un blond, baissant la tête, mais pas de soumission, mais bien de violence contenu. C'était à se demander comment ses dents n'avaient pas encore éclaté à force de les serrer entre elle, et comment les jointures de ses mains arrivaient encore à être irriguées de sang tellement elles étaient blanches.
« - Maintenant ! » Perdit patience l'Umino.
Le ton fut si autoritaire que l'Uzumaki sursauta. Jamais au grand jamais, son père adoptif lui avait ordonné avec autant d'intransigeance. Il lui avait crié dessus plus d'une fois quand il faisait l'imbécile, mais jamais, il s'était exprimé ainsi devant lui. Il avait l'impression d'un coup de poing dans le ventre qu'il en eut le souffle coupé. Cependant, ce n'eut pas l'effet escompté, alors que déjà, Iruka regrettait presque déjà la façon dont il lui cracha à la figure. De part son expérience, il savait que ce n'était pas la méthode à employer avec lui. En réalité, s'il voulait l'enfermer telle une huître face à la discussion, il n'aurait pas mieux fait. Il appréhendait sa réaction maintenant. Toutefois, il resta sur sa position, poussé par le ressentiment que le comportement de Naruto lui inspirait. Et puis, il n'avait rien à craindre. Ce dernier n'oserait jamais lever la main sur Mei et lui. Il savait contrôler ses accès de fureur à l'heure d'aujourd'hui. Il voulait des explications, et il les obtiendrait.
Malheureusement, Iruka omit un détail, l'état d'esprit dans lequel le blond était plongé depuis sa rupture avec Hinata. Il n'avait plus rien de raisonnable en lui. Cette confrontation avec son père adoptif, savoir que ce dernier risquait de se faire manipuler, mais surtout voir, à son propre jugement, l'une des responsables de sa détresse, celle qu'il aura peut-être comme belle-mère, venaient de sonner le glas à la dernière parcelle d'humanité en lui. Ainsi, Naruto, la tête, toujours baissée, la releva doucement. Son regard était noir et froid. Alors comme ça, l'homme qui lui avait tourné le dos refusait de lui donner la preuve de son repenti… Il le jugeait capricieux… Soit, il allait l'être alors. Regardant au-dessus de l'épaule de son tuteur Mei, toujours protégée derrière ce dernier, il la foudroya d'éclairs.
« - Partez !
-Non ! Pas avant que tu me donnes des explications… Je l'exige, Naruto.» Revint à la charge l'Umino en serrant encore sa prise sur la main de sa petite-amie.
Pourtant, celle-ci n'avait qu'une envie, obéir à l'injonction du jeune homme. Son instinct de survie lui criait de fuir. Pourtant, c'était une femme de caractère qui ne se laissait pas facilement intimider. Elle sentait au fond d'elle que son aimé, par son énième défi, venait de dégoupiller une grenade. Il ne restait plus que quelques secondes pour qu'elle éclata, bien qu'elle priait pour se tromper. Elle allait s'opposer à ce défi qu'un rire l'interpella. Là, devant eux, Naruto riait entre ses dents, mais ce n'était pas un rire joyeux, ou même jaune… Non, c'était un rire mauvais, guttural face à cette exigence, une exigence qui n'avait aucun impact sur lui. A cela, Iruka n'y comprenait plus rien. Qu'est-ce qui avait de drôle ?
« - Et moi, je te dis qu'elle va dégager de chez moi », affirma son fils d'un ton qui semblait venir d'outre tombe.
Soudain, sans crier gare, il prit appui sur ses pieds et s'élança vers l'avant. D'un mouvement souple, il réussit à contourner l'Umino pour se retrouver face à Mei qui n'avait rien compris à comment il avait fait. Sa surprise était si soudaine, qu'elle recula avec une telle force qu'elle en lâcha la main de son aimé. Ce dernier était tout autant estomaqué qu'il ne put la retenir. Cependant, face au danger d'une poigne vengeresse qui s'apprêtait à se saisir du fin poignet pour la malmener jusqu'à la sortie, ce dernier s'interposa à la dernière seconde et bouscula l'Uzumaki. Déséquilibré, celui-ci se retrouva à quelques pas de sa cible tremblante qui tenta tout de même de faire bonne figure en se redressant face à lui, alors qu'Iruka était maintenant sur le qui-vive. Il n'en revenait pas à ce qu'il venait d'assister. Naruto avait usé de la violence. C'était presque impossible pour lui.
Il en était tellement perdu qu'il mit quelques secondes pour constater que son fils adoptif revenait à la charge, mais cette fois, en sa direction, poing fermé et armé, prêt à frapper. Le blond le voyait maintenant comme un ennemi et laissa parler sa bestialité. Il voulait qu'elle parte et tant pis pour ceux qui s'interposait à sa volonté. Bien que rompu aux sports de combat, ces quelques secondes de sidération lui coutèrent en réactivité et réalisa, mais bien trop tard qu'il n'avait plus le temps pour esquiver le coup qui lui était destiné. Fermant les yeux par réflexe, Iruka se prépara au choc.
Cependant, rien ne vint, ses oreilles bourdonnant aux grognements qu'il percevait de la place de Naruto. Rouvrant doucement les paupières, il vit alors un poing aussi serré que possible, stoppé à quelques centimètres de son visage, mais surtout il sentait une autre aura juste à côté de lui, et tout aussi combattive que celle qui émanait du blond. Et pourtant, il resta concentrer sur ce poing qui avait voulu le défigurer. En fait, il fixait surtout la poigne qui retenait le bras vengeur. Puis, mué par une force égale à celle de son adversaire, le sauveur d'Iruka détourna ce dernier de sa cible pour s'interposer entre l'agresseur et sa victime. Un silence pesant s'en suivit alors que les deux adversaires se défiaient d'un regard aussi froid que la banquise.
« - Lâche-moi Sasuke !
- Je ne crois pas non.
- Je t'ai dis de me lâcher, » cria Naruto en réussissant de dégager son poing.
Heureusement, pour le couple, il resta à sa place, se concentrant sur le nouvel arrivant. Ce dernier ne comprenait pas grand-chose à la situation. La seule chose qu'il savait était qu'il avait entendu des cris rageurs, voir presque haineux. Sachant son frère de cœur des plus susceptibles depuis les semaines passées, mais surtout ne voyant plus la compagne d'Iruka là où il l'avait laissée, il eut un mauvais pressentiment. A tous les coups, ils n'avaient pas écouté son conseil et il eut raison. Descendant dans la salle de sport aussi rapidement que possible, il eut juste le temps d'empêcher son meilleur ami à commettre l'irréparable. Cependant, il eut un prix à payer. Il était devenu le nouvel ennemi aux yeux de l'Uzumaki, un nouvel obstacle à abattre.
« - Que se passe-t-il Naruto ? Que t'ais-t-il arrivé pour qu'on ne te reconnaisse plus ? »
Malheureusement pour l'Uchiwa, le silence fut sa seule récompense. Non, ce n'était pas totalement vrai. Il en reçut une autre, le poing de son camarade de toujours se précipitant vers son visage. Expérimenté, le ténébreux le para sans trop de difficulté, alors qu'Iruka fit en sorte de protéger Mei, qui avait les larmes aux yeux face à un tel spectacle. Elle qui aurait voulu se faire accepter par le fils adoptif de son petit-ami, c'était maintenant un souhait vain, et voué aux abîmes. Elle se recroquevilla quand un nouveau cri provint du blond qui enchaînait les prises.
« - Dégage Sasuke !
-Mais calme-toi, Naruto ! Continua à se défendre ce dernier.
Et cela devenait de plus en plus difficile. Pourtant, l'Uchiwa faisait en sorte de toujours se trouver entre le couple et la bête qu'était devenu le bond, tout en évitant de se prendre un mauvais coup. Les frappes de son frère de cœur étaient rapides, mais surtout d'une force incroyable. De plus, il voyait bien qu'il avait en face de lui une personne qui s'était abandonné à ses pires instincts et à la fureur. Une petite voix lui criait qu'aucune parole ne pourrait l'atteindre pour le calmer. Il en eut la preuve quand un coup plus puissant que les autres et qui profita d'un moment d'inattention le frappa en plein visage. Chancelant, il comprit que seule la force était la solution pour lui faire entendre raison. Ni une, ni deux, le ténébreux répliqua dans la microseconde et lui atteint à son tour le menton de Naruto. Celui-ci recula avant de s'essuyer le sang qui coula de sa commissure des lèvres, imité par son adversaire.
Ceci fait, ils se jetèrent à nouveau l'un sur l'autre, le brun cherchant à l'immobiliser ou le mettre K. O, le blond pour l'éclater littéralement. Personne ne savait combien de temps, leur échange violent dura, mais il était rythmé par les cris de l'Uzumaki qui professait des paroles incohérentes et incompréhensibles. Quand soudain, le grincement rapide de la porte se fit entendre, distrayant ce dernier qui se tourna vers cette nouvelle interruption. Ce mouvement ne dura qu'une second, mais cela fut suffisant pour que l'Uchiwa arrive à cintrer son meilleur ami en dessous de ses épaules pour lui bloquer les bras vers le haut. Se sentant ainsi prisonnier, Naruto se débattit mais en vain. Toutefois, c'était ardu pour Sasuke de maintenir sa prise. Il interpella alors le nouvel entrant.
« - Juugo, vient m'aider ! Il faut le tenir jusqu'à ce qu'il se calme ! »
Ne cherchant même pas à comprendre, le roux se précipita pour apporter son concours. Du fait de sa stature, son amant pensa qu'il serait mieux à sa place. Prenant le risque à ce que son frère de cœur ne se libère, il se prépara à l'échange, mais ce qu'il craignait arriva. Sentant une faiblesse dans la prise, le prisonnier se dégagea et entreprit de se précipiter sur sa cible première tout en s'éloignant de ses adversaires. Cependant, ce n'était sans compter sur la réactivité de Juugo. Ne savant pas trop comment il y arriva, surement profitant que son ami ne connaisse pas vraiment ses capacités combattives et de son obsessions à atteindre le coupe, il s'interposa et réussit à le rebloquer de la même manière que précédemment. De nouveau emprisonner, Naruto réagit comme un fauve en cage et s'agita dans tous les sens.
Usant de sa grande taille, Juugo fit en sorte de le soulever, tout en le maintenant sous les bras, croisant ses doigts derrière la nuque de l'Uzumaki. Battant des jambes, celui-ci tentait toujours à se libérer. De ce fait, il frappait de ses talons les jambes de son geôlier qui grognait de douleur, mais cela eut pour effet d'accentuer sa prise, plutôt que de le faire lâcher. Quand à Sasuke, face à cela, il décida de se saisir de ces deux membres, alors que des cris s'élevaient dans la pièce.
« - Lâchez-moi ! Lâchez-moi, putain !
-Calme-toi Naruto, plaida Iruka qui comprit à ce moment-là son erreur. Calme-toi et on va discuter tranquillement. »
Malheureusement, sa voix, au lieu de l'apaiser, redoubla sa fureur, mais surtout les sanglots qui émanaient de Mei, qui était comme figé derrière son aimé. Soudain, sans savoir pourquoi, le visage d'Halya et celui de Sakura s'interposa à celui de cette femme qui pour lui avait contribué à la décision de sa princesse. Puis ce fut les joues trempées de cette dernière qui lui apparurent. Et encore, une fois, sa colère tripla. Naruto tendit ses muscles à son maximum. Malgré la douleur que cela engendra dans ses membres, il força ses efforts pour se démettre de la poigne de ses amis. Confronté à ce regain de violence, Sasuke fit signe à Juugo, et tous deux le basculèrent au sol, le ténébreux, le maintenant toujours les jambes, le roux les bras et le torse, usant de tout leur poids. Ainsi prisonnier, l'Uzumaki continua quand même à se battre, se tortillant dans tous les sens, et fixant toujours sa cible en hurlant.
« - Qu'elle parte !... Je veux qu'elle parte !... Salope ! Tout est de sa faute !... Lâchez-moi ! »
Comprenant qu'il parlait de cette femme, l'Uchiwa regarda par-dessus son épaule et posa ses yeux sur elle. Ce n'était peut-être pas le déclencheur, mais elle était impliquée dans cette engeance de violence et de perdition. Car oui, pour lui, l'attitude de Naruto ne voulait dire qu'une seule chose, il avait mal et que quelque chose s'était brisé en lui. Connaissant en quelque sorte, l'origine, il fut impérieux dans son ordre, entrecoupé par le souffle de ses efforts.
« - Partez ! C'est votre présence qui le rend comme ça !
-Lâchez-moi !... Foutez-la dehors ! Continua Naruto à vociférer et à se débattre.
- Mais partez, putain ! »
Face à ce spectacle, le visage d'Iruka était complètement dévasté, son cœur battant de souffrance de voir son fils adoptif ainsi. Mais qu'avait-il fait ? Il ne fut pas le seul à se poser cette question. Mei, aussi, était submergée par la culpabilité. Pourquoi avait-elle été aussi maladroite ? Pourquoi le sort s'était-il acharné ainsi ? Ce fut elle qui revint à la réalité en première. Prenant la main de son petit-ami, elle l'obligea à la regarder. Plongeant ses yeux dans ceux larmoyant de sa dulcinée, l'Umino comprit. Serrant ses doigts autour des siens, il la tira alors en dehors de la pièce, obéissant ainsi à l'injonction de Sasuke. Il ne savait ce qui avait entraîné une telle rage chez Naruto, mais il était certain que cela l'avait atteint jusqu'à l'âme.
Malheureusement, ce départ ne sonna pas le retour au calme. Le blond continuait toujours à se débattre, comme s'il restait aveugle à la place enfin vide devant lui. Il restait aussi comme sourd aux paroles de son meilleur ami qui tentait d'avoir une voix posée, sans dépasser un certain niveau de décibel.
« - Qu'elle parte !... Qu'elle parte !
-Calme-toi Naruto. Elle est partie… Tu ne la verras plus. »
Cela dura un moment quand il eut un changement. Sasuke et Juugo sentirent les mouvements du blond perdre en intensité, mais surtout en force. Lui qui s'agitait dans tous les sens, ne bougea plus que par parcimonie, alors que ses yeux azuréens commencèrent à se remplir de larmes, ses nerfs cédant les uns après l'autre. L'atmosphère changea également, passant d'une tension destructrice à une aura de désespoir sans non. Même l'Uchiwa et son amant en furent oppressés. Se calmant petit à petit, ses muscles se détendant au fur et à mesure, Naruto murmura des paroles inaudibles, au point qu'elles poussèrent le ténébreux à se pencher prudemment.
« - Hinata… Pourquoi ?... Hinata… Je veux Hinata… Je t'aime… Hinata, pourquoi ?... »
N'y comprenant rien, Sasuke se redressa et interrogea du regard Juugo qui haussa des épaules, lui signalant que lui aussi ne voyait pas de quoi il parlait. Pendant cet échange silencieux, le blond, la tête penchée sur le côté, avait les yeux plongés dans le vide, de plus en plus embrouillés pas les larmes naissantes. Devant lui, une forme fantomatique d'Hinata apparut. Le visage de celle-ci était l'expression d'une grande tristesse, alors qu'elle lui rappelait ses adieux. Quand soudain, elle disparut dans un brasement d'air.
« - HINATA ! Cria alors Naruto, en tendant la main vers le lieu où la forme venait de le quitter.
A ce cri, il eut un regain de force et tenta de se redresser. Cependant, pensant qu'il reprenait le combat, ses deux amis le maintinrent sur le sol fermement. Vaincu, l'Uzumaki relâcha soudainement tous ses muscles et s'avachit, les larmes se libérant enfin de ses paupières. Face à ce visage défait par la détresse, Sasuke commença à défaire sa prise, imité par Juugo, pour enfin le lâcher, en gardant quand même à quelques centimètres du corps de son frère de cœur ses mains au cas où. Constatant la défaite de leur adversaire et comprenant que tout était terminé, le ténébreux invita d'un signe de tête à son amant de le laisser seul avec son ami de toujours. Au début, le roux hésita un instant, quand même un peu inquiet pour sa sécurité. Suite à son insistance, mais surtout aux tremblements venant du corps à ses pieds, il obtempéra et quitta la pièce avec un dernier regard pour l'Uchiwa. Le voyant aussi préoccuper, il eut un petit pincement au cœur, le trouvant de plus en plus trop accaparé par son ancien béguin. Enfin, il espérait que cela ne durera pas trop longtemps.
De leur côté, les deux meilleurs amis étaient toujours ensemble, Naruto toujours allongé sur le sol, se retenant de pleurer, Sasuke, le regardant, en attente qu'il se décide à prononcer un mot,…, un semblant d'explications. Ils ne surent combien de temps ils restèrent ainsi quand soudain, enfin, le blond s'exprima d'une voix où plus aucune violence ne transpirait, sans pour autant oser le regarder. Ce n'était plus qu'un souffle de peine, d'anéantissement.
« - Elle m'a laissée, Sasuke… Hinata m'a abandonné… Je suis seul. »
A cette phrase, alors, tout s'expliqua aux yeux du ténébreux. Bien qu'il ne connaissait pas le fin mot de cette histoire avec cette Mei, il comprit la fureur de l'Uzumaki. Hinata avait rompu et son cœur était en miettes. L'incompréhension, la colère et sa peur de l'abandon avaient pris le dessus sur sa raison et avaient été ses guides. Dans sa rage, il fallait y voir un animal blessé, et ainsi son désespoir. Cependant, jamais il ne l'aurait reconnu ouvertement, accumulant sa frustration et sa peine jusqu'à ce qu'une étincelle le fasse exploser. Et cette étincelle fut, en cette soirée, Iruka, sa compagne, mais surtout son insistance et son aveuglement à sa souffrance. Leur combat avait vidé ses forces physiques. Son débat avait épuisé son psychique, lui permettant de lâcher prise et enfin d'avouer son ressenti.
Sasuke lui posa alors une main sur l'épaule, compatissant à sa douleur. Naruto l'accepta, car il savait que ce n'était pas de la pitié, sinon il l'aurait rejeté, et son frère de cœur en avait tout à fait conscience. Quand enfin, ses tremblements se calmèrent, le ténébreux l'aida à se lever et à se rendre à sa suite. Arrivés, il le coucha sur son lit et s'apprêta à partir en priant pour que la nuit lui apporte un semblant de réconfort. Cependant, au moment de fermer la porte derrière lui, l'Uzumaki lui pria d'une voix sourde de garder son aveu pour lui. Il le lui promit et le laissa seul, alors que lui alla chercher un peu de paix auprès de Juugo qui eut la bonté de lui offrir.
Pendant que Naruto s'endormait dans un sommeil sans rêve, rythmé par le bruit de la pluie cliquetant contre sa fenêtre, dans une autre demeure, un homme de son âge, lui, était debout face à ce spectacle de la nature. Il avait presque promis à sa protectrice de ne pas faire preuve d'aucune pitié, et il ne voulait absolument pas la décevoir. Cependant, quelques traces de scrupules lui tordaient les entrailles. Glissant sa main dans sa poche portefeuille, il en sortit une photo à chaque fois qu'il doutait et sourit devant l'image d'une jeune femme aux yeux blancs et aux longs cheveux bleutés. Envouté, il caressa du bout de son doigt ses traits et ses doutes s'envolèrent. Il n'avait jamais échoué sans pour autant empiéter sur ce qu'il pensait juste, alors elle ne fera pas exception… Bientôt, oui bientôt, il sera à lui.
