†††††

VII.

PROIE ET PRÉDATEUR, SI SEMBLABLE POURTANT

†††††

Je regardai bêtement ma tante Alice qui s'assit sur mon lit complètement stupéfaite qu'elle semble conserver son calme. Je pouvais cependant la voir se frotter le nez et je compris que je n'étais en réalité pas la seule perturbée. Elle tapota le lit - avec son petit air mutin habituel - comme pour m'inviter à m'installer près d'elle. Je marchai alors lentement vers le lit et m'y assis.

- Tu n'es pas trop sous le choc? demanda ma tante Alice.

- Si... je ne pensais pas qu'ils étaient les purificateurs, dis-je alors.

- Tu n'avais rien remarqué ? demanda alors Alice.

- Non, je n'avais pas compris avant ce soir...

- Et visiblement, d'après ce que j'ai vu ce soir, lui semble ignorer pour toi également.

Je la regardai alors assez inquiète de ce qu'elle avait pû voir exactement, son don était assez compromettant et je l'avais toujours plus ou moins assimilé à une forme de voyeurisme.

- Tu crois...

- Si il savait pour toi, il ne t'aurait pas laissée l'embrasser comme ça.

- Mais je ne voulais pas l'embrasser... Je voulais...

- Goûter son sang? proposa Alice.

- Moui... Tu peux pas savoir à quel point il est appétissant, avançai je.

- L'odeur ici semble déjà prenante mais il ne ressemble pas au sang normal, fit tante Alice en regardant vers ma salle de bain.

- J'ai appris comment ils font pour réussir à nous affronter, dis-je alors.

- Tu veux me le dire ? demanda Alice.

- En fait... Ils s'injectent du venin de vampire dillué, comme ce qu'ils ont injecté à oncle Jasper, ai-je expliqué.

- Et cela doit donc les rendre plus dangereux visiblement...

- Je pense... Enfin si tu as tout vu dans la ruelle, tu as assisté au combat...

- J'aurai dit massacre, me fit Alice en souriant. C'était impressionnant.

- Ça ne te choque pas plus que cela? dis-je circonspecte.

- Je t'ai vue parler à la victime, c'était une jeune fille.

Je regardai Alice et je me dis qu'après tout elle n'avait pas foncièrement tort après tout. Le vampire qui avait été éliminé n'allait pas hésiter à tuer sa victime, il n'a fait que défendre une victime après tout.

- Mais j'aimerais savoir comment tu gères ce qu'il vient de se passer, demanda tout à coup Alice.

- De quoi tu parles? demandai je inquiète et gênée.

- Je t'ai vu lécher tes doigts comme si ta vie en dépendait, tu avais soif, soif de son sang et peut-être autre chose.

- Alice, je ne sais pas ce qu'il m'arrive, c'est improbable... Je n'ai jamais autant perdu le contrôle devant du sang... Et à chaque fois que je sens le sien, je deviens dingue...

- C'est sur que cela devient compliqué...

- Mais je n'ai pas envie de l'attaquer quand je le sens, j'ai juste envie de goûter son sang. Je n'ai pas envie de planter mes crocs, juste boire.

- C'est vraiment étrange en effet...

Je regardai alors Alice et j'avais envie de poser la question, la seule question qui me trottait dans la tête.

- Alice, Papa m'a souvent raconté ce qu'il avait ressenti pour Maman, tu crois que c'est la même chose ?

- Tu penses que son sang chante pour toi? demanda-t-elle étonnée.

- Je n'en sais rien... Et je ne sais même pas si ça fait cela à une hybride... Mais si c'est ça...

- Cela va devenir compliqué mais je ne pense pas que ce soit tout à fait pareil, fit alors Alice.

- Ha bon?

- Oui, Edward mourrait d'envie, si l'on peut dire, d'attaquer ta mère, cela lui a demandé beaucoup de contrôle pour rester près d'elle. Toi visiblement tu ne ressens pas cette difficulté, tu es juste attirée par son sang.

- Et je dois faire quoi alors ? Continuer d'être amie alors qu'il est une menace?

- Amie? C'est juste de l'amitié ? fit ma tante amusée.

- C'est déjà assez compliqué, ne te moque pas, dis-je consternée.

- Vu ce que tu ressentais...

- ALICE!!!

- Quoi? Ben c'est vrai non? fit-elle en riant. Ma petite Nessie était toute émoustillée, qu'est-ce que tu grandis...

- Mais arrête ! C'est assez gênant, dis-je en serrant mes genoux sous mon menton.

- Il te plaît ? demanda-t-elle en insistant.

- Je ne sais pas...

- Tu as peur de lui ?

- Pas pour moi, pour vous... Il voue une haine aux vampires.

- Vu ce qu'il fait, c'est logique.

- Oui bien sûr mais c'est compliqué...

- C'est un secret ? Ma petite Nessie veut garder les secrets de son prétendant, si c'est pas mignon...

- Alice ! Sa mère... Elle a été tuée par un vampire.

- Ha d'accord... Ça se comprend alors...

- En fait, il est de la famille dont on nous a parlé...

- Nessie... Tu es en train de me dire que la mort de sa mère a déclenché la rupture du pacte? demanda Alice en comprenant.

- Je le pense... Je nous ai mis dans la merde. Maman me faisait confiance...

- Calme toi, ce genre de choses ne se commande pas.

- Quoi?

- Oui, et puis tu es jeune, les hormones tout ça...

- C'est vraiment la seule chose qui t'intéresse ? dis-je consternée.

- En fait... J'ai toujours été friande de ragots.

- Mais ils ont failli tuer oncle Jasper!

- Je sais... Mais d'après ce que tu me dis, cela ressemblait à une erreur.

- Mais quand même !!!

- Tu vas faire quoi alors?

- Je vais mettre de la distance, c'est obligé, et ce sera compréhensible vu que je pense qu'une humaine prendrait peur...

- Bonne idée, on verra bien.

- Comment ça on verra bien? Ça veut dire que...

- Oui, ce sera notre petit secret ma belle. Jusqu'à ce qu'on décide quoi faire.

- Mais...

Je vis alors Tante Alice se lever et se diriger vers la porte. Elle se contenta de me souhaiter une bonne nuit et de me laisser seule totalement perdue.

†††††

Le lendemain matin - après une nuit où j'eus du mal à trouver le sommeil - je m'étendais dans le lit, bien contente d'être le weekend. Cela m'éviterait de le croiser lui et ses amis. J'avais prévu de réfléchir tranquillement dans ma chambre durant tout le weekend, peut-être une petite chasse mais rien du tout en dehors de la maison. J'enfilai alors un simple t-shirt trop large sur un pantalon de jogging délavé - ma tenue d'adolescente blasée en somme - et me suis installée devant une série Netflix sur mon lit. Il n'était que dix heures du matin, j'étais partie pour un marathon Marvel entre Daredevil, Punisher, Luke Cage, j'avais de quoi m'occuper tout le weekend. Tandis que j'admirais le massacre de Frank Castle, j'entendis la sonnerie de la porte d'en bas - sans doute un livreur - et je l'ignorai royalement. Tout à coup rompant le silence de la maison, la voix de ma grand-mère retentit.

- Renesmée! Descends ma chérie !

Je mis alors la série sur pause en soupirant et je descendis les escaliers.

- Qu'est-ce qu'il y Gr... dis-je avant de me figer.

Ma grand-mère Esmée était habillée d'une longue robe noire à mi-cuisse et me regardait comme pour m'intimer le silence. Forcément je ne finis nullement ma phrase quand je vis pourquoi elle m'appelait. Il était là, de l'autre côté de la porte, un sac en papier Kraft dans les bras, arborant un sourire et des lunettes de soleil.

- Salut Ness, fit alors Jake comme une fleur.

- C'est un ami à toi? demanda ma grand-mère.

- Oui... Maman, dis-je méfiante.

- D'accord, fit Esmée, mais entrez.

- Merci Madame Cullen, fit-il en entrant.

Je m'approchai alors du hall d'entrée et le regardai stupéfaite.

- Je t'ai amené du café et des petites pâtisseries, fit-il en montrant le sac.

- Tu sais que j'habite ici? Si je veux du café je me sers.

- Allons ma puce, installe toi avec ton ami dans la cuisine.

Merci grand-mère, dire que je pensais être tranquille. Je lui fis signe de me suivre complètement paniquée. Ma grand-mère avait fait entrer dans la maison la seule personne qu'elle n'aurait pas dû, un type capable de la tuer sans hésitation. Je le guidai alors vers la cuisine.

- T'as l'air contente de me voir, ça fait plaisir, fit-il alors.

- Qu'est-ce que tu fais ici? demandai-je alors en m'installant sur la grande table.

- Je me suis dit que tu voudrais parler de ce qu'il s'est passé. Tiens, fit il en me sortant des choses du sac.

Il y avait du café noir serré et des éclairs au chocolat, clairement issus d'une pâtisserie française. Je goûtai rapidement à celui-ci - excellent d'ailleurs - et le regardai.

- Tu te remets d'hier ? me demanda t'il alors.

- Écoute, j'ai déconné. Te fais pas de films, ce baiser c'était juste à cause de l'adrénaline et de la peur.

Il me regarda alors bizarrement en enlevant ses lunettes. Je notai rapidement que ses yeux étaient comme rougis - fait étrange en soi - et j'essayai de comprendre sa surprise.

- Tu te fous de moi? fit-il consterné.

- Non, sincèrement, c'était une connerie, on est amis et ça me convient, je n'aurai pas dû t'embrasser et encore moins essayer de t'enlever ta veste, j'ai... perdu le contrôle. Mais ce n'était qu'une pulsion, j'ai un mec.

Bon plus ou moins en fait, je ne sais pas vraiment dans quoi ranger Jacob en réalité mais bon. Si ça le calmait.

- D'accord... fit-il toujours choqué.

- Quoi c'est si étonnant que j'aie un mec? Merci bien.

Je le vis alors regarder si il y avait quelqu'un dans le coin et il se pencha par-dessus la table et murmura.

- C'est réellement le seul point qui te pose problème ? demanda-t-il.

- Hein?

Et là, la pièce tomba... Je n'avais pas agi normalement du tout. Quelle humaine serait surtout concentrée sur le baiser? J'étais censée avoir découvert l'existence d'un être qui n'existe pas: un vampire. Et ben non - forcément - pour moi c'est normal un vampire, toute ma famille, à part quelques personnes, est constituée de vampires.

- Tu crois pas que le plus choquant c'est les têtes à clous? fit-il.

- Têtes à clous?

- Ben oui, on plante un pieux... Tu sais, Lestat, Deacon Frost, Dracula... T'as pris un truc pour oublier la soirée ou quoi?

- Non mais...

- Ho putain...

Je le regardai inquiète, méfiante qu'il ait compris.

- Quoi? dis-je méfiante.

- T'es assez barrée pour y croire sans te poser de questions? fit il choquée. Tu m'épates crevette.

- Ben vu ce que j'ai vu...

- Tu sais que moi-même j'y ai pas cru au départ ? J'avais pas envisagé de Abraham Van Hellsing comme choix de carrière !

- Tu pourrais parler moins fort ? dis-je inquiète.

- Hein? Ça va ils vont croire qu'on parle de films.

- Ma... Ma mère est profondément catholique, pour elle, les films d'horreur c'est une invitation à Satan, mentis je.

- La femme en robe moulante est catho ? Je devrais m'intéresser à la religion moi.

- Ho! Tu parles de ma g... Mère.

- Ouais désolé, fit-il en buvant du café.

- Viens, on va discuter ailleurs.

- Ta chambre ? fit-il intéressé.

- Sûrement pas crétin, sur le perron.

Je devais absolument l'éloigner de la maison, au cas où. Le perron n'était pas à l'autre bout du pays mais c'était le mieux que je pouvais. Il s'installa sur la balancelle et moi à côté de lui avec mon café.

- T'as quoi aux yeux en fait ? demandai je.

- Ho tu vois ce qu'on s'est... injecté ?

- Ouais le produit bizarre ? demandai-je.

- Voilà après la prise c'est comme si t'avais une gueule de bois magistrale.

- Je n'ai jamais eu la gueule de bois

- Tant mieux pour toi, je te jure, j'ai la tête qui vibre... Mal aux cheveux.

- Donc je peux te poser des questions sur les vampires ? demandai-je en essayant d'être crédible.

- Oui, ce que tu veux, affirma Jake.

- Parle moi de ta famille.

- Hein?

- Tu as dit que vous les chassiez depuis longtemps.

- Bon d'accord, fit il en enlevant sa veste.

Je le regardai extrêmement attentivement j'allais tout savoir conformément à ma demande.

- En fait, je crois que ma famille est intrasèquemennt liée à eux, fit alors Jake.

- Liée ? demandai-je en vérifiant que nous étions seuls.

- Oui...

Je ne m'attendais pas à la suite et j'allais clairement être surprise.

- Ma famille, enfin un ancêtre, a croisé pour la première fois un vampire durant l'Antiquité Romaine, un légionnaire.

- Mais tu m'avais parlé de croisades, l'interpellai-je alors.

- Je sais mais étonnement, nous possédons un de ses vieux journaux, et il évoque un être immortel sur un champ de bataille... Que les épées semblaient incapable de stopper...

- Attends... Les vampires sont aussi vieux ? dis-je pour la forme.

- Je suppose, mais ils ne le sont pas tous forcément...

- Ho d'accord...

C'était tellement compliqué de faire celle qui ne comprenait pas tout alors que j'étais clairement plus au fait que lui.

- Par contre, il semblerait que les gens de ma famille les ont croisés au fil des siècles, le premier chasseur a remonté une très longue piste de témoignages familiaux.

J'étais un peu étonnée que plusieurs membres de sa famille aient croisé des vampires, comme si ils étaient destinés à devenir ce qu'ils sont.

- Le premier chasseur était un duc de Bourgogne, en France. Il était parti tenter de reprendre Jérusalem... Et là bas il a croisé un vampire qui s'est présenté comme tel.

- Pardon ?

J'étais sous le choc, un vampire s'était présenté comme un vampire, c'était tellement choquant.

- Oui, selon le journal de mon ancêtre, il désirait mourir.

- Un vampire désirant mourir ? Il ne peuvent pas se suicider ? demandai-je pour la forme.

- Si, sans doute mais il était lassé d'obéir à des sortes de dirigeants.

- Des dirigeants ? demandai-je ensuite.

J'étais estomaquée, ils connaissaient clairement leur existence à eux, nos têtes pensantes, nos sortes de rois.

- Oui, une sorte de conseil en Italie, ils s'appellent les Volturis, d'après ce même vampire. Lui, il en avait marre de voir les siens massacrer les humains.

- Tu vois qu'il y a des vampires gentils, dis-je en profitant de l'occasion.

- Pas vraiment, il a raconté des massacres commis par lui, ce genre de chose mais il fallait lutter pour éviter que nous ne devenions qu'une source de nourriture. Alors il a appris à mon ancêtre comment les tuer, user du venin contre eux-mêmes, grâce à des sangsues à l'époque, nous avons amélioré le système. Il s'est avéré que ma famille répondait très bien au venin, et petit à petit nous nous sommes habitués à les affronter sur le vieux continent et maintenant ici, en Amérique.

- Et ça nous mène à toi et à ton père, dis-je enfin.

- Oui, bien sûr tu t'en doutes, au fil du temps nous n'étions plus seuls et on a commencé à recruter, comme avec la bande et toi...

- C'est ton père qui descend de la lignée ? demandai-je par acquis de conscience.

- Oui, ma mère connaissait notre histoire mais elle ne chassait pas.

- Ha bon?

- Oui, par contre c'était elle qui rendait les comptes aux dirigeants de la Nouvelle Orléans. Jusqu'au jour de sa mort.

- Je suis encore désolée pour elle... Mais c'est à cause de ce que vous vous injectez que ton père est si violent?

- Ouais, le comportement belliqueux est accru par ce venin, et on en a bien besoin pour exploser ces saloperies.

- Il te tape souvent dessus ?

- Ho... Pas tant que ça, je guéris bien en plus, regarde.

Il souleva alors son t-shirt et je pus voir la plaie à l'épaule quasiment refermée. Je remarquai également - car j'en avais profité pour le reluquer - qu'il était extrêmement musclé, autant que les Quileutes voir plus. Il baissa le t-shirt - me décevant un peu au passage - et reprit la parole.

- La mort de ma mère l'a changé, profondément... Depuis ce jour là, sa haine des vampires s'est accrue et je le comprends... Il n'a pas attendu que j'ai dix ans pour commencer à m'injecter le cocktail pour me préparer.

- Et... tu combats depuis...

- L'âge de mes douze ans...

- Ta mère a été tuée par un vampire ? C'est certain ?

- Il paraît que l'état de son corps était si horrible qu'ils ont dû conserver le cercueil fermé... J'ai très peu de souvenirs d'elle... Mon père a choisi la voie de la vengeance, pour qu'aucun autre enfant ne perde un parent à cause d'eux... Et je le comprends.

Je le regardai attentivement, attendant la suite qui ne tarda pas à venir.

- C'est extrêmement dangereux, Ernesto a failli perdre son bras.

- Mais il a eu le vampire ? demandai-je en sachant la réponse.

- Non, il a été aidé par un autre, ils ont pu s'enfuir tous les trois mais ils n'avaient pas été poursuivis. Ces saloperies devaient chercher autre chose.

Ouais, à rentrer chez nous, j'étais tenté de lui balancer - mais forcément je n'en fis rien.

- Quand tu as dit problème familiaux j'ai d'abord cru qu'un membre de ta famille avait fini par être la victime d'un de ceux là mais comme tu n'as pas parlé de décès j'étais rassuré.

- C'est un problème avec des cousins restés à Forks, administratifs surtout, dis-je pour noyer le poisson.

- Et j'étais un peu en panique hier...

- Ha bon ? T'avais l'air de maîtriser la situation.

- Je veux dire que j'ai cru que tu allais être blessée, j'étais inquiet quoi...

- Pour moi? dis-je surprise.

- À ton avis la crevette ? T'es toute frêle, tu aurais pu être gravement blessée et je m'en serai voulu.

Je le regardai alors assez surprise qu'il se soit inquiété pour moi - pour rien mais il ne pouvait le savoir - et bizarrement j'ai été assez touchée de sa sollicitude. Il me regardait toujours droit dans les yeux et assez profondément. Je me sentais encore quelque peu gênée et c'est là qu'il s'avança doucement vers moi. Je ne bougeai pas, le fixant du regard quand je sentis ses lèvres sur les miennes. Et alors - peut-être stupidement - j'ai rendu le baiser, doucement, tendrement sans la rage de la veille. J'appréciai énormément sa façon de faire, avec douceur, tendresse, et tout ce qui pouvait exister comme synonymes. J'ai alors posé ma main sur sa joue et j'ai approfondi le baiser désirant sa langue dans ma bouche.

- Humhum... fit une voix près de nous.

Je rompis immédiatement le baiser en tournant la tête et là - planté devant nous avec un regard sévère - se trouvait mon père.

- Ho... Bonjour, dis-je gênée d'être prise sur le fait.

- Je peux savoir ce qui se passe ici?

- Et qui veut savoir ? demanda Jake avec provocation.

- Jake, voici mon frère Edward, le mari de Bella. Ed, voici Jake... un ami.

Je vis Jake tendre la main poliment mais mon père ne la serra pas.

- Que faisiez vous ici avec ma... sœur ? demanda mon père.

- Nous passions le temps, répondit Jake.

J'haussais les yeux au ciel quand soudain, mon père écarquilla les yeux. Il devait avoir lu les pensées de Jake - j'y mettrai même ma main à couper - et, connaissant le spécimen, cela ne devait pas être reluisant. Étonnement, j'étais presque en train de souhaiter qu'il imagine me faire des trucs franchement cochons plutôt qu'il ne pense à la chasse aux vampires. Moi, j'étais habituée à bloquer le don de Papa, c'était un coup à prendre, mais je croisais les doigts.

- Et forcément ici... Vous connaissez le principe de la discrétion ? demanda mon père.

- Surprenant, fit alors Jake.

- Quoi? demandai-je.

- C'est la première fois qu'un grand frère me dit d'emmener sa sœur dans un endroit plus discret, ça correspondait à une autorisation non? fit Jake.

- Sûrement pas, fit mon père méchamment. Ma sœur est encore trop jeune pour penser à ce genre de chose.

- Faut vivre avec son temps mec, fit Jake. Si une fille veut baiser c'est son droit.

Je frappai alors Jake sur le bras pour qu'il la ferme, il me mettait la honte, autant que mon père en fait. Je devais me dépêtrer.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demandai-je étonnée tout de même.

- On est allé faire des courses avec Jasper.

Forcément, je devais manger, et il fallait des objets pour noyer le poisson, au cas où d'autres voisins viendraient nous souhaiter la bienvenue, comme la vieille au coin de la rue et ses muffins digne d'un concours de brique. D'ailleurs je vis Oncle Jasper arriver avec les sacs de victuailles, je voyais même les sacs de popcorn dépasser.

- Bonjour, fit Oncle Jasper.

- Salut, besoin d'aide ? demanda Jake.

- Non ça ira merci.

Et là, je vis Jasper rentrer et mon père me fixer du regard inquiet, je bloquais mes pensées pour ne pas qu'il les lise en imaginant un mur de briques. Sans doute vexé - et clairement consterné - mon père rentra dans la maison.

- Désolée Edward est un peu protecteur.

Jake ne me répondit pas immédiatement et soudain j'ai cru faire une attaque - si c'est possible dans mon cas - quand j'ai remarqué qu'il fixait la maison. Je commençais à croire qu'il savait pour Jasper, peut-être les autres l'avaient décrit mais il finit par hausser les épaules. J'aurai pu pousser un soupir, il devait croire à une simple coïncidence, après tout le nombre d'habitants de la Nouvelle Orléans est de quatre cents mille pour la ville proprement dite et dépasse largement le million pour toute l'agglomération. Il n'y avait vu que du feu.

- Pas grave, quand on a une sœur aussi sexy, y a de quoi. Au fait...

- Non, je t'emmènerai pas dans la chambre, dis-je énervée.

- Euh j'allais te demander si il y avait de l'eau dans le gaz entre toi et ton mec.

- Hein?

- Oui, tu as plutôt rendu ce baiser donc...

- C'est compliqué ok ? Et ne prends pas ça pour une habitude !

- Ça me dérange pas d'être ton passe-temps tu sais.

- Hein?

- Si tu t'ennuies de ton mec et t'as besoin d'occupation, fais moi signe. Ça me gène pas.

- T'es en train de proposer ce que je pense? demandai-je alors surprise.

- Si t'aime pas te faire du bien toute seule, je suis dispo... Et efficace.

- Franchement dégage, tu me gonfles et pas qu'un peu.

- Haa merde... Je pensais pouvoir te soulager...

- Jake... Fous le camp.

- Bon d'accord, fit Jake en se dirigeant vers la moto.

- Fais gaffe à toi quand même... Tu vois?

- Tu réfléchis à l'idée avoue?

- Jake, tire toi ou je t'arrache la langue.

- Tant que c'est avec tes lèvres si douces, j'achète... fit-il en démarrant.

- Jake t'es vraiment un... Hummm

Il avait à nouveau saisi mes lèvres rapidement avant de partir. Je le regardai filer à pleine vitesse dans la rue, comme à son habitude. Je me rendis alors compte que j'adorais également la douceur des siennes avant de me filer une gifle. Je rentrai immédiatement dans la maison et refermai la porte.

- C'est qui? demanda mon père.

- Hein? dis-je en me retournant effrayée.

- Qui c'est ?

- Jake, un ami...

- T'embrasse tous tes amis comme ça maintenant ?

- Ça va... C'est qu'un baiser...

- Et Jacob? Tu t'en soucies ?

- C'est quoi le rapport ? dis-je surprise

- Tu sais qu'il est amoureux de toi?

- Ho ça va, Jacob est imprégné c'est pas pareil ! C'est pas foncièrement de l'amour c'est autre chose ! Si j'en veux pas plus, il ne restera qu'un ami. Jake c'est différent, dis-je énervée.

- Tu sais ce qui passait dans sa tête ? fit-il consterné

- T'es prié de ne pas lire les pensées de mes amis.

- Un ami? Vu le niveau des pensées, c'est pas de l'amitié.

- Il pensait à quoi? demandai-je pour savoir.

- Cela ne te regarde pas.

- Toi non plus mais tu ne t'es pas privé ! dis je consternée.

- Il pense aux genre de choses que l'on fait une fois mariés !!! s'énerva mon père.

- Avec moi? dis-je en rougissant.

- À ton avis?

- Ho mon dieu...

C'était tellement surprenant, il imaginait me faire des choses, c'était tellement perturbant. Mais en même temps, c'est vrai qu'il était pas mal, plutôt musclé et en plus - vu son expérience qui était effectivement un plus - je ne serai sans doute pas déçue. Il devait être habile de ses doigts vu sa dextérité, et vu ses capacités physiques cela devrait être sauvage...

- Renesmée!

- Quoi? dis-je avant de voir la tête de mon père.

Je me rendis compte - extrêmement honteuse - que je n'avais pas pensé à bloquer mes pensées.

- Papa! Mes pensées sont privées !

- J'aurai préféré...

- Ne lis plus mes pensées ! dis je énervée.

- Je refuse que tu le revoies, ce n'est pas un garçon convenable.

- J'en ai rien à foutre! dis-je en essayant de monter les escaliers.

- Et bien j'estime qu'il n'est pas un gentleman.

- On est plus au dix-neuvième siècle ! Je suis une femme libre ! De nos jours on attend plus le mariage si on le veut !

- Ta mère a bien...

- On sait ! Maman s'est préservée pour toi! Parce que t'étais tellement vieux jeu qu'elle a dû t'épouser pour avoir droit à des relations sexuelles!

- Tu oublies le respect pour tes parents Renesmée.

- Ha oui? Et ton respect pour Maman? Hein?

- De quoi tu parles ? fit-il surpris.

- Vu votre histoire, je suis sûre que tu ne l'aurais jamais transformée si je n'étais pas responsable de sa mort!

J'en étais même convaincue, leur histoire m'avait toujours semblé bizarre, surtout ce détail.

- Renesmée tu es privée de sortie et je t'interdis de sortir avec ce garçon.

- Si je veux sortir avec lui, je sors avec lui. Si je veux l'embrasser pareil... Si je veux coucher avec lui également et si après m'être amusée, je veux me mettre avec Jacob pour être la petite femme de maison je le ferai, dis-je en montant les escaliers.

- Renesmée!

- Quoi encore ?

- Je ne parlais pas de Jacob.

Je ne compris pas le sens de la phrase tout de suite parceque j'étais en colère et je me suis réfugiée dans ma chambre. Une fois à l'intérieur j'avais enfin analysé la phrase. Moi je n'étais pas sûre que mon père ait bien compris, Jake n'était pas le genre à avoir des sentiments. En plus, j'étais encore consignée. J'en avais ras le bol.

†††††

J'étais extrêmement en colère d'être encore privée de sortie, je l'étais toujours. Ils étaient tous toujours en train de me donner des leçons. À part Alice - et Jasper vu que cette dernière l'en avait empêché - tout le monde était venu me voir. Ma grand-mère avait trouvé Jake poli et gentil - ça nous changeait - mais elle ne comprenait pas ma crise de nerfs. J'avais dû lui expliquer que de nos jours, les filles avaient le droit de faire ce qu'elle voulaient. Mon grand-père lui, avait voulu essayer de me parler d'un point de vue médical, j'avais mis un halte-là immédiatement, ce genre de conversation, je ne voulais pas l'avoir avec un homme et encore moins mon grand-père. Surtout que celle-là, je l'avais déjà eu, depuis un moment même en fait, ma mère ayant estimé que vu mon corps obtenu très jeune, elle devait m'en parler. Ma mère aussi était venue me parler, me disant que je devais choisir un garçon convenable et normal - elle avait dû oublier qu'elle avait épousé un vampire et que niveau normalité on repassera - plutôt qu'un goujat. Le pire? Elle avait mis Jacob sur le tapis - oubliant comment elle avait joué avec ses sentiments - me disant que lui était sincère et gentil, et patient, et bien d'autres choses. Je m'étais alors rendue compte de deux choses. La première - la plus drôle - était que ma mère avait une mémoire extrêmement sélective surtout quand c'était sa propre histoire, la seconde, j'avais visiblement le mauvais rôle aux yeux de ma famille. Une gourgandine - ou une traînée pour être plus moderne - qui change de mec comme de chaussettes - je porte rarement des chemises - et dévergondée. J'étais légèrement consternée et énormément rancunière. Si pour eux j'étais dévergondées et ingérable, autant le rester. J'avais alors envoyé un message avant d'éteindre mon téléphone et de le planquer dans un tiroir. Je savais qu'Alice saurait mais je n'en avais plus rien à foutre. J'attendais en fixant ma fenêtre quand j'entendis un sifflement. Je me suis approchée et j'ai regardé en bas.

- C'est vous qui avez commandé un Uber? fit Jake amusé.

- Et ta moto? demandai-je.

- Je l'ai planquée pour être discret, elle est au bout de la rue.

J'avais demandé à Jake de venir littéralement me délivrer de mon donjon et forcément - avec son humour de merde - il m'interpella.

- Bon Rapunzel, je vais pas attendre que tes cheveux poussent, amène toi.

- J'arrive

- Saute, je te rattrape!

Et j'ai sauté par la fenêtre. Je ne risquais rien après tout mais il me rattrapa avec douceur.

- J'adore la Nouvelle Orléans, fit Jake en me posant et m'emmenant vers sa moto.

- Hein? Pourquoi ? demandai-je en arrivant près de celle-ci.

- Il pleut des filles extrêmement sexy, c'est sympa.

Avant de monter sur sa moto, j'ai attrapé son visage et je l'ai embrassé sauvagement le surprenant un peu, mais maintenant je voulais m'amuser.

- Par contre il y a beaucoup de gros lourds, dis-je alors en montant sur la moto.

- Mais les gros lourds qui vont officiellement faire de toi une chasseuse de vampire c'est pas courant.

- Officiellement ?

- Ouais, mon père veut bien commencer à t'entrainer.

- C'est vrai? dis-je surprise.

- Ouais... En route!

- À fond Jake.

- Je suis toujours à fond! Toujours à pleine vitesse !

- J'espère que c'est pas pareil au pieu! dis-je provocatrice.

- Là j'aime prendre mon temps.

- Peut-être mais on y est pas, démarre avant que ma famille ne comprenne que j'ai filé. Fonce!!!

Et il démarra en trombe, tandis que je murmurai à l'attention d'Alice si elle voyait ça.

- Je ferai attention, ne t'inquiètes pas, je veux juste savoir ce qu'il y a à savoir sur eux.

J'espérais réellement que ma tante me fasse confiance mais si ce n'était pas le cas, je m'en moquais totalement en fait, je voulais juste vivre ma vie à fond. Quitte à être immortelle, autant en profiter pour rendre l'immortalité agréable, non?

†††††

Chroniques des Vampires, Anne Rice ( meilleur œuvre vampirique pour moi)

Ennemi de Blade, dans le premier film, incarné par Stephen Dorf

Bram Stoker, bon ça c'est un classique...

†††††

Petite Note:

Je pense que c'est conceptuel comme explication mais je ne voulais pas rendre Jake et les purificateurs capables de détecter des vampires, qu'ils soient obligés d'attendre une éventuelle attaque ou un signe complique bien plus leur fonction, j'espère que vous ne trouvez pas ça trop stupide.

†††††

Réponses Reviews

Nedwige Stark

Tant mieux si ça rattrape ( ça évite qu'on me lancer un clavier mdr)J'espérais que le désir irrépressible chez Renesmée serait bien palpable, et incontrôlable.

Milky01

Renesmée est bien comme sa mère capable de faire une fixette inaltérable, même si elle ne serait pas assez bête pour tenter le suicide façon Bella dans le tome 2.