Twisted – Chapitre 10

If i can't have you, my love, i will kill you… !

L'heure du combat approchait…

Le juge Aiacos sourit de toutes ses dents, tendant ses bras face à la montée du cosmos s'approchant de plus en plus d'eux. L'air extatique et joueur, le népalais jouissait à l'avance de ce duel à mort :

« Bon sang ! Comme j'aime sentir la fièvre du combat monter en moi. Ça va être du grandiose, comme on en jamais vu aux enfers ! »

Garuda était bien le seul à s'amuser ici… Rhadamanthe haussa un pan de son monosourcil, jetant un œil du coté de son cadet. Sa mâchoire serrée et ses muscles tendus, l'anglais n'était pas aussi enthousiaste qu'Aiacos. Il avait hâte que cette affaire se termine au plus vite. Bien sûr, vaincre Minos n'allait pas être une promenade de santé… d'autant plus que la folie de ce dernier semblait avoir décuplé ses forces !

« Ne t'enflamme pas, Aiacos. »

La voix grave et dure de Wyverne portait une pointe de doute. Cette note n'échappa pas au roi des oiseaux qui vit son sourire s'allonger de plus belle. Il se tourna vers ce névrosé qui lui servait de frère et de collègue. Ses yeux intensément brillants le fixèrent avec un intérêt soudain, cherchant à lire dans ses pensées, son âme. Wyverne avait horreur de cela et Garuda se délectait :

« Allons Rhadamanthe, fit Aiacos, je ferais attention ne t'en fais pas… Tu doutes de ma force et cela me vexe…et de la tienne aussi par la même occasion… ? »

Le concerné claqua la langue et émit un faible grognement. Suffisamment audible pour Aiacos.

« Hey ! fit le brun, on est deux contre un. Avec ma force et la tienne, on va renvoyer Griffon dans les jupons de son procureur en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire. Nous allons le massacrer !

- Il n'y a pas de « nous ». Je te rappelle le défi ? Tu le démontes tout seul et seulement si tu as du mal, je viendrais t'aider. Après tout, tu as bien dit que tu étais le plus fort des deux…

- Ha ! Quel fair-play mon cher frère ! Je te reconnais tout à fait là ! Soit, je m'occuperais de lui tanner le métal moi-même. Ça sera vite fait.

- Si seulement ça pouvait être aussi simple, marmonna l'anglais, il va être coriace et tu le sens aussi bien que moi. Ne me dis pas que tu es stupide au point de ne pas le remarquer ?

- Tsssss…ce que tu peux être rasoir parfois ! Apprécie donc cette excitation qui monte tout doucement…c'est comme quand tu t'apprêtes à baiser avec quelqu'un ! Bien sûr, si tu n'as pas eu ce genre de contact depuis longtemps, je peux comprendre que…

- Ferme donc ton claque-merde, Garuda ! La dernière Guerre Sainte ne t'a pas servi de leçon à toi non plus…

- Oooooh, se moqua amèrement le cadet, excusez-moi, tout le monde ne s'est pas vu attribuer une goutte de sang divin. La différence avec cet âne bâté de Minos, c'est que moi que je ne fais jamais deux fois la même erreur.

- Arrête de jacasser et tiens-toi donc prêt. Il n'est plus très loin. »

Le vent soufflait fort. Si fort qu'il semblait vous fouetter la peau à chaque bourrasque. Le son qu'il émettait était tout aussi dur à supporter ; il ressemblait à un cri d'agonie et de souffrance. C'est ce même bruit qui finit par réveiller Albafica. Le réveil lui rendit de suite ses sensations et une douleur étendue lui arracha une grimace de douleur. Un gémissement lui échappa mais sa gorge était tellement sèche qu'il avait l'impression qu'il s'agissait plus d'un couinement qu'autre chose…

Son nez, ayant plus tôt fait la connaissance avec le poing de la terrible Wyverne, le lança aussitôt et ce qu'il croyait être de la poussière était en fait du sang séché qui lui collait aux narines. D'une main, il fit un effort surhumain pour prendre appui et tenter par la suite de se lever. Cependant une autre douleur beaucoup plus forte au niveau du ventre lui arracha un cri de douleur ! Le corps endolori et les oreilles bourdonnantes, le Saint n'avait jamais connu une situation aussi dure... Le mugissement du vent était insupportable ! Ou était-il ? Le Poisson essaye de se remémorer les derniers évènements.

Un mal de tête incroyable lui fit l'effet d'un cheval qui l'aurait piétiné !

« Ah…ca y est….je me rappelle de ce foutu juge, Rhadamanthe…le connard ! Il ne m'a pas loupé. »

Sa fierté encore froissée, le jeune homme frappa du poing sur le sol asséché et froid. Au moment ou il releva la tête, deux silhouettes lui tournaient le dos. Les formes agressives des surplis et les cosmos dégagés ne laissaient aucune place au doute. Aiacos et Rhadamanthe ne s'occupaient pas de lui et semblait en pleine conversation. De là où Albafica se tenait, à peu près à cinq bons mètres, le bleuté ne pouvait discerner que des bribes de dialogues. Et ce vent qui n'arrêtait jamais…

S'il avait été en meilleure forme et surtout en pleine possession de ses moyens, le chevalier aurait déjà flanqué une bonne correction à ses monstres !

Mais en enfer, il était faible… Ce constat le rendit furieux. Contre lui-même. Contre la situation dans laquelle il s'était lui-même fourré. Le résultat était peu glorieux. La catin du juge, éjecté du palais comme un vieux meuble dont on voulait se débarrasser.

L'énergie qu'il avait un peu plus tôt quittait déjà le chevalier. Un des trop nombreux inconvénients aux enfers…

« Regarde donc qui vient de se réveiller. » Fit une voix chantante et perverse

Au même moment, un pied vint se placer et appuyer entre les omoplates du chevalier, l'écrasant contre le sol, lui faisant littéralement mordre la poussière. Une forme vint le surplomber ne s'abaissant pas à s'accroupir à son niveau. Aiacos le narguait encore plus tandis que l'anglais accentua la pression sur sa colonne vertébrale le faisant plus souffrir au passage…

« Il ne risquait pas d'aller bien loin, tu sais ? » se moqua Garuda

Un sourire terrifiant et dévoilant des canines longues et pointues apparurent sur le visage du blond :

« Si je peux allier l'utile à l'agréable…

- Tu m'étonnes ! s'amusa Aiacos, N'empêche, tu as vu la tête qu'il a maintenant ? Quand Minos verra qu'on a abimé son jouet, il va vouloir tous nous anéantir !

- C'est pas ce que tu voulais justement, railla Rhadamanthe, lui faire payer !? Tu as voulu jouer à ce jeu, maintenant on y va et on s'y tient jusqu'au bout.

- Mon frère, fit Aiacos les yeux plissés, tu es aussi raide qu'un nerf de bœuf ! Rien ne te fait fléchir…enfin, j'imagine que c'est ce qui fait ton charme… »

Albafica ressentit comme une brulante envie de les insulter. Mais la douleur couplée à la fatigue, et ce ne fut qu'un son incompréhensible qui sortit de sa bouche.

Rhadamanthe ne bougea pas d'un iota et garda son pied contre le dos du Saint. Aiacos glissa un dernier regard du coté de bleuté :

« Bon, Albafica des Poissons. C'était sympa de nous avoir chamboulé notre petite routine aux enfers. Mais voilà, le dernier acte de ton histoire va s'écrire ici et tu vas bientôt retourner au Cocyte.

- L'endroit que tu n'aurais jamais dû quitter, feula le dragon d'un ton menaçant tout en écrasant d'avantage Albafica, je vais m'assurer que tu y restes bien sagement pour l'éternité…

- Certes tu n'as pas arrangé les choses à certains moments, se remémora Aiacos, faussement nostalgique, on a largement eu notre lot d'ennuis avec toi. Tu sais, Minos se serait lassé à un moment. On se charge juste de le devancer. On le connait un peu mieux que toi, tu vois ? Ça fait déjà un bout de temps qu'on se côtoie. »

Albafica fit semblant de ne pas être blessé par les cruelles paroles du Garuda. Il eu la force de relever la tête vers lui pour lui lancer un regard noir :

« Vous…vous croyez le connaitre vraiment… ? Il est complètement hors de contrôle et rien ni personne ne pourra le faire changer… vous me faites doucement rire…vous croyez tout gérer alors qu'en fait…vous êtes simplement en train de vous voiler la face… ! C'est ce qui entrainera votre perte.

- Quoi ? gronda la Wyverne, tu trouves encore le moyen de parler… ? Tu es tenace pour un microbe… J'aurais dû t'empaler sur une de mes cornes quand j'en avais l'occasion ! »

Afin d'achever sa phrase et de faire taire le chevalier, il pressa davantage sur le dos, enfonçant encore plus celui-ci dans le sol.

Aiacos haussa les épaules avant de poser ses mains sur ses hanches. Il pencha la tête sur le côté, espiègle, prenant le temps d'observer le jeune homme :

« Hahaha, tu ne manques pas de cran… ! Je vais te dire un truc, Poisson. Minos est quelqu'un de très changeant. Il peut te faire des éloges un jour et te détruire le lendemain sans que ça lui pose le moindre problème. Certains diront qu'il est un peu dérangé mais bon… qui ne l'est pas ici ? C'est un spectre, tu crois vraiment qu'il prendrait le temps de s'intéresser à toi ? Certes, il a des besoins comme tout le monde, mais les esclaves ce n'est pas ce qui manque chez nous. Des comme toi, il peut en avoir à foison !

- T'as compris, chevalier ? siffla Rhadamanthe, tu es aussi utile ici-bas qu'une jambe de bois à un cul de jatte !

- En attendant…, amena le saint encore affaibli, vous perdez votre temps avec moi… c'est quand même drôle de se donner autant de mal pour une trainée dans mon genre…

- Pardon ? tiqua le blond

- Vous dépenser toujours autant d'efforts pour le harem de Minos ? Vous êtes du genre très select avec les esclaves, qui l'eut cru… Vous surveillez la vie sexuelle de votre frère avec tellement d'intérêt quand s'en est presque effrayant… Haha…»

Au point ou il en était rendu, le saint des Poissons ne voyait plus grand intérêt à se taire. Il allait très certainement retourner au Cocyte dans quelques instants, alors autant vider son sac…

« Je te trouve bien causant pour un débris d'humanité, fronça le juge anglais, et je n'aime pas comment tu parles… Minos aurait au moins pu t'éduquer. Ça me déçoit de lui, lui qui est si précieux avec les règles de politesse.

- Y a pas mal de choses qui nous ont déçu à vrai dire, rit Aiacos, bon où est-il donc ce Griffon ? Tu crois qu'il va venir te sauver de nos griffes, Albafica ? Mais pour quelles raisons le ferait-il ? Par caprice ou par envie véritable de te tirer de ce pétrin ?

…. »

Touché le point sensible de cet humain fit sourire encore plus Aiacos :

« Tu ne dis plus rien ? Pourtant quelques secondes plus tôt tu battais le record de paroles trop peu entendu dans cet endroit.

- Et ce n'est pas la seule chose que nous allons battre…, finit Rhadamanthe, il arrive. »

Les yeux tournés vers l'horizon, les trois hommes observèrent un instant le ciel mauve et noir éclairci par de menaçants éclairs. Le vent était la seule chose qu'on entendait.

Albafica senti au même moment une main lui agripper sans pitié une grosse poignée de cheveux pour le redresser sur les genoux et le tirer sans ménagement en arrière.

Il serra les dents pour réprimer un énième gémissement de douleur. Il tenta d'attraper la main de fer qui lui faisait aussi mal pour que cette dernière desserre sa prise mais sans succès…au contraire !

Rhadamanthe le traina misérablement au sol tandis qu'Aiacos fit flamber deux flammes dans chacune de ses mains, une étrange vapeur violacée sortant de sa bouche :

« Viens Minos, viens chercher ce qui t'appartient… »

Il sautait d'un pied à l'autre visiblement très enjoué à l'idée de se battre. Il étirait ses doigts en les faisant craquer l'un après l'autre. Les flammes brulantes qui brillaient dans le creux de ses mains dansaient dans un ballet hypnotique. C'était comme si l'intensité de ces flammes était proportionnelle avec son envie d'en découdre. Garuda le fils du ciel était prêt. Il voulait se battre contre son frère et prouver sa force. En l'observant Albafica avait l'impression de voir Minos dans ses moments de folie. Ils n'étaient pas frères pour rien.

« Tous aussi dérangés les uns que les autres… »

Le dernier murmure se perdit dans le souffle infernal de ce lieu. Trainé tel un quelconque paquet sans la moindre valeur, Albafica eut envie d'en finir une bonne fois pour toute. Il avait été assez humilié depuis son réveil. Sa vision était floue et des larmes menaçaient de s'écouler à tout instant. Lugonis lui apparut soudainement, dans un ultime flash.

« Père… je suis désolé… »

Il était sur le point de laisser tomber quand tout à coup un effroyable orage semblait se diriger droit sur eux. Le bruit lointain de la tempête était assez net paradoxalement. Des petits éclairs apparurent plus distinctement cette fois-ci. Comme de minuscules étincelles qui scintillaient dans le ciel ombragé, un vent mauvais alla souffler sur les trois hommes.

Un silence morbide s'était tranquillement installé. La tempête approchait. Ladite tempête portait le nom de Minos et elle avait prévue de déjà tout détruire !

« Il a été plutôt rapide ! » s'amusa le népalais

Albafica eut un soudain haut le cœur. La pression du lieu ne lui rendait pas service. On avait l'impression d'être balloté comme une bouée perdue au milieu de l'océan. Les deux autres juges ne semblaient pas du tout incommodés par tout ce vent. Dans quel autre lieu sordide des enfers pouvaient-ils bien se trouver ?

Rhadamanthe tira le saint avec lui, se mettant volontairement en retrait. Laissant le cadet au combat car tel était son souhait. Le feu des projecteurs était beaucoup plus familier à Aiacos… la Wyverne étant un spectre de l'ombre, il était plus à l'aise en arrière-plan.

De toutes ses méthodes pour se soustraire à la forte poigne du dragon, la dernière finit par agacer fortement le juge. Dans un grondement sourd, il souleva le chevalier à sa hauteur avant de lui donner un puissant coup de genou dans le ventre ! L'impact et la douleur s'entremêlant, Albafica cracha du sang dont les gouttes s'éparpillèrent sur ce sol brun et desséché.

« Merde…, pourquoi je suis aussi faible et bon à rien… ? »

S'il y avait bien un trait de caractère qui sied parfaitement au chevalier des Poissons, c'était d'être déterminé. Aux enfers comme sur Terre, il était de son devoir de donner le maximum ! Quand bien même, l'idée de céder était tentante… ! Acharné et se battant contre ses dernières forces, le bleuté ne se laissa pas aller pour autant et rendit son regard le plus narquois au juge :

« Tu frappes comme une fillette… ! »

Son vis-à-vis renifla avec mépris, la lèvre supérieures se retroussant, lui dévoilant ses dents de carnassier :

« Si tu veux encore plus de violence, tu vas être servi… Je vais tellement te défigurer que même ta déesse ne te reconnaitra pas… si elle vient te rendre visite !»

Albafica attendit le coup. Une seconde, deux secondes… le coup sembla ne jamais venir…

« Maudit griffon… » murmura l'anglais

Son geste resté comme en suspens, bras en l'air mais immobilisé. Des fils délicats mais tranchants comme des lames de rasoir emprisonnèrent le poignet de Rhadamanthe, stoppant net l'attaque de ce dernier.

« Retire tes sales pattes de lui tout de suite… »

La voix était basse mais le ton sans appel. Aussi coupant que ses fils et acérés que les ailes de son surplis.

Le spectre du Griffon se tenait au-dessus d'Albafica et Rhadamanthe, ailes magnifiquement déployées et menaçantes. Les traits détendus malgré la colère qui l'habitait. Toujours maitre de ses émotions. Ses longs cheveux blancs balayés par les vents du lieu. Les yeux brillants d'un éclat que nul ne lui connaissait.

Minos se tenait là, majestueux et noble, à l'effigie de son totem.

Se fichant éperdument de son frère Aiacos au passage qui avait tourné vers lui un regard des plus étonné.

« Bon sang, murmura le Garuda, tu t'es bien foutu de moi… ! »

La tempête en face d'eux n'était donc pas Minos ? Comment avait-il fait ?

L'orage grondant au loin se rapprochant toujours malgré la présence, soigneusement trompeuse, de son propriétaire ! L'art de la manipulation, sous toute ces formes, n'avait plus de secret pour le juge !

Minos avait parfaitement su jouer de sa diversion pour atteindre la seule personne qui comptait pour lui à cet instant. Tout ce qui lui importait était de savoir si son chevalier était encore présent.

« Albafica… tu es là… »

Son regard mauve se posa sui lui. Le visage de son amant était salement amoché, du sang éparpillé sur ce dernier, les cheveux décoiffés, les traits tirés. Il était à bout. Comment avait-il pu tenir avec ces deux-là ? Qu'est ce que ses frères lui avaient fait ?

Une rage sourde et primaire s'empara de lui, lui tordant les boyaux. Ils étaient des spectres morts désormais. Bien qu'il eût presque regretter, le temps d'une réflexion, cette situation avec eux, se les mettant à dos à présent il en était sur : ils étaient définitivement ses ennemis ! Rien ne pourrait changer cela désormais.

Albafica fut soulagé et abasourdi de la situation ! Il avait secrètement espéré que son geôlier lui viendrait en aide à cet instant, bien qu'il s'interdît encore de telles pensées vis-à-vis de lui.

« Minos…pourquoi… ? »

La moindre parole à prononcer était aussi pénible à sortir que de soulever des poids après une randonnée…

La question bien qu'incongrue et innocente, ne plus guère au Griffon :

« Tssss, lâcha ce dernier, dis-le tout de suite si tu es déçu ! Je suis venu te ramener à ta place. A mes côtés ! »

C'était d'une telle évidence pour Minos et tellement étrange pour Albafica. Il était persuadé de ce qu'il disait. Que lui, le chevalier d'Athéna appartenait entièrement au juge. La partie sage de l'esprit du Poisson se rebellait encore contre cette idée tandis que la partie rebelle de celui-ci commençait à apprécier fortement cette idée et à adorer que le spectre le lui rappelle… Être la propriété tant convoitée de Minos ne lui était plus autant désagréable qu'à ses débuts ici…

« Quand tu auras fini de compter fleurette à ton chevalier, rappela Rhadamanthe d'une voix tremblante de colère, tu pourras venir chercher ce pour quoi tu as fait le déplacement. »

Le vent était toujours plus violent et humide. Une humidité malsaine et poisseuse. Une ambiance digne du lieu quand Albafica y réfléchissait.

La tempête approchant encore plus vite qu'avant, elle balayait tout sur son passage !

Aiacos, n'ayant pas apprécié ce coup de maitre de son frère approcha, déterminé :

« On a un compte à régler tous les deux, Minos !

- Oh vraiment ? C'est demandé si gentiment que je vais me faire un plaisir de vous massacrer tous les deux !

- Nan, nan, nan ! dis le Garuda en claquant de la langue, toi et moi ! Maintenant ! Wyverne gardera ton jouet le temps du combat et le maltraitera peut-être si ce dernier n'est pas sage. »

Minos jeta un regard meurtrier à Aiacos. Ce dernier prenait un trop grand plaisir à provoquer les autres :

« Je vais te….

- Ça suffit les blablas ! tonna Rhadamanthe, aller régler vos comptes ! Aiacos souviens-toi de ce que je t'ai dit, il est devenu plus agressif !

- Tant mieux ! Sourit le népalais, ça sera plus ludique ! »

Une aura flamboyante revint recouvrir le juge du Garuda, tournoyant autour de ce dernier telle une flamme incandescente !

Le visage de Minos n'avait pas changé d'un trait. Seuls ses yeux parlaient pour lui. Les émotions qui traversaient ces derniers étaient multiples : frustration, colère, vengeance et tant d'autres…

« Albafica, dit Minos, je n'en ai pas pour longtemps. Je dois régler son compte à mon frère qui se croit un peu trop supérieur aux autres. Tu pourras tenir encore un peu ? »

La dernière question était d'une étonnant douceur. Cette douceur effleura Albafica comme une douce brise, lui procurant un délicieux frisson dans la nuque malgré le moment et le lieu. Pendant un instant, il était subjugué par la beauté de Minos qui lui parut encore plus évidente et marquante qu'auparavant. Les mots semblaient lui manquer :

« O…oui, finit-il par lâcher, ne t'en fais pas. Je vais t'attendre. »

Minos lâcha un sourire, heureux de pouvoir apercevoir encore une fois la détermination et le courage de son amant. Il était décidemment un humain d'une rareté incomparable. Il reconnaissait bien là le chevalier qu'il avait affronté au Sanctuaire quelques siècles plut tôt.

Que faire pour sortir son homme de ce pétrin ? D'autant que la poigne de la Wyverne maintenant encore fermement Albafica par le col, et connaissant celui-ci, il n'allait pas lâcher le chevalier !

« Pardon Albafica, dit Minos calmement, mais je ne plus supporter de voir Rhadamanthe te tenir de la sorte. »

La surprise de la dernière phrase en avait laissé plus d'un sans voix ! Que voulait-il bien vouloir dire ? Avec Minos mieux valait s'attendre à tout !

Alors qu'il déploya encore ses ailes, il attaqua le premier :

« Par l'envol du Griffon ! »

La bourrasque fut d'une telle force que la Wyverne garda bien serré le col d'Albafica, refusant de le lâcher :

« Fuck… »

Profitant de son attaque, Minos déchiqueta des pics de roche proche de Garuda avec ses fils, lâchant quelques instants la Wyverne. La coupure était nette et précise. Des cinq pics rocheux, il n'en resta plus que la base, le reste étant tombé sur le Garuda qui esquiva l'attaque avec une rapidité qui lui était propre !

Malicieusement, Minos se glissa derrière lui pour l'envelopper dans une sorte de cocon, crée par ses liens qui résistaient à l'aura de chaleur de son frère afin d'envoyer ce dernier dans la tempête an arrière d'eux. Cette dernière étant encore plus démesurée que tout à l'heure !

Les fils fondant sous l'effet du pouvoir d'Aiacos ce dernier n'eut pas le temps de s'y soustraire à temps car il était entrainé par la force de tempête en son cœur ! De l'extérieur on voyait un cyclone d'une force titanesque avec en son milieu un orbe flamboyant qui virevoltait avec violence, essayant de s'en sortir avec tout l'acharnement dont il était capable. Pour le moment en vain. Aiacos se débattit entre la force des courants et les éclairs !

« Et d'un en moins ! » fit Minos pas encore complètement tranquille.

Il ne le sera que lorsqu'il aura Albafica dans ses bras et ses frères loin, très loin de lui.

Il opéra un demi-tour pour retrouver Rhadamanthe qui tenait encore Albafica ! Il s'en voulait d'avoir eu à utiliser ce stratagème mais il n'avait ni l'envie ni la patience de jouer le jeu du népalais. Il voulait récupérer son bien. Seul lui importait Albafica.

En arrivant près d'eux, il vit Rhadamanthe se précipiter vers lui, Albafica sous son bras, évanoui :

« Futée comme manœuvre ! lança ce dernier, mais pas suffisant pour te débarrasser de moi !

- Tu en es sur ? »

Avec agressivité, Minos se jeta sur lui pour lui récupérer Albafica. Ils s'envolèrent non loin de la tempête se battant comme des diables ! Esquivant les coups, Wyverne ne démordit pas et tint le prisonnier contre les assauts répétés de son frère ! Il avait gagné en force et en combativité depuis que son bien le plus précieux lui avait été dérobé !

Minos empoigna l'une des cornes du surplis de son frère, ce dernier ayant repoussé sa main avec hargne perdit le fameux casque qui fut balayé et entrainé au sein de la tempête avec Aiacos !

Les cheveux blonds du juge volant sauvagement, il poussa un rugissement de colère avant de donner un coup de pied à Minos qui para l'attaque avec ses fils, serrant sans pitié !

Profitant que l'attention de Minos était sur cette jambe, le juge Rhadamanthe se balança dans les airs, propulsant son autre jambe contre la tête de Minos !

Ce dernier cracha un peu de sang, avant de se tourner dans la direction de la Wyverne. Il renifla avec condescendance avant de lui cracher toutes sortes d'insultes et de menaces à peine déguisées, tout en continuant de lutter contre lui :

« Je vais te déchiqueter, putain de lézard ! »

« Tu vas me le rendre, il est à moi ! Tu as compris ? A MOI ! »

« Tu vas morfler, enfoiré ! »

Les coups pleuvaient et c'est avec une force démesurée que la folie lui procurait que Minos finit par dégager son encombrant frère. La manœuvre fut rapide et expéditive :

Dans un enchainement de coups, il finit par le ramener un peu plus au sol, là où les éléments du décor pouvait lui servir…

Voyant la stratégie venir, Wyverne lui assena un coup de revers d'aile qui envoya Griffon voler en direction de la tempête !

Se rapprochant dangereusement celle-ci, Minos envoya un souffle en direction de cette dernière le faisant dévier un court instant ! Il profita de cet instant pour déployer les fils cosmiques sur une paroi rocheuse afin de faire prendre appui sur cette dernière et se balancer en direction de Wyverne !

Dans sa course, la colère le rendit étonnamment créatif et il utilisa une nouvelle fois ses fils pour créer comme une lame entre ses mains ! Une lame composée de liens cosmiques tranchants comme jamais ! S'envolant et bifurquant avec une agilité et une vitesse peu commune au juge beaucoup plus patient avec ses techniques de mises à mort, il se glissa sournoisement derrière Wyverne pour lui trancher les deux ailes d'un seul coup !

« Quoi !? »

Rhadamanthe aussi surpris que dérouté lâcha un petit moment la prise sur Albafica. Minos le sentit et dans un cri de rage, il utilisa sa technique pour trancher la main de la Wyverne !

Une gerbe de sang vint éclabousser Minos dont le sourire pervers et cruel était agrandi par la réussite de son attaque !

Hurlant de douleur et de colère, Rhadamanthe rugit de fureur ! Tenant ce qui lui restait avec sa main valide !

Dans l'enchainement, Albafica avait été lâché un peu plus tôt par la main découpée du reste de son propriétaire, faisant chuter ce dernier dans le vide !

Minos se précipita vers ce dernier, le rattrapant de justesse alors que ce dernier allait s'écraser contre des parois extrêmement bien taillées !

Il déposa son homme un court instant dans une cavité avant de fondre à nouveau comme une bête sauvage sur son adversaire !

Malgré une main en moins, son frère fonçait sur lui, grondant telle une bête ! Déployant son bras restant dont un éclat maléfique brillait de mauvais augure !

Virevoltant, Minos sauta au-dessus de lui avant de lui attraper son autre poignet dans un nouveau lâché de fils ! Il entraina ce dernier avec férocité vers la tempête dont la puissance destructrice atteignait son paroxysme !

A l'apogée de cette force décuplée par la folie désormais libérée, Minos y jeta son autre dans la tempête. L'ultime rugissement du dragon était empli de rage et de rancœur !

Le voici débarrassé pour un temps de ses frères ! Pour le moment, il ne voulait qu'une chose : Albafica !

Prenant un nouvel élan pour s'élancer vers l'endroit où il avait abandonné quelques minutes plus tôt son homme, Minos n'eut aucun mal à le retrouver.

Son cosmos faible l'affola ! Pourvu qu'il tienne le coup ! Il lui avait dit qu'il allait tenir !

« Putain ! Albafica, tu ne peux pas me faire ça ! Pas maintenant ! »

Quand il arriva près de lui, le jeune homme tentait de se relever. Tremblant comme un nouveau-né, il avait pris appui contre les pierres aux alentours. Il ne vit pas Minos arriver juste derrière lui !

Trop heureux de retrouver son chevalier, Minos l'enlaça dans ses bras, par derrière !

De peur que ce soit encore Aiacos ou Rhadamanthe, le Saint des Poissons eut un regain de force pour frapper au visage son agresseur !

De stupeur et de colère, Minos empoigna Albafica par les cheveux avant de le tourner vers lui pour lui arracher un baiser langoureux !

Se rendant compte de son erreur, le bleuté voulu prendre la parole pour expliquer son geste mais le juge ne lui en laissa pas le temps et le plaqua au sol pour le dévorer de baisers fiévreux.

Soulagé de le retrouver, il se ficha bien de son apparence meurtrie ! Il le voulait lui !

Albafica le repoussa faiblement pour lui expliquer d'une traite :

« Minos ! Pardon de t'avoir frappé, je t'ai pris pour…

- Tais-toi ! C'est comme ça que tu me remercies après être venu te sauver ?

- Nan ! Ecoute-moi ! J'avais peur que tu ne sois tes frères ! »

La colère et sa folie ayant totalement prit le contrôle du juge, l'explication ne le satisfaisait pas !

« Tu me repousses maintenant, mon chevalier ? Tu as oublié à qui tu appartiens ?

- Minos ! Je me suis trompé !

- C'est vrai ? Alors prouve moi que je me suis trompé… »

Le regard lubrique de Griffon était terrifiant à cet instant ! La fièvre du combat l'avait rendu affamé de son homme ! Sous le surplis, l'érection grandissante de Minos était douloureuse !

Il empoigna Albafica par le visage avant de lui susurrer à l'oreille :

« Je vais te baiser ici et maintenant. Si je ne peux pas t'avoir, mon chevalier, personne ne le pourra. »

Ayant sombré dans la démence, Minos était hors de contrôle et ne rien ne pouvait l'arrêter pas même l'insatiable passion qui le dévorait !