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V.

LES PURIFICATEURS

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J'étais complètement éberluée, choquée, comme à peu près tous les membres de ma famille. André Lalaurie venait clairement d'insinuer que des humains, si faibles et si fragiles - sans aucuns pouvoirs en plus - arrivaient à éliminer des vampires. J'étais dubitative et plutôt incrédule. Ma mère me regardait visiblement aussi surprise que moi.

- Des humains ? fit mon grand-père.

- Je comprends votre incrédulité Carlisle, mais oui c'est exactement cela, des humains, notre nourriture... Enfin la mienne dans le cas présent, fit André Lalaurie.

Cela ne choqua pas ma famille, nous les vampires dit végétariens - si l'on peut dire - étions des cas assez rares dans notre espèce. C'était assez logique, les vampires se nourrissaient d'humains, ce n'était pas si choquant même si personnellement je n'avais jamais vu Grand-père Charlie ou Grand-mère Renée comme des sources de nourriture. Mais pour la plupart des vampires c'était un fait établi.

- Pourrais-je avoir un verre Carlisle? demanda André.

- Nous n'avons malheureusement pour vous que du sang d'origine animale, avoua mon grand-père.

- Je sais, je suis chez vous alors je me plie à vos traditions, fit poliment André.

Mon grand-père lui servit du sang - alligator à l'odeur - et malgré une réticence visible, André Lalaurie le but. Il se lécha les lèvres comme dégustant du vin et il nous regarda fixement.

- Vous êtes capable de vous contenter de cela? Vous m'impressionez énormément, fit-il poliment.

- Ce n'est pas facile tous les jours mais ce mode alimentaire nous convient à tous, fit mon père.

- Aucun problème, ce mode d'alimentation a permis qu'une arrivée aussi massive soit autorisée. Vous vous doutez que sept vampires supplémentaires dont une hybride allaient inquiéter. D'ailleurs jeune fille ?

- Oui? dis-je comprenant qu'il s'adressait à moi.

- J'ai entendu dire, ce n'est peut-être qu'un mythe, que vous pouviez également vous nourrir de nourriture humaine. Est-ce vrai ? demanda André Lalaurie avec une politesse incroyable.

- Effectivement, je peux manger comme les humains, je le fais assez souvent, dis-je alors en réponse.

- La nourriture humaine vous suffit-elle ?

- Non, je dois boire du sang mais l'animal me suffit également.

- Intéressant, fit André. Votre naissance est tout de même incroyable.

- Ma fille est un don du ciel en effet, fit ma mère.

Je la regardai alors en souriant, son petit don du ciel - elle m'appelait comme ça avant - parce qu'elle pensait ne jamais avoir d'enfant après son mariage.

- Je vous comprends, fit André. Beaucoup de femmes vampires vivent l'absence de progénitures biologiques difficilement.

- C'est le cas de l'une de mes filles, fit mon grand-père.

- D'accord... Alors les purificateurs. Je ne sais pas si vous connaissez vraiment l'histoire de la Nouvelle Orléans mais la ville fut fondée par les Français sous la direction du colon Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, en dix-sept cent dix-huit. Le nom de la ville fut choisi en l'honneur du régent, Philippe, duc d'Orléans. Au départ simple comptoir de la Compagnie du Mississippi, elle devint la capitale de l'état.

Je confirmais bêtement en remuant ma tête positivement.

- Il s'avère que dans la cour de France sous Philippe d'Orléans, régent du futur roi Louis XV se trouvait quelques vampires comme dans toutes les cours royales.

- C'est vrai? fit ma mère choquée.

- Oui, vous êtes la plus jeune je crois...

- Oui, à part ma fille forcément, fit ma mère.

- Sachez Madame Cullen que les vampires se sont toujours infiltrés dans les plus grandes cours d'Europe pour s'assurer que nos existences restaient secrètes.

- D'accord, fit ma mère.

- Bref, Philippe d'Orléans envoya avec Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, sans le savoir je précise, un vampire. Antoine de Merceaux, mon père.

J'espérais en apprendre plus sur le premier vampire de la ville mais ce n'était pas réellement à l'ordre du jour et - sachant me tenir - je ne demandai alors pas d'autres explications.

- À l'époque, nous avons voyagé sachant pertinemment que des sources de nourriture se trouvaient ici. Plusieures peuplades Amérindiennes furent exterminées par nos soins.

Je savais cela, la tribu de Jacob - les Quileutes - en était un exemple même si ils avaient répliqué.

- La Nouvelle Orléans devint rapidement le contoir commercial de la région et du Mississippi, attirant beaucoup de gens. Au sein d'eux, un jour, arriva une famille, un homme, ses deux filles et son fils aîné.

- Ils sont les premiers purificateurs ? demanda ma grand-mère.

- Ici en Amérique oui, il s'est avéré que le père de famille était le descendant d'un templier et d'un inquisiteur du Vatican. Sa famille avait déjà croisé des vampires par le passé et il a rapidement cerné nos existences.

- Mais ils n'étaient pas beaucoup pour nous tuer, fit alors mon grand-père.

- Ils ont appris, d'après mon "père", une des filles attirait nos prédécesseurs souhaitant se repaître et la famille lui tombait dessus. Nous ignorons cependant comment ces humains ont fait pour survivre à ces combats.

- Aucun humain ne peut faire jeu égal avec nous, fit mon père, même par le nombre.

- Nous pensions pareils et pourtant, ils semblaient en être capable. Rapidement, plusieurs vampires furent tués et nous avons dû négocier avec eux. Mon père n'était pas partisan des massacres, il voulait vivre en paix avec les humains sans jamais tuer sans raison, la plupart de nos victimes étaient des forçats et des meurtriers. Les vampires extérieurs à la ville ne s'en souciaient pas alors nous avons passé un marché.

- Peut-on en connaître les tenants et aboutissants ? demanda mon grand-père.

- Oui, ce qui est devenu le Vieux Carré Français devint la seule zone de chasse autorisée aux vampires.

- Vous vous êtes pliés à leur demande ? fit mon père choqué.

Je comprenais le choc, je pensais pareil.

- Oui, comme vous le savez les Volturi n'ont jamais réellement apprécié que les vampires s'entretuent. Alors, ces purificateurs firent le travail, éliminant les vampires qui s'en prenaient à la population hors de notre territoire. Nous les laissions faire car ils ne souhaitaient pas entrer dans une guerre avec nous, juste défendre la population de la Nouvelle Orléans.

- Je comprends bien la négociation, dit alors mon grand-père. Mais Jasper ne s'en prend pas aux humains. Même si il était hors du Vieux Carré.

- J'y venais...

- Excusez moi de l'interruption, fit mon grand-père.

- Ce n'est rien, c'est un membre de votre famille et je le comprends. Dès la fin du dix-neuvième siècle, pour une raison totalement inconnue, ils sont devenus plus efficaces.

- Comment? demanda ma grand-mère.

- Déjà, nous savons qu'ils ont... recrutés, je ne sais d'ailleurs pas si il existe encore des purificateurs issus de la première famille. Le peu de survivant de leurs assauts...

- Peu de survivants ? demanda ma mère.

- Oui, très peu même, de moins en moins je dirai...

- Monsieur Lalaurie? dis-je alors.

- Oui? fit-il en me regardant.

- Vous insinuez qu'ils sont devenus de plus en plus dangereux ? dis-je.

- Oui, d'après les survivants, ces purificateurs qui semblaient si humains sont devenus moins humains visiblement. Comment? Nous l'ignorons totalement mais les témoins parlent des purificateurs comme des gens plus rapides, plus forts et surtout plus agressifs que les humains de base.

- Par entraînement ? fit mon père surpris.

- Sans doute... De nos jours nous pensons à des substances chimiques proches des anabolisants. Mais le plus étonnant fut qu'ils évoluèrent avec leur monde. Comme pour votre ami Jasper, il s'est avéré qu'ils réussissent à paralyser les nôtres, nous espérions que Carlisle et ses connaissances médicales puissent nous éclairer mais nous y reviendrons.

- Vous négociez encore avec eux? demanda mon père.

- Tout le vingtième siècle fut constitué d'un certain nombre de rencontres avec eux, ils désiraient nous rendre des comptes et renegocièrent.

- Comment ? demanda mon grand-père.

- Ils demandèrent en échange de leur coopération dans l'élimination des vampires plus barbares et moins discrets, que leurs familles soient placées sous notre protection.

- Ho... Une relation symbiotique... Ils éliminent les vampires moins gérables sans que cela ne puissent gêner les Volturi et vous les protégez, fit alors mon père.

- Une façon de gérer le caractère particulier des Volturi mais oui... Ils nous listaient les vampires éliminés, les potentielles victimes, ce genre de chose.

- Comment sélectionnaient ils leurs cibles ? demanda ma grand-mère.

- Ceux qui s'en prenaient aux humains.

Nous allions tous protester par rapport à Jasper mais il leva la main pour nous calmer.

- J'y viens, fit André Lalaurie. Il s'avère que tout a changé il y a environ une dizaine d'années. Ils devinrent plus dangereux, moins sélectifs, beaucoup plus violents. Ils se sont même immiscés sur le territoire du Vieux Carré. Ils ne se souciaient plus de rien du tout. Nous étions désormais des cibles.

- Mais... commença ma mère.

- Nous avons voulu savoir, Madame Cullen. Nous avons rapidement envoyé un émissaire mais seule sa tête est revenue.

- Ils ont rompu l'accord ? fit mon grand-père.

- Il y avait un message simple: Nous avons respecté notre part du marché, pas vous. Désormais il n'y a plus de marché. Désormais chaque vampire sur notre territoire devient une cible.

Nous l'avons regardé choqués, je me demandais bien ce qui avait pû créer cette mésentente, et surtout je me demandais ce qu'ils avaient fait à Jasper.

- Rassurez vous, ils ne savent pas nous détecter et cela nous le savons, ils ont peut-être remarqué quelque chose d'étrange chez le membre de votre famille mais c'est tout, cela aurait pû être n'importe quel autre vampire.

- Vous savez d'autres choses ? demanda mon grand-père.

- Un survivant nous a raconté comment ils se battaient, fit André Lalaurie.

- Pouvez-vous nous communiquer cela? fit mon père.

- C'est assez basique, ils attendent patiemment que l'un d'entre nous se laisse tenter par un humain, cible choisie ou peut-être la même stratégie qu'au début, mais ce n'est qu'un détail. Peut-être repèrent ils également comme le membre de votre famille. Ensuite, à plusieurs, trois ou quatre en général, ils lui tombent dessus.

- Ne m'en veuillez pas Monsieur Lalaurie mais j'ai dû mal à y croire, fit mon père.

- N'hésitez pas à fouiller mon esprit, vous verrez que je ne mens pas. Il semblerait que leur force et leur vitesse avoisinent la nôtre, mais ne l'égalent pas réellement. Si les nôtres pouvaient être quantifiées à dix, les leurs seraient de sept ou huit. Ensuite, leur violence elle n'a rien à envier à la nôtre, elle est même sans doute supérieur, pour eux nous ne devons être que des monstres.

- Excusez moi, dis-je alors, mais un vampire n'est pas facilement éliminable même si ils s'approchent de nos capacités.

- Oui, et là les humains compensent par la technologie. L'objet que détient Carlisle le prouve, ils utilisent une technologie peu avancée mais efficace. On nous a rapporté l'usage d'une sorte de grenade à gel incendiaire pour brûler nos corps après une décollation. Ils utilisent toujours une lame, selon les survivants, celle-ci semblent rétractable et fixée sur un de leur bras.

J'étais assez incrédule malgré tout, mais une lame était largement plus efficace pour couper une tête après tout, les vampires qui s'affrontaient entre eux s'afrachaient simplement la tête.

- Et maintenant Carlisle, j'attends votre analyse.

Je vis mon grand-père sortir alors un objet de sa poche, un objet métallique et assez long, capable de tenir dans une main et pointu.

- Tu es sérieux Carlisle ? fit mon père.

- Je sais Edward, cela ressemble bêtement à un pieu.

- Comme dans les films? demandai-je alors étonnée. C'est une blague ? C'est totalement inefficace.

- Nous le savons et pourtant cela fonctionne, fit André Lalaurie. Celui que tient... votre grand-père est le premier exemplaire que nous réussissons à récupérer.

Tout le monde regarda attentivement Grand-père Carlisle qui nous montra alors le fameux pieu métallique.

- J'ai également été assez surpris, heureusement que nous l'avons en notre possession.

- J'ai eu la présence d'esprit de le récupérer, fit une voix dans l'escalier.

- Oncle Jasper!!!

J'étais rassurée de le voir debout, comme tout le monde je pense et surtout Tante Alice derrière lui. Il tendit les mains devant lui.

- Essayez de vous calmer, je sens votre inquiétude.

- Comment cela s'est passé ? demanda ma mère.

- Je marchais dans une rue, j'ai cru entendre quelqu'un hurler à l'aide, une femme. Je me suis engouffré dans la fameuse ruelle, pensant à une tentative de viol ou d'agression. Il y avait bien une forme féminine mais je n'ai pu discerner son visage. Une forme masculine est sortie de derrière une benne près de moi et s'est avancée. Ils sont rapides c'est sûr, à peine je m'étais retourné qu'une forme chuta d'un toit me distrayant. Celui de la benne s'est approché et m'a enfoncé ceci, fit il alors en montrant le pieu. J'ai attrapé son bras, je crois l'avoir cassé même. Puis je me suis senti faible, très faible.

- Je suis arrivé à ce moment là, les interpellant et ils se sont éclipsés très vite. Je ne les ai pas poursuivi. J'ai entendu une pensée par contre. Merde, on va se faire bien engueuler...

- Ils obéissent donc bien à un supérieur... Dire que c'était leur seule inquiétude...

- Je n'ai ressenti que de la rage et de la colère, mais également une détermination incroyable... Aucune peur cependant, ni de moi, ni même de mourir, fit Jasper. Mais le pire... Ils s'amusaient. J'ai ressenti un bien être à l'idée de se battre et c'est assez choquant... Comme si c'était normal...

- D'après les pensées et leurs voix mentales, ils semblaient en plus assez jeunes. Des universitaires au maximum.

- Jeunes? fit ma mère. Et ils... Mon dieu... Des jeunes...

- Et ils n'hésitent pas, fit Jasper.

- Je crois savoir comment tu as senti la faiblesse et surtout pourquoi, fit Carlisle.

Je vis alors mon grand-père ouvrir une sorte de clapet sur le pieu et en sortir une sorte d'ampoule.

- Ceci ressemble à un injecteur médical. Quand il a enfoncé son pieu, Jasper n'a pas réagi tout de suite. Je pense qu'il a alors sorti l'aiguille, fit mon grand-père joignant le geste à la parole. Le contenu de l'ampoule s'est injecté dans ton cœur directement.

- Mais nous sommes insensibles aux poisons, fit Tante Alice.

- Aux poisons comme tu le dis, j'ai vite analysé son contenu et ce n'est pas un poison.

- Et qu'est-ce que c'est ? demanda André Lalaurie.

- Du venin de vampire, fit il lâchant la bombe.

J'étais sur le cul, moi, je n'en avais pas mais c'était bien ce qui pouvait blesser un vampire.

- Mais cela ne peut pas nous paralyser, fit Grand-mère Esmée.

- Il n'est pas pur, fit Grand-père Carlisle. Il est coupé avec de l'hellébore clairement enrichi. C'est un purgatif très puissant...

- Ho, fit alors mon père qui avait déjà fait médecine.

- Tu comprends comme moi? fit Carlisle.

- Ce qui est ajouté... purge le corps du vampire du sang humain en lui, nous faisant perdre nos forces...

- Ils ont créé une arme pour nous affaiblir rapidement... Il ne leur reste qu'à couper notre tête et de nous incinérer, fit André Lalaurie. J'en suis impressionné.

- Ce qui est surtout impressionnant, c'est qu'ils ont récupéré du venin de vampire et sans doute à la source.

- Les purificateurs... Ils utilisent nos avantages contre nous, fit André Lalaurie.

J'étais complètement ébahie dans mon cas, j'étais sous le choc. De simples humains étaient devenus nos prédateurs grâce à nos spécificités. Si cela n'était pas si horrible, j'en serai admirative.

- Je vous remercie Carlisle, peu de vampires ici possèdent vos connaissances médicales. Grâce à vous nous avons compris, nous pourrons prendre nos précautions. J'aimerais que vous fassiez attention également. Les vampires commencent à être à cran.

- Je vous remercie de votre confiance André, fit mon grand-père.

- Sur ce, je vais prendre congé, merci encore pour les informations et le verre, fit il en se levant. Je vous conseille de faire très attention, les vampires commencent à réfléchir à se venger. Bonne soirée à vous membres de la famille Cullen.

Et André Lalaurie retourna chez lui nous laissant en famille. À peine la porte fut-elle fermée que déjà les conversations reprirent. J'étais tellement sous le choc que je n'écoutais qu'à peine mon oncle et mon père essayer de se souvenir de détails sur les agresseurs. Ni même Alice tenter d'obtenir une vision. Ma grand-mère s'occupa surtout d'apporter du sang à Jasper étant donné qu'il avait dû être totalement vidé du sang ingurgité. Moi, je ne pensais qu'à une seule chose: Oncle Jasper a failli être tué. J'adorais mon oncle, nous étions presque extrêmement proche, surtout parce qu'il passait son temps avec Tante Alice de laquelle j'étais plus que proche. J'étais presque tremblante de colère, si à cet instant j'avais mis la main sur un agresseur de mon oncle, je l'aurai clairement tué de colère. C'était à cet instant que ma mère prit la parole.

- Je crois que nous devrions rentrer à Forks, fit-elle simplement.

Je la regardai immédiatement choquée de son propos, elle était sérieuse.

- Je pense aussi, je resterai avec Esmée le temps qu'ils me trouvent un remplaçant à l'hôpital mais cela peut prendre quelques mois.

- Nous allons préparer nos valises, fit mon père.

- Je reste avec mes grands-parents, dis-je alors.

- Quoi? fit ma mère.

- J'ai des cours à suivre.

- Ma chérie, ce n'est pas important.

- Bien sûr que si Maman! J'ai commencé une scolarité, je me suis faite des amis, je ne veux pas rentrer à Forks et à nouveau être quasiment cantonnée à la maison!

- Renesmée, c'est pour ta sécurité, fit mon père.

- Ma sécurité ? Je suis la seule à sembler humaine, mon corps est chaud et je ne brille quasiment pas, je peux manger, je ne risque rien.

- Renesmée, ce n'est pas négociable ! fit mon père.

- Je ne rentrerai pas à Forks!!! hurlai-je soudainement.

- Cela suffit, me dit-il ensuite.

- Non, je refuse ! Je ne retourne pas là-bas !

Je filai immédiatement dans ma chambre, comme une adolescente normale en claquant la porte avec fracas. Je ne voulais pas repartir, pas sans au moins finir mon année. Les amis de base, je pouvais m'en passer mais la bande me manquerait trop. Grâce à eux je m'amusais, je vivais avec de l'adrénaline à profusion, je me sentais plus vivante que jamais. Je ne voulais pas repartir. Surtout que vu leurs comportements, ils pourraient devenir des victimes des vampires qui voulaient se venger et qui risquaient de s'en prendre à tous le monde.

- Ma chérie, fit la voix de Grand-père à la porte.

- Vas-t'en, dis-je.

- Puis-je entrer? dit-il alors.

- D'accord...

Je vis la porte s'ouvrir et mon grand-père entrer. Il vint me rejoindre sur mon lit et s'assit en me regardant.

- Pourquoi tu ne veux pas repartir ? fit-il calmement.

- Je peux vivre ici moi, j'ai enfin accès au lycée, à la ville, aux sorties.

- Cela ressemble à un caprice ma chérie, fit mon grand-père.

- Depuis ma naissance j'ai obéi à toutes les recommandations, je sors peu, très peu. À part avec Jacob et les Quileutes, je ne peux sortir qu'avec la famille. Ici, j'ai des amis, les premiers de ma vie. Je peux être presque normale.

- Renesmée... C'est si dur d'être restreinte à notre famille?

- Vous êtes tous allés au lycée, à l'Université, parmis les gens, vous avez découvert le monde... Pourquoi pas moi?

- Je vois... Et tu t'inquiètes ?

- Bien sûr, imagine si Papa n'était pas arrivé à temps.

- Ça je sais que tu y penses mais je parlais de tes amis, comme celui à la moto.

- Grand-père... Ils vivent hors du vieux carré, ils pourraient être des victimes, dis-je.

- Je vois... Ces amis sont déjà importants pour toi.

- Ben... Il s'en moque de ma vie, ils passent juste du temps avec moi, qu'importe mes origines ou ce que je suis, avec eux, j'ai l'impression d'être une adolescente normale. Je veux rester.

- Je vais tâcher de convaincre tes parents, après tout tu es bien celle qui risque le moins... Mais pendant quelques jours, tu restes ici, par sécurité au cas où cela virerait à la guerre dans les rues. Tu veux bien?

- Oui! Merci Grand-père.

- Mais j'aurai des conditions, déjà, tu devras faire bien plus attention et être très attentive à tout ce qui t'entoure. Tu me le jures ?

- Oui, bien sûr.

- Et je vais faire venir Jacob au cas où...

- C'est obligé ? dis-je inquiète.

- Quand notre décision sera prise. Mais si nous décidons de rentrer à Forks, tu t'y plies. Suis-je clair ?

- T'es le meilleur, dis-je pour l'attendrir.

- Je suis au courant... Mais cela risque de rendre Charlie jaloux.

Je ris alors rassurée.

†††††

La semaine qui passa ensuite, j'eus l'impression d'être en détention, même devant la maison je n'avais pas le droit d'y aller. Je recevais des messages à profusion depuis le début de ma peine de prison. Quelques un de Jake qui s'était inquiété pour le problème familial, puis de Tina qui me racontait leurs virées en me disant que je devais faire le mur. Une longue semaine où j'étais effectivement tentée de faire le mur mais j'attendais la décision. J'avais fait la gueule à mes parents non-stop, refusant de leur parler - Alice était fière de mon jeu d'adolescente mais elle ne le disait pas - et je n'adressai la parole qu'aux autres. Jasper avait fini par reprendre le travail et désormais, mon père ou Alice le rejoignait pour éviter les risques. Ma mère passait souvent frapper à ma porte mais je refusais de la voir - ce qui la blessait un peu - mais tant qu'elle voulait me renvoyer dans ma prison au milieu de la forêt de Forks, je refusais de la voir.

Au bout d'une semaine - dans la soirée du samedi - alors que je me contentais de films d'action sur mon ordinateur portable en grignotant des chips parce que j'étais censée être seule à la maison, j'entendis un bruit caractéristique : une moto. Je posais mon ordinateur sur le lit et me suis approchée de la fenêtre.

- Hey la crevette ! T'es toujours en vie? hurla la voix de Jake.

Je passai alors ma tête par la fenêtre pour le regarder choquée.

- Ha ben ouais, t'es en vie !

- Évidemment, je réponds à tes textos imbécile ! dis-je en riant.

- T'as pris perpète ? fit-il en criant.

- Non... Pourquoi ? dis-je surprise.

- Ça fait une semaine que tu te pointes même pas au lycée ! On a cru que tu t'étais faite tuer par un toxico, fit il en riant.

- Et tu te marres? T'es un con !

- Ha c'est David qui mise sur le toxico!

- Ha ouais? Et les autres ?

- Ernesto pensent que tu as eu une une mauvaise note.

- Non plus !

- Tina que tu t'es faire choper avec un joint! fit il après avoir réfléchi.

- Encore loupé ! dis-je en riant.

- J'ai peut-être gagné alors, fit-il.

- Et t'as parié quoi toi?

- Que tu t'es faite choper en plein plan cul!

- Mais t'es le plus taré ! dis-je choquée et gênée.

- Bah quoi? Les parents aiment pas trop ça ! C'était bien?

- C'était pas ça je te dis! dis-je en m'énervant.

- Et c'est quoi alors?

Je réfléchis un instant avant de répondre

- Problème familial grave! Je risque de repartir pour Forks!

- Sérieux ! Ravi de t'avoir connu crevette! Envoie une carte postale !

- Va chier!

- Quelle repartie... Bon tu t'amènes?

- Je peux pas sortir !

- Bon Raiponce, fais pas ta chieuse !

- Mon père va m'assassiner !

- Bouge ton mignon petit cul et descends, je te kidnappe!

- Mon petit cul reste ici, dis-je amusée et habituée à ce type de propos dans cette bande.

- Si t'envoie pas chier tes parents, t'es pas une ados... Grouille !!! Où alors je monte mais je suis pas Roméo !

- Et c'est quoi la différence ?

- Je suis pas un romantique, tu risques de prendre cher.

- Mais t'es taré ! Tu me prends pour qui? Une fille facile ?

- Une emmerdeuse mais qui sait faire la fête ! Sauf niveau cul! Là t'es chiante ! Ça manque de petits cris.

- Arrête d'hurler ce genre de chose en pleine rue, dis-je gênée.

- Je les emmerde tes voisins !!!! Je dois monter ?

- Non!

Je refermai alors la fenêtre. Je regardai ma veste surpendue à la porte du placard et je mourrai d'envie de faire le mur. Je réfléchissais aux conséquences quand la porte de ma chambre s'ouvrit sur ma mère.

- T'étais là ? dis-je alors choquée.

- Je bossais un cours, fit-elle sèchement.

- Et tu ne frappes pas? dis-je alors offusquée.

- Tu comptes faire le mur?

- Non Maman, je reste ici...

- Et c'est qui ce garçon ?

- Jake, un ami...

- Vulgaire comme garçon, fit ma mère.

- Il a quelques défauts mais il est gentil.

- Quelques défauts ? En quelques minutes dehors il a parlé de drogue, de toxicos, de sexe...

- Oui bon... Il a pas une vie facile.

- Et il te parle comme ça ? Amène ton mignon petit cul? Plan cul? Chiante niveau cul? Ça manque de petits cris? Non mais t'es sérieuse ? C'est ça les amis qui vont te manquer ? fit-elle en colère.

- Je te l'ai dit, c'est sa façon de parler, dis-je en haussant les yeux au ciel.

- Sacrée fréquentations... Je suppose que tu ne restes pas assises sagement quand ils fument des joints ou boivent, fit-elle froidement.

- Je bois un peu, ça va je m'amuse... Ça ne me fait rien tu le sais.

- Et...

- Et quoi encore? dis-je lassée.

- Tu... Tu as des relations sexuelles avec lui?

- Non! T'es folle ?

- J'ai eu comme un doute.

- C'est un ami Maman...

- Oui ben j'ai des doutes...

- Maman, j'agis juste comme une adolescente pour donner le change.

- Et donc, tu allais sortir malgré l'interdiction ?

- Non, j'allais m'installer et attendre qu'il parte...

Je vis ma mère soupirer d'énervement. Elle semblait consternée.

- Dire que j'avais décidé avec ton père que nous resterions.

- C'est vrai?

Je fonçais à pleine vitesse vers elle pour la serrer dans mes bras.

- Merci! Merci! Merci !!! Je suis trop contente.

- Calme toi, fit ma mère.

- Alors je peux sortir? S'il-te-plaît, s'il-te-plaît, s'il-te-plaît, s'il-te-plaît, s'il-te-plaît, s'il-te-plaît, s'il-te-plaît !!!! Je m'ennuie depuis une semaine, dis-je surexcitée.

- Tu veux bien te calmer !

- D'accord... Alors?

- Je ne sais pas... Ton père n'apprécierait pas que tu fréquentes un tel garçon.

- Je m'amuse juste, on écoute de la musique avec lui et ses amis, on joue aux fléchettes, au billard... On fait des balades à moto et les magasins.

Bon on vole dans les magasins mais je n'allais pas lui dire ça.

- Tu ne t'es pas nourrie ce soir.

- C'est rien, je n'en ai pas besoin, dis-je alors.

- Tu... Tu éviteras les ennuis?

- Promis... Je peux ?

- Bon... D'accord.

J'avais l'autorisation, c'était encore mieux que de faire le mur. J'enfilai ma veste et empochai mon téléphone portable. Je descendis les escaliers et ouvrit la porte, ma mère sur les talons. Je le rejoignis rapidement et l'embrassai sur la joue.

- Pas besoin de faire le mur! dis-je amusée.

- Ha... C'est moins marrant, fit-il en riant.

- Excusez moi? fit ma mère sur le perron.

Je sentais qu'elle allait me faire honte alors je montai rapidement sur la moto m'accrochant à lui.

- Oui? fit-il en me regardant méfiant.

- Ses parents voudraient qu'elle ne rentre pas trop tard.

- Je vous la ramène avant lundi, fit il alors.

Je vis le regard mauvais de ma mère et je frappai son dos.

- Je rentre pour minuit ou une heure, ça va Bella?

- Pas plus tard hein? Et mets nous un message quand t'es arrivée.

- Promis Bella, dis-je alors.

- Vous comptez faire quoi ? demanda-t-elle alors.

J'allais répondre quelque chose de simple quand la moto vrombit sans aucun avertissement.

- Pas de panique, un peu d'alcool, deux trois rails de coke et un petit plan à trois, juste de quoi se détendre !

Il démarra alors fier de sa blague pourrie. J'entendis alors ma mère parler grâce à mon ouïe plus développée.

- J'espère que tu ne feras rien d'idiot, et fais attention à toi.

Je lui fis juste un signe de la main quand nous partîmes. Je m'étais accrochée à lui, consternée de son comportement.

- Tu devrais dire à ton frère de surveiller sa femme.

- Hein? Pourquoi ? dis-je inquiète.

- Quand je l'ai vue j'ai cru qu'elle se prenait pour ta mère.

Si il savait...

- Tu aurais pu être plus correct dans ta réponse, dis-je alors.

- Ho ça va... C'était de l'humour, enfin pas pour l'alcool, fit il en se marrant.

- Juste celui-là alors...

- Ha ouais? Juste celui-là ?

- Ouais crétin!!!

Il se mit à foncer entre les voitures sans hésitation et je le lâchai immédiatement. Je tendis mes bras en croix avec plaisir en hurlant de joie de m'éclater à nouveau.

- Putain!!! Ça m'avait manqué.

- Et tu nous avais manqué aussi, fit alors Jake.

- Ha ouais ?

- En tout cas à moi, fit-il en virant sèchement.

- C'est gentil ça, ça te ressemble pas.

- Hey je peux être gentil... très gentil...

- Ça te ressemble beaucoup plus là...

- Surtout que ce soir ce sera grosse marrade...

- Ha ouais? Et ce sera quoi l'activité du jour? Et t'as pas intérêt de parler de sexe.

- Ha dommage... Et pour info, ce sera la plus grosse source d'adrénaline que tu n'ais jamais ressenti.

- Sérieusement ?

- Ohhh oui.

J'étais désormais impatiente, si j'avais su...

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Reponses Reviews

Milky01

Oui, Ness a été tellement couvée, par sécurité sans doute et selon moi également, que Bella et Edward ont toujours évité qu'elle ne sorte ou ne prenne des risques avec les humains. Elle rattrape le temps perdu, pas forcément de la bonne façon mais bon...

Pour Jasper, c'est un peu comme tous les autres, Meyer décrit rapidement leurs origines mais Bella est obnubilée par Edward donc elle s'en fout littéralement.

Nedwige Stark

J'espère que tu accrocheras toujours après celui-ci, plus explicatifs certes.

Au fait je ne sais plus si tu m'avais dit que tu avais lu midnight sun mais je suis en train de l'attaquer je te donnerai mes impressions en mp.

Guest

Merci à toi, j'espère que la suite te plaira