Note d'auteur : Merci à House the Lion pour son aide avec les Noces Pourpres, sans cette auteure fantastique, je n'aurai pas pu écrire ce chapitre et d'autres visions à venir du personnage principal. Certaines formulations dans cet extrait est de son propre fait, alors, mille mercis à toi! Merci à Marina Ka-Fai pour sa relecture et sa correction.
Chapitre 3 : La malédiction
Edmyn s'était réveillé à l'aube pour ce grand jour. Déjà prêt comme ce qu'il allait emmener, il s'était rendu à l'écurie pour s'occuper de son cheval. Aujourd'hui, il allait partir pour le grand tournoi d'Harrenhal. Le tournoi par lequel tout avait commencé. Il avait longuement réfléchi à ce qu'il devait changer et ce qu'il ne devait pas. Et il était arrivé à la triste conclusion que Aerys II Targaryen devait à tout prix être renversé. Toutefois, est-ce que toute la famille devait pour autant périr? C'était ce qu'il devrait tâcher d'apprendre pendant ses festivités. Ni la reine Rhaella ne serait présente et ni le prince Viserys. Néanmoins, Rhaegar et la princesse Elia Martell, oui. C'étaient eux qu'il se devait d'évaluer. Pour se faire, il devait de les rencontrer et se faire une idée de leurs personnalités. Perspective angoissante pour un enfant. Un enfant avec l'esprit d'un adulte. Il en était là dans ses pensées quand sa sœur Lysa arriva derrière lui.
-Déjà prêt à partir Edmyn? demanda-t-elle gentiment.
-Bien sûr Lysa. J'ai tellement hâte de... commença le cadet de la fratrie Tully en se retournant pour lui faire face.
Le décor vacilla sous ses yeux et changea pour une salle de marbre blanc. Il y avait sa sœur rendue grasse avec une jeune fille aux cheveux auburn en pleurs, prisonnière entre ses mains, et qui la pressait contre une porte ouverte dans le mur.
-Non, non, non !
Il ne voulait pas que son don se manifeste déjà !
-Regarde, regarde ce vide, regarde! Regarde! criait la Lysa plus âgée.
-Lysa! intervint une personne que Edmyn n'avait pas encore remarquée.
Il s'agissait de Petyr Baelish.
- Lâche-la.
-C'est elle que tu veux? Cette gamine écervelée?
-Laisse-la tranquille.
-C'est la même que sa mère, jamais elle ne t'aimera. J'ai menti pour toi, j'ai tué pour toi! Pourquoi l'as-tu amenée ici? Pourquoi! s'écriait la femme du Val, des larmes coulant sur ses joues.
- Je l'enverrai ailleurs. Je te le jure sur ma vie. Je le jure par tous les dieux. Laisse-la Lysa. Insista Petyr.
Sa sœur relâcha son emprise et Edmyn, qui comprit que la jeune femme en question était Sansa Stark de Winterfell, la regarda se soustraire prestement aux mains de sa tante, s'éloignant pour qu'elle ne puisse plus l'attaquer. En revanche, celui qui était le Grand Argentier dans ce futur lointain s'approcha pour se tenir au côté de la pitoyable femme.
-Oh, ma douce épouse ! Ma douce, ma sotte épouse ! Je n'ai jamais aimé qu'une seule femme. Seulement une. De ma vie entière.
Les pleurs de Lysa s'arrêtèrent et elle esquissa un sourire de contentement.
-Ta sœur. conclut Petyr et il la poussa violemment par la porte encore ouverte.
Edmyn se sentit blêmir en entendant les cris de celle qui était désormais sa sœur décroître rapidement. C'était comme ça qu'elle était morte...
Tuée par Petyr.
Le décor de l'écurie réapparut brusquement et il réalisa qu'il était tombé à genoux et tremblait comme une feuille dans les bras de celle qui allait un jour être tuée par celui qu'elle aimait.
-Non, ça ne se passera pas ainsi. pensa le jeune Tully avec détermination des larmes encore fraîches coulant sur ses joues.
-Lysa, que s'est-il passé? demanda leur mère en arrivant l'air inquiète.
Sentir les bras chauds et maternels se refermer autour de lui le réconforta. Il y avait une mort qui avait déjà été évitée auparavant... Par intervention des Sept... Il n'était pas assez naïf pour croire que ça mettait désormais sa mère hors de danger mais au moins... Au moins, elle était là. Il prit son courage et leva les yeux pour la regarder. Il vit le décor disparaître une nouvelle fois à son plus grand regret. Mais cette fois, il savait ce qu'il verrait. Sa mère mourir en couches. Et ça ne rata pas... Des hurlements de douleur, des gémissements puis le silence. Le mestre qui constatait la disparition de la dame de Vivesaigues et de son fils.
-Edmyn, Edmyn, tu m'entends? l'appela sa mère le tirant de ses songe.
-On dirait qu'il entre en transe. fit Lysa soucieuse. Peut-être que nous devrions aller chercher mestre Tybeau.
-Non, non, je ne veux voir personne. pas tout de suite. s'exclama l'ancien moineau en se redressant terrifié.
Il ne pourrait supporter de voir un autre décès aujourd'hui. Dans son mouvement, il croisa de nouveau le visage de sa sœur. Il se tendit, craignant de repartir dans une autre vision mais rien ne se produisit. Que les sept en fussent loués, il ne devait pas revoir la mort des gens qu'il connaissait à plusieurs reprises... Mais... Il n'en demeurait pas moins qu'il lui faudrait affronter son père, son frère, sa sœur et les autres membres du château. Le faire avant de quitter pour le tournoi... Par les Sept, le tournoi ! Ça allait être une véritable corvée.
La dame de Vivesaigues et sa fille cadette de la maisonnée aidèrent Edmyn à se redresser sur ses pieds avant de le mener avec douceur dans le château. Mestre Tybeau approcha pour examiner l'enfant qui s'était écroulé dans l'écurie. Le jeune garçon n'eut pas le temps de l'éviter lui non plus mais la vision fut brève. Il était endormi dans son lit, l'air très âgé. Bonne nouvelle, le mestre du château allait mourir de vieillesse...
-Je ne vois pas ce qu'il a Lady Tully. Peut-être une surexposition aux rayons du soleil? Le jeune seigneur est resté souvent dehors ces jours-ci pour profiter du printemps. Je recommanderai qu'il prenne beaucoup d'eau et s'allonge quelque peu.
-Nous devions partir aujourd'hui pour le tournoi d'Harrenhal. fit Minisa, mais elle haussa les épaules tout de suite après. Ce n'est pas grave. ma famille comprendra si nous ne sommes pas les premiers invités qui arrivent au tournoi. Nous partirons dans un jour ou deux à la place.
-Je recommanderai d'attendre deux jours, Lady Tully.
-Mère, je me sens parfaitement bien. mentit Edmyn.
Il ne voulait pas être obligé de rester allonger afin de récupérer d'un coup de soleil imaginaire. Et arriver en plein milieu du tournoi lui serait sans aucun doute très nuisible. En même temps, il fallait qu'il trouve une solution pour ne pas s'écrouler lorsqu'il partait dans ses visions de cauchemar. Il devait trouver une façon de garder cela secret pour lui...
- Oh les Sept, aidez-moi je vous prie ! pensa-t-il
-Mon chéri, j'aimerais mieux attendre...
-Edmyn pourrait se reposer dans le carrosse au lieu de chevaucher, Mère. proposa Lysa qui n'avait pas envie de repousser son arrivée au tournoi.
Un tournoi avec toutes les grandes maisons elle en rêvait depuis si longtemps! Elle pourrait même rencontrée son fiancé, Jaime Lannister, quoi que son cœur se portait depuis peu pour Petyr Bealish, le pupille de son père.
-Oui, c'est ça. acquiesça l'enfant. Je me reposerai dans le carrosse. Inutile de faire attendre nos proches, Mère.
-Tu es bien certain?
-Parfaitement.
-Bon, dans ce cas, Mestre, je vous invite à nous accompagner pour veiller sur mon fils sii jamais sa santé devait de nouveau flancher. Nous partirons aujourd'hui. Et s'il se sens toujours faible en arrivant, il restera alité le temps de se remettre.
Edmyn eu un soupir silencieux de soulagement. Soulagement qui allait être de courte durée. Peu de temps après avoir été libéré du regard maternel, il tomba face à face avec Catelyn et là, la vision le fit tomber dans les pommes.
Une musique s'élève et Lancel se sent blêmir en la reconnaissant. Il s'agitdes Pluies de Castamere. Il ne veut pas voir cela. Il sait comment les Stark ont été tués et même lui en a été choqué... Il secoue la tête avec violence essayant de toutes ses forces de se soustraire à l'enchantement de l'Étranger mais un humble mortel ne peut rivaliser avec un dieu.
Un homme aux cheveux gris qui lui atteignait les épaules et visiblement très vieux à la table d'honneur leva la main pour commencer un discours.
- Votre Majesté... J'ai le sentiment d'avoir été... négligeant quant à mes devoirs. Je vous ai donné de la viande, du vin et de la musique, mais je ne vous ai pas témoigné l'hospitalité que vous méritez. Mon roi s'est marié et je me dois d'offrir à ma nouvelle reine un cadeau de mariage. dit-il avec emphase.
-Non, non, je ne veux pas voir ça. Gémit désespérément Lancel.
Malheureusement, la scène se poursuit. Il voit sa sœur qui commençe à douter et à relever la manche d'un homme assez grand au crâne dégarni et cheveux gris qui est assis à ses côtés. Ensemble, ils aperçoivent la cotte de maille que dissimule le seigneur. Brusquement, la femme au cheveux roux se lèvre et administre une claque au visage de celui qui l'a trahie.
- Robb ! s'écrie-t-elle.
Au même moment, dépassant l'entendement du spectateur invisible, des soldats arrivent et poignardent plusieurs fois en plein ventre une femme très belle, dans la vingtaine qui a la peau mate et de long cheveux bruns. De leur côté, les hommes des Stark se font massacrer et Robb, le fils de sa sœur, se prend plusieurs carreaux d'arbalète en pleine poitrine. Catelyn en a reçu également un. Lancel sent déjà ses yeux se remplir de larmes. Le jeune homme gravement atteint se traîne au sol, sûrement rejoindre le corps de sa femme qui gît dans son sang. L'homme qui ne peut être que Walder Frey lève de nouveau la main pour faire cesser le massacre cette fois.
- Le Roi du Nord se lève ! déclare-t-il triomphant.
Malgré sa blessure, la sœur de Edmyn s'empare d'un poignard tombé au sol et passant sous les tables, se rend jusqu'à une jeune femme qu'elle se met à menacer de son arme.
- Lord Walder ! Lord Walder, assez ! Que cela cesse ! Je vous en prie ! C'est mon fils ! Mon premier-né ! Laissez-le partir et je jure que nous oublierons ça ! Je le jure par les anciens dieux et les nouveaux, il n'y aura pas de vengeance ! l'interpelle-t-elle avec désespoir.
- Vous aviez déjà juré quelque chose ici-même dans mon château. Vous aviez juré par tous les dieux que votre fils épouserait ma fille.
- Prenez-moi comme otage, mais laissez Robb s'en aller ! Robb, lève-toi ! Lève-toi et sort d'ici ! Je t'en prie ! Je t'en prie... le supplie sa mère.
- Et pour quelle raison le lui permettrais-je ?
- Sur l'honneur des Tully, sur l'honneur des Stark, laissez-le partir, ou je trancherai la gorge de votre femme !
- Je m'en trouverai une autre.
- Mère... souffle son neveu...
Oui, Edmyn le considère bel et bien comme son neveu désormais tandis que des membres de sa famille meurent sous ses yeux. Le seigneur à la cotte de maille approche de Robb, un poignard à la main.
- Les Lannister vous saluent bien.
D'un geste preste, il enfonce son arme dans le corps du roi du Nord et Edmyn sent des pleurs couler sur ses joues et la chair de poule l'envahir en entendant sa sœur pousser un long hurlement déchirant de bête blessée à mort. Quel plus grand déchirement que de voir son enfant être tué devant soi ? La fille d'Hoster Tully, dans une ultime vengeance tranche la gorge de Lady Frey avant que ce soit à son tour d'être tuée... Le noir se referme autour de lui et pleurant toujours silencieusement, cette fois, il passa de sa transe mystique à l'inconscience.
