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XII.

MOI, RENESMÉE, HYBRIDE.

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Cela allait être le grand jour, le grand moment. Celui où j'allais enfin savoir si Jake prendrait bien mon annonce - et si il allait me massacrer sans aucune forme de procès - et surtout l'accepter. J'allais suivre tout les conseils des femmes de la famille ou presque. En effet, il y avait eu un conseil que je ne voulais pas suivre et que même ma mère trouvait exagéré - et c'est pas peu dire-. Ce conseil, il avait été donné - tout en finesse - par Tante Rosalie. En effet, pour elle, le meilleur moyen d'annoncer une terrible nouvelle à un homme était sur l'oreiller - après une nuit d'amour évidemment - pour mieux faire passer la pilule. Moi, j'étais consternée, je ne voulais pas coucher avec Jake uniquement pour lui annoncer une telle nouvelle. Évidemment, ma mère était d'accord avec moi, et même Grand-mère Esmée évidemment. Ainsi l'idée de Tante Rosalie fut abandonnée presque au moment où elle fut proposée. Elle avait cependant précisé que pour elle - et seulement elle - il s'agissait de la meilleure idée. Ensuite vint le tour des idées de Tante Alice - guère plus potables mais viables - surtout vestimentaire. Pour elle, je devais miser sur la pureté de mon image et elle m'avait dégoté une robe vaporeuse d'un blanc immaculé. Quand ma mère avait vu la robe, elle avait précisé à Tante Alice que le but n'était pas de rejoindre le point de vue de Rosalie. Cette réponse - que je comprends - ma mère l'avait donnée quand Tante Alice proposa même des dessous rouges sang eux - je reste une vampire selon elle - et plutôt sexy je dois bien le reconnaître. Heureusement, dans le lot des idées plus particulièrement gênantes de mes tantes, vinrent les idées de ma mère et de ma grand-mère. Elles - grâce à leur sagesse - m'aidèrent plutôt à choisir mes mots avec attention, après tout je risquerai ma vie. Selon ma grand-mère, je devais trouver un endroit neutre, posé et au calme, peut-être symbolique pour nous. Ma mère m'avait elle proposé de donner des indices indirects pour qu'il vienne tout seul à la conclusion. Naturellement sous toutes ses annonces, ma Tante Rosalie prétextait que sa méthode était plus sûre. J'ai fini par me demander en attendant le grand moment combien de mauvaises nouvelles elle avait dû annoncer à Oncle Emmett après une nuit passionnée.

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Le grand moment était venu pour moi. J'avais contacté Jake en lui demandant de me rejoindre à l'endroit même où il avait proposé de m'apprendre à conduire une moto, dans le terrain vague. J'avais opté cependant pour le choix vestimentaire d'Alice, la fameuse robe blanche. Je tenais simplement un sac à main avec à l'intérieur ce qui me servirait pour mon annonce, une idée de ma mère. J'étais très inquiète même si je savais que Tante Alice veillait sur moi grâce à son don. Je respirais difficilement, si on peut dire, tant j'étais stressée et je fixai la route inquiète. Je me demandais si mon annonce allait me conduire moi et ma famille à la mort. Soudain, j'entendis au loin le bruit caractéristique d'une moto et lentement je vis la forme particulière du véhicule et de son conducteur s'approcher lentement du terrain avant de se garer. Il plaça la béquille pour la maintenir en équilibre et il enleva son casque me dévoilant le visage que j'aimais voir. Je déglutis alors sachant le moment fatidique approcher à grand pas.

- Salut, fit-il en s'approchant.

- Bonjour, dis-je alors.

Il m'embrassa délicatement et j'en profitai un peu - au cas où ce serait le dernier - en le prolongeant sans honte aucune.

- J'étais un peu inquiet de ton message, me dit-il.

- Je sais... Je devais te parler.

- En général, c'est mauvais signe...

- Non... Peut-être... Je sais pas, dis-je gênée.

Je le vis me regarder étonné et forcément, il ne pouvait pas comprendre.

- Je voulais parler de la ruelle, avançai-je rapidement.

- Ho d'accord...

J'allais prendre les devants, conformément aux conseils de Grand-mère qui m'avait aidée à préparer mes propos.

- Il s'est passé quelque chose dont on doit parler, dis-je enfin.

- Ouais... Je crois aussi.

- Ce qui est arrivé a échappé à tout mon contrôle et je voulais m'excuser, dis-je.

- Pas besoin de t'excuser, dit-il me surprenant un peu.

- Mais si! C'était tellement gênant !

- Ouais... Je m'excuse d'ailleurs.

- Hein?

J'étais sous le choc, pourquoi diable voulait-il donc s'excuser, c'était quand même moi qui l'avait mordu.

- Oui, je sais que tu es peut-être gênée et j'ai un peu abusé, j'aurais dû t'emmener ailleurs.

Forcément, il parlait de ce qu'il avait fait pas de moi.

- Non ça c'est pas grave... J'ai même apprécié en fait.

J'avais envie de me gifler en disant cela, quelle idiote. Je devais avoir l'air d'une perverse.

- Mais... Quel est le problème alors?

- Ce qu'il s'est passé ensuite...

- Ensuite? Ho tu es gênée d'avoir été vue? demanda-t-il. Ou par rapport à ta belle-sœur ?

Il avait donc repéré ma mère à ce moment là, moi je ne l'avais pas vue. Sa paranoïa était bien trop élevée et son incompréhension - qui m'énervait - mettait à mal toute ma stratégie d'annonce.

- Non... Je voulais dire ce que j'ai fait.

- C'est rien, chacun son kiff, je ne juge pas, fit-il simplement.

- Jake... Tu n'as pas l'air de comprendre...

- Ben, si ça ne te gêne pas et que ça ne me gêne pas. Y a pas de problème.

- Si Jake, il y en a un... Un énorme problème.

- Par rapport à Jacob ? Il me semblait que...

- Putain Jake fais un effort...

- Quoi? dit-il étonné.

- Bon, dis-je en soupirant. Tu vas m'écouter attentivement d'accord ?

- Ok...

Il me regardait étonné,. c'était déjà compliqué et je n'avais pas réellement d'idée pour qu'il arrête de poser des questions stupides.

- Jake... Je n'ai pas été très franche avec toi.

- Mouais...

- Je sais que ce n'est pas clair. Mais attends. Je voulais te dire la vérité sur moi depuis un moment et je pense que je te le dois parce que... J'éprouve des sentiments pour toi.

- Ho... fit-il surpris.

Je sais pas pourquoi mais visiblement il était surpris, je commençais à me demander si il éprouvait des choses lui aussi. D'après mon père, c'était pourtant le cas.

- Ça te choque ? dis-je alors.

- Je suis surpris... Je rentre pas dans la catégorie des mecs dont on tombe amoureuse.

- Et ben si, dis-je en l'embrassant. Et justement, pour ça, je dois te dire la vérité.

- Mais la vérité sur quoi? Tu... es un mec en transition ?

- Mais non! Putain sois sérieux ! dis-je en m'énervant.

- Je vois pas ce qui est gênant dans le fait que tu me mordes parce que tu es excitée.

- Bon, dis-je en soupirant. Tu ne facilites pas les choses.

- Je vais essayer de comprendre... Je t'écoute.

C'était parti, j'allais peut-être prononcer mes dernières paroles.

- Avant de venir à la Nouvelle Orléans, je n'avais pas le droit de sortir ou d'aller au lycée car c'était trop compliqué.

- Tu n'es pas malade au moins? demanda-t-il soudainement inquiet.

- Non... Merci de t'inquiéter. En fait, je suis très particulière.

- J'avais remarqué.

- S'il-te-plaît... Ne m'interrompts pas.

- Pardon.

- En fait, je n'ai pas vraiment d'amis à Forks à part des gens qui savent pour moi et j'ai presque uniquement ma famille.

J'ouvris alors mon sac à main et en sortit la méthode spéciale Esmée Cullen. J'en sortis donc un thermos qui contenait mon mode alimentaire de base - du sang donc - et je lui tendis.

- Je t'ai interdit de boire chez moi...

- À cause d'un médicament il me semble.

- Oui, c'est ce que je t'ai dit mais c'était également un mensonge. Ouvre le et sens... Ne bois surtout pas.

Je le vois me regarder étonné et ouvrir le thermos.

- Si c'est de l'alcool, ça ne me gêne pas même si tu bois énormément, ça ne change rien pour moi.

- Attends d'avoir senti, dis-je alors.

Inconsciemment - ou pas en fait - j'avais fait un pas en arrière, comme pour m'éloigner de lui. Je le vis déverrouiller le bouchon puis tourner peu à peu la partie en caoutchouc noir. Je me tordais les doigts nerveusement et enfin il porta le récipient à son nez. C'était le moment. Immédiatement il repoussa le thermos en écarquillant les yeux.

- Putain de merde, c'est du...

- Oui, du sang.

- Tu crois que c'est le moment de faire de l'humour ?

- Quoi?

- Pourquoi tu buverai du sang? fit-il simplement.

- Jake, ma famille est particulièrement spéciale.

- C'est quoi le rapport avec un thermos rempli de sang?

- C'est... notre mode de consommation de base.

Je vis son regard changer et je compris ce qu'il faisait. Il assemblait les pièces du puzzle dans sa tête. Sa morsure, mon comportement, sans doute le froid de la main d'Oncle Jasper et je ne sais quoi d'autre.

- Ness... Ne me dis pas... fit-il froidement.

- Attends calme toi.

- Le compagnon de ta sœur...

- Oui mais pas que lui.

- Comment tu peux vivre avec un merde pareil ! Ta sœur est complètement débile !

- Arrête ! Ne hurle pas et écoute moi

- Il va tous vous tuer! On va chez toi je m'en occupe, fit-il en se dirigeant vers la moto.

C'était la merde alors j'ai attrapé brutalement son bras.

- Je ne t'ai pas encore tout dit.

- Pourquoi ? Il y a pire ?

- Jasper n'est pas le seul...

- Tu veux dire qu'il a changé ta sœur?

- Euh... Non... Mais Alice aussi est vampire.

- Et tu vis avec elle? T'es dingue. Elle va tous vous tuer.

- Non parce que ma tante m'aime.

Il s'était figé étonné et me regardait surpris.

- Ta tante? répéta t'il bêtement. Donc ta mère et le toubib savent pour elle.

- Le toubib a un nom, et c'est Carlisle.

- Ça change rien putain. Vous êtes en danger.

- Non... Mais ce n'est pas tout. Carlisle et Esmée ne sont pas mes parents adoptifs... Ce sont mes grands-parents.

- Tes grands-parents ?

- Oui, mon frère Edward est en réalité mon père.

- Hein? fit-il sous le choc.

- Et Bella est ma mère.

- Ils... sont tous des vampires ? fit-il sous le choc.

- Oui, mais ils sont différents, dis-je en le voyant reculer.

- C'était pour ça que tu me parlais de vampires gentils? Pour ta famille de monstre !

Les problèmes commençaient.

- Ce que tu tiens, c'est du sang d'alligator. Ils ne boivent jamais de sang humain. Je te le jure sur ma vie.

- Mais comment ils peuvent vivre avec toi alors?

- C'est compliqué... Et c'est le secret que je veux te révéler.

- Tu peux pas être une vampire, tu as la peau brûlante, fit-il simplement.

- Je ne suis pas une vampire...

Je le vis se rassurer et je craignais la suite.

- Je suis à moitié vampire, dis-je alors.

Instinctivement je fixai ses mains et je réalisai ce qu'il préparait. Juste à temps je pivotai sur mes jambes pour éviter une lame qu'il avait lancé.

- Arrête,. s'il-te-plaît écoute moi, dis-je en panique.

- Comment c'est possible ! Tu es quoi?

- Jake... Je suis une hybride... Je suis vivante mais j'ai toute les capacités des vampires. Je peux manger de la nourriture normale mais j'ai une préférence pour le sang.

J'entendis un cliquetis et je vis sa lame du bras gauche sortir sous sa veste.

- Jake...

- C'est un mensonge, ça n'existe pas.

- Je te jure que si, ma mère était lycéenne quand elle est tombée amoureuse de mon père et lui d'elle... Jake!

Il s'était lancé vers moi à pleine puissance et avait tenté de me couper la tête, je m'étais alors penchée rapidement pour éviter le coup. Ensuite, usant de la vitesse des vampires, je me suis éloignée de lui.

- Les vampires n'aiment pas, fit-il éructant presque. Ce sont des monstres assoiffés de sang.

- Jake, c'est vrai pour la plupart mais mon père et ma famille, ils ne boivent pas de sang humain...

Je dus esquiver à nouveau, il était réellement dangereux car il devinait chaque direction que j'empruntais pour me suivre. Tout à coup il sembla accroître sa vitesse et il fendit l'air de son bras armé. Je le saisis au vol et attrapai sa main en le regardant comme pour l'implorer d'arrêter.

- Jake, mon père a épousé ma mère, ils m'ont conçue... Et j'ai tué ma mère.

- Hein? fit-il freiné dans son élan.

- Quand... je suis née, j'ai déchiré ma mère de l'intérieur, j'ai tué ma mère et mon père en a fait une vampire.

- Tu vois mais en naissant les vampires tuent...

- Jake je t'en prie...

Il saisit brutalement ma gorge et me décolla du sol pour m'y plaquer. Je dus lâcher son bras armé et il le brandit, posant sa lame sur ma gorge. J'allais mourir. Et pourtant il semblait hésiter.

- Tu... Pourquoi m'as tu approché ? Ce sont eux qui t'ont envoyée? Pour nous tuer.

- ?on, c'était le hasard.

- Tu mens... Vous êtes des tueurs et des manipulateurs.

- Alors tue moi!

- Quoi? fit-il choqué.

- Si tu ne me crois pas tue moi, répétai-je. Mais épargne ma famille alors.

- Ce sont des vampires, je dois les exterminer.

- Non, je t'en prie... Ne leur fais rien. S'il-te-plaît.

- Pourquoi être venus ici?

- Pour m'offrir une vie normale... Si ils avaient su.

- Si tu peux avoir normalement, pourquoi partir?

- Les gens connaissent mes parents et ça fait quinze ans qu'ils n'ont pas changé.

- Quinze? Tu n'as que quinze ans? Je croyais que tu en avais seize voir dix-sept.

- C'est compliqué... Je savais pas que j'allais rencontrer quelqu'un qui vit pour nous exterminer. Et encore moins en tomber amoureuse.

Je devais frapper fort, lui faire comprendre et son regard me prouvait bien que le trouble l'habitait en ce moment.

- Jake... Si tu dois me tuer, fais le mais ne fais pas durer la situation...

- Tu... m'as mordu, tu es dangereuse, je dois te tuer, fit-il visiblement peu sûr de lui

- Vas-y mais épargne ma famille... Je t'en prie, ils s'en iront.

- Ness...

- Ce ne sont pas des tueurs, laisse moi te le prouver.

J'ai alors bougé sa lame et saisit son visage pour l'embrasser. Je devais lui montrer. J'ai alors usé de ce qui avait été si longtemps mon seul moyen de communication, la transmission de mes pensées et de mes souvenirs. Je lui ai tout montré, le temps que j'avais passé dans le ventre de ma mère, ressentant sa douleur quand je bougeais avant de décider de devenir immobile. Ma naissance et la morsure sur la poitrine de ma mère, sa mort. L'imprégnation de Jacob également, lui montrant également le secret des Quileutes pour qu'il puisse comprendre. Je lui ai montré mon éducation- le piano, la lecture et les histoires en tête - puis les chasses de gibier qu'il s'agisse de cerf ou d'ours. J'ai enchaîné sur l'histoire des Volturi, je ne voulais absolument rien lui cacher, je savais que lui montrer les Denali allait constituer un risque mais j'ai osé. Je lui ai également montré la gentillesse de chacun des membres de ma famille, lui prouver qu'aucun de nous n'était un tueur sanguinaire. Je lui ai également fait voir que je n'étais pas venimeuse, caractéristique unique des hybrides femelles - dont j'ai également montré l'existence - ainsi que les dons de ma famille. Puis, j'ai enchaîné sur les images de lui et mes sentiments pour lui, ma peur de lui dire, ma peur de le voir tuer ma famille, les douches, ce qu'il s'était passé dans la ruelle - dans son intégralité pour lui rappeler que nous étions en couple. Et le soutien de ma famille pour cette annonce fut la dernière chose que je lui ai montré. Lentement, j'ai détaché mes lèvres des siennes réalisant qu'une larme coulait sur ma joue et je l'ai regardé avec tristesse.

- J'ai été très heureuse de te rencontrer et d'être considérée comme normale, dis-je en saisissant son bras et replaçant la lame sur ma gorge.

- Ness...

- Alors vas-y, fais ce que tu as à faire...

- Je... Je...

- Jake... Merci... Je t'aime...

C'était l'idée de Maman, lui montrer avant tout que j'étais amoureuse de lui - et sincère - pour le rassurer et le motiver à m'épargner. Je le fixai du regard et il était complètement perdu.

- C'est impossible... Les vampires ne peuvent vivre en paix avec les humains...

- Nous le pouvons... Je l'ai fait et j'en ai même aimé un. Je l'aime encore même si il est sur le point de me tuer.

Et là, ce fut moi qui fut surprise car il m'embrassa. Je pensais que peut-être c'était un baiser d'adieu mais il laissa retomber son bras armé. Il détacha ses lèvres des miennes et me fixa dans les yeux.

- Moi aussi je t'aime mais...

- Mais? C'est impossible ? Nous sommes ennemis ?

- Tu te crois dans Roméo et Juliette ? Shakespeare a jamais envisagé l'histoire avec des monstres.

- Tu me vois comme un monstre ? dis-je vexée.

- J'ai dit "des".

- Ho...

- Suis-je si humain que ça ? Pas toujours... Mais... Tu bois réellement du sang?

Je saisis alors le thermos qui était tombé près de moi et l'ouvrit prête à boire mais sa main se posa sur le thermos.

- Quoi? dis-je soudainement.

- J'aimerais savoir une chose... C'est quoi ce concept de chantant, dit-il soudainement.

- T'as vu ça dans mes souvenirs ?

- T'en a parlé avec ta sœur... Enfin Tante. Alice je crois.

- C'est un humain dont le sang vibre pour un vampire comme l'âme sœur. Ce n'est pas le cas. Ton sang est comme modifié et il m'attire. Mais Pour tu m'as empêchée de boire?

- Je veux te tester pour savoir si je dois t'épargner.

- Me tester? me suis-je offusquée.

- Oui, j'ai vu que mon sang te faisait de l'effet, alors prouve moi que tu n'es pas dangereuse.

- J'allais boire le sang dans le thermos.

Je le vis alors saisir le thermos et le jeter au loin en me fixant du regard. J'avais ouvert la bouche pour protester quand je le vis bouger la main. Il avait saisit un couteau et j'avais sursauté.

- Moi aussi j'ai été content de te rencontrer.

- Hein? dis-je étonnée.

Soudain, il porta la lame à son cou et s'ouvrit sans se trancher la carotide mais immédiatement, le sang se déversa par flot de sa plaie. Je tremblais littéralement en sentant son sang se répandre sur ma robe. Il m'attira alors à lui.

- Je vais régénérer, j'ai pris une dose au cas où tu avais trouvé un vampire, alors bois et prouve moi que tu peux t'arrêter.

Il plaça mon visage si près de sa plaie qu'immédiatement, son odeur enivrante s'empara de moi et je ne mis pas longtemps avant de céder et plonger tout crocs dehors - ou plutôt dedans - sur son cou. Et là j'avais enfin accès à ce que j'avais toujours désiré, son sang et je pouvais y aller à ma guise. J'aspirai goulûment dans un bruit de succion équivoque, buvant chaque goutte qui s'échappait lentement de sa plaie. J'adorai avaler tout ce qu'il m'offrait à cet instant, le sentant couler dans le fond de ma gorge tandis que son nectar m'abreuvait sans difficulté. Je sentais la différence de son sang, succulent, puissant, riche... Divin tout simplement. Je me collais de plus en plus contre lui dévorant son fluide vitale dans des gémissements équivoques. Je devais lui donner l'impression - vu une certaine réaction de sa part - d'être proche d'un orgasme comme si nous faisions l'amour. Mais je ne faisais que m'abreuver. Tout à coup, il approcha da main et la glissa dans les cheveux me faisant redoubler d'ardeur dans ma dégustation. C'était trop bon.

- Ness... Si tu continues comme ça je vais...

- Hmmm, murmurai-je en buvant.

C'était trop bon, je ne voulais pas m'arrêter, j'ai alors resserré ma prise accentuant mon mouvement.

- Vas y continue Ness, si tu n'arrives pas à t'arrêter, au moins personne ne saura pour ta famille.

Il fallait reconnaître que je n'avais pas envisagé d'arrêter de boire. La preuve en était que c'était trop compliqué. J'essayais d'arrêter mais le goût me plaisait. J'ai alors pris tout mon courage pour me détacher de lui et le fixer du regard.

- Pardon... dis-je.

- C'est si bon que ça ? fit-il en touchant sa plaie sur son cou qui se refermait vu que mes crocs n'étaient plus dedans.

- Oui, dis-je gênée en tournant la tête. C'était une mauvaise idée...

- Tu t'es arrêtée non? fit-il en me tournant le visage.

- J'ai failli te tuer.

Je le vis alors passer son pouce sur mes lèvres et les frotter.

- Tu as un peu de sang, fit-il avant de porter son doigt à ses lèvres.

- Désolée...

- Hey, c'est bon. Et promis, j'en parle pas.

- Jake... Je ne veux pas cesser de te voir, je veux toujours être avec toi.

Il m'embrassa alors et et je devais avoir le goût de son sang mais je le laissais faire, m'allongeant au sol sous ses baisers qui se firent ardent. Sa main glissait lentement sur mes jambes et je sentis celles-ci remonter sous ma robe. Si ça continuait, j'allais user de l'idée de Tante Rosalie.

- Humhum, fit une voix près de nous.

Jake se détacha rapidement et je me suis relevée le rouge aux joues.

- Maman? dis-je choquée.

- Alice a mal vu... J'espère.

- Quoi? fit Jake étonné.

- Oui, ma Tante Alice voit l'avenir.

- Et elle t'a vu tenter de tuer ma fille, j'ai alors accouru le plus vite possible. Visiblement, il se passait autre chose.

J'étais plutôt gênée et lui aussi - chose suffisamment rare pour être relevée -. Par contre, je vis ma mère fixer l'état de ma robe et son cou ainsi que sa chemise. Elle me regarda étonnée.

- Je lui ai offert mon sang, fit simplement Jake.

- Tu es suicidaire ? demanda ma mère.

- Elle voulait me prouver que vous n'êtes pas des machines à tuer, elle l'a fait.

Ma mère me regarda stupéfaite comprenant à quel point la vie et la mort avaient peu d'importance aux yeux de Jake. C'était comme ça avec lui.

- Bon, je pense que vu ce que j'étais sur le point de voir, nous pourrions vous inviter chez nous.

- Avec un tas de têtes à clous? fit-il choqué.

- Jake!

- Hein ? Oui, pardon...

- Nous ne te mangerons pas.

- Par contre... Il y autre chose que du sang j'espère, fit-il avec son sourire en coin.

- Évidemment, je vous attends à la maison.

Et ma mère disparut. Je regardai alors Jake qui se dirigea vers sa moto.

- Jake?

- Je n'ai pas foncièrement changé d'avis tu sais.

- Quoi? dis-je soudainement.

- Tu as bien dit que toi et ta famille êtes différents. Disons que je ferai la part des choses.

C'était une évidence qu'avec lui, cela ne serait que progressif. À cet instant là, je me rendis compte que mon mec allait officiellement rencontrer ma famille, cela donnait un petit côté officiel à notre relation mais c'était étrange. J'espérais réellement qu'avec eux, qui étaient de vrais vampires, cela allait bien se passer mais avec Jake, je n'étais jamais sûre de rien...

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Petite note

La double lecture quand Ness boit enfin son sang est largement voulue. Désolé ;)

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Réponses Reviews

Nedwige Stark

Content pour toi, pauvre chat tjr compliqué pour ces petites betes.

La baffe je la trouvais un peu nécessaire, après tout Ness a cumulé les conneries tout de même.

J'espère que l'annonce t'a plue

HS: Avant première de Spencer avec KS le premier septembre à la Nostra de Venise. Tu as vu que Rachel Zegler allait être la nouvelle Blanche-Neige en images réelles ? C'est pas un problème une métis ? Sans racisme aucun, Blance neige s'appelle comme ça car elle est aussi pâle que Bella dans Twilight. Ils sont fous...