Chapitre 1
Appartement Danvers-Luthor, National City :
Ruby gambadait partout dans l'appartement, courant à perdre haleine, tout en riant, pour échapper à la grande blonde qui la poursuivait. Du haut de ses trois ans, la petite fille au teint basané était particulièrement rapide. Voire même, trop rapide pour Kara, qui essayait de la rattraper pour un nouvel assaut de chatouilles, sans franc succès. Toute aussi hilare que la plus jeune, les rires de la Danvers mêlés à ceux que l'enfant résonnait sur le palier de l'appartement qu'elle partageait avec son amour d'adolescence.
Un vrai sourire s'était dessiner sur les lèvres de Lena lorsque celle-ci avait atteint la porte d'entrée de son petit nid douillet. Délicatement, elle avait prit soin d'ouvrir la porte en faisant attention à ce qu'aucune des deux filles soient derrière la porte, comme cela avait déjà pu se produire par le passé. Mais un simple coup d'œil suffisait à lui indiquer que personne ne se trouvait dans l'entrée.
Déposant ses clés dans le petit bac en verre prévu à cet effet, près de la porte, Lena rentrait d'une épuisante journée passée à essayer d'accorder ses cours et son travail à LuthorCorp. C'est alors que, faisant quelques pas dans le salon aux couleurs vives, elle dû retenir le rire qui menaçait de sortir de sa gorge face au spectacle qui s'offrait à elle.
Kara, peinant à suivre la jeune enfant survoltée, venait de tourner à vive allure derrière leur plan de travail, imitant presque parfaitement la courbe de la petite... mais seulement presque. Dans un élan de maladresse qui lui était caractéristique, la blonde s'était emmêlée les deux jambes et l'instant suivant, son corps rencontrait le sol dans un vacarme saisissant. Ruby, qui ne s'était nullement retournée pour savoir si la sœur de sa deuxième maman allait bien, se rendait enfin compte de la présence de sa tante, dans l'entrebâillement de la porte menant à l'entrée. Un grand sourire ravi étirait aussitôt les lèvres de l'enfant, qui s'élançait sans attendre vers la brune qu'elle aimait tant.
- Tante Lena ! Cria-t-elle avec enthousiasme.
La milliardaire avait juste eu le temps de se pencher pour saisir la petite sous ses aisselles que celle-ci s'accrochait déjà fermement à son cou pour lui faire un gros câlin. Le cœur de la brune se gonflait sous la tendresse que lui offrait toujours l'innocente petite fille. Sa fatigue s'en allait alors comme elle était venue, offrant à Lena un regain d'énergie qu'elle n'attendait plus.
- Tu ne devrais pas être en train de faire la sieste, crapule ? Demanda-t-elle à la petite fille sur un ton taquin.
- C'est à cause de marraine ! Déclara-t-elle alors en pointant Kara du doigt.
La blonde, qui s'était assise sur ses fesses et qui massait son crâne douloureux arborait aussitôt une moue boudeuse. Puis, associant ses bras à son air renfrogné, elle les croisaient contre sa poitrine, faisant naître un rire de la part de sa petite-amie. Trois bonnes années s'étaient peut-être écoulés mais la plus jeune des sœurs Danvers n'avait absolument pas grandi et la brune aimait beaucoup cela. Kara la séduisait toujours comme au premier jour et son cœur en témoignait actuellement, en se mettant à battre beaucoup plus rapidement devant l'air de chien battu de la plus jeune.
- Ce n'est pas vrai, se plaignit-elle, c'est Ruby qui voulait jouer.
Le rire de Lena ne faisait que redoubler un peu plus tandis que la blonde se remettait enfin sur ses jambes pour s'approcher de celle qu'elle aimait, et de la petite qui avait élu domicile dans ses bras. Jetant un regard entendu vers l'enfant qu'elle tenait fermement, un sourire en coin prenait possession des lèvres de la milliardaire.
- Marraine a fait des bêtises, alors ? S'enquit-elle auprès de l'enfant qui hochait vigoureusement la tête. Et si on punissait marraine en la chatouillant ?
- Ouiiiiii !
La petite fille se mettait aussitôt à gigoter dans les bras de Lena alors que celle-ci la reposait sur le sol. Sans attendre, Ruby s'élançait vers la blonde et s'attaquait à ses jambes comme elle le pouvait, faisant rire Kara, plus par amusement que parce qu'elle souffrait vraiment des petits assauts de sa filleule. Le regard attendri, Lena observait la scène avant de rejoindre l'enfant et de se mettre à chatouiller la taille de sa petite-amie qui, cette fois, se mettait vraiment à rire de souffrance.
- A... Arr... Arrêtez... supplia-t-elle entre deux rires.
Toutefois, ses deux bourreaux continuaient quelques instants, jusqu'à ce que la petite fille ne se mette à courir vers la chambre d'amis, qui était la sienne lorsqu'elle venait chez les deux membres de sa famille. Naturellement, Lena cessait donc de chatouiller sa bien-aimée, qui se mettait à faire la moue de manière faussement indignée.
- Où est-ce que tu vas, crapule ? Demanda Lena à sa nièce qui décampait le plus vite possible.
- Chercher mon doudou !
Cette justification fit doucement rire la brune, qui aurait mentit si elle avait assuré ne pas fondre devant Ruby et toute son innocence particulièrement mignonne. Dès lors que celle-ci disparaissait derrière la porte de la chambre, la milliardaire comblait la distance entre son corps et celui de Kara, attirant celle-ci dans une étreinte qui eût raison de la tentative d'indignation de la blonde. Incapable de refuser ce câlin particulièrement bienvenu, la Danvers décroisait les bras pour serrer la brune contre elle. Les deux amantes ne s'étaient pas vues depuis la veille au soir et, malgré les années passées ensemble, la blonde était toujours aussi dépendante de la milliardaire qu'elle ne l'avait toujours été.
- Tu m'as manquée, avoua Kara dans un murmure tendre.
- Tu dormais tellement bien que je ne voulais pas te réveiller en partant, ce matin... déclara la brune sur un ton penaud.
Glissant ses bras autour de la nuque de sa belle, la plus jeune nouait ses poignets derrière le crâne de la milliardaire avec un petit sourire rassurant. Son regard, empli du même amour que Lena lui avait toujours connu, tombait dans celui de la brune et naturellement, Kara réduisait le reste de la distance entre leurs deux visages. Dans un geste empli de douceur, les lèvres de la blonde rencontraient celles de la PDG, et cette dernière ne se faisait pas prier pour lui rendre ce baiser qu'elle avait attendu toute la journée durant. Elle ne le lui avait pas dit mais, la réciproque était tout aussi vraie : Kara lui avait atrocement manquée ce jour-là.
- Beurk, vous faites des bisous... lança la petite voix de Ruby qui s'était figée, son lapin en peluche à la main, près de celles qui étaient presque comme ces deuxièmes mamans. Maman Alex aimerait pas que je vois ça, je crois.
Si les deux femmes de l'appartement s'étaient rapidement séparées en entendant la voix de leur nièce, et filleule, la dernière phrase de la petite les avaient fait rire. Elles échangèrent un regard empli de malice avant de toutes deux s'élancer vers l'enfant pour se mettre à la chatouiller avec ferveur.
- Mais maman Alex ne le saura pas, assura Kara en mordant sa lèvre inférieure tandis que Ruby se tordait de rire.
Les deux jeunes adultes ne malmenèrent pas l'enfant trop longtemps. Celle-ci était déjà beaucoup trop énervée comme ça pour qu'elles n'attisent le trop plein d'énergie de Ruby. Donc, dès lors que l'enfant s'était mise à se rouler sur le sol, les deux amantes s'étaient arrêtes. Naturellement, la petite fille avait immédiatement quémander que Lena la prenne dans ses bras et cette dernière, incapable de refuser quoi que ce soit à celle qu'elle considérait réellement comme sa nièce, avait succombé à sa demande. Alors, se tenant fermement à la nuque de la brune sous l'œil attendri de sa marraine, Ruby souriait de ravissement. Et bien malgré elle, Kara ne pouvait pas s'empêcher de penser que toutes les craintes qu'avait eu Lena n'avait jamais été fondées. La milliardaire serait une maman formidable, la blonde en était persuadée.
- Qu'est-ce que tu dirais de nous aider à préparer le dîner ? Demanda la brune à Ruby dont elle avait déjà toute l'attention. Je pense qu'on va avoir bien avoir besoin de tes petites mains si on veux que maman Alex et maman Sam aient quelque chose à manger, ce soir.
La petite hochait vigoureusement la tête, se laissant emmener jusque la cuisine. Kara, sur les talons de sa petite-amie, avait suivi les deux membres de sa famille sans se faire prier, tout en restant légèrement en retrait. Cette journée de gardiennage de Ruby n'avait pas été de tout repos mais, pour rien au monde, Kara n'aurait changé ce petit rituel qu'elle avait tous les vendredis. Il était temps qu'elles préparent la soirée jeux qui se tenaient dans leur appartement, ce soir, et la blonde ne pouvait pas se réjouir davantage de finir la journée entourée de tous ses amis.
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Parc, National City University, National City :
Appuyée contre sa moto, à l'entrée du petit parc de l'université de National City, Alex attendait patiemment la femme qui partageait sa vie depuis quelques années, maintenant. Sam avait l'habitude que la jeune étudiante en médecine vienne la récupérer à la sortie de ses cours, si bien qu'elle ne traînait jamais pour rejoindre sa belle, qu'elle n'avait que rarement le temps de voir réellement en tête à tête. Depuis que Ruby était arrivée dans leurs vies, les deux mamans étaient comblées par cette petite fille si intelligente et exceptionnelle qu'elle était, toutefois, cela avait radicalement tout changé. Un enfant demandait énormément d'attention et les deux adolescentes qu'elles étaient, à l'époque, s'étaient vites trouvées dépassées par leurs obligations parentales. Néanmoins, maintenant qu'elles parvenaient à jongler avec leurs vies étudiantes et maternelles, il n'y avait plus beaucoup de temps pour la romance.
Alors, par besoin de se retrouver, Alex avait fini par demander à sa sœur cadette si ça ne la dérangeait pas de s'occuper de Ruby, un jour dans la semaine, afin que les deux mamans puissent avoir un peu de temps pour elles. Naturellement, Kara, qui était autant sous le charme de l'enfant que ses deux figures parentales, avait immédiatement accepté. Et maintenant que Sam marchait en direction de sa compagne, le sourire aux lèvres, elle savait qu'elle ne remercierait jamais assez la blonde pour la pause qu'elle leur offrait.
Il était dix-sept heures lorsque la châtain avait enfin atteint le parc de l'université, et la nuit déjà bien tombée sur la charmante ville de National City offrait des lueurs argentées, provenant de la lune, sur la petite mare en contre-bas. Sam adorait ce paysage, qu'elle n'avait de cesse d'observer, tous les soirs de la semaine, depuis leur arrivée sur la côté ouest.
- Hey, la salua Alex avec un franc sourire.
- Hey...
Dans un geste tendre, Sam n'avait pas attendu pour passer ses mains autour de la nuque de la brune aux cheveux courts, réduisant la distance entre leurs deux cœurs. Tout était devenu tellement normal pour Alex au fur et à mesure des années que celle-ci n'hésitait plus une seule seconde à offrir de l'affection à sa petite-amie, même en public. Et la châtain devait avouer que cette assurance dont faisait maintenant preuve l'étudiante en médecine la ravissait au plus au point. Un sourire niais sur le visage, la plus âgée des sœurs Danvers s'était empressée de presser ses lèvres contre celle de sa belle, posant chastement ses mains sur sa taille pour la serrer un peu plus contre elle.
Alex profitait de leur petit moment en sachant pertinemment qu'il n'allait pas durer éternellement. L'ancienne basketteuse avait une annonce importante à faire à la châtain, et elle en avait été perturbée toute la journée. A vrai dire, elle ne savait pas comment sa compagne allait réagir, et c'était ce qui lui faisait le plus peur dans cette histoire. La brune avait eu l'espoir de trouver du courage dans ce baiser qui avait fait s'élever une nuée agréable de papillons dans son ventre mais ce ne fût pas le cas. Son cœur restait serré dans sa poitrine, et son esprit ne parvenait pas à s'alléger.
Lorsque Sam mettait enfin fin à leur tendre rapprochement, ne pouvant s'empêcher de sourire de contentement, le cœur d'Alex se serrait encore davantage. Cette dernière savait qu'elle ne pourrait rien cacher à la châtain qui avait déjà plongé son doux regard noisette dans le sien, décelant sans mal la lueur tourmentée dans son regard. Alors, l'étudiante en gestion d'entreprise fronçait les sourcils, et voyant cela, la brune ne lui laissait pas le temps de lui poser des questions. C'était maintenant, ou jamais. Il fallait qu'elle tente quelque chose, bien que sa manœuvre bancale d'aborder ce sujet risquait de ne pas être la bonne.
- Tu veux bien qu'on aille se balader, un peu ? S'enquit la Danvers avec hésitation. Il faut qu'on parle.
- Oh euh... oui. Bien sûr.
Sam se laissait entrainer à la suite d'Alex sur l'un des petits chemins du parc, en silence. Les dernières paroles de celle qu'elle aimait avait fait naître un puissant sentiment d'inquiétude dans son être tout entier et, malgré toutes les appréhensions qui se bousculaient dans son esprit, la châtain se faisait violence pour ne pas briser le silence installé entre elles.
Les deux amantes avaient bien dû marcher ainsi, leurs mains se frôlant à chacun de leurs pas, durant une dizaine de minutes, toutes plus oppressantes les unes que les autres. Un coup d'œil vers Alex indiquait à la châtain que celle-ci réfléchissait, mais ça ne fit qu'accroître le stress dans la poitrine de l'étudiante en gestion. La brune ne semblait pas décidé à parler, et ce même si elle était à l'initiative de cette tentative de discussion.
N'y tenant plus, Sam avait fini par se figer, saisissant fermement la main de sa compagne pour réclamer son attention. Instinctivement, le regard perdu de l'étudiante en médecine s'était ancré dans celui, rongé par l'inquiétude, de la châtain qui avait perdu son lumineux sourire. Pressant la main de la brune dans la sienne, l'ancienne fille de ferme esquissait un rictus nerveux.
- Alex, dis-moi ce qui se passe, demanda-t-elle en arborant un air vraiment soucieux. Tu me fais peur.
- Je...
La plus âgée des deux sœurs Danvers ouvrait et fermait la bouche en rythme, cherchant ses mots. Mais ceux-ci ne semblaient pas vouloir s'aligner correctement dans son esprit. Puis, dans un geste machinalement anxieux, la brune passait sa main libre dans sa nuque, sans même s'en rendre compte. Elle était puérile. Et elle s'en voulait d'inquiéter ainsi la châtain pour quelque chose qui n'était pas si grave que celle-ci devait le penser.
- J'arrête la médecine, avoua-t-elle enfin dans un soupir.
Un sentiment immense de soulagement avait submergé Sam à l'entente des paroles de sa compagne. La première chose qu'elle avait été capable de faire fût de soupirer de tout son soul, en posant une main rassurée sur sa poitrine, laissant enfin son cœur calmer son rythme bien trop élevé dans sa poitrine. La châtain avait eu le temps de s'imaginer tous les scénarios possibles et inimaginables. Elle avait eu peur que quelque chose soit arrivé à leur petite fille, puis, elle avait appréhendé que, peut-être, elle puisse avoir fait quelque chose de travers.
- Mon dieu, Alex, ne me fais plus jamais un coup pareil, la réprimanda Sam en prenant un air faussement fâché. J'ai vraiment cru que quelque chose de grave était arrivé.
Puis, tout à coup, le sens des paroles de la brune semblaient enfin faire écho dans l'esprit de la châtain, qui se mettait à froncer les sourcils. Avait-elle bien compris ce que lui avait dit sa petite-amie ? Le discours de la brune n'avait ni queue, ni tête, selon l'étudiante en gestion. Pourquoi Diable, Alex aurait-elle voulu arrêter ses études en médecine ? Elle avait travaillé tellement dur pour avoir sa licence que cela paraissait inconcevable pour la châtain.
- Attends... reprit-elle en secouant vigoureusement la tête. Comment ça, tu arrêtes tes études de médecine ?
Un petit rire nerveux s'échappait aussitôt de la gorge de la brune. En réalité, elle avait énormément de raisons de mettre un terme à ses trois années de dur labeur, mais elle comprenait la réaction de sa bien-aimée. Elle était même persuadée qu'elle aurait eu exactement la même, si elle avait été à sa place. Alors, après avoir jeté un regard derrière elle et après avoir trouvé ce qu'elle cherchait, l'ancienne capitaine de l'équipe de basket du lycée avait gentiment tiré Sam quelques mètres plus loin, et s'était assise sur l'un des bancs qui bordait le chemin du parc.
Les sourcils froncés, la châtain s'était laissée faire et n'avait pas rechigné quand il avait fallu qu'elle s'assieds à son tour. Son regard confus, rivé sur les traits tirés de l'étudiante en médecine, ne faisait que s'embrumer davantage alors qu'Alex soupirait.
- On m'as offert un poste dans les forces de polices de National City, dans le service d'investigation, déclara la brune en se forçant à soutenir le contact visuel établi par sa compagne.
- Quoi ? S'étonna Sam. Mais Alex...
- C'est un boulot bien payé, la coupa-t-elle rapidement. Je vais devoir suivre deux semaines d'entraînement plutôt intensifs mais ça en vaux vraiment la peine.
La châtain soupirait, laissant momentanément le silence s'installer entre elles. Sans rompre le contact qui unissait leurs iris, l'étudiante en gestion sondait l'intérieur des prunelles de sa belle, admirant la lueur à la fois coupable et enthousiaste qui y régnait. Malgré tout le stress qui émanait de la brune, Sam n'avait pas de mal à voir que celle-ci semblait vraiment emballée par cette proposition, même si la châtain se montrait sur la réserve. Il y avait un sacré fossé entre la médecine et la police, pensait la châtain. Pourtant, maintenant qu'elle y réfléchissait, elle n'était pas plus étonnée que cela à l'idée qu'Alex puisse vouloir devenir agent de police.
- Je ne sais pas, Alex, soupira Sam. Tu es sûre de vouloir accepter cette offre ? Ce n'est pas une décision à prendre à la légère...
- En fait... je l'ai déjà acceptée.
Une nouvelle vague de surprise s'emparait de la châtain. Etait-elle en train de rêver ou la brune venait-elle vraiment de lui avouer avoir pris une décision dans son dos ? A cet instant, la jeune Arias ne savait pas si elle devait se sentir vexée ou simplement énervée.
- Tu as accepté le job ? Répéta Sam avec incrédulité.
- Sam, soupira Alex, c'est vraiment une grande opportunité. Je m'ennuie dans les labos, j'ai besoin d'action. Et puis... avec le salaire qu'on m'offre, nous n'aurons plus de mal à joindre les deux bouts, comme on le fais à chaque fin de mois. Ce sera mieux pour Ruby, mieux pour toi, et mieux pour moi aussi.
Petit à petit, l'air de la brune s'était fait un peu plus suppliant, et désormais, Sam faisait face à la plus jolie tête de chien battu que sa petite-amie ne lui avait jamais servi. Le cœur de la châtain se serrait soudainement d'une culpabilité qu'elle n'aurait pas dû ressentir, elle le savait bien. Alors, poussant un énième soupir, Sam s'avouait vaincue. Qui était-elle pour interdire à la brune de faire ce qu'elle voulait vraiment faire ? Alex avait bien le droit de se sentir épanouie dans son futur métier et, indéniablement, elle ne l'était pas actuellement.
Lentement, un petit sourire incertain, mais chaleureux et rassurant, étirait les lèvres de la châtain, qui pressait la main de sa belle dans la sienne. Cette dernière n'avait pas tord sur toute la ligne. Cela faisait trois ans maintenant que, malgré la bonne gestion de leur argent par Sam, le jeune couple de mamans avait bien du mal à s'en sortir financièrement. Et ça devenait de pire en pire à mesure que Ruby grandissait, et que leurs études devenaient plus coûteuses. Elles en étaient arrivées à un tel point que Lena avait plusieurs fois proposé de les aider, mais Sam s'était toujours obligée à refuser l'offre généreuse de sa meilleure amie. La seule chose que la châtain avait accepté venant de la milliardaire avait été l'offre d'un poste au sein de LuthorCorp. Ainsi, la châtain travaillait et l'argent qu'elle gagnait était mérité. Mais une source de revenu en plus serait clairement le bienvenu, elles ne pouvaient pas s'en cacher.
- Si c'est vraiment ce que tu veux, je serais derrière toi quoi qu'il arrive, assura Sam en faisant naître un véritable sourire reconnaissant sur les lèvres de sa belle. Quand est-ce que ta formation commence ?
- Lundi matin.
La détermination qui perçait dans la voix d'Alex avait fait fondre le cœur de la châtain, ayant raison de ses dernières réticences. Elle n'avait aucun doute : la brune allait exceller dans ce job qui correspondait parfaitement à sa personnalité.
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Appartement Danvers-Luthor, National City :
- Maman !
Ruby n'avait pas attendu l'aide de sa tante préférée avant de sauter de la chaise sur laquelle elle se tenait pour courir vers la porte d'entrée de l'appartement, qui venait de claquer derrière l'arrivée de sa maman au teint basané. Sam n'avait même pas eu le temps de poser son sac sur le sol que la petite fille s'accrochait déjà à ses jambes, faisant sourire la jeune femme. Rapidement, la jeune Arias avait retiré son blouson, l'avait déposé avec son sac et avait saisi la petite sous les aisselles, la prenant ainsi dans ses bras.
L'enfant, tout sourire, regardait sa mère biologique en tenant fermement un petit collier de perles, autour de son cou, avec l'une de ses mains. Son cœur fondait instantanément tandis qu'elle avisait tant de bonheur sur le visage de sa petite fille. Ruby était un tel rayon de soleil qu'elle aurait pu rivaliser avec la jolie blonde qui préparait le dîner, dans la cuisine.
- Regardes ce que j'ai fait avec marraine ! S'exclama la petite avec un enthousiasme qui agrandissait le sourire de sa maman.
- Oh, c'est toi qui a fait ça ? Fit semblant de s'étonner Sam. C'est très joli, ma puce.
- Oui, et même qu'après, j'ai préparé à manger avec tante Lena.
Gardant sa mine faussement surprise, dont la petite ne pouvait pas avoir conscience, la châtain s'approchait de la cuisine en quelques enjambées, entrant enfin dans le champ de vision des deux hôtes de la soirée, qui souriaient niaisement. La milliardaire s'adossait aussitôt au plan de travail pour toiser les deux Arias avec un amusement certain.
- Vraiment ? Demanda Sam à la petite avant de reporter son attention sur ses deux amies. Elle a été sage, j'espères ?
Kara, qui avait naturellement trouvé sa place contre sa petite-amie, échangeait un sourire en coin avec la brune et gratifiait l'enfant d'un petit clin d'œil. Alors, incapable de retenir un petit rire en se remémorant la scène dans laquelle elles les avaient trouvées, Lena pinçait les lèvres avant de déposer un tendre baiser sur le front de sa compagne, l'attirant un peu plus contre elle grâce au bras protecteur qu'elle avait passé autour de sa taille.
- On sait toutes que c'est Kara la moins sage des deux, déclara la milliardaire en faisant rire la châtain.
- Heyyy ! Fit semblant de s'offusquer la blonde en poussant gentiment l'épaule de sa belle. Ce n'est même pas vrai.
- Bien sûr, se rattrapa Lena en levant les mains au ciel en signe d'abdication.
Kara secouait vigoureusement la tête en boudant faussement, augmentant le rire de la jeune maman. Trois années étaient peut-être passées mais, aucun doute, les deux petites-amies n'avaient absolument pas changées, si ce n'était que leur assurance à l'égard de l'autre était devenue plus présente.
- Alex n'est pas là ? S'enquit alors la blonde, les sourcils froncés en ne voyant sa sœur nulle part.
- Je viens d'arriver, déclara celle-ci en claquant la porte d'entrée derrière elle.
Aux premiers mots de sa maman brune, Ruby s'était mise à s'agiter dans les bras de Sam. Sans chercher à comprendre plus que cela, la châtain avait reposé sa fille sur le sol au moment même où l'ancienne capitaine de l'équipe de basket faisait irruption dans la cuisine.
- Dis donc, c'est un beau collier que tu as là, déclara la future policière en s'accroupissant pour être à la hauteur de sa fille.
L'enfant ne répondait pas, bien trop occupée à entourer le cou de sa maman de ses bras pour lui faire un câlin. Attendries, Sam observait la scène en portant une main à son menton, tandis que les deux maîtresses des lieux coulaient une regard amoureux vers l'autre. Tout n'avait jamais été aussi bien dans leur vie que maintenant. Tous leurs problèmes semblaient s'être envolés depuis des mois, les craintes de Lena avaient finies par s'étouffer sous le poids des années, et Kara n'était plus aussi tourmentée qu'avant. Pour la première fois, la blonde était persuadée d'avoir trouvé sa place, et son cœur s'était considérablement allégé à ce constat. Oui, tout était parfait et elle aurait, sans hésitation, donné tout ce qu'elle avait pour que rien ne change.
- Alors, qu'est-ce que j'ai raté ? S'enquit Alex en observant le couple, face à elle.
- Oh rien de spécial, répondit Lena en souriant à sa belle-sœur, Kara toujours fermement blottie contre elle. Mais je t'attendais. J'ai quelque chose à annoncer.
Tous les regards se braquaient aussitôt sur la milliardaire, et un sourire en coin naissait immédiatement sur les lèvres de deux mamans. Elles non-plus n'avaient pas changées, pensait Kara. Et elles n'allaient certainement pas perdre une occasion pareille de taquiner leurs amies.
- Tu as enfin demandé ma sœur en mariage ? Demanda Alex sur un ton plaisantin. Tu en as mis du temps, Luthor.
- Quoi ?
La surprise de Lena ne fût que vraiment momentanée. Les joues rosées, la milliardaire s'empressait de passer une main nerveuse dans sa nuque, et des rires francs s'échappèrent des gorges de ses amies et de sa petite-amie. Pinçant les lèvres, Kara n'était pas gênée pour un sou, contrairement à la brune. A vrai dire, si cette dernière avait gardé cet aspect de sa personnalité, la blonde, elle, était devenue particulièrement confiante et il en fallait désormais bien plus pour la déstabilisée.
- Non, reprit Lena en fuyant les regards. En fait, c'est officiel, le siège social de LuthorCorp va être transféré à National City. Donc...
La brune marquait une pause pour tourner la tête vers sa petite-amie, et leurs regards s'ancraient naturellement l'un dans l'autre. La milliardaire n'aurait même pas eu besoin de continuer, elle pouvait lire dans les jolies iris azurées de Kara que celle-ci avait déjà compris où elle voulait en venir. Et cette lueur de ravissement qu'elle y décelait fit rater un battement à son cœur, si fragile depuis qu'elles s'étaient rencontrées.
- C'est fini, les navettes jusque Métropolis le week-end, déclara la Luthor avec une conviction et un sourire qui faisait défaillir la blonde.
- Lena, c'est génial, s'enthousiasma Sam.
La milliardaire hochait la tête. Sa meilleure amie avait totalement raison, toutefois, quelque chose l'empêchait de se réjouir pleinement, et elle savait que la joie de vivre de ses amies allait vite retomber également. Néanmoins, c'était le prix à payer si la brune voulait enfin pouvoir passer ses semaines entières aux côtés de celle qu'elle aimait.
- Oui... approuva-t-elle avec un brin d'hésitation, en mordant sa lèvre inférieure. Sauf que ma mère débarque en ville, lundi, pour me ramener toute la paperasse.
- Oh... répondit la châtain avant de reprendre avec humour, une chance qu'Alex commence sa formation de police lundi, alors.
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Appartement Danvers-Arias, National City :
La petite famille Danvers-Arias n'était pas rentrée tard, après le repas. Contrairement aux autres vendredis, l'ensemble de leur amis n'avaient pas étés capables de se libérer pour leur habituelle soirée jeux. Elles s'étaient donc toutes contentées d'une agréable soirée en famille et, honnêtement, maintenant qu'elle venait enfin de remettre un pied chez elle, Sam tombait de fatigue. Ses cours de la journée avaient étés tous plus prenants les uns que les autres, sa conversation avec Alex et la peur que celle-ci avait causée l'avait mise à mal, et désormais, Ruby la tirait fermement vers l'avant avec un énervement palpable.
- Il est l'heure d'aller se coucher, jeune fille, annonça la châtain.
Mais l'enfant n'était pas vraiment de cet avis. Continuant de tirer sa mère vers l'avant avec un sourire en coin, la petite fille secouait la tête avec vivacité, amusant Alex, qui regardait la scène en silence, les bras croisés sur sa poitrine.
- Nooooon, je veux jouer encore, quémanda la petite en attrapant l'une de ses peluches, sur le sol.
- Tu joueras demain, déclara fermement la châtain.
Le visage fermé de l'étudiante en gestion avait surpris Ruby. Sam n'avait plus de patience à accorder, ce soir, c'était certain. Et son cœur se serrait lorsqu'elle voyait des larmes monter dans les yeux de son propre enfant, légèrement secoué par le ton ferme de sa mère. La châtain n'avait pas voulu être méchante, et voilà qu'elle se sentait coupable. Ruby n'était qu'une enfant, elle ne pouvait pas la blâmer de vouloir s'amuser encore un peu. La jeune Arias ne savait plus comment géré la situation, pourtant si simple d'habitude.
Doucement, une main légère venait se poser dans le bas de son dos. Ce contact sonnait comme sa délivrance. Instinctivement, le regard perdu de Sam tombait dans celui, beaucoup plus serein, de sa compagne et elles échangèrent un petit sourire. Alex n'était pas bête, elle avait bien constaté la fatigue qui habitait sa belle avant même qu'elles ne quittent l'appartement que sa sœur partageait avec la milliardaire.
- Je m'en occupe, murmura-t-elle en déposant un baiser sur le front de Sam. Vas te coucher, je te rejoins.
La châtain n'avait pas eu à répondre. Un simple échange de regard avait suffit pour faire passer son remerciement tacite.
Alors, lentement, Alex s'était assise sur le sol, à hauteur de leur enfant, et lui avait sourit franchement. En avisant ce regard et ce visage beaucoup plus doux, les sanglots de la petite s'étaient automatiquement calmés. Elle retrouvait la sérénité de sa maman brune avec un grand plaisir, tandis que sa deuxième maman disparaissait dans la chambre du couple.
- Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? S'enquit Ruby avec incertitude, les lèvres pincées.
- Non, ma puce. Maman est juste fatiguée, elle a eu une grosse journée, ce n'est pas de ta faute.
La petite fille hochait distraitement la tête sur ses mots, quelque peu rassurée toutefois. Délicatement, elle se remettait à observer ses peluches, négligemment posées sur le sol, devant elle. Le silence prenait possession de la pièce, et les lèvres d'Alex se pincèrent à leur tour. Il était très rare que le calme règne dans cet appartement. Ruby était d'un naturel turbulent, à toujours parler. Son soudain calme inquiétait légèrement la brune. Se pouvait-il que quelque chose perturbe l'enfant, et que celle-ci n'ose pas leur en parler ? C'était insensé, pensait la future policière. Comment une petite fille de trois ans pouvait-elle sembler si pensive ?
- A quoi tu penses ? Demanda doucement Alex, en se saisissant de l'une des peluches en forme de renard, un sourire léger sur le visage.
Ruby semblait hésiter à répondre. Puis finalement, après quelques secondes passées les yeux dans le vague, l'enfant reportait son attention sur la brune, assise face à elle, et poussait un profond soupir, comme elle voyait parfois les adultes le faire.
- Est-ce que je peux avoir un petit frère ou une petite sœur ? S'enquit de nouveau l'enfant avec la même incertitude. Pour pas jouer toute seule.
Si la question avait d'abord surpris Alex, la justification l'avait passablement amusée. La brune lâchait un petit rire, les yeux malicieux, et cette douce mélodie fit naître un sourire sur les lèvres de Ruby. Elle n'avait jamais voulu provoquer de l'amusement chez sa maman mais elle préférait nettement cela à l'air fermé de sa deuxième mère.
- Tu sais, les petits frères et les petites sœurs, ça prends de la place, expliqua la future policière en agitant le petit renard en peluche. Tu devras tout partager, et pas seulement tes jouets. Mais aussi maman, marraine, et tante Lena.
Alex marquait volontairement une pause, laissant le temps à la petite fille de digérer les informations qu'elle venait de lui donner. Rapidement, la petite moue incertaine de celle-ci s'agrandissait tandis qu'elle regardait de nouveau ses jouets, attendrissant un peu plus sa maman brune.
- Tu es toujours sûre de vouloir un petit frère ou une petite sœur ? Demanda-t-elle alors.
- Non... avoua l'enfant.
Un sourire amusé naissait sur les lèvres de la future policière. A vrai dire, elle s'était attendue à cette réponse de la part de celle qu'elle élevait quotidiennement. Le silence retombait de nouveau dans la pièce, et Alex en profitait pour se relever et saisir la petite sous ses aisselles, la prenant à bras. La chaleur du corps de la brune contre celui, nettement plus frêle et plus fragile, de l'enfant avait été radical : la petite tête de Ruby était venue se loger dans son cou, les yeux tombant d'une fatigue qui venait de ressurgir. Toute cette conversation, déjà bien trop sérieuse pour l'âge de l'enfant, avait puisé dans les dernières forces qu'elle avait. Alex n'avait donc aucun doute, Ruby allait bien dormir, ce soir.
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Appartement Danvers-Luthor, National City :
- Tu savais que ta sœur voulait entrer dans la police ?
La voix de la milliardaire parvenait sans mal à Kara, depuis le salon. La blonde, qui se battait littéralement avec le robinet du lavabo de la salle de bain, ne fut pas capable de répondre immédiatement. Ce n'est qu'après quelques minutes, les dents parfaitement lavées, que la plus jeune rejoignait sa belle dans le salon, en se laissant tomber sur le canapé. Comme à son habitude, Kara s'était empressée de se blottir contre la brune, qui avait instinctivement passé son bras autour des épaules de sa bien aimée.
- Oui, elle m'en a parlé hier. Mais je ne savais pas qu'elle avait pris sa décision.
Le regard rivé sur la belle blonde à ses côtés, Lena hochait la tête en esquissant un faible sourire. Cette absence d'enthousiasme, et de réponse, de la part de la milliardaire alertait la Danvers. Sans attendre, cette dernière s'était redressée afin de prendre un peu plus de distance avec la femme qui partageait sa vie, dans le simple but d'observer davantage les traits tirés de son visage. La Luthor était préoccupée, cela ne faisait aucun doute. Et comme à chaque fois que celle-ci arborait cet air contrarié, le cœur de la blonde se serrait dans sa poitrine. Elles avaient vécus tellement de choses toutes les deux que Kara savait désormais qu'il ne laissait rien présager de bon. Et ici, en l'occurrence, la plus jeune n'avait aucun mal à deviner de quoi les craintes de la milliardaire retournaient.
-Tu crois qu'on devrais se méfier de l'arrivée de ta mère en ville ? S'enquit-elle d'une voix volontairement posée, qui fit soupirer son interlocutrice.
- Bien sûr, avoua Lena en passant sa main libre dans ses longs cheveux de jais. Tu sais que j'ai toujours peur quand elle est près de toi.
Kara acquiesçait distraitement, cherchant à établir le contact visuel avec sa petite-amie, sans grand succès. Comment aurait-elle pu oublier une chose pareille ? La brune était toujours très à fleur de pot dès que Lillian et elle se retrouvaient dans la même ville. Et même si la blonde le comprenait parfaitement, tout ça commençait vraiment à peser sur ses épaules. Pourquoi avait-il fallu qu'elle soit de la mauvaise famille, se blâmait-elle intérieurement. Les secondes passaient, durant lesquelles le silence reprenait ses droits entre les deux amantes. Les muscles de la milliardaire finissaient par se tendre et enfin, dans un nouveau soupir, cette dernière rivait son regard dans celui de la blonde.
Le cœur de Lena s'arrêtait instantanément de battre face à la lueur triste qui habitait les si jolies prunelles bleutées de celle qu'elle aimait. Un profond sentiment de culpabilité s'installait dans l'esprit de la brune, à ce moment-là. Kara était si joyeuse, peu de temps auparavant... Cette tristesse était entièrement de son fait et, pour cela, Lena s'en voulait. Elle gâchait toujours les meilleures choses, se disait-elle avec un douloureux pincement dans la poitrine.
- Trois ans... reprit la milliardaire avec une pointe d'amertume, ça fais trois ans et malgré toutes mes tentatives, je n'ai rien réussi à trouver.
La Luthor marquait une pause, faisant se froncer les sourcils de la plus jeune, qui n'était pas vraiment sûre de comprendre le discours de sa compagne.
- J'ai cherché dans tous les dossiers que j'ai trouvé, j'ai cherché dans le manoir, j'ai posé des questions, et je n'en sais toujours pas plus sur la vraie raison de la mort de tes parents, soupira-t-elle en secouant la tête. Je suis sûre que ma mère cache volontairement les réponses.
Kara se pinçait les lèvres à cette annonce qu'elle n'avait pas vraiment attendue. Bien sûr, elle partageait l'avis de sa belle, - elle l'avait toujours fait -, mais ce n'était pas comme si elles pouvaient réellement y faire quelque chose. Les années avaient passées et même si Kara souhaitait vraiment savoir ce qui était arrivé à ses parents, elle avait fini par perdre espoir. Les Luthor étaient de parfaits manipulateurs, et ils étaient encore meilleurs pour cacher des secrets. Si Lillian ne voulait vraiment pas qu'elles trouvent ces réponses, alors il y avait de fortes chances pour qu'elles ne les trouvent jamais.
- Tu sais, Lee, tu as fait tout ce que tu as pu, tenta-t-elle de la rassurer en saisissant ses mains entre les siennes avec tendresse. Et je t'en serais éternellement reconnaissante pour ça. Mais peut-être...
Kara marquait une pause, hésitante. Elle avait elle-même du mal à croire les mots qui allaient sortir de sa bouche. Alors, prenant une grande inspiration, elle s'armait de toute la conviction qu'elle pouvait trouver, et offrait un petit sourire sincère à la brune.
- Peut-être que tu devrais arrêter de chercher...
Sur ces mots, si directs et si clairs, une importante surprise s'emparait de Lena. La bouche ouverte, les yeux ronds, la milliardaire était tellement stupéfaite qu'elle fût incapable de répondre quoi que ce soit. Ses sourcils se froncèrent tandis que son regard s'assombrissait, fixant les prunelles de la blonde pour en sonder la sincérité. Comment Kara pouvait-elle lui demander d'abandonner ainsi ? Ce n'était pas dans la nature de la milliardaire de s'avouer vaincue aussi facilement. Peu importe le temps que cela prendrait, il était inconcevable pour la Luthor de ne pas faire la lumière sur cette lugubre vérité.
- Mais, Kara... parvint-elle à protester avant que la blonde ne juxtapose un doigt sur ses lèvres pour lui demander de se taire.
- S'il te plaît, Lena, soupira-t-elle avec tristesse. Laisse-tomber.
La douleur qui émanait des iris de la plus jeune fût comme un coup de poignard pour la jeune PDG. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas vu cette lueur dans le regard de sa belle et la brune aurait donné n'importe quoi pour ne plus jamais la revoir. Toutefois, cette dernière ne partageait toujours pas l'avis de la blonde et, bien malgré elle, la conviction qu'avait insufflé Kara dans ces paroles n'avaient pas été suffisante pour venir à bout des nobles intentions de la milliardaire. Mais Lena ne voulait pas mettre la blonde plus à mal qu'elle ne l'était déjà, donc elle se contentait de pousser un soupir.
- D'accord, abdiqua-t-elle. Je vais arrêter de chercher...
