Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.

Note : Recueil d'OS écrits pendant les nuits HPF (une heure pour un texte sur un thème donné), d'où les formats et les ratings variables.

Univers : UA Saison 2.

Rating : Entre K+ et T.


S'éloigner du froid


La neige a fait son grand retour dans le Maryland, noyant le paysage sous plusieurs centimètres blancs qui encombrent les routes. Derrière la fenêtre de sa chambre, Frederick observe la danse des flocons d'un air songeur, le menton en appui sur une main, son regard et venant sur le mouvement irrégulier des points blancs dans le ciel qui s'obscurcit. Il frissonne, comme à chaque fois que l'hiver vient, replongeant sans le vouloir dans l'un de ses pires souvenirs, lorsqu'il a dû fuir de chez lui pour sauver sa vie, à cause d'Hannibal Lecter qui avait laissé trois cadavres dans sa maison tout en s'arrangeant pour l'accuser à sa place. Il se rappelle encore la peur dans ses veines, son trajet jusqu'en Virginie, chez Will, où il pensait trouver une sécurité toute relative avant d'être rattrapé par Crawford et son fusil. Il a beaucoup perdu ce jour-là, que ce soit son œil gauche, une partie de sa mâchoire ou sa dignité, et il n'a jamais pu oublier la sensation de terreur quand il s'est réveillé à l'hôpital. Depuis lors, il peine à supporter la simple vue de la neige, pris par des crises de panique qu'il ne maîtrise pas encore très bien malgré des mois à essayer de s'en défaire.

« Arrête de te faire du mal, murmure Will en venant l'enlacer. »

Le psychiatre se perd dans l'étreinte chaleureuse, savourant la présence de l'empathe derrière lui. Alors que le froid envahit peu à peu la maison, il n'a pas besoin de prendre une couverture, le consultant du FBI lui servant de radiateur ambulant dès qu'ils s'étreignent. Frederick se sait chanceux d'être avec Will, il savoure chaque instant avec la peur de rêver et de se retrouver seul un beau matin, en constatant que rien de tout cela n'est vrai. Il estime ne pas mériter la tendresse qu'il lit dans le regard du plus jeune, ni cet amour qui s'est tissé entre eux alors que rien ne les prédestinait à vivre l'un avec l'autre. L'empathe est venu habiter chez lui de manière définitive, amenant avec lui ses chiens – dont deux supplémentaires qu'ils ont trouvés ensemble et qu'ils ont appelés Bolivie et Carotte – et revendant sa maison. Cette marque de confiance a rendu Chilton plus joyeux, plus calme et nettement moins hautain avec ses employés.

Si leur rapprochement paraît toujours être un miracle pour le directeur de l'hôpital psychiatrique pour criminels aliénés, Will semble s'y accommoder bien mieux que lui. Ils n'ont pas encore officialisé auprès des collègues de Graham car ils ont conscience du mépris que certains ont à l'égard de Frederick – et il ne peut pas les blâmer pour cela, au contraire – sans compter le risque que Lecter finisse par le découvrir à son tour. Chilton est persuadé que c'est déjà le cas car le cannibale est bien trop perspicace pour passer à côté d'une telle information, bien que ce soit surprenant qu'ils n'aient pas été visités par l'Éventreur de Chesapeake.

« J'aimerais parler de toi à Jack, lui souffle Will en le tirant de ses pensées.

— Tu es sûr ? s'enquiert Frederick en fronçant les sourcils. Tu ne crains pas les remarques de Price et Zeller ? Ou de Crawford lui-même ? Tu sais qu'ils ne m'apprécient pas, aucun d'entre eux.

— Ils devront pourtant s'habituer, je ne tiens pas à te cacher toute ma vie. Et ils verront bien que je ne suis plus chez moi, ma maison appartient à quelqu'un d'autre. À moins que tu ne préfères que je parte. »

Le ton de Will est soudain incertain, alertant le psychiatre qui se retourne pour lui faire face, prenant son visage entre ses mains.

« Tu crois que c'est ce que je pense ? Je … je t'aime, Will. Et je ne veux pas que tout s'arrête, je n'y survivrais pas.

— Je t'aime aussi, sourit l'empathe avant de l'embrasser. Mais je me pose des questions sur nous et notre entourage. Sortir en s'assurant d'être seuls n'est pas une vie, Frederick. J'aimerais prendre ta main dans la rue sans avoir peur des regards de nos collègues, pouvoir montrer au monde entier que nous sommes heureux. J'en ai assez de me dissimuler derrière des prétextes, je n'ai pas honte d'être avec toi. »

Le plus vieux sent ses yeux s'humidifier sous l'afflux soudain de larmes. Il ne pleure pas à cause d'un chagrin quelconque ou d'une possible douleur, non, il sanglote parce qu'il est touché par les mots de son amant. Il n'a jamais connu une aussi grande douceur à son égard et il s'accroche à Will, serrant son haut de pyjama entre ses mains, sa tête trouvant sa place contre l'épaule de l'empathe. Les doigts du plus jeune se glissent sous le tissu de son haut, caressant sa peau avec tendresse, alors qu'il lui murmure qu'il l'aime, encore et encore.

Frederick finit par se calmer dans les bras de son compagnon, apaisé par son contact. Will l'embrasse sur la tempe puis sur la joue avant de trouver ses lèvres. Leurs baisers les entraînent vers leur lit où ils s'allongent l'un contre l'autre, poursuivant leur embrassade sans empressement. Le psychiatre en oublie le monde en-dehors, la neige qui continue de tomber, ses angoisses nocturnes qui ne reviendront pas ce soir. Il se contente de profiter de la chaleur du consultant, de sa peau contre la sienne, de sa bouche qui glisse sur son corps et le noie dans un plaisir qui l'électrise.