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XI.

LES CULLEN AU FÉMININ

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Le weekend suivant était enfin arrivé et cela allait être le moment fatidique pour moi. Par sécurité, Tante Alice et Maman avaient brouillé les pistes pour éviter les soupçons des hommes de la famille. Ces derniers étaient allés chasser entre hommes car ma grand-mère - sans doute moins crédule - avait compris que quelque chose de particulier était sur le point d'avoir lieu. Je n'allais pas avoir le choix, elle allait être dans la confidence. Nous étions tranquillement installée sur la grande table en marbre de la cuisine, des tasses de sang chaud devant nous en train de boire. Moi j'étais un peu en panique à l'idée de devoir révéler la vérité, j'avais tellement mis en péril notre existence que ma famille allait me détester. Je pouvais voir ma mère qui m'observait en coin, inquiète de la suite. Aucune d'elles n'était motivée à engager la conversation.

- Vous allez peut-être enfin me dire qu'est-ce que vous manigancez toutes les trois? fit ma grand-mère.

- Renesmée voulait nous parler à moi et Alice, répondit ma mère.

- Tu veux que je m'en aille ma puce? me demanda avec un grand sourire ma grand-mère.

- Tu peux rester Grand-mère, lui dis-je.

Après tout cela n'allait faire qu'une autre personne de plus au courant alors... Tante Alice me regarda attentivement et je la vis partir subitement - à croire qu'elle fuyait - avant de revenir avec quelque chose sous le bras et le genre de sourire qui m'inquiétait. Tranquillement elle installa ce qu'elle avait sous le bras - à savoir un tablette tactile dernier cri - et la posa debout sur la table. Je la regardai faire assez inquiète en triturant ma tasse de sang quand je la vis appuyer sur l'écran. Il y eut alors le bruit caractéristique d'un appel par Skype et elle tourna l'écran.

- Et voilà, fit Alice.

Soudain, l'image apparût - on avait décroché - et je vis la correspondante aux magnifiques cheveux blonds et longs, au port altier et à l'allure distinguée apparaître.

- Tante Rosalie? dis-je surprise.

- Salut ma puce, les filles! fit Tante Rosalie.

- Alice, marmonna Maman.

- Quoi? fit Tante Alice faussement vexée. C'est aussi sa tante non?

Soudain un visage carré apparût dans l'écran avec un sourire de tombeur.

- Salut la compagnie ! fit Oncle Emmett.

- Salut ça va? fit Alice.

- Génial ! On a la maison pour nous on en profite. Et comment va ma nièce préférée ? fit Oncle Emmett.

- Je suis ta seule nièce Oncle Emmett, dis-je en souriant.

- Enfin oui... Officiellement... J'ai toujours soupçonné Edward...

- Hein? fit ma mère choquée.

- Tu sais on a toujours traîné dans des lycées et des universités alors...

- T'as fini de dire des âneries? fit ma tante à l'écran.

- Bah quoi? C'est vrai... On ne sait...

- Emmett fiche le camp, fit Tante Alice.

- Bah pourquoi ?

- Parce que c'est une discussion entre femmes, fit Rosalie à l'écran.

- Vous allez nous casser du sucre sur le dos? Promis je ferai la vaisselle !

Je ne pus que rire - autant d'amusement que de consternation en réalité - surtout quand je vis le regard mauvais de ma tante Rosalie.

- Allez zou maintenant, va te trouver un ours, fit Tante Rosalie.

- Bon bon... Tu me raconteras, fit-il en embrassant ma tante.

- Je ne te raconterai rien du tout.

Je regardai mon oncle Emmett disparaître de l'écran et j'attendis un peu surtout quand ma tante hurla:

- Va plus loin Emmett!!! Va dans la forêt !!!!

Par méfiance, j'attendis encore qu'il se soit réellement éloigné.

- Haaa les hommes... Bon maintenant que nous sommes entre personnes civilisées, qu'est-ce qu'il se passe ? fit ma tante Rosalie.

- Nessie voulait nous parler, fit Tante Alice.

- Il semblerait que ce soit important, fit ma mère.

- On n'en sait pas beaucoup plus, fit ma grand-mère.

Je les regardais toutes les quatre avec inquiétude et je bus une gorgée pour me donner du courage avant d'inspirer profondément.

- Bon... Je voulais votre avis, dis-je alors.

- Bah on avait compris, fit Tante Rosalie. Même si t'es plus dégourdie que ta mère t'as toujours eu besoin de nos avis.

- Hey, j'ai changé depuis, s'énerva ma mère.

- Si on veut. Bref...

Je regardai méchamment ma mère et ma tante qui m'avaient interrompue.

- C'est bon? Je peux parler? dis-je froidement.

- Vas y ma chérie, nous t'écoutons, fit ma Grand-mère.

- D'accord, dis-je alors. Depuis que nous sommes à la Nouvelle Orléans, j'ai rencontré quelqu'un...

- Bravo ma chérie, j'espère que tu l'as mis à tes pieds, fit Tante Rosalie.

- C'est ce jeune homme bien fait de sa personne ? demanda ma grand-mère.

- Oui Esmée, fit ma mère.

- Normal, je lui appris comment choisir les hommes, fit Tante Rosalie.

- Mais elle est quand même assez perdue, fit Tante Alice.

- Non mais oh... vous voulez bien me laisser parler oui? dis-je en haussant ma voix.

Elles tournèrent toutes leurs têtes vers moi, surprise - sauf Tante Rosalie vu qu'elle fixait un écran - et se turent enfin.

- J'ai quelques complications avec lui, son sang m'attire... Plutôt énormément... Tante Alice le sait déjà.

- Son sang a une sacrée odeur, j'avoue, fit celle-ci.

- J'ai... des réactions étranges avec son sang... J'en avais sur les mains et j'ai léché mes doigts très fortement...

- Tu es attirée par lui, cela joue sur ton envie de sang, justifia ma grand-mère.

- Oui... Nous sortons plus ou moins ensemble, ajoutai-je ensuite.

- Comment ça plus ou moins? fit ma mère choquée.

- Bella, fit Tante Rosalie, tout le monde n'est pas une midinette frustrée comme tu l'étais. Ta fille a compris mes leçons.

Je sentais que cela allait déraper en dispute.

- Qu'est-ce que t'as appris à ma fille? dit ma mère inquiète.

- Qu'il faut mettre les hommes à ses pieds comme Emmett, il m'obéit au doigt et à l'œil.

- Je ne suis pas trop pour que tu enseignes cela à ma fille.

- Bon on s'en fout, c'est fait maintenant, fit Tante Rosalie.

- Je peux savoir où vous en êtes ? demanda Tante Alice. J'ai évité d'observer quand ça te concernait.

- En tout cas, il semble poli, fit ma grand-mère.

- On voit que tu l'as à peine aperçu, ajouta ma mère.

- Vous avez... abîmé la literie? demanda Tante Rosalie.

Là, toutes les têtes me fixèrent soudainement et je rougis - sans doute - avant de répondre.

- Nous n'en sommes pas là...

- C'est tout? Vous me dérangez pour ça ? Et les détails croustillants ?

- Il y en a Tante Rosalie... Et c'est le problème...

- Haha! J'espère que tu fais attention avec tes dents comme je te l'ai dit!

- Hein? Comment ça ? fit ma mère sous le choc

- Rosalie, Renesmée était bien trop jeune, fit ma grand-mère.

- Allons bon... Vivez avec votre temps... Alors?

Je voyais l'appétit de détails de ma Tante et je baissais la tête honteuse.

- Tu l'as sucé ? fit ma mère choquée.

- Nooon! dis-je alors. Mais... Il m'a fait des choses...

Je vis ma tante Rosalie lever les bras au ciel comme si c'était un soulagement. Ma mère haussa les yeux au ciel, alors qu'elle était au courant. Ma grand-mère but tranquillement une gorgée. Et Alice me fixait.

- J'ai bien fait de ne pas regarder...

- Oui... Merci, dis-je.

- Ce n'est pas si choquant, fit ma grand-mère.

Ce fut elle qui fût alors observée même par Rosalie qui tentait de la voir.

- Carlisle n'est pas en reste, fit-elle alors.

- Jasper non plus d'ailleurs...

- Si vous saviez pour Emmett...

- Edward est un peu plus traditionnel, fit alors ma mère.

- PAS UN MOT DE PLUS !!!! Je ne veux pas savoir moi! hurlais je presque.

- Mais nous sommes toujours jeune, fit ma grand-mère. Enfin, physiquement parlant...

- Grand-mère, pas de détails, je t'en prie...

- Bon donc... Ce jeune homme qui s'occupe de toi... Il fait ça bien au moins? T'as apprécié ? T'as crié ? Tu as...

- Rosalie!!! fit ma mère. Je ne veux pas savoir si ma fille prend du plaisir !

- Mais moi oui! Bouche tes oreilles... Alors ?

- Je ne répondrai pas!

- Ça veut dire OUI!!!! fit Tante Alice en rigolant.

Je me tins alors la tête, je n'en pouvais déjà plus et je n'avais pas abordé le fond du problème. Ni même la base, je l'avais à peine effleurée d'ailleurs.

- Jacob est donc laissé sur le côté ?

- Non mais c'est...

- Ce n'est pas la question je pense, fit ma grand-mère.

- Mais si, elle doit se décider, fit ma mère.

- Ou les faire se battre pour elle, ajouta ma tante Rosalie.

- Mais non! fit ma mère.

- Je compte les points, fit Tante Alice.

- JE L'AI MORDU!

J'avais hurlé, c'était trop dur de les laisser discuter pendant des heures - sur ma vie sexuelle surtout - et enfin elles avaient décidé de m'écouter.

- Comment il a réagit ? demanda ma grand-mère.

- Ben en fait...

- Selon Renesmée, il ne s'en est pas rendu compte, fit ma mère. Je n'ai pas compris comment il a pu passer à côté.

- Je crois qu'il était trop occupé, fit Tante Rosalie amusée.

- C'est à peu près ça, dis-je. Il était contre moi en train de... Voilà... J'étais contre son cou et j'ai enfoncé mes crocs... dis-je honteuse.

- Ho Seigneur, fit ma grand-mère. Mais il n'a pas eu mal?

- Trop concentré, fit Tante Rosalie en riant.

- Rosalie ! fit ma mère.

- En fait... Ce n'est pas parce qu'il était occupé qu'il ne s'en est pas rendu compte...

- Et pourquoi alors? demanda Tante Alice.

J'allais devoir tout avouer, c'était maintenant ou jamais. Le grand moment pour moi de dire à quel point j'avais mis le bordel.

- Tante Rosalie... Quand nous avions prévu de rentrer à Forks, Grand-père t'a-t-il dit pourquoi ? demandai-je.

- Une histoire de chasseurs, ton oncle voulait savoir de quoi ils étaient capables... Tu vois le genre...

- Ce sera plus simple...

Je vis alors tout le monde me fixer - et sans doute réaliser - avant d'écouter attentivement.

- Jake... C'est son prénom... Il est un purificateur.

- Quoi? fit ma mère. Mais t'es complètement folle !

- Je ne le savais pas Maman, dis-je consternée. Tu crois que j'aurais pris le risque?

- Je suppose que non, fit ma grand-mère. Continue.

- En fait, je l'ai su peu de temps plus tard...

- Et tu as continué de le voir? fit ma Tante Rosalie sous le choc.

- Oui, il me plait, je n'y peux rien... Et il m'a présenté les autres purificateurs... C'est mon groupe d'amis en fait...

- Attends une seconde, fit Tante Alice. Mais comment tu le sais? Je suppose qu'il ne t'a pas dit ça autour d'un devoir...

J'avais honte, j'ai alors parlé de certaines activités assez répréhensibles et je vis ma mère se tenir la tête sous le choc.

- Ma fille est une délinquante... Qu'est-ce que j'ai raté ?

- Maman, je voulais me faire des amis... C'est vraiment pas le pire.

- Mais qu'est-ce qui pourrait être pire? Que tu te prostitues peut-être...

- Pour eux... Je suis également une purificatrice...

Ma mère me regardait comme ne comprenant pas trop ce que j'annonçais.

- Ma chérie... Quand tu dis purificatrice... questionna ma grand-mère.

- J'ai tué un vampire.

- QUOI???? firent elles en chœur.

- C'était un connard qui allait s'en prendre à une gamine.

- Mais tu es complètement folle? fit ma mère. Tu as oublié ce vampire qui est venu à la maison ?

- Non, je n'ai pas oublié... Et pour la folie je me demande...

- Mais bon sang, on t'a fait plaisir, on t'a permis de vivre et voilà ce que tu fais! m'engueula ma mère.

- Je sais! Je suis qu'une pauvre conne! J'ai fait n'importe quoi ! Mais je me sens bien avec eux, je peux faire ce que je veux... Je peux vivre!

Ma mère se leva alors et s'avança vers moi, d'un geste rapide - et colérique - elle m'administra alors la première gifle de ma vie. C'était douloureux et je tins ma joue tandis que des larmes coulaient de mes yeux.

- Bella, arrête, fit ma tante Alice en attrapant ma mère.

- Tu voles! Tu agresses les gens! Tu tues des vampires ! Mais qu'est-ce qu'il te prend hein? hurlait ma mère. Tu veux tuer des humains aussi!

- Non! Maman, je suis désolée, dis-je en pleurant. Je voulais... Je ne sais même pas ce que je voulais.

- Vas faire tes valises ! On rentre à Forks et croit moi bien, tu ne sortiras plus jamais de la maison! PLUS JAMAIS ! hurlait ma mère.

- Maman, je te demande pardon...

- Pas de pardon! Fille ingrate !

- Maman..., dis-je en me levant pour m'approcher de ma mère.

- Reste assise ou je t'en colle une deuxième.

J'avais mis ma mère très en colère, elle devait me haïr pour ce que j'avais fait. Soudain je tournai la tête vers ma droite en sentant deux mains sur mes épaules : celles de ma grand-mère.

- Cela ne sert à rien de la gifler de nouveau Bella... C'est ta fille, c'est normal que tu sois en colère. Mais nous sommes responsables, nous l'avons non seulement couvée mais depuis quinze ans nous la privons d'absolument tout... Elle a testé les limites, les adolescents font cela...

- Esmée, tu as entendu...

- Je sais... C'est très grave... Mais nous allons gérer ça.

- Oui en rentrant à Forks, fit ma mère.

- Maman...

- Humhum...

Ma tante Alice qui tenait ma mère, celle-ci, ma grand-mère et moi-même tournâmes la tête vers l'écran et nous vîmes Rosalie attendre la parole.

- Il y a un problème dans ton histoire... Comment un purificateur a-t-il pu passer à côté d'une morsure ?

- En fait, c'est lié à ce qu'il font pour nous affronter... Voilà ce que je sais.

Alors vinrent les explications sur leurs armes, la famille d'Ethan et Jake, et le fameux cocktail. Quand elles réalisèrent que j'avais subi une injection, elles paniquèrent puis encore plus quand je me suis mise à développer sur ses effets secondaires. Elles étaient sous le choc.

- Donc des humains sont capables de régénérer ? fit enfin Tante Rosalie quand je conclus mon histoire.

- Uniquement quand le sérum coule dans leurs veines.

- C'est incroyable... Tu as sciemment fréquenté ces gens? dit alors ma mère.

- Maman...

- Tu as réellement perdu la tête ou quoi? Tout ça pour quelques séances de frotti-frotta?

Ma mère avait pris la mauvaise habitude des expressions de mon père mais cela me mit en colère.

- Tu crois que je suis futile à ce point là ? Tu me prends pour qui?

- Pour une imbécile qui met toute sa famille en danger !

- Mais Maman...

- Ils ont faillit tuer ton oncle ! hurla ma mère. Ton père était là-bas ! Tu l'as amené ici! Où on habite! Tu te rends compte au moins?

- Maman... Je t'en prie...

- Et tu avais besoin d'une réunion pour tout avouer? Tu n'avais pas le courage de me le dire?

- Je... Je...

- Calme toi, fit ma grand-mère. Dis nous pourquoi tu voulais notre avis...

- Parce que je veux lui dire ce que je suis.

- QUOI???? hurla ma mère. Donne lui une arme tant que tu y es!

- Bella, calme toi, fit Tante Alice.

- Mais tu l'entends ! Elle veut dire à un tueur de vampires ce que nous sommes.

- Il tue les vampires parce qu'ils ont assassiné sa mère ! m'énervai-je.

- Et sa famille tue les nôtres, c'est triste pour lui d'accord mais tu te rends compte ? Pourquoi lui dire?

Honteusement, je marmonnai une réponse presque inintelligible, je n'osais pas dire la vérité que je n'assumais pas encore réellement moi-même.

- Parle plus fort!

- Parce que je suis amoureuse de lui!

Tout le monde me fixait étrangement comme si j'avais annoncé avoir massacré un orphelinat. Je devais être comme une folle pour elles.

- Je sais... C'est stupide mais c'est comme ça... Je me sens bien avec lui, il ne juge rien, il ne m'impose rien, il croit en moi... Je suis attirée par lui, par son sang... Mais je crois que je l'aime.

- Tu crois l'aimer? fit ma mère. Faut espérer vu que tu as tué un vampire pour être avec lui!

- Maman... Je veux lui dire...

- Tu vas nous faire tuer!

Ma mère avait raison, dans le fond, mais j'étais incapable de comprendre les risques de ce futur aveu. Je m'assis alors et patientai, attendant ma sentence.

- Va faire tes valises, fit ma mère froidement.

- Maman...

- Obéis.

- Mais... Je refuse.

- Il n'y pas de refus qui tiennent, tu montes dans ta chambre. Et on s'en va, avant que ton petit ami ne vienne armé pour massacrer les gens qui sont ta famille.

- Bella... fit ma grand-mère. Essaye de...

- Laisse tomber, Grand-mère, dis-je alors. Elle a raison, je suis une conne qui a tout gâché.

Je me levai et je regardai les femmes de ma famille.

- Merci de m'avoir donné une chance, j'ai tout gâché, je comprends ta réaction Maman, tu as raison... Je pourrais tous vous faire tuer... Je vais faire ma valise... Je ne sortirai plus jamais de la maison... Je te demande pardon...

Alors que je me dirigeai vers l'escalier, ce fut la voix de ma grand-mère qui m'interrompit.

- Un instant, Renesmée.

- Oui Grand-mère ? dis-je alors.

- Nous devons discuter de ta décision.

- Il n'y pas de décision, Esmée. On doit partir, fit ma mère.

- Bella, tu es colère... Et vu les raisons, je comprends parfaitement. Mais rappelle toi ce qu'il s'est passé avant la naissance de Renesmée.

- Ce n'est pas comparable... Ils pourraient nous tuer.

- Comme auraient pu le faire les Volturi quand nous les avons défiés.

- Ce...

- Bella... Nous t'avons vue tomber amoureuse d'Edward, nous avions accepté les risques. Je n'ai aucun droit de te dire quoi faire avec ta propre fille, mais réfléchis.

- Réfléchir ?

- J'avoue que pour une fois je suis d'accord avec Bella, fit Tante Rosalie.

Si même Tante Rosalie tenait avec ma mère, c'était foutu. Et pourtant la quatrième personne dans la pièce allait me surprendre.

- Moi je suis plutôt pour qu'elle lui dise la vérité, fit Tante Alice.

- Quoi? dis-je en même temps que ma mère.

J'étais assez sous le choc quand Tante Alice reprit la parole.

- Nessie a dit qu'il avait été éduqué dans l'optique que tous les vampires sont des monstres assoiffés de sang... C'est ça ?

- Oui, son père lui a enseigné cela... La mort de sa mère et de...

- De qui? demanda ma grand-mère.

- Son ex petite amie est également morte en affrontant un vampire... Cela l'a traumatisé.

- Donc il essaiera de te tuer, avança ma mère.

- Sauf qu'il semble partager les sentiments de Nessie, répondit Tante Alice.

- Et tu crois que donner du plaisir à ma fille va l'empêcher de massacrer les monstres qui ont tué sa mère ? fit ma mère ironiquement.

- Il la connaît, il nous a rencontré, il sait que nous ne sommes pas tous comme ça.

- Mais Alice... marmonna ma mère.

- Peut-être que notre petite Renesmée peut changer son opinion, fit ma grand-mère.

- Vous... Vous êtes devenues folles ? demanda ma mère.

- Non Bella... Je pense que Renesmée peut réellement changer la façon de voir de ce garçon... Les purificateurs et les vampires avaient un marché. La mort de la mère de... Jake ? C'est ça ?

- Oui Grand-mère, lui confirmai-je.

- La mort de sa mère a tout changé, peut-être que l'amour que peut lui amener notre Renesmée pourrait réinstaurer la paix. Tu y as pensé ?

- Esmée, tu m'as accueillie dès le premier jour, tu m'as appréciée dès le premier jour mais avec tout le respect que je te dois, as-tu envisagé qu'il tue ma fille?

- Maman, il ne me fera rien... tentai-je.

- Je ne prendrai pas ce risque... Je t'aime et je ne veux pas te perdre pour...

- Ce n'est pas une histoire de sexe Maman, dis-je alors. Je pense réellement éprouver plus qu'une banale attirance pour lui...

- Et lui? dit-elle en réponse. Il te voit comme quoi ? Un plan cul ? Si c'est le cas, il n'hésitera pas.

- Je suis sûre d'être plus que ça pour lui...

- Mais? fit-elle attendant la suite.

- Mais tu as raison, c'est trop risqué.

- Enfin elle entend raison, fit Tante Rosalie.

Je pus alors voir ma mère réfléchir quelques instants. Je m'attendais au pire mais elle finit par reprendre la parole.

- Pourriez vous me laisser seule avec ma fille? fit-elle aux autres.

Et elles obtempérèrent, Rosalie se déconnectant. Je restai alors seule avec ma mère dans la cuisine.

- Maman? l'interpellai-je inquiète.

- Renesmée, fit-elle en s'approchant de moi.

Je ne savais pas pourquoi - la peur sans doute - mais elle s'approcha lentement et j'étais convaincue que j'allais m'en prendre une autre. Pourtant elle posa ses mains sur mes joues.

- Excuse moi pour la gifle, fit-elle.

- J'ai fait des conneries donc je comprends ta réaction, je l'ai méritée.

- Tu sais... fit-elle en soupirant sans en avoir besoin.

J'attendais la suite en la fixant dans les yeux attentivement.

- J'ai fait une erreur dans ma vie, fit-elle alors.

- Une erreur ? demandai-je étonnée.

- Oui, nullement par rapport à ton père même si avec le recul c'était peut-être un peu égoïste... J'ai fait des bêtises comme tenter de mourir parce que je voyais le visage de ton père.

- Je sais tu m'en as parlé... Mais je ne ferai rien de tel si ça t'inquiète.

- Je sais, tu es plus mûre que je ne l'étais... Mais ce n'est pas mon erreur... Mon erreur ce fut de t'isoler.

- Hein? dis-je étonnée.

- Oui, nous t'avons cantonnée à n'avoir que nous comme entourage, et les Quileutes, mais tu es une jeune fille qui grandit, qui a besoin de faire des expériences, ainsi que des erreurs.

- Maman... Ce n'est rien...

- On ne savait pas comment agir avec toi, tu es différente de nous malgré tout et nous sommes un peu perdus.

Je regardai ma mère avec attention et j'attendais la suite.

- Peux-tu m'assurer que tu crois pouvoir changer le point de vue de ce garçon ? fit ma mère.

- Je n'en sais rien Maman, je préfère être franche et te répondre cela.

- Au moins tu es honnête... Tu es vraiment amoureuse ?

- Je pense... Je me sens normale avec lui même si je lui mens sur nous... Il a beaucoup de défauts et un comportement vraiment à part mais... Oui je l'aime.

Ma mère - qui n'en avait pourtant pas besoin - inspira profondément et me fixa du regard.

- C'est vrai qu'il est loin du prince charmant que j'imaginais pour ma fille...

- Plutôt très éloigné même, il est assez borderline même, au point de faire...

- Quoi? fit-elle surprise.

- Non, rien, dis-je honteuse en pensant à la ruelle.

- Alors dis lui, à lui uniquement...

- Tu acceptes que je lui dise? dis-je étonnée.

- Tu devrais le faire dans un endroit tranquille, poser chacun de tes mots et le rassurer... Et rester sur tes gardes.

- Maman... Merci, dis-je en la prenant dans mes bras.

- Je veux le bonheur de ma fille... Et puis...

- Et puis? dis-je en l'écartant légèrement.

- J'étais humaine en rencontrant ton père, il était capable de me tuer à la moindre occasion... En soi, ta situation n'est guère plus différente même si vous êtes au moins déjà ensemble.

- Maman... Je te remercie...

- Et pour l'instant ce sera le secret des femmes du clan Cullen.

Soudain la porte s'ouvrit à la volée dévoilant ma Tante Alice.

- Parfait, maintenant que vous êtes décidées, il faut tout préparer pour ton annonce.

- Alice... Doucement, fit ma mère.

- Je sais, je sais... Alors pour ta robe, je pensais à ça, fit-elle en sortant son téléphone.

Ma mère et moi échangeâmes un regard consterné, elle devait penser comme moi. Tante Alice avait vraiment une notion des priorités à part. Je m'en moquais totalement de ma tenue, c'était plutôt la façon de lui dire qui m'importait. J'allais enfin lui dire la vérité, celle que je voulais lui annonce depuis longtemps mais désormais, j'étais inquiète de sa réaction future...

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Réponses Reviews

Milky01

Juste un petit croc ni vu ni connu, surtout que lui ne s'en est vraiment pas rendu compte.

Nedwige Stark

Et non c'était cadeau mdr. Un peu d'amusement.

Alors le conseil de famille ?