Me voila avec une nouvelle mini-fic AU. Elle ne devait faire que 3 chapitres au début et puis j'ai été prise dans l'engrenage et elle en fait 7 finalement.

Cette fic a une particularité. En fait, j'ai toujours écrit mes fics sous forme de récit, au passé. Pour me donner une sorte de challenge, j'ai décidé d'écrire cette fic avec les points de vue de Tris et Tobias, à tour de rôle. Elle est donc écrite au présent.

Je vous demanderai donc d'être indulgent car c'est la première que je fais comme ça et si ça vous plait, je continuerai probablement à en écrire de la sorte.

Je compte donc sur vous pour me donner votre avis.

Merci et bonne lecture !


Tris

Je regarde notre fille de presque 5 ans, jouer dans notre jardin derrière la maison. Il fait doux étant donné que nous sommes la fin du mois de mai et puisque je suis de repos, j'en ai profité pour passer un peu de temps avec elle. En effet, mon emploi de professeur de littérature au collège me laisse peu de temps de répit, alors je chérie chaque moment que je peux passer avec elle. Etant donné que Tobias est absent parfois pendant plusieurs mois, je suis devenue plutôt indépendante et j'ai décidé d'accepter cet emploi en septembre dernier, avant la rentrée. En premier lieu, Tobias ne voyait pas l'utilité que j'aie un travail mais je lui ai expliqué que j'en avais besoin, que j'avais l'impression d'avoir ma place auprès de ces enfants alors que lui, servait notre pays dans une équipe de Navy Seals. Je ne savais presque jamais où il partait en mission et allait risquer sa vie alors je lui ai demandé de me faire confiance, ce qu'il a fait. Nous avons une totale confiance l'un envers l'autre. C'est pour ça que je sais qu'il fait le maximum pour rester en vie à l'autre bout du monde. Cela fait une semaine qu'il est parti je ne sais où. Tous les jours il m'envoie un sms ou un mail pour me dire qu'il va bien, c'est notre petit rituel.

J'avais à peine 20 ans quand j'ai eu Abigail et Tobias 22 mais nous voulions ce petit miracle qui n'était que le fruit de notre amour. Même si je savais que son travail l'éloignerait loin de moi plusieurs fois par an, je savais que je pourrais m'occuper de notre enfant. Je souris bêtement en repensant au moment où je lui ai appris ma grossesse.

xxx

5 ans et 7 mois plus tôt

Cela faisait plusieurs mois qu'avec Tobias, nous essayions d'avoir un enfant puis il avait appris son affectation dans une équipe de Navy Seals. C'était tout ce qu'il avait toujours rêvé dans la vie alors lorsqu'il m'avait annoncé qu'il partait pour une mission d'un mois, j'étais tout simplement heureuse pour lui. Son absence a d'abord été difficile à gérer mais heureusement mes amis m'aidaient beaucoup à tenir le coup puis une semaine avant le retour de Tobias, j'avais commencé à avoir des vertiges. Je n'avais d'abord pas trop porté attention à ça jusqu'à ce que cela m'arrive lors d'un de mes cours lorsque j'étais étudiante en fac. Ma meilleure amie, Christina, n'avait pas voulu me laisser tranquille tant que je n'avais pas vu un médecin. Après avoir fait une prise de sang deux jours après, la nouvelle était tombée : j'étais enceinte. Tobias est revenu trois jours plus tard et j'ai vraiment dû batailler pour ne rien lui avouer puisque nous nous appelions tous les jours. J'ai donc attendu qu'il rentre à la maison. Lorsqu'il est arrivé, je lui ai sauté au cou :

« Et bien, quel accueil ! » me dit-il en souriant.

« Tu m'as tellement manqué mon cœur ! Comment ça s'est passé ? »

« Bien, je me suis intégré dans l'équipe. On a fait du bon boulot. »

« Je sais que tu ne peux pas me raconter ce que tu as fait mais je suis contente que ça se passe comme tu le voulais » j'ajoute, vraiment sincère dans mes paroles.

« Et toi, ce mois-ci n'a pas été trop long ? »

« Si, chaque jour loin de toi a été une vraie torture »

« Oh, alors il faut remédier à ça » me susurre-t-il en me serrant contre lui par la taille.

« Crois-moi, il n'y a rien que je ne veuille plus au monde mais avant, j'ai quelque chose à te dire » j'ai le sourire aux lèvres, je vais enfin pouvoir lui annoncer. « Viens, asseyons-nous » il me suit sans résister. Il a l'air subitement inquiet.

« Est-ce que tu vas bien ? » je peux voir qu'il angoisse.

« Oui, ça va même plus que bien » Je le rassure en lui tenant la main et en l'asseyant sur le canapé à mes côtés. « La semaine dernière, j'ai eu des vertiges… »

« Quoi ? Mais enfin, pourquoi tu ne m'as rien dit ? Tu as quelque chose de grave ? Je t'en prie mon amour, dis-moi ce que tu as ? » Je pose alors mes mains sur ses joues pour le calmer.

« Tobias, je vais bien, calme-toi » Il souffle, soulagé et je reprends ses mains dans les miennes. « J'ai fait des examens et le fait est que nous allons avoir un bébé ! » Je hurle presque à la fin, hystérique depuis le temps que j'attendais cette annonce mais soudain, je me rends compte qu'il ne réagit pas.« Tobias ? Tu n'es pas heureux ? ».

« Je… si bien sûr » me répond-il en me souriant timidement.

« Mais alors que se passe-t-il ? Je ne comprends pas son absence de réaction, à vrai dire, ça me terrifie. Et s'il avait changé d'avis ?« Tu ne veux plus d'un bébé ? »

« Quoi ? Si, si, plus que tout au monde… C'est que… »

« Que quoi ? Vas-y, Tobias, je t'écoute » Je lui parle doucement car je comprends qu'il y a quelque chose de profond derrière son silence.

« Et si je me comportais comme mon père, que j'étais violent avec lui ou toi ? » C'est donc ça.

« Mon cœur, on en a déjà parlé lorsqu'on a décidé d'avoir un enfant ensemble. Tu n'es en rien comme ton violent de père ! Et je sais que jamais tu ne nous ferais de mal. Tu sais comment j'en ai la certitude ? Parce que tu es un mari aimant, un homme formidable et tu feras un super papa ! » Je termine en l'embrassant rapidement mais il me retient contre lui et prolonge le baiser.

« Qu'est-ce que je ferai sans toi ? »

« On se le demande ! »

« Alors on va avoir un petit bébé ? Tu as fait une écho ? »

« Oui ! » Je réponds avec enthousiasme et je récupère la photo dans la poche arrière de mon jean. « Regarde, pour le moment c'est un haricot mais bientôt ce sera une petite crevette ! »

Il rigole à ma remarque et prend la photo dans ses mains. Il est subitement sérieux et l'observe comme s'il s'agissait de la huitième merveille du monde. Je le vois soudainement pâlir et pour le coup, c'est moi qui suis inquiète !

« Tobias, tu te sens bien ? »

« Je vais être papa… » finit-il par dire puis il dirige son regard vers moi. « Je t'aime tellement ! »

Il se rapproche de moi puis m'embrasse tendrement et passionnément. Autant dire que cette nuit-là, nous avons fêté non seulement son retour mais aussi la venue de notre petite fille.

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Je me lève et m'apprête à appeler ma fille quand j'entends la sonnerie de la porte d'entrée.

« Abigail, ma puce, il faut rentrer, nous avons de la visite ».

Ma fille se rapproche immédiatement et je la prends dans les bras. Même si elle n'en a plus besoin à son âge, j'aime la prendre contre moi. Je me rapproche de la porte et l'ouvre. Je trouve Zeke sur le seuil de la porte d'entrée mais lui, qui d'habitude a tellement de joie de vivre, parait éteint. Il a les yeux gonflés, comme s'il avait pleuré il y a peu de temps.

« Zeke ? » Je le vois qui cherche ses mots et je comprends soudainement qu'il est arrivé quelque chose à Tobias. « Est-ce qu'il… » Je ne peux pas terminer ma phrase, les larmes menaçant de tomber.

« Abigail, ma belle, tu ne veux pas aller jouer un peu dans ta chambre le temps que je parle à maman ? »

Ma fille adore son parrain et il le lui rend bien alors du haut de ses 4 ans, elle comprend au ton de Zeke qu'elle doit nous laisser.

« Ouais, c'est une discussion entre grandes personnes, j'ai compris parrain ».

Je rigole nerveusement, tout comme Zeke et ma fille descend de mes bras pour se précipiter dans sa chambre. Je laisse entrer Zeke et il me demande de m'asseoir, ce qui me fait complètement paniquer.

« Zeke ? »

« Tu sais que je n'ai pas le droit de rentrer dans les détails mais pour simplifier, l'équipe de Quatre est tombée dans une embuscade. Ils ont mis du temps à rentrer au camp de base. »

« Comment va-t-il ? » je suis directe mais j'ai besoin de savoir comment va mon homme.

« Il a été touché dans le poumon droit et la cuisse gauche ».

« Oh mon dieu… »

« Les médecins l'ont pris en charge dès qu'il est rentré à leur camp de base, ils l'ont fait rapatrier immédiatement car ils n'étaient pas équipés sur place pour le traiter et ils l'ont opéré dès qu'il est arrivé pour qu'il ait les meilleurs soins. Il est revenu ce matin mais il ne s'est pas encore réveillé. »

Je souffle et réalise que j'avais retenu ma respiration. Je suis soulagée. Il est en vie et il est revenu ici mais je regarde Zeke, il a l'air vraiment malheureux. Je pense qu'il y a autre chose.

« Ce n'est pas tout, je me trompe ? » Je le vois qui hésite quelques secondes avant de me regarder à nouveau et je discerne des larmes prêtes à tomber.

« Uriah… il était avec eux ».

« Comment va-t-il ? »

« Il… ne s'en est pas sorti » finit-il en baissant à nouveau le regard, ne pouvant empêcher les sanglots de tomber.

Je ne perds pas un instant et mets mes bras autour de Zeke alors qu'il pleure. Cela dure quelques instants quand il finit par se reprendre.

« Je vais te conduire à lui. Tu ne pourras pas amener Abigail ».

« Ok, je vais appeler Christina et lui laisser pour cet après-midi » je suis certaine que mon amie m'aidera.

Le trajet n'est pas long en distance mais il parait pourtant interminable pour moi. Mon cœur bat très fort, j'angoisse à l'idée de retrouver Tobias mais surtout dans quel état il se trouvera. Je suis aussi très triste pour Uriah puisqu'il était un de mes meilleurs amis. Tobias était heureux qu'il ait réussi à intégrer son équipe. Je n'ai pas de mal à imaginer qu'il l'avait pris sous son aile et quand j'y pense, je crains sa réaction lorsqu'il apprendra sa mort. Mais je dois surtout penser à Tobias et à sa convalescence car il va avoir besoin de moi. Même si je sais qu'il ne peut rien me dire de sa mission, j'espère qu'il ne se fermera pas comme une huitre dès que j'aborderais le sujet. Je veux qu'il sache que je peux être l'épaule sur laquelle il pourra pleurer.

Nous arrivons enfin à l'hôpital militaire. Zeke ne perd pas de temps et montre son badge pour qu'on nous autorise à entrer. Nous arrivons au service des soins intensifs où un médecin militaire nous attend :

« Mme Eaton, je suis le Capitaine Matthew Collins et c'est moi qui aie pris en charge le maître Eaton lorsqu'il est revenu ici. Là où il était, ils l'ont stabilisé puis l'ont mis immédiatement dans un vol pour les Etats-Unis. Une fois arrivé, il a subi une opération car la balle qu'il a reçue dans le poumon a provoqué un pneumothorax. L'intervention s'est bien passée et nous nous sommes occupés de sa cuisse, la balle n'ayant provoquée aucun dommage. Seul le muscle a été touché mais il guérira vite »

« Si tout s'est bien passé comme vous le dites, pourquoi ne s'est-il pas encore réveillé ? »

« Et bien comme il n'a été pris en charge que plusieurs heures après avoir été blessé, il a perdu beaucoup de sang et il était dans un grand état de faiblesse. Nous avons préféré le garder sédaté lors de son rapatriement afin qu'il n'y ait pas de réveil inopportun. Cela fait plusieurs heures que nous avons arrêté la sédation et il devrait se réveiller d'ici peu. »

« Mais il va aller bien ? Il n'aura pas de séquelles ? » Même si je sais qu'il va s'en sortir, je lui pose la question car je sais que c'est ce que demandera Tobias dès son réveil.

« Il devra se reposer et faire un peu de rééducation mais d'ici deux ou trois mois il sera apte à retourner dans son équipe. Vous pouvez aller le voir si vous voulez ».

Je ne me fais pas prier et avec Zeke nous le suivons puis nous nous arrêtons quelques instants plus tard devant la porte :

« Nous y sommes » nous dit-il. « Il sera faible lorsqu'il se réveillera et peut-être désorienté. Prévenez-nous dès qu'il aura ouvert les yeux. Je suis dans le service si besoin ». Il nous sourit puis part mais avant que j'entre, Zeke pose sa main sur mon épaule.

« Je vais vous laisser, tu sais, je dois encore aller voir maman pour Uriah. »

« J'aimerais pouvoir t'aider… »

« Ne t'inquiète pas. Prends soin de lui ».

Je vois à nouveau la peine et la mélancolie dans ses yeux. Je ne peux pas imaginer ce qu'il traverse actuellement, étant moi-même bien secouée par l'état de mon mari. Il me serre alors dans ses bras puis s'en va. Je reste une poignée de secondes pour me donner le courage de pousser cette porte et affronter l'état de mon homme. Je finis par l'ouvrir et j'entre sans le regarder. Je referme la porte et me rapproche et j'oriente enfin mon regard vers le lit où le corps de Tobias est allongé. Immédiatement, je suis choquée par la pâleur de sa peau. Lui, qui est d'habitude si fort, si plein de vie, paraît à cet instant si fragile. Il y a des pansements sur son thorax et il a une multitude de petites coupures sur le visage et le reste du corps. Je m'assieds sur le lit à ses côtés et pose une main sur son bras droit tandis que je passe l'autre dans ses cheveux. Je sais que ça l'apaise lorsqu'il est stressé ou contrarié. Je le regarde mieux maintenant et je vois qu'il n'a pas dû se raser depuis qu'il est parti, ça le vieillit considérablement mais je sais que c'est un peu comme un rituel dans son équipe. Tant qu'ils ne sont pas revenus de mission, ils ne se rasent pas alors je caresse sa joue velue, amusée par la douceur de sa barbe.

« Je t'aime mon cœur » et je l'embrasse tendrement sur la bouche mais il reste cruellement immobile alors je tire la chaise pour la rapprocher au plus près du lit puis m'assieds dessus tout en gardant une main sur la sienne.

Ce n'est qu'une paire d'heures plus tard que je sens que sa main bouge. Je le regarde et je vois qu'il essaie d'ouvrir les yeux. Je me lève et m'assieds sur le lit à ses côtés.

« Mon coeur, c'est bien, ouvre les yeux » Je le vois continuer de lutter pour enfin parvenir à les entrouvrir. « Hey, bonjour mon rayon de soleil ».

Je peux enfin apercevoir ses beaux yeux bleus mais il met un moment afin de les ouvrir entièrement. Il me regarde tout d'abord et ne dit rien. Il a l'air d'être en train de remettre les pièces du puzzle dans l'ordre.

« Mon coeur, tu es de retour à la maison, tu vas bien » Je continue de lui parler doucement pour l'aider à émerger pendant que j'appuie sur le bouton pour prévenir le médecin de son réveil. Je pose alors une main sur sa joue et je le vois fermer les yeux, comme si ce geste le rassurait et l'apaisait mais soudain, je le vois rouvrir les yeux. Cette fois-ci, il est bien réveillé et conscient de ce qui l'entoure.

« Tris ? »

« Oui Tobias, je suis là ».

« Et les autres, comment vont-ils ? Et Uriah ? »